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 [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement

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MessageSujet: [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement   Sam 12 Juil - 23:47

UNE BOMBE A RETARDEMENT
(avec Alexandre Reigner et Manfred Mohr)


C'est soir de fête sous la verrière du Grand Palais ! Fi du couvre-feu, le tout Paris mondain s'est rassemblé dans cet énorme bâtiment situé en bout des Champs-Elysées, palais symbole du Paris triomphant des expositions universelles pour goûter au plaisir inestimable d'une exposition artistique. Mais soyons honnêtes, les Allemands qui ont organisé l'événement et qui s'y trouvent en compagnie de quelques grandes figures de la collaboration sont davantage présents pour se montrer que pour admirer les œuvres d'Arno Breker, le sculpteur préféré du Führer qui est acclamé partout où il expose. L'artiste n'est pas présent lors de cette soirée mais a envoyé ses meilleurs ambassadeurs, de grandes statues d'hommes inspirées de l'art classique grec censée démontrer la majesté d'un art nazi. Il se chuchote que ce n'est pas du goût de tous, mais rappelez-vous qu'il n'est pas très bien vu de formuler des critiques à voix haute et que les murs ont des oreilles en cette année 1943.
Parmi les invités, se trouve évidemment un colonel de l'armée allemande qui occupe la ville, Manfred Mohr, réputé pour être un grand amateur d'art. De son côté, Alexandre Reigner, avocat de son état, a été entraîné dans la soirée par Édouard Cabanel, le conseiller de l'ambassadeur de Vichy, sur la promesse d'alcool qui coulerait à flots.
La soirée bat son plein alors que les derniers feux du soleil illuminent la verrière du grand palais et se reflètent sur les œuvres de Breker. Le clou de l'exposition serait une immense statue d'un sportif nu dans une salle à l'écart, c'est vers cette salle que nos deux hommes se dirigent et se retrouvent, Alexandre ayant perdu son ami Cabanel. Il semblerait que les autres invités soient plus intéressés par le buffet car ils sont seuls pour admirer cette œuvre sans titre (et il paraît que l'un d'entre eux est pressé de retrouver une coupe de champagne). Tout est tranquille... Pour le moment. Car cette soirée en compagnie de toutes les grandes figures de l'occupation n'est qu'une bombe à retardement !

Contraintes

- Il vous est interdit de quitter la pièce où se trouve l’œuvre Sans Titre, ou de faire pénétrer un personnage non joué dans cette même pièce.
- Le premier tour doit être lancé par Manfred Mohr, Alexandre Reigner conclura. Il s'agit d'un premier tour d'introduction, les rebondissements seront apportés par la suite.

Règles

- Attention ! Un PNJ (La Propagande, La Voix de Londres ou Dédé la Truffe) interviendra entre chaque tour de RP pour faire rebondir les événements. Ils ont la possibilité de lancer des défis aux joueurs, font intervenir d'autres personnages non joués et peuvent faire évoluer la situation parfois de manière radicale. Les personnages doivent s'y adapter et prendre en compte ces posts.
- Les mini-intrigues privilégient la réactivité des joueurs. Nous vous remercions donc de répondre le plus rapidement possible et par des posts courts : au maximum une page word ou 1000 mots.
- En cas d'absence longue, vous vous devez de prévenir votre ou vos partenaires de jeu afin de ne pas bloquer la mini-intrigue, ainsi qu'un membre du staff qui gère les intrigues (Elsa Auray ou Edouard Cabanel).
- Notez bien que vous ne pouvez pas insérer de défis qui rapportent des points dans ces posts.


Et plus important... Amusez-vous  gaga !

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MessageSujet: Re: [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement   Mer 3 Sep - 17:18

Soirée brillante en perspective. De l'art en plus, que demander de mieux ? Rien. Manfred Mohr pouvait donc largement en profiter pour aller faire un tour au Grand Palais, qu'il avait toujours rêvé de visiter – les expositions universelles le fascinaient depuis longtemps et visiter une des monuments de ces expositions, du temps où Paris en organisait encore le réjouissait d'avance – et qui plus est en soirée. Lui qui ne dérogeait que très rarement au couvre-feu, alors qu'en tant qu'officier de l'armée allemande on l'eut facilement laissé passer, mais il jugeait qu'en tant qu'occupant, justement, il n'avait pas à avoir de préseance sur les parisiens, s'était donc décidé à participer à l'exposition de sculptures qui devait se dérouler au Grand Palais. Cintré dans son uniforme impeccable, Manfred jugea qu'il était peut-être l'un des plus vieux de l'assemblée. Il observa la foule : combien étaient-là pour l'art et combien pour se montrer ? A voir les galons, les rires et les diamants, le champagne qui coulait à flot, il jugea qu'en réalité, la plupart des gens étaient là pour la vie mondaine, et qu'il devait bien être l'un des seuls à vouloir réellement voir ce que donnaient les œuvres du sculpteur préféré du Fuhrer.

Il aurait bien aimé rencontrer cet homme : Manfred restait un intellectuel amoureux de l'art et de la poésie et comprendre la démarche d'un artiste, pourquoi il créait ainsi, qu'est-ce qui l'inspirait, lui semblait important, parfois même plus important que l'oeuvre en elle même. En ce sens, parfois il ne comprenait pas bien la propagande : pourquoi empêcher les formes d'expressions artistiques ? Le concept de culture dégénérée lui échappait totalement. Certes il fallait proscrire la culture capitaliste et communiste, mais pas réglementer la création allemande : plus un pays était créatif, plus il en imposait sur la scène artistique ou littéraire, plus il y avait de quoi être fier, non ? Sans doute aurait-il fait un mauvais propagandiste, il ne savait pas bien...

En attendant, l'art lui même était présent et il observa le tout avec un air un peu circonspect. A la réflexion, il valait sans doute mieux que le Fuhrer fasse de la politique de l'art, parce que ça...eh bien en fait, Manfred trouvait une singulière ressemblance entre ces statues qui lui semblaient toutes se ressembler et celles qu'affectionnait Staline. Il se demanda si quelqu'un d'autre que lui semblait s'en rendre compte, mais tout le monde était bien trop occupé à se montrer. Avec désolation, il comprit qu'il était peut-être le seul à s'intéresser encore à l'art. Jugeant que cette idée de ressemblance était une vue de l'esprit, il passa d'une statue à l'autre...on ne pouvait pas nier l'impression de force et de grandeur qui se dégageait des œuvres, alors oui, s'il fallait représenter le régime, la fonction était remplie.

Quant à Manfred, puisque personne ne semblait vouloir aller regarder le clou de l'exposition, il passa devant le buffet, pris d'assaut, lui. Des goinfres et des mondains, voilà qui était bien sa veine. Il se jugea d'un coup vieux et un peu déplacé et continua vers une salle plus calme. Alors c'était ça le clou de l'exposition ? Un sportif nu...comme toutes les autres statues en fait. Bon, eh bien puisqu'il fallait faire quelque chose, autant faire ce que tous les insensibles à l'air faisaient : hocher la tête d'un air pénétré en faisant semblant de comprendre. Ce qu'il s'appliquait à faire lorsqu'il remarqua un autre homme dans la salle.

Manifestement, ce n'était pas un allemand, ou alors quelqu'un d'une ambassade, sans doute, parce qu'il n'avait vraiment rien de teutonique. Il lui adressa un signe de tête et se contenta de dire :

« Bonsoir. »


Son français était bon, mais il ne savait pas quoi dire à cet inconnu. Enfin, cela valait toujours mieux que la compagnie de sa femme, heureusement, elle n'avait pas voulu venir.

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MessageSujet: Re: [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement   Ven 19 Sep - 17:02

Il aurait été injuste de dire qu’Alexandre était insensible à toute forme de création artistique, injuste et peu exact, car même s’il n’était pas grand féru d’art, il y avait bien quelques toiles pour trouver grâce à ses yeux, du moment qu’il ne s’agissait pas d’oeuvre tirées du département égyptien du Louvre (là, il avait saturé il y a bien longtemps) ou de ces… choses qu’il avait sous les yeux ce soir-là, à savoir une interminable série de statues d’athlètes nus toutes semblables les unes aux autres, exceptée peut-être leur position. Non, définitivement, cet Arno Breker le laissait insensible, et même plus qu’insensible : il ne pouvait s’empêcher d’afficher une perplexité de plus en plus marquée à mesure qu’il découvrait les oeuvres du sculpteur préféré d’Hitler - ce qui, soit dit en passant, avait quelque chose d’inquiétant, car sans doute fallait-il être plus qu’un peu dérangé pour attacher autant d’importance à un paquet d’hommes nus aux corps totalement irréalistes. Il allait se retourner vers Edouard Cabanel pour lui faire part de cette remarque, mais ce ne fut que pour découvrir que celui-ci avait brusquement disparu dans la foule, le laissant seul en tête à tête avec un Teuton de marbre. Reigner jeta un regard autour de lui pour le retrouver, mais il y avait bien trop d’uniformes dans ce fichu Grand Palais pour distinguer quoi que ce soit, et il dut se résoudre à abandonner - non sans songer qu’Eddy avait un sacré culot de le planter là alors que c’était lui qui avait (lourdement) insisté pour qu’il l’accompagne à cette soirée, sous prétexte qu’il ne voulait y emmener ni sa femme, ni sa secrétaire et sur la promesse qu’il y aurait du champagne. Si Alexandre pouvait parfaitement comprendre qu’on veuille s’épargner la présence de Madeleine ou Alice (il aurait d’ailleurs grandement apprécié de ne jamais connaître la première, qui avait trouvé le moyen d’avoir Claussat pour père), il n’avait néanmoins toujours pas mis la main sur une seule coupe de champagne, et il n’avait vraiment pas envie de faire la conversation au gratin de la collaboration, et encore moins à l’un des sbires d’un bonhomme moustachu capable de se fasciner pour des athlètes nus.

Définitivement peu désireux de prolonger son entrevue avec la statue, Alexandre, puisqu’il avait perdu son ami, envisagea d’aller au moins trouver du champagne, mais lorsqu’il s’approcha du buffet, l’endroit ne se contenta pas d’être bondé : il regorgeait de têtes qu’il n’avait pas envie de croiser, à commencer par celle de son propre beau-père. L’avocat se décida donc pour un repli stratégique, et partit plutôt en quête de ce lâcheur de Cabanel dans la première salle qui se présenta à lui, puis dans la suivante, estimant qu’il ne pouvait de toute façon mettre trop de distance entre Carron et lui et non sans pester intérieurement contre Eddy qu’il soupçonna d’être parti discuter statuettes égyptiennes avec un certain Brenmacher (ou quelque chose de ce goût-là, Reigner avait beau avoir quelques notions d’allemand, certains noms ne rentraient pas) qu’il lui avait désigné lorsqu’ils étaient entrés dans le Grand Palais comme étant un grand amateur d’Egypte ancienne. Au fil de son avancée, l’avocat se prit à jeter de vagues coups d’oeil autour de lui pour voir défiler des statues toujours plus semblables les unes aux autres. Il se demandait si le sculpteur n’avait pas poussé le culot jusqu’à reprendre exactement la même tête à chaque fois pour la planter en haut de ses athlètes quand il entra dans une salle presque totalement vide - et par presque, il fallait comprendre qu’il ne s’y trouvait que deux hommes : l’un d’entre eux, nu, en marbre, et l’autre en uniforme, planté devant lui. L’oeuvre - ou ce qu’on voulait faire passer comme telle - portait fièrement le nom de « Sans Titre », ce qui n’empêchait pas un cartel de la désigner comme le clou de l’exposition, assurance qui plongea un instant Reigner dans la perplexité la plus profonde. Le militaire, quant à lui, hochait la tête d’un air connaisseur, presque pénétré. Pouvait-on vraiment trouver de quoi s’extasier devant une pareille horreur ?
- Bonsoir, lança ce qui s’avéra être un haut gradé de la Wehrmacht lorsqu’il remarqua la présence de l’avocat.
- Bonsoir, répondit ce dernier.
Un silence passa, signe que les deux hommes n’avaient définitivement pas grand chose à se dire - quand bien même Alexandre savait faire preuve d’invention lorsqu’il s’agissait de meubler une conversation. Son regard passa du colonel à la statue, puis de la statue au colonel, et il dut reprimer un soupir devant le désespérant constat qu’il préférait encore parler pour ne rien dire avec un Allemand plutôt que de rester planté devant « l’oeuvre ».
- Etonnant, cette ressemblance avec les autres, non ? lâcha-t-il avec une certaine ironie. J’ai l’impression d’avoir déjà vu cette statue ailleurs dans l’exposition… A se demander sinon son plus grand talent n'es pas de pouvoir reproduire cinquante fois le même visage.
Il esquissa un rictus amusé en dévisageant son interlocuteur forcé - et ce sans cesser de maudire Eddy qui allait au moins lui devoir un verre. Au moins.

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MessageSujet: Re: [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement   Dim 19 Oct - 21:44


Interrompant cette discussion à propos de l’œuvre Sans Titre qui s'annonçait pourtant passionnante (à propos de son intérêt métaphysique, sa portée et la délicatesse avec laquelle l'artiste a taillé les muscles), une sentinelle débarque tout à coup dans la salle où Manfred et Alexandre sont arrêtés, l'air tout affolé :
- Vous n'avez vu passer personne ? Quelqu'un avec une valise ?... Quelqu'un qui avait l'air suspect ?
Comme définitivement, la seule compagnie que les deux hommes ont dans cette salle, c'est l’œuvre Sans Titre et que personne ne se permettrait de dire qu'elle a l'air suspecte, la sentinelle daigne uniquement lâcher avant de les quitter pour se planter devant l'entrée de la salle :
- Nous sommes attaqués mais restez tous les deux ici, sans bouger, c'est un ordre que même vous devez suivre, Oberst, navré ! On essaie d'éviter les mouvements de panique et nous pouvons mieux vous protéger ici. Merci de rester là jusqu'à ce que la situation soit débloquée, question de sécurité.
Voilà donc Manfred et Alexandre coincés dans cette salle avec le clou de l'exposition... Et ils n'ont guère d'options qui s'offrent à eux car obéir à un ordre qui doit venir de haut lieu, ça ne se fait pas trop. Que choisiront-ils ? Parlementer avec la sentinelle pour essayer de savoir ce qui se passe et sortir de cette salle ou respecter sagement l'interdiction – en continuant à parler de l’œuvre ?


Contraintes

- Il vous est interdit de sortir de la salle, même en insistant auprès de la sentinelle (qui est armée, vous n'avez pas intérêt à faire trop les malins). Vous ne pouvez pas faire intervenir d'autre PNJ que la sentinelle en question.
- L'un d'entre vous devra placer la phrase suivante dans son post « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu » tandis que le deuxième devra, quant à lui, placer la phrase « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien ». Si vous ne respectez pas cette contrainte, La Voix de Londres vous montrera qu'elle peut être aussi terrible que La Propagande et mettra tous ses petits combattants sur le coup face. Bonne chance !

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Kit par Hasko Landgraf, l'unique 8D, merci à toi !
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MessageSujet: Re: [MINI-INTRIGUE] Une bombe à retardement   Mar 21 Oct - 17:57

Sans savoir pourquoi, Manfred sentait bien que cette conversation risquait d'être pour le moins assez, voire très longue. Et pas forcément très intéressante – tout comme, il fallait bien l'avouer, l'oeuvre en question. Non pas qu'il détesta les français, puisque son interlocuteur en était manifestement un, mais c'est qu'il ne voyait pas bien quoi dire. Il n'allait tout de même pas détaillé des milliers d'année la portée artistique d'une œuvre faite avant tout pour la propagande. Il n'y avait bien que les mondains  pour parler d'art ici, et il n'était pas un mondain, juste quelqu'un qui était là par obligation et qu'on avait forcé à quitter son commandement. Qui, d'ailleurs, avait bien pu lui parler de cette soirée et suggérer que sa présence serait plus qu'appréciée ? Cela devait être von Brax, l'un des officiers de l'OKL, et Mohr ne pouvait pas déplaire à l'OKL, c'était une très mauvaise idée. Mais qu'est-ce qu'il aurait aimé coller une bonne claque à ce petit con de nobliau rhénan de vingt-sept ans qui devait bien se rire de lui désormais et qui, par ailleurs, n'était même pas là. Ah, ça, il devait avoir l'air malin, maintenant, avec son uniforme d'apparat et ses multiples décorations. Cela lui donnait de la dignité mais ne trompait pas son ennui, cependant.

De désespoir, il revint à l'oeuvre, qui, bien évidemment,  n'avait absolument pas évolué depuis qu'il l'avait quittée des yeux. Toujours aussi blanche et nue et semblable aux autres, et toujours Sans Titre – parce que oui, c'était tellement mieux de ne pas donner de titre, cela aurait demandé un effort intellectuel trop important pour Herr Breker...Manfred s'astreignit mentalement à s'arrêter là. C'était le malheur d'avoir de la culture, et une capacité certaine à savoir penser, lorsqu'on vivait dans un régime aussi totalitaire et dur que celui ci. Mohr ne le comprenait, pas cependant. Il était resté à un système de valeurs trop vieux, trop facile, dans un monde droit et carré où le Kaiser et Bismarck dirigeaient. Il ne se rendait pas compte du délire d'Hitler. C'était simplement à nouveau la Grande Allemagne, et les dérives qui se produisaient, il les méprisait, mais les pensaient marginales : ce qui ne l'empêchait pas de se montrer digne et poli. Les vainqueurs devaient toujours se montrer droits et polis.

Quitte à causer avec un français ayant apparement un certain mépris de l'art – au moins lui avouait franchement qu'il ne comprenait que mal ce qu'il se passait et pourquoi on admirait tant Breker. Manfred sourit sans animosité. Il était plein d'humour et pas réellement disposé à tenir le rôle du méchant allemand propagandiste. Cela c'était bon pour les SS. Il n'était pas quelqu'un de tyrannique. Pas mauvais ni cruel.

« Eh bien, ces œuvres sont sensées représenter la grandeur de l'Allemagne. Elle n'a qu'un visage, donc il me paraît assez logique que les statues se ressemblent. Pas vous ? »
Il sourit d'un air aimable, qui pouvait peut-être passer pour un peu inquiétant. Comment savoir s'il plaisantait ou non ? Manfred s'amusait, un peu comme un gosse, de cette ambiguité. Il ajouta : « Je suis l'Oberst Mohr, de la Luftwaffe. Enchanté de vous rencontrer, monsieur ?... »

Il laissa l'occasion à son interlocuteur de se présenter. Ce fut à peu près à ce moment là que la sentinelle entra. Le discours de celle ci était assez peu cohérent. Mais Mohr avait bien compris qu'il y avait une attaque, et qu'au passage, on l'enfermait dans cette salle.

« Enfin, c'est tout de même formidable, cela. Allez vous au moins nous dire ce qu'il se passe ? Non ? Très bien, j'en refererais à votre commandement, je ne sais pas qui a pris ces mesures de sécurité, mais il aura affaire à moi. C'est tout de même un monde, cela. Qu'est-ce que c'est, votre grade, hm ? Je suis absolument persuadé que vous n'avez aucun droit de nous donner des ordres. M'enfermer, moi, Gott ! Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu, tant que nous y sommes, c'est ça ? »

La fureur ne servirait à rien, manifestement, la sentinelle était impassible, et armée, en plus. Manfred préféra renoncer et revint à un ton plus calme pour s'adresser au français :

« Bon, manifestement, nous n'allons pas bouger d'ici. Le désagrément est fâcheux, j'en conviens. Voulez vous essayer de demander à cette tête de bois s'il veut bien nous dire ce qu'il se passe ? »

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