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 INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !

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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 26 Juin - 23:29

Ah les jeunes de nos jours… ruminait la doyenne des Volkov en jeta des regards sombres autour d’elle alors qu’elle avançait péniblement dans la foule amassée place de la Bastille. Ca geint, ça se plaint, et quand ça se décide enfin à protester, ce n’est pas fichu de le faire correctement. Non mais vraiment, soupira-t-elle encore en fendant la foule, la petite Victoire dans les bras. Quelle idée de ne pas prévenir la population quand un rassemblement de cette ampleur se prépare ! Elle voulait juste rentrer chez elle après avoir emmené la petite faire une promenade dans un des parcs avoisinants, et voilà qu’elle se retrouvait coincée dans cette masse insupportable criant et tapant du pied à tout va comme toute une bande de gosses capricieux. Aucune dignité, songea-t-elle non sans mépris en regardant une bande de jeunes se passer une bouteille d’alcool avant de scander des slogans à peine correctement formulés. Bon, il fallait dire aussi que mamie Volkov n’était pas très objective : si elle avait été chez elle, ou prévenue, ou en dehors de la manifestation, et autrement qu’avec un bébé de huit mois dans les bras, elle aurait peut-être été plus indulgente, voire favorable à cette démonstration de mécontentement. Après tout, s’il y avait bien une chose qu’elle aimait encore moins que ces jeunes braillards, c’était les allemands.

D’autres exclamations –ou plutôt, aboiements- se firent entendre, faisant tourner la tête à la grand-mère qui aperçut un jeune homme d’une trentaine d’années en uniforme noir et bleu marine dominant une jeune femme brunes qui n’avait pas l’air contente ; tout en n’ayant pas l’air très à son aise non plus. Léonie reconnut le jeune Tessel –elle l’avait vaguement croisé dans une soirée à l’époque où il faisait encore de la boxe à haut niveau mais ne l’avait jamais apprécié, il y avait quelque chose de vil et de malsain chez lui- et eut un reniflement de mépris, avant de décider de remettre Victoire dans sa poussette. Au moins, s’il y avait des projectiles, elle y serait plus à l’abri, se dit-elle en rabattant la capote. Puis elle porsuivit sa route tant bien que mal, haranguant les uns, écrasant les pieds des autres d’un coup de talon si ils avaient le malheur de la bousculer ou lui barrer le passage. Bref, mamie Volkov traçait sa route dans une manifestation, non sans une certaine envie de donner un bon coup de canne dans quelques têtes –si elle avait eu besoin d’une canne.

Bien malgré elle, elle finit par se retrouver à longer le cordon des forces de l’ordre. Elle aurait préféré les éviter mais c’était encore l’endroit où elle risquait le moins de mettre Victoire en danger, et poursuivit son chemin en snobant royalement ces fascistes et ces traîtres à leur patrie quand elle entendit :

-Regarde ça... même les grands-mères n'ont plus toute leur tête. Si elles pensent que leur âge les protègera, ou celui des enfants qui sont avec elles, elles ont bien tort.

Après avoir instinctivement baissé la main pour saisir son parapluie qu’elle avait laissé chez elle pour asséner un bon coup sur la caboche de cet impertinent, Léonie réalisa qu’elle n’était pas équipée de son arme fétiche et opta pour la seconde : le mépris. Tournant la tête pour dévisager le milicien qui avait ainsi osé parlé, elle darda sur lui un regard aigu et le détailla de haut en bas avec un dégoût presque palpable. En plus d’être impoli, il avait une sale tête. Plaisant.

« Sachez jeune homme que je n’ai nullement besoin d’être protégée, et encore moins par un marmot dans votre genre qui se réfugie derrière son uniforme et sa matraque au lieu de regarder les problèmes en face. Si je pouvais me tenir aussi loin de vous que possible, je le ferais, mais j’ai cette petite fille à charge et nous nous sommes retrouvées coincées ici parce que VOTRE service d’ordre n’a pas été fichu de faire correctement son travail en avertissant la population. » siffla-t-il d’un air dédaigneux sans se démonter le moins du monde. Mamie dans toute sa splendeur –ou son inconscience.

« Maintenant je vous laisse le choix : prouver que vous savez faire au moins une chose dans la vie et m’aider à sortir de ce bourbier avec cette petite, ou vous enfoncer dans votre incompétence chronique et me laisser me débrouiller toute seule. Et dépêchez-vous, je n’ai pas toute la journée. » conclut-elle d’un ton sec.
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Emy Hale
La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule.



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Je parle pas aux cons, ça les instruit.
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■ profession : Journaliste au Courrier Parisien

PAPIERS !
■ religion: Irrémédiablement athée.
■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, le couple c'est bourgeois et catholique, d'abord.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Jeu 27 Juin - 19:28

Quel meilleur moyen pour faire un bon reportage que d’être au centre de l’évènement ? Emy n’en voyait pas, aussi n’écoutant que son courage, et oubliant toute prudence, réserve journalistique et autres qualités qu’elle ne possédait pas, elle se glissa habilement dans la foule qui ne lui prêta pas grande attention. Il y avait là toutes sortes de personnes : femmes, hommes, elle crut même voir se faufiler entre les jambes d’un ouvrier deux silhouettes un peu trop petites pour être en sécurité dans cette masse mouvante. Tous scandaient avec conviction les slogans que les meneurs répétaient inlassablement face au cordon installé par les forces de l’ordre, française comme allemandes. Devant un tel spectacle, Emy se prit à rêver d’un article grandiose, exaltant toute cette foule qu’elle aimait à savoir capable de relever la tête face à l’occupant, et ce malgré les quelques armes brandies ça et là, au hasard des mouvements parfois plus violents des manifestants. Hélas, même en jouant de son admirable don pour jouer sur les phrases à double sens, elle doutait pouvoir réussir à écrire quelque chose qui passerait la censure que ces rabats-joie avaient rendue plus sévère encore depuis quelques temps. La journaliste frustrée dut donc se contenter d’observer en se laissant aller, de temps à autres, à joindre sa voix à celle des manifestants. Après tout, Hugo n’était pas là pour vérifier, et elle pouvait bien se faire plaisir de temps en temps. De toute façon, participer ne l’empêchait pas d’avoir les yeux grand ouverts, à l’affut du moindre petit évènement.

Elle était si bien à l’affût qu’elle ne vit pas venir les deux jeunes hommes. Trop occupée à tenter de savoir qui pouvait bien avoir réussi à grimper sur la Colonne de juillet, Emy comprit donc avec un petit temps de retard que l’on s’était placé derrière elle, et que l’on cherchait à l’aborder.
« On ne se serait pas vus quelque part ? Je ne peux pas oublier une jolie fille comme vous. »
... Forcément, avec une accroche pareille, difficile d’attirer l’attention de qui que ce soit. La demoiselle détacha à regret son regard des grimpeurs improvisés pour lever les yeux au ciel, et se retourner vers le petits charmeur en mal d’aventure qui ferait bien de revoir ses techniques.
« Peut-être, mais en tout cas ça ne m’a pas laissé un souvenir marquant... Oh crap, toi ?! »
Si la première partie de sa réplique avait été débitée sur un ton hautement méprisant, Emy n’avait pu s’empêcher de faire un bond dès lors qu’elle avait vu le visage de son interlocuteur. Elle le dévisagea avec de grands yeux, parce qu’il y avait vraiment une chance sur des millions pour qu’elle croise ici, en pleine manifestation, un corse recherché par les autorités qu’elle avait croisé un jour de grand n’importe quoi à Bois Colombe.
« Sérieusement... Qu’est-ce que cette technique minable ? C’est pas comme ça que tu vas... Et puis qu’est-ce que tu fous ici d’abord ? Et qu’est-ce que tu fiches avec... lui ? ajouta-t-elle en apercevant derrière Cesare un autre visage connu. »
Elle adressa un regard noir à Enzo - ah, elle qui pensait avoir oublié son prénom - avec lequel les choses ne s’étaient pas franchement bien terminées. Elle les dévisagea un instant tous les deux, l’oeil perplexe.
« Qu’est-ce que vous fichez là tous les deux ? Ne me dites pas que vous jouer aux séducteurs en pleine manifestation... Cesare, toi et moi, il va falloir qu’on parle sérieusement, je vais reprendre tout ça en main ! »
En effet, Emy avait une petite idée derrière la tête concernant ses deux improbables compagnons de Bois Colombe, et elle comptait bien réussir à jouer les faiseuses de couple...

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Take WHAT YOU WANT
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Dédé la Truffe
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■ situation amoureuse: Dans une relation compliquée avec un verre de vin.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Dim 30 Juin - 22:35


Les allemands sont pas patients...


L'avis de Dédé

« Les boches, ils ont toujours préféré agir, vite, sans réfléchir, manière coup de poing. Ca marche surement dans leur pays, y a pas à dire, sinon on en s'rait pas là, mais ici, c'est pas tout à fait pareil. Ils font que s'attirer encore plus la haine de Paris. M'enfin...
J'm'en rappelle encore, ils ont commencé à avancer, et à arrêter tout ce qu'ils pouvaient attraper. Hommes et femmes, peut importe leur âge, c'était pas beau à voir. Mais ils sont les plus forts, donc ils font la loi ici... »

Rappels :

- Certains d'entre vous ont reçu un MP, signifiant qu'ils allaient être arrêtés, on espère que vous êtes prêts! Une fois arrêtés, vous pourrez vous rendre dans la deuxième partie de l'intrigue, ce topic
- Pour les autres, c'est le moment de filer pour ne pas avoir de problèmes (en continuant de poster dans ce topic) sinon, attention à votre peau.
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Edouard Cabanel
✗ Chef de réseau



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■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 2273
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■ profession : Ambassadeur de Vichy à Paris

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■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Lun 1 Juil - 1:56

Très franchement, quelle était la probabilité pour croiser une Américaine rencontrée à Washington quelques années auparavant dans une manifestation contre l'Occupation nazie en plein cœur de Paris alors que les frontières n'étaient pas à proprement parler poreuses depuis quelques temps ? Si on notait que l'Américaine en question était morte (Édouard avait eu la chance de le savoir par le mari lui-même, ce n'était généralement pas le genre de source que l'on remettait en cause) et la probabilité diminuait encore de manière drastique pour approcher du zéro. Et pourtant, le doute n'était pas possible, c'était bien Saraa Grant qui s'approchait de lui en compagnie de l'officier qui les avait sortis de la foule, sa femme et lui, armée d'un appareil photo, visiblement bien peu ravie de le voir là. Au moins l'avait-elle reconnu, ce diplomate français qui avait cherché à négocier des accords avec le Sénat américain. Tout cela semblait proprement surréaliste à Édouard Cabanel qui, fort heureusement, se remit bien vite de la réapparition de ce fantôme. Uniquement pour s'étonner, très ironiquement, de son envie de hanter une manifestation parisienne, ce ne lui paraissait pas être dans les habitudes des spectres.
- Doisneau. Lucy Doisneau, répliqua le fantôme à l'identité changeante, je travaille. Mais vous-même, Monsieur Cabanel ? S’il y a bien un endroit où je ne pensais pas vous croiser, c’est ici...
Cette réponse parut bien sarcastique au conseiller de l'ambassadeur de Vichy, lequel avait beaucoup plus de raisons qu'elle de se trouver là, si on exceptait son poste et ses convictions officielles. Ces retrouvailles eurent au moins le mérite de détourner l'attention de la petite Léonie, toujours dans les bras de son père, laquelle sécha ses larmes et tourna ses grands yeux verts vers la nouvelle venue pour la dévisager sans gêne.
- Il est de même pour moi, mademoiselle... Hum... Doisneau c'est cela ? Je ne sais pas pourquoi, je ne vous aurais pas donné ce nom, dit Édouard d'un ton acide, j'ignorais que vous travailliez autant au cœur de l'action.
Un échange de regard lui confirma qu'ils s'étaient compris et qu'ils s'étaient bel et bien reconnus. Pour le moment, il était trop tôt pour tirer des conclusions de cette rapide entrevue, d'autant qu’Édouard qui, en bon politicien, aimait à avoir le temps de réfléchir aux problèmes qui lui étaient posés, avait une gamine sous sa charge et une épouse à faire évacuer de la Bastille. Mais déjà des questions qu'on ne pouvait poser dans cette situation et sous les yeux d'un officier de la Gestapo surgissaient dans l'esprit de l'ambassadeur. Que faisait exactement « Lucy Doisneau » à Paris alors qu'elle avait été – ou était, on s'y perdait avec ces histoires décès, membre des services secrets américains ? Que dissimulait-elle derrière cette fausse identité qu'elle avait tenu à conserver même devant lui qui la connaissait fort bien ? Pour qui travaillait-elle exactement – car Édouard doutait que son journal eut besoin d'une espionne chevronnée et habituée à faire capoter des échanges diplomatiques ? Et surtout... Pouvait-elle lui être utile d'une quelconque manière, dans la mission qui lui avait été confiée à Londres ? Édouard aurait préféré demander de l'aide à son beau-père plutôt qu'à Saraa Grant (quoique) mais il ne pouvait négliger aucune piste. Et même s'il n'avait pas pu conserver de véritable contact avec David Grant car il était suspect de correspondre avec les États-Unis, il pouvait très bien se servir de ses liens avec l'avocat pour obtenir ce qu'il désirait.

Cabanel fut tiré de ses interrogations par la voix de « Lucy Doisneau » qui s'était retournée vers le décidément serviable Gestapiste dont Édouard se promit d'apprendre le nom.
- Vous savez provoquer les retrouvailles, colonel. Avez-vous aussi sauvé M. Cabanel des griffes de la foule ?
- Absolument, affirma le jeune homme en détachant le regard de Saraa pour le reposer sur leur sauveur, un sourire en prime, et je vous remercie encore, colonel. J'ignore ce que nous aurions fait sans vous. Mon épouse m'attend, je vais aller la retrouver et vous  laisser tous les deux. Mais j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, mademoiselle Doisneau... J'en suis certain.
Non, maintenant que les fantômes du passé resurgissaient, ils n'allaient pas s'éloigner aussi facilement, Édouard le savait bien. Il espérait uniquement que la situation évoluerait dans sa faveur. Il lui semblait que c'était le cas maintenant qu'il avait retrouvé son plus vieil ami en la personne d'Alexandre, plus rien ne pouvait lui arriver. Il salua une dernière fois puis retourna vers Madeleine qui, entre deux poudrages, avait été plus efficace que lui et avait réussi à trouver une voiture pour les raccompagner chez eux, sur l'île Saint-Louis. Ce fut au moment où ils se dirigeaient tous trois vers l'endroit qu'on leur avait indiqué que les cris de colère se transformèrent en hurlement de frayeur. Édouard, voyant ses pires craintes se réaliser, ne se retourna qu'une demi-seconde, tandis que Léonie enfouissait son visage contre son épaule, juste le temps de voir que les Allemands venaient de charger la foule qui était soudainement passée à l'affolement le plus complet. Matraques à la main, les Miliciens n'étaient pas en reste et déjà des personnes à terre se faisaient frapper ou arrêter. Résolument, Édouard tourna le dos à la catastrophe et tentant d'ignorer la réalisation de ce qu'il avait redouté depuis le début de ces protestations, il força le pas pour retrouver sa femme et quitter enfin les lieux. Mais pas plus que Paris, il ne parviendrait à retrouver le calme et la tranquillité d'esprit cette journée-là.

Fin pour Edouard

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling ©️ .bizzle


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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 3 Juil - 14:27

Caroline était en train de se demander comment elle allait faire pour se sortir de cette situation, ce qui n'avait rien de vraiment rassurant. Une femme seule au milieu de cette foule en colère ça n'avait rien de bon. Elle avait bien sûr l'habitude de se tirer de situations plus délicates, mais là, elle ne voyait aucune échappatoire. Il y avait bien trop de monde, et aussi beaucoup trop d'uniformes. La foule était tellement dense qu'elle n'aurait pas pu la traverser pour tenter de rejoindre une rue perpendiculaire. Et plus elle y réfléchissait, moins elle voyait de solutions. Rester coincer contre le porche où elle était lui semblait sa seule option pour le moment, le temps de trouver quelque chose de mieux. Mais quelle idée de venir s'enterrer là ce jour-là... Et le pire, c'est que personne ne semblait avoir été au courant à la brigade puisqu'elle n'avait entendu parlé de rien. Il fallait bien avoir une idée à un moment ou à un autre, mais cela faisait totalement défaut à la jeune femme qui pourtant ne manquait pas d'imagination en temps normal. Elle décida d'allumer une cigarette le temps de reprendre son souffle et ses esprits quand Marcus Chapuys atterrit à ses pieds, de manière presque littérale. Eh bien... quelle surprise !

-Vous pouvez le dire ! S'exclama-t-il en prenant Caroline par le bras pour les rapprocher du mur, un peu plus loin de la foule si possible.

Regardant autour de lui avec un air de chiot perdu qui ne lui ressemblait pas, il remit de l'ordre dans sa tenue avant de redevenir l'homme si sûr de lui et qu'aucune situation n'effrayait, tout en lançant une petite pique à la jeune femme

-Moi non, mademoiselle, mais vous, peut-être..? En tout cas je suis très heureux de vous revoir.

Dans d'autres circonstances, Caroline aurait surement rougit, allez savoir pourquoi, hélas ce n'était ni le lieu ni l'instant. Leur dernière rencontre au restaurant avait tout de même été bien plus agréable !

-Plaisir partagé, même si j'aurais préféré que ça soit ailleurs...

Elle jeta un regard à la foule, toujours sans idée pour se tirer de là. Et d'ailleurs, comment Marcus l'avait-il rejointe, même par le plus grand des hasards ?

-Excellente question, je vous l’accorde! Je suis sensé avoir rendez-vous rue Saint Antoine, mais je crois que nous sommes ici....rue de la Bastille, et avec ces miliciens, je crois que je vais devoir reporter! Mais vous, mademoiselle? Après vous avoir vu au Procopoe, je ne doutais pas que vous puissiez fréquenter ces manifestations. Ne craignez-vous donc pas pour votre réputation?

Elle soupira, inspira la dernière bouffée de cigarette et jeta le mégo.

-Visite médicale obligatoire, rue Richard Lenoir. L'opéra doit s'assurer que ses danseurs sont en pleine forme, il ne manquerait plus que la troupe soit encore diminuée. Avec toutes ces arrestations, nous marchons déjà en service réduit... Et bien évidemment, il a fallut que la mienne soit aujourd'hui. Manque de chance, parait-il. Ma réputation n'a donc pas grand chose à craindre.

Du moins pas aujourd'hui, songea-t-elle.

Marcus s'avança un peu dans la rue, mais des sifflets des forces de l'ordre se firent entendre. Ils n'avaient plus beaucoup de choix.

-Venez! Extirpons-nous de là si nous ne pouvons rentrer dans cet immeuble. Acceptez-vous? Je crois que c’est préférable pour que nous ne nous perdions pas!

Il lui tendit la main, que Caroline considéra un instant avec circonspection, avant de hausser les épaules.

-Je crois que nous n'avons pas vraiment le choix.

Elle glissa sa main dans celle de Marcus et le suivit à travers la foule. Ils évitèrent les policiers in extremis, longèrent les maisons, slalomèrent entre les obstacles, mais cela n'avait rien de facile. A plusieurs reprisent, ils crurent leur retraite coupée, mais réussirent à s'en sortir. Ils étaient presque en sureté quand une bagarre éclata devant eux, entre miliciens et manifestants. Bloqués. Caroline regarda autour d'elle. A nouveau, ils étaient pris au piège.

-Une idée ? Demanda la jeune femme.

Mais elle n'eut pas le temps d'entendre de réponse. Un des manifestants se battant contre les miliciens fut repoussé en arrière par son attaquant, et la bouteille en verre vide qu'il avait à la main vint exploser contre le crâne de Caroline, qui s'évanouie sur le pavé, la tempe légèrement ensanglantée, au niveau de la cicatrice qu'elle portait à la tempe depuis un an et demi.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Lun 8 Juil - 15:26

Matthieu n'était pas d'un naturel patient. Cela n'était un secret pour personne. Et il avait par dessus tout horreur qu'on lui tienne tête et qu'on lui réponde. Ses fils en faisaient les frais, surtout l'aîné. Mais il ne pouvait pas non plus tout contrôler, hélas. Il y avait des limites qu'il fallait bien ne pas franchir. Sauf que les limites étaient pour les autres, pas pour lui, bien évidemment. Le chef de la milice ne connaissait pas la notion de limite, de toute façon. Et il ne s'attendait jamais à aucun retour de bâton. Ca aurait été mal le connaître que de faire autrement. Il devait tout avoir. Ses dents étaient bien longues. C'était sans doute pour cela qu'il s'entendait aussi bien avec les allemands. Ils étaient de ceux qui pouvaient lui donner ce qu'il estimait mériter, mais il fallait le prouver. En se faisant respecter ! Et la vieille face à lui allait en faire les frais, ainsi que le bébé qu'elle avait dans son berceau. Pas de pitié, c'était ce qu'il avait apprit ces dernières années. La pitié était pour les faibles. Cette notion lui était totalement étrangère, et pour tous ceux qu'il avait en face de lui.

-Sachez jeune homme que je n’ai nullement besoin d’être protégée, et encore moins par un marmot dans votre genre qui se réfugie derrière son uniforme et sa matraque au lieu de regarder les problèmes en face. Si je pouvais me tenir aussi loin de vous que possible, je le ferais, mais j’ai cette petite fille à charge et nous nous sommes retrouvées coincées ici parce que VOTRE service d’ordre n’a pas été fichu de faire correctement son travail en avertissant la population.

Quelques miliciens à porté avaient levé la tête dans la direction de leur chef, pour voir sa réaction. Elle était folle de parler comme ça à Faivre, il allait la tuer... Mais en même temps si elle mouchait le patron, ça serait une journée à se rappeler et une excellente histoire à raconter aux copains. Pourtant ils avaient tous vus les mâchoires de leur commandant se durcirent ainsi que son regard, elle n'allait pas s'en tirer comme ça. Surtout qu'elle en rajouta une couche.

-Maintenant je vous laisse le choix : prouver que vous savez faire au moins une chose dans la vie et m’aider à sortir de ce bourbier avec cette petite, ou vous enfoncer dans votre incompétence chronique et me laisser me débrouiller toute seule. Et dépêchez-vous, je n’ai pas toute la journée.

Un sourire cruel s'étira sur les lèvres de Matthieu. Elle voulait de l'aide ? Eh bien elle allait en avoir.

-Il faut croire que l'asile pour vieux dont vous sortez ne fait pas bien son travail, effectivement, les vieux séniles, on les enferme dans leur chambre, ils sont un danger pour eux-même. Vous voulez de l'aide ? Je vais vous en donner, la vieille...

Il avisa deux de ses gars qui essayèrent de faire profil bas comme s'ils n'avaient pas suivi la discussion, mais Matthieu les avait repérés, trop tard pour eux pour se défiler.

-Félix ! Louis ! Aidez donc la dame... A monter dans le camion avec les autres, direction la préfecture de police pour un petit contrôle de papier en règle. Et vous savez ce qu'on en dit, on y rentre, mais on en sort pas forcément.

-Mais... Chef... Et le bébé... ? Osa l'un des deux.

-J'ai une gueule de nourrice peut être ? Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse, débrouillez-vous. Embarquez-le s'il y a de la place, sinon, laissez-le là.

Il ne s'occupait déjà pas de ses propres gamins. Un petit sourire de satisfaction se dessina sur les lèvres du jeune homme, qui se détourna pour observer la tenaille que les forces armées commençaient à former pour arrêter le plus de monde possible. Ce n'était peut être pas la meilleure idée qu'ils avaient, ils allaient se retrouver avec beaucoup de monsieur et madame tout le monde au poste, mais c'était la seule qu'ils avaient eus. Les fauteurs de troubles risquaient encore de se faire la malle... Matthieu était pourtant satisfait, mais il semblait que sa journée n'était pas terminée...
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 10 Juil - 11:54

Bon, il fallait bien le dire, les râteaux, ça existe. Enfin, pourquoi maintenant alors qu'il devait faire le malin devant Cesare ? C'était toujours quand il devait « prouver » quelque chose que ça tournait mal. Et zut... Il décrocha un regard peu amène à Cesare.

-En effet, je suis pas déçu ! Merci du fou rire mon vieux !

L'italien poussa un soupire avant de laisser un sourire se dessiner sur son visage. Une de perdue, dix de retrouver disait l'adage. Il en aurait une autre au bras d'ici ce soir, c'était l'évidence même.

-Tu as visé trop haut pour toi, amico. Reste dans ta petite cour de minettes.

-Il faut bien essayer d'évoluer de temps en temps, rétorqua l'italien.

Surtout qu'heureusement, il y avait plus que des minettes dans sa « cour ». Il y avait des femmes mariées qui auraient largement put être sa mère.

-Mais je t'en prie, fais démonstration de ton grand talent...

-Hé, attends ! Je cherche …

Enzo croisa les bras, attendant que Cesare trouve une « proie », se laissant porter comme son ami par les allées et venues de la foule. Enzo aurait bien voulu que son ami ait un peu plus confiance en lui. Il avait lui aussi tout ce qu'il fallait pour faire tomber les filles, du charme, le physique de l'emploi et un accent. Il suffisait juste de le pousser un peu. Et ça avait l'air de fonctionner. Finalement, Cesare lui désigna une petite brune. Et Enzo eut soudain un mauvais pressentiment, car cette silhouette ne lui était pas inconnue, et pour cause, il l'avait vue sous tous les angles.

-Ça ne peut pas être pire que ton fiasco !

-Euuh... Cesare...

Mais il était trop tard, Cesare avançait déjà vers la brune.

-Cesare ! Cesare !! appela à mi-voix Enzo. Une main devant sa gorge, il lui faisait signe d'arrêter, de se taire, de ne rien dire mais...

Mais Cesare avait déjà commencé son approche, et Enzo fit la grimace, sans imaginer que son ami la connaissait aussi. Enzo tenta de se rapprocher discrètement mais il avait été repéré, et le comprit quand elle haussa le ton :

-Et qu’est-ce que tu fiches avec... lui ?

Il se figea, eut un sourire absolument pas crédible et lui fit un petit signe de la main :

-Salut, salut... Ca fait un bail.

Et quand on se rappelait comment leur soirée/nuit avait finie, il aurait peut être mieux valut que ça dure plus longtemps, ce bail.

-Qu’est-ce que vous fichez là tous les deux ? Ne me dites pas que vous jouer aux séducteurs en pleine manifestation... Cesare, toi et moi, il va falloir qu’on parle sérieusement, je vais reprendre tout ça en main !

-Nous ? Noooon... Jamais... ou comment voir la crédibilité s'envoler d'un coup.

C'était à ce moment là que la manifestation prit un autre tournant. Des coups de sifflets, un mouvement de panique, et des allemands et miliciens qui se rapprochaient dangereusement. Oops... Si Enzo se faisait prendre, il était bon pour la cour martiale... Sans attendre, l'instinct de survie prédominant, il prit Cesare par le bras. Il ne savait pas ce qui était pire, Emy, ou se faire arrêter. Il pouvait donc sérieusement envisager d'avoir été sauvé par le gong.

-Emy, ça a été un plaisir, mais on voudrait pas te déranger plus longtemps. Ciao... Cesare on se casse !

Et sans attendre il tira son ami dans la foule. Emy, et ce qui pouvait bien lui arriver ? Dans sa grande galanterie et chevalerie, Enzo n'y avait même pas pensé.

Fin pour Enzo
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 10 Juil - 15:18

Comment se sortir d'une situation dans laquelle deux jeunes femmes qui n'avaient rien demandé à personne s'étaient fourrée bien malgré elles ? Après plusieurs tentatives diplomates (ou non), Blanche trouva enfin la réponse. N'ayant pas les mains prises par Baptiste qui se trouvait dans mes bras, la brune dégaina son sac à main pour frapper l'un des hommes en pleine figure. Celui-ci tituba et laissa enfin entrevoir un passage. « Cours Grace, ne t'arrête pas ! » s'écria-t-elle en me prenant la main pour m’entraîner dans les ruelles étroites de Paris. Je ne me faisais pas prier et lui obéissais sans discuter, le cœur battant. Je n'osais pas me retourner de peur d'apercevoir la silhouette des hommes nous suivant. Après une course sur plusieurs rues, nous nous arrêtâmes enfin dans un renfoncement, qui donnait dans sur un cul-de-sac. J'étais essoufflée. Baptiste s'était mit à pleurer dans mes bras, complètement secoué par ce qu'il venait de se passer. Je tentais de le rassurer en berçant dans mes bras, tout en jetant un coup d’œil vers Blanche. « Merci beaucoup. Quel sacré coup de sac ! Quand je pense à ces bougres, c'est honteux ! Tu n'as rien ? » demandais-je inquiète. La pauvre, elle avait payé de sa personne dans cette altercation. Mais contrairement à moi, elle avait réussi à garder toute sa lucidité et son sang-froid. Je lui devais une fière chandelle. Baptiste continuait à sangloter dans mes bras. J'en voulais tellement aux manifestants. Ne croyaient-ils pas qu'il y avait assez des allemands pour mettre à sac Paris ? Par moment, je me demandais si je n'aurais pas mieux fait de quitter cette maudite ville à la mort de Simon. « Je pense qu'il est préférable que je rentre Blanche. Je ne sais pas toi, mais je n'ai plus très envie de me balader cette après-midi » lui dis-je gentiment dans l'espoir qu'elle comprenne. La jeune femme acquiesça d'un signe de la tête. Il fallait mieux ne pas traîner dans les rues pour le moment. Nous aurions bien d'autres occasions de se revoir toutes les deux un autre jour. J'embrassais Blanche et la remerciais une nouvelle fois pour son intervention énergique et héroïque. Après quelques pas, nos chemins se séparèrent au croisement d'une rue.

Grimpant les escaliers de Paris, je prenais le chemin de mon appartement. Baptiste pleurait toujours, même s'il avait cessé de geindre. Je détestais les manifestations, n'arrêtais-je pas de me répéter sans arrêt à mesure que d'horribles souvenirs me revenaient à l'esprit. Simon était sans conteste dans mes pensées. C'était un jour comme celui-ci qu'il avait perdu la vie. Un jour où les autorités n'avaient faites que leur travail... En une seconde, je chassais cette idée de mes pensées pour me rendre compte que la rue qui menait à mon immeuble était elle aussi bouchée par un attroupement. Mais cette fois-ci, les forces de l'ordre étaient présentes. Devant moi se dressait plusieurs hommes en uniformes qui bousculaient et embarquaient tout individu qui tenait de leur résister. Je restais pétrifiée sur place. Ce n'était pas possible ! Mon appartement était à quelques mètres et impossible de passer par la rue adjacente. Que pouvais-je bien faire ? Une fois chez moi, je pouvais espérer être tranquille. Je ne pouvais que me faufiler furtivement en longeant la rue. Mon cœur battait plus que de raison dans ma poitrine, mais peu d'options s'offraient à moi. J'ajustais Baptiste dans mes bras pour être sûre de ne pas la lâcher et commençais à marcher vers l’attroupement en faisant profil bas.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 17 Juil - 22:31

On ne pouvait dire que Marcus était un véritable casse-cou, mais ses voyages lui avaient donné ce petit goût de l’aventure qui le poussait à prendre quelques risques parfois inconsidérés. Il se souciait peu de savoir ce lui arriverait, mais aujourd’hui, il s’inquiéta pour la jeune femme qui l’accompagnait.
Lors de leur dernière rencontre, face à face dans ce restaurant, il avait perçu en elle ce caractère décidé sous ce féminisme dont elle était la digne représentante. Elle avait réussi à lui taper dans l’œil, comme le disait bien souvent son oncle Egon avec malice.
Mais l’heure n’était plus à ces considérations et Marcus avait peu de temps pour réfléchir à savoir où il souhaiterai l’inviter pour leur prochaine rencontre !

Le bruit de la foule ronronnait, la manifestation tournait à l’émeute, les miliciens commençaient à jouer du bâton et le suisse craignait réellement pour la sécurité actuelle. A l’instant même, il fallait simplement prendre son courage à deux pieds…et fuir.
-Je crois que nous n’avons pas vraiment le choix, répondit Caroline à sa question, tout en prenant sa main.

Il serra ses doigts autour des siens, se sentant bien le seul à pouvoir protéger la jeune femme en cas de problème avec la police ou les miliciens. Elle le suivi dans la rue, évitant les policiers qui resserraient leur cordon de sécurité, et longeant maisons et immeubles parisiens.
Elle le mena soudainement vers un autre point, apercevant les silhouettes de miliciens au loin, et quelques manteaux de SS apparaître au coin d’une rue.
-Par ici, lança-t-il vivement alors qu’ils allaient foncer tout droit vers une échauffourée entre manifestants et miliciens !

Ils repartirent de l’autre côté du trottoir, à nouveau bloqués dans leur retraite.
-Une idée, fit Caroline, observant un passage de chaque côté ?
Marcus lâcha enfin sa main, passa une main perplexe dans ses cheveux, cherchant des yeux une nouvelle retraite. Il fallait faire vite, on pouvait les prendre pour des manifestants, pour des suspects, et sa nationalité ne l’aiderait surement pas en cas d’arrestation !
La rixe s’approchait d’eux et le groupe de manifestants, brandissant bouteilles ou bâton, essayaient de repousser les policiers. Une main manqua de le frapper et en quelques secondes, le mouvement d’un autre fut bref, si vif qu’il ne pu protéger la jeune femme.
Le bras d’un homme fut violemment repoussé, la bouteille qu’il tenait s’écrasa sur le crâne de la jeune femme qui s’affala inconsciente sur le sol.
-Caroline, s’exclama-t-il en repoussant les hommes pour les éloigner de la jeune femme !

Il s’accroupi près d’elle, le visage inquiet, tâtant son pouls pour vérifier qu’elle ne courrait aucun danger de ce côté, et ôta quelques mèches ensanglantées pour se rendre compte de la plaie. Le sang coulait doucement, la peau fine du crâne avait été ouverte par un tesson.
Tirant un mouchoir de sa poche, il essuya doucement le liquide rougeâtre, mais son œil s’arrêta sur une marque évidente, jusqu’alors cachée par ses mèches rousses. Il passa un doigt au-dessus de la cicatrice qui marquait la tempe de Caroline Lisieux, les sourcils froncés.

Mais les bruits des bottes et des cris des manifestants redoublèrent…le temps n’était pas aux questions, Marcus préféra les reporter pour plus tard.
Il se pencha vers Caroline, tapotant ses joues afin de la ranimer, avant de la relever doucement, passant son bras autour de ses épaules.
-Tout va bien, mademoiselle, la rassura-t-il en la soutenant. Les policiers vont s’éloigner….venez, j’ai une voiture à quelques rues d’ici…vous sentez-vous la force d’y marcher ? Je vous raccompagnerai, mais nous ne devons pas rester là.

Il jeta un œil inquiet dans la rue qui se vidait, et évita de croiser les regards de policiers aux aguets.
-Comment vous sentez-vous ? Vous avez pris un mauvais coup, mais tout ira bien…

Il la rassura dans un sourire franc, mais son œil glissa vers la blessure de la jeune femme. Le passé était-il bon à déterrer ? A l’heure actuelle, il en doutait, mais la guerre n’apportait que de l’imprévu.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 24 Juil - 17:51

« ... Oh crap, toi ?! »

Cesare ne s'était pas attendu à une telle réaction et ouvrit grand les yeux lorsqu'il reconnut la jeune femme brune de Bois-Colombes ! Pourquoi, mais pourquoi, de toutes les filles de la manifestation, il avait dû tomber sur elle ? Il lança un regard vers Enzo, le genre qui expliquait la fatalité de la malchance. Il aurait dû choisir la petite blonde un peu plus loin, il aurait eu moins de soucis. Mais cela aurait été moins drôle, du moins drôle pour les personnes extérieures, car ni Cesare, ni Emy, ni Enzo ne s'en amusait véritablement. Le corse, si fier en général, ne l'était pas du tout en cet instant et fit une petite moue gênée face à Emy qui l'enfonçait davantage.

« Sérieusement... Qu’est-ce que cette technique minable ? C’est pas comme ça que tu vas... Et puis qu’est-ce que tu fous ici d’abord ? Et qu’est-ce que tu fiches avec... lui ?
Oh on traîne … » lâcha Cez, d'un air badin, sans être crédible.

Traîner dans une manifestation ? Sûr que c'était une explication tellement débile mais, pris de court, Peretti avait dû faire avec les moyens du monde tout en haussant les épaules, ne voyant pas la gravité.

« Qu’est-ce que vous fichez là tous les deux ? Ne me dites pas que vous jouez aux séducteurs en pleine manifestation... Cesare, toi et moi, il va falloir qu’on parle sérieusement, je vais reprendre tout ça en main !
Nous ? Noooon... Jamais … tenta Enzo d'un air innocent.
Non, on est là comme les autres, tu vois, ... »

Non ils n'étaient pas crédibles pour un sou, aucun des deux ne pouvaient racheter l'autre, c'était un peu pathétique en quelque sort. Mine de rien, lorsqu'il vit arriver vers eux des allemands et les miliciens, il fut presque soulagé de ne pas avoir de prétexte pour laisser Emy ici, la situation parlait d'elle-même. Mais, comme souvent lorsqu'il y avait les autorités, il fallait courir et Enzo prit l'initiative.

« Emy, ça a été un plaisir, mais on voudrait pas te déranger plus longtemps. Ciao... Cesare on se casse !
Ciao Emy ! »

Dans ce genre de situation, on pensait à sa pomme. Enzo et Cesare n'avaient pas intérêt à être arrêtés vu leurs passés et leurs présents. Emy avait plus de chance de s'en sortir, pensait le corse. Tiré par son ami, ils se dépêchèrent de trouver une issue. Mais un allemand, nazi même car Cesare savait à présent faire la distinction, lui barra le passage, et c'était sûrement pas pour l'inviter à boire le thé. Mais, après des années de fuite et de courses folles, il était doté d'un excellent instinct de survie :

« Corre ! » hurla le corse à son ami avant de le tirer par la manche dans la foule et le faire sortir face à une rue où quelques manifestants l'empruntaient pour ne pas s'attirer d'ennui.

Ils auraient pu croire voir la représentation d'une épreuve des Jeux Olympiques, spécialité athlétisme, tellement les deux jeunes hommes couraient vue sur la route, deux allemands à leurs trousses. Alors qu'ils sortaient leurs armes, les deux amis eurent le réflexe de tourner dans une rue, puis dans une autre, mais il s'agissait d'une impasse. Trop tard pour faire demi-tour, Cesare se proposa de faire grimper son ami sur lui.

« Fais vite ! Ma putana, t'es lourd ! » se plaignit l'ami corse alors qu'Enzo grimpait sur son dos pour atteindre le mur.

Hop, une fois l'italien sur le muret, il aida Peretti à se hisser et tous deux sautèrent dans le jardin ici-bas. Ils continuèrent de courir encore avant de ralentir la cadence, certains de ne pas avoir été rattrapés. Inspirant une grande bouffée d'air, Cesare lâcha un bon soupir de soulagement avant de regarder Enzo et lui donner un coup à l'épaule.

Qu'est ce que tu avais dit ? Qu'on allait bien s'amuser ? Coglione, va ! »

On pourrait penser qu'il était en colère, en voulait à son ami de l'avoir entraîné là-dedans. Mais non, bien qu'il eut le front plissé par le soucis, point de colère dans son regard, qui tournait vers le blasé, tout comme son petit sourire en coin. Décidément, quand ces deux là se voyaient, il y avait toujours des ennuis ! Et ce n'était pas près de s'arrêter ...

Fin pour Cesare
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Jeu 25 Juil - 15:01

Malgré les sangs qui s’échauffaient et les protestations de plus en plus fortes venant de la foule, Manuel ne bronchait pas, se contentant de scruter la plèbe d’un air parfaitement impassible. Il était trop professionnel pour perdre son sang-froid ou même soupirer : on attendait de lui qu’il règle la situation avec le moins de casse possible, et c’était ce qu’il ferait, ni plus ni moins. Avec un passé de sale gosse hyperactif et foutrement emmerdeur, Manuel avait appris à canaliser sa formidable énergie et faisait maintenant plutôt figure de robot ou de bulldozer quand on parlait boulot. Imperturbable, et pratiquement impossible à arrêter. Il n’était peut-être pas le plus effrayant de ses collègues, mais il était sans conteste l’un des plus efficaces. Ce n’était pas pour rien que Faivre l’avait élevé à un si haut poste dans la Milice tout en prenant soin de le conserver sur le terrain.

La demoiselle en face de lui avait compris le danger, il en était sûr. Il était habitué à ce que les gens deviennent subitement silencieux, ou s’immobilisent, ou le regardent d’un air à la fois effrayé et haineux comme s’ils ne parvenaient à décider quelle attitude adopter entre céder à une peur somme toute naturelle de l’uniforme noir ou la bravoure de se dresser contre le milicien. Un doute que Manuel comprenait. Mais puisqu’il se trouvait dans le camp de ceux qui avaient le pouvoir, il n’allait certainement pas verser dans la compassion ou l’empathie –mots qui lui étaient de toute façon relativement inconnus.

« Mais lâchez-moi ! » s’exclama la jeune femme en essayant de se dégager, mais la poigne de fer de Manuel eut raison d’elle. Il réitéra ses ordres, n’espérant aucun miracle. La question était plutôt de savoir combien seraient en cellule d’ici la fin de la journée et combien envoyés au dispensaire.
« Ce n’est peut-être pas un endroit pour les demoiselles, mais c’en est un pour les Parisiens ! » s’écria encore la brunette, prise d’un soudain accès de témérité. Patient, Manuel fit comme s’il ne l’avait pas entendue, mais cette petite entêtée poursuivit :  « C’est vous, les intrus, aujourd’hui ! Vous, les miliciens, traîtres à la France ! Vous cachez votre peur derrière des armes ! Vous avez besoin de votre matraque pour me faire partir ? Je ne bougerai pas ! Et si dégâts il y a, ce sera de votre faute ! »


Quelques badauds reprirent ses paroles en cœur mais une avancée des hommes de Manuel suffit à les faire taire. Quant à lui, il s’assura qu’un débordement n’était pas en train de commencer à cause d’elle puis il resserra sa prise sur son bras et la tira vers lui d’un coup sec, darda sur elle un regard glacial et avait l’air peu enclin à la discussion ou au débat politique.

« Je n’ai pas besoin de matraque pour vous faire partir, vous tremblez déjà comme une feuille alors que je ne fais que vous tenir le bras depuis tout à l’heure. Et je n’ai pas de leçons à recevoir de parisiens qui attendent comme le Messie un bon vieux général qui lui, cache sa peur derrière une radio depuis l’autre côté de la Manche. Maintenant je vous le répète une dernière fois : allez-vous en si vous ne voulez pas d’ennuis. »

Sans la lâcher, il l’entraîna brusquement vers le cordon de sécurité en jouant des coudes pour écarter les passants.

« Voyez comme même les Miliciens peuvent être courtois, je vous escorte jusqu’à la sortie… »
Mais autour d’eux, tout le monde s’échauffait, et des cris commencèrent à se faire entendre plus loin. Levant brièvement les yeux, Manuel comprit que les choses sérieuses avaient commencé. Des bagarres venaient d’éclater, et les allemands et ses collègues étaient en train d’intervenir. Il fallait qu’il se débarrasse de celle-là pour aller leur prêter main-forte.

« Et voilà, ça commence. C’est mon dernier avertissement mademoiselle : dégagez d’ici, et que je ne vous revoie plus. »

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Lun 29 Juil - 20:55

Il invita le couple Cabanel à s'écarter de la manifestation pour se rendre vers ses hommes, où ils seront en sécurité. Viktor repartit dans la foule, où les parisiens s'écartaient instinctivement à la vue d'un colonel nazi fendant la foule pour ramener Saraa en dehors des manifestants. Non pas qu'elle était en danger, mais il était chargé de la surveiller et il savait que la manifestation pouvait changer à tout instant, il y avait trop de tension pour que cela reste calme, il valait mieux éviter de faire la moindre bourde dans ses missions, voilà pourquoi il la ramena contre son gré, cela va sans dire. Si le colonel-SS se savait pas du tout aimé de la jeune femme, cela lui faisait ni chaud ni froid, au contraire cela l'amusait.

« Vous savez provoquer les retrouvailles, colonel. Avez-vous aussi sauvé M. Cabanel des griffes de la foule ?
- Absolument, et je vous remercie encore, colonel. J'ignore ce que nous aurions fait sans vous. Mon épouse m'attend, je vais aller la retrouver et vous  laisser tous les deux. Mais j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, mademoiselle Doisneau... J'en suis certain. »


Édouard partit vers la voiture avec sa petite famille après l'avoir salué, laissant Viktor avec sa cible préférée à la périphérie de la manifestation. Il restait sur le visage d'Eppensteiner un petit sourire moqueur quand il se tourna vers Saraa :

« Vous n'avez pas que des amis à Paris. Sans savoir vraiment d'où elle connaissait Cabanel, il avait bien senti. Quand je vous dis qu'il vous faut une surveillance, vous ne voulez pas me croire. »

C'est à ce moment-là, sans trop savoir ce qu'il s'était passé, qu'il vit des miliciens et d'autres allemands chargés vers la foule. Tout semblait fait d'un même mouvement, comme préparé. Comme toujours, dans la logique du nazi, cela se passait ainsi pour une raison, pas juste par une envie de frapper ni de violence gratuite. Il se tourna vers la jeune femme plus sérieusement :

« Vous restez ici, n'allez pas chercher à faire votre tête de mule et restez à l'abri. » C'était un ordre, qui ne serait pas forcément écouté.

Puis Viktor hurla en allemand vers ses hommes de charger à leur tour. On lui signala que les ordres étaient d'arrêter les personnes suspectes et bien sûr les trouble-fêtes. Ce n'était pas ce qui allait manquer. Et déjà le camion commençait à se remplir de personnes de tout âge, des deux sexes, indignés ou en pleurs tandis qu'Eppensteiner continuait à fendre la foule. Il tomba face à face à deux jeunes hommes qui s'apprêtaient à fuir, il fit lancer des hommes à ses trousses, bien que les deux hommes semblaient habitués à fuir. Au milieu des arrestations autour de lui, une jeune femme brune semblait s'indigner de cette situation.

« Mademoiselle, calmez vous et dégagez le passage, intima le colonel sans que son autorité fasse effet sur la jeune femme. Si vous n'obtempérez pas, il vous arrivera la même chose qu'à eux. »

En général, la menace d'une arrestation pouvait calmer n'importe qui. Sauf que Viktor était tombé sur une rebelle à deux francs, le genre de fille qui se croit au-dessus du monde, à se penser justicière et avoir raison sur le bien-fondé de son indignation, alors que pas du tout. C'était exactement le genre de personne que Viktor détestait. Alors si le menaces ne faisaient rien, Viktor empoigna la jeune femme et l'empêcha de s'échapper.

« Si vous voulez jouer à ce petit jeu, hop au poste avec les autres. Vous aurez au moins une raison de hurler comme si on vous égorgeait. »

Il l'emmena jusqu'au camion et l'y poussa sans ménagement puis donna l'ordre à un de ses subalternes de ne pas les quitter des yeux, avant de repartir. La place s'était bien vidée, les gens n'étaient courageux que peu de temps, il ne fallait pas non plus trop en faire. Stupides parisiens ...
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Lun 29 Juil - 21:08

Estelle avait conscience du danger qui la menaçait. Alors qu'elle insultait les miliciens, et plus particulièrement celui qui lui faisait face, d'autres hommes avançaient vers eux, terrifiants, montrant clairement qu'ils n'auraient aucun scrupule à faire du mal à une femme. Que pouvait-on attendre, d'ailleurs, de ces hommes qui étaient prêts à trahir leurs concitoyens ? Pouvait-on croire qu'ils étaient capables de faire preuve d'éthique, de loyauté, de savoir-vivre ? Non. Estelle les considérait comme des brutes, des brutes incapables de comprendre ce que courage voulait dire.

Elle regardait droit dans les yeux le milicien qui lui faisait face. Son visage sombre, ses traits durs, l'absence de bonté dans son regard, tout chez lui aurait du faire fuir Estelle. Ces caractéristiques auraient du la prévenir. Tout chez lui lui criait de prendre ses jambes à son cou et de ne pas demander son reste. De ne pas chercher les ennuis. Mais Estelle était têtue. Et elle refusait de capituler, elle, la Parisienne, avait le droit de manifester si elle le voulait, dans son pays, dans sa ville, rien ne le lui interdisait.

Malgré ses paroles et sa tentative pour qu'il la lâche, l'homme tenait toujours son bras d'une main ferme. Autour d'eux, les cris des manifestants s'étaient tus quelques secondes lors de l'arrivée des hommes du milicien qui semblait être leur chef. Mais quelques Parisiens, aussi téméraires que la speakerine, reprirent en cœur les « Traites ! » et autres mots doux qui, étrangement, ne faisaient guère plaisir aux hommes de l'ordre. Sans faire preuve de trop de sentimentalisme, Estelle put affirmer, quelques jours plus tard, qu'à cet instant, elle se sentait soutenue par tous ces Parisiens. Elle ne les connaissait pas tous, mais cette ferveur qu'ils mettaient à lutter pour la liberté, à lutter contre l'oppression, les rapprochait tous. Ils étaient tous dans la même situation. Entre eux, il n'y avait plus de barrière. Les Parisiens lui donnaient le courage dont elle avait besoin pour ne pas céder face à la brute qui lui tenait le bras. Elle le regardait droit dans les yeux, sans ciller, une colère noire dans ses yeux foncés.Son obstination, cependant, ne fit guère peur au milicien, qui lui répondit :

« Je n’ai pas besoin de matraque pour vous faire partir, vous tremblez déjà comme une feuille alors que je ne fais que vous tenir le bras depuis tout à l’heure. Et je n’ai pas de leçons à recevoir de parisiens qui attendent comme le Messie un bon vieux général qui lui, cache sa peur derrière une radio depuis l’autre côté de la Manche. Maintenant je vous le répète une dernière fois : allez-vous en si vous ne voulez pas d’ennuis.

-Je tremble comme une feuille à cause de la colère, et non à cause de la peur. Et moi, je n'ai pas de leçon à recevoir d'un idiot qui suit les ordres, tel un chien, d'un bon vieux maréchal qui lui, cache sa peur derrière un bureau à Vichy. »

Au fur et à mesure qu'elle prononçait ces mots, la pression de la main du milicien sur son bras se faisait plus forte. Il l'entraîna alors sur le côté, s'éloignant peu à peu de la foule des Parisiens qui criaient pour défendre la jeune femme. Celle-ci tenta de ne pas bouger, ne voulant pas suivre le milicien. Mais la force de l'homme la força à le suivre. Elle lui lançait des « Lâchez-moi ! » « Vous n'avez pas le droit de me forcer à partir ! » « Espèce de brute ! ». Mais la brute faisait la sourde oreille. Ils arrivèrent à un cordon de sécurité et il reprit : 

« Voyez comme même les Miliciens peuvent être courtois, je vous escorte jusqu’à la sortie… »

-On ne peut parler de courtoisie que lorsque la personne est encline à être escortée jusqu'à la sortie. Mais cela doit dépasser toute vos considérations sur la courtoisie et la politesse. »

Mais le milicien ne l'écoutait qu'à peine. Des cris se faisaient entendre et des bagarres éclataient déjà. Des miliciens se dirigeaient vers la foule, prêts à utiliser leur matraque contre leur propre peuple. Le milicien se tourna vers Estelle :

« Et voilà, ça commence. C’est mon dernier avertissement mademoiselle : dégagez d’ici, et que je ne vous revoie plus. »

Ce faisant, il lui lâcha le bras, prêt à la laisser partir. A ce moment-là, la colère bouillonnait, toujours plus forte, dans les veines de la jeune femme. Elle haïssait cet homme, les mots qu'il utilisait, ce qu'il faisait. Quelques jours plus tard, lorsque ses amis lui demanderaient ce qui lui était passé par la tête, elle ne saurait pas répondre. Un accès de témérité, sûrement. Un manque de réflexion, assurément. Une envie de se venger de tout ce qui lui arrivait ces derniers temps, peut-être. Quoi qu'il en soit, au lieu de partir sans demander son reste, au lieu de profiter du fait que le milicien la laisse partir, Estelle ne partit pas. Elle ne dégagea pas, contrairement à la volonté du milicien. Non. Au lieu de ça, Estelle lui asséna une gifle monumentale. Retentissante. Elle avait senti sa main s'abattre sur la joue de l'homme avec une force qu'elle même n'avait pas soupçonnée. Gifler cet homme, c'était gifler la milice entière, c'était gifler les collaborateurs, les Allemands même. C'était gifler Pétain et Vichy. La speakerine avait mis toute sa colère dans cette gifle, elle y avait mis tout son désespoir, toutes ses craintes et son ressentiment.

Et comme si cette gifle ne lui suffisait pas, comme si ce geste n'allait pas lui attirer assez d'ennuis, Estelle lui cracha au visage ces mots :

« Je ne dégagerai pas d'ici. La rue appartient aux Parisiens, pas aux lâches, ni aux traîtres. Et dire que vous êtes Français...Vous me faites honte ! »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 31 Juil - 12:09

Si on avait dit à Blanche qu'elle était capable de faire ce qu'elle venait de faire, elle aurait sans doute rit, n'y croyant pas du tout. Pourtant, il fallait bien l'admettre, elle venait de s'auto impressionner. C'est fou ce que l'angoisse peut nous faire faire quand on a besoin de réagir vite. La jeune femme n'avait pas la moindre envie de trainer un peu plus dans le coin avec ces bandes qui ne semblaient vouloir que du vilain. De plus avec Grace et Baptiste. Il n'aurait plus manqué que cela. Un réflexe, c'était la seule réponse que la jeune femme avait à sa réaction. Et un bon coup d'adrénaline. Avant même de se mettre à courir elle sentait son sang battre à ses tempes. Tant de choses dont elle ne se serait pas crue capable jusque là, et pourtant apparemment elle l'était. C'était un véritable hasard, mais il était plutôt bien tombé. Il y avait des moments où il fallait savoir mettre son cerveau en veille, question de survie. Et la survie dictait à Blanche de courir, le plus vite possible, plus vite qu'elle n'avait jamais couru, pour se mettre à l'abri de ces hommes qui étaient devenus fous. Même si elle ne devait pas s'arrêter jusqu'à être arrivée chez elle, enfermée dans son appartement.

Mais le souffle commença à lui manquer, et elle sentait Grace tirer de plus en plus sur son bras, signe qu'elle fatiguait et le fait de porter Baptiste n'aidait surement pas. Peu à peu, les deux jeunes femmes ralentirent, et finalement s'arrêtèrent. Elles reprirent leur respiration, et Baptiste se mit à pleurer. Grace tenta tant bien que mal de le calmer avant de lancer à Blanche :

-Merci beaucoup. Quel sacré coup de sac ! Quand je pense à ces bougres, c'est honteux ! Tu n'as rien ?

Un rire un peu nerveux franchit les lèvres de la caricaturiste qui avait un peu de mal à réaliser ce qui venait de se passer.

-Oui oui, ça va, et toi ? Je ne sais pas si j'aurais été capable de faire ça de sang froid...

Elle eut un petit sourire à Grace, qui avait dût avoir très peur, plus pour son fils que pour elle-même, mais désormais, elles étaient hors de danger, tout irait bien. Il le fallait...

-Je pense qu'il est préférable que je rentre Blanche. Je ne sais pas toi, mais je n'ai plus très envie de me balader cette après-midi.

Blanche hocha la tête, elle aussi n'avait qu'une envie, rentrer chez elle.

-Veux-tu que je vous raccompagne ? Proposa la jeune femme.

Mais son amie refusa. Elles se saluèrent, et Blanche, lentement mais surement, avec précaution, reprit le chemin de chez elle. Elle dut s'arrêter, et se dissimuler à une ou deux reprises, plus par précaution que par véritable danger, mais il ne fallait pas trop lui en demander, après ce qu'elle venait de vivre. Elle arriva enfin dans son petit appartement, et s'enferma à l'intérieur, poussant un soupir de soulagement. Ca ne s'arrêterait donc jamais ?

FIN POUR BLANCHE
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 31 Juil - 16:23

Matthieu pensait en avoir fini pour la journée, mais ce n'était hélas pas encore le cas. Ô joie... Non seulement, il fallait sévir pour montrer à cette plèbe en « colère » qui était le chef, mais en plus il allait devoir passer un certain temps avec eux à la préfecture de police, recenser les identités, s'excusant auprès des grands pontes qui pourraient avoir été arrêtés par erreur (ou dont les relations avaient pu être arrêtées par erreur, d'ailleurs), tout en faisant un rapport tout à fait inutile sur la journée. Il avait horreur de ce genre de journée où il avait plus l'impression d'être un garde d'enfant qu'un agent des forces de l'ordre du régime de Vichy... Enfin, il était là pour faire son travail et non pas pour y rechigner, et moins encore pour poser des questions sur les ordres reçus bien que ceux-ci laissent parfois grandement à désirer... Si ça avait été lui, la foule aurait sut à qui elle parlait, mais non, il fallait se concilier les bonnes volontés de la population. Ah ! Il leur en aurait foutu, de la bonne volonté de la population. A coups de matraque bien placés, ni plus ni moins.

Arrêter des grands-mères et des ménagères était loin des idées que le jeune homme se faisait de ce qu'il avait à faire pour son travail. Le fait même d'avoir été appelé sur place en personne le faisait doucement sourire. Non mais à quoi bon ? Il n'avait rien à faire là, lui. Qu'il délègue une escouade, ça, aucun problème. Mais de là à faire venir les officiers... Ca frôlait le ridicule. Fallait-il faire peur à la population ? C'était sans doute le seul moyen qu'on avait trouvé en haut lieu pour les mater. Les impressionner. Sauf que ce n'était pas la préoccupation première de Matthieu qui avait bien mieux à faire. S'ils voulaient dominer la plèbe à coup de peur, il y avait des manières bien plus efficaces. Comme tirer dans le tas. C'était certain qu'ils allaient tous se calmer. Mais hélas on ne lui avait pas demandé son avis, et on s'en mordrait les doigts un jour, il en était certain d'avance. Il n'y avait qu'à voir la vieille qu'il venait de faire arrêter. Bébé ou pas bébé d'ailleurs. Si on devait ne pas exécuter un ordre parce qu'il y avait un rejeton dans le lot on n'était pas sorti hélas. Elle pouvait bien en profiter pour crier toutes les insanités qu'elle voulait ici, il n'y avait pas de raison pour que la volonté du chef de la milice faiblisse.

Il se détournait pour retourner à son poste d'observation, quand on lui rentra littéralement dedans. Une jeune femme, avec un gamin ! Décidément, il fallait croire que c'était la journée. Ils les prenaient pour des nourrices ou quoi ? Pourtant, devant l'air paniqué de la jeune femme, surement quand elle reconnu l'uniforme, Matthieu la saisit par le bras.

-Vous allez quelque part sans doute ?

Si la phrase n'avait pas en elle-même un air menaçant, le visage qu'arborait Matthieu l'était bien, lui. Sa pression se fit plus forte autour du bras de la jeune femme, et il était totalement insensible au regard plein de larme du petit.

-Désolé ma jolie, mais votre balade s'arrête là. Emmenez celle-la aussi, cria-t-il à ses hommes.

Deux gars se précipitèrent vers la rouquine et l'encadrèrent – ils évitèrent d'ailleurs de reposer la question par rapport au bébé, on ne sait jamais que le patron s'énerve. Matthieu se dirigea vers l'une des voitures, dont il ouvrit la porte et s'installa à l'arrière, fenêtre ouverte, il fit signe au camion de démarrer, chargé de manifestants. C'était le moment de passer à la paperasse.

Suite à la Préfecture de Police
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Jeu 8 Aoû - 23:28

Tout était allé vraiment vite. Caroline n'avait même pas eut le temps de se rendre compte de ce qui lui était arrivé qu'elle était déjà sur le sol, sans connaissance. Elle savait qu'elle aurait mieux fait de rester chez elle ce jour là. Les rues autour de la Bastille semblaient s'être totalement embrasées et tout avait perdu son sens. Marcus et elle s'étaient forgés un passage bon gré, mal gré, en slalomant entre les manifestants, et maintenant la police, la milice et les allemands qui avaient décidés de quitter le banc de touche pour entrer activement dans la manifestation. Ils étaient coincés et Caroline doutait que ses relations ou le passeport diplomatique de Marcus puisse les faire sortir d'où que ce soit après un chaos pareil. Oui, ils avaient raisons, les conditions de vies que les allemands leur imposaient étaient terribles, des enfants se mourraient. Et oui, si d'un coup, tout Paris s'allumait, ils avaient de bonnes chances de les mettre dehors, hélas, vu la désorganisation, tout ce qu'ils risquaient, c'était que les forces de l'ordre ouvrent le feu sur la foule et qu'il y ait un carnage. Les parisiens n'avaient aucunes autres armes que leur courage et leur détermination à l'instant précis.

Caroline ne s'était pas sentie tomber à terre, ayant perdue connaissance immédiatement. Et encore, elle et Marcus avaient de la chance, ils auraient put se couper un peu plus profondément avec les débris de verre au sol. Caroline reprit connaissance au son de la voix de Marcus :

-Tout va bien, mademoiselle. Les policiers vont s’éloigner….venez, j’ai une voiture à quelques rues d’ici…vous sentez-vous la force d’y marcher ? Je vous raccompagnerai, mais nous ne devons pas rester là.

Sa tête sonnait encore et elle était désorientée, mais avec l'aide de Marcus, elle put se remettre debout. Elle le suivit, n'ayant pas d'autre choix, jusqu'au coin de la rue.

-Comment vous sentez-vous ? Vous avez pris un mauvais coup, mais tout ira bien…

Caroline, reprenant ses esprits, se retint de lui dire qu'elle avait vécu largement pire. Elle passa une main sur son crane, que son chapeau avait protégé des coupures. Heureusement d'ailleurs. Elle s'en tirait à bon compte, avec seulement une bosse.

-Je vais bien, ne vous en faites pas, je peux rentrer seule. Tout semble s'être calmée, tout ira bien, je vous assure. Merci d'avoir essayé de me sortir de là... Mais je ne veux pas vous retenir plus longtemps, vous êtes un homme très occupé. J'espère que nous nous reverrons dans des circonstances moins dramatiques.

Elle lui offrit un sourire plus ou moins rassurant – qui ne rassura personne, d'ailleurs – et tenta de s'éloigner, se retenant de tituber. Mais elle ne devait pas vraiment faire illusion puisqu'elle sentit rapidement la main de Marcus se refermer doucement sur son bras, comme il l'avait fait quelques instants auparavant, pour l'aider à tenir debout.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Lun 26 Aoû - 16:02

Dire que la journée avait dégénérée était un euphémisme douteux. Le tour semblait prendre une très mauvaise passe et en quelques minutes, après les premiers coups de sifflets des policiers, de matraques des miliciens, la foule s’éparpillaient, les arrestations commençaient à se faire, et les cris de protestations se faisaient de plus en plus intenses.
Si la Suisse était l’un de ces petits et paisibles pays aux regards de ses voisins, Marcus connaissait néanmoins assez le genre humain pour se douter que la Wehrmacht interviendrait sous peu, suivie de près par d’autres hommes au brassard écarlate. Mieux ne valait pas rester dans le coin, même avec une blessée. Et surtout avec une blessée!

Sous son impulsion, la jeune femme ouvrit enfin les yeux, le regard trouble. Malgré le sang qui avait coulé, le coup n’avait pas été grave et se massant la tête, elle se releva, aidée par le jeune homme qui guettait le moindre signe de faiblesse pour la retenir d’une chute probable.

-Je vais bien, ne vous en faites pas, je peux rentrer seule, assura-t-elle. Tout semble s'être calmée, tout ira bien, je vous assure. Merci d'avoir essayé de me sortir de là... Mais je ne veux pas vous retenir plus longtemps, vous êtes un homme très occupé. J'espère que nous nous reverrons dans des circonstances moins dramatiques.

Et Caroline s’éloigna lentement, plantant là Marcus comme si l’incident n’avait été qu’une simple et banale chute. La surprise l’avait immobilisé une courte seconde, et lorsqu’il s’aperçu de la démarche vacillante de la jeune danseuse, il se rapprocha vivement avant tout incident, prenant doucement son bras.
-Permettez-moi d’insister, fit-il dans un sourire tout en observant les allées et venues dans la rue, et ne faites donc pas votre altesse. Que vous le vouliez ou non, je vous ramène. La rue va finir en flammes dans peu de temps, je le crains et par une absurde idée, je ne tiens pas à vous abandonner à ce sort!

Malgré sa délicatesse et son sourire engageant, il s’efforça d’accélérer le pas pour s’éloigner des manifestants poursuivis de près par la police. Certains uniformes leur jetèrent un regard suspicieux, mais ne voyant-là qu’un couple innocent et apeuré, reportèrent leur attention sur les excités qui se ruaient sur eux.
La voiture et le chauffeur de Marcus avaient trouvé un point de chute non loin de là et aperçevant le véhicule, le suisse poussa un soupir de soulagement.
-Tenez, voici mon véhicule. Vous êtes presque sauve, mais pour que vous le soyez entièrement, il me faut votre adresse, Caroline. Il avait prononcé son prénom en posant un regard franc sur elle, brisant ainsi une certaine méfiance naturelle qui s’était installé dès leur première rencontre.

La voiture démarra dès que la jeune femme eu donné les indications nécessaires au chauffeur qui, sans attendre, prit les chemins les plus courts et les plus sécurisés pour rejoindre le domicile de Caroline Lisieux. Il ne s’arrêta que lorsqu’il fut certain d’être arrivé à bon port, avant de descendre pour ouvrir la porte à Marcus.
-Nous voici arrivés, mademoiselle. Il aida la jeune femme à descendre et referma la portière. Avez-vous besoin d’aide pour monter? Vous devez appeler un médecin, ne restez pas dans un tel état, s’il vous plaît, ajouta-t-il d’une voix plus insistance, mais non sans douceur. Assurez-moi que tout ira bien, et vous n’entendrez plus le son de ma voix!


Fin pour Marcus



[HJ: je te laisse clore, ou je modifie la fin?]
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Jeu 5 Sep - 17:13

Saraa avait décidément un don (très malvenu, il faut bien le dire) pour retrouver à Paris les gens qu’il aurait justement fallu qu’elle ne retrouve jamais, quel que soit l’endroit du monde où elle les avait rencontrés en premier lieu d’ailleurs – et ce alors qu’elle n’était jusque là jamais retombée sur qui que ce soit sans l’avoir voulu. De ceux qu’elle avait croisés depuis son entrée en France, Cabanel était certes celui dont la présence était la moins improbable, mais tout de même, Paris portait visiblement malchance à l’espionne et celle-ci, en croisant le regard du politicien, se promit de ne plus jamais y remettre les pieds, si elle parvenait seulement à en sortir un jour – issue pour le moins compromise, c’était le moins que l’on puisse dire : encore fallait-il avant tout pouvoir s’échapper de la place de la Bastille, et avec un Eppensteiner et un nouveau fantôme de son passé sur le dos, Saraa commençait vaguement à se demander si elle y parviendrait un jour. Outre le fait que le colonel l’agaçait à peu près autant qu’il parvenait à l’inquiéter, la jeune femme aurait en effet difficilement pu retrouver connaissance plus gênante que Cabanel. Leur rencontre à Washington il y avait quelques années de cela, alors qu’elle avait été chargée de faire échouer une transaction diplomatique secrète entre France et Etats-Unis qu’il devait au contraire négocier n’aurait pas été un problème en soi – les Allemands connaissaient après tout déjà ses antécédents au sein des services secrets américain – si elle n’avait pas mené son époux, David, à se lier d’amitié avec le politicien français. Tous deux étaient restés en contact, et Saraa avait cru comprendre que ces liens s’étaient vaguement poursuivis après le début de la guerre. Si c’était bien le cas – et à voir la tête de Cabanel, c’était probable – il se pouvait bien que David ait mis le Français au courant de la prétendue mort de sa femme. Une information pour le moins gênante, voire troublante, quand ladite femme semblait bel et bien en vie (quoi qu’elle commençait à se demander pour combien de temps) et même assez en forme pour se trouver au milieu d’une manifestation parisienne, ce qui relevait tout de même de l’exploit pour quelqu’un censé avoir disparu dans un incendie.

Saraa en était à détester de tout son cœur à la fois Eppensteiner, Paris, la guerre, et éventuellement son évidente incapacité à rester discrète lorsque le colonel lui lâcha enfin le bras pour la laisser face à Cabanel, auquel elle se présenta avec tout le naturel possible sous une identité différente de celle qu’il connaissait – et encore, il pouvait au moins se targuer d’avoir un jour connu son véritable nom – tout en insistant sur la surprise que lui causait sa présence en ces lieux (en toute mauvaise foi, elle en avait bien conscience).
« Il est de même pour moi, mademoiselle... Hum... Doisneau c'est cela ? Je ne sais pas pourquoi, je ne vous aurais pas donné ce nom. J'ignorais que vous travailliez autant au cœur de l'action.
- C’est que vous ignorez beaucoup de choses… sur le métier de photographe, rétorqua-t-elle sur le même ton acide qu’il venait d’employer. »
Ils échangèrent un regard qui fit comprendre clairement à Saraa qu’il l’avait reconnue, et n’était pas dupe. Elle détourna la conversation sur les grands actes de bravoure et de générosité d’Eppensteiner.
« Absolument, affirma le Français, et je vous remercie encore, colonel. J'ignore ce que nous aurions fait sans vous. Mon épouse m'attend, je vais aller la retrouver et vous  laisser tous les deux. Mais j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, mademoiselle Doisneau... J'en suis certain.
- Oh, mais je n’attends que ça, marmonna Saraa. »
Elle le salua vaguement avant de se détourner. Néanmoins, un doute venait de se glisser en elle. Cabanel la savait Américaine, membre des services secrets, s’il avait eu des nouvelles de David, savait également que pour une raison ou une autre elle avait dû se faire passer pour morte auprès de sa famille, et brusquement, elle craignit qu’il ne se méprenne sur les raisons de sa présence en France – ce qui, quelle que soit sa position (plutôt claire, d’ailleurs, au regard de son attitude avec le colonel) rendait la situation plus délicate encore.

Une moue sceptique tordait les lèvres de l’espionne quand la voix du Gestapiste la tira de ses pensées.
« Vous n'avez pas que des amis à Paris. Quand je vous dis qu'il vous faut une surveillance, vous ne voulez pas me croire.
- Si c’est ce Cabanel qui vous inquiète pour ma sécurité, vous devriez vraiment faire attention, vous devenez paranoïaque, colonel, rétorqua-t-elle. »
Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Alors que l’agitation de la foule grondait de plus en plus visiblement, d’un même élan, les hommes de la Milice se jetèrent sur les manifestants, visiblement décidés à en finir, et ce sous l’œil à la fois blasé et inquiet de Saraa qui voyait là la confirmation de ses craintes (elle pourrait au moins faire remarquer à sa collègue qu’elle l’avait bien dit).
« Vous restez ici, n'allez pas chercher à faire votre tête de mule et restez à l'abri, ordonna l’Allemand. »
Elle ne répondit pas, et se contenta de le regarder charger à la tête de ses hommes, vaguement dégoûtée. Dès qu’il eut disparu, ce fut à son tour de tourner les talons et de s’éloigner, mais dans l’autre sens. Hale n’était évidemment pas au rendez-vous, et la voiture avait visiblement décidé qu’il valait mieux ne pas traîner dans les parages. Agacée, persuadée d’avoir fait une rencontre qui ne serait pas sans (mauvaises) conséquences, Saraa poussa un long soupir avant de prendre à pieds la direction de la rédaction, mettant au moins à profit son expérience en matière de fuite pour éviter les barrages et autres émeutes. Lorsqu’elle passa les portes du journal, une chose était certaine : elle détestait Paris.  

Fin pour Saraa.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Jeu 5 Sep - 21:23

Un peu sonnée encore, Caroline essayait de s'esquiver en titubant. Après tout, il n'y avait plus rien à craindre, n'est ce pas... ? Un peu de froid sur sa tête et quelques anti douleurs, et elle repartirait en répétition comme si de rien n'était. C'était ce qu'elle faisait toujours de toute façon. Il n'y avait donc aucune raison de s'en faire pour elle. C'était plutôt pour Marcus que la jeune femme s'inquiétait. Mais quelle idée il avait bien put avoir de venir en France dans une période pareille où dans la même journée, on pouvait vous acclamer le matin, vous arrêter à midi, vous juger le soir et vous exécuter dans la foulée ? Le monde était devenu fou. Il aurait bien mieux fait de rester en Suisse, pays qui faisait rêver les masses car elle semblait bien à l'abri de la guerre. Il était fou, ou alors vraiment naïf, et dans les deux cas, c'était bien lui qu'il fallait protéger de la folie des autres. Caroline n'avait plus besoin de protections depuis longtemps. Du moins osait-elle le penser, bien que ça ne soit sans doute pas la vérité. Les français choisissaient de mauvais moments pour faire de bonnes actions, voilà sans doute pourquoi ils n'arrivaient pas à se débarrasser des allemands et n'y arriveraient pas seuls.

-Permettez-moi d’insister, s'exclama Marcus en la rattrapant, et ne faites donc pas votre altesse. Que vous le vouliez ou non, je vous ramène. La rue va finir en flammes dans peu de temps, je le crains et par une absurde idée, je ne tiens pas à vous abandonner à ce sort!

La poigne du jeune homme était trop forte pour que Caroline puisse lui dire non, aussi le suivit-elle docilement jusqu'à une rue transversale, se calant sur le pas rapide de Marcus. Peu à peu, elle reprenait toute sa lucidité et était totalement capable de marcher seule au moment où ils rejoignaient le véhicule. Elle trouva à nouveau que l'idée était stupide, mais assez commode il fallait bien le dire.

-Tenez, voici mon véhicule. Vous êtes presque sauve, mais pour que vous le soyez entièrement, il me faut votre adresse, Caroline.

Elle se retint de lui répondre qu'elle n'avait pas besoin d'un chevalier servant, qu'elle se débrouillait très bien seule et que l'abandon dont elle avait été victime par celui qu'elle croyait l'homme de sa vie lui avait apprit bien des choses, mais elle se contenta de répondre simplement :

-Avenue de Friedland.

Le trajet fut long, silencieux, monotone. Caroline sentait sur elle le regard inquiet de Marcus et lâcha simplement sur un ton mi-sérieux, mi-ironique :

-Je ne suis pas en porcelaine, je ne vais pas me briser.

Marcus ne répondit pas, ne goûtant surement pas son humour, et ce fut la seule phrase qui brisa le silence durant le trajet. Une fois arrivés, Marcus l'aida à sortir, précaution inutile mais elle aurait eut tort de refuser.

-Nous voici arrivés, mademoiselle. Avez-vous besoin d’aide pour monter? Vous devez appeler un médecin, ne restez pas dans un tel état, s’il vous plaît. Assurez-moi que tout ira bien, et vous n’entendrez plus le son de ma voix!

« J'ai survécut à pire » faillit franchir les lèvres de la jeune femme.

-Tout ira bien, ne vous en faites pas. Regardez.

Elle utilisa la ligne des pavées pour marcher en ligne droite, comme un funambule, sans problèmes. Apparemment satisfait, Marcus lui dit bonsoir et s'engouffra dans sa voiture. Caroline entra dans l'immeuble et grimpa les marches quatre à quatre, ravie de retrouver sa fille. Qui, elle ne le savait pas, était avec Léonie à la préfecture de Police.

[FIN POUR CARO]
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Emy Hale
La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule.



Féminin

Je parle pas aux cons, ça les instruit.
■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 962
■ avatar : Zooey Deschanel
■ profession : Journaliste au Courrier Parisien

PAPIERS !
■ religion: Irrémédiablement athée.
■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, le couple c'est bourgeois et catholique, d'abord.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mar 17 Sep - 17:46

Etant donné que la façon dont elle avait rencontré Cesare battait un certain nombre de record – celui de la rencontre la moins crédible, la plus improbable, la plus stupide, et autres adjectifs du même genre, sans doute – Emy n’aurait sans doute pas dû être étonnée de le croiser à nouveau au beau milieu d’une manifestation… si l’on oubliait qu’il était à peu près recherché par tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une uniforme, qu’il se trouvait en compagnie d’un soldat italien techniquement censé encadrer ces mêmes manifestations, et qu’ils étaient tous les deux visiblement entrain de jouer aux beaux parleurs alors que la situation menaçait de tourner au vinaigre d’un moment à l’autre. Si elle avait été d’humeur à faire de l’humour, Emy aurait volontiers raillé le duo pour le moins foireux qu’ils formaient, mais définitivement, elle était bien trop surprise de les retrouver tous les deux ensemble, et accessoirement, assez blasée – voire désespérée, n’ayons pas peur des mots – par la phrase assez pitoyable avec laquelle Cesare avait essayé de l’aborder. Elle qui comptait bien réunir les deux phénomènes qu’elle avait sous les yeux dans une cave pendant quelques heures (le temps d’échapper aux patrouilles allemandes et italiennes qui voulaient en découvre avec eux, rien de moins) ne put s’empêcher de paraître profondément outrée par un tel manque de subtilité, d’autant que pas de chance, ils s’étaient bel et bien déjà vus. Et puis franchement, jouer les Dom Juan en pleine manifestation…
- Nous ? Noooon... Jamais… assura Enzo qu’elle gratifia d’un regard peu amène.
- Non, on est là comme les autres, tu vois… renchérit Cesare, visiblement peu inspiré en terme d’excuse.
- … pitoyable. »

Emy aurait sans doute pu en rajouter, mais un le vent de panique qui se leva soudain sur la foule massée autour de l’imposante Colonne de juillet lui coupa le sifflet. Elle leva la tête et malgré sa petite taille, devina sans mal ce qui s’était produit : Miliciens, Allemands et autres détestables nuisibles du même genre avaient fini par charger. Elle fronça les sourcils, et avait à peine baissé les yeux sur ses compagnons improvisés que ces derniers, fort peu galamment (ce qui, notons-le, ne l’étonnait absolument pas) prenaient déjà la fuite.
« Emy, ça a été un plaisir, mais on voudrait pas te déranger plus longtemps, lança précipitamment Enzo. Ciao... Cesare on se casse !
- Ciao Emy ! »
Et là-dessus, avec une célérité qui trahissait l’habitude, ils filèrent. Emy soupira mais ne leur accorda pas plus d’attention. La panique gagnait peu à peu tous les manifestants, et elle fut bientôt ballotée par les mouvements de foule qui aggravaient encore stupidement l’agitation. L’intrépide journaliste qu’elle était (ce dont personne ne doute) resta, quant à elle, plus ou moins calme, du moins jusqu’à ce que les premiers gestapistes ne pointent le bout de leur nez à son horizon, empoignant sans ménagement hommes, femmes, et autres spécimens (sait-on jamais) pour les persuader de s’éloigner ou les embarquer – tout devait dépendre de l’humeur du moment. C’était à peu près le moment de filer, mais alors qu’elle s’apprêtait à tourner les talons en se demandant où Doisneau était passée, le tour que fit son sang de justicière en herbe à la vue d’un Allemand menaçant une adolescente la cloua sur place.
« Mais arrêtez ! Vous ne voyez pas qu’elle est morte de peur ? Vous n’avez vraiment rien de mieux à faire que de vous attaquer à une gamine ? s’indigna-t-elle en s’approchant. »
Elle bouscula au passage un autre homme sans vraiment lui prêter attention, ce qu’elle regretta lorsqu’alors qu’elle continuait à tempêter, l’homme en question qui s’avérait être un colonel de la Gestapo s’adressa à elle.
« Mademoiselle, calmez vous et dégagez le passage, lui ordonna-t-il, ne s’attirant qu’un regard hautain d’une Emy pourtant loin d’être totalement rassurée – définitivement, les uniformes allemands lui tiraient toujours un frisson. Si vous n'obtempérez pas, il vous arrivera la même chose qu'à eux.
- Vous êtes sérieux ? Vous n’allez quand même pas arrêter cette gamine ! Laissez-nous tranquille si vous voulez qu’on se calme, tout le monde sera content ! vociféra-t-elle, oubliant toute prudence. »
Et ce qui devait arriver arriva. En dépit de ses énergiques protestations, le colonel lui attrapa le bras sans lui laisser le moindre espoir de s’échapper.
« LACHEZ-MOI ! lui intima-t-elle.
- Si vous voulez jouer à ce petit jeu, hop au poste avec les autres. Vous aurez au moins une raison de hurler comme si on vous égorgeait. »

Et ce fut tout. En moins de temps qu’il n’en fallait pour hurler « sales boches ! » elle passait entre les mains d’un autre soldat, puis elle se retrouvait sans trop savoir comment poussée dans un camion dans lequel se trouvaient déjà quelques parisiens plus ou moins furieux, effrayés, blasés et pour l’espèce de vieillard au fond, amusé. La jeune brune y fut balancée sans le moindre ménagement, si bien qu’elle manqua d’en tomber sur une vieille femme… qui ne lui était pas inconnue. Et alors qu’elle se serait volontiers retournée vers la porte pour insulter copieusement ce malotru de soldat, elle ouvrit de grands yeux en découvrant la grand-mère de Piotr – qui, accessoirement, ne pouvait pas la supporter.
« Oh crap, madame Volkov… mais qu’est-ce que vous fichez là, vous aussi ? »
Non mais sérieusement. Sérieusement. Une grand-mère dans une manifestation ? Emy se redressa brusquement et sonda un peu le reste des personnes présentes alors que le camion s’ébranlait sans la moindre délicatesse là non plus. Et comme les rencontres hasardeuses étaient visiblement à la monde, se trouvait également là une certaine speakerine de sa connaissance, Estelle, qui n’avait pas l’air moins furieuse qu’elle.
« Bien, marmonna Emy, au moins, on ne se sent pas seuls dans le coin… »
Elle esquissa une moue perplexe et croisa les bras devant sa poitrine en se demandant (avec une pointe d’appréhension, elle devait l’admettre) où est-ce qu’ils les amenaient. Et dire qu’elle devait simplement écrire un article… la prochaine fois, elle écouterait (peut-être) les conseils de son patron.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Dim 24 Nov - 17:56

Cette manifestation s’éternisait déjà trop au goût de Manuel. Observer quelques excités revendiquer leur droit à la liberté et toutes ces imbécillités l’amusait, mais il fallait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin non plus. Et maintenant que ça faisait quelques heures qu’ils étaient plantés là, avec leurs quelques pitoyables pancartes et leurs slogans inaudibles, le milicien commençait à se lasser. Plus vite cette manifestation toucherait à sa fin, plus vite il pourrait rentrer à la caserne s’occuper de choses plus importantes, ou à l’école de boxe. En attendant, il fallait ronger son frein et faire son boulot. Et heureusement, il était doué pour ça. Il était patient, méticuleux, avait appris à ne s’énerver que quand c’était nécessaire, tout autant de qualités qui en faisaient un « professionnel » sur lequel on pouvait compter… Enfin, quand on ne le poussait pas à bout. Et c’était précisément ce que cette jeune fille qui se débattait comme un chat en furie dans sa poigne de fer était en train de réussir. Le pousser à bout. Ce qui n’était pas vraiment ce qu’il convenait d’appeler une bonne idée avec un représentant de la Milice. Pourtant il faisait preuve de bonne volonté. Il n’avait pas haussé le ton. Il n’avait pas usé de la force, à part pour l’attirer vers la sortie –puisqu’elle ne voulait pas se montrer raisonnable, il fallait bien que quelqu’un le fasse pour elle- et se montrait courtois. Autour d’eux les brouhahas se faisaient de plus en plus intenses, le bruit sourd des premiers coups commençait à se faire entendre, et il entendait les allemands aboyer les premiers ordres d’arrestation. Alors il réitéra son ordre, une dernière fois.

La fois de trop sans doute.

S’il avait fait plus attention il aurait presque pu entendre la main d’Estelle siffler dans l’air avant de frapper sa joue. Mais il était tellement sûr qu’elle allait renoncer et partir qu’à vrai dire, il avait même commencé à faire demi-tour et oublier cette parisienne anonyme comme des centaines d’autres. Et puis il avait senti la claque et la brûlure, vive et reconnaissable qui avait suivi. Incrédule, il porta une main à sa joue et dévisagea la jeune femme qui n’en avait apparemment pas fini avec lui.

« Je ne dégagerai pas d'ici. La rue appartient aux Parisiens, pas aux lâches, ni aux traîtres. Et dire que vous êtes Français...Vous me faites honte ! » s’écria-t-elle avec toute la haine dont elle semblait capable.

C’en était trop. Non seulement elle se permettait de le frapper, mais en plus elle l’insultait ? Les traits du milicien se durcirent, et ses yeux se mirent à lancer des éclairs. Puisqu’il fallait employer la manière forte, il n’allait pas se gêner.

« La rue appartient aux Parisiens, hein ? Aux Parisiens et à leurs revendications ? » Sans un signe d’avertissement, la main de Manuel fendit l’air à son tour et administra à l’insolente une autre gifle retentissante. A la différence près que Manuel avait quelques années de boxe et d’exercice dans les bras. Sans lui laisser le temps de retrouver son équilibre, il attrapa la jeune femme par le bras sans se soucier de lui faire mal et cracha : « Moi mes revendications, c’est que je vous emmerde. Et vous allez regretter ce que vous venez de faire. »

Sans plus de paroles inutiles, il tira brusquement la manifestante à lui, et en l’attrapant par l’épaule lui retourna le bras de manière à pouvoir lui immobiliser les poignets dans le dos. Et s’il pouvait lui faire mal en passant, c’était encore mieux, aussi n’y alla-t-il pas de main morte. Puis il la poussa sans ménagement en avant, n’hésitant pas à lui tordre un peu plus les bras s’il le fallait. Aboyant à ses hommes d’ouvrir le cordon de sécurité, il la poussa de l’autre côté de la barrière. La malheureuse trébucha sur un pavé, mais le milicien refusa de ralentir, la traînant brusquement pour la forcer à se remettre sur ses pieds et continuer à avancer. Direction, le premier fourgon à partir vers le poste.

« J’espère que vous n’aviez rien d’important de prévu aujourd’hui, parce que vous n’êtes pas prête de sortir de là. » lui siffla-t-il à l’oreille avec un sourire mauvais avant de la jeter –littéralement- au sol à l’arrière du fourgon où s’entassaient déjà quelques personnes. Et si elle pouvait se froisser un muscle au passage, il ne s’en sentirait que mieux. Il claqua la portière derrière elle et en ferma le verrou, avant de se tourner vers son subalterne. « Allez, fonce Alphonse, embarque-moi ça au poste. Et tu reviens après, quelque chose me dit qu’il y en aura d’autres. » « A vos ordres, chef ! »

Croisant sa main valide avec l’autre dans son dos, Manuel se détourna du véhicule qui s’éloignait pour scruter la foule maintenant en délire. La journée s’annonçait longue…

Suite au poste pour Manuel !
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MessageSujet: Re: INTRIGUE N°8 ✿ Aux pavés, citoyens !   Mer 2 Juil - 1:10

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