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 Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.

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Manfred Mohr
The High Flying Bird



Masculin

O'er the land of the brave...
■ topics : OUVERTS
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■ profession : Oberst dans la Luftwaffe, responsable de l'aéroport d'Orly

PAPIERS !
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MessageSujet: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 10 Déc - 14:32



Manfred Friedlhelm Mohr

Forces de l'ordre



Charles Dance © COM

Et toi alors?

Partie s'adressant au joueur


☆ Prénom/Pseudo ? Crazyoilmachine (COM)
☆ Age ? 18 ans
☆ Etude/Travail ? Etudiante en droit
☆ Où as-tu connu YT ? Ma foi je cherchais un forum sur la période, alors j'ai cherché dans google, et puis j'ai trouvé ici :D
☆ Un truc à nous dire ? Pas pour l'instant, mais ça viendra :oui:




Papiers ?


Un personnage inventé
Un poste vacant


    ♠ Né le 13 Janvier 1883 à Soldau, Manfred est âgé de soixante ans.
    ♠ Allemand
    ♠ Marié à Matilda Speerschen et père de quatre enfants : Angelika, aujourd'hui décédée depuis 10 ans, Tiberius, pilote dans la Luftwaffe, Ilse, secrétaire du frère de Manfred, et Heinz, soldat dans la Wehrmacht.
    ♠ Protestant
    ♠ Oberst dans la Luftwaffe, responsable de l'aéroport d'Orly


Petit questionnaire


♠ Son livre préféré ? Indubitablement Orages d'Acier, d'Ernst Junger, qui rapelle à Manfred sa propre expérience de la Première Guerre mondiale. Il a beaucoup aimé A l'Ouest, rien de nouveau, mais ne l'avouera jamais vu le sort que le Reich a réservé à ce livre. Aussi s'est-il débarrassé de son propre exemplaire. ♠ Son lieu préféré dans Paris ? Manfred possède une vraie culture militaire et selon lui, rien ne vaut à Paris le Musée des Invalides. Il apprécie aussi la littérature, le voir trainer dans les librairies de la capitale n'est pas impossible non plus. ♠ Son avis sur les Allemands ? Le Peuple allemand est un grand peuple qui mérite de son reconstruire et qui a toutes les qualités pour devenir le leader de l'Europe. Manfred estime que l'Allemagne mérite réparation pour tout ce qu'elle a subi. Comme beaucoup d'allemands, et d'anciens combattants de la Première guerre mondiale, Manfred a été blessé dans son orgueil par le traité de Versailles. ♠ Son avis sur les juifs ? Sans doute le point qu'il ne comprend pas dans la politique du Furher. Manfred ne comprend pas vraiment cette haine des juifs, après tout, il y en a bien qui sont morts à ses cotés sur la Somme... Non, les responsables de la défaite allemande, ce sont les Américains qui ont débarqué vers la fin de la guerre, les Italiens qui ont lâché l'Allemagne, les Russes qui ont trahi...Et puis la crise, tiens, c'est encore les américains. Bon, il y a des juifs américains, c'est vrai. Manfred obéit aux ordres - dans le fond, il est content de laisser ce sale boulot à d'autres - mais ses ennemis personnels, ce sont plutôt les capitalistes et les communistes. Ceux là, il les hait vraiment, et le Reich ne doit faire confiance à aucun d'eux. ♠ Aime-t-il sortir et où ? Manfred n'est pas exactement un mondain. On le retrouve plus facilement dans les bars que fréquentent ses soldats que dans les salons et les lieux huppés de la capitale. ♠ Son premier geste le matin ?  Regarder le plafond et vérifier qu'il est toujours là. De la première guerre mondiale, Manfred a gardé certaines peurs, notamment celle du bombardement intempestif ♠ Sa couleur favorite ? Le blanc, couleur royale et impériale s'il en est. ♠ A-t-il des manies/tics ? Grand fumeur de cigares bien que Manfred essaye de ne pas trop abuser du tabac.  ♠ Sa saison préférée ? L'hiver parce qu'il possède une grande majesté et qu'il y a de la neige, blanche, les couleurs impériales, encore une fois. ♠ Son avis sur les manifestations ? Mitigé. Manfred comprend d'une certaine manière les parisiens. Lui aussi a vécu ça, et les allemands aussi. A cause de qui ? Des français. Donc, le fait de les occuper est juste (enfin juste...Manfred se dit que Paris n'a jamais été l'Allemagne et qu'on aurait pu se contenter de prendre Strasbourg. Enfin maintenant qu'ils sont là...)... Cependant, il juge que la répression, le fait de faire arrêter les manifestations, doit se faire dans le calme et la discipline. Pas d'exactions, en bons allemands, les soldats doivent avoir un minimum d'honneur, non mais !



Ton histoire





13 Janvier 1883, Soldau.

Le petit médecin qui accoucha Frau Una Mohr, avec son regard fuyant et ses petites lunettes, fit mauvais effet à Herr  Fritz Mohr, son mari, et heureux père pour la seconde fois, qui songea qu'il possédait une sérieuse figure de juif, ce qui ne lui plu guère. Mais il n'en fit pas la remarque. Herr Mohr était un homme relativement discret, et déjà quelque peu âgé pour cette période de fin XIXe siècle. En tout cas c'était un monsieur assez calme, peu porté sur l'affrontement, ni sur les grands éclats de voix, enfin avec le monde. Avec sa famille, c'était déjà tout à fait autre chose, mais cela, Herr Mohr n'en parlait pas. Il possédait un caractère un peu hypocrite de bourgeois qui voulait montrer une certaine magnificence en façade et qui finalement, en privé, avait comme tout le monde des problèmes familiaux.

« C'est un garçon, Herr Mohr. 
- Ah. On l’appellera Manfred, dans ce cas. »

Le prénom sortit tout seul. Pourquoi Manfred ? Très simplement parce que cela faisait bien. Ce prénom correspondait totalement à l'idée que Fritz se faisait d'un patronyme aristocratique, lui qui ne pouvait pas exactement s’enorgueillir de posséder un nom très noble. Le rêve le plus cher et l'obsession la plus grande de Fritz était la noblesse et il s'était persuadé qu'être noble était l'aboutissement d'une vie. Il ne rêvait de rien sinon qu'on l'appelle Freiherr von quelque chose, ce qui n'arriva jamais, malgré ses efforts poussés pour se faire passer pour noble. Fritz épousa une cousine vague d'un baron d'origine tout aussi vague mais qui s'appelait Una von Marberg. Il se décida donc pour des prénoms qu'il jugea particulièrement aristocratiques pour ses enfants, avec parfois quelques erreurs : Horst, Manfred, et Brunehilde,ou, là, de l'avis général, et surtout celui de Manfred lorsqu'il grandit, on frôlait le ridicule.

Mais Manfred, non c'était un prénom qui lui allait bien. Manfred, comme un certain Manfred von Richthoffen, dit le Baron rouge, aviateur comme lui. Drôle comme un simple prénom pouvait sembler être le signe du destin.

17 Mai 1888, usine familiale des Mohr.

« Manfred, Manfred ! Attends moi, à la fin !
-Plus vite, Léon ! Plus vite ! Tu me rattraperas jamais sinon ! »

Il faisait un temps magnifiques et courir dans les bureaux de l'administration de l'usine de son père avec ses frères ou ses amis – en l'occurrence, Léon Rosenberg, le fils du concierge juif, recruté en Allemagne par son père, de l'usine – lorsqu'on a six ans est un plaisir merveilleux auquel Manfred Mohr ne pouvait résister. Ce petit garçon blond et curieux, aimant les livres et l'histoire, et un peu le sport, faisait la fierté de son père. Certes, jamais il ne deviendrait un ingénieur ou un comptable, mais Manfred méprisait déjà cette idée très superficielle de l'intelligence que possédait son frère Horst, le futur successeur de on père à l'usine. Chez Horst, l'esprit se bornait à se faire payer exactement ce qu'on lui devait et à payer lui le moins possible. Et jamais les mathématiques et les livres de comptes n'attirèrent Manfred. Il n'aimait pas le métier de son père, et finalement, était assez content qu'on ne lui demande pas de travailler dans le textile. Il détestait les vêtements, en fait. Pourtant, il aimait bien aller au bureau de son père lorsqu'il n'était pas en cours. Il ouvrit en trombe la porte du bureau de Fritz et y entra avec Léon. Herr Mohr y était en plein travail et salua son fils avec une certaine affection, et une certaine affectation aussi :

« Gutten morgen, les garçons.
-Gutten tag, papa. Est-ce qu'on peut voir tes médailles, dis ? »

Des médailles, en fait, Fritz Mohr n'en avait pas énormément, mais qu'importait, il avait fait la guerre contre la France en 1870, et en était très fier. Il avait manqué Sadowa un peu avant, mais peu importait, il était un vrai allemand, il avait fait la guerre pour l'Empereur et pour Bismarck, ce dont il aimait se vanter. Manfred regarda le tout, en extase totale. Cela lui semblait si beau, comme l'uniforme de son père. Presque aussi beau que le paysage qu'il pouvait admirer de là haut, lorsqu'il escaladait des falaises.

« Un jour, tu crois que j'en aurais des pareilles ? »

Il avait complètement oublié Léon, et son père, et le bureau, obnubilé par ces décorations. La grosse moustache de Fritz Mohr – elle ressemblait d'ailleurs à celle du maréchal Hindenburg, qui lui n'était pas encore maréchal – tremblota de bonheur.

« Si tu t'engages dans l'armée, peut-être. Voire même plus. Qui sait ? »

Le grand rêve de Fritz Mohr d'avoir un fils militaire, qui deviendrait un grand maréchal et qui épouserait une noble, allait peut-être se réaliser. Quoique à six ans, Manfred n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire. Et pour l'instant, il s'en fichait un peu.

17  Juillet 1903, Berlin.

Le choix d'une école privée à Berlin rebutait profondément Manfred, qui aurait préféré, de loin, lorsqu'il y entra, rester chez lui, à Soldau, avec ses frères et sœurs. Cependant, cela ne dura pas. A onze ans, sans doute, cela lui parut rude. Après tout, il n'avait jamais vu une aussi grande ville, et d'un coup, on effaçait tous ses repères. Les premiers temps, il trouva cela particulièrement dur, et il détesta la capitale allemande. Cependant, en grandissant, Manfred s'aperçut que déjà, Berlin était un centre culturel important. D'autre part il réalisa le poids immense que prenait son indépendance : il ne devait rendre de comptes à personne, et cela, il adora.

Doué dans ses études, il noua des relations amicales avec d'autres élèves de bonnes familles – des von, son père en était fier. Manfred était un drôle d'élève : doué en histoire dès qu'on parlait de batailles et de guerres, il perdait pied en géographie. La littérature le passionnait, et il envisagea de se mettre à écrire, comme beaucoup de ses amis, qui se rêvaient poètes maudits et grands romanciers. Cependant, sans doute trop réaliste pour partager longtemps leurs rêves, il comprit très vite qu'il n'arriverait pas à grand chose. En fait, Manfred s'aperçut rapidement qu'il ne savait pas du tout écrire, pas plus qu'il ne serait jamais doué pour les chiffres. Cela ne le perturba pas plus que ça, et il se dit que d'autres voies s'offraient à lui. Seul problème, lesquelles ? Ce grand jeune homme blond, qui séduisait les filles mais ne s'en apercevait pas vraiment – ce qui ne fut pas toujours le cas – se décida à faire le bilan de ce qu'il savait faire. Compter ? Non. Ecrire ? Non. Lire ? Oui, mais on n'en faisait pas un métier. Faire du sport ? Il pratiquait un peu l'escrime, un sport qui demandait de l'intelligence, mais préférait amplement l'escalade, d'où il pouvait dominer le monde. Etre en l'air...Il faisait le bilan en marchant sur la Prinz-Albrecht-Platz. Le sport ne l'aiderait pas plus que ça. Manfred sourit avec un brin d'humour, un trait de caractère qui ne le quitterait jamais : toujours il utiliserait de manière féroce un humour noir ravageur.

« Avec ça, je crois qu'il va falloir retourner à Soldau... »

Ca ne l'attirait pas plus que ça. Vraiment pas. Travailler dans l'entreprise de son père ? Non. Pas vraiment. Même pas du tout. Manfred ne s'intéressait pas au textile, en fait. Alors que pouvait-il faire ? Il leva les yeux. En face de lui, une affiche pour un meeting aérien. Une image d'avion, engin mystérieux inventé en 1890, semblait lui tendre les bras. Car tout cela volait. Il sortit une cigarette – c'était mal de fumer à seize ans, mais qui pouvait l'en empêcher – et sourit de nouveau :

« Tiens, c'est une idée... »

Oui, et une fameuse.

1903-1906

Manfred termina ses études avec brio. Au meeting aérien où il alla, il rencontra une certaine Matilda Speerschen, fille et sœur de deux pilotes dans l'aéropostale allemande. Manfred n'aimait pas plus que ça Matilda, en fait. Enfin, c'était une amie. Question amour, c'était autre chose, mais il ne la fréquentait pas pour l'aimer, ni spécialement pour l'épouser, mais justement parce que deux de ses parents proches étaient dans l'aviation. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi Manfred finit par  en faire sa femme, et ce, dès 1906. D'un cynisme assez effrayant, il faut bien l'avouer, il ne cherchait pas l'amour, mais un métier, et Matilda pouvait le lui fournir. Elle, elle l'aimait réellement. Avec le recul, Manfred méprise quelque peu, aujourd'hui, le jeune homme ambitieux et se fichant des autres qu'il était. Toujours est-il qu'en fréquentant les Speerschen, il finit lui même par entrer dans l'aéropostale. Et ses projets militaires ? Eh bien pour entrer dans l'armée, dans le secteur qui l'intéressait, il aurait fallu que l'armée allemande possède une armée de l'air, ce qui ne fut pas le cas avant 1910. Et Manfred, toujours aussi pragmatique, jugea qu'il avait besoin de manger.

D'autant que son mariage lui couta assez cher. Ce fut d'ailleurs la derniere fois qu'il parla à son père. Fritz Mohr était profondément déçu que Manfred n'épouse pas une noble. Ce à quoi son fils lui répondit qu'il n'était qu'un bourgeois ridicule qui essayait de paraître plus qu'il n'était. Son père le prit assez mal, même si c'était vrai, et cela n'arrangea pas le fait que Manfred n'était pas entré dans l'armée. Ainsi, père et fils ne se parlèrent plus guère, et Fritz ignora même royalement la naissance de son premier petit fils, Tiberius. Si cela blessa Manfred, il n'en parla jamais.

4 Aout 1914, Berlin.

La tension à Berlin était palpable. Manfred, qui fréquentait régulièrement les café, le sentait particulièrement. L'assassinat de l'empereur d'Autriche-Hongrie menaçait l'Europe, déjà sous tension permanente, de la guerre. Et cette fois, il allait participer. Devenu depuis 1910, date officielle de sa création, pilote dans la Lufstreikrafte, chargé de la reconnaissance des troupes ennemies (ce qui, en temps de paix, était assez inutile, mais bon), Manfred savait que cette fois, ils allaient vers la guerre, une guerre dure et terrible. Et cela vint rapidement : le 1er Juillet et le 3 Aout, l'Allemagne, alliée de l'Autriche-Hongrie, déclara la guerre à la Russie et à la France. Il lisait ses ordres de mobilisations à un café, en uniforme, presque déjà sur le départ, lorsque une ombre lui masqua le soleil. Il leva les yeux :

« Horst ! Qu'est-ce que tu fiches à Berlin ? »

Son frère aidait en principe son père à gérer l'entreprise familiale. Manfred était content de voir son ainé, mais tout aussi surpris. Il ne voyait pas bien ce qu'il faisait là. Horst s'assit, l'air fatigué, et commença à parler :

« Les Anglais viennent de nous déclarer la guerre. Je suppose que tu pars, toi aussi ? »

Manfred hocha la tête. Il savait tout cela, et effectivement, il était mobilisé, partant en France comme tout le monde. Il sourit vaguement et alluma un cigare. Apercevant un autre pilote – ce bar était leur bar – il le salua avant de revenir sur son frère :

« Salut Hermann ! » L'autre lui rendit son salut et Manfred revint à son frère : « C'est Goering. Il est doué, très doué...mais enfin, pour répondre à ta question, oui, je vais en France. On y va tous, en fait. Pourquoi ?
- Papa est malade, tu sais. Il est à bout. J'aimerais bien que tu ne partes pas. Tu ne veux pas rentrer avec moi à la maison ? »

Manfred resta de marbre, mâchonnant son cigare d'un air froid. Cela lui causait plus de peine qu'il ne voulait bien l'avouer, mais qu'y pouvait-il ? Son père ne voudrait pas le voir, et il ne se sentait pas de taille à supporter de le voir mourir de toute façon. Il hocha la tête négativement et se leva :

« Non, je regrette. Je suis désolé, Horst, je pars demain. »

Il partit sans dire au revoir à son frère. C'était un mensonge, mais jamais Manfred Mohr ne saurait dire au revoir. Il n'allait pas commencer aujourd'hui.

20 Avril 1918.

Un soleil un peu timide brillait au dessus des nuages lourds qui couvraient les tranchées. Là-bas, en dessous, luisait le serpent sombre de la Somme, et autour des méandres de la rivière,  on pouvait distinguer des tranchées. Manfred vira de bord. La mission était remplie, l'avion ennemi était tombé. Depuis qu'on avait créé les jastas (les jagdstaffel, des unités de chasseurs) en 1916, et qu'il avait intégré la 1 comme pilote en 1917, après un an de formation – il avait bien monté en grade - descendre des avions était son quotidien. Oh, certes, il ne faisait pas aussi bien que l'autre Manfred, le Baron Rouge, mais il ne s'en sortait pas trop mal. Personne n'arrivait à égaler Von Richthoffen, de toute façon. Il ne lui en voulait pas : c'était le meilleur, et il faisait avec. Il monta en altitude pour éviter toute défense antiaérienne mise en place, puis descendit lorsqu'il vit la base. Il n'aimait pas couper à travers les nuages, se méfiant toujours de ce qui pouvait lui arriver lorsqu'il les traversait, mais se posa sans difficulté.

Retirant ses lunettes et son casque d'aviateur, Manfred regagna le mess des officiers. Il était en effervescence. Soit qu'ils avaient encore subi un revers, soit que quelque chose était arrivé à un pilote. Il s'assit à coté de Von Vermach, un autre pilote, possédant juste le grade de leutnant :

« Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Tiens, Herr Oberleutnant. Ils ont abattu le chef – des australiens, à ce qu'il paraît. Je crois qu'il est mort.
-Tu plaisantes ? Ils ont descendu le baron rouge ?
-Il semblerait... »

Moche. Manfred décida de ne pas s'attarder. A chaque fois qu'un pilote tombait, cela lui remettait en tête le fait qu'il pouvait mourir lui aussi et il n'aimait pas cette idée. Bizarrement, elle lui semblait plus proche maintenant. Si un as comme Manfred Von Richthoffen pouvait être touché, lui aussi pouvait l'être. Sa croix de fer, accordée pour avoir mené tout seul une charge contre des avions anglais pour libérer le passage de leurs transporteurs aériens, ne le protégerait pas. Ça ne lui plaisait pas. Pas plus que cette fin de guerre qu'il voyait se profiler, car il commençait à devenir indéniable qu'ils ne gagneraient pas. C'était à pleurer.


1918-1939.

Guillaume II abdiqua le 9 Novembre 1918. L'armistice fut signé le 11 Novembre 1918. Deux chocs terribles pour Manfred, fidèle partisan de l'empereur. En fait, cela, bien plus que la fin de la guerre, car ça, il s'y attendait, lui causa un choc. Et la proclamation de la république de Weimar, mein gott ! Non, il ne pouvait pas s'y résoudre. La démocratie, et puis quoi encore ? Non, il n'y croyait pas, et même il détestait cela. Où était passé le grand Empire Prussien, celui de Frédérique II ? Ou était passé Bismarck ? Que fallait-il faire ? Le traité de Versailles acheva de démoraliser Manfred Mohr : plus d'aviation. Qu'allait-il faire, lui, désormais ? Sans compter qu'il n'avait même plus de maison : Soldau devenait une ville polonaise. Manfred s'installa à Berlin avec sa famille. Horst finit par les rejoindre.  L'usine n'était plus à eux. La maison de Soldau non plus. La Lufstreikrafte allait être dissoute. Il avait été tout, il avait survécu à une guerre terrible, et tout cela pour quoi ? Pour être rendu à la ville civile, et n'être plus rien. Avec une femme et trois enfants à nourrir. Qu'est-ce qu'il allait faire ? Et qu'allait devenir l'Allemagne ? Toute la conscience patriotique de Manfred Mohr se révoltait contre cela.

Monarchiste de droite dure, antidémocratique, il se mit à haïr les alliés et les partis de gauche, les russes communistes, bref, un peu tout le monde. Son propre orgueil était blessé, et cela s'accentuait au fur et à mesure que la morosité s'installait et qu'il ne trouvait pas d'emploi. Manfred suivait avec intérêt tous les gens qui pouvaient mettre en danger la république et qui promettait de renverser le traité de Versailles. Ainsi porta-il une attention toute particulière à un petit parti munichois qui manqua un putsch, pourtant prometteur. Les idées du NSDAP et d'Adolf Hitler finirent par séduire Manfred Mohr bien plus que celles des partis royalistes allemands, et de droite globalement. Bien qu'il n'adhéra absolument pas au discours antisémite d'Hitler, il approuvait fermement cette haine du capitalisme et du communisme.

Les autres ne proposaient rien : finalement, en 1925, il finit par adhérer au parti. La promesse de la révision du traité de Versailles l'enchantait. Enfin quelqu'un qui allait redorer le blason allemand, cela changeait, car la république de Weimar, Manfred ne pouvait sérieusement plus l'encadrer ni la voir en peinture. Finalement, il trouva un emploi dans la Lufthansa, devenant pilote de ligne. Cela lui permettait de continuer à voler, et le Führer promettait le réarmement du pays. Manfred avait donc confiance dans le fait qu'à nouveau il y aurait une armée de l'air, qui pourrait, qui savait, participer à la reconquête de sa maison.

Soldau lui manquait réellement : Manfred aimait beaucoup Berlin, mais bizarrement, cette petite ville lui tenait à cœur. Après tout, c'était chez lui, là où il était né. La perspective d'y imaginer d'autres gens, des polonais n'ayant jamais acheté quoique ce soit et sans son accord, y habitant, le révolta profondément. C'était comme si on détruisait son enfance. Il ne pouvait que détester ça.
La crise économique de 1929 ne lui fit pas grand chose. Il volait, et il avait retrouvé un métier. Mais cela le conforta dans l'idée que les américains étaient vraiment des ennemis de l'Allemagne. Il ne fallait pas parler politique avec Manfred Mohr, cela l'énervait terriblement.

Pourtant, il s'agissait d'un homme droit, assez mesuré, plutôt prudent. Il était très rare d'entendre cet homme au front dégarni élever la voix, ou dire du mal de quelqu'un ou de quelque chose. Il passait pour un intellectuel au sein de sa famille, et son goût pour la littérature le confirmait. Manfred était un homme posé, sans doute un peu rêveur, mais au final, un homme bien, un homme bon, même, au caractère réservé, mais assez drôle, doté d'un solide sens de l'humour, un peu cynique, pince-sans-rire, indubitablement. Il parlait peu mais on lui obéissait bien : il savait s'imposer sans trop rien dire. Il possédait un caractère qui prêtait à le comparer à un oncle exigeant, celui à qui on a envie d'obéir et qu'on veut rendre fier. Ses yeux bleus, très pâles, semblaient vous sonder et se posaient calmement sur vous, sans qu'il soit possible de déterminer une émotion chez eux. Père exigeant, il fit de ses enfants de bons allemand, d'une manière très volkish. Un pilote, un soldat, et une secrétaire d'une usine allemande. Il fut exigeant, oui, mais présent pour ses enfants, essayant de leur consacrer le temps que jamais il n'avait accordé à leur mère. En ce qui concernait l'Allemagne, c'était sans doute autre chose, qui allait avec son idée de l'armée et de l'honneur. Il possédait des valeurs et croyait fermement en une idée précise de l'Etat. Aussi la défendait-il et ce jusqu'au bout.

Fidèle dans les élections, ce fut un Manfred très enthousiaste qui accueillit la nomination d'Hitler comme chancelier. Comme il était membre du parti, il se décida aussi à intégrer les NSFK (Nationalsozialitsche FliegerKorps). Le 25 Mars 1933, la Deutschenluftsportverband intégra toutes les organisations de vol du pays en son sein. En avril 1933, ce fut la création du Reichsluftahrdministerium, dirigé par Goering, qui marqua le début du retour de la carrière de Manfred Mohr : la Luftwaffe venait de naître. Les membres du NSFK intégrèrent en masse cette armée : Manfred fut l'un d'eux. Nommé, vu ses états de service, à la tête d'une Geschwader, il commença par être instructeur avant de prendre la tête d'une unité de chasseurs avec le grade de major.

Hitler tenait ses promesses. Désormais, Manfred ne rêvait plus que d'une chose : envahir la Pologne.

Septembre 1939, quelque part au dessus de la Pologne.

Les attaques de l'armée allemande se révélèrent particulièrement efficaces et réussies. De manière très franche, Manfred Mohr ne comprit jamais réellement pourquoi le Führer s'était allié avec Staline, car celui ci ne pouvait que trahir – ce qu'il finit par faire. Les communistes avaient la trahison dans le sang et ne pouvaient s'entendre avec le national-socialisme allemand. Pour l'instant, Manfred, en pleine opération, ne pensait réellement qu'à sa cible, une usine militaire polonaise. Les combats manquaient d'intensité. Ce n'était pas un mal sur le plan stratégique et c'était encore une preuve du génie du Führer, mais il s'ennuyait. Il aimait qu'on lui corse les choses, qu'on essaye de l'arrêter, qu'on frappe, pour toujours ressortir vainqueur, car Manfred ne perdait jamais réellement. S'il tombait, c'est qu'il faisait une manœuvre de diversion. On ne s'attendait guère à voir ce pilote si posé et si calme être si casse-cou, pourtant, c'était la vérité. Puis il avait une sacrée descente, et le voir dans les bars avec les hommes le rendaient populaire. Familièrement, on le surnommait le vieil aigle. Manfred ne s'en offusquait pas trop. Il avait 56 ans, par rapport à la moyenne d'âge de l'armée, il était effectivement vieux. Il fronça les sourcils en essayant de mieux voir l'usine et parla dans sa radio :

« Karl, tu passes à trois heures, je veux un truc sec. Viktor, tu prends la tête. Rudi, tu passes à neuf heures, allez. Je vais ouvrir le feu dès que vous êtes en position. »

La formation se mit en place. Manfred laissa filer les autres Messerschmidt, puis enclencha lui même la mitraillette. Avec une coordination très allemande, l'attaque commença. Un sifflement sourd se fit entendre. Sur le coté droit de Mohr, il y eut une violente explosion. Il prit du large et se déporta sur la gauche, tirant sur le manche à balai. Une voix paniquée lui signala :

« Herr Major ! Ils ont eu Karl ! Ils ont un dispositif de défense ! »

A nouveau, Mohr actionna la mitraillette. Une autre explosion, cette fois, qui ne toucha personne, retentit. Habitué à la gestion de crise et à des situations difficiles, contrairement au jeune pilote qui venait de lui parler, Manfred répondit calmement :

« Pas de panique, Rudolf. Je vais essayer de les bloquer. Je vais plonger, vous me couvrez. Pas de panique, vous prenez le temps de viser, reçu ?
-Bien reçu, mon major.
-Entendu.
-Bien. Heil Hitler, meine Herren ! »

Cela faisait un peu pompeux mais Manfred possédait les moyens de ce genre de frasques. Il fit plonger son avion, et rasa le plus possible l'usine. Les polonais qui contrôlaient le dispositif antiaérien courraient pour se protéger. Manfred actionna encore une fois la mitrailleuse. Il ne visait pas les gens mais bien le dispositif. Il dut l'atteindre en rafale, car il finit par exploser, détruisant l'usine au passage. Tirant brutalement sur le manche à balai, Manfred remonta en flèche pour revenir à niveau des autres appareils et éviter au moins en partie la chaleur immonde qui se dégageait de l'explosion.

« Retour à la base, meine Herren. »

L'unité de Messerschmidt fit volte-face, abandonnant derrière elle l'usine en flamme. Une victoire pour le Reich, une victoire pour Manfred. Le Major Mohr ne songeait pas que la chute serait sans doute d'autant plus brutale. Il prit encore du galon en Pologne. De par son ancienneté et son expérience, le régime semblait fier de lui, et lui était fier du régime. Ainsi, lorsque la bataille de Pologne se termina, que l'invasion allemande eut pleinement réussi, Manfred prit encore du galon, et devint Oberstleutnant. Peu après, il put même récupérer la maison et l'usine de ses parents. Il rendit l'usine à Horst, légitime propriétaire, et laissa sa femme s'y installer avec leur fille, Ilse.

Il n'avait jamais pensé qu'il pouvait tomber : lorsqu'il plongeait, il finissait toujours par remonter.

Mai-Juin 1940.

La bataille de France. Manfred en riait encore au téléphone lorsqu'il en parla avec sa femme :

« Mais oui, je te dis. Comme si non, on ne passait pas par la Belgique. Mais bien sur, on va passer par la ligne Maginot, obligatoirement...
-Manfred...quand rentres-tu ? Et les enfants ?
-Eh bien...je ne sais pas. Je suis nommé ici, tu sais. Je vais rester en France, et il reste l'Angleterre.
-Et je vais devoir rester à Soldau ? Ton frère est très gentil, mais la Pologne...
-Ach, Matilda, on en a déjà parlé. Soldau est une ville très bien, crois-moi. Et puis tu as Ilse. Horst et Hedwig te tiennent compagnie. Ca ira, non ?
-J'en ai assez de la Pologne, franchement, Manfred. J'aimerais bien venir à Paris.
- Mais nous ne sommes pas encore à Paris, Matilda. Bientôt. Je t'enverrais un télégramme, tu pourras venir, d'accord ?
-D'accord. »

Elle lui raccrocha au nez. Manfred se pinça l'arrête du nez. Oh, quelle idiotie, franchement. Il comprenait Matilda, qui n'avait jamais connu que Berlin et qui devait donc ne pas beaucoup apprécier Soldau, mais tout de même, il fallait qu'elle fasse un effort. Il ne pouvait pas tout gérer, lui. Son unité servait toujours, et il la dirigeait bien, participant à la guerre éclair. Depuis quelque temps, ils avançaient de manière singulièrement facile. Les Français étaient d'une médiocrité intellectuelle surprenante, selon Manfred, qui tenait pourtant leurs poètes et leurs écrivains en assez haute estime. Mais ceux là devaient être morts : ne restaient plus que les Daladier et leur stupidité aux accords de Munich, en 38. Et puis bientôt, l'Etat Français. Vichy. D'une certaine manière, Manfred se demandait s'il ne préférait pas De Gaulle, au moins, c'était clair. Collaboration. Où était passé l'honneur de ce peuple ? Où était passer les Leclerc, Foch, et Joffre ? Même Pétain, ce vainqueur de Verdun, était devenu méprisable, à ses yeux. Un peuple ayant un minimum de fierté ne se rend pas, il se bat : qui est donc ce dirigeant qui saborde son propre régime politique ? Manfred ne comprenait pas. Il ne retrouva pas les ennemis de 14-18, qu'il respectait pour avoir vécu la même chose que lui. En même temps, jugea-t-il, il ne fallait pas trop leur en demander, ils n'étaient pas allemands, eux.

Mai 1941.

« Ils appellent ça le Blitz, à Berlin. »

Manfred Mohr jeta un œil sur la carte, nota la mer Manche et il sourit. Ce n'était pas une mauvaise appellation, dans le fond, et il se demandait qui l'avait trouvé, Goering ou Milch. Sans doute Milch, apparemment, le Reichfeldmarshall était out du jeu politique depuis longtemps, sans parler du fait que le technicien et le tacticien de la Luftwaffe, ce n'était pas lui, mais bien l'autre. Et tous les autres. Mais pas Goering. Enfin, ça faisait beau, voilà. C'était une chaude journée de Mai parisienne, il ne rêvait que d'aller visiter le Louvre et ensuite d'essayer de voir s'il pouvait joindre Tiberius ou Heinz sur le front est, même si ça semblait difficile. Il faudrait passer par les télégrammes, sans doute, et ça l'ennuyait. Matilda voulait des nouvelles de ses fils, et il ne pouvait guère lui en donner. De toute façon, malgré le fait qu'il ait fait venir sa femme à Paris, Manfred ne passait que très peu de temps avec elle. Matilda, en vieillissant, devenait ennuyante, on ne pouvait pas parler du national-socialisme avec elle, ni de culture, ni de la grandeur de l'Allemagne, tout ce qui l'intéressait était ses petits enfants éventuels et Paris. Manfred se réfugiait plutot dans les bars, restaurants, avec ses hommes, et dans les musées qu'il trouvait. Il déplaça des unités sur la carte. A la Luftflotte 3, chargé des unités aériennes basées en France, il n'était pas le plus haut gradé, mais le plus ancien, et on l'écoutait volontiers. Il commenta :

« Je crois qu'on pourrait faire comme ça. Bombarder Exeter, puis Canterbury. Londres doit rester une priorité. »

Son supérieur direct, chargé des unités d'Orly, Jylland, et le responsable de la Luftflotte 3 envoyé par Berlin, Von Gilsa, se consultèrent. Ils n'aimaient pas, parce qu'ils étaient plus jeunes, que Manfred soit écouté. C'étaient de jeunes loups qui voulaient étendre leur influence politique. Mohr ne faisait pas de ça, lui, il se contentait de faire de la tactique militaire. Les intrigues de Berlin n'intéressaient pas le vieil aigle. Lui, il fonctionnait au mérite, et ferait toujours ainsi. Il s'amusa de leur concertation muette avant d'obtenir un consentement général. On se fendit d'un « Heil Hitler » guindé avant de mettre fin à la réunion en ayant trouvé un accord, puis ce fut la débandade.  Manfred se dit qu'il allait plutôt retourner voler un peu.


13 Mars 1942.

On ne se faisait pas convoquer pour rien dans le bureau de Friedrich von Gilsa, generalmajor de la Luftflotte 3, membre de l'OKL, supérieur hiérarchique que Manfred Mohr préférait ne voir que de de loin. Il avait des yeux de fouine et un visage en lame de couteau, qui bizarrement, faisait penser au militaire à une caricature de juif. Bizarrement on sentait qu'il en souffrait, et il insistait beaucoup sur le fait que son ascendance était parfaitement aryenne, parfaitement judenrein. Précaution inutile selon Manfred : pourquoi justifiait ce qui devait aller de soi ? Il fallait dire aussi que lui n'avait pas besoin de se poser la question, il correspondait à l'aryen type, lui. A ce qui se disait, en tout cas. Von Gilsa remonta ses lunettes sur son nez :

« Bien, comme vous le savez sans doute, l'Oberst Jylland est muté sur le front est, pour les raisons que euh... »

Que tout le monde savait si on fréquentait les bars de Paris. Manfred ne jugea pas utile de commenter, laissant von Gilsa s'enfoncer tout seul. Comment avouer que le commandant de l'aéroport d'Orly, un poste très important, puis qu'il y avait trois Geschwader sous ses ordres, était accusé d'homosexualité, pour un petit noble hambourgeois ? Il n'y avait pas de bonnes manières, mais Manfred ne voulait pas l'aider, il n'aimait pas trop von Gilsa. Sans savoir pourquoi, il l'imaginait très bien être un profiteur. Lui, en revanche, était arrivé à un stade où l'ambition ne le poussait plus trop, en tout cas beaucoup moins que son patriotisme. Avec un sursaut, le generalmajor reprit :

« Pour les raisons que vous savez aussi. Oui. Voilà. Du coup, j'ai étudié la question, j'ai demandé l'avis du Reichfeldmarshall et celui de l'OKL. La majorité, et moi même, est d'accord sur votre nom. Félicitations, Herr Oberst Mohr. Vous obtenez la direction d'Orly. Le Blist reste désormais sous votre entière responsabilité, le courrier de Berlin aussi.  Je veux des comptes rendus détaillés.
-Bien, mon generalmajor. Dois-je également voir pour la défense anti-aérienne ?
- Vous verrez ça avec Schultz. Là aussi, je veux des rapports : mais attention, là, c'est de la collaboration. Pas de conflits, hm ?
-Zu Befehl, mon generalmajor. Heil Hitler, mon generalmajor.
-Heil Hitler, Herr Oberst, disposez. »

1943.

Manifestations. Défaites. Recul du front russe. Défaite à El-alamein. De Gaulle. Résistance. Blitz, toujours. Le quotidien de Manfred Mohr ne s'améliorait pas. Il devenait maussade au fur et à mesure qu'on lui annonçait les mauvaises nouvelles, mais essayait de garder un certain optimisme. C'était l'Allemagne, tout de même ! Von Gilsa était parti, remplacé lui aussi. Le vieil aigle restait seul, coincé à Paris. Tout cela l'excédait, mais il ne pouvait pas ordonner de fusiller des gens depuis un avion. Manfred regarda un Junker s'envoler.

Que c'était beau, de voler. Comme l'aigle du Reich lui semblait glorieux en cet instant. Il semblait impossible à Mohr qu'il puisse être abattu en plein vol. Et pourtant...









Dernière édition par Manfred Mohr le Lun 15 Sep - 14:26, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 10 Déc - 16:44

Bienvenue officiellement sur YT, Manfred !  cutehi  Ce perso a l'air vachement intéressant ! :D

Bon courage pour l'écriture de ta fiche !  joy 
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Manfred Mohr
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 10 Déc - 16:54

Merci merci :D
C'est en cours d'écriture, j'avance doucement sur l'histoire :D

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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 10 Déc - 17:48

Et donc officiellement: bienvenue sur Yellow :D

Bon courage pour la rédac de ta fiche :)
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mer 11 Déc - 10:40

Bienvenue alors, bon courage pour ta fiche **
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Jeu 12 Déc - 18:51

Merciiii :D
J'essaye de finir d'ici demain, quand jferais une pause dans mes revisions ;)

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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Jeu 12 Déc - 21:16

Bienvenue Oberst ;) et bon courage pour ta fiche !


Dernière édition par Wolfgang von Vittinghoff le Jeu 2 Jan - 16:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Sam 14 Déc - 22:33

Hanw, un collègue de mon frère   Bienvenue sur YT !
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 17 Déc - 11:15

Finie !
Avec un peu de retard, je m'en excuse ;)

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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mar 17 Déc - 18:18

Comment dire... Je suis MEGA fan de ce personnage  bounce Je ne vais pas m'étendre trop longtemps parce que j'ai encore plein de boulot avant les vacances, mais ce Manfred s'annonce au top ! Déjà tu as un style d'écriture très fluide et extrêmement agréable à lire, franchement valider des fiches comme celle-ci c'est du pur plaisir donc merci  gaga  l'histoire est solide et cohérente, le personnage très bien expliqué et approfondi, tout en nuances, ses relations avec son père, son frère, et sa femme qui se détériorent au fil du temps, ses enfants, sa carrière, son caractère... Franchement je le trouve très réaliste et très attachant ce Manfred, j'ai un vrai coup de coeur pour ce personnage  gaga un bon gars solide et droit dans ses bottes, de la vieille école avec les valeurs qui vont avec, le tout dans le contexte du parti national-socialiste, je trouve que c'est très bien rendu et vraiment super chouette, et je pense même avoir peut-être un ou deux débuts d'idées de liens avec mes personnages face Bref, je te valide, bienvenue parmi nous !!

Tu es à présent VALIDE. Merci de venir réserver ton avatar et recenser ton métier (sauf pour les membres de l'armée allemande). Une fois cela fait, tu pourras aller ouvrir tes liens et ta bibliothèque où tu trouveras des codages tous fais si tu ne sais pas coder. Les rangs  et les logements se font à partir de 100 messages.

N'oublie pas, au début de chaque RP

Bon jeu parmi nous  happy
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mer 18 Déc - 11:22

Merci Seb !
Ravie qu'il te plaise, j'ai vraiment essayé de bien bosser le caractère, et le background, contente de voir que c'est réussi :D

Je fais tout ça, et j'autorise toute personne le voulant à me harceler pour des liens :oui:

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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Mer 18 Déc - 14:40

Coucou coucou  :gnhehe: , je sais, j'arrive après la bataille (c'est bien français, ça *je sors*) mais je tenais faire un petit passage pour te souhaiter la bienvenue parmi nous  dance 

J'ai lu ton histoire pendant mon repas de midi (chacun ses occupations, on ne juge pas  mdr ), j'ai beaucoup aimé ton style et je trouve que tu as réussi à rendre ton personnage super attachant ! J'ai particulièrement apprécié le passage après la défaite de la première guerre mondiale où on sent vraiment la déception et la colère de Manfred ainsi que le final sur le thème du vol et des avions   . Bref, bienvenue parmi nous avec ce personnage assez atypique, il y aura peut-être moyen de goupiller quelque chose avec ce cher collabo (en façade tout du moins  :gnhehe: ) d'Eddy  face  ! (oui attends, ils ont un super point commun, le Louvre où Edouard est comme chez lui  mdr )

A très vite sur le forum en tout cas, amuse-toi bien parmi nous  gaga 

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.    Jeu 19 Déc - 12:10

Merci Ed ! Si tu veux un lien, hésite pas, ma fiche de lien est ouverte, je prends tout le monde qui veut !

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Manfred Mohr || La patrie est ce que nous avons de plus cher, et ce qu'il y a de pire pour nous.

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