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My « blanquette » is great... or not



 

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 My « blanquette » is great... or not

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Stephen McLaggen
♠ Cinq de Pique ♠

■ inscrit le: 29/07/2011
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MessageSujet: My « blanquette » is great... or not Jeu 1 Sep - 16:32

S’il y avait bien quelque chose que j’avais pensé après mon crash, c’était qu’il fallait que j’entre le plus rapidement possible en contact avec un réseau de résistant. Je savais qu’il n’y avait qu’eux qui pourraient m’aider à rentrer chez moi que je le désirais ardemment. Non pas que la France ne me plaisait pas, mais la vie en zone occupée était difficile, la présence allemande faisait que je pourrais être aisément retrouvé et absolument pas en sécurité par ici. Non seulement j’étais britannique, mais en plus un de ceux qui avait repoussé les allemands qui avaient tenté d’envahir l’Angleterre. Forcément, je me doutais qu’un pilote anglais avec une telle renommée que la mienne ne serait pas le bienvenue ici pour les boches. Je me devais de rentrer chez moi au plus vite si je ne voulais pas me faire attraper… Et il n’y avait qu’un résistant – ou même plusieurs – qui pourrait m’aider dans cette quête, parce que nous menions tout deux le même combat. Lorsque j’avais passé un peu plus d’un mois en province, j’avais envoyé un appel à l’aide à un réseau environnant. Ce dernier manquant cependant d’effectif, pas assez développé, avait préféré essayer de me mettre en liaison avec un réseau parisien. Ce qui m’avait finalement poussé à rejoindre la capitale après les quelques mésaventures que j’avais put avoir dans la campagne aux alentours. Cependant une fois sur place ça n’avait pas été facile, sans logement, sans papier, sans rien en somme j’avais du me débrouiller comme je pouvais attendant désespérément des nouvelles de ce fameux réseau appelé « la brigade ». Pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Je n’en savais rien. Mais de toute manière il n’était pas très aisé de rechercher des personnes en particulier avec tout le monde qui peuplaient Paris. Heureusement j’avais put compter sur le soutien de mon ami Monsieur Hale pour m’héberger pendant quelque temps encore. Jusqu’à ce que je rentre chez moi… Si cela pouvait être possible. Mais mes espoirs à ce sujet diminuaient au fil des jours tant la situation actuelle était compliquée. Je comprenais très bien qu’avant de pouvoir rentrer chez moi, il fallait d’abord que je songe à survivre, et cela ne pourrait se faire qu’en restant caché.

C’était il y a à peine quelques jours que j’étais rentré en contact avec un agent de liaison. Il m’avait retrouvé grâce à ce bon vieux Alfred, ce vieux sans abris qui m’avait tenu compagnie pendant mes quelques journées et nuits passées dans la rue. S’il n’avait pas été très bavard, il m’avait en revanche donner l’essentiel en me transmettant un lieu de rendez-vous et un mot de passe afin que je puisse retrouver le résistant de cette fameuse brigade qui se chargerait de m’aider. Un certain Freddy, un homme probablement si je me fiais à ce pseudo. Mais qui qu’il soit m’importait peut, du moment qu’il m’apportait ce dont je voulais. Et pour cela je lui serais probablement éternellement reconnaissant. Bien que la tâche n’allait pas être facile, comme moi, comme pour lui. Particulièrement parce que je savais que des allemands étaient sur ma piste, manquant de peu de me faire arrêter il n’y a pas si longtemps que cela.

Le rendez vous avait été fixé à 20h, dans un petit bar en plein centre ville. Je me demandais qui diable avait eu cette idée. Rien de plus dangereux à mes yeux que de se rencontrer face à l’ennemi en plein dans un lieu public. Cependant, après mûre réflexion je me disais que deux hommes allant boire un coup dans un bar ne serait probablement pas suspect. Du moins je l’espérais, mais comptait bien rester sur mes gardes quoi qu’il advienne. Alors que j’avais quitté la demeure de ce cher Monsieur Hale, je m’étais affublé d’un chapeau, de manière à pouvoir cacher du mieux que je pouvais mon visage. Ne sait-on jamais si l’armée allemande avait ma photo murée sur leur tableau d’affichage, mieux valait être prudent et je l’étais à chacun de mes déplacement. Fumant une cigarette de mon paquet fraichement donné par mon hôte si généreux j’avançais dans les ruelles parisiennes encore éclairée puisque le soleil ne s’était pas encore couché. J’avais pris la précaution de partir en avance, vu mon sens de l’orientation si peu aiguisé sur la terre ferme je n’étais très certainement pas à l’abri de perdre pour la énième fois mon chemin. Et je préférais éviter de le demander si cela arrivait, ne sait-on jamais sur qui je pouvais tomber.

Après quelques bonnes minutes de marche, un détour, puis un autre, me rendant compte que je tournais encore en rond, puis après être revenu sur mes pas, et encore, j’avais enfin trouvé le fameux pub. Enfin plutôt le bar, comme ils disent pas ici. « Chez Dédé », je ne pensais pas m’être trompé lorsque je lu l’enseigne du commerce ce qui me fit finalement renter à l’intérieur. J’étais un peu nerveux lorsque je remarquai la présence d’officier allemand – leur croix gammée ne les trompaient pas – en train de se livrer à un jeu à boire en plein centre de la pièce. Ayant apprit quelques bases élémentaires de la langue allemande, je comprenais quelques mots de ce qu’ils disaient. Ils semblaient beaucoup s’amuser en tout cas et surtout étaient loin d’être sobres. J’essayai de réprimander une envie de scotch whiskey, un bon comme on en fait si bien chez nous, de peur que cela se fasse remarquer finissant par demander au comptoir « Oune bière » faisant l’effort de masquer le mieux au possible mon accent. J’aurais préféré éviter de commander quelque chose, mais un homme rentrant dans un bar sans commander pourrait paraitre louche, n’est-ce pas ? Si le barman, ni aucun allemand présent ne prêtèrent attention à mon accent, en revanche un homme vêtu de noir avec une moustache semblait y avoir été attentif, et me regardais à présent. Ou plutôt même je dirais me dévisageais, d’une manière particulièrement attentif que je n’eu d’autre choix que de penser avoir à faire à ce fameux Freddy. Après réflexion, je m’étais hasardé à m’avancer vers lui pour lui dire le mot de passe auquel il n’aurait qu’à répondre. « Comment être votre blanquette ? » Il me dévisagea lourdement de la tête au pied, avec un regard presqu’insistant avant de se mettre à rire, jouant avec sa moustache. « Ma blanquette ? Est-ce comme ceci que tu nomme ce qu’il y a entre mes jambes mon mignon ? Et bien je peux te dire que ma blanquette est plutôt pas mal… » Me murmura-t-il à voix basse. Je le regardais confus alors qu’il n’avait pas répondu au mot de passe comme convenu, me faisant un regard plutôt … Séducteur. Oh shit. J’aurais peut être du me douter qu’il ne m’avait pas regarder de cette manière parce qu’il était Freddy, mais plutôt pour autre chose. Bien que je n’ai pas tout à fait compris ce qu’il m’avait répondu, d’ailleurs c’était quoi de la blanquette alors ? Bien loin de me douter que c’était de la viande, l’homme avait installé le doute dans mon esprit alors que je préférais m’éloigner de lui. Je n’avais rien contre l’homosexualité – pas comme dans l’idéologie nazie – mais cependant ce n’était absolument pas quelque chose qui m’attirait. Alors que je m’écartais de son chemin, l’homme n’insista pas, préférant sans doute ne pas montrer sa condition aux yeux de tous.

Je crois bien qu’après ça, j’allais probablement être traumatisé par la blanquette à vie. Encore plus parce que Freddy allait me demander comment était la mienne étant donné que j’étais le premier à être là – enfin je crois. Pour peu que cela soit mal interpréter je trouvais vraiment qu’ils auraient du nous choisir un nouveau mot de passe. Essayant d’oublier cette petite mésaventure, j’allai m’installer à une table sur le côté. Pas totalement au fond pour que je ne paraisse pas suspect, mais suffisamment à l’écart pour quoi moi et Freddy puissions pouvoir parler en toute liberté. Baissant mon chapeau, j’essayais cependant d’observer les clients qui allaient et venaient dans le pub. J’étais l’unique homme seul dans la pièce, à coup sur Freddy ne pourrait pas me louper. Par contre moi… Je n’avais pour l’instant vu aucun homme rentrer seul, juste quelques un en groupe, ou alors quelques femmes. Et l’une d’entre elle retint particulièrement mon attention, non pas à cause de ses cheveux roux flamboyant, d’avantage parce que son visage ne m’était pas inconnu. Je restant un instant sous l’effet de la surprise sans bouger, alors que Caroline s’avançait vers moi. Si je ne connaissais que très peu la danseuse, je n’avais en revanche pas oublié son prénom. Bien loin pourtant de m’imaginer que c’était elle le Freddy en question…

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Avec les écosssais, ça se joue à kilt ou double.

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Caroline Lisieux
Et de bals où il a dansé
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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Ven 2 Sep - 20:24

Je vais être en retard… Plus le temps passe, et plus je regarde cette fichue horloge qui égraine les minutes bien trop lentement à mon gout. Ca m’agace. Et cette femme qui n’en finit pas de parler… En temps que première danseuse, je me dois de toujours sourire, toujours être polie, charmante, pour que nous ne perdions pas nos précieux donateurs. Mais rien à faire, je ne peux pas m’empêcher de me dire que je perds très largement mon temps. Certains me diraient que ces quelques minutes de retard ne sont pas une question de vie ou de mort… Attendez que je réfléchisse… Ah ! Si, justement. J’ai rendez-vous chez Dédé avec un jeune aviateur anglais, tombé en France, il y a quelques semaines, abattu par les allemands. D’après ce que j’ai compris, il est le seul survivant de son vol. C’est assez triste comme ça. Inutile de lui faire prendre plus de risques et de laisser aux allemands la possibilité de faire un tiercé gagnant. Ca me rend malade. Je ne cesse de jeter des coups d’oeils aux aiguilles qui bougent bien trop vite à mon goût. Et blablabla, et blablabla… Ce n’est vraiment pas mon genre ce manque de politesse, mais il faut vraiment que je m’échappe au plus vite. C’est une véritable torture. Madame Du Morier n’est pas une méchante femme, mais elle est vraiment bavarde. En temps normal, j’adore écouter toutes ses histoires sur sa jeunesse, celle d’une autre époque, bien plus simple, et je doute que notre jeunesse sera aussi agréable à raconter et à écouter.

Elle, elle a fait les grands hôtels de la Belle Epoque, nous, nous avons fais la guerre. Ce n’est pas tout à fait le même genre de jeunesse. C’est plutôt le genre qui vous fait grandir trop vite. Je commence vraiment à m’impatienter. Surtout que je suis encore en justaucorps et ne collants. Il faut que je me lave et me change avant de partir. Par les grandes baies vitrées, je vois le temps, plutôt agréable, limite trop chaud. Je vais mourir dans ma robe noire près du corps. Et dans le métro… Non, je prendrais un taxi. C’est au moment où je prends cette décision que la vieille dame se lève en nous souriant à tous. C’est un peu la grand-mère de la troupe. Elle connait tout et tout le monde.

-Je crois avoir assez abusé de votre temps mes jeunes amis, avec mes histoires de vieille femme, je vous laisse à vos occupations.

La troupe se disperse vers les vestiaires, peu à peu, et je m’apprête à faire de même, en retirant les épingles en métal qui retiennent mes cheveux roux, quand Madame Du Morier s’approche de moi :

-C’est un plaisir de vous revoir, Caroline. En cette période si triste, nous avons plus l’habitude de voir les gens disparaitre que réapparaitre. Sans vous, la troupe n’était plus la même.

Je lui souris chaleureusement. Désolée pour vous, monsieur l’aviateur, mais définitivement, je vais être en retard.

-Je vous remercie, madame Du Morier…

D’une manière maternelle – ou plutôt grand maternelle – elle avance une main vers mon visage, et remet derrière mes oreilles les mèches rousses à droite de mon front, laissant voir la cicatrice qui me balafre désormais, et que je cache en général avec mes cheveux ou du maquillage. Mais au théâtre, après des heures de répétition, et les cheveux tirés en arrière, le maquillage n’est plus et laisse la peau à nue. Elle ne dit rien, se contentant de pincer les lèvres avec un regard entendu. Je lui souris, comme si de rien n’était, avant de la saluer, et de me précipiter vers les vestiaires. Je saute dans la première cabine de douche libre, et me lave en quatrième vitesse, avant d’entrer dans la robe noire, à col bateau, qui laisse presque mes épaules nues. Je note mentalement avec un sourire ironique que c’est celle que je portais le soir où j’ai faillis tuer Von Hafer. Comme quoi… Je décide de laisser mes cheveux libres, me contentant de poser un petit chapeau en feutre, noir également, et de rabaisser la voilette sur mes yeux, avant de sortir précipitamment de l’Opéra.

J’espère qu’il ne se sera rien passé de trop gênant. C’est à dessein que j’ai choisi un endroit aussi fréquenté que chez Dédé. Il y a toujours énormément de monde, et le brouhaha général vous empêche d’entendre ce qui se dit à la table d’â côté, qui est pourtant rarement à plus d’un mètre. Ils ont tellement l’habitude des accents qu’ils n’y font plus attention. Mais j’ai l’impression que le français de mon « coli » sera plus qu’approximatif. Le programme est simple. Le retrouver, prendre un ersatz de café ou autre chose du genre pour ne pas éveiller les soupçons, puis retrouver Emile dans une de nos planques très occasionnelles, pour faire faire des faux papiers à l’anglais. La planque en question est d’ailleurs tellement peu utilisée qu’il ne s’y trouve rien d’intéressant. Rien ne nous permettant de remonter jusqu’aux membres de la brigade. C’est pour ça que c’est là que je l’emmène. Après avoir dévalé les marches du Garnier, je hèle un taxi-vélo de la main qui ne se fait pas prier pour s’arrêter à mon niveau, et m’emmener jusqu’à ma destination. Je le règle rapidement, en ajoutant un charmant sourire à mon payement, avant d’entrer dans la brasserie. Je rentre en cherchant du regard, quand j’entends, pas très loin :

-… blanquette… On a jamais eus ça au menu…

Un rire lui répond, avant qu’une bière soit posée sur le plateau :

- En attendant, apporte-lui ça.

Je suis le serveur du regard, le voyant se diriger vers une table où un jeune homme, seul, semble attendre… Quelqu’un. Qu’elle n’est pas ma surprise de reconnaitre cet aviateur américain… Quel est son nom déjà ? Ah oui, Stephen. Croisé lors d’une soirée à un stage au London Ballet Academy. Cela me semble faire des siècles. Avant la guerre, c’était une autre époque de toute façon. Le monde est vraiment petit. J’attends que le serveur s’éloigne, ce qui me laisse le temps de me remettre de ma surprise, avant de m’approcher de lui, m’appuyant sur la chaise en face de lui. Une fois qu’il a relevé les yeux vers moi, me dévisageant un instant, je lui demande, un sourire un peu espiègle aux lèvres :

-Comment est votre blanquette ?

Il a l’air vraiment surprit. Et je retiens un rire qui aurait sans doute trop attiré l’attention, avant de lui demander, désignant la chaise sur laquelle je suis appuyée :

-Cette chaise est libre ?

Et sans attendre, je m’installe, sortant mon étui à cigarette de mon sac à main, et lui en proposant une.


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    I'm no Angel ♥ Trio infernal



« Quoi de plus lucide que la peur ? »


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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Dim 11 Sep - 19:19

Blanquette : nom féminin désignant de la viande blanche ( généralement du veau ou de l’agneau) cuite dans un fond blanc ou dans de l'eau avec une garniture aromatique… si j’avais eu cette définition de ce mot si mystérieux à mes yeux, probablement cela m’aurait épargner bien des questionnements quand à la signification du mot de passe qui nous avait été choisit. Après la scène dont j’avais été témoin en attendant Freddy, j’avais de quoi me le demander. Bien que pourtant je n’étais pas du genre à me poser bon nombre de question, la vie est bien trop courte pour perdre son temps à toujours vouloir tout savoir. Depuis que j’étais devenu aviateur, depuis que j’avais fait la guerre, je vivais sans cesse avec l’idée que j’allais peut être mourir demain. C’était cette optique là que devait avoir tout soldat, depuis tout petit c’était mon rêve, et en aucun cas je ne regretterais un jour d’en mourir. Au contraire, et c’était bien pour ça que j’étais plus que fier de ce que je faisais. Réaliser mon rêve d’enfant était la plus grande réussite de ma vie. Alors certes, je n’aurais jamais peut être de famille, une vie stable, calme, et ranger, mais ne serait-ce que pour éprouver la sensation que j’éprouvais à chaque fois que je volais dans les airs, je donnerais n’importe quoi. Tout comme je le ferais présentement pour pouvoir voler de nouveau. Et j’étais persuadé que j’y arriverais. Après tout, tel un phoenix renaissant de ses cendres, j’avais échapper au pire et avait su me relever. C’était déjà il y a bien des années, où la fatale nouvelle que je ne pourrais plus jamais remarcher était tombée suite à un accident d’avion. Si j’avais baissé les bras à cette époque, probablement que je ne serais pas là aujourd’hui, rejoignant mon père sur le banc des invalides. Mais c’était bien ce même père qui m’avait toujours apprit à ne jamais perdre espoir, toujours se battre, quoi qu’il arrive. C’était probablement grâce à ses leçons de vie que je tenais encore le coup aujourd’hui. Peut être avais-je certainement put avoir une chance inouie d’être rescapé de mon crash, puis d’avoir réussi à ne pas me faire choper par des allemands. Mais il n’y avait pas qu’elle qui expliquait ma présence encore ici, mais ma détermination sans faille qui me poussait toujours à me battre pour mes convictions. En l’occurrence maintenant, je me battais pour ma liberté que j’espérais bien garder le plus de temps possible. Mais bien évidemment, il n’y avait pas qu’elle comme enjeu. Sinon pourquoi expliquer mon désir de revenir en mission après avoir déjà eu ma part de gloire sur le front, en 1940 ? Et bien parce que ce n’était pas la gloire que je cherchais, simplement la paix. Je me devais de continuer à faire ce que je pouvais pour apporter de l’aide aux alliés pour que cette guerre puisse se terminer au plus vite. Et je ne regrettais en aucun cas d’être ici, bien que la situation actuelle était plus que compliqué.

J’avais l’impression d’être cerné de partout, sans cesse être surveillé et suivi. C’était bien difficile d’être seul dans ce genre de moment où pour ne pas me faire repérer je n’avais du me fier qu’à moi-même et la formation approximative de militaire que j’avais suivie. Bien évidemment que je savais me défendre, utiliser des armes, réfléchir à des potentielles stratégies pour échapper à l’ennemie, et tellement de chose encore que je croyais totalement futile durant mon apprentissage. Parce que ce domaine là n’était pas le mien, et que ça m’avait toujours bien emmerdé à l’école d’apprendre ça, mais c’était clair qu’aujourd’hui ça me servait bien. Un soldat arriverait toujours mieux à s’en sortir qu’un simple civil à ma place, cependant je ne cessais de me répéter que malgré tout, ce n’était pas du tout sur terre que j’étais dans mon élément. C’était pour cela qu’il me fallait un avion, de l’aide. Parce que ce n’était pas seul que l’on pouvait arriver à quelque chose, certainement pas. J’avais toujours apprit à travailler en équipe et à compter sur mes partenaires soldats. Si aujourd’hui la plupart d’entre eux étaient morts, en aucun cas je ne changerais ma façon de penser à ce sujet.

Installé confortablement dans le pub, ma bière à la main j’observais partout autour de moi. Je trouvais la scène presque surréaliste tant je ne m’étais jamais retrouvé aussi près des allemands. Qui en l’occurrence étaient ici une bande d’officier venu se divertir et profiter de la capitale comme beaucoup d’entre eux. J’essayais de les observer discrètement sans pour autant me faire remarquer, car en aucun cas je ne comptais leur adresser la parole, au risque de me faire griller rien qu’en ouvrant la bouche. C’était peut être pour ça que la situation était angoissante, et que chaque minutes passées me rendaient de plus en plus nerveux alors que Freddy ne s’était toujours pas montré. C’était typique des français que d’être en retard ? Au fur et à mesure que l’aiguille de ma montre avançaient, je commençais définitivement à me dire que c’était le cas. Commençant à désespérer. Cela faisait des semaines que j’attendais, forcément là ça commençait à faire long. Je commençais presqu’à me dire que ce rendez-vous était un piège pour m’amener directement dans les filets des allemands. Si tel était le cas, vu que j’étais encerclé, j’étais pas dans la merde pour changer. Et je continuais d’attendre…

Etais-je nul en français au point de confondre le masculin et le féminin ? Non. Franchement, Freddy était un nom masculin, je n’avais pas de doute là-dessus – enfin je crois. M’imaginant un homme, lorsque je vit Caroline arriver je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’elle soit celui – enfin plutôt celle – que j’attendais depuis plusieurs bonnes minutes. Pestant intérieurement contre Freddy, je me disais que ce stupid french était vraiment en train de se foutre de moi là. Non parce qu’à part me faire tuer, je vois pas ce que m’emmener dans un bar rempli de boches pourrait me procurer. « Comment est votre blanquette ? » Je leva les yeux en direction de la danseuse, déjà bien assez surpris de la voir ici – parce qu’il était bien assez rare de croiser quelqu’un par hasard pour finalement le revoir, mais encore plus surpris de l’entendre prononcer le mot de passe. Caroline m’avait-elle caché être un homme ? Non parce qu’avec le nombre de travesti que j’avais croisé dans Paris, j’avais de quoi me douter. M’enfin en la regardant il était plus qu’évident qu’elle n’en était pas un. Belle déduction en tout cas, Steph, là tu va aller loin… Comme je vous disais je suis dans la merde.

« Mon blanquette est bon » Oui vraiment dans la merde… Parce que je savais toujours pas parler français et ouvrir la bouche sans masquer mon accent anglais – enfin écossais plutôt, qui était encore plus poussé que celui d’un simple anglais. Et puis j’avais un problème certain avec le masculin et le féminin. J’avais murmuré le mot de passe à voix basse, certain qu’elle m’ait reconnue, et ne doutant plus de toute évidence que c’était bien elle le Freddy. – Combien de chance aurait-il eu pour qu’elle me demande comment était mon blanquette ? Ce n’était pas un mot utilisé fréquemment, non ? « Cette chaise est libre ? » Me demanda-t-elle alors qu’elle ne semblait avoir aucun doute sur qui j’étais. Forcément c’était plus simple moi je ne me faisais pas appeler Victoria…Bon Steph, arrête d’être mauvais, l’essentiel est que Freddy – enfin Caroline – soit enfin là, même s’il - enfin elle - t’as fait poireauter et stresser pour un rien… « Oui, chaise libre. » Ajoutais-je alors que la jeune femme c’était déjà installée. Heureusement, lorsqu’elle sortit des cigarettes j’oublia plus que rapidement ma pensée précédente, pour esquisser un sourire et accepter celle qu’elle me tendait. « Merrrrrrci. » Dis-je en insistant presqu’exagérément sur le « r », comme le faisait la plupart des français et comme Emy m’avait dit de faire. J’avais toujours eu un mal fou à les prononcer, alors autant s’entrainer dès que je le pouvais non ? En tout cas j’étais certain d’avoir réussi – pour une fois – à prononcer un mot correctement. Maintenant il m’en restait juste des milliers d’autres… « Toi bien être ici pour le blanquette ? » Demandais-je à voix basse prenant soin de sortir mon briquet à temps pour allumer sa cigarette – comme je le fait toujours avec les femmes par galanterie – avant de faire de même pour la mienne. Je ne savais pas s’il était assez prudent de prononcer le mot « résistance » ou alors « crash » « aide » dans une même phrase et dans un endroit aussi public que celui-ci, forcément je jugeais plus approprié d’évoquer cela par ce fameux mot de passe. « Moi être content de voir toi ici. Mais moi penser que toi être un homme. » Ajoutais-je un peu confus en relevant légèrement mon chapeau que j’avais baissé exprès pour que l’on ne découvre pas mon visage, prenant toujours bien soin de ne pas parler trop fort. Et puis de toute façon, mes amis de la table de l’autre côté faisait suffisamment de bruit pour que mon peu de connaissance de la langue française passe inaperçu.

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Caroline Lisieux
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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Mar 13 Sep - 11:44

C’était aussi ça, la guerre. Il n’y avait pas que les français, sous couverture, qui luttaient. C’était assez courant d’apprendre que les allemands avaient abattus un, deux… ou plus d’avions anglais ici ou là, revenant de Berlin qu’ils avaient bombardé, ou d’un parachutage quelque part en Europe, pour les résistants. Ils étaient trop fiers d’avoir fait un carnage pour risquer de le cacher. La suprématie allemande était partout. Pourtant, contre un avion abattu, il y en avait deux qui avaient réussi leur mission, où qu’elle soit en Europe, quelle qu’elle soit. Et parfois, heureusement pour nous, certains survivaient. Parfois, ils se faisaient arrêter, et c’était une grosse perte parce que nous savions que nous ne les reverrions pas, sauf cas d’extrême chance. La plupart ne parlaient pas français, et encore moins allemand. C’était deux fois plus risquer pour eux de se crasher. Mais nous ne pouvions pas nous permettre de les laisser aux mains des allemands, c’était pour ça que nous essayions d’avoir un réseau assez important pour extrader les pilotes, ou les personnes ayant besoin de fuir, pour les mettre le plus à l’abri possible en Angleterre. Ce que la propagande allemande nous cachait, mais que Radio Londres nous apprenait que les pilotes et les mécaniciens menaient un combat contre la montre, réparant les appareils endommagés, et parfois, certains pilotes partaient en mission dans des cercueils volants. Heureusement, depuis la fin de la bataille d’Angleterre, les délais avaient diminués et cela permettait de se concentrer un peu plus sur l’apport d’argent, d’armes, de radios et autres choses.

Mais les armes qu’ils nous envoyaient n’étaient pas toujours ce dont nous avions besoin. Ce que nous cherchions le plus et qui était extrêmement difficile à se procurer, c’était les armes de poings, pistolets ou fusils. A cause de l’une des lois de Vichy, toutes les armes avaient dus être apportées aux préfectures de polices ou autre. Très peu de personnes avaient gardé des armes, et se cachaient bien d’en parler. Alors, à part récupérer un lüger sur un corps, ou autre arme du même type, il était difficile pour nous d’agir correctement. Et quand ce n’était pas les armes qui manquaient, c’était les munitions. Par contre, niveau sabotage, nous étions plus que comblé. Plastique, explosifs, fils et autres. Mais avouez que dans la foule, transporter un pistolet dissimulé dans un sac à main ou dans la poche d’un manteau est quand même bien plus discret qu’une valise contenant un système d’explosif. Mais Londres ne semblait pas l’avoir comprit, et il était difficile pour les gouvernements en exile d’avoir ce dont nous avions besoin réellement. Quand ils voulaient bien nous le donner, car très peu croyaient en la défense d’un pays par lui-même, à l’intérieur. Il ne fallait pourtant pas croire que nous allions nous laisser faire par les allemands et attendre que les anglais se décident à arriver. Certains, optimistes, pensaient le débarquement proche, à chaque fois que les beaux jours arrivaient, à Calais bien sur. Mais plus le temps passait et moins on y croyait. Les annonces codées du débarquement, on les attendait encore…

Et pour combien de temps ? Bien sur, il y avait peu de chance pour qu’une poignée de résistants, plus ou moins engagés en fonction de ce que faisaient les réseaux, fasse beaucoup de mal à l’occupant, mais la guerilla urbaine entamait assez leur moral pour que nous puissions être satisfaits de nos actions. Nous étions une épine dans leur pied, minuscule, certes, mais tellement gênante. Assez gênante pour que certains services soient chargés de nous trouver et de nous faire disparaitre. Ca aurait presque été amusant, d’un point de vue extérieur. Mais je peux vous assurer que du point de vue intérieur, il n’y a pas vraiment de quoi rire. Il fallait agir, voilà tout. Agir avec les agents étrangers tombés en France. Mais je ne pensais pas croiser un anglais que je connaissais. Quel était le pourcentage de chance ? Mon retard n’était pas vraiment dramatique, sauf si le jeune homme se mettait à parler. Je doute que son français soit bon, s’il était approximatif, c’était déjà une chance phénoménale. Mais il ne pouvait pas se déplacer tranquillement dans Paris, c’était évident. S’il tombait sur une patrouille, c’était foutu. Je me demandais déjà comment il avait fait pour entrer dans la capitale sans se faire contrôler. Je savais que les anglais fournissaient les parachutistes en argent, tickets de rationnement, faux papiers, mais qu’en était-il des pilotes ? Y avait-il une politique spéciale en cas de crash, s’ils survivaient ?

Le bistro était toujours occupé, plus ou moins en fonction des heures, mais l’avantage de celui là c’est qu’on ne faisait pas vraiment attention aux allées et venues des clients. C’était assez amusant, cet anonymat dans la foule. Ce n’était pas pour rien que nous placions nos rendez-vous dans des endroits publics. Sait-on jamais… Il est bien plus facile de s’échapper dans une foule qui nous dissimule. C’était les endroits clos qui étaient compliqués. Mais hélas, malgré toutes les précautions, on n’est jamais à l’abri d’un piège tendu par la Gestapo, où qu’il soit. C’est pour ça qu’il fallait être prudent. J’avais assez manqué de me faire arrêter pour le savoir. Pour l’instant, j’étais plutôt confiante, mais prudence reste mère de sureté. Je repérai rapidement mon contact, en la personne du pilote Stephen McLaggen. J’avais un peu du mal à croire que c’était lui, mais pourquoi pas ? Une fois revenue de ma surprise, je m’étais avancée vers lui et avait donné le mot de passe. Sa réponse ne se fit pas attendre :

-Mon blanquette est bon…

Immédiatement, je tiquais. C’était pire que ce que je pensais. Son accent anglais était à couper au couteau… Si jamais les allemands le contrôlaient… Je préférai ne pas y penser tout de suite. Je m’installais en face de lui, alors qu’il me répondait, dans un français « de petit nègre » :

-Oui, chaise libre.

Eh bien, ça allait être difficile de s’en sortir. Il accepta ma cigarette, et je m’en pris une pour moi, et rangeait le paquet pendant qu’il me remerciait, ce qui m’écorcha les oreilles. Nous étions mal, très mal. Il sortit son briquet pour m’allumer ma cigarette, et je le remerciais d’un sourire alors qu’il reprenait dans son français approximatif :

-Toi bien être ici pour le blanquette ?

J’inspirai une grande bouffée de tabac, avant d’hocher la tête positivement.

-Moi être content de voir toi ici. Mais moi penser que toi être un homme.

J’eus un rictus amusé, tout en exhalant la fumée blanche. Un serveur passa à proximité, et je lui demandais un verre de vin rouge. J’attendis qu’il se soit éloigné pour me pencher un peu par-dessus la table et enchainer :

-I don’t know what is the most dangerous : speaking french with your accent or speaking english.

Mon anglais n’était certes pas parfait, mais il était surement meilleur que son français. Je me redressais, avant de reprendre en français :

-Comment tu as fais pour arriver ici ?

Il fallait bien que je le teste. Je le connaissais, certes, mais d’une soirée, il y a plusieurs années. Il aurait pu passer à l’ennemi. Les allemands sont butés, mais certains font preuve d’une intelligence morbide, alors engager un agent Anglais, pourquoi pas ? Il fallait bien que je le teste. A moi de juger s’il était digne de confiance ou non, et mieux valait être sure de moi.

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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Mer 21 Sep - 15:26

Quand on entendait de Londres les journaux et radios dire que la situation en France était plus que difficile, j’étais bien loin de m’imaginer à quel point cela était vrai. Le premier ministre ne s’imaginait pas du haut de son bureau, confortablement assis sur sa chaise, ô combien les choses étaient tellement plus terribles que ce que l’on racontait. Moi-même n’aurait jamais put m’imaginer, ni me rendre compte de la chose qu’en venant sur les lieux. Parce que ce n’est qu’en vivant réellement ce genre de truc qu’on est capable de comprendre combien c’est dur. Si j’avait été formé à l’armée, préparé et endoctriné à cause des discours de mon père concernant le fait qu’il y aurait une guerre, je savais que ça ne devait très certainement pas être le cas de la population, qui n’était très certainement pas préparé à se défendre comme moi-même savait le faire – un minimum. C’était pour ça que je me disais que j’avais de la chance, j’avais de la chance d’être encore vivant, tant bien que je me retrouvais dans un endroit où je comprenais la moitié des mots et était complètement perdu. J’étais sans doute pas si con pour avoir réussi à échapper aux boches pendant tout ce temps. J’espérais juste que ça continue. Mais ce n’était pas en restant seul, caché, attendant que quelque chose se passe que je finirais par m’en sortir. Si je n’avais pas fait appel à un réseau de résistant, j’aurais très bien put rester comme ça pendant des semaines, des mois peut être ? Jusqu’à ce qu’ils finissent par me trouver, puis me tuer.

C’était un soulagement que celui d’avoir obtenu ce rendez vous avec Freddy. Ça me permettait finalement de pouvoir espérer que la situation puisse changer. Si j’avais été suffisament fort jusque là, je ne saurais cependant pas jusqu’à où et surtout quand j’aurais mentalement put tenir seul. D’autant plus que je ne l’avais jamais véritablement été. Il y avait toujours eu des collègues, mon équipage avec moi dès que je partais en mission pour la RAF, et même pendant la bataille d’Angleterre où je n’avais pas perdu un seul de mes hommes… Visiblement depuis la chance avait tourné, puisque tout ce qu’il restait de l’équipage c’était moi, et ma carcasse d’avion égarée en plein milieu d’un champs. Enfin je crois qu’elle y est toujours. A vrai dire je n’en sais rien, mais ça serait probablement du suicide que d’aller y retourner. Je me doutais bien que les allemands avait du contrôler immédiatement le périmètre après le crash. En y repensant, je m’en étais beaucoup voulu de ne pas avoir put accorder à mes défunts amis des funérailles décentes en retirant leurs corps des débrits. Mais qu’est-ce qu’un homme, sonné, blessé et complètement perdu aurait put faire d’autre que de fuir en courant ? J’avais fuit, marché, et même courrut jusqu’à la ville la plus proche. Jusqu’à ce que je trouve quelqu’un, jusqu’à ce que je commence à me cacher, jusqu’à ce que je commence à mentir sur mon identité. Je n’étais désormais plus Stephen McLaggen, cet homme là avait disparu avec le reste de l’avion, du moins c’était ce que j’espérais que les autorités pensent.

C’était probablement la première fois – hormis avec Monsieur Hale et sa file – que je n’aurais pas à mentir sur ce qu’il m’était arrivé, que je n’aurais pas à me cacher auprès de quelqu’un. C’était pour ça que j’étais content de voir Freddy, avec lui je n’aurais dès lors par à faire semblant ou me cacher, en faisant comme si de rien n’était. Ce qui je l’admets me rendait quelque peu fou, j’avais parfois d’être dans une autre réalité, une dimension parrallèle où tout mon passé ne comptais plus ou n’existait plus. Tant bien que même il était la raison de ma présence ici. Mais revoir une ancienne connaissance de ce passé-là, me fit pourtant remémorer qu’il était bien réel, tout comme ce qui m’était arrivé. Chose pas forcément facile à admettre étant donné que je n’étais pas encore certain d’avoir fait le deuil de mon équipage. Encore pour cela aurait-il fallut pouvoir les enterrer…. Nostalgique quand à ces quelques années en arrière, je regardais Caroline en remémorant mes souvenirs de l’école d’officier. Avant que la guerre n’arrive, c’était la belle vie… Malgré les menaces constante de guerre s’avérant être de plus en plus imminente.

-I don’t know what is the most dangerous : speaking french with your accent or speaking english. Me dit-elle après que j’eu pris la parole. Je poussais un petit soupir confirmant ce qu’elle venait de me dire, ce que je savais déjà que trop bien. C’était difficile que de se cacher mais en plus de ne jamais pouvoir s’exprimer pour dire ce que je pensais. Je savais que c’était un réel problème, m’empêchant de me lier avec quiconque et de me familiariser avec les habitants de cette ville, ce qui était pesant. « Both ? » ajoutais-je avec une pointe de déception dans la voix. Si j’avais fait des progrès énorme en français, pour ce qui était de l’accent, ce n’était pas quelque chose dont on pouvait se débarrasser si facilement. Et surtout pas en aussi peu de temps et en ayant si peu d’occasion pour m’entrainer. -Comment tu as fais pour arriver ici ? Alors que je fumais ma cigarette, regardant dans le vide, songeur, je me redressais un peu surpris de cette question. Les résistants n’étaient-ils pas censés savoir ce qui m’était arrivé ? Si résistante elle était déjà, ce dont je n’étais même pas certain. A vrai dire la seule chose que je savais était qu’elle soit bien la personne que j’attendais aujourd’hui, au vu du mot de passe qu’elle m’avait confirmé. Cependant, devrais-je rester sur mes gardes ? J’hésitais, car après tout c’est moi qui avais besoin de son aide, pas le contraire. Du moins à ma connaissance. Je fronçais les sourcils, réfléchissant, tapotant nerveusement mon briquet sur la table avant de reprendre la parole à voix basse, regardant autour de moi en m’assurant que personne ne nous écoutait. « Il y avait avion, moi dans l’avion et trois hommes. Mais avion être tombé… Avion cassé, et moi pas pouvoir rentrer, alors ici. » Ajoutais-je assez approximativement. C’était la première fois que je racontais réellement ça à quelqu’un. Enfin si l’on oubliait Monsieur Hale, mais jamais je n’avais fait par de mon véritable récit à quelqu’un d’autre, par mesure de prudence, et puis parce qu’il n’était pas toujours facile d’en parler. J’omettais cependant de préciser ce qu’étais devenu mes coéquipier, au cas où. «Et moi pas pouvoir rentrer. Allemands être après moi… » Ajoutais-je toujours à voix basse en adressant un coup d’œil furtif aux boches au fond de la salle. Ils étaient bruyant et faisaient énormément de bruit, visiblement ils avaient bien bu et semblaient beaucoup s’amuser. Cela me laissa assez dubitatif lorsque je repris mon verre mon boire quelque gorgée de ma bière.

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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Mer 28 Sep - 19:35




La surprise de revoir cette tête entre aperçue au cours d’une soirée, à peine connue en fait, mais qui aurait pu être si proche, si ma carrière ne m’avait pas rappelée à Paris, si la guerre n’avait pas transformé la Manche en mur totalement infranchissable, m’avait réellement prise au dépourvue. Avec des « si », on mettrait Paris en bouteille, disait le proverbe. Sur les milliers de pilotes que comptaient la RAF, toute nationalité confondue, des britanniques aux pilotes qui avaient réussis à s’échapper de la domination allemande pour rejoindre l’Angleterre libre, il fallait que je tombe sur lui. C’était assez étrange. Même en temps de guerre, qui nous sépare, le monde reste minuscule. On revoyait des gens qu’on n’avait pas vu depuis des années, et ne pensaient pas revoir. Et encore, j’étais tellement loin du compte. Bien plus que ce que je n’aurais crus. Il y avait une ombre qui me suivait partout ou presque, et qui ne demandait qu’une chose, qu’on se retrouve. Serai-je seulement prête à lui accorder cela ? Je n’en étais même pas sure. J’y pensais assez peu souvent, et ces derniers temps encore moins que d’habitude. Il y avait des années qu’il était sorti de ma vie, et je n’aurais pas cru possible qu’il soit si près de moi, que nous évoluions dans le même cercle sans que je l’ai jamais croisé. Tout l’un ou tout l’autre, on peut retrouver des personnes qu’on ne connait que vaguement, et rater sans cesse tous ceux qui sont proches, qui sont censés compter pour nous…

Pourtant, tout le paradoxe d’une guerre, c’est qu’on se bat pour des gens qu’on ne connait même pas, qui ne nous connaissent pas, ne savent pas ce qu’on fait, ce qu’on vie, comment on la vie et comment on se réveille la nuit en revoyant le visage de ceux qu’on a tué. Je doute sincèrement que les gens que je croisais dans le métro pensent un seul instant que la jeune femme qu’ils avaient en face d’eux pouvait être Giselle, cette femme si recherchée par la Gestapo, la police française, et l’armée allemande. Et je priais pour que cela reste ainsi, bien que le temps qui passait me confortait difficilement dans cette pensée. Chaque jour, de nouvelles arrestations, de nouvelles morts, de nouvelles peurs… Et si jamais ils apprenaient, qu’arriverait-il à Victoire ? Serai-je assez forte pour tenir le coup des vingt-quatre heures sans parler, le temps qu’ils réussissent à se réorganiser ? Toutes ces interrogations étaient un problème quotidien. Dès qu’on avait l’impression d’être suivit, il fallait y penser, y réfléchir avec attention, et jouer stratégie pour semer le prétendu poursuivant, même s’il n’en est pas vraiment un, mieux vaut prévenir que guérir. Le temps de passer par un immeuble à double entrer, ou, mon astuce préférée, entrer dans une bouche de métro, et en ressortir de l’autre côté, comme si on était entré dans la rame, quitte à utiliser un ticket pour rien, avec mon salaire, je n’étais pas à ça prêt, c’était l’un des avantages.

A moment où j’étais entrée dans le café, il m’avait semblé que la vieille radio, branchée sur « Radio Paris », mais en sourdine, crachotait doucement « La Java Bleue ». Je ne pus m’empêcher de sourire, amusée par l’ironie de la situation. Un anglais, condamné à attendre son contact français dans un café obligé de diffuser la radio du régime de Vichy, alors que radio Londres ne cessait de nous crier « radio Paris ment ! Radio Paris est allemand ! ». Appréciez toute la dualité de la chose… La guerre rend les hommes idiots, et leur fait faire n’importe quoi. Tout s’oppose et rien ne semble plus aller ensemble. Une idéologie prédominante en Europe depuis plus de dix ans, associée à la sureté de ceux qui ne sont pas d’accord qu’ils sont les plus forts et ont encore le contrôle de la situation, et vous arrivez dans notre climat actuel, celui de la peur. On n’ose plus mettre le nez dehors ou à peine, et même chez soi, on reste mort de peur car on sait très bien qu’on peut entrer ici, à tout instant, sans autorisation, tout fouiller, et vous arrêter, juste parce qu’un regard ne convient pas. Il y a de quoi devenir totalement fou, et faire n’importe quoi. Pourtant, nous sommes encore si loin de la fin de la guerre… Un débarquement, certes, nous l’espérons tous, mais après le retrait catastrophique des troupes alliées en 1940, peut-on sincèrement y croire encore ?

Assise face au pilote, je venais de mettre très sérieusement notre couverture en jeu, quoi qu’il le faisait déjà très bien tout seul vu son accent plus que prononcé, ses hésitations et ses fautes linguistiques. Ils ne peuvent pas leur apprendre le rudiment du français, à Londres, dans leurs écoles spécialisées ? Cela éviterait ce genre de situation. De français, d’allemand, et de tout autre langue qu’ils sont susceptible de devoir savoir parler pour le cas précis où ils finiraient par se cracher et qu’ils survivraient au crash ? Sa réponse me fit sourire, alors que j’entamais ma cigarette, tirant lentement sur la fumée, laissant le tabac imprégner mes poumons. Qu’est ce que ça faisait du bien… Revenant en français, je lui avais posé une question qui semblait le surprendre. Sa réponse n’était pas tout à fait ce que j’espérai. Il n’avait pas comprit…

-Il y avait avion, moi dans l’avion et trois hommes. Mais avion être tombé… Avion cassé, et moi pas pouvoir rentrer, alors ici. Et moi pas pouvoir rentrer. Allemands être après moi…

Le serveur s’approcha avec mon verre de vin, et je le laissais le poser, sans rien dire, habitude typiquement française de cesser de parler dès qu’un étranger s’approche. Il est hors de question qu’on entende une telle conversation, il ne manquerait plus que ça ! Le jeune homme posa mon verre, et s’éloigna, après que je l’ai remercié d’un signe de tête. Puis je repris, toujours aussi bas :

-Je ne voulais pas parler de l’avion… Je parlais de Paris.

Paris, et la distance qui l’éloignait plus que probablement du lieu du crash. Prenant le verre, je le portais à mes lèvres, avant de le reposer, dans une pause affectée, tout au personnage de femme du monde que je me devais de jouer, alors que mes origines sociales étaient loin d’aller avec la vie que j’avais acquise ici…

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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Mer 26 Oct - 20:39

La vie fait quand même bien drôlement les choses. Combien y avait-il de chance pour que je puisse survivre à un crash meurtrier ? Complètement indemne qui plus est – à quelques blessures près. Combien de chance y avait-il pour que je puisse me retrouver seul en plein Paris ? Combien de chance y avait-il que Freddy pouvait être une femme ? Combien de chance également y avait-il pour que cette femme ne soit pas une inconnue ? Sur des centaines de millier de parisienne que je ne connaissais absolument pas, il fallait que je tombe sur une tête familière, qui plus est pourrait fortement m’aider dans ce que je recherchais. Encore une fois je me disais que j’avais de la chance, non seulement pour avoir enfin réussi à être tombé sur des résistants et avoir survécu jusque là, mais en plus de connaitre celle qui allait pouvoir m’aider. A croire que j’avais une bonne étoile, ou alors que j’étais prédestiné à accomplir quelque chose. C’était peut être idiot, mais depuis tout petit j’avais cette même persévérance à vouloir me rendre utile, pour moi, pour les autres, puis mon pays. C’était cet entêtement qui m’avait conduit directement à l’armée, faisant de moi ce pilote du ciel presqu’intouchable. C’était ça aussi qui m’avait donner l’envie de revenir sur le terrain, pour de nouveau pouvoir connaitre l’adrénaline que je ressentais lorsque je me mettais en danger, comme j’avais put le faire pour cette guerre. Ma mère disait de moi que j’étais fou, que d’accepter de venir convoyer des denrée en France était suicidaire et que je ferais mieux de me reposer désormais. Mais j’avais toujours sut que je ne pourrais pas me contenter de ne rien faire, ce qui m’avait conduit directement ici. Certes, j’étais peut être perdu et dans la merde, mais quelque chose me disait que c’était mon destin et qu’au point où j’en étais je n’en avait peut être pas encore finit d’en vivre des choses… Du moins tant que cette guerre ne serait pas terminée. Et quelque chose d’autre me disait que ce n’était pas encore prêt d’arriver…

Mais avant de gagner, je crois bien que ma seule et unique préoccupation actuelle était de survivre. Personne, pas même moi aurait put être préparé à ce que j’avais vécu ces dernières semaines. Une vie de fugitif, devant se cacher de tout et de rien, à se faire sans cesse passer pour un autre, allant presque par moment à en oublier qui j’étais… Depuis combien de temps ne m’étais-je pas ressentit en tant que commandant Stephen McLaggen ? Cet homme là me semblait si loin, à presque des années lumières, où il pouvait encore rayonner et briller par de ces exploits. J’avais l’impression aujourd’hui d’être un autre, un mec seul et paumé qui ne savait même plus quoi faire. J’étais étranger ici, mais également étranger de moi-même. Quelle ironie.

Revoir la danseuse rencontrée à Londres me remémorait l’existence du commandant. C’était lui qu’elle connaissait, ou du moins avait put croiser de part hasard à une de ces folles soirée anglaises. Je n’étais pas certain qu’elle retrouve en moi aujourd’hui, ne serait-ce qu’une once de celui qu’elle avait déjà fréquenter. Non seulement parce que je ne pouvais pas parler à ma guise, mais aussi parce que je devais rester sur mes gardes. Comme toujours. J’étais peut être ressortie indemne de mon crash, mais je crois bien qu’il me resterais à jamais de celui-ci des séquelle psychologique. Séquelle qui avait tendance à me faire devenir peut être trop parano. Même si j’étais soulagée de la voir, je n’étais pas pour autant pleinement confiant envers Caroline, après tout rappelons que c’était moi l’étranger ici. Ce qui me rendait quelque peu hésitant à répondre à sa question. Déjà parce que je ne tenais pas particulièrement à reparler de ce terrible accident, et puis parce que je n’avais guère envie que quelqu’un entende ce que je pouvais bien dire à ce propos. Réfléchissant, trouvant et essayant de ménager mes mots je lui racontais ce qui m’étais arrivé. Alors que le serveur vint apporter la boisson je préféra alors me taire concluant ce récit bref et probablement accompagné de bon nombre de faute linguistique qui aurait put faire retourner Molière de sa tombe. Mais ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace, mes difficultés avec la langues françaises, ce n’était pas du jour au lendemain que je pourrais les combler. Encore moins en ne parlant que brièvement. Les progrès que j’avais fait était déjà assez conséquent, particulièrement au niveau de la compréhension ou presque rien ne m’échappait à présent. Restait plus qu’à travailler la partie orale qui là posait beaucoup plus de difficultés…

-Je ne voulais pas parler de l’avion… Je parlais de Paris. Demanda alors la danseuse alors que le serveur venait de s’éloigner. Bon je vous disais que presque rien ne m’échappait dans la partie compréhension, presque… Restait toujours quelques petites difficultés mais on fait ce qu’on peut comme on peut hein. Buvant une gorgée de ma bière, comme pour essayer de me donner du courage pour parler, et éviter une fois de plus de faire des fautes je repris la parole au bout de quelques instant, n’oubliant pas de chuchoter afin de rester discret. « A pied ? » Répondis-je à voix basse, marquant une pause avec un léger sourire au coin des lèvres. L’humour anglais ça ne se perd pas… D’ailleurs à ce propos je trouve que les français ont beaucoup moins le sens du rire que nous, quel dommage… Reprenant mon sérieux je haussai de nouveau la voix avant de poursuivre. « Je être arrivé chez une famille. Et là bas moi réussit à contacter des résistants et ils m’ont dit de venir à Paris si moi vouloir de l’aide pour rentrer chez moi. Alors moi être venu ici. » C’était aussi simple et bête que ça. Enfin du moins dans cette version là. Il y avait bien évidemment certains détails que j’omettais de mentionner. Notamment le fait que je m’étais fait chasser par le père de famille après m’être fait surprendre en train de succomber au charme de sa fille sur le point de se marier… Salle histoire Stephen. Mais je me doute que ce genre d’anecdote soit à mettre dans les carnets de bords d’un rescapé. Quoi que, seul un anglais pourrait comprendre avec un certain degré d’humour ce petit récit qui aurait cependant bien faillit me faire botter le cul. Heureusement, j’avais sut partir au bon moment, l’esprit de famille français avait bien l’air d’être trop sacré par là-bas… Et voilà comment j’étais arrivé à Paris ! Enfin, j’oublie juste peut être un petit détail, impliquant des poulets, des vaches et une course poursuite avec un fermier.. Mais croyez-le ou non , on est prêt à faire n’importe quoi quand on a faim. Mais la suite de cette histoire ça sera pour le prochain épisode d’accord ?
En attendant je crois que Caroline avait tous les renseignements nécessaires à mon sujet. Et puis je me demandais comment elle aurait put avoir un doute sur mon identité, des pilotes anglais perdu en plein Paris il n’y en avait pas 50 000 milles. Ou si c’était le cas qu’ils viennent se boire un petit scotch whiskey avec moi, histoire de déprimer collectivement. Plus ou est de fou, plus on pleure non ? Bon d’accord, arrêtons avec les blagues digne d’un anglais pour le moment. Je ne suis pas sur que la France puisse accepter ce genre de propos, qui je dois avouer laisse peut être un peu à désirer… Cela étant, la danseuse et moi-même terminions nos verres et nos autres futures cigarettes. Je n’étais pas enclin à d’avantage bavarder dans ce genre d’endroit, particulièrement avec la présence des soldats allemands, quelque tables plus loin. Ils semblaient être joyeux et rire, je craignais à tout moment qu’ils ne finissent par nous convier à leurs jeux alcoolisés ce qui me laissait avec un certain degré d’appréhension. J’avais décidément hâte de sortir de ce bar…

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MessageSujet: Re: My « blanquette » is great... or not Mar 1 Nov - 14:46

La vie est mal faite. Dans d’autres circonstances, j’aurais peut être été ravie de retrouver le pilote. Ca aurait été très amusant de le voir ici à Paris, rencontré par hasard. Là, je trouvais ça extrêmement dangereux, pour lui comme pour moi, mais c’était la guerre, et les deux parties avaient besoin d’hommes. Je ne sais pas combien de temps cela prend de former un pilote – surtout que les conditions d’acceptation à ce poste sont plutôt drastiques – mais un pilote de plus, cela peut sauver bien des gens, et être utile. Faire son devoir en somme… Faut-il porter un uniforme pour avoir l’impression de devoir agir ? Ou suffit-il d’avoir quelque chose, quelqu’un à protéger ? Je pensais un instant à la petite figure souriante et gazouillante de Victoire, qui devait dormir dans son lit, Saraghina à ses pieds, prête à bondir si un bruit étrange se profilait. Mais l’angoisse sourde d’une mère ne peut pas s’endormir. Je n’avais confiance en personne quand il fallait protéger ma fille. A peine en son père. C’était cruel, mais quand elle n’était pas avec moi, j’avais l’impression qu’une partie de moi m’était arrachée. Maintenant qu’elle était là, je n’imaginais plus ma vie sans elle, même si elle avait faillit me l’arracher en venant au monde. Nous avions toutes les deux survécue à tous ces mois d’angoisse, de privation… Ce n’était pas pour l’abandonner ainsi. J’aurais peut être du, pour sa sécurité, mais c’était une faiblesse. Impossible de m’en séparer, quoi qu’il advienne. C’était dangereux pour elle comme pour moi, et je savais que c’était totalement suicidaire…

Quand on entre dans la résistance, on n’en sort plus. Les deux seuls moyens de s’en défaire, c’est que la guerre finisse, ou que notre vie s’achève, sous les balles – parfois celle de ceux que nous pensions nos alliés - ou les coups de nos ennemis. J’espérai vraiment voir ce conflit s’achever, même s’il le ferait uniquement dans les larmes et le sang, il n’y avait plus d’autre alternative à ce niveau là. Mais voir tous ces corps, toutes ces morts, donne l’impression que jamais on n’y arrivera. Les premiers temps, voir nos amis tomber suscite la vengeance, la haine, et nous remotive à nous battre. Et puis le temps passe, et de plus en plus souvent, c’est le « à quoi bon ? » qui prédomine… Il ne faut pas se laisser abattre pourtant, car si les allemands gagnent la guerre du moral, ils auront tout gagné. Avaient-ils seulement conscience de ce qu’ils faisaient ? C’est ce qu’on croit quand on entre dans la résistance, et puis on apprend à changer d’avis. Surtout quand on les côtoie tous les jours ou presque à l’opéra. Ils pensent sincèrement faire le bien de l’humanité, et personne ne sait ce qui arrive aux déportés. Même aux ravissantes idiotes – ou du moins qu’ils pensent comme telles – ils ne sont pas capable de dire ce qu’il se passe. Cela facilite quand même notre action, le fait que tout transite vers le haut. Berlin chapeaute tout. Ils peuvent dire de l’URSS et des communistes, ils ne valent pas beaucoup mieux, les allemands. Cela nous facilite tout de même la vie, aux résistants.

Ils sont toujours obligés de demander des directives à Berlin, d’être sur qu’Hitler sera d’accord avec ce qu’ils vont faire, et tout ce qui suit. Le temps qu’ils prennent leur décision, et que cela traverse l’Allemagne pour revenir jusqu’à Paris, nous avons le temps de brouiller les pistes, comme avec l’aviateur anglais. Le temps qu’ils lâchent une équipe à ses trousses, nous nous serons déjà arrangés pour qu’il disparaisse, c’est l’avantage que nous avons sur eux. L’armée des ombres est bien plus efficace qu’ils ne le pensent. Nous sommes partout. Et assez discrets pour ne pas nous reconnaitre entre nous quand nous ne faisons pas partie du même réseau et que nous n’avons pas de contact. Ce qui est assez rassurant, car si une personne connait trop de monde, trop de choses, trop de vies sont en danger. Sans le savoir, nous inventons les mouvements d’opposition moderne et la guérilla urbaine… Il faut bien en faire profiter ceux qu’il faut protéger. C’est pour ça que j’avais fais venir l’anglais dans un endroit aussi fréquenté que ce café. Au milieu du brouhaha des conversations, son accent passerait totalement inaperçu. Enfin je l’espérai. C’était aussi parce que je n’étais pas trop connue dans ce quartier, contrairement aux différents endroits bordant l’Opéra. Griller ma couverture – qui n’en était presque pas une – aurait été totalement stupide.

Si le français du jeune homme semblait s’être considérablement améliorer par rapport à mes souvenirs – où il n’en parlait pas un mot ce me semble – sa compréhension des choses laissait encore à désirer, aussi dus-je répéter ma question. J’étais plutôt curieuse, mais aussi impressionnée qu’il ait réussi à traverser toute cette distance sans se faire avoir par qui que ce soit.

-A pied ?

Je bus une gorgée de vin, attendant qu’il continue sur sa lancée, sans vraiment savoir ce qu’il allait me raconter ensuite. La conversation à voix basse n’avait heureusement aucune possibilité de se faire entendre par ici.

-Je être arrivé chez une famille. Et là bas moi réussit à contacter des résistants et ils m’ont dit de venir à Paris si moi vouloir de l’aide pour rentrer chez moi. Alors moi être venu ici.

Je fis un instant tourner le liquide carmin dans son écrin de verre, me perdant dans la contemplation des cercles, comme hypnotisée, écoutant ce qu’il me disait avec attention. Puis, continuant mon petit jeu, je relevai la tête vers lui, une moue désabusée aux lèvres.

-Tu as eus beaucoup de chance.

Puis, d’un trait, je finis mon verre, tout en prenant garde que la cicatrice sur ma tempe ne se voit pas alors que je penchais gracieusement la tête en arrière, avant de le reposer sur la table, et de sortir de quoi payer.

-Viens, nous avons un tas de choses à faire.

Et me levant, je l’invitais à m’imiter, avant de passer mon bras au sien, pour plus de naturel. Emile devait déjà nous attendre, il allait s’énerver…

FIN DU RP

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
    I'm no Angel ♥ Trio infernal



« Quoi de plus lucide que la peur ? »


Ma Victoire:
 
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My « blanquette » is great... or not

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