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 Victoire Langremont

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MessageSujet: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 14:14



Victoire Langremont

Résistants



Elizabeth Olsen © AirRipley

Et toi alors?

Partie s'adressant au joueur


☆ Delrya
☆ 22 ans
☆ Master Édition
☆ Via PRD
☆ Il est nul, c’pour ça que j’ai envoyé autant de compliments par MP :D




Papiers ?


Un personnage inventé
Un poste vacant

    ♠ Age du personnage : 24 ans
    ♠ Nationalité : Française
    ♠ Statut : Sept années déjà que te voilà fiancée, en atteste l’anneau discret que Nicolas t’offrit au soir du premier anniversaire de votre rencontre. Un anneau qui ne te quitte jamais, accroché à une chaînette que tu portes nuit et jour.
    ♠ Religion : De confession catholique depuis toute petite, tu as toujours porté un très grand respect à la religion mais depuis le début de la guerre, ta foi s’est faite vacillante. Comment le Dieu d’amour prêché dans vos églises a-t-il pu permettre pareils crimes ?
    ♠ Profession : Tu l’affirmes depuis ton plus jeune âge sous le regard amusé de tes proches qui doutaient qu’une enfant si jeune sache déjà à quoi la destinait l’avenir : plus tard tu soignerais des vies. Mais la guerre était alors bien loin et tu n’avais pas imaginé les horreurs auxquelles le conflit te confronterait. Pourtant, face à tous, tu conserves ce sourire amical, presque tendre dont ils ont besoin autant que de tes soins, ne cessant de refouler tes larmes que dans l’intimité de ta chambre.


Petit questionnaire


♠ Son livre préféré ? Amatrice de théâtre plus que de littérature, ce sont les dramaturges de l’Antiquité et de la Renaissance qui te séduisent entre tous. Tu préfères leurs textes courts et rythmés aux fictions interminables de tes contemporains. Et s’il fallait n’en choisir qu’un ? Certainement Le Cid de Corneille, que tu relus plusieurs dizaines de fois sous l’abri de tes couvertures.

♠ Son lieu préféré dans Paris ? Longtemps ce fut le Sacré Cœur de Montmartre, cette Basilique extraordinaire achevée trois ans après ta naissance. Ce monument aux murs immaculés dédié à ce Dieu que tu chérissais. L’enfant pétillante que tu fus harassait ses parents pour qu’ils dirigent vers la butte la promenade familiale dominicale.
Les années sombres qui virent ta foi chanceler t’éloignèrent des églises de toute sorte. Désormais, ce sont les bords de Seine qui ont ta préférence, lieu magnifique de ta rencontre avec Nicolas mais il devenu rare de t'y voir flâner, trop de souvenirs s'y heurtent.

♠ Son avis sur les Allemands ? L’occupant. L’ennemi. L’envahisseur. Ton vocabulaire pour décrire le peuple d’outre-Rhin est certes moins coloré que celui de bien des collègues du SOE mais tu n’en penses pas moins à l’égard de ceux qui foulent le territoire français avec l’assurance d’être en pays conquis.
Tu ne portes pas d’armes, ne planifies ni attentats ni meurtres mais tu es résistante, de cœur et d’âme, engagée dans la cause de la France Libre jusqu’au bout des ongles. Et si tu ne peux te permettre de refuser de soigner des allemands – par conscience professionnelle autant que pour la sécurité de ta couverture – tu n’opères alors qu’avec de grandes réticences, t’efforçant de profiter de la situation pour récupérer autant d’informations que possible.

♠ Son avis sur les juifs ? Les hommes sont enfants de Dieu, tous autant qu’ils sont. Et Dieu les aime tous. Ta mère t’a enseigné une foi vive, profonde, mais surtout une religion basée sur l’amour de son prochain. Que t’importe qu’ils soient d’une autre confession, que leurs origines se perdent au loin, sur ces terres qui virent naître le Christ. A tes yeux, ils sont comme tous les autres hommes, avec leurs forces, leurs faiblesses et une croyance qui diffère de la tienne. Rien qui ne justifie de les marquer de la sorte, de leur infliger cette étoile de la honte qui te laisse pantelante de fureur. Au nom de quoi, de qui, l’amour d’un Dieu devrait-il représenter une infamie ?

♠ Aime-t-il sortir et où ? Tu fus adolescente dans les rues de Paris, courant les rues sans retenue chaque fois que l’occasion s’en présentait, main dans la main avec ton frère chargé de veiller sur toi. Tu es sortie, plus que n’ont coutume de le faire les jeunes filles de ton âge, savourant la douceur de jours sans menace. Puis, toujours sous l’impulsion de Thomas, tu rejoignis le SFIO, militante convaincue. Tu étais de toutes les revendications, de toutes les manifestations, clamant « Pain, Paix, Liberté » avec toute la force de tes poumons.  
Jusqu’en 39.
En quelques mois, tout se précipita. Et l’adolescente insouciante – presque femme, du haut de ses 19 ans – eut bien d’autres préoccupations que de flâner. Ta fuite vers l’Espagne, ton arrivée à Londres, ta lutte pour pouvoir rejoindre les réseaux résistants qui se méfiaient de toi, malgré ton refus immédiat de suivre les fauristes, éloignèrent de tes pensées loisirs et distractions. Et désormais, alors que tu loges seule dans une chambrette sous les toits, tu as conservé la tempérance de ces trois années d’incertitude. Tes journées, tes nuits, tu les consacres à la Croix Rouge et au SOE et il est bien rare de te voir sortir, si ce n’est sous l’impulsion de Pippo.

♠ Son premier geste le matin ? Geste réflexe, geste indispensable : tu cherches à ton cou la chaînette dorée qui retient ta bague de fiançailles.

♠ Sa couleur favorite ? Le blanc de la paix, de l’innocence, de l’insouciance et le bleu des yeux de Nicolas que tu retrouves dans un ciel de printemps.

♠ A-t-il des manies/tics ? L’enfant insouciante a découvert les affres de l’inquiétude et de l’angoisse depuis son retour à Paris et se sont tes ongles qui en font les frais. Tu ne les ronges pas – une infirmière les porte bien trop courts pour que la chose soit possible – mais tu t’en prends à toutes les peaux qui les entourent, les arrachant parfois jusqu’à faire perler une goutte de sang. Une manie que tu tentes de réfréner mais qui te reprends dans chaque moment d’attente. Plus tu es nerveuse et plus ils en pâtissent.
Pour tenter de pallier ce mauvais réflexe, il n’est pas rare de te voir jouer avec tes cheveux. Mais l’acte ne t’est pas naturel, tu ne sais pas les manipuler avec cette dextérité qui rendent les femmes séduisantes. En revanche, il est une mèche que tu ne cesses de tourmenter, la callant derrière ton oreille quand elle te tombe sur les yeux pour mieux l’en retirer juste après, ne supportant pas de la sentir là. Un geste réflexe que tu répètes inconsciemment à longueur de journée.

♠ Sa saison préférée ? Sans aucune hésitation, le printemps. Le renouveau de la nature, l’apparition timide des premières fleurs de la saison qui embaument l’air d’un parfum d’espoir… C’est également la seule période à te voir regretter de ne pas habiter à la campagne où ces senteurs se font plus enivrantes encore.

♠ Son avis sur les manifestations ? Ton avis est partagé sur la question. Tu comprends – ô combien – le besoin de crier son mécontentement, d’espérer changer les choses par la force des voix du peuple unifiées. Quelques années plus tôt, tu aurais sans doute été en première ligne de ces mouvements, criant à belle voix. Mais l’heure n’est plus pour toi aux actions d’éclat qui risqueraient de te faire remarquer des autorités. Et surtout, tu doutes de l’efficacité de telles manœuvres. Pensent-ils vraiment que leur courage suffira à faire ployer le gouvernement, à améliorer les conditions de vie ? Si c’est le cas, tu admires leur assurance. Mais personne ne te convaincra du bien-fondé de ces manifestations qui finissent trop souvent en pugilat et dont tu vois défiler les victimes jour après jour à la Croix Rouge.


Ton histoire



« Connaissez-vous cet homme ? »
Tes yeux ont quitté le visage sévère de l'officier, glissant sur la photographie qu'il te présente. L'image, de piètre qualité, représentait un homme dans la vingtaine en mouvement, avec cette expression de défiance qu'ont tous les fugitifs. Un homme au regard sévère, le visage mangé par une barbe qui n'avait du voir ni rasoir, ni barbier depuis des semaines. Un homme que tu aurais reconnu entre tous.

Thomas.

Les mains jointes, fermement posées sur tes cuisses pour les empêcher de trembler, tu répondis d'une voix la plus assurée possible. « Non monsieur. » Quelques secondes s'écoulèrent. Il jaugeait ton maintien figé la pâleur de tes joues et tu demeures ainsi, immobile, patientant devant l'éternité de ce regard scrutateur. Enfin il se leva, rangea précautionneusement le cliché dans sa chemise de cuir noir et te dirigea vers la porte du bureau. « Il s'agit d'un dangereux terroriste. Nos équipes l'ont appréhendé et blessé voilà trois jours. Nous avons toutes les raisons de penser qu'il cherche à se faire soigner. Si vous l'apercevez... Je ne manquerai pas de vous faire prévenir. Merci de votre collaboration. »

Collaboration... Le mot te hanta toute la journée durant. Aux pérorages de tes collègues, tu ne trouvas à répondre qu'un mince sourire. Les discussions s'éternisèrent autour de l’événement de la matinée. C'est qu'elles trouvaient l'affaire fort excitante, pensez vous donc ! Un bel homme, dangereux, qui aurait besoin de leurs soins attentifs... Quelle histoire ! Le soulagement t'étreignis quand votre aînée déclara que les commérages étaient clos, renvoyant les bavardes à leurs patients.

Tu tournas les talons, revenant au chevet du petit Marcel. L'enfant était mourant. Miné par une mauvaise fièvre contre laquelle son organisme ne luttait plus, affaibli par les privations et la faim. Tu l'avais veillé toute la nuit durant, ne t'en éloignant que sur l'injonction de cet officier inquisiteur à qui il avait bien fallu obéir.
Dans le lit aux draps trop blancs, il apparaissait minuscule. Seul son poignet frêle en émergeait, sa petite menotte serrée entre les mains tremblantes de sa mère.
Tu posas délicatement ta main sur son épaule. Elle s'écarta pour te laisser procéder. Las, la fièvre ne diminuait pas. Et malgré tous les trésors d'imagination déployé, tu n'avais pu lui faire avaler quoi que ce soit. En d'autres temps, d'autres lieux avec de vrais moyens, des perfusions, tu aurais pu l'alimenter, coûte que coûte, aider son corps fragilisé à lutter contre la bactérie.
Du fond de son sommeil, il ouvrit brièvement les yeux, t'adressa un pauvre sourire, comme pour te rassurer, comme pour te dire qu'il savait que tu avais tout essayé... Puis les referma, épuisé par le seul effort que cela représentait.
De rage, tu renversas le tabouret en te relevant, ne pouvant contenir les larmes de fureur perlant dans tes yeux vers. « Vous devriez rentrer chez vous, mademoiselle. » Le ton était doux. La voix ferme. « Non... Non, je dois rester, il... Il n'est rien de plus que vous puissiez faire. Vous n'avez pas quitté ces murs depuis quarante-huit heures, rentrez vous reposer. » Le médecin de service braquait sur toi un regard sans équivoque. « Ils ont besoin de votre énergie. » acheva-t-il en désignant du menton les patients alités. Souffrants. Le seul argument qui puisse te faire obtempérer.


Blouse raccrochée, les mains enfoncées au possibles dans tes poches pour les protéger du froid de ce petit matin d'avril, tu demeuras un instant immobile devant le dispensaire. Déboussolée. La fatigue, dûment repoussée depuis deux jours, reprenait finalement ses droits, brouillant tes sens, tes idées pour ne te laisser qu'une idée obsédante. Insupportable. Un enfant de plus serait aujourd'hui victime de la guerre. Un enfant innocent, qui n'avait pour seul tort que d'être né à la mauvaise époque, fauché par l'injustice et l'inconstance des adultes.
Chienne de vie.
Des larmes silencieuses s'évadèrent le long de tes joues sans que tu n'y prennes garde. Oh, ce dernier regard qu'il t'avait lancé... Ce pardon, cet amour dans ses yeux, cet apaisement... Dire qu'il aurait suffit de si peu, quelques visites de prévention, l'assurance de quelques repas... Mais vos dispensaires n'étaient pas des soupes populaires et vous n'aviez guère de moyens pour tenir de telles permanences. Restait aux plus nantis le privilège de faire appeler des médecins pour le plus petit bleu, et aux moins chanceux l'espoir de ne pas contracter de maladie. Les plus résistants d'entre eux s'en remettaient et les plus faibles... Darwinisme implacable basé sur la loi du plus riche.
Tu te mis finalement en marche, esquivant le regard des passants intrigués par ton immobilité. Le pas lent, la démarche incertaine, sans réel but ni direction, tu passas d'une rue à l'autre. Les tignasses brunes, blondes et rousses étaient légions, gamins courant dans les rues, te ramenant implacablement au dispensaire. T'évoquant tous ces enfants que tu avais un jour soigné d'une fièvre, d'une plaie, d'une fracture. Chaque fois accompagnés de parents inquiets qui iraient jusqu'à risquer leurs vies pour eux.
Tu n'avais d'ailleurs plus revu Maksim depuis plusieurs semaines. L'enfançon était de ces patients que tu affectionnais entre tous, souriant, curieux de tout, remplissant le dispensaire de ses babillages aux heures nocturnes où les murs se vidaient du personnel soignant sans astreinte. Auprès de lui, tu retrouvais le sourire, te souvenant des rêves que tu avais d'un jour fonder une famille, dans un monde qui ne serait plus déchiré par la haine. Et tu espérais, en ton fort intérieur, qu'un jour viendrait où la mère de l'enfant s'ouvrirait au monde à nouveau. La responsable de la Brigade demeurait un mystère à tes yeux, de son regard scrutateur fixé sur tes gestes quand tu auscultais son fils au remerciement à demi-mot dont elle te gratifiait à son départ, les poches remplies des médicaments que tu avais pu lui fournir. Son regard traduisait bien plus de reconnaissance que sa voix n'était certainement capable d'exprimer.

Thomas était-il lui aussi devenu d'un stoïcisme à toute épreuve ? Ton frère si prompt aux effusions, aux éclats de rire, qui t'emmenait galoper dans les rues de Paris, un morceau de nougat à la main. Lui qui t'apprit à monter aux arbres, à tenir sur une bicyclette, qui jouait des coudes dans la foule pour que vous puissiez admirer les défilés sur les Champs-Elysées. Avec lui, tu avais fait les quatre-cents coups, tâchant tes jupes et dénouant tes nattes au grand dam de ta mère qui se désespérait de te voir t'assagir un jour. Tu la rassurais d'un sourire, déposant un baiser sur sa joue avant de mieux t'en retourner trottiner derrière ton frère.
C'est lui encore qui t'entraîna dans les réunions du SFIO, t'assurant que par vos voix réunies, vous auriez le pouvoir de changer les choses. Du haut de tes seize ans, tu n'avais pas encore les convictions de ton brûlant cadet et au fond, peut t'importait ! Tu aimais à investir les rues de Paris, slogan aux lèvres, pancarte à la main, badinant avec tes compagnons d'indignation. Ils t'évoquaient leurs espoirs, leur volonté, te démontraient les injustices de votre société qu'il était temps de pallier, les dérives de votre gouvernement... Et toujours avec cette fièvre qui faisait flamboyer leurs yeux, qui les transfigurait. Ils avaient la foi. Ils croyaient en leur capacité à proposer un avenir meilleur. Ce furent leur véhémence, leur confiance qui trouvèrent résonance en ton cœur idéaliste, faisant de toi une militante acharnée. Aujourd'hui encore, tu continues de croire en ces idées d'égalité que vous défendiez, désormais souillées par ces fauristes collaborationnistes dont la seule mention suffit à te fâcher.
Période de ta vie riche entre toutes que ces jours où tu côtoyas hommes et femmes d'origines, de conditions et de confessions différentes, t'ouvrant aux autres avec délectation. A leurs côtés, tu appris plus que ne t'enseigna jamais l'école : le partage, la confiance, , l'empathie, la compassion, parfois l'inquiétude, le doute, la tristesse quand l'un des vôtres se voyait coffrer par les forces de l'ordre pour trouble à l'ordre public. Et même, un frileux matin de novembre 36, tu découvris les premiers émois de l'amour.
Ton supposé chaperon ne gardait pas toujours l’œil sur toi - loin s'en faut ! - te considérant en sûreté au milieu de ces gens qu'il estimait. Une désinvolture qui aurait horrifié votre mère qui vous convenait parfaitement. Lui-même se trouvait fort occupé, se laissant emporter dans des débats enflammés ou contant fleurette aux jolies manifestantes. Ce n'était que le soir venu, sur le chemin du retour au logis familial, que vous échangiez vos impressions, vos avis, vos activités au point de laisser à penser que vous ne vous étiez pas quittés de la journée.

Et la guerre vint. Mettant fin aux manifestations, avec dans son sillage dévastateur la défaite, l'humiliation, l'occupation, la collaboration qui allumèrent un brasier de fureur dans les yeux de ton frère. Ton frère qui partit, aux lendemains de l'établissement du régime de Vichy, rejoindre les maquisards pour défendre sa patrie, refusant de plier sous le joug germanique. Tu avais vu, au matin de son départ, cette étincelle de haine dans son regard, cette colère dans ses gestes. Il voulait venger son pays, venger son aîné, tombé au front dès les premiers assauts. Michel avait six ans de plus que lui - huit avec toi. Trop pour être l'ami complice de vos jeux enfants mais avec cette stature du grand frère mesuré et sérieux à qui tout réussi, celui que tout gamin voudrait avoir pour modèle.
Un modèle fauché au printemps 1940 par une bombe allemande.
Seule une médaille du mérite vous avait été ramenée. La guerre allait-elle aujourd'hui t'arracher ton second frère ? Il pouvait être n'importe où, se vidant de son sang dans les rues de Paris sans aucun secours...

Inconsciemment, ton regard glissait sur les impasses que tu dépassais, comme pour y apercevoir la forme ramassée d'une silhouette assise. Mais il n'était personne en ces ruelles que quelques hères avachis, bouteille à la main, l'espoir au fond des bottes. Nulle trace des mèches claires de ton frère ni de ses yeux frondeurs.
Perdue dans tes pensées, tu bousculas une mère de famille, panier à la main, rejoignant la file qui serpentait, ticket de rationnement à la main, pour quelques bouchées de pain. Sur un mot d'excuse un peu honteux, tu bifurquas pour tomber en arrêt.
Devant toi s'étendait la Seine, vaste ruban sombre glissant entre les murs de pierre, s'évasant à l'est pour encadrer la silhouette magnifique de Notre-Dame. Tes pas inconstants et le hasard t'avaient guidé tout droit au pied du Pont Royal. Dieu du ciel, depuis combien de temps n'avais-tu plus mis les pieds ici ? Aux lendemains de ton retour à Paris, tu y flânais presque quotidiennement, guettant l'apparition de Nicolas - où aurait-il pu mieux te retrouver qu'en ce lieu qui avait vu fleurir votre amour ? Cet endroit précis où il avait demandé ta main, ô tu t'en souviens si bien... Tu te souviens de ton émotion, des larmes discrètes venues faire étinceler tes grands yeux verts, de ton bonheur immense alors que tu hochais la tête, incapable d’émettre le moindre son. Les échos inquiétants de la montée du nazisme en Allemagne ont repoussé vos noces. Il semblait plus sage, plus raisonnable de ne pas agir dans la précipitation.
Une année s'était écoulée. Puis deux et trois, sans qu'aucun moment ne se montre favorable. Quant à vous marier devant ce régime collaborationniste que vous exécriez... Plutôt partir que d'accepter les honteuses conditions de la reddition française. Sans aucune hésitation, vous avez quitté vos emplois, partant pour l'Angleterre afin d'y aider les réseaux résistants. Mais il n'y eut que sa famille maternelle pour vous accueillir à bras ouverts. Partout, les portes se fermèrent, les regards se firent soupçonneux au nom d'une méfiance injuste envers un mouvement qui n'avait jamais fait que prôner l'égalité, désormais sali par la volonté de quelques décisionnaires.
Jusqu'au SOE. Tu n'aurais pourtant jamais songé à entrer en contact avec ce service de renseignement britannique mais puisqu'ils acceptaient votre aide... Ils te formèrent, complétant ta formation d'infirmière, t'apprenant à décrypter comportements et sous-entendus que tu pourrais ensuite rapporter à ton supérieur à Paris. Car c'est dans la ville de ton enfance qu'ils te renvoyaient avec mission de guetter la moindre information susceptible d'aider à la Libération. Qui se méfierait d'une toute jeune infirmière au sourire engageant ? Ta fraîcheur serait la plus efficace des couvertures et ton fiancé te suivrait prochainement, parachuté à son tour dès que serait achevée sa propre préparation.
Tu ne voulais pas être séparée de lui, tu as pourtant accepté sur ses encouragements, trop désireuse de te rendre utile, convaincue de le retrouver bientôt.
Comme tu le regrettes aujourd'hui...
Les mois ont passé depuis votre séparation, d'abord quatre puis six et aujourd'hui presque douze. Mais Nicolas n'est jamais venu. Tu as voulu croire, de toute la force de ton amour, qu'il était en vie, quelque part, tentant de te rejoindre comme convenu. Tu as tenté de te convaincre que rien ne peut être arrivé, que tu l'aurais senti. Mais ces romances là ne s'épanouissent qu'en fiction, la réalité est toute autre. Serait-il mort que tu n'en saurais rien.
Un âcre goût d'impuissance s'immisce entre tes lèvres. Pas un jour, pas une heure ne s'écoule sans que tu ne penses à lui, trouvant dans l'anneau que tu portes autour du cou la force de continuer à avancer chaque matin. Pas un soir où tu ne te couches sans avoir brièvement adressé une prière aux cieux en son nom. Il reviendra. Il le faut. Mais en attendant... Comment blâmer ton regard qui quelques fois s'attarde sur les hommes ? Il n'est pourtant rien d'équivoque dans ton comportement, tu n'as jamais eu la moindre pensée à l'égard de qui que ce soit d'autre. Mais que tes yeux puissent parfois se détourner t'horrifie. Et que dire des tressautements de ton cœur quand ce sont eux qui t'observent ? Tu es humaine Victoire, bien qu'amoureuse, et tu ne peux lutter contre la rougeur qui s'empare de tes joues à l'entente d'un compliment. Pourtant, en toi ne se mêlent que gêne et distance - bien que tu ne puisses t'empêcher d'être flattée - et parfois même dégoût quand les mots viennent de l'ennemi. Car si nombre d'entre eux ne se sont jamais adressés à toi autrement que par ces plaisanteries grivoises des patrouilles qui laissent indifférent, il est d'autres qui savent manier le verbe. Un autre en particulier dont les remarques sont trop explicites. Lui n'est pas un soudard de garde qui tue l'ennui en lançant à la cantonade quelques phrases suggestives. Non, Félix Altenbach est bien plus roublard et dangereux. Maintes fois tu as tenté de le renvoyer vers l'une de tes collègues, te prétendant trop occupée pour pouvoir le soigner mais le bougre insiste, patiente jusqu'à que tu ne puisses plus l'esquiver. En présence de cet homme aux intentions bien trop claires, plus qu'avec tout autre, il te semble trahir ton fiancé.

Les eaux de la Seine s'étendent paresseusement sous tes pieds, silencieuses. Ton index cherche sous ton chemisier le fin anneau doré, ton poing se serre autour du métal tiédi par la chaleur de ta peau. Tu serres si fort, si fort que la marque de tes ongles reste imprimée sur ta paume. Il suffit. Rester à ressasser de si sombres pensées ne te ressemble pas, cette matinée d'angoisse doit cesser. Mais puisque tu es interdite de dispensaire jusqu'à demain, il va falloir t'occuper l'esprit. Et tu sais comment.
Obnubilée par ton travail, par tes soucis, tu ne prends pas suffisamment le temps de le voir. Pourtant, Pippo te manque. Tu sais que tu pourrais compter sur lui pour apaiser un peu tes craintes mais... il serait trop dangereux de l'impliquer. Tu refuses de mettre en danger ton ami de toujours. Tu t'es refermée, un peu malgré toi, conservant nombre de secrets que tu brûles de lui confier. Mais il n'est pas de danger à passer un peu de temps avec lui n'est-ce pas ? L'école du Louvre n'est pas loin, c'est décidé : cette journée lui sera consacrée.






Dernière édition par Victoire Langremont le Dim 8 Mar - 10:03, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 14:19

On vient déjà de se saluer sur la CB, mais ici c'est un peu plus officiel face

Bienvenue, jolie résistante. Attention à toi ;)
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 15:49

DELRYA !

Je m'accorde une pause dans mon boulot (tuez-moi d'ailleurs ) pour venir saluer une arrivée tant attendue \o/. Je ne le dirais jamais assez, quel choix de personnage, tu as bien fait de craquer pour nous rejoindre . Bienvenue à toi alors gaga, j'ai hâte de lire tout ce que tu vas nous écrire !

Si tu as la moindre question, je te fais confiance pour dénicher le chemin de ma boîte à mps ! A très vite

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 20:40

Bienvenue à toi

Je suis vraiment ravie que vous vous soyez définitivement décidées pour le forum avec la joueuse de Mary , en débarquant avec des petites résistantes en plus face

Bref, j'ai hâte de lire ta fiche, je suis certaine que tu vas t'amuser avec un tel personnage

A très vite gaga

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 21:09

Ouh c'est la fête du SOE aujourd'hui !

*bondit tout partout*

dance

Bienvenue, bon courage pour le reste de ta fiche et, surtout il faudra qu'on voit notre lien !

*repart en sautillant*
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Mer 17 Sep - 21:32

Bienvenue!! Très bon choix de PV, Victoie est un de mes coups de coeur

Bon courage pour ta fiche!
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Jeu 18 Sep - 19:57

Alalala, on va finir par être coincés avec toutes ses nouvelles jolies résistantes...

Bienvenue et amuses-toi bien. Tu écris bien et tu réussiras peut-être à me convaincre à la deuxième personne mdr ce qui est mal parti
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Ven 19 Sep - 0:08

Encore des résistants? Ma DC est ravie, mais trois autres un peu moins gnhehe

Bon courage pour la rédac de ta fiche et bienvenue sur Yellow :D
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Ven 19 Sep - 17:19

Victoire
Comme je t'ai dit par MP, je suis ravie de te voir sur le forum !
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Sam 20 Sep - 17:18

Merci à tous pour cet accueil chaleureux

Peter, je ne manquerai pas de venir réclamer un lien dès ma validation, chef !

Sur ce, ma fiche est enfin FINIE ! Bon, pas à la hauteur de ce que j'aurais souhaité mais je me rattraperai en RP ♥️
(Silke, j'espère que la 2ème personne réussira à te convaincre ! ^^).

Merci d'avance
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Dim 21 Sep - 14:40

Bonjour Victoire ! 8D

Je viens de lire ta fiche ! La deuxième personne, qui me laisse généralement perplexe, ne m'a absolument pas gênée : c'est très agréable à lire, on s'y laisse prendre, et j'ai été agréablement surprise . Tu as placé tous tes liens dans ta fiche, celle-ci est donc presque parfaite, à un petit détail près avant que je ne puisse te valider : j'aurais aimé que tu développes un peu plus la jeunesse de Victoire (notamment son engagement dans la SFIO) et ses activités dans le SOE . La jeunesse parce que de savoir ce qu'elle a fait dans sa vie permettra aux autres membres de trouver des idées de lien plus facilement, et le SOE pour la même raison, et aussi pour que ses activités soient claires pour tout le monde 8D.
Bref, un petit peu plus de détails seraient les bienvenues, et je n'aurai plus aucune raison de différer ta validation - en plus, on a vraiment envie d'en lire plus .

Bon courage, n'hésite pas si tu as la moindre question !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


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■ profession : Oberst dans la Luftwaffe, responsable de l'aéroport d'Orly

PAPIERS !
■ religion: Protestant
■ situation amoureuse: Marié, père de famille
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Dim 21 Sep - 15:54

Bienvenue petite résistante ! Très bon choix de pv, et j'aime beaucoup l'avatar ! (Manfred est beaucoup moins fan, mais bon lui c'est un ronchon de nature, alors il ne compte pas vraiment, puis il a un passif pas cool avec la résistance XD )

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
To kill a mockingbird
C'est uniquement une question de temps. On nous enterrera, puis on nous oubliera. Juste une question de temps. × by lizzou.
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Lun 22 Sep - 11:36

Coucou !
Alors j'ai réécrits les passages manquants mais pour le moment, impossible de les poster, mon PC étant tombé en rade samedi soir angered
Avec un peu de chance, ce sera résolu ce soir et sinon... Je ne sais pas quand, le plus tôt possible j'espère.
Du coup voilà, je vous tiens au courant dès que possible et en attendant, je garde ma feuille bien soigneusement !

Merci pour les compliments en tout cas (et contente de faire apprécier la 2eme personne du singulier face )
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Lun 22 Sep - 18:58

Sur l'autorisation d'Elsa, je double poste face Et c'est pour la bonne cause puisque j'annonce que la force de Superman a été avec moi aujourd'hui : mon pc remarche ! Du coup, j'ai pu retaper et rajouter tout ce que j'avais écrit ce matin.
Je ne fais pas de quote parce que ce sont deux passages assez longs que j'ai remis, le premier quand j'évoque son frère et l'autre près de Nicolas.

Voilà, voilà, j'attends vos retours
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



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■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 5207
■ avatar : Rose Leslie
■ profession : Fausse étudiante, à la tête de la Brigade

PAPIERS !
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■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
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MessageSujet: Re: Victoire Langremont   Lun 22 Sep - 19:49

Bien, tout ça me semble parfait 8D, je ne vais donc pas faire durer le suspens et te déclarer officiellement validée ammu


Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité d'aller t'inscrire aux mini-intrigues où les berniques en chef t'organiseront des tête à tête avec des inconnus.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à  partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! Note qu'en ce moment, sur le forum, tu peux nous époustoufler en relevant les défis lancés par La Propagande !
Bon jeu parmi nous  happy

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


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Victoire Langremont

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