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Soprano maître-chanteur te fera jouer sur SA mesure, mon petit oiseau !



 

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 Soprano maître-chanteur te fera jouer sur SA mesure, mon petit oiseau !

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Arabella Singleton Mosby
    ϟ S C A R L E T T ϟ
    Cacher le pire, par un sourire !

Féminin

■ topics: OUVERTS
■ inscrit le: 06/08/2011
■ mes posts: 217
■ avatar: Sasha Pieterse
■ profession: Gardienne au Père Lachaise

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Episcopalienne
■ situation amoureuse: Un amour inconditionnel pour l'état de Georgie, et un béguin profond pour un aviateur écossais ! Mais c'est sans espoir n'est ce pas ?
■ avis à la population:

MessageSujet: Soprano maître-chanteur te fera jouer sur SA mesure, mon petit oiseau ! Jeu 25 Aoû - 23:35

Soprano maître-chanteur te fera jouer sur SA mesure, mon petit oiseau !



DEBUT AVRIL 1942


Paris Xème, à l’angle des rues René Boulanger et du faubourg Saint Martin, une tête blonde apparut soudain derrière le mur du numéro 54. Hôtel d’Aligre pour être exacte. La demoiselle plissa les yeux et mis sa main en visière, afin de se protéger du soleil levant. La proie était à vue et surtout à portée, à seulement quelques mètres d’elle. Depuis que le commissaire des Brigades du Tigre lui avait donné le portrait robot et le signalement précis de cet homme, elle le pourchassait sans relâche. Dans les 1 mètre 80 – 85, brun, yeux bleus, élancé, élégant, la trentaine, grand fumeur, souvent aperçu à Montmartre, portant fréquemment des chemises de couleur bleue … Arabella sortit de son petit sac en bandoulière, l’image type ainsi que le descriptif fait par les témoins le jour de l’attentat et compara avec le promeneur. A n’en plus douter, c’était lui ! Le piège se refermait lentement sur sa victime. La jeune adolescente ne serait pas fâchée d’en finir avec cette traque épuisante. Car courir toute la capitale à la recherche d’un bandit qui faisait deux fois sa taille, et donc marchait deux fois plus vite, était franchement épuisant, surtout lorsque le soir elle devait parcourir ses quelques hectares du Père Lachaise.

Néanmoins, ses intentions n’étaient pas de le livrer à la Police, quels que soient les accusations qu’on lui portait, elle avait besoin d’un homme de main pour son compte personnel. Plus ce dernier serait baraqué, et sans scrupules mieux ils s’entendraient sur le petit marchandage qu’elle comptait lui proposer. En effet, elle avait précisément besoin de muscles et de peu de cœur, et la racaille possède généralement les deux. Le commissaire ne lui en voudrait pas d’avoir échoué une fois, après tout, depuis quelques mois qu’elle était indic’, elle avait aidé à l’arrestation de deux kidnappeurs d’enfants riches et d’un tueur en série. Tous trois s’étaient laissés abuser par son visage d’ange. Parfois Arabella se désolait que duper soit si facile, les gens se cantonnent si souvent aux apparences que ça en devient ennuyeux, malgré ses succès. En voilà un qui au moins saurait très vite à qui il a affaire et la verrait telle qu’elle est, pour changer. Montrer sa vraie nature ambitieuse, capricieuse et orgueilleuse n’était absolument pas un problème pour mademoiselle Mosby.

Elle avait donc tous les éléments en main pour le démasquer, mais malgré sa certitude, elle se devait de vérifier qu’il s’agissait bien de cet homme. Arabella ne pouvait se permettre de se tromper de cible, faire du chantage à un autre individu aurait pu lui apporter des ennuis. Elle allait donc jouer sur ses talents de comédienne pour s’en assurer. Il s’était arrêté pour allumer une cigarette devant le numéro 58. Elle sortit un livre et s’avança vers lui, avec un air tout à fait innocent, comme si elle était une quelconque passante. Faussement plongée dans son roman, elle interpréta à merveille le rôle de la jeune adolescente maladroite, occupée à lire tant d’histoires d’amours qu’elle en bouscule le malheureux qui se trouve sur son chemin. En effet, le pauvre gars eut le pied littéralement broyé par le talon de la jolie américaine qui joua à se tordre la cheville et tomba sur le côté. Après cette chute, parfaitement orchestrée qu'on aurait pu lui discerner une récompense, Bella se redressa sur les coudes et adopta un visage tout à fait confus …

- Je vous demande pardon, monsieur !

- Je vous en prrrrrrrrie, ce n’est rrrrrrrrrrrrien !

Chapeau bas Arabella ! Objectif de l’ultime reconnaissance du client, remarquablement bien atteint ! Tandis que l’homme lui tendait la main afin de la relever, un sourire jouissif illumina le joli minois de notre américaine. Le descriptif faisait part d’un accent ponctué de rrrrrrr, comme en ont les italiens. Plus de doutes possible, il s’agissait bel et bien de son homme. La phase deux pouvait donc commencer !

Une fois sur ses jambes, son sourire triomphant ne disparut en aucun cas et se métamorphosa même en rictus narquois, elle fixa de même sa proie jusqu’au fond des yeux. Celui-ci la regardait assez effrayé, comme s’il avait affaire tout à coup à une démente. Il était loin du compte, Arabella était l’exemple même de la réflexion et du calcul. Pour manipuler les gens, il en faut bien, nous sommes d’accord !

- Je vous conseille de me suivre dans cette ruelle et ce bien gentiment monsieur.

A l’extrémité de sa manche, apparut soudain un pistolet personnel et familial, ayant appartenu à son ancêtre sur les champs de bataille de la guerre de la Sécession. L’arme n’était pas plus grande que la paume de sa main, mais était bel et bien pointée vers lui.

- Ne jugez surtout pas l’efficacité de mon ami ici présent, à sa taille !

N’ayant pas d’autres choix que lui obéir, l’italien passa devant elle et après quelques minutes de marche bifurqua jusqu’à la première ruelle. Celle-ci était déserte, comme elle l’espérait. On entendait les clameurs des marchands bien entendu et des automobiles, mais l’endroit était idéal pour un petit tête à tête instructif.

L’œil luisant de malice, comme lorsqu’elle avait fait le croc en jambes à la canaille du cimetière de Picpus, elle sortit de sa main gauche libre, le portrait robot qu’elle planta pratiquement sous le nez du pauvre homme.

- Vous savez ce que c’est, ça ? Un avis de recherche ! A l’heure qu’il est, vous êtes le principal suspect dans une affaire d’agression sur un député … Un député qui a eu la mauvaise surprise de trouver chez lui, une bombe après une dure journée de travail. Fort heureusement, quelques secondes de retard lui ont sauvé la vie. Or on vous dit très professionnel dans ce domaine particulier et vous n'étiez pas loin des lieux …

Elle retira la feuille de papier et la plongea chiffonnée dans son sac, laissant un court instant à sa victime de digérer ses propos.

- Inutile de vous dire, monsieur l’Italien, que vous êtes en ce moment même dans une très fâcheuse posture. J’ai même appelé la Police pour leur donner notre signalement, ils seront là d’une minute à l’autre, m’agresser se révélerait donc complètement stupide. A l’heure qu’il est le quartier, doit d'ailleurs être bouclé.

Elle bluffait, mais le mensonge étant une seconde nature chez elle, dieu savait ou plutôt le diable à quel point, elle pouvait bien bluffer !

- Vous n’avez donc qu’une seule chance de vous en sortir et elle se trouve devant vous ! Permettez que je me présente, Arabella du Bouëxic !

Elle esquissa une petite révérence, comme si elle se pavanait encore dans sa plantation, puis elle s’approcha de lui et lui glissa dans la paume, la carte du Père Lachaise.

- Voyez-vous j’ai besoin d’un tas de muscles comme vous, pour des travaux très spéciaux dont je vous parlerai plus tard ! Or on recrute en ce moment même dans le cimetière où j’occupe le poste de gardienne. Je vous offre non seulement votre liberté, mais un travail ! J’ose espérer que vous ne ferez pas votre difficile que vous sauterez sur l’occasion. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine, j’aurais fait votre éloge à mon patron pour vous assurer la place, si la semaine prochaine vous n’avez pas été engagé, je vous livre !

La jeune américaine marcha à reculons afin de regagner la rue principale. Malgré la colère de son interlocuteur, le pacte était trop beau pour lui, il serait fou de ne pas le saisir au vol, d’ailleurs il fallait abattre toutes ses cartes avant le tomber de rideau.

- D’ailleurs, je tiens à vous prévenir, si vous comptez vous débarrasser de moi en connaissant désormais mon lieu de travail, cela ne servirait strictement à rien, vous vous doutez bien que j’ai pris toutes les précautions nécessaires. Moi morte ou blessée et vous plongez aussitôt ! Tenez le vous pour dit ! Oh et pour vous enfuir, prenez la deuxième à gauche, je leur ai menti sur votre itinéraire.

Sur un clin d’œil entendu, elle tourna les talons et satisfaite de son petit numéro, convaincue de l’avoir lui-même convaincu, mademoiselle Mosby rentra chez elle en sifflotant un air gai.


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M'sieur Clémenceau,
Vos flics maintenant sont dev'nus des cerveaux !
Fous du boulot, 24 heures sur 24, frais et dispos !
De vrais robots, toujours à l’affût, jamais au repos !
De face, de dos, ils ont nos bobines en photo !


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Cesare G. Peretti
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MessageSujet: Re: Soprano maître-chanteur te fera jouer sur SA mesure, mon petit oiseau ! Dim 20 Nov - 14:01

Être libre ! Ou presque. Après une évasion totalement imprévue, Cesare avait pu enfin respirer l'air de Paris, se promener dans ses rues et commencer à retrouver ses habitudes. Enfin presque, le jeune corse ne s'était pas encore présenté chez Michele Ivaldi, le chef de la mafia, son chef. Voilà deux années qu'il était enfermé, Cesare savait pertinemment qu'il allait se prendre une soufflée pour s'être fait prendre comme un bleu. Alors avant, il avait décidé de profiter de sa liberté. Enfin, liberté précaire car il fallait éviter les allemands qui le recherchaient, ainsi que les mafiosi et les résistants qui l'avaient enrôlé de force. Bref, cela faisait du monde à éviter dans une seule ville. Alors le jeune homme passait sa vie avec un chapeau sur la tête, la visière assez baissée pour ne pas paraître suspect mais suffisamment pour ne pas être reconnaissable. Il avait trouvé où se loger et de quoi s'habiller convenablement. Certes, ce pantalon de toile et cette chemise bleue étaient loin de son style habillé mais les vêtements étaient superficiels par rapport à l'élégance de la personne. Cette classe naturelle se ressentait, même dans ses habits typiquement parisien, qu'il détestait mais qui lui permettait de se fondre dans la masse. Puis il avait réussi à se trouver un peu d'argent et un réseau de marché noir ne dépendant pas de la mafia pour se payer ses clopes. Ah, qu'il était bon de fumer dans la rue tout en marchant, et non pas tirer sur des mégots en cellule. Il savourait vraiment ces instants, sans savoir qu'il serait une nouvelle fois privé de liberté … Là, Peretti ne s'y attendait pas le moins du monde quand il vite au loin une demoiselle dans son roman. Il n'y prêta pas plus d'attention que cela et il n'aurait pas du s'arrêter. Seulement, elle lui marcha sur le pied et tomba au soleil, sûrement une cheville tordue. Un peu rustre mais pas à ce point, Cesare s'arrêta pour aider à relever la jeune inconnue au visage de poupée.

« Je vous demande pardon, monsieur ! »
« Mais ce n'est rien voyons. »

On ne pouvait pas en vouloir à une gamine de son genre, elle avait l'air si …

« Je vous conseille de me suivre dans cette ruelle et ce bien gentiment monsieur. Ne jugez surtout pas l’efficacité de mon ami ici présent, à sa taille ! »

Oh la garce ! Elle avait une arme bien cachée et le sourire innocent qu'elle arborait précédemment ressemblait davantage à un rictus, presque démoniaque. Il aurait bien voulu se défendre mais il n'avait pas encore réussi à se procurer une arme, puis s'enfuir ferait attirer les regards sur lui. Sa sortie de prison imprévue avait déclenchée sa recherche alors, il fallait éviter de trop se montrer. Levant ses yeux azurs au ciel, Cesare dut bien consentir à suivre cette gamine armée sans trop se révolter. Il ne disait rien mais le nombre d'insultes qu'il pensa en multiples langues faisait bien comprendre ce qu'il pensait de la situation … Une fois dans cette ruelle, le corse pourrait peut être enfin savoir de quoi il en retournait. Que lui voulait cette fille ? Elle ne portait pas l'uniforme allemand et n'en avait pas l'accent, elle n'avait pas l'air italienne donc il se demandait comment elle pouvait le connaître. Là encore, la réponse arriva avant même qu'il demanda quoi que ce soit. La petite blonde sortit une affiche avec un portrait-robot, ressemblant drôlement à ce cher Peretti qui sembla tout étonné, davantage lorsqu'il entendit les accusations !

« … Vous êtes le principal suspect dans une affaire d’agression sur un député … Un député qui a eu la mauvaise surprise de trouver chez lui, une bombe après une dure journée de travail … »

Quelqu'un avait mis une bombe chez un député ! Certes, il savait en faire et en avait posé plusieurs au cours de sa vie mais pour une fois, ce n'était pas lui ! Qu'est ce qu'il s'en moquait du sort d'un député français ! Pourtant, il est vrai que le portrait-robot correspondait à son physique, cela en était effrayant.

« … monsieur l'italien … police … A l’heure qu’il est le quartier, doit d'ailleurs être bouclé. »
« Quoi ? Je … »

Il n'allait tout de même pas retourner en prison à cause d'une gamine ! Si les allemands lui mettaient la main dessus, il ne donnait pas cher de sa propre vie. Et toutes les exécutions qu'il avait entendu de sa prison, ce serait à son tour de se faire trouer par les balles. Pourtant, la première chose à laquelle il était sensible dans sa phrase fut d'entendre la jeune fille dire qu'il était italien. Ah que cela l'énervait ! Comment les gens ne pouvaient-il pas faire la distinction ?! Cela s'entendait qu'il n'avait pas un pur accent italien ! Mais non, les simples d'esprit s'arrêtaient au roulement des ''r'', cela était agaçant. Mais rapidement, Cesare se focalisa davantage sur la police qui n'était pas loin puis sur la blonde. Qui était-elle ? Il ne posait pas de questions, il s'était déjà retrouvé dans la situation inverse, où il était une sorte de maître-chanteur et quand les victimes posaient des questions, il répondait par le silence. La demoiselle ferait sans doute pareil : jeune mais déjà pleines de ressources. A se demander si elle lui donnait son vrai nom. Après tout, lui s'était fait arrêter sous le nom de Daniele Battaglini, il ne pouvait pas courir le risque de donner son vrai nom dans Paris. A force de travailler dans la mafia, Cesare avait développé une sorte de paranoïa, apprendre à se méfier de tout et de tout le monde, il ne faisait pas confiance en grand monde et était régulièrement seul. Cela lui suffisait mais il espérait que cette Arabella ne soit pas comme lui, sinon ce n'était pas gagné pour la suite des événements.

Elle lui tendit une carte, celle du cimetière du Père Lachaise. Il arqua un sourcil, l'air sceptique. Qu'allait-il faire dans un cimetière peuplé de gens morts ? Il la regarda, elle continuait de parler, parlant d'un …

« Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine, j’aurais fait votre éloge à mon patron pour vous assurer la place, si la semaine prochaine vous n’avez pas été engagé, je vous livre ! »
« Attendez, vous me menacer avec une arme tout cela pour … pour me donner un travail ? C'est une plaisanterie ? »

Apparemment non. Et il avait tout à perdre à refuser, il hocha machinalement la tête en regardant à nouveau le plan du cimetière tandis qu'Arabella s'éloignait. Alors, tout ça pour … ça ? Il y avait forcément quelque chose derrière toute cette machination et pour le savoir, le corse devait se rendre au lieu du rendez-vous, qu'il le veuille ou non. A la première impression, il se disait qu'il n'irait pas, que cette fille était folle tout simplement et qu'il valait mieux ne pas la contredire maintenant et ne jamais la revoir. Puis, savoir qu'il était recherché pour un crime qu'il n'avait pas fait le mettait en colère et il voulait réparer cette injustice. Il était un peu perdu à dire vrai …

« Oh et pour vous enfuir, prenez la deuxième à gauche, je leur ai menti sur votre itinéraire. »
« Merci … si je puis dire.

Alors que Bella repartit sur la rue principale, Cesare suivit l'itinéraire qu'elle lui avait conseillée. A peine libre de sa cellule, le voilà enchaîné dans cette drôle d'affaire dont il n'avait pas fini d'en entendre parler …



{HJ : désolée pour l'attente mais c'est bon, je reprends du service !}

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
« Dix francs de larmes ne paient pas dix centimes de dettes. »
(proverbe corse)



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