On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\
Auteur
Message
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: On a toujours ce qu'on veut au final... /! âmes sensibles s'abstenir /! Lun 7 Nov - 18:36
&&
Je crois vraiment que si le meurtre était une possibilité envisageable, j’irai assassiner cette garce de flic française qui m’avait pourrie ma permission. Déjà qu’Arditti était peu enclin à me les donner, de peur qu’il ait soudainement besoin de moi pour X ou Y raison, et maintenant, cette petite peste venait me rendre la vie d’autant plus impossible qu’elle avait décidé que je devais faire son travail à sa place. C’est le monde à l’envers ?! On se demande bien pourquoi les flics français ont des plaques, et aussi pourquoi on leur a laissé leurs flingues. Pour ceux qui n’auraient pas compris, j’étais de très très mauvaise humeur, et il ne valait mieux pas me causer de problèmes. Ca avait été comme ça depuis que j’étais revenu au boulot, n’ayant qu’une envie, me passer les nerfs sur quelqu’un. Les hommes moins gradés que moi avaient donc été les premiers à trinquer. Même Luigi, dont j’étais assez proche, avait passé un sale quart d’heure. Il fallait que je décompresse, et que je décompresse vraiment, sans avoir cette espèce de… de… de sporcizia* qui viendrait me pourrir la vie. Mais c’était limite si j’osais encore sortir, de peur qu’elle connaisse toutes mes cachettes, tous mes petits endroits secrets où je me ressourçais bien tranquillement – à grand coup de paquet de cigarettes et de bouteilles d’alcool en tout genre trouvé chez mes contacts au marché noir, mais là n’est pas la question. Je ne savais pas si j’allais pouvoir passer une soirée sans m’énerver, mais il allait bien falloir que j’aille me défouler ailleurs, ou j’allais finir par avoir un blâme ce qui serait du plus mauvais effet sur mon dossier qui avait pour le moins mal commencé.
Ce soir, permission ou pas, j’avais décidé de faire le mur. C’est vrai quoi, on a bien le droit de se défouler un peu. Plus qu’un peu même. J’avais l’intention de me rendre dans un bar de ma connaissance, pas très bien famé, mais pas très connu non plus, ce qui serait tout à mon avantage pour passer la soirée, et voir même la nuit. Etant donné que je n’étais pas de service ce ne serait pas très difficile de prétendre que j’avais quelque chose à faire pour le consul. A force de me voir passer à tout heure du jour et de la nuit pour m’occuper de ses affaires, les gars à l’entrée du consulat ne me demandaient même plus de justificatifs ni d’ordre de mission. Dire que je n’en avais jamais profité auparavant aurait été mentir, mais dire que j’en avais vraiment besoin ce soir était la vérité. Ma garde se terminait tard avec ça. Il fallait que je fasse au plus vite, sinon, j’allais définitivement craquer. Après avoir été relevé, j’avais filé dans ma petite chambre, et m’était changé, habillé en civil. Techniquement, je n’avais pas le droit, vu que je n’avais pas le droit de sortir. Techniquement… Mais les règles sont faites pour êtres transgressées non ? La nuit était fraiche, c’était presque un euphémisme. Par-dessus mon pantalon et ma chemise, j’enfilais un blouson en cuir, ainsi qu’une casquette.
Comme je m’y attendais, arrivé en bas, personne ne me fit de difficultés à la porte du consulat. Le contraire aurait été profondément étonnant. Et puis d’ici à ce qu’ils se rendent compte que je n’étais pas rentré, il y avait le temps… Demain matin, dix heure ce me semble… A moins que ça ne soit neuf heure… Enfin, de toute façon, je pensais être de retour à temps. Ca serait mieux, même si ce n’était pas certain. Le chemin fait jusqu’à mon petit endroit paradisiaque personnel – qui n’avait rien de paradisiaque aux yeux des autres, le contraire aurait été étonnant - avait été fait en voiture. L’avantage d’avoir un certain grade et des habitudes de passages… Je vous le dis, plus personne ne pose de questions. Sur le trajet, j’avais été arrêté par une patrouille allemande, ce qui devenait de plus en plus normal et de plus en plus banal, mais cela n’avait pas eus d’importance. Quand ils avaient vus la cocarde à la voiture, et mes papiers, ils n’avaient pas fait de difficultés. Heureusement pour moi, et pour l’ordre de mission manquant. Se garer n’était pas très difficile dans l’allée des peupliers, et vu que les asweiss étaient distribués de manière encore plus infime qu’au compte goutte, je doutais que le bar soit fermé. Il avait dut revoir ses horaires d’ouverture pour ne pas faire faillite, d’ailleurs, avec ce maudit couvre feu.
Comme je m’y attendais, il n’y avait que trois tables de prises, dont deux par des allemands. Ce n’était même plus étonnant. Deux serveuses passaient dans la salle, apportant les commandes, en plus du patron, derrière son bar, à essuyer des verres pas très propres avec un torchon qui avait surement fait la guerre – la précédente je veux dire. A la dernière table, il y avait deux gars que j’avais déjà croisé. Mais n’ayant pas l’intention de leur faire la causette, je m’approchais du bar, avant de m’installer sur l’un des tabourets, et de commander un verre de Fernet Branca, un alcool bien de chez moi.
-Quoi de neuf ici ?
-Ca fait un bail qu’on t’as pas vu dans le quartier, gamin… Mais tu rates pas grand-chose va…
Il se pencha par-dessus le bar, en désignant les allemands d’un signe de tête entendu, et d’ajouter à voix basse :
-Non seulement ils sont partout, mais ils tueront le petit commerce… Qu’est ce que tu veux ? On peut rien faire contre ça, et le soir, y a qu’eux pour venir ici… Foutue guerre…
Je bus une gorgée d’alcool alors qu’il partait dans la réserve, et jetai un coup d’œil aux hommes présents. Au mieux, des sous officiers, comme moi. Les officiers fréquentaient des établissements plus huppés. Celui là ne payait pas de mine, avec son escalier en pierre, un peu glissant, qu’il fallait descendre pour y accéder, ça ressemblait plus à une cave améliorée. Je me demandais encore ce que j’allais faire de ma soirée, certain que j’allais trouver, quand la porte s’ouvrit à nouveau.
*saleté
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
Dernière édition par Enzo Valente le Sam 28 Jan - 9:51, édité 1 fois
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Lun 7 Nov - 21:20
"Alice, reviens ici tout de suite !" La voix nasillarde de mon père résonnait dans le grand hall de notre manoir, et je frémissais d'horreur, mes mains se serrant autour du manteau que j'enfilais. Mes joues, déjà rouges de colère, semblaient me brûler littéralement. Et pourtant, la journée avait plutôt bien commencé. Comme toujours, Gabrielle m'avait aidée à me préparer, alors que je cherchais quelle tenue mettre pour sortir. Cela faisait un moment maintenant que j'avais repris mes habitudes. Les évènements dans Paris s'étaient enfin calmés, et mon père avait fini par me laisser sortir à nouveau, voyant l'état de déprime dans lequel je me trouvais. Bon, je pouvais dire que j'avais un peu poussé le bouchon pour qu'il cède plus vite, mais ça avait été pour la bonne cause. Et depuis le fiasco de la garden party avec Enzo, je pouvais dire que j'étais frustrée. C'est pour cela que j'avais joué par tous les moyens de mes charmes, pour que mon père finisse enfin par m'autoriser à sortir. Sous la coupe de Patrice, bien évidemment. C'était une des rares conditions. Mais je ne me plaignais pas. Je réussissais souvent à me débarrasser de lui, en lui donnant une excuse, ou tout simplement en lui disant que je revenais très vite. Et souvent, c'était le cas, vu que mon appétit était plus rapide ces temps ci, si on pouvait dire cela comme ça. Le fait qu'on se soit refusé à moi ne m'était jamais arrivé. Et franchement, j'en gardais un goût amer dans la bouche. Peut être était-ce pour cela que mes conquêtes étaient plus nombreuses ces derniers temps, et que l'affaire était réglée bien plus vite. Mais au fond de moi, je savais que ce que je ressentais dans les bras d'un homme, n'était pas ce que je recherchais en ce moment. Certes, j'éprouvais du plaisir, mais ce n'était pas ce à quoi je m'étais habituée. Peut être que tout était fade, depuis que j'avais échoué pour la première fois dans le jeu de la séduction. Et chaque jour, j'essayais de retrouver ce sentiment, cette sensation que j'avais perdue depuis ce soir là. Avec un homme différent. Il pouvait être un homme d'affaire, ou alors un quelconque rentier. Mais finalement, j'échouais, et n'arrivais pas à avoir ce que je voulais. Mais aujourd'hui, je comptais bien changer la donne. Comment ? Je ne le savais pas vraiment. Mais j'y arriverais, c'était tout simplement certain…
Mais c'était sans compter sur mon père, qui avait eu une idée différente pour ma journée. Au dîner, une des rares fois où il mangeait avec moi -ses affaires le retenant bien souvent à l'extérieur- il m'avait demandé de venir avec lui à une réunion avec des officiers allemands. Pourquoi ? Très bonne question. Pour tout vous dire, je n'ai même pas demandé. A la seule découverte qu'il allait me ruiner ma soirée, je m'étais tout simplement renfrognée, pour mieux grogner. Et forcément, la réplique n'avait pas traîné, et je me retrouvais sur mes pieds, à enfiler mes gants et mon manteau, les joues rougies par mon excès de colère. Pourquoi est-ce qu'il avait choisi ce jour là pour m'empêcher de sortir ? A croire qu'il m'en voulait toujours, ou je ne sais quoi. La carrure imposante de Patrice finissant par m'empêcher de passer, je soupirais, avant de faire demi tour, déblatérant des insanités devant mon père, les yeux grands ouverts à mon éclat, alors que je retournais à l'étage, dans ma chambre, claquant la porte derrière moi, ayant eu le temps de lui lancer une dernière pique. "Si vous croyez que je vais venir avec vous à votre réunion, vous vous fourres le doigt dans l'œil ! Allez donc lécher les bottes des allemands, mais c'est sans moi !" La porte claqua sur ces derniers mots, et je me mis à faire les cents pas dans ma chambre. Il croyait vraiment que j'allais me laisser faire comme ça ? Il pouvait toujours rêver ! Alors que je continuais de réfléchir à ce que j'allais bien pouvoir faire, le vrombissement d'une voiture me fit savoir que mon père avait décidé de me laisser seule ici, ou du moins, c'est ce qu'il pensait. Un sourire aux lèvres, je finissais par me changer de mes escarpins peu confortables, à des chaussures plates, enroulant une grosse écharpe par dessus mon manteau noir. Avec ce que je comptais faire, il fallait que j'ai chaud. Sortant à peine la tête de ma chambre, quelques billets bien au chaud dans ma poche, je sortis à pas de loup de la pièce, refermant la porte derrière moi, avant de descendre en bas. Je connaissais ce manoir comme ma poche, et je savais comment faire pour sortir sans me faire remarquer. Un sourire aux lèvres, j'empruntais la sortie de service au fond du grand hall, l'air frais de cette soirée me fouettant le visage. Toujours sans faire de bruit, je sortis dans la rue, dévalant l'avenue en courant, ma jupe coupée sous les genoux ne m'aidant pas vraiment dans l'exercice. Mais au bout de quelques minutes, le sentiment de liberté s'empara de moi, et je souris, reprenant un rythme de marche plus confortable…
L'adrénaline coulant dans mes veines, du moins pour l'instant, me procurait un sentiment d'euphorie. Jusqu'à ce que je remarque l'heure. Le couvre feu était dépassé depuis un moment, et je n'avais pas mes papiers sur moi. C'était bien ma veine ! Pour une fois que j'arrive à sortir en cachette, il fallait que j'oublie la chose la plus importante qui soit ! Secouant la tête, la peur me prenant à l'estomac, mes pas se firent plus pressants encore, alors que j'étais dans une rue un peu trop fréquentée à mon goût. mais vu que tout le monde était chez soi, j'étais seule dehors. Bien vite, un sentiment de peur panique s'empara de moi, et j'accélérais encore, me disant peut être qu'il fallait que je fasse demi tour. Arrête donc d'être une trouillarde et va au bout de tes actes Alice ! Et c'était vrai, je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. Arrivant finalement dans l'allée des peupliers, le bruit d'un moteur de voiture se fit entendre au loin. Alors là c'est pas de bol. Me cachant un peu plus dans l'ombre ambiante de la rue, j'accélérais mes pas, avant d'apercevoir les lumières d'un établissement. Un bar. Je ne le connaissais pas vraiment, mais là, je m'en fichais un peu. Alors que le vrombissement se faisait plus insistant -clairement ils arrivaient dans cette direction- je n'eus pas vraiment le choix que d'entrer dans le dit établissement, tombant nez à nez avec la dernière personne sur qui j'aurais voulu tomber. La porte se refermant doucement derrière moi, étouffant le bruit inquiétant de la voiture allemande qui passa quelques secondes plus tard dans la rue. On ne pouvait pas vraiment dire que ce bar était plein. Non pas que je fréquentais souvent ce genre d'endroit, mais je n'avais qu'à observer la qualité de la décoration pour comprendre où je me trouvais. Super Alice, joli travail. Je ne prêtais même pas attention aux allemands qui étaient accoudés au deux tables et me regardaient d'un drôle d'air, alors que mon regard se posait sur une silhouette bien trop familière, silhouette que j'avais espéré ne jamais revoir. Assis sur un tabouret, se trouvait le sergent Enzo Valente, habillé en civil. M'avançant un peu dans la pièce, je serrais les mâchoire, ma voix à peine audible. "Non mais je rêve !" Sérieusement ma vieille, c'est vraiment pas ton jour de chance…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Ven 11 Nov - 16:08
C’est vraiment pas ma semaine. Mais alors vraiment pas ! En plus d’une perme ratée, d’une soirée prise alors qu’elle ne m’était pas autorisée et que j’allais surement en subir les conséquences dès le lendemain matin, et j’allais surement même déguster si jamais on me mettait le grappin dessus. Et maintenant que j’étais enfin à peu près tranquille, il fallait qu’elle débarque… Il ne manquait plus que ça. Une crise d’hystérie sur les bras après un caprice. Entre Iris qui me faisait faire son boulot à sa place et Alice qui passait son temps à me faire des sous entendus, avant de se mettre à hurler quand je ne faisais pas ce qu’elle aurait souhaité, sans parler d’Ange qui passait sont temps à se foutre de moi, avant de me demander des choses assez étranges sans m’expliquer pourquoi elle en avait besoin. On est pas aidés, je vous le dis… Les femmes et leurs sautes d’humeurs, leur caractère assez peu stable… Tout ce qui les rend charmante à la base fini par nous agacer et faire qu’on a envie d’aller voir ailleurs. Ce n’est pas vraiment étonnant… C’est sans doute pour cette raison, et quelques autres, que je suis incapable de rester avec la même fille plus de quelques jours, semaines quand elle a de la chance. La plupart du temps, c’est pour une soirée, et pas plus. J’étais tout à fait le genre de salaud que les femmes, quelle que soit l’époque, détestaient. Il les séduit, en profite, et s’en va à peine l’acte consumé.
Pourquoi voudrais-je changer ? Je n’avais que dix neuf ans, bien qu’on ait tendance à l’oublier, à commencer par moi. Penser à me marier, à fonder une famille comme il le fallait dans la société d’où j’étais issu, pour faire se faire bien voir, pour respecter les convenances, n’était vraiment pas dans mes priorités. Je ne savais même pas ce que se faire bien voir pouvait nous apporter dans la vie. Réprimer sa propre nature juste pour coller au moule qu’on nous imposait à côté de nous. L’exemple parfait à suivre, et surtout, ne pas en déroger. Jamais de la vie ! Vous n’imaginez pas la honte qu’on jetterait sur notre famille si jamais on s’avisait de désobéir à leurs commandements, à leurs convenances toutes faites. J’avais toujours été la honte de ma famille, un peu plus, un peu moins. Pourquoi ? Par envie, par goût, par jeu. Capricieux et orgueilleux, je refusais qu’on me dicte ma conduite. Ce qui, enfant, n’était qu’une vague tentative de contrarier ma mère, était devenu un véritable code de conduite que je m’étais imposé et auquel j’avais rallié tous les jeunes du quartier qui pensaient comme moi que tout ça était bien trop rigide et qu’il fallait faire bouger les choses, à grand coup de bouteilles un peu trop alcoolisées et de filles peu farouches. Certains me prenaient pour le pire cancre qui puisse exister, d’autres pensaient que je valais mieux que ça, comme notre vieil épicier, le Signor Regazzi. Il fallait bien dire qu’il avait l’âge d’être au moins mon grand père, et si j’étais plutôt rebelle dans l’âme, je détestais qu’on manque de respect à ceux qui avaient besoin d’aide.
Et remettre en ordre l’étale de son épicerie n’était vraiment pas long à faire. J’avais même sermonné deux petits voyous qui, voulant m’impressionner, avaient saccagé son étal et en étaient tous fiers. Sous ma surveillance, ils avaient été contraints de tout remettre en état, et plus vite que ça, sinon ils risquaient de se prendre une sacrée dérouillée. Comme le quartier, ses rires, ses chants, et tout ce qui allait avec me manquait… Les balades le long de l’Arno, de jour comme de nuit, trainer autour de la cathédrale et ses boutiques totalement hors de prix pour toutes les personnes que je connaissais… Une ville riche d’un passé que je connaissais mal et auquel je ne m’étais jamais intéressé. La jeunesse est ingrate… Une qui, sans aucun problème, aurait pu se payer tout ce qu’elle voulait dans n’importe quelle boutique, c’était bien Alice Lefèvre. Je me demandais même ce qu’une femme comme elle faisait dans un bar de ce genre. Elle s’était perdue ou quoi ? Et en plus, elle était seule ? C’était vraiment amusant comme situation. Il ne manquait plus qu’un des sous fifres en uniforme s’approche d’elle pour que la soirée soit totalement gâchée, parce qu’on se doute bien que je ne l’aurais pas laissé faire… Et à part donner une vague petite tape sur le bras de l’homme en question, comme je l’avais vu faire à certaines soirées, était-elle vraiment capable de se défendre ?
D’abord, quand je l’avais vue là, je n’étais pas totalement certains que c’était bien elle, tellement ça me paraissait impossible de la voir dans ce genre d’endroits, mais sa voix si douce et si mélodieuse – sarcasme, au cas où vous n’auriez pas compris – c’était écrié toujours de manière aussi charmante :
-Non mais je rêve !
En me reconnaissant. Eh bien si elle pouvait se targuer d’être entrain de rêver, pour ma part, j’étais hélas en plein cauchemar. Et ce n’était pas près de s’arrêter. C’est pas possible ça. Je décidais de prendre la situation à contre emploi, levant mon verre dans sa direction, un sourire provocateur aux lèvres.
-Buonasera, signorina, avant d’avaler une gorgée de mon verre.
A n’y pas manquer, ça l’agacerait un peu plus. Il ne manquerait plus qu’elle glisse et casse un de ses talons sur l’escalier en pierre, mais humide, qui permettait de descendre totalement dans le bar. Ca m’amuserait follement.
-Vous devriez faire attention, vous risquez de tacher vos jolis vêtements dans un endroit pareil… laissai-je tomber, toujours aussi provocateur.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Jeu 17 Nov - 18:47
Il fallait vraiment que je tombe sur lui. A croire que ma bonne étoile n'était pas avec moi ces derniers temps. A chaque fois que j'allais quelque part en ce moment, il fallait que je tombe sur lui. Nan mais pourquoi on me faisait subir ça ? C'était pour me punir ? Parce que mon père était un collaborateur ? parce que je me souciais pas assez des autres c'est ça ? Nan mais sérieusement, qu'est ce que j'ai fait pour mériter tout ça ? Je sais que je suis un peu égoïste sur les bords, mais c'est pas une raison pour m'en vouloir comme ça ! Et voilà que maintenant, je me parlais à moi même ! Je deviens dingue, c'est franchement pas chouette de toujours tomber sur cet homme là. En fin de compte, c'était pour me punir parce que je m'étais éclipsée de chez moi. Franchement pas croyable quoi. Et en plus, il avait fallu que je me décourage, et que je me réfugie dans ce bar pas très fameux. Et comme par hasard, Enzo s'y trouvait. C'était vraiment pas mon jour de chance. A croire que je les collectionnait ces jours là. Et je disais ça pas parce qu'il avait refusé mes avances non, mais également parce qu'il était comme tous les autres. Il voulait quelque chose, mais quand il s'agissait d'autre chose, il pensait que j'étais juste une fille pourrie gâtée, qui ne supportait pas qu'on lui dise non. Et peut être que c'était vrai. Peut être que je l'étais pourrie gâtée. Mais ça ne l'autorisait pas à toujours prendre son ton condescendant avec moi, juste parce qu'il se trouvait "mieux" que moi. Je n'y pouvais rien si j'avais grandi dans le monde dans lequel où je n'avais pas eu à m'inquiéter de quoi que ce soit. Ce n'était pas de ma faute ! Je n'y pouvais rien si j'étais comme ça ! Je ne lui faisais pas de remarques moi alors qu'il se prenait pour plus qu'il ne l'était ! Au moins je gardais mes opinions pour moi. Peut être que j'aurais du lui faire savoir que je n'aimais pas la façon avec laquelle il me parlait. Mais qu'il ne croit pas qu'il ai gagné, ou qu'il croit que je n'étais que ça, qu'une fille riche qui chouinait parce qu'elle n'avait pas eu ce qu'elle voulait. Parce que je n'étais pas du genre à m'abattre sur un coup dur. Si je voulais l'avoir, je l'aurais, et ça, il pouvait en être certain. Même si cela me prenait du temps, j'y arriverais. Et même si pour le moment, tout ce que j'avais envie de faire, c'était lui en coller une pour me gâcher ma soirée…
Et puis surtout, pourquoi je devrais changer ma façon d'être ? Ce n'était pas comme si ma vie ne me plaisait pas. J'avais tout ce que je pouvais vouloir avoir -sauf peut être dans ce cas ce que je n'avais pas eu avec lui- et je n'avais rien à me reprocher pour mes actions. Je ne faisais pas de mal à ce que je sache. Mais cette idée d'aller prendre du bon temps, seule, n'était probablement pas une bonne idée. Je n'avais pas pensé que j'avais laissé mes papiers sur ma table de nuit, et qu'avec le couvre feu dépassé, je ne passais pas forcément inaperçue dans ce bar. Dans ce bar où il y avait des allemands. Qui pour l'instant, semblaient trop occupés à avoir le nez dans leur bière pour s'apercevoir de ma présence. Je soupirais, ravie de voir que mon entrée n'avait pas dérangé la pseudo ambiance qui régnait dans ce bar. Encore heureux je devais dire. Je ne voulais pas finir la nuit dans un poste rempli d'allemands, tout ça pour me faire réprimander par mon paternel parce que j'avais fait le mur. Pour une adulte, j'avais des fois l'impression qu'il me prenait pour une enfant. J'étais pourtant capable de m'occuper de moi, même s'il ne pensait pas vraiment ça de moi. Je fronçais les sourcils en voyant Enzo assis sur son tabouret, alors qu'il levait son verre dans ma direction, souriant. "Buonasera, signorina". Je soupirais, secouant la tête en croisant mes bras sur ma poitrine, évitant son regard. Puéril vous avez dit ? Je n'étais pas une gamine non, mais le fait de le voir ici m'ennuyait vraiment. Mais bon, on va éviter de lui donner le plaisir de se fiche de moi encore une fois, chose que j'avais l'impression qu'il aimait cela. M'agacer en me faisant de nombreuses réflexions semblait l'amuser, alors que je n'appréciais pas le moins du monde. "Vous devriez faire attention, vous risquez de tâcher vos jolis vêtements dans un endroit pareil…" Aha très drôle ce petit Enzo ! Hilarant même. Secouant la tête à nouveau, je descendais l'escalier humide, doucement pour ne pas tomber, avant de rejoindre le bar, m'asseyant à mon tour sur un des petits tabourets. Mais pas à côté de lui, laissant un petit écart entre nous. A sa réflexion pourtant, je ne pus m'empêcher de sourire, mes cheveux formant cependant un écran devant mon visage, l'empêchant d'apercevoir ce petit éclat. Mais il pouvait très bien me provoquer comme cela, je ne craquerai pas. Pas folle la guêpe, pas folle du tout…
Bah oui, même si l'idée qu'il cherche à chaque fois à me provoquer me répugnait, je ne pouvais pas nier que ça me plaisait quand même qu'il cherche à me faire craquer comme ça. Au moins il avait l'air de vraiment s'intéresser à moi. Ou peut être que non. Je ne savais pas. Faisant signe au barman de me servir un verre de bourbon, je tournais à peine mon visage vers lui, lui répondant sèchement. "Et pourquoi je devrais faire attention, vu que vous avez l'air de toujours être là quand je n'ai pas besoin de vous ?" Sarcastique moi ? Si peu. Le barman posant le verre de liquide ambré devant moi, je l'attrapais entre mes doigts, et l'avalais cul sec, fermant les yeux en laissant le liquide âpre me brûler la gorge. Dieu que ça faisait du bien. J'en avais vraiment besoin, après une journée pareille. Mais alors que j'en redemandais un deuxième au barman qui me regardait un peu bizarrement, le crissement d'une chaise sur le sol du bar me fit lever les yeux vers la source de ce bruit. Pour tomber sur un des allemands qui, malheureusement pour moi, se dirigeait dans ma direction. Soudain, mon cœur se mit à battre encore plus vite, la peur s'immisçant dans tout mon être, alors que le bruit des bottes du soldat se rapprochaient dangereusement, avant de prendre place sur le tabouret à côté de moi, me bloquant la vue sur Enzo. C'était pas bon, mais vraiment pas bon du tout. Sa main se posa sur mon épaule, dégageant mes cheveux sur ma nuque alors que je gardais mon regard sur le verre devant moi, pétrifiée par ses gestes. C'était la première fois que je me retrouvais seule dans un bar, et je devais avouer que je ne me sentais pas vraiment à l'aise. Mais j'étais comme pétrifiée, dans l'impossibilité totale de bouger, de riposter à son geste, clairement déplacé. Sa voix, à l'accent allemand bien trop accentué par sa tentative de parler ma langue, me fit sursauter. "Qu'est-ce qu'une Frauleïn aussi jolie que vous fait ici dans un endroit pareil ?" La séduction. Un jeu auquel j'aurais bien voulu jouer en temps normal, mais pas aujourd'hui non. Le sang bourdonnant dans mes oreilles, je secouais vigoureusement la tête, évitant son regard, ma voix teintée de la peur qui s'était emparée de moi. "Rien du tout. Je fais rien du tout…" Tout ce que je voulais maintenant, c'était rentrer chez moi. Je voulais me faire toute petite, et ne plus refaire une chose pareille. Franchement, c'était vraiment pas mon jour de chance, ça non…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Jeu 24 Nov - 15:57
Enzo… Enzo… Enzo… quand tu joues au jeu du chat et de la souris, fait bien attention à définir ton rôle si tu ne veux pas te mettre dans le pétrin. Voilà ce que m’aurait dit ma conscience, si j’en avais eus une et si j’avais été en état de l’écouter, bien évidement. Les femmes de ma vie semblaient s’être passées le mot pour rendre mes brefs moments de détente passablement désagréables, voir me les foutres carrément en l’air. Il fallait quand même avoir vraiment la poisse pour me faire gâcher trois permissions en trois fois… Entre Ange, Iris et Alice, j’avais vraiment la part belle. Elles avaient toutes les trois en commun d’être extrêmement sures d’elles, d’être belles et d’avoir un peu de culot, un peu trop d’ailleurs pour les femmes de notre société actuelle. C’était étonnant du coup que je n’ai couché qu’avec une des trois… Iris et moi avions en commun le fait que nous ne rechignions jamais à nous amuser, réfléchissant après aux conséquences. Ange avait cette prestance qui la rendait presque inaccessible. Un autre aurait peut être forcé le destin – et forcé la dame – mais ce n’était pas mon genre, et mon instinct me disait qu’il n’en ressortirait rien de bon. Quand à Alice, l’occasion s’était présentée, mais le sort avait été contre moi. Et je devais avouer que le caractère tout à fait exécrable de la belle et sa manière de s’emporter avec son langage encore plus vulgaire que celui des gars de mon quartier florentin – qui n’étaient pas une référence soit dit en passant – m’avait plutôt refroidit sur le coup.
En fait, elle aurait mérité une bonne leçon. Une gifle monumentale qui lui remettrait les idées en place. Elle était plus âgée que moi, certes, et niveau sagesse je n’étais surement pas un exemple, mais elle ne connaissait pas la réelle dureté de la vie, enfermée dans son monde de privilèges, avec tout ce qu’elle désirait en un claquement de doigt. La faire mariner un peu n’était pas pour lui faire du mal. Vu la réaction qu’elle avait eut à la dernière soirée, elle crevait d’envie de coucher avec moi, c’était évident. Je connaissais trop de femmes comme elle qui ne rêvaient que d’une chose, s’encanailler avec un voyou avant de revenir à leur vie bien rangée, pour avoir eut une dose de sensation forte, et un secret honteux à cacher qui leur faisait ensuite un superbe souvenir. C’était d’ailleurs celles qui avaient fait le plus de bêtises qui, en vieillissant, devenaient les plus garces, les plus peau de vache et les plus strictes. Cherchez l’erreur… Alice était peut être un peu plus jeune que les femmes qui me faisaient venir dans leur lit habituellement, mais après tout pourquoi pas ? Elle était toujours plus âgée que moi, ça restait un fait. Même si cela ne se voyait pas. On avait du mal à croire que je n’ai que 19 ans quand on me regardait, et mes papiers d’identités avaient souvent du mal à convaincre ceux qui me contrôlaient, malgré leur authenticité.
Papiers que je prenais toujours soin de porter sur moi, et qui pouvaient toujours m’être utiles, surtout lorsqu’il s’agissait de mon immunité diplomatique. Enfin, face aux allemands, parce que les résistants n’en auraient pas grand-chose à faire eux… Ils se foutaient déjà de faire du mal aux allemands. Allemands qui étaient partout, même ici. Dans ce bar un peu miteux et loin d’être ce à quoi ils étaient censés avoir le droit en tant que vainqueur. Ils étaient vraiment partout, et toujours entrain de nous pourrir la vie. Hélas même avec ma petite carte de représentant de l’Etat italien – ironie du sort… surtout quand on sait que je suis ici parce que j’ai tabassé un milicien – je risquais gros à me mettre en travers de leur route. Je n’étais pas lâche, seulement peut être opportuniste. Ce n’est pas une maladie, juste un instinct de survie. Jusqu’à l’entrée d’Alice, il n’y avait aucun risque que je sois amené à leur parler, à leur faire face, mais je savais trop bien comment ils pouvaient être face à une femme qui leur disait « non » dans ce genre d’endroit. Tant qu’elles sont dans leur écrin de marbre, à l’abris derrière les grilles de leurs grandes maisons, il n’y a pas trop de risque, mais dès qu’elles s’aventurent dans des endroits moins bien famés… Il fallait vraiment qu’on me rende ma soirée impossible… Je ne pensais même plus au fait que je n’aurais même pas dus être là à la base, mais juste au fait que j’allais de nouveau devoir faire contre mauvaise fortune bon cœur.
-Et pourquoi je devrais faire attention, vu que vous avez l'air de toujours être là quand je n'ai pas besoin de vous ?
Je la regardais descendre les escaliers précautionneusement sur ses hauts talons, sur les pierres glissantes, et n’eus qu’un rictus avant de finir mon verre d’une traite. Si elle risquait de tomber, qu’elle ne compte pas sur moi pour aller lui offrir mon bras, elle se trompait de type. Enfin elle réussit à arriver en bas, et elle vint s’assoir en laissant un espace entre nous. Quelle gamine… Elle commanda un bourbon, qui ne devait pas vraiment être d’une qualité extraordinaire dans ce bouge, mais qu’elle prenne ses propres responsabilités. Le vieux barman ne devait pas avoir l’habitude de ce genre de personne chez lui. Il me resservit aussi un verre quand l’un des types en uniforme se leva, se dirigeant vers Alice. Lui et ses amis n’avaient pas cessé de la reluquer depuis qu’elle était arrivée. Quand je vous disais que j’allais devoir à nouveau jouer les chevaliers servants… C’est vraiment, mais alors vraiment pas ma tasse de thé. Il posa sa main sur l’épaule d’Alice ce qui me fit lever les yeux au ciel. Je faisais semblant de totalement m’en désintéresser, mais j’étais plutôt curieux de voir comment mademoiselle allait s’en dépatouiller. Plutôt mal, comme je l’imaginais.
-Qu'est-ce qu'une Frauleïn aussi jolie que vous fait ici dans un endroit pareil ?
Qu’est ce que je disais… ? Alice avait blêmit, à travers son rideau de cheveux noirs, et semblait chercher une quelconque réponse, mais la sienne fut plutôt maigre :
-Rien du tout. Je fais rien du tout…
Et voilà… Je n’avais aucun mal à entrer dans sa tête à ce moment précis, elle était morte de peur et ne voulait que rentrer chez son père, d’où elle s’était surement échappée d’ailleurs. Et c’est le moment où Chevalier Enzo entre en scène. Délaissant mon verre, je me levais et avançais vers l’allemand.
-Mademoiselle est accompagnée.
Je le toisais, il était surement un peu plus âgé que moi, mais peut être pas autant gradé.
-Ce n’est pas ce qu’elle vient de dire. Elle a dit qu’elle ne faisait rien c’est donc qu’elle n’est avec personne.
J’avais envie de rire là. Il prenait Alice pour un objet. Ca devait surement lui remettre son petit égo en place, et ne lui faisait aucun mal. Mais je n’avais pas envie de jouer la carte du dur, surtout qu’à un contre trois, je n’avais pas vraiment ma chance, aussi sorti-je ma carte du consulat italien et la lui mis-je sous le nez.
-J’ai dis qu’elle était accompagnée, alors maintenant, tu dégages, soldat, sifflai-je entre mes dents.
L’exercice du pouvoir, c’est plutôt jouissif… Je comprends pourquoi certains s’y accroche. L’allemand mit du temps à percuter, et il sembla hésité entre la raison, et le fait de me casser la gueule avec ses deux potes. Heureusement pour moi, la première fini par l’emporter. Sans attendre, et sans lui demander son avis, je pris Alice par le bras.
-Louis, tu mets ça sur ma note s’il te plait ? C’est sympa.
Trainant Alice, je remontais l’escalier, et une fois dehors, je la lâchais enfin.
-Il va falloir que vous envisagiez de me rémunérer pour toutes les fois où je vous sauve la mise, marmonnai-je, pince sans rire, en allumant une cigarette.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Sam 3 Déc - 17:26
Il y avait une chose en me levant se matin auquel je n'avais pas pensé. Que le soir même, je me retrouverais dans un bar, après le couvre feu, avec un allemand qui comptait apparemment s'amuser avec moi, et Enzo pour couronner le tout. Franchement, je devais avouer que ma malchance me pourrissait la vie. Mais pourquoi, pourquoi est-ce que j'avais oublié mes papiers ? Et pourquoi avais je décidé de sortir après le couvre feu, tout simplement ? A croire que l'idée était plus alléchante alors que j'étais bien à l'abri à la maison. Maintenant, dans ce bar, mon idée semblait bien plus dangereuse qu'autre chose. Comme un soufflé au fromage raté, qui finit par se dégonfler, l'effet boule de neige me revenait en pleine figure. Et ça forcément, je n'y avait pas pensé en m'éclipsant de la maison. Et au départ, en voyant Enzo assis sur ce tabouret, j'avais pensé que ma soirée ne pouvait pas être pire que ça. A croire que j'avais tort. Parce que désormais, avec cet allemand qui me reniflait presque, je peux vous assurer que là, c'était pire que tout. Et forcément cette fois ci, je ne pouvais faire autrement que de me flageller d'être partie comme ça, sans mes papiers, et sans escorte. A croire que j'étais tout simplement stupide en fait. Je n'étais jamais sortie seule la nuit, et je comprenais pourquoi. Les mises en garde de mon père me paraissait que trop réelles désormais, et je ne pouvais qu'espérer que je sortirais de cette galère sans trop de bobos. Même si pour l'instant, je pensais juste que tout était perdu. Et ma réaction l'autre jour avec Enzo ? Elle semblait vraiment lointaine, et je ne pouvais que m'en vouloir d'avoir été si désagréable avec lui. Car l'avoir de mon côté aurait été une bonne chose ce soir. Mais je savais que c'était quelque chose sur laquelle je ne pouvais pas compter. D'une parce que j'étais trop fière pour accepter le fait que j'avais bien besoin d'aide, et de deux parce que lui n'avait probablement pas l'envie de venir à la rescousse de quelqu'un qui était. Comme moi on va dire. Bref, je me sentais bien seule là, à faire l'intéressante l'instant d'avant en buvant mon bourbon, avant de me renfermer sur moi même comme une petite souris apeurée. Ce que j'étais, il fallait le reconnaître. Rien qu'au moment où la chaise avait glissé sur le sol, grinçant longuement, je savais que ma chance m'avait entraîné de Charybde en Scylla…
Et cette fois encore, je maudissais d'avoir choisi les talons hauts pour ma petite escapade. Si j'avais choisi des chaussures plus agréable à porter, j'aurais probablement pu m'enfuir en courant, même si je n'étais vraiment pas la plus athlétique qui soit. Je préférais donc faire profil bas, en espérant que l'allemand se lasserais. A croire qu'encore une fois, je n'aurais pas cette chance. Car voilà qu'il s'installait à mes côtés, et posait sa main sur mon épaule, essayant de faire comme si de rien n'était. De faire comme si il voulait juste engager la conversation, sans montrer un seul signe d'agressivité. Mais je n'étais pas dupe. J'avais entendu parler de toutes ces histoires d'agressions. De nombreuses jeunes femmes accusant des soldats allemands de les avoir agressées sexuellement. De s'être forcés sur elles, en leur montrant qu'ils étaient les puissants. Je n'y avais bien évidemment pas cru, jusqu'à ce moment précis. Désormais, avec cet allemand qui cherchait clairement à profiter de ma présence, croyant probablement que j'étais une fille de joie pour me montrer ainsi habillée dans un bar comme celui ci, je savais que les histoires que j'avais entendues n'étaient pas forcément fausses. Et j'en tremblait, angoissée comme jamais. Je ne voulais pas devenir ce genre de femme. Brisée par ce genre d'homme. Et cela, je le refusais. Mais j'étais comme figée, incapable de bouger, ou même de répondre quelque chose de cohérent. Foutu peur bleue ! Pourquoi est-ce qu'il faut qu'on se fige alors qu'on devrait plutôt se laisser emporter par l'adrénaline ? Alors là, c'est une excellente question. Mais bon, je n'arrivais pas à bouger, et la suite me figea un peu plus, mais de stupeur cette fois ci. Car contrairement à ce que j'aurais pu penser, ce fut Enzo qui vola à ma rescousse. "Mademoiselle est accompagnée." Tournant la tête à peine, je remarquais qu'il s'était levé, et toisait l'allemand de toute sa hauteur, sans le lâcher une seconde du regard. Mais l'allemand, peu impressionné, lui répondit d'un ton un peu moqueur. "Ce n'est pas ce qu'elle vient de dire. Elle a dit qu'elle ne faisait rien, c'est donc qu'elle n'est avec personne." J'avais raison. Il me voulait pour autre chose que faire la conversation. J'avais simplement envie de vomir, à cet pensée…
Je n'arrivais quand même pas à y croire. Enzo, que j'avais encore envoyé paître il y avait seulement cinq minutes, venait encore une fois de me sauver la mise. Ou plutôt d'essayer, tout du moins. Personnellement, je préférais garder mes yeux sur mon verre, cachée partiellement derrière mes cheveux, ne voulant pas attirer plus l'attention sur moi. A croire cependant que c'était raté. Je ne vis pas Enzo coller sa carte du consulat devant le nez de l'allemand, mais ses paroles se firent bien plus dures, me faisant lever le visage vers lui. "J'ai dis qu'elle était accompagnée, alors maintenant, tu dégages, soldat." Surpris par son éclat, je gardais mon regard sur lui, avant de voir l'allemand finir par enlever sa main de sur mon épaule, et de reculer, laissant la place à Enzo et le temps de m'attraper le bras, m'entrainant je ne sais où. "Louis, tu mets ça sur ma note s'il te plaît ? C'est sympa." Je ne comprenais tout simplement. Pourquoi il faisait ça ? Pourquoi il était à chaque fois celui qui me sortait des situations les plus délicates ? Fronçant les sourcils, je le laissais m'entrainer dehors, remontant les marches du mieux que je pouvais, mes jambes semblant ne plus vraiment m'obéir. Une fois dehors, je respirais à fond l'air frais de la nuit et soupirais longuement, soulagée d'être débarrassée de l'allemand. Je frissonnais en repensant à sa main sur son épaule, alors qu'Enzo me sortait de mes pensées. "Il va falloir que vous envisagiez de me rémunérer pour toutes les fois où je vous sauve la mise." C'était vraiment bizarre en effet qu'il soit toujours là pour me sortir de ce genre de situation. Parce que c'était bien connu, il y avait que moi pour me mettre dans un tel pétrin. Mais la question du pourquoi il me sauvait à chaque fois revint se poser. Je voulais savoir ce qui le poussait à toujours me sauver la mise. Me tournant vers lui, sourcils froncés, je frissonnais, avant de me lancer. "Pourquoi ? Pourquoi le faire alors ? C'est parce que je suis une femme c'est ça ? Parce que vous vous devez de protéger quelqu'un incapable de se défendre ? Dites moi pourquoi vous êtes toujours là quand quelque chose de ce genre m'arrive à moi ?" Et j'étais vraiment sincère. Ne quittant pas son regard des yeux, je lui posais la même question encore et encore, silencieusement. Je ne comprenais pas, vu son refus de la dernière fois, et de la constante inimité qui nous habitait, nous poussant à toujours chercher l'autre, qu'on finissait toujours par se retrouver dans ce genre d'incident. Je remarquais finalement sa cigarette, et soupirais longuement. "Je peux vous en demander une ?" Je ne fumais pas souvent, mais là, j'en avais besoin. Pour faire passer la peur qui me faisait trembler, ou tout simplement pour oublier ce qu'il venait de se passer…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Mar 6 Déc - 19:23
Les filles ont toujours ce talent de se foutre dans les pires pétrins… Et au final, ce n’est bien sur jamais leur faute, mais plutôt celle de ceux qui les ont embêté. Ben voyons… Il est vrai que la présence d’une fille comme Alice dans un endroit pareil était une chose toute à fait normale et même banale. Ben voyons… Je doutais qu’ils aient déjà vu un logo Chanel dans le quartier, et encore plus dans ce bouge où le barman changeait de tablier tous les trente-six du mois. Alors qu’elle ne s’étonne pas d’avoir fait sensation après. Elle était encore capable de dire que c’était ma faute alors que j’étais là avant elle. Capricieuse et fausse rebelle, sans les millions de son père, elle ne serait plus rien. Je me demandais si elle en avait seulement conscience… Elles sont peut être jolies les petites parisiennes, mais bon Dieu qu’est ce qu’elles sont emmerdantes ! Il faut toujours voler à leur secours, leur rendre service ou encore être aux petits soins. C’est bon, il faut apprendre à se débrouiller toutes seules mesdemoiselles… Rien de pire que d’être enchainée à une fille qui ne peut rien dire ni rien faire sans vous. Dans ces cas là, on a plutôt l’impression d’avoir affaire à un énorme boulet, qu’on doit trainer partout où on va et de manière épuisante. Je suis plutôt du genre à préférer voler de mes propres ailes, et c’est bien connu qu’un oiseau enchainé, il ne peut pas prendre son envol.
Mais si je n’avais pas ma petite dose d’amusement personnel, et seul loin des autres uniformes et des contraintes de mon boulot, j’allais devenir largement moins performant. Et c’était la troisième fois en trois perm’ – plus ou moins auto attribuées – que je me faisais alpaguer par une paire de gambettes agréables mais qui avaient le don de m’attirer les pires ennuis du monde ou du moins de me rendre la vie impossible… Ah ! Les femmes… On ne peut pas vivre avec ça c’est clair, mais hélas, on ne peut pas vivre sans. J’étais un homme à femme, et assumais parfaitement ce statut que je m’étais auto attribué, faisant parti de ceux qui ne résistent que fort mal à un regard langoureux et un beau sourire. Mais il y avait avec ça le revers de la médaille, qui consistait en une foule de petits problèmes tous plus handicapants les uns que les autres. A commencé par les maris… fiancés… frères… pères… cousins… Enfin bref, tous ceux qui n’étaient pas vraiment satisfaits du manque de respect que j’avais manifesté envers la femme qui leur était proche. Et après, la réputation qui se répandait comme une trainée de poudre. Le pire dans tout ça, c’est que quand il est de notoriété publique ou presque que vous êtes un séducteur, on a l’impression que les femmes se font cueillir encore plus facilement, parce qu’elles veulent tester elle aussi ce que vous avez à donner… C’est un horrible cercle vicieux, mais très agréable il faut bien l’avouer, pour celui qui aime les avantages qu’il procure.
Mais là c’est plutôt les inconvénients qui me tombent sur le coin du bec. A commencé par mes soirées en solitaire célibataire qui se font toujours interrompre par des furies, et des imbéciles qui viennent roder autour des furies en question. Mon âme de Casanova ne peut pas me permettre de les laisser s’enliser dans les problèmes. Nous aurions été quatre cent ans plus tôt, j’aurais dégainé une vieille rapière rouillée de spadassin avec un soupire blasé avant de les envoyer à travers la porte de la taverne à grand coup de pieds dans le derrière. Mais à une autre époque, un autre moyen. Maintenant, j’exhibais une carte frappée de mon drapeau tricolore – tellement semblable à celui de la France que ça en devenait presque bizarre que nous soyons ennemis – et de mon immunité diplomatique pour que l’armoire à glace qui me faisait face batte en retraite. C’était plutôt amusant d’ailleurs de voir ça. A un contre un contre lui j’avais peut être une chance, mais avec ses amis derrière lui, c’était à relativiser. Heureusement il n’avait pas décidé de passer outre les ordres. Surement parce qu’il savait que Louis était du genre à appeler immédiatement la police militaire allemande qui se ferait un plaisir d’embarquer tous ceux qui ne respectaient pas les idéaux carrés du Reich. Surtout que fréquenter des françaises n’était pas toujours bien vu d’après ce que j’avais compris. Mais laissez les moi, je saurais les occuper.
J’avais pris Alice par le bras, sans ménagement, pour la faire sortir de là, avant de reprendre un air un peu plus décontracté, avant de lâcher une boutade et d’allumer une cigarette. Certes, je plaisantais en lui parlant ainsi mais l’idée pouvait faire du chemin dans mon esprit et j’étais presque certain que Monsieur Lefèvre serait prêt à monnayer fort cher les quelques renseignements que je pourrais lui apporter. A méditer donc. Pourtant, elle n’avait hélas pas fini de jouer la carte du caprice. Il y a des claques qui se perdent.
-Pourquoi ? Pourquoi le faire alors ? C'est parce que je suis une femme c'est ça ? Parce que vous vous devez de protéger quelqu'un incapable de se défendre ? Dites moi pourquoi vous êtes toujours là quand quelque chose de ce genre m'arrive à moi ?
-Parce que vous avez le don de vous mettre dans les pires embrouilles rien que pour attirer mon attention. Il faut bien que je sois dans le coin pour que ça fonctionne.
Non ce n’était pas de la mégalomanie. C’était uniquement pour qu’elle arrête de jouer la carte de la gamine capricieuse et égoïste un jour. Je cherchais dans ma poche la clef de la jeep, tout en rangeant mon paquet et mon briquet, ma cigarette dangereusement en équilibre au bout de mes lèvres, alors qu’elle me demanda :
-Je peux vous en demander une ?
Je soupirais avant de lui tendre le paquet ouvert pour qu’elle se serve et de la lui allumer. Ah les filles ! Une fois la main remise sur ma clef, je commençais à marcher vers la jeep.
-Venez, je vous ramène.
Où… pas la moindre idée, surtout que ma soirée ne faisait que commencer. Et mademoiselle me devait tout de même une petite compensation pour ma troisième sortie gâchée en moins de quelques semaines. Je lui fis un clin d’œil qu’elle interpréterait comme elle voulait, avant de prendre monter dans la voiture d’armée. Pas très orthodoxe pour une femme de son statut social, mais il faudrait qu’elle s’en contente.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Mer 7 Déc - 22:16
Comment avais-je pu être aussi sotte ! Nan mais sérieusement, quelle idée de m'enfuir de la maison comme ça ! Sans escorte, et sans papiers. A croire que je les cherchais vraiment, les ennuis. C'était la première fois que je faisais un truc pareil. jamais je n'avais osé sortir sans escorte auparavant. Depuis toute petite d'ailleurs. D'aussi loin que je m'en souvienne, Patrice avait toujours été là pour m'accompagner à tel ou tel endroit. La seule période où j'avais pu me balader seule, était quand ma nourrice s'occupait de moi en Bourgogne. Je me souviens encore des longues balades avec les chiens dans les champs, avant que ce ne soit la période des moissons. Je me souviens aller faire des bouquets de fleurs sauvages pour les ramener à ma nourrice, qui les mettaient ensuite sur notre table à manger. Mais quand j'avais déménagé sur Paris ensuite, Patrice ne m'avait plus quittée. Et je ne m'en étais jamais vraiment plainte. j'avais l'habitude, tout simplement. C'était peut être pour ça que j'avais voulu aujourd'hui voler de mes propres ailes. Retrouver ce besoin de liberté que je n'avais pas ressenti depuis tellement d'années. Car il était loin le temps où je pouvais courir dans les champs de blé, rigolant parce que les chiens étaient tout simplement plus rapides que moi, et revenaient me sauter dessus juste pour s'amuser. Quand le vent s'engouffre dans vos cheveux, vous donnant cette impression de vous envoler. Oui, cette période me manquait. Mais je n'étais plus cette petite fille insouciante qui rêvait de s'envoler vers d'autres horizons. J'étais devenue Alice Lefèvre, l'héritière. Narcissique, capricieuse et colérique. Mais j'aimais ma vie. Toute les choses que mon père avait accompli m'avait permis d'être la femme que j'étais aujourd'hui. Et cela, même si ça ne plaisait à personne, je m'en fichais. Finies les balades dans les champs, je profitais de la vie autrement. Quoique depuis quelques semaines, je n'avais pas vraiment profité de ce que je possédais. J'avais l'impression d'étouffer, et c'était à cause de cela que je m'étais éclipsée ainsi. Mais quelle erreur cette fois ci. Car à trop rechercher l'aventure, on se brûle les ailes. Et cela, je l'avais bien compris quand le soldat allemand a voulu faire de moi sa poupée d'un soir. Et dans l'incapacité de me défendre, j'étais tout simplement restée tétanisée devant l'homme à côté de moi…
Mais cette fois, même si j'avais été imprudente de sortir seule en pleine nuit, après le couvre feu, j'avais eu la chance de trouver le sergent Valente dans ce bar mal fréquenté. Et encore une fois, ce fut lui qui fut celui qui me sortit de cette galère. A croire que là aussi pour le coup, il me suivait. Ou alors je le suivais, allez savoir. Dans tout les cas, je ne pouvais que le remercier de son intervention. Même si je ne comprenais pas pourquoi il l'avait fait. Je ne faisais que le malmener, en bonne capricieuse que j'étais. Je lui étais rarement sympathique, alors je me demandais bien pourquoi il me sauvait toujours la mise. Je n'avais pas eu le choix, et me laissait entraîner dehors, appréciant l'air frais sur mon visage, me calmant un peu, avant de directement lui poser la question. Pourquoi oui ? Etait-ce parce qu'il avait des valeurs, et qu'il fallait sauver une femme quand elle avait des problèmes parce que nous étions considérées comme étant le sexe faible ? Possible, je n'en savais rien du tout. Ma question posée, je patientais, sa réponse ne se faisant pas attendre plus longtemps. "Parce que vous avez le don de vous mettre dans les pires embrouilles rien que pour attirer mon attention. Il faut bien que je sois dans le coin pour que ça fonctionne." Sur le premier point, je ne pouvais pas nier qu'il n'avait pas tort. Mais de là à dire que c'était pour attirer son attention ? Alors là il se met le doigt dans l'œil. Je préférais pourtant ne pas répondre, me contentant de lever les yeux au ciel. Ah les hommes et leur machisme légendaire ! Si ça pouvait lui faire plaisir de penser cela. Il sortit ensuite une cigarette de son paquet, et j'en profitais pour lui en demander une, ce qu'il finit par me tendre en soupirant. Je prenais le bâton de tabac entre mes doigts et l'apportait à mes lèvres, le laissant me l'allumer avant de ranger le tout dans sa poche. Inspirant longuement, je laissais le tabac imprégner mes poumons, fermant les yeux en appréciant l'instant avant d'expulser la fumée du tabac entre mes lèvres. Dieu que c'était bon. Rouvrant les yeux, je remarquais qu'il ne se tenait plus à mes côtés. Tournant les yeux vers la jeep qui trônait juste là, je fronçais les sourcils en le voyant s'y diriger. Sans rien dire, ni bouger, je le regardais faire, avant de soupirer à nouveau. Que faire maintenant ?…
"Venez, je vous ramène." Fronçant un peu plus les sourcils, je secouais la tête. Je ne voulais pas rentrer, oh que non. Pourquoi rentrer ? Pour que je me retrouve à nouveau enfermée dans ce qui me servait de maison ? Non merci, plutôt retourner avec l'allemand si c'était ce qu'Enzo voulait. Pourtant, je l'avais suivi jusqu'au véhicule, mes talons claquant doucement sur le trottoir avant de m'arrêter devant la jeep, soupirant. "Je ne veux pas rentrer." Je ne sais même pas s'il m'entendit, car alors que je levais les yeux vers lui, je remarquais son clin d'œil. Je ne comprenais pas son petit manège là. Mais à quoi est-ce qu'il pouvait bien penser ? Soupirant, je le regarder grimper dans le véhicule, avant de tirer à nouveau sur ma cigarette, la coinçant entre mes lèvres en montant à mon tour dans la jeep, faisant attention à mes chaussures et à mon manteau long. Qu'est ce qu'il fallait pas faire quand même. Une fois installée, je soupirais à nouveau en tournant la tête vers lui, mes paroles plus fermes cette fois. "Je ne veux pas rentrer. Je n'ai pas subi tout ça pour devoir rentrer avant même d'avoir profité de la soirée." Tirant une dernière fois sur le bâton de tabac, je finis par le laisser tomber hors du véhicule, la cigarette ainsi terminée. Une idée me traversant l'esprit, je souris doucement en me demandant comment je pouvais lui demander. Soupirant alors qu'il avait démarré la voiture et qu'on allait je ne sais où, je me décidais à lui en faire part, malgré le raffut du moteur. "Vous savez, je ne suis jamais vraiment sortie de chez moi comme ça. Comment c'est dehors ? Je veux dire… Vous avez l'air d'avoir l'habitude de fréquenter ce genre d'endroits." Je me mordis la lèvre, ne sachant pas vraiment comment aborder la question. Il n'avait pas grandi dans le même environnement que moi. On ne se ressemblait pas du tout sur ce point là. Mais à chaque fois que j'avais des ennuis, il était là. Coïncidence ? Je n'en étais pas vraiment sure. Regardant la route, je fermais les yeux un instant avant de reprendre. "Pourquoi moi Enzo ? Je connais la réputation des soldats. Pourquoi jeter votre dévolu sur moi ? Suis je qu'un défi pour vous ? La fille gâtée à son papa, tellement difficile à atteindre. Quel trophée." Je me mis à rire, secouant la tête. Qui aurait cru un jour que moi Alice Lefèvre, j'aurais pu prendre conscience un instant de ce qui pouvait se produire ce soir. Je n'étais pas naïve non plus. Je savais très bien quel effet j'avais sur les hommes. Et je ne pouvais pas dire que je n'avais pas en tête la même idée que lui en cet instant précis…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Lun 12 Déc - 20:41
Les filles sont trop bavardes… Elles posent des questions qui n’ont pas toujours besoin de réponse, le pire ça doit être « à quoi tu penses ? » accompagné d’un mouvement de cil langoureux. Tout ce qui énerve vraiment les mecs quoi… A croire qu’elles ne se rendent pas compte de la manière dont ça pèse sur nos nerfs… Il leur faut une réponse à tout, et de préférence tout de suite. Elles ne comprennent pas qu’il nous est possible de faire quelque chose « comme ça », par pulsion pure et simple, parce qu’on en avait envie, mais que demain, ou même dans une heure, c’est le total opposé qui nous fera envie. Pour nous c’est juste une totale évidence… Après que ça soit une bêtise ou non, sur le coup, on s’en fout pas mal. Tout ce qui compte c’est de faire ce dont on a envie. Tous les hommes sont pareils dans ce domaine. Ils agissent avant et pensent après. Il ne faut pas nous en vouloir, nous apprenons de nos erreurs, voilà tout. Certains font exception à la règle bien sur. Mais ils doivent vraiment être peu nombreux car ce fait est de notoriété public et ce depuis la nuit des temps – du moins à ce que je sais. Et quand les filles sont jolies, il est encore plus difficile de ne pas craquer… Et je n’ai pas vraiment pour habitude de fréquenter des jeunes femmes manquant de charme. Il faut bien l’avouer. Elles sont en général bien agréables à regarder, d’ailleurs.
Ce qui m’a valut souvent des ennuis par le passé, non seulement parce que certains estimaient que mes petites amies auraient été mieux avec eux ou alors parce que j’estimais que les petites amies des autres auraient été bien mieux mises en valeur à mes côtés. Tout est une question de point de vue… L’amour, le sexe et les relations sont un sujet de conflit depuis la nuit des temps et ce n’est pas prêt de s’arrêter…. Quand la base de la société est posée sur ce genre de concepts, comment penser à autre chose ? Et certains hommes sont du genre à avoir besoin de ce genre de challenge pour se sentir en vie. Pour le moment j’en faisais parti. Peut être qu’avec le temps, cela changerait, mais ce n’était pas encore le cas, et je n’avais d’ailleurs pas la moindre envie de changer pour le moment. Il fallait juste attendre un peu que jeunesse se passe… Sauf que les hommes sont rarement matures avant cinquante ans, alors tant qu’à faire… Vous allez attendre un certain temps que je mûrisse mesdemoiselles, pour le bonheur des unes et le malheur des autres. Mais surtout pour mon bonheur à moi. Je ne voulais rien avoir à regretter, jamais. Enfin, je préférai regretter d’avoir fait quelque chose plutôt que de ne l’avoir pas fait. Mourir de ne pas avoir assez vécu, il n’y a sans doute rien de pire ni rien de plus pathétique. Je ne voulais pas que cela m’arrive.
En attendant, avec Alice, je m’embarquais encore dans un truc dont je ne comprenais surement pas la portée sur le long terme. A mes yeux, elle n’était qu’une fille comme une autre, mais je doute qu’elle ait le même avis sur elle-même, bizarrement. Elle était du genre imbu d’elle-même. Vraiment beaucoup. Un peu de remise à niveau lui ferrait surement du bien. Le commun des mortels n’évolue peut être pas dans les mêmes sphères que vous, signorina, mais il va falloir apprendre à vous abaisser à leur niveau… Il faut bien dire qu’au bras d’un homme comme moi elle ne va pas vraiment avoir le choix, étant donné que je suis issu de la rue, au plus bas niveau possible… Je me demande même si elle se rend compte de qui elle a à son côté. Là où je sais tout d’elle, elle ne sait rien de moi ou presque. On peut dire que j’aime cultiver le mystère alors. Oui… dans le fond c’est presque ça. C’est surtout qu’elle est un peu trop occupée par sa propre personne pour faire attention à ce qui l’entoure. Et puis il n’y a que quand on vient des bas fonds qu’on connait vraiment la réalité de la vie. Quel est le choix le plus difficile qu’Alice ait eut à faire dans sa vie ? Sans doute décider si elle allait porter des chaussures de chez tel couturier ou de chez tel autre… Existentielle, me direz-vous sans doute… Il y a vraiment de quoi rire.
Le plus important à mes yeux étant de réussir à la tirer de là en un seul morceau – enfin il faut qu’on soit tous les deux entiers, sinon mes tentatives ont tendance à s’annuler… -, j’avais largement réussi mon objectif. Maintenant je l’avais sortie du bar, il ne restait plus qu’à la ramener je ne sais où. Je n’étais pas spécialement responsable d’elle, mais ça ferait surement mauvais genre si, après avoir exposé largement aux yeux de l’allemand mes papiers de l’ambassade italienne, je la larguais au coin de la rue et que le lendemain on la retrouvait en mauvais état. Je la fis monter dans la voiture, mais bien sur, ça ne pouvait pas être si simple hélas.
-Je ne veux pas rentrer.
Ca aurait été trop facile sinon. Alors que je démarrais, je l’écoutais commencer à m’expliquer les raisons. Je n’avais pas spécialement envie de les connaitre, mais si ça lui faisait du bien de se lâcher…
-Je ne veux pas rentrer. Je n’ai pas subi tout ça pour devoir rentrer avant même d’avoir profité de la soirée.
Subi quoi ? Il ne lui était rien arrivé. Elle avait été abordée par un idiot et je l’avais envoyé paitre. Voilà tout. Si elle appelait ça « subir » quelque chose, elle n’allait pas aller bien loin dans la vie.
- Vous savez, je ne suis jamais vraiment sortie de chez moi comme ça. Comment c'est dehors ? Je veux dire… Vous avez l'air d'avoir l'habitude de fréquenter ce genre d'endroits.
J’eus un rictus moqueur, très moqueur, avant de lui répondre :
-Pas pour vous en tout cas. Qu’est ce que vous avez « subi » en gros ? Un type lourd qui vous aborde ? Dans ce genre d’endroit, il y en a treize à la douzaine. Vous ne savez pas de quoi vous parler, et sans vouloir vous offenser, les airs de rebelles que vous vous donnez n’impressionnent personne, bien au contraire. Ca vous vaudra bien plus d’ennuis qu’autre chose. Si vous voulez vous attirer des ennuis, vous faire violenter, c’est votre problème, ne comptez pas sur moi pour venir vous sauvez la peau à chaque fois. J’ai un job et il n’est pas des plus reposants.
Le silence se fit un instant dans la voiture ouverte, alors que je prenais le boulevard. J’avais enfin réussi à la faire taire ? Est-ce possible ? Non… C’était trop beau. Elle reprit sa respiration et je sus à ce moment précis que oui, c’était vraiment trop beau… Je m’attendais à tout, sauf à ce qu’elle allait me sortir, par contre.
- Pourquoi moi Enzo ? Je connais la réputation des soldats. Pourquoi jeter votre dévolu sur moi ? Suis je qu'un défi pour vous ? La fille gâtée à son papa, tellement difficile à atteindre. Quel trophée.
Je faillis piller net, mais je me retins, me contentant d’écarquiller les yeux comme deux soucoupes. J’avais bien entendu ? Non, c’est une blague… Ou alors elle se fout de ma gueule !
-Alors là… j’en attendais beaucoup niveau égo de votre part, mais vous dépassez toutes les limites connues, sifflai-je.
Je me garai, pour pouvoir la regarder en face sans risquer de nous tuer, et mettre les choses au clair une bonne fois pour toute.
-Alors on va jouer carte sur table… Vous n’êtes pas un trophée à mes yeux pour la simple et bonne raison que vous n’êtes rien du tout. Vous voulez coucher avec moi ? Tant mieux. Vous ne voulez pas ? Tant pis. Il y a des centaines, des milliers de filles dans cette ville, moins riche que vous, surement, plus jolie aussi pour certaines. Alors une de plus, une de moins… Il y en a largement assez pour que je puisse m’amuser comme je l’entends. Maintenant si votre estime de vous viens d’en prendre un grand coup, et que vous décidiez de jouer les offusquées en descendant de la voiture et partant en courant en pleurant des larmes de crocodile, libre à vous. Je ne suis pas l’un de ces petits fils à papa qui se pâme à vos pieds et qui se plierait en quatre pour vous être agréable. Je ne vous courrai pas après, loin s’en faut. Je reprendrais juste ma route pour regagner le consulat, parce que vous venez simplement de me flinguer ma soirée. Alors maintenant ou vous descendez, ou vous me dites où je vous dépose qu’on en finisse !
Et là, je doutais que quiconque lui ait parlé de manière aussi franche de toute sa vie.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Jeu 22 Déc - 15:18
Je crois bien que c'était la première fois qu'un homme me faisait la morale de cette manière. La plupart du temps, c'était moi qui avait ce rôle là. Et je devais avouer que c'était vraiment rafraîchissant. Pas parce que je me faisais presque hurler dessus non, mais parce qu'il était le premier à me tenir tête comme ça. J'étais une Lefèvre, ce n'était donc pas dans mes habitudes qu'on me réprimande comme une enfant. Plus jeune, en Bourgogne, j'étais plus timide que je ne l'étais ici. Mais une seule chose n'avait pas changé. J'étais à l'habitude solitaire, et ça, je l'étais restée, même à mon arrivée à Paris. Pas d'amis, que des connaissances plus ou moins lointaines. Maintenant que Thomas avait disparu de la circulation, je m'ennuyais bien plus. C'était vraiment dommage. Le seul lien récurrent que j'avais était avec Piotr, et ce n'était pas le plus positif des liens. Donc oui, j'étais et je restais solitaire. Mais ce n'était pas quelque chose qui me dérangeait plus que cela. j'avais l'habitude, et je devais avouer que cela me plaisait d'être seule. Grâce à cela, je faisais ce qui me plaisait, et rien de plus. Si j'avais envie de passer la soirée dehors, je le faisais. Si j'avais même une petite envie de fraise, j'envoyais quelqu'un me chercher des fraises. C'était comme ça, et pas autrement. Alors si je ne voulais pas rentrer chez moi, je ne rentrerais tout simplement pas. Quoique les autres puissent en penser. Je faisais simplement ce que j'avais envie. Certes à cet instant, je posais un peu trop de questions. C'était intriguant d'ailleurs. Je n'étais pas ce genre là habituellement. Mais il fallait dire que ce que je vivais là était totalement différent de ce que je connaissais à la base. Jamais je n'avais été autant mise en danger que ces derniers temps. Et il fallait l'avouer, c'était excitant. Très excitant oui. Terrifiant également, mais avant tout excitant. Et dans cette jeep, le vent fouettant mon visage, je me sentais plus vivante que jamais. Mon cœur battant la chamade, ma respiration saccadée. J'appréciais cet instant, et voulais le faire durer. Voilà probablement pourquoi je posais tellement de questions. Je voyais bien qu'Enzo n'en avait que faire, de mes questions. Probablement me trouvais t-il encore plus futile qu'auparavant, allez savoir. Nous étions tellement différents, de toute façon. Probablement encore une raison en plus qui me faisait me sentir comme ça avec lui…
Je lui avait donc posé des questions, sur ce qu'il était, juste pour tenter de faire durer le trajet, après lui avoir fait savoir que je ne voulais pas rentrer. Je ne voulais pas rentrer et être à nouveau enfermé dans ce monde qui devenait plus fade encore de jour en jour. Sa réaction à ma question, ne se fit pas attendre, et je l'écoutais me réprimander, évitant de sourire. "Pas pour vous en tout cas. Qu'est ce que vous avez "subi" en gros ? Un type lourd qui vous aborde ? Dans ce genre d'endroit, il y en a treize à la douzaine. Vous ne savez pas de quoi vous parlez, et sans vouloir vous offenser, les airs de rebelles que vous vous donnez n'impressionnent personne, bien au contraire. Ça vous vaudra bien plus d'ennuis qu'autre chose. Si vous voulez vous attirer des ennuis, vous faire violenter, c'est votre problème, ne comptez pas sur moi pour venir vous sauver la peau à chaque fois. J'ai un job et il n'est pas des plus reposants." Je ne répondis rien à cela, mon regard s'étant posé sur la route, pour ne plus la quitter. Il n'y avait rien à dire. Il avait raison certes, mais ce qu'il ne comprenais pas, c'est que nous venions de deux univers totalement différents. Il pouvait me faire la morale tant qu'il voulait, ça ne changerait pas le fait que je n'y connaissais rien à son monde. Et que forcément, je ne savais pas non plus comment m'y déplacer. Mais qu'il ne pense pas que son petit discours m'avait fait me la boucler. Il devait bien savoir que ça ne suffirait pas à me faire taire. Je continuais sur ma lancée, après avoir pris une longue inspiration. J'étais probablement folle en fin de compte, de lui poser tout ces questions, plus débiles les unes que les autres. D'où le fait qu'il me faisait la morale, ayant au préalable arrêté la jeep sur le côté de la route. Il s'en fichait de ce que je représentais, ou de ma provenance. Mais dans ma tête, je ne pouvais pas en être sure. Je lui avais posé la question, juste pour savoir ce à quoi il pensait. Je voyais bien que j'avais gâché sa soirée, également. Sa réaction cette fois, fut bien plus intense. Il fallait s'y attendre de toute manière. Car derrière ma question, se trouvait une proposition plus agréable à l'oreille. Mais il fallait qu'il la comprenne avant…
"Alors là… J'en attendais beaucoup niveau égo de votre part, mais vous dépassez toutes les limites connues." Je fronçais un instant les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce qu'il voulait dire à cet instant. Une fois le véhicule garé cependant, son regard dans le mien, je n'allais pas tarder à comprendre. "Alors on va jouer carte sur table… Vous n'êtes pas un trophée à mes yeux pour la simple et bonne raison que vous n'êtes rien du tout. Vous voulez coucher avec moi ? Tant mieux. Vous ne voulez pas ? Tant pis. Il y a des centaines, des milliers de filles dans cette ville, moins riche que vous, surement plus jolie aussi pour certaines. Alors une de plus, une de moins… Il y en a largement assez pour que je puisse m'amuser comme je l'entends. Maintenant si votre estime de vous vient d'en prendre un grand coup, et que vous décidiez de jouer les offusquées en descendant de la voiture et partant en courant en pleurant des larmes de crocodile, libre à vous. Je ne suis pas l'un de ces fils à papa qui se pâme à vos pieds et qui se plierait en quatre pour vous être agréable. Je ne vous courrai pas après, loin s'en faut. Je reprendrais juste ma route pour regagner le consulat, parce que vous venez simplement de me flinguer ma soirée. Alors maintenant ou vous descendez, ou vous me dites où je vous dépose qu'on en finisse !" J'avais connu beaucoup de choses oui. Mais là, ça atteignait des sommets. Rafraîchissant, très rafraîchissant. Doucement, un sourire avait fleuri sur mes lèvres, alors qu'il terminait sur une note plus sèche encore. J'aimais sa franchise, c'était certain. Souriant toujours, je fouillais un instant dans la poche intérieure de mon manteau, avant d'en sortir un papier, où était griffonné l'adresse d'un appartement que je possédais. "Amenez moi ici s'il vous plaît." Bien évidemment, je ne comptais pas le laisser filer comme ça. Quelqu'un comme lui, il ne fallait pas s'en débarrasser comme cela. La voiture redémarra, et je repris ma contemplation de la route. Nous n'étions pas loin non plus. C'était une bonne chose d'ailleurs. Souriant toujours, je finis par déclarer, un peu moqueuse cette fois. "Et je suis ravie de savoir que vous ne me courrez pas après. J'ai tout ça en horreur." Lui jetant un petit regard en coin, je souriais toujours. La soirée s'annonçait sous de bien meilleures augures…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Jeu 29 Déc - 14:31
Elle avait un sacré toupet, mais si elle pensait me prendre au dépourvu comme ça, elle se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude – j’avais toujours eus du mal à comprendre cette expression française, à quoi ça pouvait bien servir de se mettre le doigt dans l’œil… ? Mystère… Tout ce que je savais c’est que ça voulait dire qu’elle se faisait des films et ça, c’était une certitude. Des filles dans son genre, j’en côtoyais assez pour savoir comment les prendre. Les filles à Papa qui ont toujours ce qu’elles veulent et qui pensent que tout leur est acquis, qu’elles ont tout compris à la vie et que leur point de vue domine tous les domaines. Il fallait arrêter de se prendre pour la reine de Sabbat ! – chassez le naturel catholique, et le nouveau testament et ses références reviennent au galop. Oui, j’avoue, je la désirais, en même temps, qui ne l’aurait pas fait ? Elle était vraiment attirante avec ses grands yeux et son petit sourire un rien mutin. Mais son comportement de fille certaine de ce qu’elle avance, qui a raison sur tout et a tout vu, tout vécut avait le don de l’agacer. Je n’étais ni un pion, ni un jouet. Je devais déjà supporter les caprices du consul, ce n’était pas pour en plus me prendre la tête lors de mes rares moments de congés – qui n’en étaient absolument pas ce soir en fait, du moins pas légalement. Si je me faisais prendre, j’étais bon pour les arrêts et je le savais… Mais j’aimais jouer avec le feu.
En attendant, j’espérai que cette petite mise au point entre elle et moi l’avait calmée. Elle n’avait pas les épaules pour jouer aux dures, aux femmes fatales ou encore aux femmes émancipées. Sans le portefeuille de Papa, elle ne ferait pas grand-chose et n’irait pas très loin dans la vie. Qu’elle refuse de se plier aux règles de son père la rendait un peu plus attirante qu’elle ne l’était déjà, mais pas au point de lui permettre toutes les insolences possibles. J’étais plus jeune qu’elle – le savait-elle ? – et pourtant j’avais l’impression d’en savoir bien plus sur la vie qu’elle ne le saurait jamais. Moi, vantard ? Non, juste réaliste, vraiment réaliste. J’avais vu assez de gens avoir mal, souffrir du manque d’argent, du manque de travail, des personnes biens se mettre à boire et devenir des salauds pour lui faire comprendre qu’elle se devait d’apprécier la chance qu’elle avait d’être du milieu dont elle était issue et pas de celui dont je venais et d’où seules mes magouilles avaient pu m’arracher. Et où elles pouvaient me renvoyer vite fait bien fais, sans que j’ai eus le temps de dire « ouf ». Une connerie comme celle de ce soir. Mais à mon âge on ne se refait plus, voilà tout. J’étais devenu un homme qui avait l’habitude de n’en faire qu’à sa tête, et de se plier aux règles juste le temps de survivre, d’être sur que son avenir était assuré, voilà tout.
Je ne savais pas si elle m’avait cru, mais j’avais pourtant eus l’impression d’être très convainquant. Après tout, même sans avoir pris des cours de théâtre – avec quel argent de toute façon ? – j’avais appris depuis longtemps à mentir le mieux que je pouvais, et ça fonctionnais. J’étais un fieffé menteur et j’en étais presque fier. Parce que ça m’avait toujours permis de sauver ma peau – ou presque, petite piqure de rappelle du passage que j’avais fais dans les prisons de ma ville natale, ce n’était pas dans mes meilleurs moments passés, mais n’empêchait pas Florence de me manquer atrocement – et c’était grâce à mes mensonges que j’étais là aujourd’hui, à Paris, alors que je n’aurais jamais pensé pouvoir quitter un jour l’enceinte de la ville des Médicis. Comme quoi, tout arrive, et je me retrouvais à jouer les anges gardiens protecteurs pour une fille de riche que je connaissais à peine et qui semblait voir décidé de ce que je devais faire (à savoir la désirer) quand j’avais horreur qu’on me dise quoi faire. Seul mon confesseur avait ce droit, et encore – tiens, ça me faisait penser qu’il y avait longtemps que je n’étais pas allé me confesser, le père Dominique va encore me faire la morale pendant un bon moment… Enfin pour que je puisse me rendre à l’église, il fallait que je rentre avant la relève au consulat, et vu comment Alice venait de transformer ma soirée tranquille en fuite digne de la Bérézina, ça n’allait pas être tellement difficile.
Je jugeais un instant de l’effet de mon petit laïus sur la jeune femme. J’étais plutôt fier de moi, au fond. Mais ça ne m’empêchait pas d’être profondément agacé et d’avoir envie de la gifler quand je vis apparaitre ce petit sourire insolent sur son visage. Elle avait besoin d’être dressée, mais je n’étais pas certain d’en avoir la patience tout compte fais, je laissais ça à un riche fils de banquier parisien, qui finirait de toute manière par se faire bouffer par la belle et ses caprices. Je ne pense pas qu’il y en ait un assez costaud moralement parlant pour aller contre les désirs et les idées de la demoiselle. J’allais presque les plaindre… presque. Elle finit par me tendre une feuille de papier avec une adresse, qui me fit froncer les sourcils. Ce n’était pas très exactement dans les beaux quartiers. Tout au plus dans les endroits convenables, mais certainement pas là où on s’attendait à la croiser.
- Amenez-moi ici s'il vous plaît.
Je haussais les épaules avant de remettre le contact. Qu’elle aille au diable, de toute façon, elle faisait bien ce qu’elle voulait – et c’était sans doute ça le pire… Alors que je vérifiais mon angle mort dans la rue parisienne déserte – mieux valait vérifier, je n’étais même pas censé être là, et encore moins avec une voiture de fonction en fait… Si je la ramenai abimée j’étais bon pour un mois de corvée au minimum – je l’entendis ajouter :
- Et je suis ravie de savoir que vous ne me courrez pas après. J'ai tout ça en horreur.
Je répondis par un grognement étouffé. Quel caractère ! La suite du trajet se fit en silence. Je devais avouer que je commençais à avoir froid dans cette voiture totalement ouverte aux quatre vents. Je n’avais pas prévus de faire autant de route avec ce soir. Heureusement que les armées d’invasion avaient le maximum d’essence possible sinon je ne sais pas comment on aurait fait. Ces voitures consommaient plus en faisant du sur place ou presque dans Paris que sur une distance importante, c’était à ni rien comprendre. En tant qu’homme à tout faire du consul, j’avais dus apprendre assez rapidement le plan de Paris, et mes pérégrinations personnelles m’y avait pas mal aidé, du coup, il ne me fut pas difficile d’arriver à destination le plus rapidement possible. J’arrêtais la jeep devant l’immeuble, et coupait le contact à nouveau.
-Vous voici arrivée, Cenerentola*
Bien évidement, ce qualificatif n’était pas du tout adapté pour la jeune femme. C’était plutôt moi le pauvre dans cette affaire.
-Bonanotte signorina.
Je n’avais pas vraiment envie de partir, mais ça aurait été totalement démentir ma morale de dix minutes plus tôt, je ne pouvais pas vraiment me le permettre… Même si j’en crevais d’envie, mon égo ne me le permettrait surement pas !
*Cendrillon
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Dim 1 Jan - 15:04
C'était la première fois que je me sentais nerveuse comme ça. Pourquoi j'étais nerveuse comme ça ? Ce n'était pas la première fois que je faisais des avances à quelqu'un pourtant. En attendant, j'étais maladroite. Extrêmement maladroite. Et ça, c'était vraiment nouveau. Je n'étais pas ce genre de fille, qui est nerveuse devant un garçon, ne sachant pas vraiment quoi faire pour le mettre dans son lit. Et pourtant aujourd'hui, ça m'arrivait à moi. Peut être était-ce parce qu'il était différent de tout les autres, qui n'attendaient que je claque des doigts pour me suivre comme un toutou jusqu'à l'endroit de mon choix. Enzo était le seul à m'avoir fait la morale, également. Mais bon passons. En attendant, je ne me reconnaissais plus. Je n'étais pas ce genre de fille. Il fallait que je me ressaisisse. Mais comment ? Son petit discours m'avait fait sourire en tout cas. Qui aurait cru qu'Alice Lefèvre se serait faite remettre à sa place par un petit sergent italien ? Personne non. Et ce n'était pas moi qui allait le crier sur tous les toits non plus. Mais ça me faisais sourire, parce qu'il avait eu le cran de me tenir tête. Et je devais avouer également que cela le rendait terriblement attirant. Insolent, et craquant au possible. Comment quelqu'un pouvait combiner les deux comme ça ? Je déraillais, tout simplement, à le laisser m'atteindre de cette manière. mais dans un sens, je m'en fichais, et le pire dans tout ça, c'est que ça me plaisait. Je devais tout simplement être folle en fait, je crois bien que c'était ça qui me mettait dans cet état. Mais ça n'arrangeait pas les choses non, la nervosité s'étant emparé de moi, s'infiltrant dans mon être comme une traînée de poudre. Encore heureux que le vent s'engouffrant dans la jeep me faisait frissonner, remplaçant cette impression de nervosité constante par des tremblements inconsidérés provoqué uniquement par le fait que je me baladais avec pas grand chose sur le dos, dans une voiture avec un soldat italien. Au moins avec ça, il ne pouvait pas se dire que c'était à cause de lui que je tremblais comme ça. Ou du moins, que ma jambe se mit à bouger nerveusement, et que j'essayais tant bien que mal de cacher mon état. J'avais fini par soupirer en lui tendant le morceau de papier contenant l'adresse où je conservait une chambre à côté, pour ce genre de cas. Il fronça les sourcils et haussa les épaules, avant de finalement redémarrer la voiture…
Il fallait avouer que la chambre que je louais ne se trouvait pas dans les meilleurs quartiers de la ville. Mais c'était tellement peu cher que mon père ne s'en inquiétait pas, et ne posait pas de questions. Pour lui, je faisais ce que je voulais de mon argent, du moment que je n'en dépensait pas plus que nécessaire. Mais ce qui était étrange, c'était que quand je rentrais avec les bras remplis de paquets contenant des nouveautés pour ma penderie, il ne faisait pas un seul commentaire, alors que parfois, les sommes dépensées étaient plus que conséquentes. Mais quand il s'agissait de quelques chose de plus privé. Comme le fait de louer une chambre dans un quartier assez éloigné par exemple, il devenait bien plus suspicieux, alors que le prix ne dépassait pas le dixième de ce que je dépensais en shopping. Mais bon, qu'est ce que je pouvais faire à part lui dire que parfois j'avais besoin de m'évader un peu, et que je lui racontais un bobard gros comme une maison, ou que je faisais littéralement l'autruche, prétextant ne pas savoir de quoi il parlait. Le silence avait fini par l'emporter alors qu'il m'amenait à l'adresse que je lui avais donné. Je n'osais pas croiser son regard, alors que j'étais transie par le froid, m'étant remise à trembler de plus belle. Quelle idée d'avoir fait ce que j'avais fait ce soir. Je soupirais, restant suffisamment discrète pour ne pas qu'il m'entende avec le bruit du moteur. J'étais vraiment très nerveuse, et même si je savais quoi faire, je me demandais ce qui allait se passer. La jeep finit par s'arrêter devant l'immeuble, bien familier, le silence pesant, alors que mon cœur battait la chamade. Reprends toi bon sang ! C'est pas la première fois que t'invite quelqu'un ici. Reprenant doucement ma respiration, sans pour autant bouger de mon siège, sa voix brisant ce silence un peu trop lourd. "Vous voici arrivée, Cenerentola." Je soupirais en hochant la tête, avant de descendre de la voiture. Il n'avait pas l'air décidé à me suivre en tout cas. Pourtant, je ne répondis pas, d'une parce que je ne comprenais pas le dernier mot qu'il avait prononcé, même si je m'en fichais, et de deux parce que à part le remercier, il n'y avait vraiment pas grand chose à dire…
Passant mes mains sur ma jupe, je soupirais à nouveau en réajustant ma coiffure, avant de faire les quelques pas qui me séparait de l'imposante porte de l'immeuble, clé en main, avant de me retourner à ses paroles. "Bonanotte, signorina." Je fronçais les sourcils, mais lui sourit en hochant la tête, tournant la clé dans la serrure, déverrouillant la porte avant de soupirer. Ma nervosité avait l'air d'avoir disparue, même si mon cœur battait toujours autant la chamade. Allais-je le laisser partir comme ça ? Ou devais-je le retenir ? Je n'en étais pas certaine. Ma main sur la poignée, je ne bougeais pas, restant devant l'immeuble sans rien dire. Je ne pouvais pas l'obliger à rester, ça c'était certain. Même si j'en avais terriblement envie. Quel dilemme. Je savais ce que je voulais, mais je ne savais pas comment m'y prendre. Maladroite, très maladroite. Et puis finalement, au bout de seulement quelques secondes de réflexion, je me retournais à nouveau vers lui, et croisait son regard, semblant me scruter. "Écoutez. Je sais que vous en avez envie vous aussi. Alors c'est simple, vous avez un choix à faire. Soit vous m'accompagnez à l'intérieur, et je me ferais pardonner pour vous avoir gâché votre soirée, et vous pouvez me croire quand je vous dis que vous ne le regretterez pas…" Bon là, je sais pas si je m'avance un peu, mais qui ne tente rien n'a rien. "Ou alors, comme vous l'avez si bien dit vous même. Vous retournez au consul, retrouvez une de ces filles bien plus jolies et bien moins riches que moi. La balle est dans votre camp Enzo…" J'étais peut être familière, mais je m'en fichais. J'en avais envie, et lui aussi. Ça crevait les yeux. Il ne m'aurait pas fait la morale comme ça si ce n'était pas le cas. Et puis de toute manière, comme je l'avais dit, c'était à lui de décider désormais. J'avais mis carte sur table également, et si il ne voulait pas, tant pis. Lui souriant doucement, je finis par ouvrir la porte, m'engouffrant dans l'immeuble, mes gestes lents, espérant qu'il me suivrait. Ou alors, j'attendais le bruit qui me montrerait clairement que j'avais tout simplement perdu la main en la matière, et que je n'aurais pas ce que je voulais ce soir…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Sam 7 Jan - 22:14
Il me semblait bien l’avoir fait taire une bonne fois pour toute, elle et tout son petit orgueil, après lui avoir parlé clairement. C’était vrai, au final. Bien sur que j’avais envie de coucher avec elle, comme les deux tiers des filles que je croisais, entre quinze et cinquante cinq ans environ, qu’elles soient riches, pauvres, amoureuses de moi ou ayant simplement envie de s’amuser un peu. C’était peut être dégueulasse comme façon de parler et de penser les choses, mais je n’avais que dix-neuf ans, et là où certains étaient considérés comme matures parce qu’ils étaient posés, fiancés ou autre, je n’étais encore qu’un gamin capricieux voulant profiter de la vie, et j’assumais totalement. C’était totalement puéril, mais je n’arrivais pas du tout à m’imaginer en couple de manière sérieuse avec une fille. Etre toujours avec la même, les prises de têtes, les inquiétudes, la jalousie, la monotonie… Tout ça n’était pas pour moi. Ca aurait surement été drôle de me retrouver sur le divan d’un psychiatre pour savoir ce que je craignais vraiment au fond de moi. Marrant pour lui bien sur, parce que lui déballer ma vie de soldat pas totalement soldat n’était vraiment pas pour moi. Raconter mon passé et toute ma vie, merci mais non merci. Ce qui était dans le passé devait y rester. Compartimenter n’était pas mon fort, et pourtant, il le fallait bien. C’était une manière comme une autre de cacher les blessures que je ne voulais pas révéler, jamais de la vie ! Je tenais trop à mon côté mauvais garçon pour m’amender.
Le silence qui régnait dans la jeep ouverte n’était pas très agréable, mais c’était toujours mieux que de l’entendre se plaindre de sa vie parfaite qui en aurait fait baver plus d’une là d’où je venais. C’est vrai que c’est facile de vouloir se rebeller, quand on a les moyens pour le faire ! On disait que j’étais grande gueule, que j’avais un avis surtout et qu’il était souvent trop dramatique. Il s’agissait juste de la clairvoyance de celui qui a connut des embrouilles dont il a eut du mal à se sortir quand il était jeune, que cela plaise ou pas. Et franchement, je n’en avais rien à foutre que les gens me critiquent. Ceux sur qui je pouvais compter se tenaient sur une main, et ils étaient tous restés à Florence. Je ne les en blâmais pas, bien au contraire. Ils avaient de la chance d’être loin de tout ça, des embrouilles de la guerre, des problèmes que cela pouvait causer. Et encore, je ne savais pas vraiment ce qu’il se passait à Florence, ne pouvant pas souvent téléphoner, et les télégrammes et lettres que je recevais m’assuraient toujours que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, alors pourquoi m’en faire, même quand j’avais la cruelle impression que tout dans ces lettres me criait que c’était un mensonge ? Envoyer la moitié de ma solde toutes les semaines à ma famille me donnait au moins bonne conscience.
Le trajet me parut interminable, alors qu’il était en vérité très cours. Le froid, l’agacement et l’envie de rentrer me coucher puisque de toute manière je ne pouvais plus faire grand-chose ce soir, pas même me rendre au Blue Velvet pour m’amuser un peu, risquant trop de croiser des gens que je connaissais et qui pourraient attester que non, je n’étais pas dans ma chambre ce soir là comme j’aurais dus. C’était trop risqué. J’étais inconscient mais pas encore totalement fou ! Même si la plupart des gens que je connaissais prétendaient le contraire, à commencer par mes camarades de chambre, qui m’auraient surement dis que rabrouer une fille comme Alice Lefèvre était proche de l’hérésie. Problème, je ne supporte pas la prétention des petites filles riches qui auraient mérité une bonne fessé. Mais je n’étais pas d’humeur à la lui donner, elle m’avait trop énervé avec son assurance qui ne servait à rien et sa manière de faire comme si tout lui était acquis. On les repère vite les filles qui pensent que tout leur appartient, et que si ce n’est pas possible immédiatement, une somme d’argent suffira. Sauf que tout ne peut pas s’acheter, qu’elles le veuillent ou non. Mais je me connaissais, neuf fois sur dix, mes beaux principes fondaient comme neige au soleil devant un beau minois et un sourire désarmant, ou une provocation bien sentie. Oui, je suis faible, et j’assume. Oui oui, même après avoir fait la connerie, je ne la cache pas, sinon je ne serais pas là où je suis là maintenant tout de suite.
Une fois la voiture garée, j’attendis qu’elle descende, tout en lui sortant des banalités, histoire de combler le silence et de faire passer ma frustration de la laisser partir comme ça. Moyen comme un autre me direz-vous. La vérité c’était que soit je m’en allais, soit je lui sautais dessus. Non, je ne sais pas me tenir, pour la simple et bonne raison que je n’ai pas eus d’éducation. Je suis un gars de la rue, pas du dernier salon mondain où l’on cause. Et je n’avais pas précisément fait l’école de sous officier, ma promotion au poste de sergent tenant principalement du piston et de la volonté du consul, alors bon… Elle descendit précautionneusement pour ne pas risquer d’abimer son riche manteau, ou même le salir après les gardes boues de la jeep. Le peu de bon sens que j’avais me poussa à attendre qu’elle soit entrée dans cet immeuble qui m’étonnait un peu par sa position et par son manque de classe par rapport à elle. Je n’aurais pas dus…
-Écoutez. Je sais que vous en avez envie vous aussi. Alors c'est simple, vous avez un choix à faire. Soit vous m'accompagnez à l'intérieur, et je me ferais pardonner pour vous avoir gâché votre soirée, et vous pouvez me croire quand je vous dis que vous ne le regretterez pas…
Je haussais un sourcil, elle le fait vraiment exprès ou je rêve ?
-Ou alors, comme vous l'avez si bien dit vous même. Vous retournez au consul, retrouvez une de ces filles bien plus jolies et bien moins riches que moi. La balle est dans votre camp Enzo…
Avec un soupir lassé, je coupais le contact de la jeep, avant de descendre de la voiture. D’un geste vif, je la pris par le bras pour la pousser dans l’entrée. Un peu violemment même peut être. Elle n’avait qu’à pas me provoquer ! Je la plaquais contre le mur, avant d’écraser mes lèvres contre les siennes pour un baiser avide. Ca n’avait strictement rien de romantique, c’était juste une envie que j’avais eus, comme ça, d’un coup, elle n’avait qu’à pas me provoquer. Coupant le baiser pour reprendre ma respiration, je reculais un peu, un sourire presque carnassier aux lèvres.
-Il y a des fois où il vaudrait mieux que tu te taises, soufflai-je doucement.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Dim 15 Jan - 12:41
Profiter de la vie. Profiter de ce que je possédais, de ce que la vie m'avait offert. C'était tout ce que je voulais en cet instant précis. C'était pour tout cela que je m'étais enfuie ce soir. Enfin enfuie, c'était un bien grand mot pour m'être éclipsée de la maison. Juste goûter à ce nouveau sentiment de liberté. Car il était bien loin le temps où je n'étais qu'une gamine insouciante. Bon j'étais toujours une gamine, à vingt quatre ans passés, mais tout le monde me pensait mature et posée. Mais pas lui en tout cas. Il me voyait comme une fille de riche pourrie gâtée, et il avait bien raison. C'était ce que j'étais, je ne pouvais pas le nier. Mais comment je m'en fichais qu'on me voit ainsi ! Ce n'était pas un soldat, ou n'importe qui d'autre qui allait me faire culpabiliser d'être née dans une bonne famille française. Je n'y pouvais rien, j'étais née comme ça. Mais si j'avais grandi dans une famille modeste, est ce que j'aurais été imbue de ma personne comme je l'étais là ? Probablement pas. Mais bon, je ne pouvais pas vraiment le savoir ça, vu que je n'étais pas née dans une famille modeste. J'étais une héritière, et je ne me sentais absolument pas coupable de cela. C'était peut être pour cela que le seul ami sur qui je pouvais compter s'était volatilisé. Je n'avais tout simplement pas d'amis. Je ne pouvais compter que sur moi de toute manière. Et Enzo apparemment, qui semblait apparaître sur mon chemin à chaque fois que j'avais des ennuis. Pas que ça m'en déplaise non. Mais il fallait avouer que son caractère de cochon m'exaspérait. Surtout sur le fait qu'il se croyait toujours supérieur à moi, tout ça parce que monsieur a des préjugés sur les personnes riches. M'enfin, on ne va pas le changer non plus hein. Même sa petite morale me fit sourire. A croire qu'il se croyait vraiment meilleur. Mais je l'avais laissé dire, le silence reprenant sa place dans la jeep, le froid me saisissant de toute part. Mieux valait ne rien dire de toute manière. M'enfin si, j'aurais bien voulu dire quelque chose, mais il valait mieux que je m'abstienne, plutôt que de dire des bêtises. Il semblait ravi de cela en tout cas, que je me taise. Je me mis alors à réfléchir à comment le faire venir dans ma petite chambre. Je n'avais pas perdu mon objectif de vue, bien au contraire…
Le trajet me parut extrêmement long, alors qu'il ne l'était pas du tout. Le silence était pesant, et je tremblais tellement le froid était intense, gelée jusqu'aux os. Je soupirais alors qu'enfin, le véhicule fut garé devant le bâtiment imposant où je louais une petite chambre, et je souris doucement. C'était maintenant ou jamais, il fallait que je fasse quelque chose. Car oui, j'en avais envie. Et lui aussi, il l'avait dit lui même. Je ne comptais pas lui proposer de m'épouser non plus. Je n'en avais pas l'intention. Oula non, je n'en étais pas là. J'étais encore bien trop jeune pour penser à me poser de cette manière. Et puis de toute manière, j'aimais de trop ma liberté pour accepter les demandes en mariage d'untel ou untel. Pas que mon père n'eut jamais essayé. Il essaye de me marier depuis que j'ai quinze ans. J'ai donc l'habitude. Et de toute manière, qu'il ne pense pas que ça va me faire taire non ça il peux toujours courir. Même mariée, je ferais en sorte de garder tout ce que je possède. Mais ne croyez pas que je me marierais, ah ça non ! Beurk l'idée quoi. Me voir mariée… Alors là laissez moi rire quoi. Mais non, non, pas de mariage pour moi. Je frissonnais à cette idée, alors que je descendais de la jeep, passant mes mains sur ma jupe et dans mes cheveux avant de me diriger vers la porte d'entrée, ma clé dans la serrure la déverrouillant. Et puis, je finis par me tourner vers lui, et carrément lui poser un ultimatum. Enfin, si on pouvait parler d'un ultimatum. C'était plus une proposition qu'autre chose. Je savais qu'il me méprisait. Qu'il pensait que je n'étais qu'une fille riche et capricieuse. Mais je savais aussi qu'il avait envie de moi, comme moi j'avais envie de lui. Et ça non plus, il ne pouvait pas le nier. Ma proposition était donc très simple. Soit il me rejoignait et je lui faisais passer un moment qu'il n'oublierait pas de sitôt, ou alors il n'avait qu'à repartir au consulat, et trouver une de ces filles qu'il me disait pouvoir avoir. Personnellement, je m'en fichais un peu. Mais c'était la dernière fois que je faisais une telle proposition, et c'était à prendre ou à laisser. Et désormais, la balle était dans son camp. C'était donc à lui de faire le dernier pas, et j'attendais de voir sa réaction, prête à m'enfoncer dans l'immeuble et de refermer la porte derrière tout ça…
Le dos tourné, prête à entrer, je ne l'entendis pas descendre de la voiture, ne remarquant sa présence que lorsqu'il m'attrapa le bras, me poussant littéralement dans l'entrée, la porte se refermant derrière lui, avant de me plaquer contre le mur, ses lèvres contre les miennes. Je laissais échapper un petit cri aigu à son geste, avant de me laisser aller à son étreinte, plaquée comme ça contre le mur, sans possibilité de m'échapper. Je souris doucement à son baiser, me laissant totalement faire, grisée par son initiative. Enfin… C'était tout ce que je pouvais penser en cet instant. J'avais enfin ce que je voulais. Mon regard plongeant dans le sien quand il finit par se reculer, je souris toujours, avant de me mordre la lèvre à ses paroles. "Il y a des fois où il vaudrait mieux que tu te taises." Je haussais un sourcil, avant de doucement poser ma main sur son torse, le regardant toujours intensément. Pour finir par le repousser de toutes mes forces, avant de rigoler en me dégageant enfin, m'engageant dans le couloir, vers les escaliers, l'ayant pris par la manche pour l'entrainer à ma suite. Ma chambre était au premier étage, donc pas très loin non plus, mais j'avais envie de jouer. Ne me demandez pas pourquoi, j'en avais juste envie. Me mordant la lèvre, je tournais la tête en posant le pied sur la première marche. "Vraiment ? Tu n'as qu'à me faire taire alors…" Je souris doucement en l'attirant à moi, passant ma main sur sa nuque pour à mon tour plaquer mes lèvres contre les siennes pour un baiser fougueux, avant de venir souffler à son oreille. "Tu en meurs d'envie en plus…" Souriant toujours, je me reculais en montant quelques marches, ma main glissant de sa nuque pour retomber contre mon flanc, me mordant la lèvre en finissant par l'entrainer dans les escaliers avec moi. Cette nuit s'annonçait prometteuse en tout cas. Il ne fallait pas compter sur autre chose que cela. Enfin j'obtenais ce que je voulais, ce que j'avais attendu pendant longtemps, même sans le savoir, depuis le jour même où l'on s'était rencontré pour la première fois. Et enfin, arrivés devant ma porte, je l'attirais à nouveau contre moi pour l'embrasser encore et encore, passant mes bras autour de son cou, mon désir enflammant chaque parcelle de mon corps, alors que je me battais pour déverrouiller la porte de la petite chambre, entraînant Enzo à l'intérieur...
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Dim 15 Jan - 22:26
Cette garce avait fini par avoir ce qu’elle voulait. D’accord. Et je le voulais aussi, à la base, encore d’accord. Mais je me connaissais assez pour savoir que si le moment que je passerai avec elle en lui-même ne serait pas vraiment court, je ne m’éterniserai pas après coup. Et pas seulement parce que je n’avais pas normalement le droit d’être là où j’étais ce soir. Juste parce que cela faisait partie de mes habitudes. Je restais avec les filles jusqu’à ce que j’ai eus ce que je voulais. Et d’après ce que j’avais entendu à propos de miss Lefèvre, elle était un peu dans le même genre que moi. Sauf que si elle s’en moquait, tous ces vilains bruits lui faisaient pourtant une très mauvaise réputation. On ne pouvait donc plus s’étonner qu’à son âge – vingt quatre ans, vous vous rendez compte ? – une jeune femme de sa classe ne soit pas mariée alors qu’elle avait passé la date de péremption. Si on lui demandait à elle, elle répondrait simplement qu’aucun homme ne la méritait. La vérité était pourtant certainement ailleurs. Mais ce n’était pas pour me déplaire, et mariée ou pas, j’aurais quand même tenté le coup avec elle parce qu’elle avait l’air de le valoir. Ma morale s’arrêtait quand je le lui disais, et reprenait à partir de l’endroit que je lui indiquais. Ce n’était pas plus compliqué que ça. Et c’était bien pratique. Et puis je n’étais pas du genre à aller coucher avec une fille qui risquait de tomber amoureuse de moi.
Ca, ça aurait été glauque. J’avais brisé des cœurs, à Florence, je le savais bien. Mais je ne pouvais pas me permettre de m’attacher à une seule fille quand il y en avait dix autres qui me faisaient les yeux doux. Ma mère aurait pourtant préféré, je n’en doutais pas. Mais je n’étais absolument pas près psychologiquement, et je n’étais pas certain de l’être un jour. Je n’avais que dix neuf ans, bien que le fait d’avoir été l’homme de la maison pendant une quinzaine d’année donne l’impression à pas mal de monde que j’étais plus âgé que ça, ce qui faisait que jouer les gamins, les voyous et les bourreaux des cœurs semblait totalement déplacé à ceux qui me fréquentaient. Problème, j’adorais ça et je n’étais pas prêt de m’arrêter. Une nuit de plus ou une nuit de moins avec une fille que j’aurais surement oubliée dans quelques semaines, ça ne changeait pas grand-chose. Enfin, je n’oublierai peut être pas si vite Alice, elle avait tellement tendance à se mettre dans des situations impossibles que ça en devenait drôle, et une fois sur deux, je me retrouvais là pour la sortir de ses problèmes. Pourquoi changer une telle habitude ? Ca ne me faisait pas rire, au contraire, je me demandais quelle serait la prochaine bêtise qu’elle inventerait et à quel point je serais obligé de me mouiller pour la sortir de là. Parce que c’est pas que ça fini par être redondant mais presque…
En tout cas je m’attendais à plusieurs choses ce soir, mais peut être pas à ça. Il faudrait peut être qu’elle se calme un de ces jours quand même, non ? Quand on a la chance d’avoir sa vie, on ne joue pas aux effarouchées. Elle n’avait rien à faire de ma morale, et moi je n’avais rien à faire qu’elle s’en moque. Elle oublierait peut être, même, mais elle aurait au moins rencontré quelqu’un qui lui avait dit ses quatre vérités, ça ne pouvait que faire du bien. Après, elle pouvait se foutre de mon avis comme elle le faisait avec l’avis de tout le monde, ça ne me faisait ni chaud ni froid. En tout cas, j’étais plutôt agacé de mon côté. Par moi-même. Incapable de résister aux avances d’une peste qui a tout ce qu’elle veut en un claquement de doigts. Surtout vu ce que je lui ai dis 5 minutes avant. Mais ça ce n’est qu’un détail. Je suis un homme et j’ai 19 ans, je change d’avis toutes les cinq minutes, c’est bien connu, et même, c’est normal. En attendant je me demandais bien où nous étions, et jusqu’où elle allait m’emmener comme ça. Même si pour le moment c’était moi qui l’emmenait dans le hall d’entrer pour la faire taire une bonne fois pour toute à ma façon. Mais cet endroit ne ressemblait pas du tout à ceux dont elle avait l’habitude. Elle était décidément pleine de ressources, c’était étonnant quand on la pensait enfermée dans une cage dorée.
Je n’avais aucune crainte pour ma voiture – qui oserait toucher à une voiture marquée du cigle d’un des occupants ? – et elle me sortie de la tête à peine avais-je coincée Alice contre le mur, l’embrassant à pleine bouche avant de lui susurrer à l’oreille qu’elle parlait trop. Mais elle n’était pas en reste, et cela ne m’étonnait pas vraiment. Elle me repoussa, et m’entraina à sa suite dans l’obscurité de l’immeuble. Je la suivis sans rien dire. Elle s’arrêta au bas des escaliers, et glissa sa main derrière mon cou, provoquant ces si délicieux frissons dont j’étais coutumier et que je retrouvais à chaque fois avec plaisir.
-Vraiment ? Tu n'as qu'à me faire taire alors…
Et sans attendre de réponse de ma part, elle plaqua ses lèvres sur les miennes. Instinctivement, les mêmes gestes me revenaient toujours. Glissant mes mains à l’intérieur de son manteau, je les posais sur ses hanches, foulant le tissu de sa robe. Puis elle rompit le baiser pour venir susurrer au creux de mon oreille :
-Tu en meurs d'envie en plus…
Elle me provoquait ouvertement, et ça la faisait mourir de rire. Ah les femmes ! Elle se détacha de moi et je la laissais faire, il était toujours temps que je reprenne les rennes du jeu. Et si j’avais envie de la faire taire en paroles, je savais que j’avais tout autant envie de la faire crier de plaisir. Ce qui ne manquerait pas d’arriver. Elle grimpa les escaliers jusqu’au premier étage de l’immeuble, et avant que j’ai eus le temps de réagir, elle m’attira contre elle pour m’embrasser furieusement, baiser auquel je répondis. Elle avait l’air de ne plus se contrôler, et c’était ce qui m’attirait le plus chez elle à ce moment précis. Quand la porte s’ouvrit, elle faillit tomber en arrière et je dus la retenir pour que cela n’arrive pas. Enfin, elle m’entraina à sa suite dans le minuscule appartement, une seule pièce en fait, une chambre, alors que je refermai la porte pour m’y adosser, attirant la belle contre moi. Mes mains passèrent à nouveau dans son manteau, pour cette fois-ci le faire tomber à terre, et découvrir sa robe. J’en profitais pour glisser mes mains dans son dos, là où sa robe découvrait sa peau, en douceur, la survolant, avant de l’embrasser à nouveau, avec fougue. Si elle pensait qu’elle m’avait maté, elle se mettait le doigt dans l’œil.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Dim 22 Jan - 21:50
J'avais chaud. J'avais très chaud, comparé à ce trajet interminable dans cette jeep où le froid s'engouffrait et était sans merci. J'avais chaud, ce feu lent et délicieux qui couvait lentement sous ma peau. Peu à peu, je retrouvais ces sensations que j'appréciais tant. Et enfin, j'avais réussi à avoir ce que je voulais. Je le savais qu'avec un peu de persévérance, il ne pourrait plus refuser. Je pouvais me révéler très persuasive parfois. Et puis de toute façon, je voyais bien à sa façon de me répondre, à sa façon de me regarder avec autant d'insistance parfois, qu'il n'était pas insensible. Il était comme moi au fond. Donc autant s'amuser ensemble un peu, avant de retourner à nos vies respectives. C'était aussi simple que cela. Je ne cherchais rien de plus compliqué, juste un peu de plaisir entre deux adultes consentants. Je me demandais bien pourquoi il s'était obstiné à refuser comme cela. J'avais réussi à apprendre quelques petites choses sur lui, d'après les femmes riches et mariées que je fréquentais. Il n'était pas du genre à dire non comme cela. Il était habitué à ce genre de relations, alors pourquoi refuser autant de fois ? Surtout que son excuse le jour de la garden party, il aurait très bien pu se la mettre où je pense ! Ce n'était pas parce qu'il était en service qu'il avait refusé non. Il aurait très bien pu s'éclipser pendant un moment, mais bon, il avait fallu qu'il s'obstine. De toute manière je m'en fichais désormais, vu que j'avais enfin ce que je voulais. C'est à dire lui. J'avais réussi à le faire flancher, au point de l'attirer dans mes filets, dans cet immeuble où je louais une petite chambre. Miteuse, comparée à là où je vivais. Mais suffisante pour ce que je faisais ici. Pour ce que je payais également, c'était amplement suffisant. Ça me convenait, et c'était tout ce qui importait. Même si au grand damne de mon paternel, voulait dire que je ne comptais pas de sitôt me poser pour me marier, et fonder une famille. Alors là non désolée, mais tu peux toujours courir. Je n'étais pas prête du tout. J'étais jeune, et même si j'allais sur mes vingt cinq ans, je ne me sentais pas prête à faire ce pas là. Pour l'instant, ma condition me convenait parfaitement. Pour beaucoup, ce n'était pas digne d'une demoiselle de mon rang, mais je m'en fichais complètement. Je ne pensais qu'à m'amuser, et ça, personne ne m'en empêcherait, pas même mon paternel…
Et désormais, dans cet immeuble, je ressentais ce feu sous ma peau, cette envie, ce besoin de l'attirer encore plus contre moi. Il fallait avouer que ça faisait longtemps en plus que je n'avais pas pu m'éclipser. Si longtemps que je n'avais pas pu ressentir ces sensations si familières, ces frissons si délicieux parcourir mon échine, ou alors simplement ce sentiment d'anticipation avant l'acte en lui même. Ou simplement la séduction aussi. je ne savais pas. Mais ici, avec Enzo, il y avait quelque chose de différent. Je n'arrivais pas vraiment à mettre la main dessus. Il y avait ce sentiment, différent, que je ne connaissais pas vraiment. J'en avais envie, oh ça oui, mais je ne pouvais m'empêcher de sourire, et de la provoquer encore et encore. C'était un jeu, voilà ce que c'était entre nous. Je savais que j'obtiendrais ce que je voulais de sa part, mais je ne pouvais m'empêcher de jouer avec lui. Il avait cédé, et m'avait embrassée dans ce hall d'immeuble, furieusement d'ailleurs. Je n'avais pu cacher mon sourire après coup, savourant silencieusement ma victoire. J'étais certes coincée contre un mur, mais je n'avais eu qu'à le repousser un peu, pour l'entraîner plus encore dans l'obscurité du hall d'entrée. Et je le provoquais. Ouvertement. Avec un sourire sur les lèvres, un petit rire dans la voix. Surtout parce que je savais que je pouvais me le permettre, sachant qu'il n'hésiterait pas à me rendre la pareille. Et également parce qu'il était clair que s'il voulait me faire taire, il voulait également m'entendre d'un autre côté. Et sachant cela, je ne pouvais que m'en réjouir. Passant ma main dans son cou et l'attirant contre moi, je l'embrassais encore, alors que nous montions ensuite au premier étage où se trouvait ma chambre. Ses lèvres contre les miennes, nos baisers fougueux, je rigolais en ouvrant la porte, manquant de tomber en arrière, Enzo m'emprisonnant dans une étreinte d'acier, m'empêchant de tomber par la même occasion. Je me mordis la lèvre, finissant par l'attirer par le col à l'intérieur de la chambre, la porte se refermant derrière lui. Oh oui ça allait être intense, tout simplement intense. Il m'attira à lui, et ce fut comme se trouver au paradis, ses mains s'occupant de m'enlever mon manteau. Je frissonnais, impatiente. Comme j'en avais envie oui…
Je me mordais la lèvre, le laissant faire pour une fois, ses mains douces sur ma peau. Ses lèvres à nouveau sur les miennes, je lui rendis son baiser, passant mes bras autour de son cou, mes doigts trouvant instinctivement leur place sur sa nuque, et dans ses cheveux. Mais je ne voulais pas qu'il prenne les rennes pour l'instant. Je rompis alors notre baiser, mes doigts glissant lentement sur son cou, pour faire passer mes mains dans son manteau à lui, et le lui enlever à son tour, le laissant rejoindre le mien au sol. Me mordant la lèvre à nouveau, je finis par faire tourner la clé dans la serrure, avant de me reculer en souriant en coin, mes doigts allant trouver la fermeture de ma robe dans mon dos, pour la faire glisser lentement, sans le quitter du regard. Je voulais le faire languir, lui donner encore plus envie qu'à l'instant. Et doucement, je laissais le tissu glisser de sur mes épaules, la robe finissant par tomber à mes pieds. Je reculais encore, dos à lui, me retrouvant en sous vêtements devant lui, et me dirigeais vers le lit, m'y asseyant en croisant les jambes, souriant toujours. Puis, toujours sans le quitter du regard, je soupirais doucement, lui faisant signe de s'approcher. Mes mains se posèrent ensuite sur le matelas, ma tête penchée en arrière avant que je ne finisse par me relever, faisant les quelque pas qui nous séparait pour l'embrasser à nouveau, l'aidant à se débarrasser à son tour de ses vêtements., soufflant à son oreille. "A toi de faire le reste maintenant…" Je me mordais la lèvre en le regardant de façon à ce qu'il comprenne ce que je voulais de lui, souriant en coin en lui offrant ce qu'il voulait. Me faire taire enfin, et prendre le contrôle de ce qui allait se produire dans peu de temps. Je n'en pouvais plus d'attendre, et je savais que lui aussi, à sa façon de me toucher et de m'embrasser. Qu'il me montre ce qu'il savait faire, et qu'il prenne ce qu'il avait envie de prendre, je ne pouvais qu'accepter désormais. Et je savais que cet instant serait tout simplement mémorable, même si il n'allait durer qu'un moment. Au moins, c'était un moment de pur plaisir, où tout mes soucis s'envoleraient. Et je ne pouvais que l'apprécier du mieux que je le pouvais…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Sam 28 Jan - 11:11
Le cadre après tout, même s’il ne collait vraiment pas à l’image qu’on pouvait se faire d’une jeune femme du milieu d’Alice – mais alors vraiment pas du tout, parce que le côté papier peint qui se décroche des murs ne s’accorde pas le moins du monde avec sa manucure, et ce n’est rien de le dire – me laissait bien indifférent. Le tout était d’assouvir ces pulsions qui me prenaient en ce moment, comme je le faisais toujours, avant de passer à autre chose. Ce n’était pas beaucoup plus compliqué que ça. Profiter de chaque instant de la vie, au maximum. Ce n’était pas comme si j’en avais vraiment besoin, de profiter de la vie, je veux dire, vu qu’à 19 ans, ça avait déjà très souvent – trop souvent ? – été le cas. Mais je n’en avais pas grand-chose à faire pour le moment. Après tout, c’était la guerre, et par certains côtés, elle avait bon dos, c’était pratique. Ca ne me dérangeait pas du tout d’en profiter de ce côté-là. Tellement de filles étaient impressionnées par l’uniforme, et encore plus charmées par l’accent italien qui, il fallait bien le dire, avait beaucoup plus de charme par sa légèreté que le dur accent allemand des trois quarts de la grande armée du Reich qui ne parlaient la langue de l’hexagone qu’approximativement. Après, sur les petites secrétaires d’état-major, quand elles parlaient bien le français, comme pour chaque langue, ça rendait leur accent adorable. C’est fou comme un rien peu tout changer en fait.
Un rien… Comme la volonté de s’encanailler d’une fille à papa qui en avait apparemment assez de tous ces types pleins de fric qui n’avaient en fin de compte aucune personnalité parce qu’ils ne connaissaient rien à la vie à part leurs countries clubs et leurs courses de voitures, ou de chevaux, sans parler des parcours de golf qu’il fallait bien entretenir. Même si en ce moment, ils faisaient surement bien moins les fiers, je les connaissais assez pour savoir qu’ils étaient partout les mêmes, que ça soit en France, en Italie ou ailleurs. C’était drôle, on les repéraient à des kilomètres à la ronde, même s’ils n’étaient pas du genre à s’aventurer dans les quartiers que je fréquentais à Florence, sauf les plus téméraires et en manque de sensations fortes, de toute façon, papa serait toujours là pour les tirer d’un mauvais pas, alors ce n’était pas trop grave. Ils avaient beau s’habiller le plus simplement possible, leur façon de se tenir, et la facture des vêtements qu’ils portaient les rendaient par trop reconnaissables. Faire partie de l’armée c’était un peu ma revanche sur ce monde pourri qui oubliait trop facilement les petites gens de mon genre, de celui de ma famille et de mes amis. Des saletés sur leurs chaussures. Mon statut m’ouvrait des portes que je n’aurais jamais espérées il y a trois ans. Et quand leurs épouses, leurs sœurs, ou dans le cas précis, leurs filles, me tombaient dans les bras avec peu voir pas d’effort parce qu’elles avaient l’impression d’avoir affaire à un vent nouveau, au fond de moi, je savais que j’avais gagné sur tous les tableaux.
Ce soir par exemple, c’était vraiment facile de gagner. Elle avait été un peu choquée par le comportement de l’officier allemand, et notre dernière rencontre l’avait laissée sur sa fin. Quant à moi, je n’avais pas besoin de retourner chercher la bonne fortune je ne savais où, puisqu’elle venait de me tomber dans les bras à travers la personne de la signorina Lefèvre. Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ? A l’image de ce personnage italien qui mystifiait tous les hommes venant de la péninsule ou presque, Casanova, je faisais de chaque situation une opportunité dans laquelle je pouvais me glisser sans aucun problème. Et c’était bel et bien le cas ce soir. Malgré des murs épais comme du papier à cigarette, nous avions une relative intimité dans l’immeuble dont aucun bruit ne m’était parvenu à partir du moment où nous étions entrés là. Le couvre-feu était un allié relativement utile pour le coup. Bien que je ne sois pas en uniforme, je n’avais pas spécialement envie qu’on puisse me reconnaitre. Ca aurait été potentiellement dangereux de s’étaler en public alors qu’on n’était pas censé être en permission. Je risquais quelques jours d’arrêts si on me prenait avant que je ne rentre bien sagement moi-même, mais je n’en avais pas grand-chose à faire, il fallait bien l’avouer. Agit avant, et pense après, parce qu’après tout, mieux vaut demander pardon que la permission…
Inutile de préciser que je ne m’attardais pas sur la décoration. Ce n’était pas vraiment pour une visite de courtoisie que j’étais venu. Non, vraiment pas, mais pour partager un moment de plaisir avec cette jeune femme qui ne demandait que ça, et moi aussi. Me laissai-je troubler ? Non pas vraiment, je ne faisais que me laisser porter par les évènements qui étaient parfois plutôt de bonne augure. Dans notre précipitation, je m’étais pris les pieds dans les marches des escaliers, mais ce n’était pas comme si j’en avais grand-chose à faire. Elle aussi avait failli tomber, en ouvrant la porte, et il m’avait fallu la retenir pour éviter un drame. Et maintenant la porte refermée derrière nous, nous étions enfin vraiment et définitivement seuls. Elle s’accrochait à moi pour de fougueux baisers que je lui rendais sans modération, avide d’en découvrir plus de son corps, souriant intérieurement par avance de cet instant que nous allions partager. Je la laissais mener le jeu, amusé de voir ce que ses expériences que j’imaginais bien trop nombreuses pour une femme de sa qualité lui avaient appris. Elle me débarrassa de ma veste en cuir qui tomba à terre dans un bruit mat, avant de s’écarter. Mes yeux brillaient, j’en étais certain alors qu’elle retirait lentement sa robe, avant de s’assoir sur le lit dans une position plutôt provoquante, qui ne manqua pas de faire son petit effet. Puis, elle revint vers moi et déboutonna ma chemise alors que mes mains s’attardaient sur sa peau, la caressant pour la première fois directement, et embrassant le haut de ses épaules, ainsi que sa gorge palpitante.
-A toi de faire le reste maintenant…
Je relevai la tête pour la regarder dans les yeux, caressant sa joue un instant.
-A vos ordres, mademoiselle, soufflai-je contre ses lèvres, mutin, avant de les prendre contre les miennes.
Glissant un bras sous ses genoux, et l’autre derrière ses épaules, je la soulevai de terre pour mieux la déposer sur le lit, avant de m’allonger sur elle. Il n’y a rien de mieux que le plaisir partagé, et cette nuit serait celle qui nous rendrait complice. Complicité qui s’en irait surement avec le jour, mais pour le moment le passé et le futur n’existaient plus. Seul son corps nu contre le mien et ces instants que nous avions fait languir à dessein.
***
Allongé sur le lit, je reprenais mon souffle. Elle m’avait épuisé, il fallait être honnête. J’avais juste eus la force de tendre le bras pour attraper mon paquet de cigarette et me mettre à fumer. Un vague sourire errait sur mes lèvres. Elle était douée. Je ne doutais pas qu’il y en avait eu plusieurs avant moi vu la facilité avec laquelle elle avait uni son corps au mien. J’aurais bien voulu rester, mais… Ce n’était pas possible. On dit toujours que le premier qui parle après l’amour prononce une bêtise. Ce que j’allais dire n’allait surement pas lui plaire, surtout que je voyais déjà la lumière du petit jour filtrer à travers les persiennes. Il fallait que je rentre, et assurer mon service après une nuit blanche, même si j’en avais l’habitude, n’était pas toujours facile. Je me redressais, et commençais à me rhabiller, avec flegme et naturel. Qu’elle crie ou pas, à la limite, je n’en avais pas grand-chose à faire.
-C’était sympa… Merci de m’avoir hébergé chez toi pour cette nuit, mais je dois y aller.
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Célibataire ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Lun 6 Fév - 14:31
Se défaire de ces sentiments qu'on éprouvait. C'était un peu ça que je recherchais. Je ne savais pas pourquoi je m'étais mis en tête de le vouloir lui. Il était différent des autres, ça c'était certain. Un peu trop différent même. Il me tenait tête. Comparé à ces idiots qui se complaisaient à me séduire, en se félicitant de m'avoir mis dans leur lit, avant que je ne les fasse déguerpir au petit matin. Pauvres d'eux. Non vraiment, j'en avais assez oui. Tous les mêmes, je n'avais même plus de plaisir à m'amuser avec eux. Même si ils étaient doués. Ce qui n'était pas vraiment le cas non plus, je devais l'avouer. Il étaient lents, et se préoccupaient très peu du plaisir des autres. Mais bon, je savais comment faire pour ma part, et je n'avais jamais été frustrée. Pas réellement du moins. Sauf ces quelques fois où Enzo s'était refusé à moi. J'aurais pu faire comme à mon habitude. Ne pas m'en inquiéter, et retourner à mes occupations sans jamais plus chercher à le revoir. Mais ce n'était pas dans mon caractère que d'accepter une défaite. Alors si pour lui j'étais devenu un défi, il l'était devenu lui aussi pour moi. Le défi que de le faire craquer, de le faire tomber dans mes bras, pour passer une seule nuit avec lui. Et ensuite, faire comme d'habitude, m'en débarrasser pour retourner à mes occupations. Mais bon, c'était plus difficile à dire qu'à faire. Et ça, j'allais le découvrir bien vite. Car petit à petit, sans même m'en rendre compte, je commençais presque à apprécier d'être en sa compagnie. Un comble quand même ! A part le physique, il n'était pas du tout mon type d'homme. Il parlait trop, d'une part, exerçant son droit d'opinion dont je me fichais éperdument. Et pourtant, il y avait quelque chose qui m'intriguait chez lui. Une impression de nouveauté. Quelque chose de totalement différent, que je n'avais jamais connu jusqu'à présent. Et ça, je ne l'avais absolument pas vu venir. Ce petit sentiment de victoire, quand il avait fini par craquer et par me faire reculer contre le mur de l'entrée, prenant mes lèvres avec intensité. Mais ce sentiment de victoire, aussi agréable soit-il, me faisait perdre pied lentement, sans que je ne puisse me rattraper, et sans aucun espoir de retour. Peu à peu, j'avais déchanté, sans même le savoir. Peu à peu, intriguée par cet homme mystérieux, je n'en tombais que mieux dans ses bras…
Mais ce soir, je ne cherchais même pas à comprendre ce qui m'arrivait. Son attitude ne pouvait que me ravir, et je l'avais laissé faire, l'emmenant jusqu'à ma chambre, que je louais pour un prix dérisoire. La décoration ? Je m'en fichais, je n'étais pas là pour la redécorer non plus. Oh non, je m'occupais à mieux que cela, en faisant lentement glisser le tissu de ma robe le long de mon corps, le laissant m'observer tout son soul, avant de le provoquer un peu plus en m'asseyant de façon aguichante sur le lit peu décrépit de la pièce. Instant qui ne dura qu'un instant, avant que je ne revienne vers lui, pour lui enlever sa chemise, ses mains et ses lèvres dévorant presque ma peau, me faisant frissonner de désir. Après avoir joué un petit moment comme ça avec lui, j'avais relevé les yeux vers lui, et lui avait laissé les rênes. Bien sur qu'il fallait que je le laisse finir. Il était un homme après tout. Et un homme flatté par une telle proposition ne pouvait être que bénéfique, pour ses ardeurs à venir, et pour mon bon plaisir. Je lui souris, alors qu'il caressait ma joue avec douceur. "A vos ordres, mademoiselle." Je souris à sa phrase, avant de lui rendre son baiser, me laissant porter comme une princesse. Il n'y avait rien de mieux qu'un homme qui vous prend dans ses bras comme ça, persuadé qu'il a le contrôle de la situation. Et finalement, nos vêtements envolés, je savourais l'instant présent, attentive à ses moindres désirs, ne me lassant pas une seule seconde de sentir son corps contre le mien, ainsi que son ardeur, la chaleur ne quittant pas nos ébats une seule seconde. Et durant cette nuit, toute bataille que nous avions pu mener pour les faveurs de l'autre furent gagnées, seul le plaisir partagé ensemble en étant le fruit de telle passion. Pour quelques heures, aucunes paroles ne furent échangées, à part pour exprimer les sensations que nous avions ressentis. Et pas qu'une fois non plus. Il fallait l'avouer, pourquoi se contenter d'une seule fois, alors que la nuit nous appartenait ? Cela n'avait pas de sens, vous en conviendrez…
---------------------------------------
Un sourire sur les lèvres, j'avais fermé les yeux un instant, reprenant lentement mon souffle, seul le drap fin recouvrant ma peau encore moite. C'était une bonne nuit, je ne pouvais que l'avouer. Il en connaissait des choses quand même. De mon côté aussi, j'étais certaine que je pouvais dire sans me tromper qu'il n'avait pas connu ça depuis un moment. Surtout pas en pensant que je n'étais qu'une fille à papa pourrie gâtée. Le voyant allumer sa cigarette, j'avais sourit, et m'étais tournée un instant vers lui, m'installant sur lui pour lui voler un tube de tabac, l'allumant alors que je le faisait glisser entre mes lèvres, avant de me remettre sur le dos, laissant la tabac imprégner mes poumons. Surpris, il pouvait l'être. Et bah oui, il n'était pas le seul à aimer fumer après l'amour. Ce dont je fut ravie par contre, fut le sourire qui trônait sur ses lèvres, identiques au mien. J'avais réussi, et lui avait fait changé d'avis. Au final, il ne pouvait pas regretté d'avoir fini la nuit avec moi. Tranquillement, je tirais sur ma cigarette, profitant de l'ivresse que procurait le tabac dans mes poumons, alors qu'Enzo avait fini par se redresser, et s'habiller. Je n'avais même pas fait attention à ce qu'il faisait, avant qu'il ne finisse par prendre la parole, le jour filtrant peu à peu. "C'était sympa… Merci de m'avoir hébergé chez toi pour cette nuit, mais je dois y aller." Sympa ? C'était seulement sympa ? Espèce de crétin ! C'était un peu mieux que 'sympa' quand même ! Le fait qu'il s'en aille après ça, je m'en moquais bien, mais qu'il dise que c'était que sympa ? Alors là non, je ne suis pas d'accord. Ecrasant le mégot sur un coin du cendrier, je fronçais les sourcils, furieuse. "Sympa ? C'était seulement sympa ? Et bah bravo l'armée italienne !" Serrant le drap autour de moi, j'attrapais mes affaires éparpillées dans la pièce, enfilant mes sous vêtements et ma robe en soupirant. "C'est ça oui, casse toi ! T'as bien raison de t'en aller oui !" J'étais en colère, ça c'était certain. Nan mais et puis quoi encore ? Sympa ??? Je rêve ! Je vous jure les hommes quoi ! Sa réponse, je ne l'entendis pas, n'y faisant même pas attention alors qu'il récupérait sa veste, et finissait par quitter la pièce. Et moi, je me retrouvais seule, dans cette chambre, dans un état lamentable. Je me sentais bizarre je devais avouer. Sympa ? C'était tout ce que je représentais en fait. Étrangement, j'avais envie de pleurer. Moi, Alice Lefevre, venait d'être prise à mon propre jeu. Ça m'apprendra tiens…
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
Enzo Valente
♦ Quatre de Carreau ♦
■ inscrit le: 17/06/2011 ■ mes posts: 229 ■ avatar: Christian Cooke ■ présence: every day ■ profession: Sergent dans l'armée italienne
❝v o s . p a p i e r s❞ ■ religion: Catholique ■ situation amoureuse: Je suis le chouchou de ces dames ■ avis à la population:
Sujet: Re: On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\ Sam 11 Fév - 22:08
On devait penser que j’avais un cœur de pierre. Coucher avec les filles, et les envoyer balader juste après, quel salaud je faisais, à l’image de Casanova en fait. Je n’étais pas italien pour rien. Mais comprenez-moi, je préférai partir avant qu’elles ne découvrent que de toute façon, j’étais incapable de résister à un beau sourire. Alors ne vous déplaise, deux yeux larmoyants me suppliant de rester encore un peu, ça me fendait le cœur, et il fallait une volonté de fer pour s’en détourner, et les oublier – chose que j’avais faite moins de trente secondes après avoir refermé la porte de la chambre que je quittais, en moyenne. Et, autre horrible défaut que j’avais, je ne me contentais jamais de celle que j’avais au bras, je regardais toujours ailleurs. Je recommençais d’ailleurs dès le moment où j’étais arrivé au bas de l’immeuble de celle que je quittais. C’était comme ça. Egoïste, égocentrique, voyou, profiteur. C’est tellement drôle d’être moi, en somme… Ma vie me plait telle qu’elle est et c’était agréable de voir que partout où je sois, elle suivait son cours, totalement immuable sur le plan des filles. C’était tout de même bien rassurant de savoir qu’on gardait son charme où qu’on aille. Et puis les filles elles sont partout pareil, rigolent aux mêmes blagues, ont les mêmes attitudes, les mêmes sourires et les mêmes attitudes. Au moins on était certain de ce qu’on faisait. Une stratégie fonctionne toujours, même si ce n’est pas avec les mêmes femmes.
La preuve, de la serveuse du café à côté du consulat jusqu’aux dames les plus en vue du tout Paris, elles tombaient toutes dans mes bras, même les pestes pimbêches ayant l’habitude d’avoir tout ce qu’elles voulaient. La seule différence avec la pimbêche en question – à savoir Alice Lefèvre, pour ne citer personne – était qu’elle se comportait avec les hommes comme je me comportais avec les femmes. Elle était plus âgée que moi, c’était un fait, mais pour s’amuser, y avait-il un âge requit ? Nous étions sur la même longueur d’onde, enfin, presque. Parce que pour ma part, que je couche avec elle ou pas, ça ne changeait pas grand-chose… Il y en aurait toujours une autre qui aurait pu m’héberger pour la nuit, de la petite concierge d’en face de chez Dédé à Sylvia, la jolie prostituée du bordel que je fréquentais habituellement. En fait tout était une question de savoir si j’allais payer ou pas. Grâce à ma solde, à la limite, je pouvais me permettre les deux. C’est fou comme la vie change quand on a une rentrée d’argent régulière, même si elle n’était pas substantielle. C’était toujours plus que la plupart des gens que je connaissais chez moi de toute façon. Le bas quartier me manquait tellement… J’espérai pouvoir y retourner bientôt. J’avais laissé trop de jolis petits minois pleurer mon départ, et mes amis me manquaient. Je me demandais bien ce que la bande était devenue… Les uniformes noirs en avaient-ils eut raison ?
Tant de questions sans réponse, il fallait bien que je trouve une occupation. Et je n’avais jamais été fait pour être sérieux plus de trois minutes d’affilé, alors tant qu’à faire. J’étais jeune, sans attache dans ce Paris que j’apprenais à connaitre petit à petit, alors autant s’amuser un peu. Ce n’avait pas été gagné avec le comportement idiot d’Alice et son petit caractère d’idiote pleine d’assurance sur des choses de la vie qu’elle ne comprenait pas. Elle avait cédé, et dans cet appartement bien caché – je me demandais même si son père en connaissait l’existence, mais à la réflexion, il ne devait pas tenir des comptes de tout ce que sa fille faisait avec l’argent qu’il lui donnait – les classes sociales s’étaient bien plus mêlées que ce que le qu’en dira-t-on aurait accepté. Enfin, dans cet affaire, je n’avais rien à perdre, elle, si. Si se compromettre avec des fils de bonne famille était déjà mal vu, mais passable, car elle pouvait les épouser, être vue au bras d’un pauvre sergent de bas étage, italien de surcroit et issu des bas fond était totalement impensable. Ce minuscule appartement qui aurait tenu dans un mouchoir de poche était idéal, et idéalement placé. Personne ne serait venu la chercher là, et surement pas son père. J’aurais pu me demander combien de types elle avait bien pu trainer dans cet endroit, mais à la vérité, je n’en avais pas grand-chose à faire, profitant juste du fait que cette fois ça soit mon tour.
Un tour qui avait fini par prendre fin, car oui, toutes les bonnes choses ont une fin, même si elle ne plait pas toujours. J’avais fini par me relever et m’habiller, avant de la saluer. Bizarrement, cela ne sembla pas du tout lui plaire. Heureusement pour moi qu’elle n’avait rien à portée de main pour me le jeter à la tête.
-Sympa ? C'était seulement sympa ? Et bah bravo l'armée italienne !
Le problème avec cette jeune femme c’est qu’elle a le don d’avoir un langage digne des plus grands charretiers d’Europe quand elle n’a pas ce qu’elle veut. Et ça cassait vraiment toute son image. D’un coup, je fronçais le nez, un rien repoussé. Et encore ce n’était pas fini, alors que je ramassais ma veste pour retrouver mes clefs de voiture, elle continua sur sa lancée.
-C'est ça oui, casse toi ! T'as bien raison de t'en aller oui !
-Je vois vraiment pas pourquoi tu le prends comme ça, carina…
Haussant les épaules, je me dirigeais vers la porte, avant de la saluer de deux doigts portés à mon front et d’un :
-Ciao bella bambina ! typiquement italien, un grand sourire aux lèvres.
Une fois la porte passée, je mis mes mains dans mes poches, et descendis les escaliers pour aller récupérer ma jeep, sifflotant dans le jour naissant un aire qui avait fait fureur en France en 1935 et que j’avais découvert récemment. Un truc qui me correspondait bien
FIN
₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
On ne peut prouver qu'on aime les femmes qu'en le leur disant à toutes
On a toujours ce qu'on veut au final... /!\ âmes sensibles s'abstenir /!\