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 Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand

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Rachel Lévi
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MessageSujet: Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand   Dim 28 Sep - 22:36

Rachel Lévi eut un discret bâillement qu'elle dissimula derrière sa main et après s'être frotté les yeux, elle reposa son regard sur la petite fille qui babillait sur ses genoux sans se rendre compte de la distraction de la jeune femme qui était censée l'écouter et veiller sur elle. En temps normal, Rachel aimait particulièrement se retrouver dans la petite bibliothèque de l'orphelinat de Reuilly, qui en l'absence d'un grand nombre de livres, servait davantage de salle de détente pour les enfants qui échappaient ainsi à madame Beaumont qui avait tendance à les houspiller dès qu'elle les voyait bailler aux corneilles. Elle y était toujours entourée d'un grand nombre d'orphelins, surtout les plus petits qui trouvaient en elle un peu de l'affection qui leur manquait. Malgré sa propre situation toujours plus précaire, Rachel mettait un point d'honneur à les rassurer, à les câliner et à leur raconter des histoires pour les distraire de leur si triste réalité. Elle n'ignorait pas qu'elle faisait tout cela aussi un peu pour elle : entourée d'âmes innocentes qui ne se doutaient pas de ce qui pouvait se dérouler en dehors des hauts murs de l'orphelinat, qui les enserrait comme un écrin protecteur, elle oubliait elle-même ses soucis et ses difficultés quotidiennes. Pourtant en cette journée, la jeune femme avait décroché des histoires que lui contait avec enthousiasme la petite Lucie selon ses papiers officiels (mais plutôt Hannah en réalité) pour se laisser rattraper par ses problèmes. Son esprit vagabondait librement de la meilleure manière de s'approvisionner en viande – puisque le boucher avait refusé de la servir sous prétexte qu'il n'y en avait plus quand elle s'était rendue dans son magasin, mais elle avait bien vu le regard qu'il avait porté sur son étoile – aux raisons qui pouvait bien pousser Maxime Andrieu à s'intéresser à elle. Elle n'avait que le plus grand mépris pour ce type dont la famille s'était trouvé des affinités avec les occupants allemands mais au moins jusqu'à présent, si elle le supportait dans ses cours de lettres à la faculté, il avait le bon goût de l'ignorer. Que pouvait bien signifier son intérêt ? Rachel poussa un petit soupir en serrant un peu plus fort la petite dans ses bras et préféra remettre ces questions à plus tard : elle avait passé une nuit affreuse à épier le moindre bruit alors que sa sœur (et le chat de celle-ci) dormaient contre elle, comme si elle pouvait les protéger de tout. Rachel avait parfois encore du mal à se faire au fait de ne plus pouvoir dormir dans le vieil appartement du VIIe arrondissement quand des arrestations étaient prévues – et elle avait passé la majeure partie de sa nuit à regarder le plafond de la petite chambre exiguë où un ami de son père les avait hébergées, épiant les phares des voitures et des camions militaires qui se garaient dans la rue en contre-bas. Inutile de dire qu'elle était légèrement fatiguée.

Elle eut un instant de nostalgie en songeant que quelques années plus tôt, sa fatigue aurait plutôt été causée par une folle nuit dans un club de jazz où elle aurait passé tout son temps à danser jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Mais en ce temps-là, la Rachel qu'elle était était loin de donner un peu de son temps aux orphelins. C'était une consolation comme une autre, au moins cette guerre l'avait-elle rendue meilleure. Elle fut obligée de revenir à la réalité quand la petite s'interrompit brusquement pour guetter une réponse. Rachel qui n'avait rien écouté l'embrassa sur le front et lui proposa plutôt de faire une balade dans les rues de Paris avec les autres enfants volontaires, ce que Hannah accepta avec entrain. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'elle se trouvait là, lorsque sa mère l'avait confiée à Rachel avant de disparaître en abandonnant son logement, toute sortie était donc l'occasion d'une fête. De plus, la jeune femme pourrait en profiter pour croiser l'un de ses contacts : il était grand temps que la petite soit confiée dans une famille dans la campagne du sud de la France pour sa sécurité. Rachel ne comptait déjà plus les enfants qui avaient suivi ce chemin, laissant les comptes à Louis Marat mais elle savait qu'ils étaient sains et saufs, loin des arrestations et de la suspicion des Allemands et cela lui suffisait. Suivie de deux petits garçons plus âgés, la jeune femme prit la main d'Hannah et entreprit de redescendre au rez-de-chaussée pour demander une permission de sortie à madame Beaumont, sans doute encore occupée à vitupérer contre le cuisinier de l'établissement qu'elle terrifiait comme bon nombre de personnes un peu impressionnables. Mais arrivée à mi-chemin de l'escalier, Rachel s'arrêta brusquement, causant d'ailleurs la plainte d'un garçon qui avait failli lui rentrer dedans. Sa main se crispa sur la paume de la petite fille à ses côtés et elle songea un instant qu'elle aurait pu faire demi-tour. Au rez-de-chaussée venait d'arriver l'épouse de Klaus Halder, elle ôtait déjà son manteau et expliquait à madame Beaumont qui en avait quitté sa cuisine qu'elle était venue pour suivre l'évolution de la maladie d'une orpheline.
- Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna le jeune Raymond, on dirait que tu as vu un fantôme. Elle est pourtant gentille la dame qui vient nous soigner, elle est infirmière comme l'était ma maman !
Comment expliquer à un gosse de dix ans qu'on ne pouvait pas faire confiance à la femme qui avait épousé un haut gradé des SS, le chef de ceux qui pourchassaient avec acharnement les personnes qui, comme elle, se terraient la nuit dans diverses planques ? Heureusement qu'elle ne portait jamais son étoile quand elle venait faire du bénévolat à Reuilly, Dieu seul savait ce que Margarete Halder aurait pu vouloir faire d'elle ! Mais il y avait pire que cette femme, c'était l'homme en uniforme qui l'accompagnait. Le garde du corps de madame Halder s'était arrêté à l'entrée, visiblement un peu indécis sur la conduite à tenir puisque sa protégée avait dû lui donner l'ordre de rester éloigné. Mais déjà les enfants venaient faire la fête au nouvel arrivant, en faisant fi de son uniforme et son air peu aimable, tout heureux à l'idée d'avoir un visiteur.

Cela n'était pas la première fois que Gustav comme il s'était présenté à Rachel venait à l'orphelinat de Reuilly, apparemment, certains Parisiens n'auraient pas hésité à s'en prendre à Margarete Halder ce qui demandait toutes ces précautions. Au grand désespoir de Rachel, il semblait prendre un certain plaisir à faire la conversation avec une jeune femme qui avait quasiment son âge – bon d'accord, on pouvait reconnaître que ce ne devait pas être drôle d'être coincé avec quelques enfants et Pauline Beaumont dans une seule et même pièce, mais si elle se méfiait comme de la peste de cet homme à la large carrure dont elle se refusait pourtant à avoir peur, Rachel se montrait aimable avec lui. Le but était d'éviter qu'il ne fouille trop dans les petites affaires de l'orphelinat. Elle entreprit donc de descendre les quelques marches qui restaient et adressa un large sourire au soldat allemand :
- Bonjour Gustav ! Comment allez-vous ?... Pas très bien je suppose, vous devez trouver que vos visites à l'orphelinat ne sont que des corvées.
Après avoir vaguement trébuché sur le tapis de l'entrée en tentant de s'approcher de lui (fichue maladresse !), elle le débarrassa d'un petit garçon qui s'accrochait à sa veste pour réclamer un bonbon sous prétexte que tous les soldats allemands ont des friandises à distribuer.
- Cesse donc d'ennuyer le monsieur, chuchota Rachel au petit Simon, ou plus officiellement Gustave, qu'elle portait dans ses bras.
- Maman me disait toujours qu'il ne fallait pas parler aux soldats allemands, mais toi tu le fais bien ?
Rachel eut un rapide coup d’œil pour son interlocuteur – ou plutôt leva-t-elle les yeux vers lui, car il était beaucoup plus grand et imposant qu'elle, sans arrêter de sourire, dans l'espoir qu'il ne prenne pas mal cette réflexion innocente d'un enfant, avant de déposer Simon à terre et d'aider les quelques enfants qu'elle emmenait faire une promenade à mettre leurs manteaux. Avec un peu de chance, son contact qu'elle devait croiser dans un parc voisin ne se formaliserait pas de son retard.
- Vous devez avoir des choses beaucoup plus intéressantes à faire que de veiller sur madame Halder ici, il faut bien le dire, je ne suis pas certaine que les enfants ne soient des dangers dignes de votre protection. Bon il y a bien madame Beaumont mais elle n'est pas totalement suicidaire, babillait Rachel en le gratifiant d'un clin d’œil dans l'espoir d'éviter au maximum les questions dérangeantes – après tout, elle lui avait bien raconter qu'elle s'appelait Hélène, ça augurait mal pour les mensonges –, enfin même si je suppose que vous devez trouver qu'ils sont un danger véritable, ils peuvent faire mourir d'ennui !
Elle fit une pichenette à la petite Hannah qui voulut protester et laissa échapper un petit rire avant de redevenir sérieuse pendant deux minutes, après avoir glissé son écharpe autour de son cou :
- J'aime leur compagnie pour ma part, je trouve qu'au contraire, on ne s'ennuie jamais. Je suis désolée de ne pas pouvoir davantage vous parler aujourd'hui mais j'ai promis que je les faisais sortir quelques heures pour leur faire prendre l'air. Nous nous reverrons sans doute lors de votre prochain passage, puisque vous semblez toujours choisir les jours où je suis présente pour accompagner madame Halder ! Si ce n'était pas madame Halder qui choisissait de venir ou pas, j'aurais presque soupçonné que vous le faites exprès !
Rachel croisa les doigts derrière son dos en espérant qu'il ne se proposerait pas de l'accompagner. Mais c'était mal connaître la conscience professionnelle de Gustav Selbst.

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MessageSujet: Re: Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand   Mar 30 Sep - 1:55

La journée avait parfaitement commencé. Le soleil brillait dans le ciel parisien et le patron de Gustav avait su montrer qu'il pouvait y avoir des jours durant lesquels ils pouvait se conduire en homme civilisé. En effet alors que Klaus Halder se rendait à son rendez-vous quotidien avec le chef de la Gestapo, il ordonna à son garde du corps d'arrêter le véhicule en voyant dans la rue une jeune femme au sol. Celle-ci avait chuté de bicyclette. Cette délicate attention avait fortement surpris Gustav, en temps normal Halder aurait ri et aurait même sorti une phrase désobligeance à l'égard des femmes françaises, ce à quoi le jeune SS aurait répondu par un grincement de dents, afin d'éviter de tuer son supérieur d'une balle dans le crâne. De plus en ce début de matinée, Halder n'avait pas une seule fois haussé le ton, ce qui il faut bien l'avouer était plus que rare pour cet homme qui aimait tant se faire entendre. Comment dites-vous ? Ah oui c'est une grande gueule. Enfin là n'est pas le sujet. Alors que Gustav avait garé la voiture dans la cour du bâtiment abritant les bureau de la police secrète allemande, Klaus lui avait fait signe de rester près de l'automobile. Le berlinois détestait lorsqu'il faisait ça, en général cela voulait dire que Gustav n'allait pas rester bien longtemps dans les parages. Alors que son patron montait dans les bureaux de la Gestapo, un homme, la quarantaine bien tapé approcha le sergent SS. Il avait un ordre de mission, l'ancien pilote de la luftwaffe savait parfaitement quel était cette ordre, c'était toujours de cette manière que Klaus Halder lui faisait par de sa missions spéciale "la protection de madame Halder". Soupirant, Gustav se remis derrière le volant direction l'hôpital militaire de la Pitié Salpêtrière. Il y pris Margarete Halder tout en sachant pertinemment quelle était la prochaine destination: l'orphelinat.
Si il y a bien un lieu dans Paris que ce jeune homme redoute c'est bien celui-ci. Comment vous le dire sans que vous ne riez ? Gustav n'est pas un homme proche de enfants. En réalité il tente au maximum de fuir la marmaille. Non seulement parce que ça fait du bruit, que ça demande une attention folle, mais surtout parce que c'est envahissant et que ça agit sans réfléchir. C'est donc à reculons que Gustav empruntait la route menant à l'orphelinat. Dans la voiture l'échange entre les deux allemands tournait surtout autour du réseau de résistance, chacun essayant d'avoir les toutes dernières informations. Lorsqu'ils eurent épuisé ce sujet de conversation, le silence reprit son droit, du moins pour un court instant puisque l'on pouvait déjà distinguer au bout de la rue les longues grilles de l'institution. Gustav prit une grande bouffée d'air. Madame Halder était une personne plus qu'exposer et c'est pour cela qu'il était assis dans cette voiture à aller dans un endroit qu'il détestait par dessus tout, parce qu'il n'y aurait jamais mis les pieds de son plein gré. La voiture s'était maintenant stoppé devant les escaliers du bâtiment. Le SS sorti le premier et mettant sa casquette il ouvrit la porte arrière pour que sa protégée puisse en sortir. Laissant un peu d'écart entre eux, il la suivait sans dire un mot vers la porte d'entrée. La tenancière de l'établissement accueilli les deux étrangers avec un grand sourire. Elle appréciait grandement l'aide que Frau Halder lui apportait et le tout de façon totalement volontaire et bénévole. Ah les femmes, Gustav ne les comprendra jamais, pourquoi s'entêter à vouloir sauver des enfants qui ont été abandonné, alors que les allemands n'étaient même pas capable d'avoir assez de médecins et d'infirmières pour sauver les leurs. Restant en retrait Gustav tentait de ne pas grimacer lorsqu'une horde de lutins haut comme trois pommes se jetèrent sur lui. Certains voulaient lui montrer leur dessin, d'autres voulaient jouer au foot avec lui et certains voulaient à manger. L'allemand en avait déjà mal à la tête. Il n'espérait qu'une chose, que Margarete sorte au plus vite. Alors qu'il s'apprêtait à rouspéter un des enfants, la voix d'une connaissance le stoppa net.

- Bonjour madame. Si vous enlevez le fait que je suis entouré d'enfants, je me porte bien et vous ? Il ne doit pas être évident de gérer autant d'enfants plein de vie...
La française s'approchait maintenant du soldat allemand. Ce dernier ne remarqua pas immédiatement le garçon qui tirait sur sa veste pour quémander. Lorsque Hélène (du moins la femme qu'il pensait être Hélène) demanda, avec toute sa gentillesse, au garçon de ne pas importuner Gustav, ce dernier eu un léger sourire. Il plongea discrètement la main dans sa poche pour en sortir une friandise. Il l'a glissa dans la main de l'enfant. Certes le SS n'était pas un fan des marmots, mais ce n'est pas pour autant qu'il ne se montrait pas gentil avec eux lorsqu'il le pouvait. Après tout si il veut rester en vie dans ce pays, il faut bien qu'il mette les générations futures dans sa poche. Le garçon n'était pas gênant en soit, mais Hélène semblait soucieuse du "bien-être" du jeune homme. Alors qu'il pensait en avoir fini avec les pensionnaires de l'établissement, l'un d'eux sorti une phrase qui aurait pu faire sourire Gustav si il n'avait pas été dans un lieu public. Ces enfants ne voient donc les choses que d'une façon manichéenne, d'un côté les gentils français et de l'autres les méchants allemands. Si seulement il pouvait leur conter ses aventures de résistants il le ferait. Néanmoins il ne fit pas plus attention que ça à cette petite phrase qui sortant de la bouche d'un enfant ne représentait aucun danger.

- Certes madame Halder ne coure aucun danger dans votre établissement, mais dehors elle est une cible de choix pour les terroristes. Vous savez tous les français ne sont pas aussi innocents que vos petits pensionnaires. Monsieur Halder est conscient que le chemin entre l’hôpital et l'orphelinat se révèle être dangereux pour des allemands.
Gustav regardait la jeune femme habiller les enfants. Elle s’apprêtait à les faire sortir, elle lui confirmait ses pensées lorsqu'elle mis une écharpe autour de son cou. Le militaire n'allait pas laisser une femme seule sortir avec une petite tribu, ça n'aurait pas été le comportement d'un bon soldat. Après tout Madame ne risquait rien dans l'orphelinat et puis Gustav avait aussi besoin de sortir un peu, l'air parisien ne lui fera pas de mal. Il retira sa casquette et suivi la française du regard.

- Et bien mademoiselle, si vous le permettez je vais marcher avec vous un peu. Vous savez je n'ai que très rarement l'occasion de sortir lorsque je travailles. Mon supérieur passe le plus clair de son temps dans des bureaux. Et puis je ne puis vous laisser sortir seule. Vous ne pourrez pas gérer tous ces enfants seule...
En fait, il savait qu'elle le pouvait, mais c'était surtout une occasion pour lui de sortir loin de ce bâtiment qu'il détestait par dessus tout. Et il y a aussi le fait que ça allait l'occuper un peu, parce qu'il souhaitait laisser la femme du chef SS en paix lorsqu'elle venait porter assistance aux enfants malades. Il voit assez de misère dans Paris pour en ajouter encore un peu plus en venant ici. Gustav attendait le feu vert de Hélène, il ne voulait surtout pas lui forcer la main, même si au final il finira tout de même par l'accompagner qu'elle le veuille ou non.
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Rachel Lévi
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MessageSujet: Re: Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand   Mar 10 Fév - 0:36

Rachel Lévi n'était pas particulièrement bonne comédienne mais elle était obligée de faire bonne figure en ces circonstances qui auraient pourtant pu inquiéter le meilleur espion ou l'acteur aux nerfs les plus solides qui soient : voilà qu'elle était obligée de faire la conversation avec un soldat allemand chargé de la protection de l'épouse du plus terrifiant SS de Paris, alors qu'elle était elle-même juive, qu'elle s'occupait d'enfants juifs qui portaient de fausses identités, et le tout au sein d'un établissement tenu d'une main de fer par une directrice pro-Vichy. Franchement, une personne moins inconsciente que Rachel aurait fui depuis longtemps vers des horizons plus verts et surtout moins dangereux. Mais Rachel considérait qu'au point où elle en était, elle était en danger partout, et même à la Sorbonne depuis que Maxime Andrieu s'était mis en tête de la dénoncer, et même chez elle à mesure que les arrestations se multipliaient. Elle n'avait donc pas d'endroit où fuir et en plus, les enfants avaient besoin d'elle, ce qui était une bonne raison pour défier les Boches et venir ici sans son étoile. La jeune femme prenait même un plaisir certain à ne pas suivre leurs consignes et leurs divers règlements : après tout, lorsqu'elle ne portait pas son étoile, elle n'avait pas l'air très différente d'une parisienne sans histoire comme son amie Hélène. Mais le plaisir de cette provocation ne pouvait rester intact que tant que les Allemands ne soupçonnaient pas que l'on se moquait d'eux. Rachel déplorait le manque d'humour de ces soldats, d'ailleurs, ils ne plaisantaient pas avec le règlement et elle préférait ne pas connaître les châtiments que l'on réservait à des gens comme elle. En conséquence, elle bravait les risques et les obstacles pour sauver ces enfants et les envoyer en province, et elle faisait la conversation aux soldats allemands quand ils le désiraient, se montrant aussi courageuse qu'un excellent espion et un parfait comédien.

Peut-être était-elle du moins plus crispée depuis qu'elle avait un uniforme SS sous le nez mais dans son malheur, elle avait une chance : le jeune Gustav Selbst, à peine plus âgé qu'elle, avait beau être garde du corps, il n'était pas particulièrement méfiant. Elle pouvait le comprendre : comment se douter que la jeune femme qui babillait joyeusement avec lui, lui cachait des secrets qui auraient pu lui valoir son arrestation ? Au contraire, il semblait prendre plaisir à la voir et à échanger quelques paroles pendant que madame Halder faisait sa bonne action de de la semaine pour se donner bonne conscience. Rachel, qui partait pourtant avec un préjugé négatif, devait bien avouer qu'il n'était pas désagréable. Peut-être qu'en d'autres circonstances, ils auraient pu être amis. Peut-être qu'en un autre temps, il serait venu étudier dans une France libre, qu'il aurait pris part aux soirées jazz et qu'elle aurait tout fait pour être remarquée et se faire inviter par lui. Mais il faisait partie de l'armée d'occupation et quelque aimable qu'il soit, il demeurait un ennemi avec lequel on ne pouvait que jouer la comédie. Un ennemi que Rachel aurait volontiers abandonné derrière elle pour aller se promener avec les quelques enfants habillés chaudement à ses côtés, et pour surtout rencontrer son contact dans le parc, afin qu'on puisse lui confirmer l'évacuation prochaine des petits Simon et Hannah – lequel contact n'allait pas franchement apprécier de voir débarquer non seulement Rachel mais aussi son garde du corps autoproclamé.

- Certes madame Halder ne court aucun danger dans votre établissement, mais dehors elle est une cible de choix pour les terroristes. Vous savez tous les français ne sont pas aussi innocents que vos petits pensionnaires. Monsieur Halder est conscient que le chemin entre l’hôpital et l'orphelinat se révèle être dangereux pour des allemands.
Rachel eut un instant d'espoir : peut-être allait-il prendre à cœur sa mission et abandonner toute idée de l'accompagner à l'extérieur ? Tout en mettant son vieux manteau élimé, elle attendit la suite, songeant non sans ironie que madame Halder était en effet une cible de choix, mais qu'au moins, elle, les terroristes ne lui voulaient aucun mal – à moins qu'ils ne s'en prennent désormais à des jeunes femmes sans défense ? Quant à l'innocence de ses petits pensionnaires... Elle jeta un œil vers Simon qui tentait de récupérer l'écharpe d'un de ses camarades et ne put s'empêcher d'ébaucher un sourire. Leur innocence était discutable, et le SS n'en dirait certainement pas autant s'il savait la vérité. Mais son sourire se figea lorsqu'elle entendit la suite :
- Et bien mademoiselle, si vous le permettez je vais marcher avec vous un peu. Vous savez je n'ai que très rarement l'occasion de sortir lorsque je travaille. Mon supérieur passe le plus clair de son temps dans des bureaux. Et puis je ne puis vous laisser sortir seule. Vous ne pourrez pas gérer tous ces enfants seule...
- Vous voulez donc m'aider à gérer les enfants ? Répliqua-t-elle du tac au tac en se tournant vers Gustav qui l'observait toujours, sa casquette détestable entre les mains, finalement je savais que vous ne les détestiez pas autant ! Je vous assure que je peux me débrouiller seule, si madame Halder court un danger, ce n'est pas mon cas, sinon à la limite d'être submergée par une horde d'enfants excités – lâche donc cette écharpe, ce n'est pas la tienne ! –, mais je crains que vous ne puissiez pas grand chose pour moi dans ce cas-là !
Se détournant de Gustav, elle se pencha pour aider Simon, boudeur, qui lui expliqua qu'il n'avait pas d'écharpe et qu'il avait peur d'avoir froid, tout en espérant que le jeune soldat allait se raviser, ôter définitivement sa casquette et vaquer à ses occupations (bon d'accord, il n'y avait pas grand chose à faire dans cet orphelinat, mais il pouvait toujours travailler son vocabulaire de français sur les chansons dédiées au maréchal et son équilibre sur les marelles de la cour). En soit, quand on y réfléchissait, c'était plutôt lui qui leur attirerait l'attention des terroristes en plus. Mais puisqu'il sembla prendre sa réponse pour un oui, elle poussa un soupir intérieur. Elle n'avait aucune raison de refuser, au contraire, cela aurait paru suspect. Quelle raison pouvait-elle donc invoquer ? Qu'elle n'avait nulle envie de faire la conversation à un SS ? Non, évidemment, d'autant que ce n'était pas totalement vrai, Gustav n'avait rien du SS tel qu'on pouvait se l'imaginer et sa compagnie pouvait être plutôt agréable tant qu'on évitait de penser à leur situation présente. Que les enfants qu'il allait prendre par la main étaient juifs et qu'elle allait les aider à fuir le pays ? Dans ce cas, il lui aurait fallu le tuer aussitôt après, et malheureusement, à cause de la présence de petits enfants, l'orphelinat était en grande partie dépourvu d'objets contondants. Aussi se contenta-t-elle de lui adresser un sourire, de lui tendre la main d'une petite Simone (la plus sage, même s'il aurait été tentant de lui confier les plus turbulents) et de l'entraîner à sa suite dans les rues adjacentes à l'orphelinat.

Rachel se sentit un peu mieux dès qu'elle franchit la porte pour prendre un peu d'air frais. Les petits aussi semblaient ravis de cette promenade improvisée et galopaient devant les adultes qui les surveillaient, profitant de la faiblesse du nombre de voitures en ces temps d'occupation pour faire moins attention. Seule Hannah était demeurée dans les bras de Rachel et la petite Simone s'accrochait au garde du corps, encore assez petite pour être effrayée qu'on puisse la lâcher.
- C'est gentil de m'accompagner, Gustav, babillait Rachel, à son habitude – en plus, cela permettait d'éviter trop de questions –, j'ai sans doute une trop mauvaise opinion de votre armée, mais je ne m'attendais pas à ce que vous soyez aussi serviable. A moins que ce ne soit qu'une déformation de votre fonction ? Vous vous sentez obligé de protéger tout le monde ? Finit-elle avec un petit éclat de rire, avant de se rapprocher pour lancer une pichenette à la petite, tu as entendu, Simone ? Gustav est garde du corps, c'est un peu ton garde du corps aujourd'hui, tu en as de la chance !
Question de point de vue. La jeune femme voyait arriver l'entrée du parc où elle comptait emmener les enfants et surtout rencontrer le type qui fournissait les adresses en province, mais elle n'avait nulle solution pour éloigner même un temps Gustav. Aussi préféra-t-elle poursuivre, l'interrogeant toujours davantage pour éviter de l'être à son tour :
- C'était une vocation ? Enfin, je sais que vous avez tous été mobilisés en Allemagne, et que vous n'avez probablement pas réellement choisi votre fonction, mais est-ce que c'est vous qui avez choisi d'être garde du corps de monsieur Halder ? Il a bien fait de vous prendre, vous, croyez-moi, on aurait peur de vous attaquer.
Se rapprochant de lui, elle se hissa légèrement sur la pointe des pieds pour tenter d'être aussi grande que lui, mais rien à faire, sa carrure était beaucoup trop impressionnante et elle laissa échapper un éclat de rire joyeux, lequel s'interrompit quand elle vit, non loin de l'entrée du parc, son contact. Il n'oserait évidemment pas l'aborder en présence de Gustav mais la situation devenait légèrement inquiétante, d'autant que, oubliant de parler, Gustav prit la parole à son tour. Décidément, Rachel avait beau n'avoir rien d'une espionne ou d'une actrice, elle aimait vivre dangereusement.

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MessageSujet: Re: Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand   Dim 22 Mar - 12:02

Certes Gustav n’était pas un fin admirateur des promenades avec les enfants de l’orphelinat, mais partager un peu de son temps avec Hélène ne le dérangeait pas le moins du monde. Pour dire vrai le sous-officier allemand appréciait la jeune française. Vous savez les enfants ne représentent pas un danger pour les allemands, ce n’est pas pour cette raison que Gustav ne les apprécie guère. Il n’a pas l’âme d’un bon père de famille voilà tout. En fait le SS n’imagine pas fonder une famille, il a vu trop de choses horribles se produire depuis qu’il est à Paris, vu trop d’enfants être déportés et trop de famille pleurer la disparition de l’un des leurs. Gustav n’a pas envie de connaitre toutes ces horreurs, il préfère rester seul, n’avoir personne à pleurer en cas de catastrophe et ne laisser personne dans la souffrance si il devait passer de l’autre côté. D’un autre côté il n’a jamais un grand fan des enfants, même avant la guerre, certes il aurait aimé en avoir si les circonstances eu été différentes, mais comme je le disais Gus n’a pas la fibre paternelle, c’est comme ça. Alors voir Hélène s’occuper ainsi de tous ces enfants et sans grandes difficultés le rendait quelque peu admiratif. Elle était toute aussi importante que lui au final, certes différemment, mais importante quand même. Après tout si elle ne s’occupait pas de ces âmes égarées qui le ferait ? Certainement pas ceux de la haute qui ont bien trop à faire pour rentrer dans les petits papiers de l’occupant nazi et ne parlons pas des petits parisiens qui luttent pour survivre au rationnement et à la tyrannie de son ennemi. Parce que oui Gustav est conscient de représenter un danger pour ces gens, les enfants qu’avait Hélène aujourd’hui le lui avaient de nouveau prouvé. Quelle tristesse, lui qui fait tout pour redorer le blason de l’allemand, parce qu’il ne faut pas confondre allemand et nazi. Là n’est pas le sujet, aujourd’hui Gustav se trouvait à l’orphelinat en compagnie de bambins et d’une « amie ». Madame Halder était en sécurité dans le bâtiment, certains parisiens sont peut-être prêts à tout pour tuer du boche, mais ils respectent encore les institutions de la ville et ne voudraient pas prendre le risques de blesser un malheureux petit orphelin.

Gustav regardait les enfants qui tentaient de se vêtir chaudement avant de sortir dans Paris. Un petit sourire lui échappa en voyant un petit essayer d’attraper une écharpe. Il l’aurait bien aidé, mais avant de pouvoir le faire il réussit à la prendre. Il n’y a pas à dire ces enfants respire la joie de vivre malgré tout ce qui se passe autour d’eux. Le soldat allemand les enviait quelque peu, certes ils n’ont plus de famille, mais ils sont encore dans le bon âge, celui durant lequel on ne pense pas aux maux environnant ou un rien nous distrait et nous permet de passer rapidement à autre chose. Eux voient cette guerre d’un autre œil. La jeune femme se tourna vers le SS en lui posant une question, sa prise de parole fût si rapide qu’elle en était surprenante. Gustav ne sut que répondre sur le coup, prit au dépourvu il tenta néanmoins d’ouvrir la bouche pour essayer de répondre, mais rien ne sorti. Quelque peu gêné, le soldat ne put que tripatouiller sa casquette flanquée d’une tête de mort. Cette femme n’appréciait pas vraiment la compagnie d’un SS, le berlinois le comprenait. Une chose est sûre Gus était un peu mal à l’aise, ce qui ne l’empêcha pas d’offrir à Hélène un petit sourire gêner, un sourire qui voulait dire « bravo, vous marquez un point ».

« Et bien disons que leur compagnie ne me dérange pas, du moment qu’elle ne soit pas permanente. Après tout nous avons-nous-même été des enfants et pour mon cas j’en suis resté un au fond… Très chère j’insiste, je n’ai que peu de contact, un peu de discussion ne me fera pas de mal, du moins j’ose espérer que ma présence ne vous dérange pas outre mesure ! »

Cours toujours, bien sûr que sa présence la dérangeait. Gustav avait le don de tendre le bâton pour se faire battre. Mais c’était un moyen comme un autre pour tenter de désamorcer la situation. Le soldat n’arrivera donc jamais à se faire aimer d’au moins un parisien ? Si seulement il pouvait confier son secret à Hélène cela changerait certainement tout. Malheureusement il ne peut le faire, d’une part parce qu’elle n’est peut-être pas fiable (Gustav ne la connaissant pas beaucoup) et puis elle pourrait se trouver en danger si jamais elle venait à le savoir. Quelle situation détestable, être un SS n’est pas une bonne chose dans ce pays parce que cette partie de l’armée allemande possède une sombre réputation et être un résistant fait de vous un traitre à la partie et de ce fait une cible prioritaire pour la Gestapo et les collaborateurs français. Gustav n’aurait jamais dû faire ce qu’il a fait lors d’un vol. Il aurait au moins fait ce qu’il aime, une carrière dans la Luftwaffe, loin de Paris, des horreurs perpétrés par la SS. Pourvu que cette guerre se termine rapidement. Gustav n’en peut plus d’être vu comme un homme à fuir ou à abattre. Si seulement Klaus Halder n’avait pas eu vent de son dossier, il serait sûrement à Berlin à travailler à l’usine pour l’effort de guerre, près de son père et de sa mère. Alors qu’il restait perdu dans ses pensées, la petite troupe que formaient les enfants se lança à l’assaut du froid, suivis par Hélène. Casquette toujours en main, Gus prit le même chemin que les gamins. Alors qu’il pensait en avoir fini avec les questions, la française tourna le regard vers lui et lui en posa de nouvelles. Cette fois-ci aucunes traces de rancune ou de sarcasme. Il souriait aux enfants qui de temps à autres venaient vers lui.

« Ne vous excusez pas, vous savez nous autres avons l’habitude d’être la cible des quolibets. Une majorité des Parisiens fait avec notre présence, notre occupation, mais certains sont courageux et n’hésitent pas à cracher sur nos bottes… Vous savez je n’ai pas toujours été soldat, je suis serviable parce que mes parents m’ont éduqué de cette manière, être serviable à Paris est une façon pour moi d’atténuer comment dire… ma culpabilité. Et pour répondre à votre question, je ne me sens pas obligé de protéger tout le monde, je protège ceux qui méritent de l’être, comme cette petite Simone ! »

Gustav prit alors la main de la petite fille tout en lui adressant un sourire. Ils semblaient si heureux de pouvoir se balader librement dans les rues de Paris, c’était plaisant à voir pour le SS. Lui qui ne voit que le goudron et les visages fermés de ses supérieurs à longueur de journée, sourire un peu ne pouvait que lui faire du bien. Vous ne voyez Gustav que comme un soldat allemand, fort, musclé et peu prompt à sourire, mais c’est une simple façade, après tout il a été engagé pour la protection du chef SS de Paris, si il souriait toute la journée, qu’il avait l’air jovial, qui aurait peur de lui ? Personne ! Peu importe de toutes manières Gus n’est pas là pour plaire à la population, mais pour servir son pays alors aux diables ceux qui ne l’aime pas. Hélène ne semblait pas vouloir s’arrêter là, alors qu’il venait à peine de répondre à ces quelques questions, Gustav se retrouvait de nouveau sous son un feu nourri. C’était plutôt plaisant à vrai dire, personne ne lui pose de questions sur son métier, essayer d’atténuer le côté tyrannique de l’armée allemande ne pouvait que lui plaire.

« Je suis entré dans l’armée avec pour intention de servir mon pays. Depuis ma tendre enfance je nourri une grande passion pour l’aviation. Je me suis donc naturellement dirigé vers la Luftwaffe. J’ai réussi tous les examens d’entrée. J’ai même pu voler et effectuer quelques missions avant d’être injustement renvoyé par l’Oberst Mohr … J’ai donc fait mes valises pour Berlin quand Klaus Halder m’a demandé de servir sous ses ordres. Je n’avais pas le choix s’était servir la SS ou rentrer et être la risée de la famille… Oh je ne suis pas sûr d’avoir fait le bon choix mademoiselle ! »

Ça avait au moins le mérite d’être dit. Bien entendu le SS avait pris soin de vérifier qu’aucun allemand ne se trouve autour avant de lancer cette remarque. Gustav ne regrettait aucun mot, ils étaient le juste reflet de la vérité. Il est vrai, qu’il regrette d’avoir fait ce choix, d’avoir foncé aveuglement. Aujourd’hui il paie jour après jour cette décision. Heureusement Hélène se rapprocha de lui en tentant de se faire aussi grande qui lui, le berlinois ne put retenir un petit rire. C’était la première fois qu’il riait depuis des semaines et des semaines. C’était bon de retrouver un brin de joie dans ce contexte si difficile. Une petite parenthèse de « bonheur » entre la pression du travail et la peur de se retrouver allongé sur les pavés en se vidant de son sang. Gustav ne ronchonnera plus jamais lorsque Halder lui demandera de conduire sa femme à l’Orphelinat et avec un peu de chance il prendra même peut-être goût à la compagnie des jeunes pensionnaires.
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Cache-cache à l'orphelinat avec un soldat allemand

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