AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Honey, I'm Home !



 

Partager | 
 

 Honey, I'm Home !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


Freidrich Heiptmann
♦ Quatre de Carreau ♦

Masculin

■ topics: FERMÉS
■ inscrit le: 29/07/2011
■ mes posts: 225
■ avatar: Paul Bettany
■ présence: Quotidienne

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Catholique
■ situation amoureuse: Célibataire Officiellement
■ avis à la population:

MessageSujet: Honey, I'm Home ! Jeu 8 Sep - 13:36

Depuis mon arrivée à Paris, je n'avais pas pris la peine de sortir de ma chambre d'hôtel que je résidais, à part pour mon travail. Je n'avais pas besoin, ni l'envie d'ailleurs, d'aller me pavaner dans les rues de la ville, et ce même avant mon arrivée. Je n'avais jamais été comme cela. Et surtout, pourquoi sortir quand on avait droit au service d'étage ? Ça n'en valait tout simplement pas la peine. Un coup à la porte me fit sortir la tête du dossier que j'étais en train de remplir. "Entrez !" fut le seul mot qui sortit de ma bouche alors que mon ordonnance, Andreas, accessoirement mon interprète français, car oui, tous les SS ne parlent pas forcément bien le français, entrait la petite pièce qui me servait de chambre. "Herr leutnant, votre voiture vous attends pour vous emmener chez Fraülein Hale." Ah oui. J'avais oublié. Mes supérieurs, n'ayant plus envie de me voir décrépir seul dans cet hôtel, où je résidais déjà depuis plus de six mois, m'avaient trouvé une résidence chez l'habitant. Comme si le fait de vivre chez quelqu'un, une femme qui plus était, allait changer mes habitudes. Je soupirais, refermant le dossier complété en le donnant à Andreas, avant de lâcher. "Très bien. Pendant que vous êtes là, profitez en pour descendre ma valise voulez vous ? Le temps que je me prépare." Le jeune homme, d'une vingtaine d'années, hocha la tête, avant d'attraper ma valise posée sur le lit, et de refermer la porte derrière lui, me laissant seul à mon bureau. Andreas n'est pas un mauvais garçon. Blond aux yeux bleus, il répond parfaitement aux critères de la race aryenne, et il suit parfaitement la doctrine du führer, ce qui ne peux que l'aider dans son entreprise. Mais sans ça, il est également quelqu'un de fiable. Et pratique, de parler français. Même si personnellement, je ne vois pas pourquoi je ferais des efforts de mon côté, vu que je me contrefiche de parler cette langue. Me levant finalement, je passe la veste qui constitue ma préparation, avant d'attraper le reste de mes effets, et de refermer la porte derrière moi, descendant les deux étages à pied. Pas besoin de prendre l'ascenseur, ça ne sert à rien. De plus les escaliers vous tiennent en forme. Donc me voilà à descendre les escaliers, tout ça pour ne pas avoir à me retrouver coincé dans cette boîte en acier qui leur sert d'ascenseur…

Arrivé en bas, Andreas m'attends, un dossier à la main, avant de me le tendre. "L'ordre pour la réquisition du domicile Herr leutnant." Je hoche la tête, prenant le dossier des mains du jeune homme, avant de continuer ma route, sans un regard pour savoir si il me suit ou non. Car je sais que de toute manière, il me suit, donc ça sert à rien non plus de toujours regarder par dessus mon épaule. Devant l'hôtel, se trouve bien évidemment une berline noire, allemande, son chauffeur m'attendant, portière ouverte. C'est à nouveau sans un regard pour l'homme d'une cinquantaine d'années que je m'engouffre dans la berline, Andreas prenant sa place de l'autre côté. Sur le siège passager, un soldat chargé de ma sécurité se tient droit, demandant au chauffeur de démarrer. Je soupire à cela. Comme ça j'ai besoin d'un garde du corps maintenant ? Le trajet se fait en silence, alors que je vérifie la paperasse que je tiens dans la main. Un avis de réquisition, m'offrant la possibilité de me loger chez l'habitant. La quartier est assez animé selon les dires de mon ordonnance, mais je m'en fiche, vu que je ne compte pas sortir plus que quand j'étais à l'hôtel. Je n'en voyais pas l'utilité avant, et je ne vois toujours pas pourquoi je devrais sortir encore aujourd'hui. Au bout d'un bon quart d'heure de route, la voiture s'arrête enfin, le chauffeur finissant par venir m'ouvrir. Sortant de la voiture, dossier toujours en main que je finis par redonner à Andreas, je contemple la bâtisse qui se trouve devant moi. Pas mal pour une réquisition. A croire que cette Fraülein Hale n'a pas à s'en faire niveau revenus. L'enquête menée sur sa personne n'a rien révélé de bien extraordinaire, à part le fait qu'elle a la langue bien pendue dans ses nombreux articles. Mais bon, rien de bien méchant selon moi. Même si je n'approuve pas son opinion, c'est son opinion, pas la mienne. Le boulevard a l'air relativement calme malgré tout. Suivant le soldat, dont j'ai oublié le nom, et Andreas, nous entrons dans l'immeuble, où nous devons monter les différents étages. Car pas de chance, Fraülein Hale habite au dernier étage. Prenant les escaliers, Andreas sachant très bien que je ne prendrait pas l'ascenseur, nous arrivons devant l'appartement numéro sept, pour le trouver vide de tout occupant…

Malgré les coups donnés à la porte, c'est une voisine qui ouvre, une vieille dame de plus de soixante dix ans qui nous informe qu'elle est absente. "Allez voir la concierge, elle vous ouvrira." fut sa seule solution, avant de claquer la porte. Pas très aimable la petite dame. C'est avec un sourire et un claquement de bottes que mon ordonnance redescend tout les étages, pour finalement cogner à la porte de la concierge qui -pour une concierge c'est normal non- est bien évidemment là. Et pourtant, sa réaction, même si elle n'est pas agressive, reste suspicieuse. Normal me dira t-on, quand on force une des locataires à héberger un officier SS. Au bout de quelques minutes à attendre Andreas, c'est par l'ascenseur qu'il refait son apparition, avec la concierge, qui est bien évidemment surprise de nous voir tous là, mais ne bronche pas. De toute manière, elle n'a pas vraiment le choix. En deux tours de clés, la porte de Fraülein Hale est ouverte, et la concierge est remerciée par Andreas, alors que je lui aurai refermé la porte au nez si elle n'était pas autant marchande de poisson. Mais ça, c'est mon caractère. Pas le sien. Il est plus poli en tout cas, et la remercie de sa coopération. Me voilà donc dans un appartement cinq fois plus grand que ma chambre d'hôtel, et ce rien que pour le salon et la cuisine combinée. Je fais le tour, alors qu'Andreas m'explique un peu qui est la locataire. Seule, sans enfant, journaliste -ça je le savais déjà. Je fais tranquillement le tour de l'appartement, tentant de prendre un peu mes marques, alors qu'Andreas continue son discours, m'informant que rien de suspect n'a été découvert lors de l'enquête de Fraülein Hale. Levant la main, je le fais taire, car son babillage incessant me donne la migraine. Et surtout, parce qu'une pièce, impeccablement entretenue, attire mon attention. Une chambre, parfaite pour y tenir mon bureau et mes affaires. D'un claquement de doigt, je prie Andreas d'amener ma valise. "Ici. Je prendrais cette chambre." Je souris, car oui, je suis un brin squatteur je l'avoue, mais j'adore ça. De toute manière, la pièce ne semble pas être utilisée, donc je ne vois pas ce que ça changerait que je m'y installe ou non…

Andreas, en bon ordonnance qu'il est, attrape ma valise et l'installe dans la chambre, alors qu'un trousseau de clé se fait entendre, la clé tournant dans la serrure. Vissant ma casquette sur le crâne, je m'installe dans le salon, vers l'entrée, debout, là où la locataire peux me voir. Une tête brune fait alors son apparition, avant de me remarquer, et de se figer sur place. Poli, je me présente, dans le peu de français que je connais. "Bonjour Fraülein Hale. Obersturmführer SS Freidrich Heiptmann." Faisant un signe de tête, je la salue, claquant des talons. Ce que je n'avais pas imaginé, serait sa réaction. Imprévisible ? C'est même certain…

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Freidrich Heiptmann
Revenir en haut Aller en bas


Emy Hale
P A R L E
si tu as des mots plus forts que le silence

Féminin

Je parle pas aux cons, ça les instruit.
■ topics: OUVERTS
■ inscrit le: 09/10/2010
■ mes posts: 357
■ avatar: Zooey Deschanel
■ présence: 7 sur 7
■ âge IRL: 18
■ profession: Journaliste

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Athée parce que Dieu, il craint.
■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, par pure mauvaise foi.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Sam 10 Sep - 12:18

« De toute façon, ce putain d’monde ne tourne plus rond… »

Emy refermait la porte de son bureau lorsque, discutant avec animation, deux de ses collègues passèrent dans le couloir. Un instant, elle stoppa son geste, les suivant des yeux, puis se pencha à nouveau sur sa porte à laquelle elle donna un tour de clé. Il n’était pas dans ses habitudes de verrouiller son bureau, mais comme venait effectivement de le dire Daniel, le monde ne tournait plus rond ; et les gens qui pourraient avoir besoin d’ouvrir la petite pièce avaient les clefs – à savoir Piotr, Blanche et Hugo. Et comme personne sauf eux ne le savait, il ne leur serait pas compliqué de prétendre qu’elle était partie et que personne ne pouvait accéder au bureau en son absence si un contrôle se pointait. Elle avait confiance, ils étaient tous les trois au moins aussi bons menteurs qu’elle lorsqu’il s’agissait des allemands, et de toute façon, elle n’avait rien à cacher. Pas dans son bureau, du moins – elle n’était pas encore idiote au point de commettre cette erreur. Une vague sourire effleura ses lèvres. Non, vous ne rêvez pas : elle ne fermait bien son bureau que dans le but d’emmerder un peu plus l’envahisseur. Et le pire dans tout ça ? La technique fonctionnait à merveille. A tel point qu’elle avait été récupérée par la plupart des chroniqueurs, photographes, dessinateurs, et autres journalistes de la rédaction. Une façon comme une autre de montrer que, non, ils ne comptaient pas se laisser faire. Une façon qui ne pouvait explicitement leur être reprochée. En temps de guerre… qui ne fermerait pas son bureau à clé ? Et au moins, de ça, personne ne risquait d’en faire les frais au travers d’une mauvaise rencontre sur un quelconque quai de Seine… Mains dans les poches, Emy grimaça. Daniel avait raison : ce putain de monde ne tournait définitivement plus rond.

Jetant un regard au ciel gris qui étouffait la capitale occupée, elle soupira. La journée n’avait pas été prolifique, question travail, mais comment voulez-vous vous consacrer convenablement à vos articles dans ces conditions ? Trop de choses en tête, trop d’informations en trop peu de temps… A commence par Nate, d’ailleurs. Emy n’arrivait pas à s’ôter de la tête l’image que lui avait laissée cette sordide salle de torture, et plus encore, le jeune homme torturé qu’avait balancé à ses pieds un enfoiré de nazi. Elle n’arrivait pas non plus à oublier ce que cette vision signifiait, et ce plus que clairement : Nate était dans la résistance. Nate. Lui. Ce type-là. Bifurquant dans une rue animée – inutile de préciser qu’elle évitait comme la peste les petites ruelles de Paris, quel que soit le quartier dans lequel elles se situaient – la belle ne put réprimer un frisson. Ce qu’elle avait vu ce jour-là, elle ne l’avait pas encore publié, laissant volontairement passer quelques jours pour noyer le poisson. Cette fois encore, malgré les trésors d’ironie et de détournement dont elle avait fait preuve, elle risquait gros. Alors autant rendre les choses plus facile en espaçant sa vite écourtée des locaux de la Gestapo et l’article salé qui en était le piquant résultat et qui attendait sagement dans un tiroir d’être choisi pour la prochaine édition du journal. Finalement, si, peut-être avait-elle quelque chose à cacher, dans ce fameux bureau. Un second sourire, un brin plus narquois se dessina sur ses lèvres. Les allemands étaient persuadés qu’Emylia Hale – sacré pseudonyme, pourquoi avait-elle choisi un truc aussi ridiculement proche de son vrai nom, déjà ? – avait cessé de leur en faire voir de toutes les couleurs… alors qui irait chercher un article pareil chez elle ? Décidément, ces teutons étaient bien imbus de le personne pour être si sûr de leur coup… et elle atteinte d’une sacrée mauvaise fois pour nier qu’ils y avaient presque réussi.

Sans se presser, elle traversa un boulevard, évitant de justesse une bicyclette imprudente dont le propriétaire – de l’âge honorable d’à peu près huit ans – dut déballer des trésors d’adresse et d’équilibre pour garder le contrôle et s’éloigner sans cassure. Emy lui suggéra avec un sourire de regarder devant lui, la prochaine fois, et poursuivit sa route. Là tout de suite, elle n’avait qu’une envie : rentrer chez elle, se noyer sous une douche et terminer la soirée entre deux vieilles pièces de théâtre et une tablette de chocolat. Met rare en ces temps de guerre, mais pourquoi ne pas profiter ne serait-ce qu’un peu de la notoriété de sa mère ? Cette dernière ne pouvait la protéger, mais au moins, elle la nourrissait. Ce qui n’était pas peu dire, vu la conjecture actuelle. La jeune femme était chanceuse, elle en avait conscience. Elle vivait dans un confort presque indécent au regard de ce qui se passait parfois dans Paris, avait des relations, même si elle refusait la plupart du temps de s’en servir, possédait une voiture et pouvait penser sans que cela ne reste que du rêve à la prochaine tablette de chocolat qu’elle s’offrirait, le tout dans un appartement vide de toute présence sauf la sienne. S’il n’y avait pas le journal, et ses articles un peu trop subversifs pour, aux yeux des allemands, être honnête, il aurait été aisé de la confondre avec la dernière des collabos. A nouveau, elle grimaça. Le dernier à avoir suggéré l’idée s’était pris une baffe monumentale et n’avait depuis jamais plus osé paraître devant elle. Il faut dire qu’une Emy en colère avait de quoi… dissuader – voir effrayer. Seulement voilà, si elle avait réellement été une collabo, peut-être qu’elle n’aurait pas eu droit à la mauvaise surprise qui l’attendait.

Sans prendre garde au regard plein de compassion que jeta sur elle la concierge – cette femme avait toujours quelque chose de particulier dans les yeux lorsqu’elle observait les propriétaires passer – Emy pénétra dans le hall de son immeuble et attendit tranquillement l’ascenseur, en plein dilemme mental quant au Shakespeare qu’elle allait relire ce soir. Elle en était à hésiter entre La Tempête et Hamlet quand les portes s’ouvrirent. Elle entra, demanda le dernier étage, puis se demanda si finalement, La nuit des Rois ne lui plairait pas plus, avant de se rappeler aussi qu’elle possédait un vieil exemplaire de Roméo et Juliette. Elle n’était toujours pas décidé, en somme, lorsqu’elle atteignit le bon étage et sortit de la petite cabine, trousseau en main. Elle inséra la clef dans la serrure, tourna, et fronça les sourcils. Elle avait encore oublié de verrouiller sa porte en sortant ce matin. On ne se refait pas, que voulez-vous. Levant les yeux au ciel pour elle-même, elle ouvrit, entra, et baissa à nouveau la tête vers pour fermer et être tranquille ce soir, quand soudain…
« Bonjour Fräulein Hale. Obersturmführer SS Freidrich Heiptmann. »
De surprise, elle laissa tomber ses clefs et sursauta, se retournant brusquement et laissant échapper un bref cri. En l’espace d’une seconde, elle devint livide, ses prunelles rencontrant la silhouette imposante d’une informe noir aux armes du Reich et de la SS. Là, elle était carrément suspecte. Mais elle eut beau se le dire, elle resta figée, une boule nerveuse soudain nouée au fond de la gorge.
« Qu’est-ce que… qu’est-ce que vous voulez ? lâcha-t-elle enfin avant de détacher ses yeux de l’officier qui venait de parler… pour rencontrer d’autres soldats. Qu’est-ce que vous foutez-là ? »

Le ton n’avait pas mis longtemps à se durcir, de même que ses traits perdirent leur expression effrayée – ce qui, pour le coup, résultait d’un violent effort de la jeune femme pour arrêter de trembler à chaque fois qu’elle croisait un officier. Sans vraiment leur laisser le temps de répondre, elle balança son sac au pied du porte manteau, et continua à se durcir, sentant doucement une certaine dose de colère lui monter au nez.
« On ne vous a jamais appris que c’est très malpoli de rentrer dans un appartement en l’absence du propriétaire ? demanda-t-elle, sèchement ironique. Alors répondez, qu’est-ce que vous foutez-là ? Et qu’est-ce que c’est que tout ce monde, là ? continua-t-elle en comptant les soldats présent. Et d’ailleurs, qui vous a ouvert ? »
Du regard, elle fusilla le seul officier qui avait eu le temps de s’adresser à elle, à savoir l’Ober-truc SS elle ne savait plus quel nom avant de passer à l’autre officier qui venait de s’approcher, dans une tentative évident pour la calmer, les mains prêtes à être posées sur les épaules de la jeune femme. Sauf que…
« Oh vous, ne me touchez pas ! l’envoya-t-elle aussitôt balader brusquement en se dégageant dans le couloir. Personne, sauf elle, n’avait encore eu le temps d’en placer une, et elle continua sur sa lancée, se rapprochant du premier officier. Vous n’avez rien à faire ici, monsieur Heip-chose et d’ailleurs je vous signale que… »
Et brusquement, elle s’interrompit. Alors qu’elle parlait, une pièce ouverte avait attiré son attention. La chambre de Natasha. Et dans cette pièce… une valise. Brusquement, elle recula d’un pas, plantant deux prunelles qui, si elles l’avaient pu, auraient tué sur place le lieutenant.
« PARON ?! cria-t-elle presque (alors qu’ils n’avaient rien dit, mais elle avait vu, c’était tout comme), furieuse. C’est quoi ce BORDEL ? continua-t-elle, toujours plus en colère. ALORS LA, N’Y PENSEZ MEME PAS : IL N’EN EST PAS QUESTION !! »
Elle n’était pas idiote. Les chambres réquisitionnées chez l’habitant n’étaient pas un mythe. Et la valise ne trompait pas…
« Dégagez ! SORTEZ DE CHEZ MOI ! exigea-t-elle en se tournant celui qui avait tenté de s’approcher d’elle, doigt pointé vers la porte, ignorant les regards éberlués qu’elle s’était attiré. Et comme personne ne bronchait assez vite à son goût : Vous ne parlez pas français ou quoi ? DEHORS ! »

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

C'est pas nous qui marchons pas droit, c'est le monde qui va de travers.
Revenir en haut Aller en bas


Freidrich Heiptmann
♦ Quatre de Carreau ♦

Masculin

■ topics: FERMÉS
■ inscrit le: 29/07/2011
■ mes posts: 225
■ avatar: Paul Bettany
■ présence: Quotidienne

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Catholique
■ situation amoureuse: Célibataire Officiellement
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Dim 11 Sep - 23:48

Alors là non, je n'avais pas prévu une réaction de cette ampleur. Etant plutôt quelqu'un de laconique, je ne suis pas non plus un homme qui s'emporte dans des accès de colère intense. Je suis passionné certes, dans ma mission, mais je reste toujours calme, gardant un sang froid à toute épreuve. Et le mieux dans tout ça ? C'est que de voir une jeune femme hurler à moitié, me fait ni chaud ni froid. Laconique, je vous avait prévenu. D'autres vous dirait que je suis quelqu'un de froid et de calculateur, ce qui est vrai, mais pas dans ce genre de situation. Je n'ai pas demandé cela non plus. Ce n'est pas moi qui a voulu loger chez l'habitant. J'en avais entendu parler, certes, mais je n'avais jamais demandé cela pour moi. Ma chambre à l'hôtel me convenait. Parfaitement même. Je ne voyais pas pourquoi mes supérieurs voulaient que je sorte de cette chambre. Je faisais mon travail, c'était ce qui comptait non ? Il y avait beaucoup d'officiers comme moi qui vivaient encore dans une chambre d'hôtel. La mienne était plus que modeste en plus. Pas comme ces Oberst qui avaient le droit à une suite au Ritz. Je n'avais franchement pas besoin de ça. Alors oui, je connaissais l'existence de ces réquisitions, et elles ne m'avaient pas dérangées plus que cela, sauf aujourd'hui. Tout ça parce que cela me concernait, et que j'allais désormais devoir cohabiter avec quelqu'un. Une femme. Une française. Pire que tout, dans ce cas là. Pas parce que je n'aimais pas les français, non. Juste parce que cohabiter avec une femme, surtout que je me doute bien de comment elle prendra cette intrusion dans sa vie privée, c'est assez difficile. Et peut être qu'en montrant que je n'avais pas plus envie qu'elle que de m'incruster, on me laisserait retourner dans ma chambre d'hôtel. Je n'étais pas difficile, mais rien que l'idée de cohabiter me mettait dans un état second. Mais je resterais poli et calme, comme d'habitude. Qu'est ce qu'on ne ferait pas pour éviter de s'attirer les foudres de ses supérieurs, je vous le dis moi. Pour l'instant, je m'étais donc contenté de me présenter, dans le peu de français que je possédais, pour au moins ne pas être impoli. Ce qui était un peu paradoxal, vu l'intrusion. Surtout en voyant tout un tas d'allemands alors qu'on ne fait que rentrer chez soi. Etrange, je vous l'accorde…

Je ne pouvais que comprendre sa réaction. L'enquête ayant révélé quelques détails assez dérangeants sur Fraülein Hale. Pas qu'elle soit en infraction non. Seules ses rencontres avec l'occupant n'étaient pas vraiment fructueuses. L'armée allemande possédait quelques énergumènes n'ayant pas la carrure de représenter leur pays. C'était des lâches, des ordures de la pire espèce, et son agression n'en était que la preuve. Mais comme on disait, il fallait de tout pour faire un monde, et même l'armée allemande ne dérogeait pas à la règle. Mais en tant que femme, on se devait de la protéger, et non pas l'agresser. Pas en prétextant être les "vainqueurs". Ce n'était pas un droit qu'on avait acquis. J'étais capable de beaucoup de choses, mais pas de cela. Je n'étais pas un barbare, pas dans ces conditions en tout cas. Il était bien normal qu'elle réagisse mal. Nous avions envahi son logement sans sa permission, je ne pouvais que la comprendre. Mais son attitude figée ne trompait pas. Elle était surprise, évidemment, mais elle avait également peur. "Qu'est ce que… qu'est ce que vous voulez ? Qu'est ce que vous foutez là ?" Son ton, je le reconnaissais parfaitement. La surprise, l'effroi. Fronçant les sourcils, je me retournais vers Andreas, le dossier toujours à la main, alors que la voix de la française ne retentisse à nouveau, le bruit sourd de son sac atterrissant au pied du porte manteau me parvenant, bien distinct. "On ne vous a jamais appris que c'est très malpoli de rentrer dans un appartement en l'absence du propriétaire ? Alors répondez, qu'est-ce que vous foutez là ? Et qu'est-ce que c'est que tout ce monde, là ? Et d'ailleurs, qui vous a ouvert ?" Son regard revint vers moi à cet instant, me fusillant du regard. Je n'avais rien compris à ce qu'elle venait de me dire, et personnellement, je m'en fichais un peu. Mon regard froid, je reposais les yeux sur Andreas, qui s'approcha enfin, me traduisant les quelques mots de la brune. Je hochais la tête, comprenant enfin, avant de demander d'un signe de tête au sergent à mes côtés d'aller tenter de la calmer, pour qu'on puisse au moins lui expliquer ce qui se passait. Celui ci leva les mains en signe de reddition et s'approcha d'elle, mais n'eut pas le temps de faire deux pas qu'elle le fusilla du regard, reprenant sa litanie. "Oh vous ne me touchez pas !" Ses mots, puissants, figèrent le sergent sur place, Andreas me soufflant la traduction…

Je le fit se taire d'un signe de la main. J'avais bien compris qu'elle ne voulait pas qu'on la touche. Se dégageant un instant dans le couloir, elle s'approcha ensuite de moi, reprenant la parole, sans nous laisser le temps de lui expliquer la situation. "Vous n'avez rien à faire ici, monsieur Heip-chose et d'ailleurs je vous signale que…" Son regard bifurqua sur ma valise posée au sol, et recula d'un pas, avant de planter ses yeux dans les miens. Et voilà, le moment de vérité. Enfin, elle avait compris. Je ne bougeais pas, ça ne servait à rien de toute manière. Pour que je me fasse tuer sur place ? Oula non. On va éviter. "PARDON ?! C'est quoi ce BORDEL ? ALORS LA, N'Y PENSEZ MEME PAS : IL N'EN EST PAS QUESTION !!" Et voilà. Ça c'était une réaction que je comprenais. Je ne comprenais toujours pas ce qu'elle disait, mais vu sa gestuelle, je pouvais voir qu'elle refusait cette cohabitation. Mais elle comme moi, nous n'avions pas le choix. "Dégagez ! SORTEZ DE CHEZ MOI !" Elle se retourna vers le sergent, alors que je soulevais un sourcil, et qu'Andreas ne bougeait plus, surpris par l'étendue de sa réaction. "Vous ne parlez pas français ou quoi ? DEHORS !" D'un claquement de doigt, je demandais à mon ordonnance le dossier contenant l'ordre de réquisition de son appartement, le lui tendant sans la quitter des yeux, avant de demander à Andreas de traduire mes paroles. "Es tut mir lied Fraülein Hale, aber es sit nicht meine Verantwortung. Glauben Sie mir, ich habe nicht darum gebeten, auf diese Weise mess up your life kommen aber wir haben keine Wahl" (Je suis navré Mademoiselle Hale, mais ce n'est pas de mon ressort. Croyez moi, je n'ai pas demandé à venir de cette façon chambouler votre quotidien, mais nous n'avons pas le choix.) Je la comprenais oui. Mais c'était comme ça. Dans ma longue expérience, j'avais appris à ne pas combattre un ordre donné. C'était comme ça, et pas autrement. Alors qu'Andreas finissait de traduire ce que je venais de dire, je repris la parole, la voix toujours aussi posée. "Ich kann Ihnen versprechen eine Sache. Ich würde nicht sterne Ihr tägliches Leben. Du wirst mich nicht sehen sehr wenig, und wenn Sie nicht wollen, redent, tun Sie viel Gutes. Ich bin nicht sehr gesprächig, und ich bin nivht hier, um Lumpen zu sprechen. Sie cerdan ruhiger, können Sie mir glauben." (Je peux vous promettre une chose. Je ne perturberais pas votre quotidien. Vous ne me verrez que peu, et si vous ne voulez pas parler, grand bien vous fasse. Je ne suis pas très loquace, et je ne suis pas là pour parler chiffons. Vous serez tranquille, vous pouvez me croire.) Et c'était vrai. Je ne comptais pas m'incruster dans sa vie, et encore moins dans son logement. Je n'avais besoin que d'une chambre, après tout. Je n'allais pas y passer ma vie non plus…

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Freidrich Heiptmann
Revenir en haut Aller en bas


Emy Hale
P A R L E
si tu as des mots plus forts que le silence

Féminin

Je parle pas aux cons, ça les instruit.
■ topics: OUVERTS
■ inscrit le: 09/10/2010
■ mes posts: 357
■ avatar: Zooey Deschanel
■ présence: 7 sur 7
■ âge IRL: 18
■ profession: Journaliste

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Athée parce que Dieu, il craint.
■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, par pure mauvaise foi.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Mer 14 Sep - 14:53

Alors là, non. Vraiment, non. Elle voulait bien supporter les contrôles de la censure au journal, elle voulait bien tolérer qu’on parle allemande à tout va dans les rues de la capitale qui n’était finalement plus si française que ça… elle voulait bien beaucoup de choses – enfin, elle n’avait surtout pas le choix. Mais là, non. Elle avait déjà bien du mal à croiser un soldat sans avoir enfin ou de fuir ou de lui coller son poing dans le nez, alors en côtoyer un tous les jours, et ce chez elle ? Certainement pas. Elle se foutait totalement qu’il soit l’occupant, donc le vainqueur, donc celui qui décidait. Elle se foutait même qu’ils aient chacun une arme à la ceinture ou qu’ils puissent avoir soudain envie de la faire taire – non, ça elle ne s’en foutait pas mais elle était trop en colère pour s’en rendre compte – d’une façon ou d’une autre. Elle ne VOULAIT PAS que ce type s’installe ici, et il ne s’installerait pas – hors de question. Dans la chambre de Natasha, qui plus est. A cette idée, le sang d’Emy ne fit à nouveau qu’un tour. Avait-il la moindre idée de la pièce qu’il comptait occuper ? Certes, Natasha était morte et n’avait plus besoin ni d’un lit, ni de ce vieux bureau qu’avait réussi à fabriquer un lointain grand père, ni des quelques photos qui traînaient ça et là… mais Emy, si. Cette chambre, c’était son havre de paix et rien que de voir la valise de l’autre nazi posée à côté de la porte lui donnait de subites envies de meurtre. Sans doute prenait-elle des risques en s’adressant de la sorte aux soldats qui la dévisageaient, médusés, dans le couloir. Mais ils ne l’avaient pas volé, et la concierge non plus, tiens ! Parce que c’était elle qui avait ouvert, à tous les coups. Oui voilà, après ça, elle irait passer le reste de sa colère sur cette idiote de concierge.

Mais en attendant, il y en avait déjà bien assez sur le SS qui se tenait droit comme un i, essuyant sans ciller – ou en fronçant légèrement les sourcils de temps à autre – la fureur de la jeune journaliste. Les yeux qu’elle planta soudain dans les siens, pourtant, lançaient des éclairs qui, s’ils l’avaient pu, l’aurait sans doute tué sur place. Un instant, elle songea à Nate. Nate dans la résistance… et si un jour il se pointait ici et qu’il se retrouvait face à un soldat ? Oh gosh. A cette idée, elle eut presque envie de repartir en vrille, de les arroser copieusement d’insultes en tous genre jusqu’à ce qu’ils prennent peur et la pensent folle, mais la coupant dans son élan, l’officier fit un signe à ce qui semblait être son larbin et récupéra le dossier autour duquel les doigts de celui-ci s’étaient crispés. Il fallait admettre que, question frayeur… Emy avait déjà presque réussi. Et encore, ils n’avaient pas tout vu. Et s’ils s’entêtaient… L’air froid, l’officier lui colla son dossier devant le nez, y attirant les deux prunelles vertes de la jeune femme. Rapidement, elle balaya le papier des yeux puis revint à lui, toujours aussi furieuse. Je parle pas allemand, ducon !
« Es tut mir lied Fraülein Hale, aber es sit nicht meine Verantwortung. Glauben Sie mir, ich habe nicht darum gebeten, auf diese Weise mess up your life kommen aber wir haben keine Wahl. »
Okay. Je répète, monsieur Freidrich-je-ne-comprend-rien : je ne parle pas allemand. Ouvrant de grands yeux furieux, Emy le dévisagea sans comprendre, jusqu’à ce que l’autre sergent – si elle savait encore bien lire les grades – ne se racle la gorge pour la traduction.
« Je suis navré Mademoiselle Hale, mais ce n'est pas de mon ressort. Croyez-moi, je n'ai pas demandé à venir de cette façon chambouler votre quotidien, mais nous n'avons pas le choix, récita-t-il. »

Emy ouvrait la bouche pour protester, mais plus rapidement qu’elle, le lieutenant repris la parole, visiblement aussi doué en français qu’elle l’était en allemand. Et ils voulaient qu’ils cohabitent ? Mes pauvres teutons, qu’est-ce que vous pouvez être cons parfois...
« Ich kann Ihnen versprechen eine Sache. Ich würde nicht sterne Ihr tägliches Leben. Du wirst mich nicht sehen sehr wenig, und wenn Sie nicht wollen, redent, tun Sie viel Gutes. Ich bin nicht sehr gesprächig, und ich bin nivht hier, um Lumpen zu sprechen. Sie cerdan ruhiger, können Sie mir glauben. Emy haussa un sourcil, fusillant des yeux le sous-fifre, qui traduisit :
- Je peux vous promettre une chose. Je ne perturberais pas votre quotidien. Vous ne me verrez que peu, et si vous ne voulez pas parler, grand bien vous fasse. Je ne suis pas très loquace, et je ne suis pas là pour parler chiffons. Vous serez tranquille, vous pouvez me croire. »
Evidement qu’elle serait tranquille ! Parce qu’il n’était pas question qu’ils restent ici ni quelques jours, ni quelques heures et encore moins quelques minutes de plus. Croisant les bras devant sa poitrine, elle leur adressa une moue hautement mesquine, avant de reprendre la parole – puis que s’énerver ne servait rien, elle allait se foutre d’eux, tiens.
« Я не заботюсь о ваших заказах , Herr Heip-truc ! (Je me fous de vos ordres, Herr Heip-truc !) répondit-elle, en russe, n’ayant toujours pas retenu son nom. Поскольку вы видите, оказывается, что я отказываюсь приспосабливать полосу ублюдков, кого вы -, и даже меньше в этой комнате. Таким образом идите к крику в ваш идиот Führer, но выйдите оттуда ! » (Car voyez-vous, il se trouve que je refuse d'héberger la bande d'enfoirés que vous êtes, et encore moins dans cette chambre. Allez donc pleurer chez votre con de Führer mais sortez de là !)

Il y avait tant de conviction dans sa voix que s’en était devenu presque… comique. Et ce qui ne l’était pas presque, mais totalement, c’est la tête que firent tous les soldats présents suite à ce petit laïus. Sauf qu’Emy était bien trop en colère pour savourer totalement sa victoire.
« Alors, vous traduisez ? fit-elle en se tournant vers le sergent. Oh pardon, vous ne parlez pas russe, peut-être ? demanda-t-elle, ironique. Eh bien vous pouvez dire à votre supérieur, en gros, que je n’ai pas l’intention de le laisser s’installer ici, et encore moins dans la chambre de ma sœur, c’est clair ? »
Son ton, de moqueur, c’était à nouveau fait furieux. Bien qu’elle ait la vague impression de ne strictement rien pouvoir faire à la situation,

(pardon, c’est court XD me rattraperai au prochain ! Et merci Reverso XDDDD)

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

C'est pas nous qui marchons pas droit, c'est le monde qui va de travers.
Revenir en haut Aller en bas


Freidrich Heiptmann
♦ Quatre de Carreau ♦

Masculin

■ topics: FERMÉS
■ inscrit le: 29/07/2011
■ mes posts: 225
■ avatar: Paul Bettany
■ présence: Quotidienne

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Catholique
■ situation amoureuse: Célibataire Officiellement
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Mar 20 Sep - 9:08

Pourquoi est-ce que les femmes étaient toutes comme ça ? A vouloir contester telle ou telle décision. Je n'y pouvais rien si on avait réquisitionné son logement. Et de toute façon, je m'en fichais complètement. Il était hors de question pour moi que je reste chez l'habitant, mais je n'avais pas vraiment le choix, et je n'avais jamais contesté un seul ordre de toute ma carrière. Je faisais donc avec, alors pourquoi est-ce que Fraülein Hale ne pouvait pas mettre de côté son animosité et accepter ce qui allait arriver ? Très bonne question en tout cas. Question dont je ne cherchais pas à avoir de réponse. Je me foutais royalement de ses états d'âmes. Et de toute manière, je n'étais pas là pour faire ami-ami avec elle. On m'avait assigné à sa résidence, et je ne comptais pas partir de sitôt. C'était comme ça, un point c'est tout. Elle pouvait hurler et protester tout son soul, ça ne changerait rien au fait que l'ordre avait été donné, et qu'elle ne pouvait rien faire pour empêcher notre cohabitation. Ne pouvant rien faire de plus que cela, je la laissais s'époumoner, observant simplement ses réactions. Voilà la seule chose qui était agréable. Voir la façon dont son visage se colorait sous l'effet de la colère, ses joues se teintant doucement de ce rouge si familier que l'on obtient sous l'effet de tel ou tel sentiment. Ou encore la façon dont son sourcil se soulevait alors que je lui expliquais ce qui allait se produire, avant qu'Andreas n'eut la chance de traduire. Elle n'y comprenait tout simplement rien, ça se voyait. Comme ça, ça réglait beaucoup de choses. Je n'aurais pas besoin de m'exprimer énormément, ce qui me convenait parfaitement. Je comptais simplement rester dans mon coin, et ne m'attarderait pas à discuter avec la propriétaire des lieux. D'une parce que je n'étais pas loquace, et de deux parce que je n'avais pas que ça à faire que de tenir compagnie à une femme. Et vu sa réaction plutôt explosive, je peux en venir à la conclusion qu'elle non plus. Elle continua donc à s'époumoner, et je la laissais faire. Il paraissait que cela faisait du bien d'extérioriser ses sentiments. Je ne me souvenais pas, pour ma part, avoir eu recours à un tel procédé. D'aussi loin que je me souvienne, je n'avais jamais craqué comme elle le faisait ici. A croire que les femmes sont plus fragiles de ce côté là…

Bien qu'Andreas soit suffisamment réactif pour traduire mes paroles à la jeune femme, celle ci ne sembla pas se calmer le moins du monde. Elle semblait être possédée, ou un truc du genre, je n'arrivais pas vraiment à mettre la main dessus. Mais je ne sourcillais pas, ne bougeant pas d'un poil en continuant mon monologue. Mon ordonnance, traduisant au fur et à mesure, récolta toute la fureur de la journaliste. Dommage pour lui, car il a plutôt l'air d'avoir envie de prendre ses jambes à son cou. Ce n'est pas comme si j'allais le plaindre celui là aussi. Il était assez lent comme garçon, mais il était un soldat bon sang ! Un peu de courage… Je soupirais devant son attitude, avant de reposer mon regard sur Fraülein Hale, qui croisa ses bras sur sa poitrine, avant d'enfin reprendre la parole, en russe cette fois… "Я не заботюсь о ваших заказах , Herr Heip-truc ! Поскольку вы видите, оказывается, что я отказываюсь приспосабливать полосу ублюдков, кого вы -, и даже меньше в этой комнате. Таким образом идите к крику в ваш идиот Führer, но выйдите оттуда !" Je haussais à nouveau un sourcil, avant de sourire, à peine. Elle parlait russe. Comme quoi, tout le monde peux vous surprendre. Je ne parlais pas bien russe, mais j'avais compris suffisamment de choses pour savoir qu'elle n'acceptait pas cette cohabitation. Très bien, car moi non plus. Je ne la quittais pas des yeux, mon sourire ne restant pas bien longtemps en place, alors qu'elle fusillait mon ordonnance des yeux. "Alors, vous traduisez ? Oh pardon, vous ne parlez pas russe, peut être ?" Je remarquais l'air pâlot d'Andreas, qui baissa les yeux, ne sachant pas vraiment où se mettre. "Eh bien, vous pouvez dire à votre supérieur, en gros, que je n'ai pas l'intention de le laisser s'installer ici, et encore moins dans la chambre de ma sœur, c'est clair ?" Je laissais Andreas me souffler la traduction, avant de hocher la tête, le remerciant sans un mot. Ah les femmes, toujours à essayer de grogner pour un rien. Ce n'était pas la fin du monde quand même ! Elle n'allait pas mourir du fait d'héberger un allemand. Je n'allais pas la manger non plus. Même si le fait de la voir dans cet état m'amusait quelque peu, je devais l'avouer…

Un petit sourire narquois sur les lèvres, je me tournais un instant vers Andreas, chuchotant à son oreille une phrase en allemand que je voulais qu'il me traduise, pour que j'évite de faire une erreur. Je savais ce que je voulais dire à la jeune femme, et je n'avais pas besoin de le dire en allemand pour qu'elle ne comprenne tout simplement rien. Mon ordonnance me souffla la traduction, et je hochais la tête, avant de faire face à nouveau à la journaliste, dont la position n'avait pas changé depuis ces deux dernières minutes. Doucement, je finis par m'approcher d'elle de quelques pas et, mon regard dans le sien, je finis par souffler, doucement. "Vous n'avez pas le choix." Et je me reculais aussi vite, mon sourire toujours en place, avant de finir par claquer des doigts, les deux soldats nous accompagnant se présentant à côté de moi. "Bitte melden Sie meinen Vorgesetzten, dass Fräulein Hale nicht sehr kooperativ, aber es wird tun." (Veuillez s'il vous plaît rapporter à mes supérieurs le fait que Mademoiselle Hale n'est pas très coopérative, mais que je ferais avec.) Les deux soldats me saluèrent, et claquèrent des talons, avant de sortir de l'appartement, leur mission désormais terminée. Il n'y avait de toute manière pas grand chose de plus à dire, avant que je ne fronce un instant les sourcils, réalisant un détail qu'elle avait mentionné. La chambre. C'était celle de sa sœur. Or, le rapport avait fait état de son arbre généalogique, et en aucun cas Fraülein Hale avait une sœur. Enfin si, mais celle ci était décédée depuis déjà quelques temps. Je finis par lui faire face à nouveau, avant de déclarer. "Also werde ich zufrieden Fräulein Hale. Ich denke, dieser Raum wird die Arbeit zu tun, wohl wissend, dass deine Schwester nicht mehr benötigen." (Je vais donc m'installer Mademoiselle Hale. Je pense que cette chambre fera parfaitement l'affaire, sachant que Mademoiselle votre sœur n'en aura plus l'utilité.) Je laissais Andreas traduire mes propos, satisfait de mon petit laïus. Elle ne voulait pas de moi ici ? Soit. Je m'en fichais complètement. C'était comme ça, et pas autrement. Pas la peine d'en faire un fromage, c'était fait. Ni elle, ni moi, ne pouvions y faire quoi que ce soit. Autant qu'elle s'habitue tout de suite, car je ne comptais pas bouger d'un pouce…

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Freidrich Heiptmann
Revenir en haut Aller en bas


Emy Hale
P A R L E
si tu as des mots plus forts que le silence

Féminin

Je parle pas aux cons, ça les instruit.
■ topics: OUVERTS
■ inscrit le: 09/10/2010
■ mes posts: 357
■ avatar: Zooey Deschanel
■ présence: 7 sur 7
■ âge IRL: 18
■ profession: Journaliste

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Athée parce que Dieu, il craint.
■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, par pure mauvaise foi.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Lun 17 Oct - 10:21

Certes, il y avait dans cette guerre, et peut-être même à cet instant précis, des gens qui mourraient, étaient arrêtés, se faisaient torturer, perdaient leur famille et autre joyeux drames du même genre. Alors, rétrospectivement, faire un drame pour le simple fait d’avoir à accueillir chez soi l’un de ces tueurs, geôliers et tortionnaires qu’étaient les nazis pouvait sans doute paraître futile, voire ridicule. Mais le ridicule ne tue pas, et Emy, à cet instant précis, se foutait complètement de ce qui pouvait se passer sur le pas de sa porte, dans le reste du pays, et même à l’Est, sur lequel circulaient de plus en plus d’ignobles rumeurs. Là tout de suite, ne lui paraissait important que cet officier et la façon dont elle allait enfin réussir à lui faire comprendre que JAMAIS il ne pourrait s’installer ici. Chez elle, dans le seul endroit à peu près où il lui était possible de faire comme si tout était normal, comme si dehors, les patrouilles vert de gris ne menaçaient pas à tout moment de… de… de venir frapper à votre porte pour élire domicile chez vous, par exemple. Il avait des ordres ? Parfait, ça lui faisait une belle jambe, à elle. Mais qu’il aille manger ses ordres ailleurs, elle ne voulait pas de lui ici. Dans d’autres circonstances, peut-être se serait-elle montrée plus raisonnable qu’elle ne l’était aujourd’hui. Mais depuis deux ans qu’ils étaient installés, les allemands lui en avaient déjà bien assez fait voir pour qu’elle reste stoïque et sage face à ça. La censure quotidienne, les amis qui disparaissaient, ce qui s’était passé sur les quais, l’interrogatoire dont elle avait sorti Nate… et maintenant, ÇA ? Haha. Allez vous trouve une autre victime. Moi je raccroche, j’ai fait ma part. Un instant, elle pensa à ces enfoirés de collabos qui se pressaient autour de l’occupant. Puisque ces gens les aimaient tant, pourquoi est-ce que ça n’étaient pas à eux qu’ils allaient demander une cohabitation ? Parce que franchement, c’était de notoriété publique : les allemands, Emy, elle ne pouvait pas se les voir.

Détail qui, visiblement, importait aussi peu à Heiptmann (c’était bien ça, son nom ?) qu’un tract communiste. Peut-être moins, même. Et la jeune femme avait beau lutter, l’insulter – en russe, elle n’était pas folle – copieusement intérieurement et extérieurement, elle avait déjà la vague sensation qu’elle se débattait pour rien. Non, parce que pour ce qui était de passer pour une folle furieuse, c’était réussi. Mais quant à l’effrayer assez pour qu’il s’en aille en courant – ou pas, elle n’en demandait pas tant, du moment qu’il s’en allait – là, c’était moins gagné. Voire pas du tout. Il y eut un instant de silence, alors qu’elle achevait son petit laïus dans la langue de sa mère, et le commentaire mesquin qui allait avec, dans un français très compréhensible de l’interprète cette fois. Un instant de silence durant lequel elle ne les lâcha pas tout deux du regard, ses prunelles vertes lançant véritablement des éclairs. Qu’il s’en aillent, faites qu’ils s’en aillent… Emy était profondément athée, mais s’il fallait se convertir à douze religions à la fois et implorer trente quatre dieux pour obtenir ce départ, alors elle était prête à le faire sur le champ. Qu’on lui apporte un prêtre ! Une moue furieuse tordit ses lèvres. Lorsqu’elle en venait à penser ça, c’était que vraiment, elle était à cours de ressources. Oh, elle avait bien l’Opinel que Nate lui avait donné et qui ne la quittait plus au fond de son sac… mais ils étaient quatre, elle était seule et doutait sérieusement qu’ils la laissent en paix si elle leur brandissait un couteau sous le nez. Non, et puis vraiment, si elle pouvait éviter les caves de la Gestapo… elle en avait bien assez vu comme ça, et franchement, ça ne lui disait rien. Mais ça, c’était une autre question, totalement secondaire face au mur – sans mauvais jeu de mot – qui se trouvait devant elle, droit comme un I, en la personne de l’officier.

Officier qui, soudain, se pencha à l’oreille de son larbin. Emy ne bougea pas d’un cil, tout en se demandant ce qu’il pouvait bien trouver à lui dire tout bas… étant donné que ce qu’elle connaissait d’allemand se limitait à quelques mots concernant la censure et un certain nombre d’insultes qu’elle songerait à lui ressortir, à l’occasion. Elle en cherchait d’ailleurs déjà une ou deux lorsqu’elle vit Heiptmann se rapprocher dangereusement. De furieuses, ses prunelles se firent assassines pour dissimuler l’éclat d’angoisse qui ne tarda pas à la tenailler. Trop près, le nazi, bien trop près… Par réflexe, elle fit un pas en arrière, prête à lui claquer sa propre porte au nez s’il s’aviser ne serait-ce que de s’approcher de quelques centimètres de plus. Enfin, pour ça, encore faudrait qu’elle ne soit pas tétanisée… ce qui n’était pas gagné.
« Vous n’avez pas le choix, lui susurra-t-il avant de s’éloigner rapidement. »
Emy déglutit, alors qu’il claquait des doigts pour attirer l’attention de ses soldats qui, jusque là, la dévisageaient tous avec une expression allant de l’ahurissement à la moquerie en passant par un air profondément perplexe. Ce qu’il leur ordonna, elle n’en sut rien – et s’en moquait profondément. L’air mauvais, elle laissa sortir les deux uniformes appelés, souhaitant sans beaucoup d’espoir qu’ils étaient été envoyés chercher un nouveau logement pour leur supérieur. Bah quoi, on peut toujours rêver, non ?
« Je vais donc m’installer Mademoiselle Hale. Je pense que cette chambre fera parfaitement l’affaire, sachant que Mademoiselle votre sœur n’en aura plus l’utilité, traduisit le sous fifre, après que l’officier se soit à nouveau adresser à elle. »
Espèce de petit enfoiré ! Comment savait-il pour Natasha ? Et d’ailleurs, comment osait-il parler d’elle ? Brusquement, elle se crispa, les poings fermés. Là, si elle n’avait pas été une femme tout particulièrement raisonnable – oui, vous pouvez rire – sans doute lui aurait-elle volontiers écrasé une gifle retentissante sur le visage. Mais se contentant, elle se contenta de faire un pas vers eux, pointant sur Herr Heiptmann un index menaçant.
« Vous… commença-t-elle, la voix vibrante, ne trouvant plus ses mots. Vous… n’êtes qu’une ordure. »

Voilà qui était dit. Ça ne changeait rien, ça ne faisait même pas du bien… mais au moins, c’était dit. Brusquement, elle s’éloigna dans le couloir de SON appartement investi par les hommes qu’elle haïssait le plus au monde et se rendit tout droit dans la chambre de Natasha. Là, sans se préoccuper des deux nazis, elle se saisit des cinq cadres photo déposés ça et là, ouvrit un tiroir pour en sortir – l’air de rien – les articles qu’elle écrivait mais ne pouvait décemment pas publier et qu’elle cachait soigneusement ici, donna un coup de pied dans la chaise qui la gênait, empila sur les cadres sept paquets de cigarette trouvés dans un autre tiroir et sortit de la pièce pour déposer le tout dans sa propre chambre qu’elle ferma à clef pour la première fois depuis qu’elle s’était installée ici. Ceci fait, elle regagna l’entrée où elle avait laissé l’officier et son larbin et se planta fermement devant eux, étrangement calme.
« Vous voulez rester ? Parfait, installez-vous, faites comme chez vous. Mais je vous promets, Herr Heiptmann, que de nous deux, le premier à vouloir partir, ça sera vous. »
Le ton, menaçant, n’en était pas moins sincère. Elle allait faire des moments où il serait là un Enfer, comptez sur elle. Ces mots doux prononcés, elle se saisit de son sac à main balancé dans l’entrée, y glissa la clef de sa chambre et ouvrit la porte de l’appartement. Avant de sortir, toutefois, elle se retourna et, mesquine :
« Have a nice day, messieurs. »
La porte claqua, et rapidement, elle dévala les escaliers. Hors de question de rester là-haut – pour le moment du moins. Ils n’avaient qu’à se débrouiller pour trouver un trousseau de clef.

(désolée du retard, je suis trèèèès bookée en ce moment XD Soit on conclut le RP, soit il la rattrape pour X ou Y raison, as you want !)

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

C'est pas nous qui marchons pas droit, c'est le monde qui va de travers.
Revenir en haut Aller en bas


Freidrich Heiptmann
♦ Quatre de Carreau ♦

Masculin

■ topics: FERMÉS
■ inscrit le: 29/07/2011
■ mes posts: 225
■ avatar: Paul Bettany
■ présence: Quotidienne

❝v o s . p a p i e r s❞
■ religion: Catholique
■ situation amoureuse: Célibataire Officiellement
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Honey, I'm Home ! Jeu 3 Nov - 16:50

Comme les femmes étaient étranges. Encore pire, ce que les françaises étaient étranges. Ce n'était qu'une cohabitation, ce n'était pas comme si j'allais m'incruster dans sa vie. Enfin si, un peu, mais personnellement, je m'en fiche complètement. Et elle pourra dire tout ce qu'elle voudra, ce ne sont pas ses jérémiades qui me feront partir. Au contraire, cela me ferait presque rire. Presque. Car tout le monde savait que les hôtels de Paris ne suffisaient pas aux officiers allemands, et que certains devaient être hébergés directement chez l'habitant pour une meilleure compréhension des activités de la population. Ça ne m'enchantait guère non plus, mais je n'avais pas le choix. Et ce n'était pas aujourd'hui que j'allais décidé de ne plus obéir aux ordres. J'avais été élevé comme cela. Mon père me disait d'aller courir les dix kilomètres qui nous séparaient de la ville la plus proche dans notre région natale, tout cela pour aller chercher une miche de pain, et je le faisais, sous peine de représailles plus que sévères. Les coups de ceinture, les punitions, me faire battre comme un chien. Si je voulais les éviter me disait mon père, j'avais intérêt à devenir fort. Il disait que c'était les plus forts qui survivaient dans ce monde. Et je l'ai toujours cru. Peut être était-ce pour cela que j'avais survécu jusque là. J'accomplissais les missions comme personne, sans aucun remords pour ce que je faisais. Cela ne servait à rien. Mon père aussi m'avait appris cela. Que les sentiments, les remords, c'était pour les faibles. Et que les faibles finissaient sous les bottes des puissants. Mais ici, les ordres étaient les ordres, et quoi que Fraülein Hale puisse bien en dire, elle n'allait pas m'empêcher de m'installer dans ses locaux. Quelle ironie que j'ai choisi les appartements de sa chère sœur décédée on me dira ? Simple question de tactique. Ou par pur sadisme, à vous de choisir. Mais il n'y avait rien de mieux que d'observer la réaction de la jeune française, qui s'époumonait avec ses insanités, s'en prenant aux soldats qui, dans cette affaire, n'y étaient pour rien. Comme quoi, mon père n'avait pas tort. Les puissants finissent toujours par s'en prendre aux plus faibles. Et Hale, on pouvait le voir, qu'elle ne se laisserait pas faire. Remarquant cela, je souris un peu plus, amusé par son attitude de pseudo guerrière…

Et on ne pouvait pas dire qu'elle appréciait le fait que j'ai élit domicile dans son appartement. C'était un peu normal aussi, personne n'aimait voir l'Occupant se pointer avec un papier disant qu'il venait squatter pendant un temps. Mignon franchement. Mais même en colère, on pouvait voir à quel point elle était séduisante. Pas que cela ne m'intéresse. C'était là une chose sur laquelle j'avais tiré un trait il y avait déjà bien des années. Mais c'était drôle de voir sa réaction alors que je demandais la traduction d'une phrase à Andreas, avant de m'approcher Fraülein Hale, susurrant une phrase unique à son oreille, avant de me reculer, un sourire aux lèvres. Même son regard assassin alors que je m'approchais d'elle, me prévenant que j'étais bien trop près d'elle, sans pour autant que je m'en fasse. Si elle avait voulu m'attaquer, elle l'aurait déjà fait depuis longtemps. Et vu sa silhouette fine, je ne pense pas que ce soit un problème pour moi de la maîtriser. Mon sourire toujours aux lèvres, je fis enfin bouger les deux perches qui me servait d'escortes, vu qu'ils n'avaient plus rien à faire ici. Ils me saluèrent, avant de finir par sortir, Andreas traduisant mes dernières paroles. Sa réaction ne se fit pas attendre, ses poings se serrèrent le long de son corps, et mon sourire grandit. Elle finit par faire un pas, et restant droit comme un piquet, mes mains derrière mon dos, je la laissais s'approcher, son doigt devant moi. "Vous… Vous… n'êtes qu'une ordure." Là encore, je n'avais pas besoin de traduction, me fichant totalement de ce que la demoiselle pouvait bien dire, mais Andreas, en bon sous fifre qu'il était, s'empressait de me souffler la traduction à l'oreille. Je souris, ayant plus ou moins compris que ma réplique avait fait mouche. Je la laissais aller dans la chambre de sa défunte sœur, restant debout sans rien dire, ne comptant pas m'installer alors qu'elle était présente dans la chambre. J'étais peut être une ordure, mais j'avais quand même été bien élevé. Je patienterais, ça ne me gênait pas le moins du monde. Au bout de seulement une minute, la jeune femme ressortit de la pièce, pour aller dans sa chambre déposer ce qu'elle avait récupéré, pour finalement la fermer à clé. Comme si j'étais là pour fouiller dans ses tiroirs. Quoi que…

Et enfin, elle se décida à revenir devant moi, ses traits plus ou moins apaisés. Plus ou moins oui, car on ne pouvait pas vraiment savoir comment elle pouvait réagir dans ce genre de situation. Et personnellement, je ne préférais pas savoir du tout. J'étais juste là en tant qu'invité, et je ne voulais pas m'imposer plus que je ne le faisais déjà. Je restais donc stoïque, sans bouger, haussant un sourcil à ses paroles. "Vous voulez rester ? Parfait, installez, faites comme chez vous. Mais je vous promets, Herr Heiptmann, que de nous deux, le premier à vouloir partir, ça sera vous." Je ne pouvais pas vraiment dire que j'étais surpris, ça non. Mais c'était quand même étrange qu'elle décide de me laisser rester, alors qu'elle avait si véhément prétendu le contraire il y avait à peine quelques minutes. Mais je n'allais pas m'en plaindre non plus. Andreas me traduisant ses paroles, je sourit doucement, intérieurement. Elle avait un agenda, c'était certain. Cette cohabitation allait se révéler très intéressante. Je la regardais prendre son sac à main, la clé qu'elle tenait à la main glissant à l'intérieur, avant de sortir de l'appartement, se retournant une dernière fois. "Have a nice day, messieurs." Je souris à cette phrase, la saluant comme il se devait, claquant des talons, Andreas faisant de même, avant que je lui réponde, ma voix douce. "Danke, Fraülein Hale." La porte finit ensuite par claquer, faisant vibrer les mur, alors qu'Andreas soupirait longuement. Finalement, je finis par me relaxer, ma main allant chercher la casquette posée sur ma tête, ma main libre passant dans mes cheveux coupés de prêt. "Gut. Dies könnte interessant sein." En effet, cela risquait d'être vraiment très intéressant. J'allais m'amuser, je le sentais. Un sourire aux lèvres, je priais Andreas de m'aider avec mes affaires restées dans le couloir, les emmenant dans ma nouvelle chambre, bien accueillante. Très intéressant oui. J'avais hâte de voir comment tout cela allait se dérouler…


FIN DU RP

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Freidrich Heiptmann
Revenir en haut Aller en bas
 

Honey, I'm Home !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» You put your arms around me and I'm home - Pv Hermione
» Honey, i'm home... - Kame mi amor ♥
» Honey, I'm Home !
» GN Sweet's Home session 2
» un home enceint

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
y e l l o w . TRICYCLE ::  :: « habitations » :: « Emy Hale »-