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 Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner

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Arthur Brunel
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Féminin

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■ avatar : Thomas Arthur - seksy- Darvill
■ profession : Poète et agent de la troupe de l'Atelier.

PAPIERS !
■ religion: catholique (selon ses parents) / trop rose pour mettre les pieds dans une église
■ situation amoureuse: coeur volage d'un lit d'homme à un autre
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MessageSujet: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Lun 3 Nov - 21:20

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Arthur Brunel

La résistance



Arthur Darvill © Inconnu/div>

Et toi alors?

Partie s'adressant au joueur


☆ Prénom/Pseudo ? Bianca/MissPiggy
☆ Age ? 22 ans
☆ Etude/Travail ? Étudiante en éducation préscolaire et enseignement primaire
☆ Où as-tu connu YT ? Il s’agit de Sybille sur PRD
☆ Un truc à nous dire ? Je vous aime déjà.
Soyez patient avec moi.
C'est ma première fois sur un forum historique.


Papiers ?


Un personnage inventé
Un poste vacant

    ♠ Âge du personnage 34 ans (novembre 1909)
    ♠ Nationalité française
    ♠ Statut célibataire
    ♠ Religion catholique, mais pas nécessairement un enfant de chœur
    ♠ Profession Poète et agent de la troupe de l’Atelier


Petit questionnaire


♠ Mon livre préféré ? Je crois que j’hésite. Le premier vrai livre qu’il m’a été donné de lire est probablement celui que je donnerais. J’ai toujours été épris d’une grande admiration pour la plume de ce cher Jules Verne à laquelle mon oncle m’a initié lorsque j’étais petit. Mon préféré est de loin le tour du monde en quatre-vingts jours. Mais je dois avoir aussi certaines tendances pour ces auteurs plus récents. Un ami m’a passé un livre récemment de cet auteur canadien… Nelligan, je crois. Mais je ne suis pas homme à préférer un livre. Davantage à en apprécier l’œuvre général d’un auteur. J'avoue toutefois que je ne me lasse pas de lire Une saison en enfer de Rimbaud.
♠ Mon lieu préféré dans Paris ? Je dois avouer que j’ai toujours eu une petite tendance à bien aimé le quartier de Montmartre en particulier. À défaut de meilleur terme, il s’agit d’un excellent quartier pour y faire des rencontres distrayantes tant d’un point de vue intellectuel que d’un point de vue plus... physique. J’y aime y faire de grandes marches surtout dans le vignoble et simplement m’asseoir dans un café pour y écrire en silence.
♠ Mon avis sur les Allemands ? Ne me lancez pas sur ces fascistes. Je n’aurais jamais décidé de me battre contre eux avec ma plume si ce n’avait pas été que je ne leur voue pas le plus grand des respects. Mes positions politiques ont toujours été pour la fameuse gauche. Sur ce point, je trouve que les écrits de Marx sont particulièrement intéressants, mais je ne me qualifie pas pour autant comme un communiste. Du moins, je me définis moins de cette manière que je le faisais lorsque j’étais plus jeune – c’est peut-être en un certain sens l’âge qui commence à m’atteindre. Je suis ouvertement un libre penseur de la fameuse gauche politique. Mais la question était sur les Allemands, je divague. Excusez-moi. Mais je crois que j’en ai déjà assez dit sur mon opinion. À trop parler, je finirais en prison.
♠ Mon avis sur les juifs ? Qu’à l’image de la majorité des minorités à qui Hitler voue une colère sans nom, ils n’ont rien fait. Ils existent. Et comme ceux qui meurent aux quatre coins du pays parce qu’ils ne répondent pas à cet idéal arien qu’Hitler prône, ils méritent que l’on prenne leur défense pour s’assurer qu’un homme d’un égoïsme profond ne triomphe pas par-dessus la majorité qui a un bon sens.
♠ Aimez-vous sortir et où ? Les soirées mondaines et moi, nous sommes loin d’être amis. Je sais m’y conformer et m’y présenter très bien. Elles sont essentielles pour trouver des mécènes pour L’Atelier, mais cela n’empêche pas que ces sorties professionnelles me laissent somme toute indifférent de manière chronique. J’ai beau sortir mes plus beaux mots et mes allures les plus charmantes pour convaincre les plus fortunés de nous financer, ma troupe et moi… Je ne les aime pas particulièrement. Mes penchants sont quelque peu plus au bar ou dans ce café quelquefois ou la solitude me pèse – ces sorties sont plus agréables que les autres. Néanmoins, je reste quelqu’un qui n’aime pas particulièrement les mondanités – mauvais souvenir de mon enfance.
♠ Son premier geste le matin ? Cela dépend. Est-ce un matin où je suis seul ou accompagné? Mais dans les deux cas, ouvrir les yeux serait sans doute le premier geste que je fais. Je laisse à la discrétion de votre imaginaire ce qui me passe par la tête lorsqu’un amant est de passage dans mon lit et qui souvent devient réalité. Seul, je dois avouer que mon premier réflexe est de jeter quelques vers sur le calepin.
♠ Ma couleur favorite ? Hum… excellente question. Je dirais probablement les trois magnifiques couleurs de notre drapeau français en égalité.
♠ Ai-je des manies/tics? Plusieurs en majorité reliés avec mes mains que j’ai tendance à bouger un peu trop notamment quand je parle. Mes ongles que je ronge. L’index qui nerveusement caresse le sourcil.
♠ Ma saison préférée ? Je dois avouer que je trouve que l’automne est la saison la plus belle. C’est une saison romantique et colorée qui nous donne envie de découvrir ce qui se cache sous les mille et une couleurs qui envahissent les paysages parisiens de mon enfance.
♠ Mon avis sur les manifestations ? Qu’elles sont nécessaires pour libérer la France de l’emprise de l’Allemagne nazie!


Ton histoire


Paris, 1914 – petit soldat de plomb qui deviendra grand
Petit soldat de plomb, assis sur le perron
Tu regardes ce jeu de guerre, terrorisé
Tu as conscience de l’horreur militarisée
Au cœur de ta France résonne le clairon
Au cœur de ta ville se déplace l’escadron
Tu veux revoir ton cher père démobilisé
Cinq ans, trop de violence à familiariser
Petit soldat de plomb, finis d’être fanfaron

Petit soldat de plomb, immobile dans la classe
Tu entends le bruit des bombes, tremblant
En Petit prince, tu t’imagines des Monts Blancs
Les adultes, eux, veulent modifier les atlas
Les adultes ignorent que meure la populace
Solide sur tes pieds, tu n’es qu’un faux-semblant
Le conflit omniprésent n’est qu’accablant
Petit soldat de plomb, cache-toi dans ton palace

Petit soldat de plomb, debout dans la rue
Tu t'enfuis loin d’une triste horreur sans nom
De certains de tes amis, tu oublies le prénom
Tout dans ta vie a été une violence incongrue
Il t’arrive de te demander si tout est coquecigrue
Comment donner du sens au tonnerre des canons
Comment expliquer que certains ont du renom
Petit soldat de plomb, tais tes pleurs des disparus

Petit soldat de plomb, seul dans ta chambre
Tu te caches sous les draps pour t’enfuir
Dans tes rêves l’espoir ne peut que luire
Au pays de l’imaginaire, rien n’est d’ombre
Il n’y est pas nécessaire de rester de marbre
La chaleur de tes rêves a le droit de te séduire
Ce deuxième Noël sanglant va un jour fuir
Petit soldat de plomb, laisse passer décembre

Petit soldat de plomb, caché sous un masque
Avec l’intervention des alliés renait l’espoir
Si le grand monstre refermait ses mâchoires?
De tes sept ans, il te vient des idées fantasques
Toute la violence balayée par une bourrasque
L’Histoire n’a pas le devoir de te décevoir
Porté par le vent, un cri résonne en victoire
Petit soldat de plomb, grandis loin du casque
Quartier de l’École-Militaire, 1919 – Le tour du monde littéraire
René m’avait, pourtant, dit de me méfier et de tenir pour acquis que ni Père, ni Mère n’apprécieraient. Il m’avait dit d’être prudent. À l’entendre, c’était comme s’il me remettait un trésor d’une haute estime. Avec son épaisse reliure en cuir, son écriture à grandes lettres sombres couchées sur des pages que le temps avait jaunies, ce l’était. Un trésor. Une perle. Une merveille. Sans nom. Du Victor Hugo inscrit en lettre d’or sur le côté de sa reliure à son histoire dans laquelle je prenais un bien immense à me perdre. Tout dans ce livre évoquait le bonheur pur et simple. Mon premier vrai livre. René m’en avait vanté l’histoire. La plume délicate. Les mots d’adulte. Bien plus intéressant que mes leçons d’arithmétique qui ne savaient réveiller chez moi qu’un profond dégout. Les mots d’Hugo eux éveillaient des choses et d’autres.

Bien plus que les petits pamphlets que l’on nous remettait à l’école. Et j’avais été attentif. J’avais attendu qu’ils m’aient annoncé qu’il était temps que j’éteigne pour prétendre dormir. Assez longtemps pour les duper habilement et rependre où je l’avais abandonné la lecture. Sortir le livre de sa cachette sous mon lit était en soi. L’enfant de la guerre, que j’étais, était ce que mon père se plaisait appelé un rebelle. La latte du parquet avait craqué assez fort pour alerter ma mère qui avait hurlé assez fort pour que tout Paris l’entende. Lire, était-ce vraiment un crime si immense? Surtout un livre aussi bon? Aussi entrainant dont tourné les pages ne semblaient être qu’une partie de plaisir et non pas la torture que m’évoquait l’ouverture de la bible qu’on lisait à l’école ou de l’écrit d’un quelconque prêtre dont je n’avais que faire des écrits purement éducatifs. Théâtral comme toujours, me saisissant de l’oreille, Mère me traina jusqu’au salon. « Paul-Émile, vous devez lui parler. Votre fils est encore parti dans une de ses lubies. »

Prenant place dans le salon, René et mon père, tous deux tabacs à la main, me regardèrent cramponné ardemment à mon livre. Soutenant avec défi le regard de mes parents, je sentis toutefois une certaine inquiétude chez mon oncle. La vingtaine à demi entamé, mon oncle avait aussi peu l’air de ressembler à mon père qu’une orange ressemble physiquement à un chat. Cheveux en bataille, style drastiquement excentrique, intellectuel assurément, grand et mince, il me toisait avec un sourire sous-entendu. Mon père, trapu, sa trentaine bientôt révolue, cheveux grisonnants, lui me toisait d’un air sévère. Qu’est-ce que son cadet, son seul garçon, avait bien pu faire encore? Qu’est-ce que le vilain petit canard avait osé commettre? « Que dites-vous, Jeanne? » demanda-t-il. Sa voix grave me fit frissonner. Mauvais signe que le froid évident qu’il y avait dans sa voix. « Votre fils lit des… horreurs. » Le ton de ma mère était empreint d’un dédain certain. Horreur. Non! Ce n’était pas des horreurs. Ça battait de mille lieues tous les récits que mon père voulait me faire rire. La guerre je l’avais connu petit. La guerre, je ne voulais ni l’écrire, ni la lire. Je préférais entendre parler des merveilleuses histoires de Phineas Foggs et René m’avait confié avec un sourire sous-entendu qu’il y avait d’écrit des livres tout aussi fantastiques. De la poésie – de magnifiques écrits de Rabelais, de La Fontaine, de Bergerac, de Corneille, de Racine, de de Nerval, de Musset, de Verlaine, de Rimbaud, de Kahn, de Retté, de Baudelaire et de tant d’autres. Il n’avait fallu qu’un livre. Un seul et un unique, sur lequel je m’accroche pour que je sache que je voulais lire plus. Davantage. Je voulais composer ces écrits dans ma tête. Me perdre dans les récits de l’un et de l’autre. Plus violemment que je le voulais, je m’opposais à mon père qui m’arrachait le livre des mains. « Mais père, c’est votre frère René qui me l’a donné. » Violemment car René m’avait dit de n’en faire mention. Les livres selon Père n’avaient qu’une réputation médiocre. Selon mon cher oncle, c’était en raison du passé militaire de mon père. Homme de droiture et non pas de fioriture. Il aimait les soupers mondains – que je portais déjà en grande haine – et prenait plaisir à exprimer en terme concis ses avis sur des termes politiques qui n’avaient comme seul attrait que d’être aussi endormants qu’un coup de poêle. Le regard de dédain que père porta sur mon corps fut suivit d’un à l’égard de René plus froid que de la glace.

« Il est une mauvaise influence pour vous, Arthur. » déclara-t-il d’un ton monocorde. Une colère silencieuse bouillonnait en moi. Mais avant que je ne puisse prendre parole pour dénoncer l’injustice dont Père faisait preuve face à l’écriture qui ne savait que m’allumer, René se dressa à son tour. « Cessez vos balivernes Paul-Émile. Vous savez très bien que les livres n’y sont pour rien. » je n’étais pas nécessairement certain de comprendre à quoi faisait référence les deux hommes. Mais toutes mes énergies n’étaient tournées que vers la conservation de ce livre. Pas quand seulement dix pages manquaient à ma lecture. HORS DE QUESTION! Père ne triompherait pas. Je m’y opposerais avec toute la force que je contenais. « Mon fils ne finira pas comme vous, René. Vingt-six ans et toujours pas l’ombre d’un mariage et tant d’actes répréhensibles à votre actif. » dit Père d’un ton sans équivoque. Droit, sévère, strict. Typique de lui. Mais la réaction de René fut la plus belle. Un éclat de rire sarcastique jaillit avec force de sa bouche. « Rajoutez donc que les seuls livres qui valent la lecture sont ceux de l’histoire militaire. », continua-t-il d’un ton plein de dédain. « C’est le cas, René. » déclara Père. Et même si obtenir des livres fut plus difficile par la suite, l’enfant de neuf ans que j’étais à l’époque mit tout en place pour pouvoir lire si bien qu’à dix ou onze ans, mon père abandonna la bataille visant à cesser de me faire lire ce qu’ils qualifiaient d’horreur.
Quartier de la Sorbonne, 1921 – Des mots de toute sorte
Dans le silence du bureau de René, je fixais mon oncle. Je venais de finir de lire – relire serait d’ailleurs un meilleur terme – l’oeuvre intégrale de fleurs du mal de Baudelaire. Et j’avais beau tenter de me convaincre que je n’en avais pas besoin. J’avais besoin d’écrire. Je ressentais un besoin de m’exprimer que mes parents ne pouvaient pas comprendre. De toute façon, y avait-il vraiment un truc que mes parents chez moi comprenaient? Pour la troisième fois, en l’espace de quinze minutes, je soupirais et essayais avec un petit : « René… ». Une petite partie de moi espérait qu’il ne m’ait pas entendu. Mais une autre espérait que les deux autres tentatives qui avait été savamment suivie par le biais d’un petit « rien » qui évoquait qu’il y avait en effet anguille sous roche.

Avec surprise, je le vis déposer son crayon et me regarder : « Oui, Arthur? ». Et j’eus un petit instant de doute. Mais le regard de mon oncle ressemblait à celui de Père pendant un instant. Une petite touche d’exaspération était bien visible au fond de ses yeux qui me détaillaient. Au point où l'on est, je devais foncer. J’ai donc pris un grand souffle et j’ai plongé. D’un seul coup. Un seul souffle franchit mes lèvres: « Écrire me plairait... je crois. ». Une affirmation que je peinais à former. J’avais douze ans tout juste et je venais de passer les deux dernières années dans des livres. Complètement hypnotisé par la plume de mille et un auteurs tous plus différents les uns que les autres. Père m’avait à maintes reprises surpris à voler son journal pour pouvoir y lire les feuilletons qui y était publié, mais mon dada, c’était les poètes. Les maudits. Les romantiques. Les torturés. Les calmes. Les agités. Le sourire qui illumina le visage de mon oncle fut instantané. Il éclata d’un petit éclat de rire léger : « Je pense que si c’est ce que vous serez fantastique. » Le chat sorti du sac s’imposait face à René. Il avait réussi en un certain sens. Il m’avait détourné du droit chemin que Père me voulait voir respecter – comme ainé et seul garçon de ma petite triade familiale. Un petit sourire et il plongea la main dans son bureau. « Attendez… ».

René sortit du bureau un cahier à la reliure en cuir, épais d’une centaine de pages qu’il me tendit avec une première plume. Un carnet, ce qui s’assurerait être mon premier carnet, mais surement pas mon dernier. Avais-je conscience de l’importance du geste que René venait de poser en me donnant du papier pour poser mes idées? Pour lui, ce n’était qu’une manière de plus de refuser de se soumettre à la volonté de mon père. Pour moi, c’était m’offrir accidentellement les premières clés de ma liberté. Sans le savoir, René venait de bousculer le cours de ma vie en m’offrant papier et crayon. Je me découvrais Molière et Verne. Je me découvrais de prose et de rimes. « Prenez-le comme un présent. À la seule condition que je dois lire ce que vous y écrivez, cher neveu. », conclut-il alors que je jetais sur papier mon premier impromptu. Parole serait tenue lors que je conclus l’échange en disant « Promis mon oncle. Je ne vous décevrai pas. ».
Berlin, juin 1925 – L’amour des hommes
Seul dans le train avec un mon livre, mon regard se perd sur la nuque du voisin d’en face. Je rejoins René à Berlin où il a une résidence secondaire. C’est une des solutions de mon père qui selon ses termes exacts « ne sait plus quoi faire de l’indiscipliné que je suis ». Je ressens un certain plaisir à exaspérer mon paternel. Lui répondre pour voir dans ses yeux la déception qu’il ressent me rend, je l’avoue avec un demi-sourire, que très heureux. René au moins ne me juge pas et lui m’encourage à suivre mon coeur. Même s’il faut passer une éternité en train pour rejoindre mon oncle qui passe ses vacances à Berlin. Je lâche finalement du regard la nuque de cet illustre inconnu en me disant qu’elle est magnifique et artistique cette nuque.

Ai-je conscience des pulsions que j’ai? Pleinement. Au collège que je fréquente, on nous répète sans cesse que les plaisirs sodomites sont un pêché et que l’on ira en enfer. À seize ans, je ne voulais pas me confiner à ce que les autres attendaient de moi. Si certains des autres garçons du collège parlaient de mariage avec une jeune dame, je savais déjà que ça ne serait jamais ma place. Les femmes ne savaient simplement pas me faire tourner les yeux. Les courbes de leur corps ne me laissent que sur une indifférence blasée. J’ai conscience de ce que l’on en dirait. Mais les gens ne font que parler toujours et continuellement. Ils sont saoulant les gens à juger. Mes parents sont fort probablement parmi les pires hypocrites de cette bourgeoise militaire florissante de laquelle je suis tristement issu. Je me reconnais beaucoup plus dans René. René et son amour du désordre.

Il m’attend d’ailleurs d’un pas ferme sur le quai de la gare. Ma valise à la main, il ne me faut qu’un instant pour le repérer. Chapeau melon comme d’habitude. Endimanché comme d’habitude. Grand sourire sur le visage comme d’habitude. Il ramasse d’une main ma valise : « Votre carnet. » demande-t-il sans l’ombre d’une cérémonie. C’est une habitude qu’il a depuis qu’il m’a donné mon tout premier de mes carnets. Seule exigence, qu’il puisse lire ce que j’écrivais. Tout. Sans une exception. Je ne quittais jamais la maison sans mon carnet. Quatre ans et seize carnets plus tard, pour la première fois, j’hésitais à lui tendre mes écrits. Une certaine pudeur face à certains poèmes qui n’était pas sans rappeler l’allure écorchée du Une saison en enfer qu’il m’avait offert un an plutôt. Pénétrant dans sa berline avec chauffeur, mon oncle glissa ses lunettes sur son nez et ce dernier dans mon livre. Nerveusement, les yeux fixés sur l’indécence de Berlin, ville aux couleurs sombres, j’attendis le verdict sur mes écrits référant sans presque aucun tabou à Sodome et Gomorrhe que je me rêvais de visiter.

Un geste au chauffeur me fit frissonner. Un arrêtez évident qui fut naturellement obéi. Je ne savais, à l’époque, quel était le métier de René, professeur de chimie, mais il était un de ses hommes influents, à l’instar de mon père. « Halten Sie an der Ecke der nächsten Straße, Albert. » demanda mon oncle après un moment en fermant le cahier et en me le retendant. Mon allemand était horrible. Voulait-il m’abandonner seul sur le coin de la rue? Chevilles entrecroisées, distingué, il me sourit. « S’il n’existe qu’une seule raison pour laquelle j’aime Berlin bien plus que Paris, cher neveu, c’est pour son ouverture d'esprit apparente. » commença-t-il d’une voix posée. Mais il hésitait un instant : « Votre révolte à l’égard de votre père n’a d’égal que la mienne face à mien. Je vous emmène dans un endroit formidable. ». Au bout d’un moment, le chauffeur s’arrêta. Mon oncle articula une quelconque demande en allemand. Il me désigna la porte d’un petit geste. Je reste silencieux et incapable de soutenir le regard de René. Mes mains tremblent en sortant du véhicule. J’ai en quelque sorte honte de ce qu’il dira. J’hésite pendant un petit instant : « où m’emmenez-vous? » Mais pour une énième fois dans ma drôle de vie, mon oncle se lança dans de longues et élaborées descriptions de choses et d’autres. Cette fois-ci, c’était une ode à Berlin qui commençait par «[colon=green] Si je n’aime pas particulièrement la montée des nazis, cher neveu, j’apprécie toutefois l’ouverture de Berlin face à ces actes que votre père me reproche et dont vous faites référence dans vos textes.[/color] ».

Vagabondant dans les rues, nous primes une petite rue, puis une ruelle et un escalier qui débouchait sur des décombres. Et nous finîmes par nous retrouver devant la devanture peu rassurante d’une petite échoppe d’allure austère. J’y entrais toutefois avec mon oncle. Peuplé que d’hommes, le fameux bar était à l’image du Berlin que mon oncle me décrivait dans ses lettres. Excentrique et enfumé. Ce fut pour moi la consécration d’une affirmation. Surveillé du coin de l’œil par mon oncle, attablé devant ma première bière allemande – probablement un des seuls éléments que j’aime de l’Allemagne encore à ce jour, je dévorais du regard ce jeune homme qui dansait collé contre un autre. C’était loin des bals organisés par je ne sais quel élément mondain dans lequel hommes étaient forcé de demander à femmes et où je me retrouvais incapable de retirer le moindre plaisir de la danse. C’était ma place. Et je le sus dans les quelques premières secondes.

Ma langue se glissa lentement sur mes lèvres. C’était comme si mon oncle avait complètement disparu du portrait pendant quelques secondes. Quand je reviens à la réalité de la musique et de l’odeur de musc qui régnait dans la pièce, mon oncle me présentait un de ses amis qui ne devait pas avoir plus de cinq ans de plus que moi. Ce fut dans les bras de ce Français lui aussi en vacances à Berlin, dans ma chambre chez mon oncle que je m’abandonnais pour la première fois aux mains d’un homme. Je me découvris pleinement : Mains curieuses, lèvres courageuses, voix brisée dans l’extase, souffle coupé par une présence. Plus jamais je ne remis les pieds à l’église. Ma véritable nature n’était pas compatible avec ce que l’église voulait de moi. Tant pis, si ma vie était pour être une vie de secret et de célibataire.
Quartier de l’École-Militaire, 1926 – De militaire à littéraire
Les yeux de Père scintillaient de colère. Il m’aurait pris en flagrant délit avec un homme que la réaction n’aurait pas été différente. Poing brusquement déposé sur le bureau, regard perçant qui me toisait sévèrement, j’attendais le verdict. Comment expliquer que je n’étais que le cruel petit vilain canard qui refusait de se conformer. « Aucun de mes trois enfants ne me pose ne serait-ce que le tiers des problèmes que vous me posez, Arthur. ». Comment lui expliquer qu’à dix-sept ans, je ne craignais plus son autorité? Impossible. Voilà la réponse. Pour lui, j’étais son fils. Comme un soldat à son caporal, je lui devais obéissance.

Qu’avait-il appris des dix-sept dernières années? René et moi en rions souvent en nous disant qu’il n’avait rien dû apprendre sur moi. Depuis mes trois ans… faux, depuis la guerre, plus mon père voulait me pousser vers un plan, plus je me rebellais pour aller vers ailleurs. J’avais toujours été un libre penseur – milles et un merci ici dédié à mon Oncle qui lui avait toujours cru bon m’encourager et me soutenir. Droit comme un pic, strict et décidé, j’ouvris la bouche « Le collège militaire ne me verra guère. Ce n’est pas mon destin, je serais au… » Père tapa du poids sur la table. Déchaine-toi orage. Ma décision est prise. Mon indépendance d’esprit est bel et bien acquise. Je n’ai même pas l’opportunité de couper terminé ce mot que mon père s’impose. « Vous ne répéterez pas cette phrase, Arthur. »

Sans que je le veuille, un éclat de rire satyrique sortit de ma gorge. Qui croyait-il pour m’imposer celui que je veux être? Il n’était pas en droit de faire une telle chose. La colère que je ressentais face à lui n’avait d’égal que cette rancœur que j’étouffais quotidiennement depuis des années. J’avais conscience de tous les mots qu’il disait à mon égard. J’avais conscience de la déception que je représentais pour lui de ne pas avoir l’allure ni la force de porter fièrement : « liberté, égalité et fraternité » de l’armée. Tant pis. Je crachais mon venin d’un coup sec. « Je le ferais père! Je serais aute… » Un rugissement de lion sortit de mon père. J’avais aujourd’hui traversé une ligne de trop. J’étais que déception pour un homme solide. J’étais le contraire de comment il m’avait élevé. Il m’avait dressé comme un bon chien pour que je sache à la perfection comment me tenir dans une soirée mondaine. Il m’avait donné des trucs pour y séduire une femme – sans se douter de mon intérêt absent pour la chose. Il m’avait sculpté à son image. Mais je ne cessais de le décevoir. En choisissant les lettres de la gauche par-dessus l’armée de la droite, je l’atteignis profondément. « Militaire est la carrière que vous aurez. »

C’était à mon tour de gronder. J’étais exaspéré par son incapacité à comprendre qu’il avait échoué. JAMAIS je ne toucherais à une arme. JAMAIS! N’étais-je pas assez clair? Qu’est-ce qu’il ne comprenait pas? Je me relevais de toute ma taille et je le regardais avec dédain en articulant d’une voix forte : « Vous ne voyez donc pas? Je suis l’échec que vous attendiez. » Mes mots étaient acérés et depuis bien trop longtemps retenus. Combien de fois avais-je surpris père et mère messes basses à comploter pour que je réponde à leur idéal du bonheur? Milieu traditionnel, bourgeoisie militaire naissante, ils avaient tracé un chemin pour moi. Un chemin qui étrangement semblait mené vers cette menace qui commençait déjà à planer dans l’est à Berlin. Ma voix était forte. Je tonnais et résonnais. « Je ne serai militaire que sous la torture. » J’étais Rimbaud criant son incompréhension à Verlaine. J’étais un fils, incapable de tolérer le fait de suivre une voix qui ne luis ressemblait pas. J’étais un homme fier qui s’accordait le droit d’être celui qu’il était. « Je serai auteur, homme de lettres, poète, dramaturge. Mes écrits voyageront à travers le monde. Avec des mots, j’écrirais la révolution. »

Je me retrouvais, tremblant sous l’impact d’une réalité qu’il m’avait tardé de dire. Je serai celui que j’avais durement travaillé pour être. Je serais l’adulte. Je serais le grand. Je serais fort et inébranlable. Mon cœur ne se tordit même pas lorsque la voix de père s’éleva – las et marqué : « Alors vous pouvez prendre vos effets et quittez ma maison.». J’étais chassé comme de la vermine pour avoir suivi mon cœur. Pour vouloir m’inscrire à la Sorbonne. « Bien! Vivez votre vie, Père. Je suis l’auteur de ma destinée. Si cela vous déplait, c’est avec plaisir que je m’éclipse. ». Je ramassais mes quelques possessions, mes vêtements enfouis dans ma valise, mes livres dans mon sac. Ce ne fut que rendu chez René que je compris tout l’impact que venait d’avoir ma décision.
Quartier de la Sorbonne, 1928 – Au-delà du réel
Le reflet dans le miroir de mon appartement ressemblait catégoriquement à quelqu’un d’autre. J’avais dû aller implorer René de me prêter de ses vêtements pour avoir l’air convenable. Le tailleur m’énervait. Ce n’était pas moi. Je ressemblais à celui que mon père voudrait que je sois. Et puis tant pis. Je n’existais plus pour lui. Mais j’avais René. Sauf qu’aujourd’hui, j’avais l’impression d’être un agneau que l’on amenait à l’abattoir. Seul devant mon miroir, les cheveux savamment placés, j’en vins à me convaincre que je me détestais. Je préférais troquer ce costume pour des vêtements plus amples. Troqué le salon littéraire où je m’en allais sous invitation d’un de ces professeurs pour ce petit bar dans Montmartre. Troqué l’idée de parler avec des mécènes pour celle de passer une bonne nuit avec un amant dans mon lit. C’était soirée littéraire mondaine et au plus loin que je me rappelais, je les avais TOUJOURS détestés. Finalement satisfait, je pris les escaliers – mon petit appartement avait accès un ascenseur, mais je ne faisais pas confiance à cette technologie. Je jetais un regard rapide au valet – mignon d’ailleurs que j’ai déjà ramené dans mon lit quelques fois. Pourrait-il me fournir une excuse pour ne pas y aller?

Surement pas. Je sortis. L’air froid de la nuit tombante de ce début décembre me fouetta le visage. Ce fut à pied que je me rendis au domicile. Je pourrais fuir. Déguerpir. Prendre un train et quitter Paris. Retourner à Berlin une fois de plus. Menteur que je suis. Les tendances de droite qui se dessinent à Berlin et les voix criantes ne me trompaient personne. J’étoufferais encore plus en Allemagne que je ne le faisais à Paris. C’est en partie pour ça que ma voix s’est rapidement jointe à celle d’André Breton. Écrivaillon à peine connu, je ne pesais guère dans la balance. C’était pour ça aussi qu’il fallait que je fasse preuve de présence ce soir. Parce que j’étais un protégé sans identité encore. Un de ces jeunes auteurs de la gauche naissante. Au coin d’une avenue, j’allumais ma cigarette. Le goût âcre dans ma bouche me déstressait. J’avais encore une fois envie de reprendre mes jambes à mon cou en arrivant à l’adresse. Faire bonne impression et me montrer à l’image de mes mentors et des gens qui m’avaient amené ici. Ne pas trop boire pour ne pas avoir la langue qui se délie assez pour m’empêcher de formuler clairement quelques mots. Qui suis-je pour m’opposer à celui dont la plume m’évoque une si grande admiration? Personne. Clope au bec, je toquais à la porte.

Ce fut un domestique qui vint m’ouvrir la porte. Plus chic que le domicile dans lequel j’avais grandi. Et voilà qu’une fois mon manteau ramassé par un autre domestique, je me retrouvais flanqué d’une coupe de vin au milieu d’une pièce ou je me sentais particulièrement démuni. Saisi par le bras par mon hôte, je fus baladé d’un groupe d’hommes à un autre groupe. Ce fut ainsi que j’atterris dans le même groupe que Néron Anglereys. Ce dernier me toisa d’un air moqueur : « Alors, voici le dernier petit protégé dont ce cher André me dit tant de bien, mais dont aucun des écrits n’est connu. » dit-il. Prétentieux fut le premier mot que j’accolais à cet auteur. De ce que je savais, Néron était un de ses auteurs montants qui avait une petite troupe de théâtre et un ami proche de monsieur Breton.

Certes, je n’étais pas connu. J’étais en fait plutôt du genre discret dans les cours et dans ce genre de soirées – si bien que si André n’avait pas été là pour me trainer d’un endroit à l’autre, j’aurais sans l’ombre d’un doute fini par devenir complètement invisible et me fondre dans le décor de la pièce. Mais étant justement un illustre inconnu – et probablement légèrement poussé par le troisième verre de vin que j’avais bu, je sortis un sens de la répartie qui n’était que peu commun pour le jeune homme de dix-neuf ans à l’assurance quelque peu ébranlée par cette indépendance récemment acquise. D’une petite voix, je répliquais : « Ne vous a-t-on jamais dit Monsieur Anglereys qu’il faut se méfier de l’eau qui dort? »

Un grand sourire illumina son visage. Voilà qu’en une seule phrase, je vins de piquer sa curiosité. Ce fut ainsi que près d’une heure plus tard je me retrouvais debout sur une chaise relevant un défi de Néron qui venait de piquer l'orgueil mâle que j'avais visiblement bien enfoui en moi pendant ses dix-neuf dernières années. Jamais je n’aurais cru qu’après six verres d’un délicieux rouge, je pourrais réussir à me trouver avec une telle assurance et une aussi bonne diction à déclamer quelques vers qui eux ne contenaient aucun alcool, mais qui provenaient de ma plume. Avant le troisième poème, je retirais la fameuse veste de costard qui atterrit dans les bras de la compagne qui était à côté de Néron. Mon spectacle se poursuivait

« Soit un dernier à la demande général. » m’exclamais-je satisfait des quelques applaudissements de la salle qui m’observait. « Voici un de mes préférés : les étoiles des anges.

- Un souffle, un gémissement, un temps
Les étoiles envahissent un ciel combattant
Ni le froid, ni le temps n’effacent le plaisir
Dans le silence, il n’y a temps pour se ressaisir
Sous les doigts de l’ange, l’amant défaillit
Aucune des couleurs ne lui semble vieillie
Et voilà que sous un ciel à saveur d’aurore
L’ange constate qu’il disparait avec le météore
Et l’amant envie ces multiples filantes étoiles
Qui elles prennent avec l’ange les voiles
»

Néron me regarda avec un de ses sourires en me tendant la main pour descendre de mon podium improvisé. Il était mignon malgré le fait qu’il était désespérément trop vieux pour mes préférences - je les préférais de mon âge. « En effet, monsieur Brunel… vous m’avez appris une leçon. Il faut se méfier de l’eau qui dort. » affirma-t-il en me serrant la main. Et bien que les souvenirs de cette soirée furent quelque peu confus, Néron Anglereys devint un homme d’une grande influence dans ma vie et contribua quelque peu à dérider le petit écrivaillon.
Quartier de Montmartre, 1930 – J'ai le plaisir de vous haïr
« C’est sans prétention que je l’affirme. Cet essai n’est guère digne d’intérêt. » affirmais-je d’un air légèrement prétentieux à René dans un café littéraire où nous avions habitude de nous rencontrer lorsqu’il venait à Paris. À vingt-deux ans, je commençais à jouir d’une certaine renommée – bien que je planais dans l’ombre de ce cher André Lebreton. L’éditeur qui venait de publier mon premier recueil venait de me convoquer, quelques heures plutôt, à un entretien par rapport à ce second recueil dont je lui avais soumis les pages quelques semaines. La rencontre avec le petit jury m’avait satisfait, je serais publié. Il s’agissait d’une toute petite victoire dont j’appréciais la victoire. Tout cela pour en revenir à René sur cette terrasse et ce roman dont il me parlait avec une lumière certaine dans les yeux : le dernier essai d’Armand de La Rosière que j’avais personnellement trouvé aussi intéressant qu’une rencontre avec Père. Le propos y était insipide et hurlait à la droite politique. Pas étonnement que Paris entier trouve un certain plaisir à lire des inepties pareilles. La même opinion depuis mille fois entendue.

Pourtant, il fut un temps où de la Rosière et moi fûmes amis. Un lointain temps qui datait du début de mes études universitaires. Devais-je l’avouer que son style physique n’était guère pour me déplaire? Des traits définitivement masculins, un air typiquement conservateur – le genre d’homme qu’il nous fait plaisir à ramener dans notre lit pour habilement pervertir l’esprit et le corps – mais qui encore à ce jour ne traine pas au tableau de mes nombreux amants. Ce fut lorsqu’il termina ses études et qu’il me fit lire son premier roman Les marchands du Temple que je compris la grandeur du gouffre qui existait entre lui et moi. Un tel antisémitisme à peine dissimulé, un conservatisme religieux hurlant comme les voix dont René me faisait part chaque fois que je recevais une lettre et un propos si obtus qu’il était difficile de clairement comprendre ce qui se passait. Si la plume n’était pas, à l’instant de l’auteur, désagréable au regard, le propos en était infect.

René me toisa. « N’est-ce pas de la jalousie que j’entends dans votre voix, Arthur? » dit-il. Je le fixais avec un regard froid. « Non! Je me plais où je suis. À écrire la poésie qui me plait et non pas des horreurs qui sont humiliantes pour l’intellect. ». Avec douceur, j’allumais une cigarette en prenant une longue gorgée de ce café. Je préférais me méfier de la droite extrémiste qui n’était pas pour susciter mon intérêt. J’eus un petit regard vers le serveur. Le soir venu, je partais régulièrement avec ce dernier. Être moi-même était tellement plus agréable que de jouer cette étrange comédie qui importait de prendre femme et de prétendre au bonheur. René roula les yeux, en voyant le regard de dérobé entre nous deux : « Vous êtes incorrigible, neveu. » Détournant le regard, je me retournais vers mon oncle en souriant : « Mais ce n’est guère le temps d’être sage à vingt ans, René. »
Quartier de Rochechouart, 1934 – Être vigilent est un devoir des intellectuels
La salle était bondée. J’étouffais. C’était nécessaire toutefois d’y être. Après ce qui s’était passé dans les rues de Paris la semaine dernière, je me sentais un besoin essentiel de répondre présent pour la résistance. J’avais cessé de vouloir me conformer bien trop tôt dans ma vie et j’affirmais avec bien trop d’assurances mes convictions de gauche – où, sans prétendre qu’un régime communiste comme le postulait Marx était la solution, j’affirmais une donnée essentielle de respect d’autrui et l’égalité des chances à tous, me rapprochant drastiquement du modèle socialiste. Après tout, n’était-ce pas ce que postulait le fameux Liberté, Égalité, Fraternité qui était pilier central de notre magnifique société française? Le résultat était que je me retrouvais pour la première fois à vingt-six ans à sortir de mon cocon de protection littéraire pour exprimer mes opinions à voix haute.

Il n’était ici point question de soirées littéraires – j’avais fini par me faire à l’idée de ses soirées et à – parfois – en apprécier la teneur pour le moins distrayante de ces soirées où les idées fusaient de toute part. Peut-être était-ce l’âge qui commençait à m’assaillir ou l’assurance de ce quatrième recueil de poésie, mais je commençais à me démarquer dans ses soirées. Sans avoir tout le temps les yeux braqués sur moi comme Armand qui semblait apprécier avoir une bande de mouches lui tournant autour. Non, en ce jour, c’était une liberté de pensée que je clamais. Il s’agissait ici du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Un groupe que je joignais pour deux raisons : mon éternel esprit de contradiction avec l’autorité établie et ma conviction profonde que les manifestations de l’extrême droite n’étaient en aucun sens un bon signe. Après tout, René était revenu de Berlin six mois plutôt en m’annonçant qu’ils avaient fermé les endroits que nous avions l’habitude de fréquenter et commencé à durcir le ton à l’égard des gens ayant des préférences semblables. Mon oncle avait d’ailleurs troqué son rôle de professeur à Berlin pour un à Paris – craignant l’explosion qui s’annonçait dans les voix criardes de l’Allemagne d’Hitler. À mes yeux, mon devoir était simple. À titre d’intellectuel aux tendances déviantes – au dire de l’église, je me devais de me méfier des idées préconçues et des jolis discours moralisateurs. C’était pourquoi justement je me retrouvais dans cette grande salle coincée entre des auteurs, des philosophes et autres intellectuels qui eux aussi avaient en un sens ressenti ce besoin de s’opposer à cette idée d’une société qui ne convenait guère à leur idéaux.

Un regard à ma droite accrocha sur un Hispanique qui regardait le cahier d’écriture que je tenais à la main. « Bonjour » dit-il avec un fort accent. C’était mignon – mais pas autant qu’Auguste avec qui j’avais une relation plus ou moins stable depuis près de six mois – un record dans mon cas… mais peut-être une preuve que je vieillissais en un certain sens. « Juan Aznar. Qu'écrivez-vous? » me demanda-t-il en me tendant une main pleine d’assurance. Sans le savoir, cette première rencontre quelque peu fortuite fut une bénédiction, car le jeune Juan Aznar était un auteur à la plume fantastique que je rencontrais et avec qui j’eus un coup de cœur littéraire. Ce fut le début d’une certaine correspondance entre lui et moi : des lettres dans un espagnol hésitant et un français affirmé pour ma part et l’inverse pour cet auteur.
Quartier de l’Odéon, 1938 – Devant l’incertitude, mieux vaut suivre son cœur.
J’avais hésité longtemps à faire un tel geste mais je venais peu à peu à l’évidence. J’avais vingt-sept ans quand j’avais commencé à écrire de la poésie combattante. Mon geste se justifiait par la guerre civile qui déchirait depuis bientôt cinq ans l’Espagne et dont j’avais conscience par le biais de mon ami, Juan, qui y livrait une lutte acharné. Si ma voix avait pu changer l’issue de la guerre, l’Espagne républicaine aurait gagné la guerre, haut la main. Mais j’apprenais bien à contrecœur que les mots n’avaient qu’un impact limité sur la guerre. Je ne pouvais qu’espérer que mon cher Juan ait réussi à s’enfuir à temps avant la fameuse collision de la signature des accords de Munich. Mes mots n’avaient rien changé. Aucun des poèmes. Aucun des essais que j’avais publié n’avait eu qu’un impact mineur pour ne pas dire complètement inutile.

Le résultat était bien simple, sur le pas d’une porte, je finissais de savourer une cigarette en cherchant les mots que je déclarerais. J’aurais sans doute l’air d’un rat qui quittait le navire avant qu’il ne coule. Mais le fait était différent. J’avais commencé à étouffer dans les carcans des mouvements dans lequel j’étais engagé. J’étais fait pour la liberté et non pas les règles bien établies qui m’étouffaient complètement. J’avais pris ma décision quelque semaines auparavant, mais j’avais attendu que ça soit le bon moment pour annoncer mon départ. Et avec la signature des accords, je savais que les dirigeants des deux organismes étaient complétement débordé. Partir avec un grand « bang » ce n’était pas mon genre. En fait, si j’avais juste pu complètement disparaitre de la surface de la terre. C’était ce que j’aurais fait. Mais c’était impossible. Par conséquent, je passais la porte et je pris mon courage à deux mains : « Je quitte le mouvement » furent les mots que je prononçai face à ceux qui m’avaient supporté au courant des dernières années : mes amis du mouvement surréaliste et ceux du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

Mais mon départ ne me laissait pas sans plan pour autant. Seulement quelques heures après cette rencontre avec les dirigeants, j’avais rendez-vous avec Néron au théâtre de la troupe de l’Atelier. J’avais envie de découvrir de nouveaux horizons et d’être capable de me redéfinir moi-même. À mes yeux, la troupe de mon ami me permettait cette expression. La décision de joindre l’Atelier allait s’avérer être l’une des meilleures décisions qu’il m’ait été donné de prendre dans toute ma vie. Non seulement, je devins l’agent, mais je me mêlais aussi à l’écriture et à la mise en scène des pièces. En un certain sens, c’est à Néron que je dois le fait de ne plus être complètement décalé dans les soirées mondaines.
Paris, 1939 – Résonne le son des tambours
Avec une certaine peur, Paris entend un murmure
Le peuple craint d’avoir à revêtir une armure
Les voix allemandes hurlaient d’une telle froideur
L’enfant en moi a trop tôt perdu sa candeur
Sa méfiance l’inhibe et les mots le paralysent
Lui qui a vieilli dans la guerre rêve de valises
Qui l’amèneront loin à l’autre bout du monde
Où ne l’atteignent aucune des images nauséabondes

Une menace qui planait depuis l’est se confirme
Tétanisant de la première guerre enfants et infirmes
Résonne d’un coup l’horrible hurlement des tambours
Glaçant le sang de tous de Londres au Luxembourg
Un orage sans nom qui est tristement familier éclate
D’un coup, tes mains deviennent complètement moites
Frères et sœurs, c’est à vous de prendre la défense
De la veuve et de l’orphelin qui subissent l’offense
Quartier de Sorbonne, 1940 – L’appel silencieux
Auguste était distrayant. J’envisageais de plus en plus sérieusement de le mettre à la porte de l’appartement que j’habitais depuis près de quinze ans. On avait beau se fréquenter avec une passion enivrante depuis près sept ans… je ne me lassais jamais. Pourtant, j’aurais eu besoin d’avoir eu l’air las pendant un petit instant. Je n’en revenais simplement pas que j’ai vraiment entendu ce poème en chanson… c’était impossible. J’étais donc assis à mon bureau avec mon carnet de poème à relire pour la énième fois le poème dans l’espoir que je réalise que c’était faux et que L’appel silencieux publié en page quatre du Réveil était vraiment devenu un des hymnes de la résistances.
Liberté, égalité, fraternité, tu disais
Images tordues dans les médias médisaient
Bien heureux que le conquis n’est qu’illusion
Entêtée, France, tu ne penses qu’à l’évasion
Résistance est, envers tes enfants, ton obligation
Ton envahisseur vise ton ultime aliénation
Épanouie malgré tout, tu refuses l’humiliation

Énergique, ta lutte n’est pas un leurre
Grandissant dans le sang et la peur,
Appel silencieux aux révolutionnaires
La soumission demandée est dépressionnaire
Il ne te faut guère de temps pour réfléchir
Ton pays ressent le besoin de s’affranchir
Épée, fusil, canon et bombe te déchirent

France occupée mais jamais soumise
Résiste. Ta défaite ne sera admise
Appel silencieux aux mots et armes
Ton devoir est de produire un vacarme
Enterrant la violence des rats allemands
Radicale, tu marcheras triomphalement
Nullement oubliée, ton Histoire s’écrie
Impensable est l’allemande escroquerie
Ta liberté précieuse a été acquise
Écho que, par les tiens, tu seras conquise
Une autre lecture pour me confirmer que c’était vraiment ce que j’avais entendu. J’AVAIS BESOIN DE MA CONCENTRATION! Sauf qu’une bouche insistante continuait de s’insinuer dans mon cou. Je grondais quelque peu exaspéré : « Juste cinq minutes mon doux. ». C’était beaucoup lui demandé cinq minutes. Mais je n’en revenais tout simplement pas. Je remontais les mains de mon amant. Ce fut à son tour de lancer un soupire exaspéré. « Je dois prendre le train pour Berlin dans une heure trente… ton poème, il peut attendre une toute petite heure, Lancelot. » Je tirais la langue et vint tout doucement l’embrasser. Il était mignon comme tout. « L’appel silencieux est devenu une ode chantée, ‘gus. » déclarais-je avec des étoiles dans les yeux. J’avais beau avoir été publié à de multiples reprises. Cette réussite-là était unique pour moi. Elle revêtait un sens particulier. J’avais beaucoup perdu dans ma quête d’affirmer celui que j’étais : mon père, ma mère, mes sœurs. J’avais commis de multiples sacrifices. Choisissant une vie plus défavorisée que celle qu’une carrière de militaire aurait pu m’amener, j’avais l’impression d’être vivant. Heureux et drastiquement vivant. Du haut de mes trente-et-un ans, abandonné dans les bras d’un homme, mon esprit explosait, soumis à ces sentiments de bonheur qui venait avec le succès très mérité et de désir.
Quartier du Palais-Royal, 1942 – La résistance est une œuvre silencieuse
Vêtu de mon plus beau costume, je donnais l’impression d’être un homme sérieusement distingué. Le fait était que si trois heures plutôt Néron n’était pas débarqué chez moi pour me rappeler que je devais aller à cette soirée, j’aurais probablement oublié. Il m’avait trouvé dans mon appartement. Il devait bien y avoir cinq ans qu’il possédait un double des clés. Les volets tirés l’avaient inquiété. Cumulé avec mon absence des cinq derniers jours au théâtre de l’Atelier, c’était assez pour sonner l’alarme, haut et fort, et qu’il se serve pour la première fois de ma clé. Ce fut couché en boule, le nez enfoui dans un des chandails d’Auguste, une barbe de cinq jours en désordre et mes sanglots devenus silencieux ma pièce que je me fis surprendre par mon ami. La dernière lettre parvenue de Berlin signée de la main d’Auguste était équivoque. L’homme que j’aimais avait réussi à me faire passer un mot – mais son statut de triangle rose lui avait poser problème pendant son dernier voyage à Berlin. Il était entré en camp de concentration. Néron tira brusquement les volets et je répliquais en lui lançant l’oreiller sur lequel je m’étais à demi-calé. « Pleurer ne changera pas le sort de celui que tu pleures… Allez. Tu dois aller te préparer. Il y a une soirée mondaine ou se trouve Desalle et tu y es invité. » me dit-il d’une petite voix toute délicate. Mon ami ne comprenait pas que j’avais eu des tas d’amants dans ma vie… mais qu’il y avait eu qu’un seul Auguste dans les bras duquel je finissais toujours par me retrouve.

Néanmoins, son acharnement des dernières heures réussit à me tirer du lit, à me faire me laver et me raser de près et à me faire manger. Il m’apporta jusqu’à la soirée mondaine dans laquelle je savais que je devais faire des efforts pour me démarquer des autres. En un certain sens, je savais que je finirais par apprécier légèrement cette fameuse soirée dans un grand milieu qui m’était étranger des années plutôt. À défaut de me sentir heureux dans ce milieu, je me sentirais heureux d’au moins exceller dans mon emploi. Décembre tirait à sa fin et je savais que l’Atelier avait besoin de fond. Et je savais toujours me montrer persuasif. C’est ainsi que je repérais en quelques instant le fameux Melchoir Desalle. Il n’était pas le genre d’homme que l’on voyait dans nos salles de théâtre. Il ressemblait terriblement à mon père avec son air droit. Pas de question à se poser. Cet homme n’avait probablement jamais mis les pieds dans une salle de théâtre. C’était le genre d’homme qui était pour l’Atelier une raison supplémentaire de convaincre. En effet, j’avais bien beau tenté de faire reconnaître comme n’étant qu’une recherche de fond que pour l’atelier, le fait était que l’argent financerait l’achat de papier pour le Réveil car les deux entreprises étaient profondément lié.

Qui de mieux qu’un homme de droite pour nous supporter et nous cacher des soupçons qui pouvait peser sur notre troupe de gauchiste. Mais je savais aussi qu’avec ces hommes, le défi – en quelque sorte le jeu de séduction sans sensualité auquel je me menais – était d’autant plus grand qu’il était au courant de mes anciennes tendances du temps de ma vie de jeune adulte. Tant pis, je savais que l’entreprise serait quelque chose de nombreux mois. Mais j’avais l’intention de me soumettre à la bataille et de triompher.
Quartier de la Sorbonne, 1943 – L’inestimable sentiment d’emmerder Hitler
Un tout petit regard à mon appartement vous confirmait sans doute que je n’avais pas autant changé qu’à vingt ans. Premièrement, le désordre qui régnait dans ma chambre était probablement une des composantes qui donnaient l’impression que ce n’était pas un homme dans la trentaine qui y vivait, mais le jeune homme dans la jeune vingtaine. Un ensemble d’objet hétéroclite gisaient sur les commodes. Le ménage ne m’aidait pas à créer. J’avais tendance à mettre le désordre à peine la femme de ménage payée parce que je me retrouvais seul et incapable d’écrire une seule ligne potable. Ainsi, sur mon bureau, on y trouvait une copie d’un texte sur lequel Néron attendait mon retour – la prochaine pièce de théâtre de L’atelier une allégorie sur la guerre. Non, je ne m’étais pas séparé de mon ami. Je ne pouvais que difficilement être neutre face à son ex-femme qui était partie intégrante de sa troupe. Elle me laissait perplexe cette femme. Mais bon, je savais que certains n’approuvaient pas non plus mon alliance avec Néron – après tout… mes penchants vers l’extrême-gauche n’étaient pas de secret pour personne. Mais mon ami continuait de me solliciter pour sa troupe.

Il restait encore quelqu’un des objets que Juan avait laissé lors de son passage dans mon appartement. Il avait réussi à s’échapper quelques semaines plutôt du camp de transit dans lequel il avait été enfermé grâce à mon aide. Il avait cherché un boulot dont il avait besoin. Considérant sa plume d’une grande qualité, je lui avais d’ailleurs proposé de se joindre au journal Le Réveil. Mais il déclina mon offre et partit de mon appartement. Il y avait aussi un recueil qui trainait : le dernier livre de La Rosière. Je savais que je n’aurais pas dû acheter. Mais les regard en biais et l’insistance de ce dernier pour me voir et me parler ne faisait que me donner envie de m’enfuir le plus loin possible de cette homme qu’il fallait mieux fuir.


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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Lun 3 Nov - 21:20

+1 au cas ou
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Lun 3 Nov - 21:48

Oho, je vois que Sybille (alias Elsa face, mais chut, elle est clandestine) a fait du bon boulot, elle aura le droit à un bon point dans le staff gnhehe

Bienvenue à toi, tu as bien fait de craquer, maintenant que tu es là, on ne va plus te lâcher - et ne t'inquiète pas, tu n'es pas la seule à avoir commencé le rp historique sur YT, et tout le monde s'en sort très bien . Si tu as la moindre question, le moindre problème, n'hésite pas à nous contacter, Elsa ou moi, nous sommes à ton entière disposition (ou gnihi, suivant comment tu veux voir ça gnhehe) ! En plus, quel excellent choix de personnage !

J'ai hâte d'en lire davantage en tout cas gaga, bon courage pour tes sessions et au plaisir de te lire !

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Lun 3 Nov - 21:48

Deuxième!!
Bienvenue Arthur! Quel joli PV tu as pris là, on avait personne du Réveil jusqu'à présent, c'est génial Bon travaillant au Courrier, Eva est moyennement contente...m'enfin c'est trop génial! :P
Bon courage pour ta fiche!! J'ai hâte de lire ça :)
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Lun 3 Nov - 22:01

Oh ! Te voilà heart

Bienvenue officiellement parmi nous cette fois ! Je suis vraiment contente de te voir débarquer parmi nous cutevil
Comme je te le disais sur PRD et l'a dit ma collègue ne t'inquiète pas, je suis sûre qu'il n'y aura aucun problème avec la période cuddle

N'hésite pas si tu as la moindre question et bon courage pour la fiche malgré les révisions happy

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mar 4 Nov - 2:33

Edouard: Elle mérite plus qu'un bon point. Elle a besoin d'un temple... elle m'a vendu le forum avec une tonne de bonbons et de menthe. Merci pour l'accueil et pour le côté rassurant (même si j'avoue que présentement derrière l'écran je suis super angoissée et que j'ai déjà plus d'ongle - je vais vous maudire la semaine prochaine pendant mes examens... je pourrais pas gruger mes ongles et je vais devoir me rabattre sur mordiller mon crayon.)

Eva: Merci beaucoup pour l'accueil! Comment aurais-je pu résister à une histoire aussi parfaite avec un Arthur Darvill comme avatar? Même si on s'entendra pas nécessairement bien, j'irais squatter ta fiche de lien bon!

Elsa:Merci beaucoup de m'avoir présenté le forum. pour que les révisions posent problème faudrait vraiment que je révise... mon programme semble être conçu pour qu'un singe puisse réussir les examens - en MESNA qui se respecte... je vais réviser la veille... et encore. c'est si je le fais... c'est écrire les travaux le problème XD

Est-ce que je pourrais juste avoir un avis sur la partie questionnaire? Pardon pour le pavé (et les modifications) d'ailleurs... je préfère trop écrire au je.
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mar 4 Nov - 7:54

Bienvenue à toi petit résistant ! Un PV pour l'Atelier, c'est cool ça !
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mar 4 Nov - 11:04

Y a trop de verts par ici. Va falloir avoir des collabo vrais et des bons en plus. Non mais.

Bienvenue et amuses-toi bien sur ta fiche.
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mar 4 Nov - 13:27

Merci beaucoup aux deux!

C'est parce que les verts sont cool!
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mar 4 Nov - 13:31

VERT FOREVEEEEEER

Bienvenue par ici ! L'Atelier est tellement bien, c'est top d'avoir enfin un de ses PVs
Bon courage pour ta fiche, ne te stresse pas trop (dixit la fille qui angoissait sur la sienne sincerely ) Je suis sure que tu vas t'en sortir à merveille
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Arthur Brunel
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Jeu 6 Nov - 0:49

Merci beaucoup Victoire!

Je pense que je progresse au maximum!
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mer 31 Déc - 19:41

Je donne de mes nouvelles pour que vous pensiez pas que je suis mort!
Le temps des fêtes m'a arraché beaucoup de mon temps. Je suis progressivement en train de me remettre à jour sur les autres forum (dans 16 pages je vais être à jour. Et je sais que je peux le faire). Entre deux réponses, j'avance la fiche d'Arthur parce que OUI! je suis toujours intéressé! Je m'excuse d'être un escargot!
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Jeu 1 Jan - 19:00

Il n'y a vraiment aucun souci pour nous, Arthur, on sait bien que la période n'est pas propice à traîner sur les forums . Merci de nous avoir tenus au courant, bon courage pour ta mise à jour, je suis vraiment très contente de voir que tu es toujours parmi nous et vu ce début de fiche, j'ai hâte d'en lire davantage


A très vite !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Vaincre les cauchemars
Grâce à ses rêves.

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Arthur Brunel
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Mer 21 Jan - 0:42

J'ai fini ma fiche après trois siècle d'attentes!

J'espère que vous allez aimer Soyez gentils... et vous aviez dit que vous aimez les pavés... parce que c'est tout un pavé en times 12... la fiche fait plus de dix-sept pages.
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



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■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Sam 24 Jan - 11:51

Désolée pour le délais pwease, mais j'ai fini par lire la fin de ta fiche d'une traite ! Franchement, je suis vraiment impressionnée, tu as écrit des poèmes quoi mdr. Voilà qui valait le coup d'attendre ! 8D
Sinon, je ne vois rien à redire, j'ai beaucoup aimé te lire ! gaga Je te souhaite donc officiellement la bienvenue sur Yellow ! happy



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité de participer à la foire aux rps ou de t'inscrire aux mini-intrigues afin que les berniques en chef t'organisent des tête-à-têtes avec des inconnus.

Sache qu'on n'abandonne jamais un petit parachuté à son sort sur les plages de Yellow, si tu as besoin d'aide pour bien t'intégrer parmi nous, tu as la possibilité d'aller demander à être parrainé. Nous serions ravis de prendre encore plus soin de toi 8D.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à  partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours avec l'arrivée d'un officiel de Berlin à Paris : n'hésite pas à en prendre connaissance et à t'inscrire pour y participer ! Et pour faire pencher la balance et modifier le cours de l'histoire, lance-toi donc à corps perdu dans la battle ! Seras-tu capable de relever les défis de La Voix de Londres ?

Bon jeu parmi nous    

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


team berniques d'eau douce:
 
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   Sam 24 Jan - 15:04

Merci beaucoup pour la validation!
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MessageSujet: Re: Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner   

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Arthur Brunel (l) J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner

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