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 LA VIE QUOTIDIENNE A PARIS

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MessageSujet: LA VIE QUOTIDIENNE A PARIS   Mar 1 Juil - 16:52


La vie quotidienne à Paris


© André Zucca, Photo de propagande.



Vous êtes-vous déjà demandé à quoi pouvait bien ressembler Paris sous l’Occupation allemande ? Si oui, vous êtes au bon endroit ! Embarquez dans la DeLorean, je vous emmène dans un petit voyage quelque soixante-dix ans en arrière…

Une atmosphère à deux vitesses

Drôle d’époque que celle de l’Occupation, qui semble plus constituée de contradictions qu’autre chose. Paris est occupée, prise sous le joug des allemands qui se sont déclarés maîtres de la capitale française. Dès le départ, les réactions ont été mitigées : malgré le climat de défaite et l’humiliation française, l’armée allemande a impressionné par sa prestance, son organisation, et sa « civilité » vis-à-vis des habitants parisiens. Les dignitaires allemands s’installent dans les plus beaux hôtels privés de la ville, les autres réquisitionnent des habitations ou sont logés ailleurs, principales dans d’autres bâtiments administratifs ou militaire, eux aussi réquisitionnés sur demande de l’armée. D’autres bâtiments et habitations sont récupérés en chassant les Juifs qui y vivaient, mais peu sont ceux qui réagissent à ce traitement. Les drapeaux français sont retirés des édifices, remplacés par les drapeaux et oriflammes nazis, signe que la conquête est achevée et la victoire incontestable. Les panneaux en allemand remplacent les panneaux en français, et les signes de la domination allemande se font de plus en plus nombreux, si bien qu’on finirait presque par en oublier si l’on est en France ou bel et bien en Allemagne…

En ville, les allemands se comportent en touristes, profitant de la capitale en attendant sans savoir pour combien de temps qu’on les renvoie chez eux, appréciant la beauté de Paris, ses loisirs, ses femmes… Chez les parisiens, on se partage : certains voient dans l’arrivée des allemands une occasion non-négligeable de faire marcher leurs affaires pendant que Vichy restaure l’état de la France, d’autres les voient d’un œil hostile et ne supportent pas cette véritable invasion. Certains fraternisent, se font des amis dans le camp ennemi, se montrent accueillants et acceptent la situation en essayant de la rendre la plus supportable possible ou d’en tirer le plus de bénéfices, les autres organisent la résistance, d’autres encore résistent à leur manière en refusant de parler aux allemands, d’autres encore ne savent pas trop sur quel pied danser… Face à l’occupant, les réactions sont extrêmement mitigées, et il y a autant de choix de conscience qu’il n’y a de parisiens, surtout depuis que les violences envers les Juifs et la traque des Résistants a commencé. Plus les années passent, plus il devient difficile de rester neutre… ou de sortir du relatif confort de sa neutralité.


Les privations et le contrôle de la population : quand l'Occupation se fait sentir.

Même si les allemands pouvaient faire bonne figure devant les parisiens, hors de question pour eux d’être laxistes et de ne pas exercer un contrôle sévère et une pression lourde sur la population. La France a perdu la guerre, la France est donc en crise, et les populations citadines comme rurales le ressentent durement : si à la campagne on continue de pouvoir cultiver ses récoltes, en ville, les pénuries de nourriture et de matières premières commencent à se faire cruellement sentir. Les problèmes de ravitaillement deviennent inquiétants, les commerces sont au bord de la faillite, et les solutions manquent. Le gouvernement de Vichy met alors en place un système de rationnement, avec les fameux tickets de rationnement aujourd’hui bien ancrés dans notre imagerie collective de la guerre. Les queues devant les magasins peuvent durer des heures, et encore, l’on n’est pas sûr de repartir le panier rempli, ou même avec le moindre article pour faire vivre sa famille… Aux grands maux les grands remèdes, les plus audacieux ou les moins scrupuleux se lancent dans le marché noir, faisant trafic de marchandises volées ou tombées du camion ou même légalement acquises, mais revendues à leur propre profit. La qualité des produits décroît, l’on manque parfois de produits indispensables, et l’on s’accommode d’ersatz, des produits de remplacement d’une qualité bien moindre mais plus disponible pendant que les allemands profitent des vrais produits et matières premières qui manquent tant à la population pour se nourrir, se vêtir, se déplacer…
Les transports également pâtissent du manque de carburant et autres composites comme le charbon : les voitures, camions et bus se font de plus en plus rares jusqu’à devenir un luxe, et les bicyclettes et les fiacres reviennent en force. Il n’est pas un habitant de Paris qui n’ait son vélo, moyen de transport indispensable… Ou de bonnes chaussures de marche.

Mais les déplacements aussi sont limités, et rapidement, les allemands instaurent un couvre-feu dans la ville pour limiter les possibilités de rencontres entre groupes protestataires ou résistants. Une fois l’heure du couvre-feu dépassée (de 23h à 6h du matin), interdiction formelle d’être dans les rues sous peine d’arrestation immédiate. Seul un Ausweis, ou laisser-passer, donne l’autorisation de se déplacer librement et n’était délivré que par les autorités allemandes, bien que les Résistants développèrent rapidement des trafics de faux Ausweis. La journée, les contrôles de papiers sont nombreux, et mieux vaut toujours les avoir sur soi, même quand on n’a rien à se reprocher…

A l’école, le contrôle des autorités allemandes se fait moins sentir, mais Vichy prend le relais : des portraits du Maréchal Pétain sont suspendus dans toutes les classes, et les élèves doivent apprendre le nouvel hymne « Maréchal nous voilà », et en classe de morale, la nouvelle devise française « Travail, Famille, Patrie » et les valeurs qui l’accompagnent. Les enseignants juifs, communistes, résistants, franc-maçons etc sont renvoyés, mutés ou arrêtés, mais un nombre étonnants d’établissements protègent leurs élèves juifs en continuant de les scolariser et en dissimulant leur identité, allant parfois jusqu’à prévoir des issues de secours dans le cas d’une descente de la SS ou de la Milice.

Et bien entendu, comment imaginer le Paris de l’Occupation sans le port obligatoire de la fameuse étoile jaune pour les Juifs ? Sans l’interdiction qui leur est faite de fréquenter certains lieux, ou d’exercer certains métiers ? Si pour certains parisiens, ce traitement est justifié, pour d’autres, il est juste intolérable…

Il ne faut pas oublier également que la guerre n'est pas finie et qu'elle fait toujours rage aux frontières... La protection des Parisiens passe aussi par les agents de la Défense passive. Il s'agit d'une organisation strictement civile, dépendant directement de la préfecture de la Seine, qui met essentiellement en place les mesures de protection en cas de bombardement afin d'éviter les dégâts et les victimes. Les agents, à l'échelle d'îlots, c'est-à-dire de quartiers, constituent un réseau de surveillance et d'alerte pour déclencher les sirènes, construisent et recensent les abris (caves, métro) et surtout informent la population (affiches, radio) sur la conduite à tenir en cas d'alerte. Si Paris n'a quasiment pas été bombardée depuis le début de la guerre, le risque existe toujours car c'est dans la capitale que sont les plus hauts points stratégiques...


La vie pourtant continue...

Si la vie quotidienne était loin d’être de tout repos pour la population perdante, toute vie n’a pas fini à Paris, et l’on pouvait toujours trouver un moyen d’oublier, ne serait-ce qu’un court instant, la dureté de la guerre, les privations, et les lourdes pertes.

Les cabarets notamment ont connu une expansion surprenante, encouragée par les allemands friands de ce genre de divertissement dans lequel les français excellaient. Devenant une partie intégrante du paysage parisiens, ces établissements deviennent de véritables points névralgiques de la vie nocturne de Paris où l’on se retrouve pour passer un bon moment, ou encore pour discuter en toute tranquillité… Très prisés par les allemands et les collaborateurs, c’est également dans ces endroits que vous aurez une chance de tomber sur des revendeurs de marchandise au noir. Plus ou moins huppés, plus ou moins loufoques, comptant dans leurs revues des mannequins, des chanteuses, des danseuses, parfois même des travestis, les cabarets font battre le cœur de Paris la nuit, pour le meilleur comme pour le pire.

Les cinémas continuent à fonctionner également, même si le gouvernement allemand et son ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, avaient à cœur d’étouffer l’industrie cinématographique française et empêcher la diffusion de films américains afin d’affirmer le cinéma allemand comme numéro un mondial. Néanmoins, les cinéastes français, malgré des conditions de travail difficiles s’ils ne se soumettaient pas aux prérogatives allemandes, ont pu produire des œuvres subversives et développer une manière de filmer bien particulière à cette période. Quelques films français restent à l’affiche, luttant vaillamment contre les superproductions de la Propagande allemande et la censure stricte. Le théâtre et l’Opéra sont également surveillés, mais ne pâtissent pas de l’Occupation en termes de chiffres annuels. De même, le sport est mis en valeur, même si les compétitions sont rares. Pour les étudiants, la vie ne change guère, même si certains voient leurs professeurs Juifs ou communistes démis de leurs fonctions : mais la jeunesse aime s'engager, et un certain nombre d'entre eux s'impliquent soit dans l'idéologie vichyste, soit au contraire, dans des petits groupes de résistance (journaux, tracts) ou dans les manifestations qui commencent à remuer dans les rues de la ville.

Les médias et les corps de culture sont également soumis à la censure et doivent servir la Propagande. Les journaux et la radio sont sous le joug du service de Propagande, et cette dernière prend possession des musées et des collections pour envoyer des œuvres à Berlin ; et d’immenses expositions anti-juives ou anti-fran-maçonnes sont organisées afin d’assurer encore leur autorité et renforcer l’impact de l’idéologie nazie sur les populations.


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MessageSujet: Re: LA VIE QUOTIDIENNE A PARIS   Mar 22 Nov - 12:37


Pour en savoir plus...

N'hésitez pas à aller visiter ce site sur la vie quotidienne des Parisiens entre 1940 et 1944 !

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