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 L'ALLEMAGNE DE 1919 A 1943

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MessageSujet: L'ALLEMAGNE DE 1919 A 1943   Mar 1 Juil - 16:56


L'Allemagne de 1919 à 1943, de Weimar à Hitler.





Avant Hitler : la République de Weimar

Le régime de Weimar a dès le début été un régime particulièrement remarqué pour son instabilité. Instauré en 1918 lors de l'armistice et définitivement confirmé par la promulgation d'une nouvelle constitution le 11 Août 1919, il s'agit d'un régime démocratique marquant une rupture avec la tradition impérialiste de l'Allemagne. Reprendre les rênes du gouvernement après la défaite de 1918 n'est pas une tâche aisée, et l'on blâme les nouveaux dirigeants (coalition du parti social-démocrate et du Zentrum) notamment pour leur acceptation du Traité de Versailles. En réalité, le gouvernement n'a guère eu le choix lors de la signature de ce traité, les forces Alliées refusant toute négociation dans les termes, et sans la signature de l'Allemagne, le Reich aurait inévitablement fini par éclater... Mais la population ne l'entend pas de cette oreille, d'autant plus qu'ils sont les premiers à en subir les conséquences avec une crise sans précédent.

De 1919 à 1923, le gouvernement du Reichspresident Friederich Ebert doit faire face à de très nombreux mouvements de mécontentement s'ajoutant à la révolution de 1918. Le putsch du Kapp ou encore le soulèvement de la Ruhr ajoutent à l'atmosphère de chaos social, et ce climat de mécontentement finit par paralyser complètement le pays (c'est dans ce contexte que l'on entend parler d'Adolf Hitler pour la première fois, avec son putsch de la Brasserie avorté le 8 Novembre 1923, qui le conduira en prison où il écrira Mein Kampf). Mais alors que l'hyperinflation et la crise monétaire sont au plus haut, le gouvernement change de tactique et instaure une nouvelle monnaie, le Reichsmark, qui mène à la stabilisation monétaire en 1924. La remontée de la croissance est spectaculaire, et l'Allemagne peut faire son retour sur la scène internationale. S'ensuit ce qui semble être une période d'essor, avec un début de rapprochement franco-allemand, une nouvelle dynamique dans les arts plastiques et le cinéma, un nouvel essor culturel et une libération des moeurs (l'homosexualité est beaucoup plus tolérée que par le passé), et la mise en place d'une république véritablement sociale. Hélas, tout s'effondre lors de la crise de 1929, car l'Allemagne est encore trop dépendante de l'extérieur à cause du Traité de Versailles, et elle coule avec les pays qui jusque-là l'avaient aidée à tenir debout... La récession et le nouveau pic de chômage fait à nouveau plonger le pays dans le grondement de la révolte, et l'insécurité règne dans les villes où plusieurs affaires de meurtres en série font les premières pages des journaux, distillant une paranoïa et une angoisse diffuse dans les populations. C'est dans ce climat qu'arrive le parti nazi, emmené par Adolf Hitler, promettant le plein emploi et la sécurité. Un discours démagogique lui permet de rallier les mécontents de tout bord : en promettant de réformer le Reich, le NSDAP propose une idéologie nationaliste et se pose comme un parti de rassemblement et de protestation. Une culture de la politique autoritaire et anti-démocratique est bien ancrée en Allemagne, et le NSDAP semble répondre aux convictions et aux attentes des populations. Le 30 Janvier 1933, Hitler est élu Reichskanzler (chancellier), et dès le 14 Juillet de la même année, le parti nazi devient le seul parti légal en Allemagne. Finalement, le président Hindenburg meurt le 2 Août 1934, laissant ses pouvoirs à son chancelier. Aucune élection n'est organisée, et Hitler reste chancelier et président d'Allemagne, un monopole des pouvoirs approuvé à 90% par les électeurs par référendum. Hitler établit alors le "Führerprinzip", qui l'instaure comme seul leader de l'Allemagne, n'ayant de compte à rendre à personne d'autre qu'à lui-même, et le IIIème Reich voit le jour...

De 1933 à 1943 : l'avènement du Nazisme

La victoire du parti nazi était pourtant loin d'être assurée. Depuis sa tentative de Putsch en 1923, Hitler ne jouissait pas d'une grande crédibilité auprès du public, mais les circonstances et l'état déplorable du pays ont par la suite joué en sa faveur. Au début des années 30, de nombreux intellectuels et hommes politiques se méfient du parti et de l'idéologie nazie, et une certaine résistance idéologique commence déjà à s'organiser... Pour être réprimée dès l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Dès 1933, Hitler fait dissoudre le Reichstag et confère à ses milices, la SA et la SS, des pouvoirs policiers leur donnant toute latitude pour réprimer dans la violence les réunions et manifestations des partis communistes (KPD) ou socialistes (SPD). Un mois plus tard, le Reichstag, symbole de démocratie, est réduit en cendres dans la nuit du 27 au 28 février dans de mystérieuses circonstances, convaincant des intellectuels comme Bertolt Brecht ou Albert Einstein de quitter le pays dès le lendemain.

La "mise au pas" du pays se fait dans une répression sanglante et avec des arrestations massives, une véritable épuration. Les premiers camps de concentrations sont construits pour parquer les milliers de prisonniers politiques (entre 150 000 et 200 000) arrêtés par la SS et la SA, quelque 8000 personnes sont tuées, et des centaines de milliers d'autres fuient le pays. La répression touche également le domaine de la culture, les nazis condamnant et cherchant à détruire "l'art dégénéré" (dont de nombreuses oeuvres d'avant-garde) et les "sciences juives" telles que la psychanalyse. Contrairement aux idées reçues, le parti nazi n'est pas religieux : profondément antichrétien, il cherche d'abord à placer l'Eglise sous sa coupe, et n'hésite pas à combattre les religieux qui essayent de lui résister (la résistance allemande de la première heure est d'ailleurs principalement composée d'intellectuels et d'hommes d'Eglise !). Si l'on voit naître une Eglise des "chrétiens allemands" qui promulgue l'idéologie nazie, Hitler continue à combattre la religion et le Vatican s'en inquiète, sans pouvoir réagir activement pour autant car désireux d'éviter des représailles contre l'Eglise allemande et ses représentants.

C'est également dès 1933 que les violences contre les Juifs prennent une ampleur sans précédent. Les fonctionnaires et universitaires juifs sont révoqués, la SA lance le boycott des magasins juifs, et toute oeuvre d'un artiste juif, quel que soit l'art ou l'ancienneté de l'oeuvre, est systématiquement niée, décriée et interdite. Les lois de Nuremberg de 1935 retirent la nationalité allemande aux Juifs, puis de nombreux métiers leur deviennent inaccessibles, ainsi que des lieux publics et le droit d'épouser un(e) non-Juif(ve)... Dans les rues, l'antisémitisme s'affiche désormais ouvertement, et les humiliations et agressions sont de plus en plus nombreuses et violentes. L'horreur grimpe encore d'un cran quand Hitler ordonne la stérilisation forcée de milliers de personnes, notamment les Tziganes, les malades mentaux, les noirs, les handicapés, les métis, les homosexuels... dans le but de "purifier la race aryenne". Finalement, le port de l'étoile jaune devient obligatoire en 1941, et les déportations vers les ghettos de Varsovie et les camps de la mort commencent la même année.

Et les populations, elles ne réagissaient pas, me demanderez-vous ? Oui et non, serait la réponse. S'il y a eu des mouvements au début de la décennie pour résister, ils ont vite été réprimés, et dès 1934 on en comptait presque plus aucune organisation anti-nazie. Entre 1938 et 1944, les membres de la SS ont sextuplé, passant de 6000 à 32 000 hommes, et les Jeunesses Hitlériennes (Hitlerjugend) n'y sont pas étrangères : créees en 1926 mais massivement actives à partir de 1933, elles avaient pour but de former les jeunes garçons à l'art militaire afin de créer une armée aryenne parfaite, telle que rêvées par les nazis. Pour ce faire, on enseignait aux jeunes enfants le culte du corps aryen et de la performance physique, l'idéologie raciste et antisémite nazie, tout en construisant un véritable sens d'appartenance à un corps et un mouvement, à une famille. Les filles quant à elles, étaient formées à devenir de parfaites mères au foyer et à éduquer de futurs jeunes aryens. La jeunesse est littéralement assimilée, absorbée dans l'idéologie nazie, et les jeunes dont les parents ont refusé l'adhésion se voient exclus par leurs camarades, quand leurs parents n'ont pas été arrêtés...

Malgré la dureté du régime, la population allemande s'y est très vite adaptée : tout vaut mieux que revenir au régime démocratique de la République de Weimar, et le nazisme avait l'air de réussir son pari de stabiliser le pays et l'économie. 11 millions d'allemands ont adhéré au NSDAP, et la Propagande, les réussites politiques du parti, la peur, l'opportunisme, ou encore le conformisme ont achevé de convertir le pays au nazisme. Quelques groupes de résistance ont fini par renaître, plus organisés, plus clandestins, plus déterminés, des réseaux comme ceux que l'on connaît en France. En tête de ces réseaux : les étudiants, les intellectuels, mais aussi l'armée elle-même, en particulier de hauts représentants qui planifient de tuer Hitler et remplacer son gouvernement (l'Opération Walkyrie emmenée par le colonel von Stauffenberg).

Dans le même temps, le nazisme continue sa transformation du pays : la culture est complètement redéfinie et beaucoup de livres sont brûlés, des artistes exilés ou arrêtés, et la Propagande se charge d'instaurer à leur place des oeuvres choisies par le gouvernement pour promouvoir son idéologie. La presse et l'édition sont complètement contrôlés, et personne ne peut composer ou écrire s'il n'est pas membre officiel des Reichskulturkammern (littéralement les chambres de culture du Reich) instaurées par Goebbels. L'organisation des jeux olympiques de 1936 participe à cette énorme campagne de propagande destinée à endoctriner les allemands et les convaincre de la grandeur du régime nazi, mais permet également à l'Allemagne nazie d'affirmer son pouvoir et son prestige sur la scène internationale. Sur le plan social, les écarts entre les privilégiés et les pauvres se creusent, créant une catégorie de nantis et enfonçant les plus pauvres (principalement les étrangers et les femmes) dans la précarité. Les femmes sont d'ailleurs de plus en plus mises à l'écart, se cantonnant dans leur rôle traditionnel de femme au foyer, du moins jusqu'à la guerre où leur utilité a été prise en compte.

Pendant la guerre, le pays s'investit avec Hitler dans une guerre totale : l'Allemagne est forte et impitoyable, un bulldozer qui conquit et pille sur son passage. Sa puissance s'accroît avec son territoire, et semble asseoir la suprématie aryenne prônée par le régime, renforçant encore ce fort sentiment national construit avec les années : cette revanche sur les Alliés et sur le Traité de Versailles a un goût de victoire, que l'on n'hésite pas à afficher si l'on va à l'étranger, en France, en Autriche, ou encore en Pologne... partout, on est en pays conquis, et les allemands le montrent.

Dans ces conditions, on distingue clairement deux catégories de personnes : celles qui bénéficient du régime nazi, et ceux qui en sont les victimes. Ceux qui en sont les victimes voient leurs vies devenir de plus en plus compliquée et rude, jusqu'à parfois les pousser à l'exil ou qu'ils ne soient arrêtés parce qu'ils portent l'étoile jaune, ont protesté, ou toute autre raison qui les exclut de la race aryenne. Ceux qui bénéficient au régime ont adhéré à son idéologie, d'autres se voilent la face et se réfugient dans leur déni ou leur ignorance, en attendant que ça passe. Mais là encore, il y a tout autant de positionnements que d'individus, et chacun a sa propre histoire à raconter...

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« Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur »


© Hasko Landgraf
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