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 Il est plus facile de sortir de ses gonds que d'y rentrer

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MessageSujet: Il est plus facile de sortir de ses gonds que d'y rentrer   Mer 10 Sep - 17:55

Lorsqu’Eva vit l’expression d’Emy, elle sut que quelque chose n’allait pas fort. Pourtant, la journée avait plutôt bien commencé ; certes, il n’était que onze heures. Eva bossait sur un article très intéressant (au sens ironique du terme) sur la dernière parade de Klaus Halder à une fête de quartier organisée par les allemands. En bilingue, évidemment, car tout ce qui touchait un haut dignitaire nazi devait être écrit dans les deux langues. Les occupants ne se donnaient pas tous la peine de maitriser le français assez bien pour être capable de lire le journal. Loin de là. Cela frustrait Eva au plus haut point, elle qui avait appris à parler, lire et écrire les deux langues pour s’intégrer, mais d’un autre côté, c’était en partie cette inculture qui faisait qu’elle avait un job. Elle soupira.

« Que veux tu, on est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. »

Une fois que cette pensée profonde et érudite ait traversé son esprit, elle reposa la version française de son article et se massa les tempes. Cela faisait deux heures qu’elle travaillait sur cet article, car Meilland avait décrété qu’il était urgent et devait être bouclé en une journée, et elle commençait à perdre l’esprit. Elle prit donc une pause et sortit de son tiroir le dernier article de Jean Pierre Puerno qui, pour une obscure raison, avait demandé à Eva son avis. Elle parcourut rapidement le papier sur la reproduction menacée des chenilles vertes en Alsace dûe à la pollution engendrée par la guerre, et leva un sourcil, amusée. Ce Puerno avait des passions…originales, disons.
Elle s’apprêtait à ajouter quelques commentaires à soumettre à Jean Pierre, quand elle entendit des pas rapides et vit la trombine d’Emy apparaitre dans l’encadrure de sa porte. Sa collègue devait avoir eu aussi envie d’une pause et venait lui proposer d’y participer, elle ne prêta donc pas attention à l’expression de la jeune femme.

-Dis, Emy, tu savais que les chenilles vertes sont menacées ? Peut-être que les nazis les considèrent comme à moitié juives, tu crois qu’on devrait…

Elle coupa net sa phrase, ayant enfin relevé le menton avec attention.  Lorsqu’elle vit l’expression d’Emy, elle sut que quelque chose n’allait pas fort. La jeune anglaise avait l’air furieuse, voire à la limite de l’implosion. La blondinette se leva et se dirigea vers son amie dans un geste d’inquiétude.

-Qu’est-ce qui se passe ? Tu as des soucis ?

Emy était avant tout une mission pour Eva, néanmoins l’espionne appréciait sa collègue, sa verve, la passion qu’elle mettait dans ce qu’elle faisait, ses convictions. Elle passait de bons moments en sa compagnie, et elle n’avait jamais vu Emy dans cet état. Elle eut soudain peur que Meilland l’ait licenciée à cause de leurs différends. Si c’était le cas, elle aurait deux mots à lui dire, à Gabriel. Il ne pouvait pas faire ça. Emy était l’une des meilleurs journalistes au Courrier. Eva posa sa main sur l’épaule d’Emy et s’attendit au pire.
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Emy Hale
La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule.



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Je parle pas aux cons, ça les instruit.
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■ profession : Journaliste au Courrier Parisien

PAPIERS !
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■ situation amoureuse: Célibataire endurcie, le couple c'est bourgeois et catholique, d'abord.
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MessageSujet: Re: Il est plus facile de sortir de ses gonds que d'y rentrer   Mar 20 Jan - 15:46

- Allez vous faire voir, Meilland !
La porte du bureau du rédacteur en chef du Courrier Parisien claqua brusquement derrière Emy Hale, qui s'éloigna de ce qui constituait désormais à ses yeux l'une des pièces les plus mal fréquentées de cette rédaction à grands pas, visiblement furieuse, en lançant à l'un de ses collègues qui passait par là un regard qui le dissuada aussitôt de poser la moindre question (et pourtant, Daniel était un homme curieux, qui ne s'embarrassait pas toujours, voire jamais, des états d'âme des autres). Furieuse, le mot était faible. À cet instant précis, la jeune femme se sentait presque prête à faire n'importe quoi, y compris tout plaquer et s'enfuir le plus loin possible de cet endroit qui n'était même plus l'ombre de ce qu'avait un jour été le Courrier Parisien. Ou étrangler Gabriel Meilland de ses propres mains, s'il n'avait pas été un peu plus impressionnant que sa petite personne et horriblement prompt à laisser traîner ses mains là où elle ne le souhaitait pas, si bien qu'il aurait été capable de la perturber même au moment de suffoquer. Des larmes de rages dans les yeux, poings crispés à en faire blanchir ses mains, Emy ne savait pas exactement où elle allait déverser sa colère. Tout ce qu'elle voulait c'était mettre le plus de distance possible entre elle et cette ordure de Meilland qui, à lui tout seul, était plus doué que les Allemands pour faire de ses journées un enfer. Et ce n'était pas peu dire. L'espace d'un instant, elle envisagea sérieusement la possibilité de récupérer ses affaires et de vider les lieux sans revenir, mais heureusement – ou plutôt hélas, car se sortir de là et cesser d'écrire les horreurs qu'on lui demandait était sans doute une décision qu'elle aurait dû prendre depuis longtemps – la première porte sur laquelle elle tomba ne fut pas la sienne, mais celle de de la dernière personne en laquelle elle avait un peu confiance en ces lieux : Eva Jürgen qui, comme son nom ne l'indiquait pas, était la seule à ne pas avoir perdu l'esprit ici alors même qu'elle était arrivée en pleine folie.

Les accrochages entre Emy Hale, journaliste peu disciplinée et dernier reliquat des grandes heures du journal et Gabriel Meilland, qui avait récemment pris la place du rédacteur en chef, n'étaient pas rares, quand bien même il n'y avait que quelques semaines que Meilland avait pris ses fonctions (suite à la disparition d'Hugo, officiellement arrêté). Mais cette fois c'en était trop pour la jeune femme, à laquelle on avait demandé d'écrire un réquisitoire contre un médecin qui venait d'être condamné pour avoir pratiqué un avortement. Condamné à mort, pour quelque chose qu'elle avait toujours défendu (ce qu'il savait pertinemment) ! Emy ne pouvait s'y résoudre, pas même pour s'épargner des disputes avec son patron qui la laissaient toujours dans un état de nervosité extrême, tant elle avait du mal à le supporter lui, ses menaces et ses avances à peine dissimulées. Elle avait déjà fait beaucoup contre tout ce qu'elle pensait juste, ou bien. Elle s'était compromise à un point qui la dégoûtait, sans pour autant réussir à se convaincre de tout quitter. Mais dans l'état où elle était, l'entrevue de ce matin était la goutte de trop dans un vase qui débordait déjà. Et la boule qui lui nouait la gorge, la fureur qui faisait trembler ses mains, le désespoir qui lui brûlaient les yeux ne s'étaient pas encore dissipés lorsqu'elle pénétra sans y avoir été invitée dans le bureau d'Eva.
- Dis, Emy, tu savais que les chenilles vertes sont menacées ? lança cette dernière sans avoir levé la tête. Peut-être que les nazis les considèrent comme à moitié juives, tu crois qu’on devrait…
Même la stupidité des articles de cet imbécile de Puerno – seul lui pouvait aborder un sujet aussi ridicule, période de guerre ou non – ne parvint pas à dérider Emy qui s'était plantée, raide, face à sa collègue, et la fixait en cherchant quoi dire – ou peut-être plutôt son souffle, avant de prononcer le moindre mot. Ce qu'Eva sembla brusquement remarquer.
- Qu’est-ce qui se passe ? Tu as des soucis ? demanda-t-elle en se levant.
- Il se passe que je vais tuer Meilland. Littéralement, articula sourdement Emy.

Elle passa deux mains fébrile sur son visage, et inspira profondément pour retrouver un semblant de calme. En d'autres temps, jamais elle n'aurait laissé un... un enfoiré, il n'y avait pas d'autre mot, l'atteindre de la sorte, quand bien même il était aussi détestable que cette espèce de collabo qu'elle tenait (à tort, peut-être, mais elle s'en moquait)  pour responsable de la disparition (et la mort probablement) d'Hugo et qu'elle ne supportait déjà pas avant la guerre. En d'autres temps, elle n'aurait traité tout cela qu'avec mépris, elle aurait déversé sa colère auprès de sa bande d'amis, ou plutôt de Max qui lui aurait remonté le moral en un instant, et la vie aurait poursuivi son cours. Mais ses amis ne l'étaient plus, Max avait disparu en Allemagne et son seuil de tolérance aux ordures avait singulièrement baissé depuis trois ans. Heureusement, il restait Eva.
- Ou alors c'est moi qui vais mourir si je reste ici, est-ce qu'on peut sortir s'il te plaît ? N'importe où, où tu veux mais j'ai besoin de prendre l'air... reprit-elle, plus calme, mais avec dans la voix des accents pathétiques de désespoir.
Heureusement, il restait Eva oui, qui – Emy n'en doutait pas – avait probablement besoin d'une pause elle aussi, quand bien même il était encore tôt. Après tout, elle en était réduite à lire des articles de Puerno sur les chenilles vertes en voie de disparition (un beau score dans l'inintéressant à bien y réfléchir, et dire qu'il avait récemment remporté un prix de journalisme...) et personne de normalement constitué ne lisait ce genre de torchon sinon en cas de sérieux besoin de faire une pause. Autant leur éviter à toutes les deux de devenir folles, et quitter les lieux, au moins pour quelques heures. Et Eva, en bonne amie sur laquelle on pouvait compter, accepta, au plus grand soulagement de sa collègue.

Cette dernière, qui ne se doutait pas un instant que l'amitié en question était avant tout une façade et qu'elle était surtout surveillée, prit à peine le temps de remonter dans son bureau pour récupérer ses affaires avant de rejoindre Eva dans le hall, sous l'habituel regard méprisant de la peau de vache de l'accueil qui allait sans doute lever les yeux au ciel dès leur sortie en soupirant que le travail et la discipline étaient des notions étrangères à certaines. Une fois dans la rue, Emy alluma l'une des rares cigarettes qui lui restaient – cas de force majeur – non sans en avoir proposé une à Eva, et poussa un long soupir. Enfin de l'air.
- Merci d'être venue... je te paye un café pour la peine, où est-ce que tu veux aller ? lança-t-elle, légèrement revigorée. Je ne supporte plus ce type – d'accord je ne le supportais pas dès le début, mais c'est de pire en pire... Tu n'as pas envie de tout plaquer, parfois ?
L'envie de s'enfuir, encore et toujours, au lieu de rester et de prendre les choses en main. Elle était bien loin, la Emy qui déclenchait des scandales politiques pour obtenir la place qu'elle désirait, ou même celle qui faisait sans baisser la tête des pieds de nez aux Allemands, et l'abattement avec lequel elle s'était débattue pendant des mois l'année précédente avait bel et bien fini par revenir. Sauf que cette fois, la conviction pour se débattre lui manquait. Elle se tourna vers Eva, et réalisa qu'elle n'avait aucune idée des raisons qui l'avaient poussée à venir, et surtout à rester, alors qu'elles avaient visiblement le même avis sur Meilland et sa clique.
- Qu'est-ce qu'on attend pour s'en aller, hein ?
Vaste question. A laquelle elle savait très bien que la réponse, quelle qu'elle soit, ne la conduirait pas à tout quitter. Au fond, elle n'était plus fichue de prendre le moindre risque.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Il est plus facile de sortir de ses gonds que d'y rentrer   Lun 9 Fév - 14:40

L’état d’urgence était déclaré, de toute évidence. Eva avait déjà vu Emy agacée, frustrée, en colère, mais jamais dans l’état où elle la voyait actuellement. Car sa collègue était de toute évidence au bord du craquage nerveux. Elle était blanche comme un linge, elle tremblait de la tête au pied, et ses yeux n’auguraient rien de bon. Visiblement, elle sortait d’un entretien avec Gabriel qui s’était très mal passé. Et encore, c’était un bel euphémisme. Meilland avait l’air et la manière de mettre ses collaborateurs en colère, mais avec Emy, il se prêtait à l’exercice avec un plaisir presque malsain depuis quelques temps. Et aujourd’hui, il avait dû aller un peu trop loin. Lorsqu’Emy évoqua l’idée de tuer le rédacteur en chef, Eva sut d’instinct que ce n’était pas juste une expression. Non pas que ça l’embêterait outre mesure, après tout elle-même n’appréciait pas Meilland énormément. Mais c’aurait été embêtant pour le journal, pour sa mission, et pour Emy ; en bref ça n’était pas une super idée. Elle s’apprêtait à dire quelque chose pour essayer de calmer le jeu, proposer d’aller voir Meilland même s’il le fallait pour arrondir les angles, mais Emy prit les devants. Elle était moins en colère mais dans sa voix transparaissait beaucoup de détresse. Eva eut un pincement au cœur en voyant sa collègue dans cet état ; comment pouvait-elle lui refuser une échappatoire ? Elle hocha la tête rapidement, l’air grave mais rassurant.
« Viens, sortons d’ici. Je t’attends dans le hall. »

Elle se retourna et attrapa son manteau à la va-vite. Après tout une pause ne lui ferait pas de mal non plus, c’était toujours mieux que de bloquer sur un article et d’en être réduite à aider Puerno. Les chenilles, tout de même. Et c’était lui la fine fleur du Courrier. Alors qu’elle se tuait à écrire un article hypocrite et plein de propagande en deux langues. La vie était injuste. Et pour la peine, la vie accorderait une pause aux deux journalistes. Emy sortit rapidement, pour aller chercher des affaires, et Eva descendit dans le hall. L’hôtesse d’accueil la regarda d’un air mauvais, comme à chaque fois qu’elle la croisait, qu’Eva lui rendit avec beaucoup de franchise. Elle se mêlait de quoi, celle-là, d’abord ? Elle était coincée à son poste toute la journée, ce n’était pas de la faute d’Eva. La jeune femme était de toute façon de mauvaise humeur depuis l’entrée d’Emy. A croire que la fureur de la brunette était contagieuse. C’était n’importe quoi d’en arriver là, qu’avait donc Gabriel derrière la tête ? Eva serait bien montée lui dire deux mots dans son bureau, mais elle ne voulait pas faire attendre Emy. De toute façon, Gabriel et elle avaient rendez-vous en fin de semaine, elle pourrait bien lui en parler à ce moment-là.

Emy finit par arriver, toujours aussi furieuse, et Eva lui lança un sourire avant de sortir avec elle. Dès qu’elles eurent franchi la porte, Emy sortit une cigarette et en proposa une à Eva, qui refusa poliment. Elle n’avait jamais été une grande fumeuse, et depuis le rationnement et la rareté croissante du tabac, elle avait décidé d’arrêter totalement. Elle savait toute la valeur d’une cigarette, et elle savait que l’offre d’Emy était une preuve d’amitié, mais elle préférait ne pas priver sa collègue de ce peu de plaisir qu’il restait en ce bas monde. Et puis, Eva prenait soin de ne pas trop être proche des gens, ne jamais leur être redevable de rien, c’était devenu un réflexe de survie. Et avec Emy c’était d’autant plus important que leur relation avait 50% de chances de mal finir.  

« Merci d'être venue... je te paye un café pour la peine, où est-ce que tu veux aller ? »

« Ah j’ai bien besoin d’un bon café ! On va au même que la semaine dernière ? »

Déjà Emy commençait à vider son sac. Au moins, personne ne s’embêterait avec des paroles hypocrites.

« Je ne supporte plus ce type – d'accord je ne le supportais pas dès le début, mais c'est de pire en pire... Tu n'as pas envie de tout plaquer, parfois ? »

Que répondre à ça ? Bien entendu qu’Eva avait parfois envie de tout plaquer. Souvent même. Elle aurait même voulu ne jamais atterrir ici. Mais elle n’avait pas le choix, elle avait une mission et elle avait un fils à retrouver. Alors, tout plaquer n’était pas une option envisageable. Elle comprenait qu’Emy l’envisage, ceci étant dit. D’ailleurs, Eva se demandait parfois pourquoi elle ne le faisait pas, mis à part le fait qu’il aurait été difficile de retrouver un travail en tant que journaliste par la suite. Mais la miss Hale était débrouillarde, elle saurait se reconvertir, non ? Elle pourrait même entrer au Réveil, vu ses talents certains de journaliste. Au Courrier elle écrivait des articles qui la répugnaient un peu plus de jour en jour. Elle ne supportait pas Meilland, elle aimait tout autant certains de ses collègues, Elise Joubert lui mettait des bâtons dans les roues dès qu’elle le pouvait. Qu’est-ce qui la retenait là ?

Vraisemblablement, cela la retenait de moins en moins d’ailleurs, vu qu’elle exprimait à cœur ouvert la possibilité de tout envoyer valser. Elle l’exprima d’ailleurs une deuxième fois, avec un certain abattement dans la voix. Eva la regarda un instant, silencieuse, ne sachant quoi répondre. Il fallait la jouer fine, aller dans le sens d’Emy sans paraitre trop conciliante. L’espionne en Eva se réveilla d’un coup ; dans cette position, il y avait une occasion en or de glaner des informations. Si Emy voulait s’en aller, elle pouvait bien dire la vérité sur sa situation à une collègue et amie, non ?
C’était un peu horrible de penser de la sorte. Mais Eva avait été entrainée toute sa vie comme ça. Voir l’occasion, s’engouffrer dans la faille, atteindre son objectif en disant les bons mots au bon moment. C’était ce qu’elle savait faire de mieux. Et elle le fit avec Emy.

« Je crois qu’on a simplement pas le luxe de tout plaquer. Pourtant ce n’est pas l’envie qui manque pour moi non plus, tu sais. Mais s’en aller, là, comme ça ? Je suis venue à Paris pour être journaliste, je ne sais faire que ça. Il est hors de question que je retourne en Allemagne, mais si je claque la porte du Courrier, tu crois qu’on m’accepterait ailleurs dans Paris, ailleurs que dans un endroit tout aussi rempli de collabos ? On n’a pas vraiment le choix, Emy, si ? Il y a bien le Réveil, mais est-ce vraiment la vie que l’on veut vivre ? »

Et sur ces paroles, elle se tourna vers sa collègue, un sourire un peu blasé aux lèvres. L’hameçon était lancé.
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