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 ADMIN :: HASKO LANDGRAF

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Hasko Landgraf
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Féminin


■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 287
■ avatar : Volker Bruch
■ profession : Médecin, chef du service chirurgie (Stabsarzt) à l’hôpital de la Salpêtrière, Hauptmann dans la Wehrmacht

PAPIERS !
■ religion: Protestant
■ situation amoureuse: Célibataire, une fois fiancé
■ avis à la population:

MessageSujet: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Lun 17 Nov - 14:34



Hasko Landgraf

Forces d'Occupation



Volker Bruch © Tumblr

Et toi alors?

Partie s'adressant au joueur


☆ Prénom/Pseudo ? Je crois qu'on m'appelle "le Manfred National", "papy Manfry", "Manfry" face
☆ Age ? 19 ans
☆ Etude/Travail ? Etudiante en droit
☆ Où as-tu connu YT ? Je sais plus mdr, mais là, je fais un DC !
☆ Un truc à nous dire ? Tournée générale de cookies !




Papiers ?


Un personnage inventé
Un poste vacant

(cochez la mention qui vous concerne en rajoutant checked="checked" après "checkbox")

    ♠ Hasko est âgé de 30 ans. Il est né le 21 Janvier 1913 à Berlin.
    ♠ Deux parents munichois, une naissance à Berlin, un nom germanique, pas de doute possible, il est allemand.
    ♠ Autrefois fiancé à Rebecca Haldenblum, issue de la bonne bourgeoisie juive de Brême, Hasko est resté célibataire depuis que cette dernière a été arrêtée et a disparu...
    ♠ Officiellement, protestant ; pas réellement par choix mais par tradition familiale. Hasko n'est pas très pratiquant de toute façon.
    ♠ Médecin. Le reste est accessoire et ne résulte pas de son choix. Mais il est en effet Hauptmann dans la Wehrmacht, un grade qu'on accorde aux commandants des postes de secours sur le front et des services des hôpitaux à l'arrière. Hasko est à la tête du service de chirurgie de l’Hôpital de la Salpêtrière en l’occurrence.
    De manière clandestine, il fait également partie de la résistance allemande et est membre du réseau Reigen, y œuvrant entre autre comme faussaire pour créer faux-papiers, passeports, certificats médicaux dispensant du STO, qu'il distribue aux autres réseaux résistants sous le pseudonyme de Kaiser et bien sur, il n'aide pas réellement la plupart des officiers nazis qu'il soigne à aller mieux...


Petit questionnaire

(qui concerne bien sur ton personnage)


♠ Son livre préféré ? Hasko n'est pas un grand lecteur, ou plutôt un lecteur technique : la majorité de ce qu'il étudie, ce sont des textes scientifiques et médicaux. Mais il a une affection certaine pour Le loup des Steppes, d'Hermann Hesse. Le côté presque prophétique de l’œuvre à propos de la montée du nazisme trouve une résonance particulière à ses yeux.
♠ Son lieu préféré dans Paris ? Difficile à dire, mais Hasko choisirait sans aucun doute le Jardin des Plantes. C'est un endroit assez calme et il aime y faire un tour lorsqu'il ne travaille pas, de préférence en n'étant pas en uniforme, cela évite qu'on le regarde comme une bête curieuse parce qu'il porte un uniforme allemand.
♠ Son avis sur les Allemands ? Ça dépend des jours, à vrai dire. Dans ses bons jours, Hasko juge son peuple martyrisé par les nazis, et que ceux ci l'ont trompé. Dans ses mauvais, il éprouve réellement de la rancune, jugeant qu'ils ont été stupides de se laisser abuser par Hitler de cette manière aussi bête.
♠ Son avis sur les juifs ? Hasko n'a pas été élevé dans un milieu anti-sémite, ce serait même plutôt le contraire, du moins jusqu'à ce que son père perde la tête et adhère au NSDAP. Concrètement, ne prêtant pas trop attention à la religion, Landgraf n'en avait pas grand chose à faire. Il a lui même failli épouser une jeune femme de confession juive, qu'il connaissait depuis l'adolescence, mais elle a été arrêtée et elle a disparue, enlevée par la Gestapo en 1933. Il n'a pas pu l'aider ; c'est sans doute pour cela qu'il tente désespérément de sauver d'autres gens. Pour oublier cet échec là.
♠ Aime-t-il sortir et où ? On ne peut pas qualifier Hasko de fêtard excessif bien qu'il ne dédaigne jamais une visite dans un bar si on lui propose. En revanche, le médecin n'est pas réellement un mondain, et ce pour cause d'une certaine insolence, d'une certaine capacité à se battre et à ne pas réellement apprécier qu'on l'insulte, quand bien même cela viendrait de plus haut, ce qui est contrebalancé par un certain sens de l'humour, et curieusement, le tact et l'insistance de Gantzer - Leonhard-Leopold von Gantzer und von Thurn, un personnage que vous aurez appris à connaitre et dont vous ne pourrez plus passer avant la fin de cette fiche - qui font oublier ce mauvais caractère.
♠ Son premier geste le matin ? Remettre son œil de verre en place, sans doute. A cause d'une blessure à Stalingrad, Hasko a perdu la vue du coté gauche. Il le masque habituellement avec un cache-œil mais l’œil de verre est plus discret et il évite de se montrer sans.  
♠ Sa couleur favorite ? Le rouge ? Parce qu'il est communiste ? Non, en réalité, Hasko n'en sait rien, il n'y a jamais réfléchi.
♠ A-t-il des manies/tics ?  Assez désordonné hors de son travail, Landgraf déteste ranger et qu'on l'oblige à le faire : autant dire qu'il aime plutôt déranger les affaires des maniaques de l'ordre. Ça met un peu de surréalisme dans leur vie. Sinon, pas grand chose, sinon le fait qu'il a une forte tendance à vérifier plusieurs fois d'affilé le fait d'avoir fermé portes et fenêtres, en partie parce que si on en venait à découvrir par hasard ses activités en ouvrant une porte non verrouillée, il aurait quelques problèmes.
♠ Sa saison préférée ? Le Printemps, pas trop froid, pas trop chaud, des allergies (et donc du travail pour lui, car il aime son métier) et de jolies couleurs...ça lui va.
♠ Son avis sur les manifestations ? C'est une question compliquée, en réalité. C'est dangereux, bien sur et en tant que médecin, il ne peut pas approuver que les gens se mettent en danger, mais il peut comprendre : il ferait sans doute la même chose (et il a pu faire le même genre de chose en Allemagne) si son pays était occupé.



Ton histoire

Deux PNJs qui reviendront assez souvent:
 

En ce matin plutot tranquille, deux médecins de l'armée allemande semblaient bien décidés à ne pas remplir la mission qu'on leur avait assigné. Le premier était le chef de la section de chirurgie de l’Hôpital de la Salpêtrière, le second avait un grade moins élevé malgré son âge plus avancé car bien qu'étant un psychiatre renommé,  l'oberleutnant Leonhard-Leopold von Gantzer und von Thurn, qu'on nommait plus généralement Gantzer ou Leo pour ceux qui le connaissaient bien s'était vu relégué au poste de lieutenant – entre autre parce qu'il avait toujours refusé de délivrer des diagnostics mettant en danger ses patients, comme les schizophrènes, persécutés par les nazis. Quant au premier, c'était bien sur Hasko Landgraf, stabarzt de son grade officiel, soit donc chef du service de chirurgie et Hauptmann dans la Wehrmacht – dans le civil, il pouvait dire qu'il était le Dr med. (Doctor medicinæ) c'était écrit sur ses papiers, mais par les temps qui courraient, seuls comptaient réellement les grades militaires. Enfin peu importait : il faisait beau, et contrairement à  la plupart des officiers allemands qui jugeaient qu'ils en avaient assez fait pour le Reich et qu'ils pouvaient prendre du bon temps dans la capitale française, ces deux là travaillaient.

« Qu'est-ce que tu penses faire de Rommer ?

-Lequel est-ce, celui là ? Le SS ou celui de la Heer ?
-Non celui de la Heer est mort la semaine dernière, Hasko, je parle du SS.
-Honnêtement ? Je ne sais pas. Le tuer comme ça paraitrait suspect et ça m'ennuie de le tuer comme ça. Ca se verra, je pense.

-Tu crois ?
-Autant que si je prenais un Luger et que je lui collais une balle entre les deux yeux, Gantzer. Non, il est en principe guéri mais bon, un choc, quelque chose, une autre blessure, même infime, et il replongera, définitivement, cette fois.

-Bon. Toi qui vois, les français seront ravis de le faire. Qu'est-ce qu'a dit le chef en ce qui concerne le réseau à contacter ?

-J'ai dit que je verrais demain et que... »

Hasko s'arrêta soudainement et fit signe à Gantzer de ranger les documents qu'ils étudiaient. Des pas dans le couloir. Un sifflement aigu. Presque joyeux. Kremer. Il ne pouvait y avoir que le Standartenführer Kremer, directeur de l'Hopital à un titre plus que précaire, puisqu'il avait demandé à partir sur le front de l'Est, un grand psychopathe selon Hasko qui en revenait et qui ne voulait plus jamais y foutre les pieds. En principe, Julius Kremer et lui auraient eu tout pour s'entendre. Ils étaient tous deux passé par les mêmes écoles, avaient environ le même âge, ils étaient tous deux bons vivants et cultivés en médecine, sauf que voilà : Kremer était un nazi de la première heure, qui aimait rire, mais d'un rire gras, c'était une brute, et surtout, c'était un SS. Totalement à la botte de Berlin. Landgraf le détestait : ce paysan bavarois trouvait toujours le moyen de se moquer et d'être insultant, profitant de son autorité pour passer pour spirituel, sans succès. Landgraf était quelqu'un de modeste ; s'il pouvait partir dans des éclats de voix montant à des décibels très hauts, jamais au grand jamais il ne parlait de lui. En revanche, sa réputation d'insolence n'était pas volée. Il disait haut et clair ce qu'il pensait et la franchise était sa qualité – ou son défaut premier.

« Ah, vous êtes encore là vous deux ? J'ai ça pour vous, Hauptmann Landgraf, Signal fait un article sur vous. Hasko le brave, hé ? Qui vous a donné ce surnom là ? Pas vous Gantzer, j'espère ?

-Ce sont les hommes, Herr Standartenführer. Je suppose que vous êtes déçu de ne pas avoir de surnom, nous devrions vous en trouvez un facilement ? Julius le Zélé, peut-être ?  »

Le ton montait vite. C'était un des défauts d'Hasko : s'il se montrait prudent avec ses actions de résistance, calmé par son séjour à Stalingrad, il n'avait jamais réussi à apprendre à se taire. Il souriait d'un air narquois, en bonne tête brulée, et parfois il pouvait se montrer particulièrement tête à claque, à un niveau qui en devenait presque de l'inconscience. On surnommait Kremer le boucher à l'hopital et on voulait qu'il parte vite. La plupart des médecins, sans pour autant être des résistants, étaient de la Wehrmacht et n'adhéraient pas au fait d'être dirigés par un SS. Mais Kremer balaya le tout d'un revers de main. Hasko ne continua pas : un regard sévère de la part de Gantzer l'avait dissuadé de continuer plus avant.

« Et vous Hasko le Fou, moi il me reste deux yeux. Travaillez bien, messieurs, et lisez bien les articles à votre pseudo-gloire. »


Après quoi il sortit, toujours riant. Landgraf tira une cigarette, fulminant, et fuma un moment en silence d'un ton rageur. Depuis qu'il avait intégré Reigen, lorsqu'il était arrivé à Paris, en 1942, et même avant, car en réalité, cela faisait depuis 39 qu'il luttait à sa matière contre les nazis, Hasko n'avait que rarement participé à des meurtres. Et très indirectement. Il ne tuait pas ; il ne voulait pas tuer : à Stalingrad ça avait été le cas, et il avait hait cela. Il était médecin. Il n'était pas fait pour ça.

« Ce genre d'insolence finira par nous faire repérer, tu sais. »
Il ignora royalement le flegme du psychiatre, qui parcourait l'article de Signal, le magazine de propagande de la Wehrmacht. Oui, il avait raison, mais Gantzer avait raison sur tout, ce qui était foncièrement agaçant ; quant à Julius Kremer, cela faisait depuis l'université qu'il avait envie de lui coller son poing dans la figure : autant dire que la rancune ne datait pas d'hier. « C'est vrai ce qu'ils disent là dedans ? Fils d'un patriote  national-socialiste de la première heure, héros germanique, soldat exemplaire, médecin brillant, tout ça ? »

Hasko sourit et écrasa sa cigarette :

« Non. Pas vraiment. C'est plus compliqué que ça. »


***

Ouverture : les premières années

Pour parler de l'enfant que fut Hasko Landgraf, il faudrait revenir en détail sur la Première Guerre Mondiale : elle conditionna très sincèrement son caractère et tout du moins une grande partie des relations avec son père. Né en 1913 dans un Berlin alors encore insouciant, les tensions entre les Etats d'Europe se faisaient chaque jour plus fortes et ce fut l'explosion le 28 Juin 1914 avec l'assassinat de l'Empereur austro-hongrois. Theo Landgraf, le père de Hasko, partit en guerre : il mobilisé comme la plupart des hommes allemands. Ses compétences le sauvèrent, mais le mal était fait : à un an, le petit garçon n'avait aucun souvenir de son père, cet étranger qui revint deux ans plus tard pour concevoir avec sa mère un étrange petit gamin du nom d'Oswald et qu'il lui faudrait considérer comme son frère. Quant à son père, il ne s'entendrait jamais bien avec : à cinq ans, en 1918, lorsqu'il rentra de la guerre, Hasko était habitué à vivre avec sa mère et son grand-oncle, Anton, qui parce qu'il faisait de la politique, n'avait pas été mobilisé, sans parler de sa grand-mère. C'était un monde de la bourgeoisie, calme, littéraire, socialiste : on passait tout à Hasko. D'un coté, c'était un gentil garçon, curieux de tout, sans notes exceptionnelles mais sans méchanceté non plus. Mais d'un autre coté, les professeurs jugeaient qu'il s'agissait d'une véritable tornade, un sale gosse qui ne faisait que courir partout, lorsqu'il était là. Il se battait avec ses petits camarades, parce qu'il voulait prouver..quoi ? Qu'il pouvait briller quelque part ? Qu'il était le plus fort ? Il ne savait pas.

Il poussa doucement la porte du salon après avoir déposé son sac dans l'entrée. Et là, oh, horreur, le vieux Paul-Hans Kremer et son abruti de fils, Julius, étaient là, parlant avec sa mère. Et zut. Hasko sourit : le Julius en question gardait la marque d'un oeil au beurre noir prononcé du au coup de poing qu'il lui avait collé personnellement l'autre jour en sortant du collège. A douze ans, Hasko était assez grand pour son âge et depuis qu'il était arrivé à Munich avec sa mère, Kremer jugeait que Landgraf lui avait volé sa place – quelle place, Hasko ne savait pas, il n'avait simplement pas voulu devenir le souffre-douleur de Julius. Il décida de s'éclipser discrètement, mais Isold Unterfall ne l'entendait pas de cet avis.

« Jeune homme ! Je t'ai entendu, viens ici tout de suite.  »
Hasko adorait sa mère, comme il adorait ses sœurs. Elles étaient bien plus calmes et douces que leur père. Theo Landgraf était un homme impressionnant, gouailleur, beau-parleur, romanesque : d'une certaine manière, même s'ils allaient souvent s'opposer par la suite, leurs caractères se ressemblaient. Simplement Hasko ne pouvait pas, n'aurait jamais, le dessus sur son père. Même avec une personnalité comme la sienne – en ce moment, là, il était sur le point de tirer la langue à Julius Kremer, et il ne regrettait pas du tout ce qu'il avait fait, et il regardait sa mère droit dans les yeux sans ciller – il n'y arriverait pas... « Herr Kremer dit que tu as attaqué son fils alors qu'il ne t'avait rien fait. Tu vas t'excuser, ou ton père et oncle Anton le sauront ! 
-Je n'ai rien à dire, mère. Julius m'a insulté et il a aussi voulu me frapper. S'il dit que non, alors il ment et Herr Kremer aussi !
-Quoi ? Tu vas t'excuser aussi auprès de Herr Kremer ! »

Mais Hasko n'écoutait plus sa mère. Il était déjà parti en courant, ignorant les froufrous malhabile de la robe de celle ci, qui lui courrait après en essayant de le rattraper, en criant :

« Hasko ! Reviens ici tout de suite ! Hasko ! Tu seras puni, je te préviens ! Hasko !...Theo ! Herr Anton ! Il est encore parti ! »


Il courrait, aveuglément. Il savait où il allait. Pas loin d'ici, entre l'église, la maison, et le collège, il y avait un parc où on pouvait se cacher. Il venait toujours là quand l'école l'agaçait : il avait du mal à tenir en place et à se concentrer. Plus tard, il deviendrait un peu plus studieux, mais pour l'instant, il n'était qu'un enfant, et il pleurait de rage. Il n'aimait pas Munich. On l'avait arraché de Berlin, où il avait passé sa petite enfance, de manière cruelle, au gré des affectations de son père et des voies de chemin de fer. Il n'avait pas l'accent munichois et détestait les bavarois, qui finalement, lui rendaient bien en retour. Pour pallier à ça, il s'était inventé le rôle d'un cancre, mais aussi le rôle de quelqu'un capable de rire de tout, et surtout de lui même.

« Tu es là mon garçon ? Hasko, c'est moi. Viens. Je ne vais pas te punir. »

L'oncle Anton. Il l'adorait : il valait cent fois mieux que Theo. Son père ne savait qu'être dur, passer en coup de vent, rire, et leur parler d'ambition et de politique. Il parlait d'ambition et de carrière à un enfant, qui n'y comprenait rien, qui ne savait rien de ce qu'il voulait et pouvait faire. Anton racontait des histoires et ne parlait que peu de politique, mais quand il en parlait, Hasko voulait bien être d'accord avec lui. Il parlait posément et gentiment de la paix et de grandes choses. Il était pacifiste et ne voulait pas de la guerre. Est-ce qu'il l'avait déçu ? Il espérait que non.

« Papa va dire que j'ai été un méchant garçon. »
Anton sourit et tapota le banc en bois à coté de lui. Hasko s'assit. « Vous croyez qu'il m'en voudra ?
-Non. Ton père aime parler, c'est un vrai moulin à parole, il crie très fort mais ça ne dure pas longtemps.
-Avec moi il n'est pas comme ça.
-Il ne sait pas s'y prendre, Hasko, c'est tout. Il ne saura peut-être jamais s'y prendre.Vous ne le comprendrez peut-être jamais, mais vous vous manquerez. C'est comme ça. C'est la famille. On n'y échappe pas.
-Dites, oncle Anton, vous croyez vraiment que je n'ai pas d'ambition ?
-Non, je ne pense pas. Je pense qu'il est trop tot pour le dire. Est-ce que tu sais seulement ce que tu veux faire plus tard ?

-Euh...médecin. Comme le Doktor Dangberg. » Cet homme le fascinait. Il ne savait pas pourquoi. « Il y a beaucoup à faire dans cette branche. Beaucoup de gens malheureux. Je ne suis pas tout seul. La mère de Norman... » Elle était morte d'un cancer. Il avait vu pleurer Norman un temps infini. C'était triste et ça le mettait mal à l'aise : il aurait préféré que ça n'arrive pas. « Vous croyez qu'on peut empêcher ça ?
-Je ne sais pas. Mais même si c'était impossible, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer. Tu vois ce que je veux dire ?

-Je crois. Vous croyez qu'on peut soigner Julius ?
-Mais, eh, de quoi veux-tu le soigner, mon garçon ?
-Je ne sais pas, mon oncle. C'est un garçon affreusement méchant. Il a peut-être une maladie qui le rend comme ça ? 
-Incurable, je le crains. Certains naissent avec un caillou à la place du cœur, Hasko, et tu ne peux pas soigner les pierres. »


***

Allemandes I et II : 1928-1930

1928

Hasko Landgraf serait donc médecin. C'est qu'il annonça à ses parents. Theo Landgraf, burgmeister de Munich, récemment nommé chef de cabinet, qui commençait à prendre une place prépondérante au sein de la nomenklatura du SPD avait fait déménagé sa famille de Munich à Berlin et jugea simplement : « Bon, c'est une carrière. Mais médecin militaire, alors, le reste ça ne vaut pas. » L'affaire s'arrêta là ou à peu près. Hasko s'était fait plus assidu en cours et un peu plus studieux ; la volonté de son père, il jugeait qu'il avait encore du temps avant de la mettre à exécution, et la seule conséquence qu'il eut réellement fut l'obligation de se mettre à l'escrime. Mais ça, ça allait réellement. Bagarreur, provocateur dans l'âme, souvent colérique et toujours impulsif, les compétitions aidaient Hasko à se calmer, à maîtriser ses nerfs, et au fil des années, il continuerait toujours cette pratique – au sein de la Wehrmacht il conserverait cette petite réputation de duelliste.

Mais si Hasko se révélait meilleur élève, il s'était aussi découvert une conscience politique bien plus radicale que celle de son père. Il affectionnait Lénine et Staline, prônait la révolution, vénérait Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht et ne cessait d'évoquer les grèves Cuno en référence. Berlin, capitale intellectuelle, culturelle, ne pouvait que lui plaire. Il adorait autrefois, avant qu'elle ne tombe amoureuse de son propre reflet et se mette à porter les corsets rigides qui l'étouffaient peu à peu. Il aimait la philosophie bon enfant, le mauvais jazz, les cabarets vulgaires et tous les excès culturels de la République de Weimar qui avaient fait de Berlin l'une des villes les plus fascinantes de l'époque...les fréquentations de Hasko Landgraf s'en ressentiraient toujours. Les amis, il les croisait dans des manifestations ou dans des bars enfumés, ténébreux, où l'on rencontrait du monde quand on ne le refaisait pas. C'est là qu'il fit la connaissance de deux personnages qui marqueraient sa vie : Gantzer, et bien sur, Rebecca. Alors qu'il entrait Chez Lutz comme d'habitude, un des types qu'il connaissait bien, Arno, lui lança :

« Eh, tu as vu, Gantzer est revenu.
-Qui ? » Il venait d'arriver à Berlin : le nom de Gantzer, futur psychiatre compétent, opposant notoire à Freud, d'une déontologie à toute épreuve, leader d'une jeunesse plus idéaliste et pacifiste que communiste, ne lui était jamais revenu aux oreilles. « C'est qui ? 
-Non, tu ne le connais pas ? Viens, je vais te présenter ! Eh, Gantzer. Leo ! »

Il parlait à un jeune homme, assis dans le fond du bar, qu'il venait de quitter et qui pouvait avoir dix-huit ou dix-neuf ans. Il était accompagné d'une fille plus jeune, l'âge d'Hasko, rousse, qui mit un temps infini à détacher ses yeux de ceux de cette jeune femme.  Elle le fixait avec de grand yeux graves d'enfant malheureuse. Il eut l'impression de fondre et il serait damné pour un sourire.

« Gantzer, je te présente Hasko Landgraf. Hasko, je te présente Leonhard-Leopold von Gantzer und von Thurn. »

Le physique de Gantzer était peu commun. Il avait un regard sombre, ténébreux, une bouche rigide, dédaigneuse et une mâchoire légèrement saillante. Un air très austère, marqué par d'épais sourcils noirs. Il ne semblait pas fait pour rire et paraissait même un peu frustre, rustre, pour ne pas dire brutal. Il était presque étonnant de le voir sourire et pourtant tout dans son élocution, et dans sa voix cordiale, presque brouillée, traduisait l'aristocratie de vieille souche.

« Parent du Ministre ? On dit que c'est un personnage historique pour l'Allemagne. Curieux de connaître tes convictions ; la seule de ton oncle, ça semble être sa moustache. Enfin je devrais y être habitué :  l'histoire allemande n'est rien de plus qu'une série de moustaches ridicules. »


Il aurait pu se mettre en colère, aurait du. Mais pourtant, quelque chose en dissuada Hasko : ce type là, il fallait l'avoir par l'humour et non par la colère.

« Je crois me souvenir qu'il n'y a rien de notable chez ton père mis à part ses convictions. Toujours dans le NSDAP, le Freiherr Hugo-Friedrich von Gantzer und von Thurn ? Je serais curieux de connaître tes convictions, à toi...
-Touché, j'admets, touché juste. » Gantzer eut un rire amusé et lui serra la main. « Deux bières. Rebecca, tu prends quelque chose ? Non ? Bon. Faisons les présentations en règle. Voici Rebecca, Rebecca Haldenblum, et je suis Leo Gantzer.  Et je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n’est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu’un qui les change en lois. »

Une fois présentés, ils pouvaient donc refaire le monde, et le monde ils refirent jusqu'à ce que Gantzer parte et qu'il reste seul avec Rebecca. Elle lui adressa un sourire : ce n'était qu'une enfant et Hasko n'était pas plus qu'un gamin, mais il serait mort pour ce sourire là.

« Il ne faut pas en vouloir à Leo. Il est gentil, dans le fond, mais la politique l'énerve.

-Oh, non, je ne lui en veux pas. » Hasko fut pris d'un doute affreux. « Gantzer...c'est ton ami ? Enfin je veux dire...
-Leo ? Oh non, non, pas du tout. C'est plutôt une sorte de grand-frère en fait, tu vois ?
-Oui. » Il en était soulagé. Réalisant que c'était un peu court, il ajouta : « Tu viendrais avec moi chez Dicky, ce soir ? Ou dîner ? »

En enfer, si elle le voulait. Rebecca Haldenblum sourit et lança :

« Pourquoi pas ? »

1929

La crise, partout. Hasko fixait son plat avec un certain scepticisme. La crise, il la vivait, il la ressentait. Dans la colère des gens. Dans les magasins vides, dans les rues. Lorsqu'il voyait des gens pousser des brouettes pleines de marks. Personne ne manquait apparemment de rien  dans ce restaurant chic où son oncle l'invitait à déjeuner et même s'il adorait Anton, jamais il n'avait ressentit si réellement le concept de lutte des classes.

« Bon, et tes études, comment ça va ?
-Tout va. J'ai battu Kremer. Vous savez, en escrime.
-Oh, oui. J'avoue que je préfère t'entendre parler de ça que pour tes discours communistes. Tu crois qu'ils peuvent vraiment nous sauver de la crise ?
-Le capitalisme nous y a entraîné. Un homme fort, comme Staline, nous en sortirait.
-Je me méfie des extrêmes. Comme cet Hitler...
-On le donne vainqueur aux prochaines élections, malheureusement. Je n'ai pas cet homme. Il ne sait que parler de haine, de rancœur...on ne peut pas sauver le pays comme ça.
-Cela suffit souvent pour être élu, je le crains, même si je préférerais voir ton ami, Gantzer, là, chancelier, que le NSDAP au pouvoir, te dire...mais passons sur ce déplaisant sujet. Ton père me parle de fiançailles ? »

Oui, c'était vrai. Ils projetaient de se marier, une fois leurs études terminées, tous deux dans la médecine : Hasko n'avait jamais cessé de voir Rebecca, et son père, qui souvent critiquait ses choix et son manque d'ambition, n'avait rien trouvé à redire à ce qu'il épouse la fille d'un riche ingénieur. Il voulut répondre, mais n'en eut jamais l'occasion. Il y eut une première détonation, puis une deuxième ricocha sur le mur de béton doublé de fausses briques, puis un bruit assez étrange, celui que fait le verre en se fracassant sur un crâne, celui que fait un crâne en se fracassant sur du verre, et puis l'effusion mousseuse du sang et du champagne. Hasko resta choqué, immobile. Son oncle s'était écroulé. Il était en train de mourir. Il se précipita.

« Oncle Anton ! Oncle...mon dieu ! Un médecin, vite !
-Laisse...je vais...je vais mourir. Du courage...camarade...
-Mon oncle... » Il réalisa qu'il pleurait. « Vous êtes soudainement devenu communiste ?
-Non...mais ce n'est pas pour ça que je ne peux pas avoir de...de...camarades. »

Il garda longtemps le silence, avant de prononcer quelques mots, que Hasko saisit au vol, avant d'expirer paisiblement, un sourire aux lèvres :

« Allemagne...bonne...chance. »

1930

« Il est devenu complètement fou, Rebecca, je te jure. J'ai failli me battre avec lui, il valait mieux que je parte... »
L'agitation et l'état de nerf dans lesquels était Hasko Landgraf trahissait le fait que la conversation avec son père s'était mal passé. Il s'y attendait. Depuis la mort de l'oncle Anton, il ne reconnaissait plus Theo. « Bien sur, je savais qu'il allait me sortir ses délires avec Hitler, mais ça !
-Je sais, je sais. Calme toi, s'il te plaît. Les voisins vont se demander ce qu'il se passe. »

Il tenta d'écouter les conseils de sa fiancée et s'assit à coté d'elle, mais Hasko bouillait de colère. Theo Landgraf, député du parti nazi. Theo Landgraf, anti-sémite haineux, rendant le monde entier responsable de la mort de son oncle. Du point de vue de Hasko, le seul suspect, Samuel Cohen, avait été arrêté de manière un peu trop arbitraire, mais ça, son père refusait de l'entendre. Tout ce qu'il voulait, c'était que son fils cesse de voir Rebecca : Hasko refusait, bien entendu. La conversation s'était envenimée, et il était parti en claquant la porte, jurant de ne jamais revenir.

« Je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas partir. Tu comprends ?
-Oh, Hasko... » Elle lui adressa un sourire triste et elle l'embrassa. « Tu es adorable. Mais il le faut. Va en France. Finis tes études. Tout ça se calmera... »

Oui, en France. Chez Cabanel. Vieil allié de son père, partisan de la paix, Gaston Cabanel était un politicien doué, un peu austère, mais qui ne lui refuserait pas, du moins l'espérait-il, son aide. Mais c'était difficile de partir, de tout abandonner.

« Je ne veux pas te laisser ici. Viens avec moi.
-Je ne peux pas laisser maman toute seule ici, tu sais bien. Papa n'arrivera jamais à s'occuper d'elle tout seul, avec son état de santé. Si ça ne se calme pas, je viendrais. Tu m'attendras ? »

Il la prit dans ses bras :

« Toujours. »

***

French-cancan : 1930-1933

1931

Paris était une ville magnifique en Décembre. Paris était toujours magnifique. Il s'y sentait bien depuis le début. Il retrouvait le Berlin de la République de Weimar et il aimait ça : car en Allemagne, ce Berlin là n'existait définitivement plus. Il aurait volontiers repris une coupe de champagne mais la bouteille qu'il tenait à la main devait servir pour le réveillon et non pour sa consommation personnelle, ce qui n'empêchait pas Hasko Landgraf d'être un peu gris en sortant de chez les amis poètes – et communistes – qu'il s'était fait ici, à Paris : c'était von Lorentz qui les avaient présenté. Morris était lui même une connaissance de Gantzer – ou plutôt un rival, même s'il semblait à Hasko que dans le fond ils s'appréciaient – un type sympathique et ouvert, aux idées un peu bizarres (communiste et catholique, allez inventer ça vous), mais gentil. Il lui avait fait visité Paris alors que lui même était sur le départ : Hasko ne comprenait pas bien ce qu'il espérait trouver en Allemagne, mais bon. De toute façon, aujourd'hui, il ne lui restait que ses amis de la Faculté de Médecine, et puis les Cabanel. Il ne pourrait jamais remercier assez Gaston de l'avoir accueilli et en réalité, ses enfants étaient les premières personnes qu'il avait fréquenté à Paris et c'était eux qu'il allait retrouver aujourd'hui au café du coin.

« Hasko, eh ! On est là ! »

Il cessa de chercher du regard et s'assit à coté de Maxime, allumant une cigarette. Des deux, c'était Maxime qu'il fréquentait le plus, sans aucun doute à cause d'une question d'âge. Mais il aimait bien Edouard aussi ; même s'il était plus vieux qu'eux et que leur conversation tournait souvent autour de la politique – si Landgraf avait des idéaux, il se demandait si ceux de Cabanel n'étaient pas un peu soufflés par l'ambition. Lui trouvait ça dommage, n'empêche qu'ils se fréquentaient quand même et que leur relation restait cordiale :

« Ca va bien, Edouard ? Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas vu.

-Oh, il est occupé avec sa femme, ou avec ses relations, tout ça est très politique.
-Max... »

Maxime aimait bien ennuyer son frère – et la détestation qu'il avait de la femme de ce dernier n'était pas inconnue de Hasko lui-même, qui cependant s'abstenait du moindre commentaire, laissant faire gentiment. Max était un homme à femme, lui il avait Rebecca, à qui il écrivait régulièrement, et il se sentait obligé d'être fidèle. Il se demanda si c'était le cas de Edouard également, mais en revanche, sur la politique, il avait un avis bien défini :

« Oh, non, pitié, ne remettez pas ça avec la politique. Y a rien d'intéressant à partir là-dedans, rien de rien, il suffit de voir mon père...
-C'est peut-être parce que nous n'avons pas les mêmes modèles, Hasko. » Le sourire de Edouard était discret mais bien présent. « Tu n'as pas un peu bu, par hasard ?
-Nooon. Pas du tout, ce n'est pas vrai. » Il tenta de prendre un air convaincu. « Je viens juste de chez André, tu sais, le trompettiste. »
-Tu sais que tu ne mens pas bien, Hasko. » Maxime était hilare. « Tiens, il faut absolument que tu viennes avec nous, est-ce que je t'ai parlé des sapins du Panthéon ?
-Hm ? Non. Je viendrais si tu veux. Mais, eh, Edouard...franchement. Ce n'est pas une question de modèle, tu sais, juste...regardez, chez vous, combien de temps durent les gouvernement. Et chez nous, ce qui nous attend. Les fascistes ne sont pas loin, vraiment pas.

-Maxime, tu ne devrais pas essayer de lui extorquer un oui comme ça, je ne suis pas très sur qu'il sache ce qu'il dise...
-Mais je ne suis pas ivre. Et  d'ailleurs, c'est quoi cette histoire de sapins ? »

Début 1933

Citation :
Mon cher Hasko,

Je sais bien qu'il n'est pas dans mes habitudes de vous écrire. Je ne sais même pas si ma lettre parviendra à Paris, je pense que la police surveille ma correspondance – je sais que je pourrais passer pour paranoiaque en vous écrivant cela, mais ici la situation devient complètement folle et je ne suis plus sur de rien, à vrai dire, je ne sais même pas quoi faire.

Je dois vous supplier de rentrer. Comme vous vous en doutiez peut-être suite à son silence soudain, la Gestapo a arrêté ma petite Rebecca. J'ignore pour quel motif odieux ils ont pu faire cela car jamais ma fille n'a été une criminelle, mais je ne sais pas non plus ce qu'elle est devenue, où ils l'ont emmené et pourquoi, personne ne veut rien me dire et la police ne fait rien. Je suis allé voir ce qu'il en était au commissariat, mais on m'a honteusement jeté dehors en se moquant de moi. Je ne sais pas quoi faire, et j'ignore si je suis le prochain sur la liste. Depuis la mort de ma femme tout me paraît extrémement compliqué, mais il faut, vous et moi, que nous nous aidions mutuellement et que nous retrouvions Rebecca.

Pouvez vous revenir rapidement en Allemagne ? Je suis désolé de vous demander cela à brûle-pourpoint, mais je ne pense pas pouvoir faire quelque chose seul.

En espérant vous revoir bientôt,
Votre dévoué,

Abner Haldenblum.

***

Marche : 1933-1937

Fin 1933

Il ne voulait pas voir son père et pourtant il n'avait pas eu le choix. La conversation s'était mal passée – même si Hasko, complètement désabusé de tout, désespéré à l'idée d'avoir perdu Rebecca, avait accepté de s'inscrire à l'école militaire de Berlin, il ne s'était pas privé de dire ce qu'il pensait à son père quant au régime nazi et quant à son statut de député, et ce malgré tous les efforts de sa mère pour ramener la conversation sur un terrain normal. Du coup, il n'avait même pas pu s'extasier comme il se devait sur la naissance de son frère Stephan. Hasko était tout simplement parti en claquant la porte. Oui, il avait abdiqué sur l'école militaire, non il ne le ferait pas pour le reste, non, il n'irait pas au NSDAP. En revenant à Berlin, il ne cessait de voir des drapeaux et des défilés arborant la svastika. Mais il ne se laisserait pas faire, même si tout était contre lui. Hasko était persuadé qu'il pourrait faire quelque chose, qu'il pourrait retrouver Rebecca, il le fallait. Après tout, il lui restait encore Gantzer et von Lorentz comme alliés, ils arriveraient bien à faire quelque chose. Cela dit, le premier, qui devait le passer le prendre en voiture, était en retard. Il finit par arriver, garant l'Opel contre le trottoir. Hasko monta à coté de lui :

« Eh bien, tu en fais une gueule, qu'est-ce qu'il se passe ? Et pourquoi tu as mis autant de temps ?

-Désolé, j'ai eu un problème, je vais avoir besoin de toi. Tu saurais soigner des fractures, toi ?
-Euh...oui. Mais pourquoi faire ? Et où est-ce qu'on va, Gantzer ?

-Chez moi. J'ai retrouvé von Lorentz dans un sale état à la sortie du siège de la Gestapo, Prinz-Albrecht-Straße. Je pense qu'ils l'ont arrêté à cause de sa musique, mais il est vraiment bien amoché. Je me suis renseigné, les autres se sont volatilisé et le cabaret de Ludwig- Straße a brulé. Je suis désolé de te demander ça, mais je n'ai jamais pu trouver de médecin qui voulait bien le soigner. »

Ca n'étonnait pas Hasko, qui s'il n'avait pas de matériel, était volontiers prêt à aider. Ils montèrent rapidement à l'appartement de Gantzer, dans le quartier bohème de Berlin. Von Lorentz, visage tuméfié, l'une de ses mains en sang, était allongé sur le canapé. Landgraf l'examina :

« Bon Dieu, ils n'y sont pas allé de main-morte. Leo, va me chercher des bandages, et tout ce qui te semblera utile, chez un apothicaire. Morris, tu m'entends ?

-Ca va, je crois. Ils m'ont...enfin, merde, Hasko, je suis pas un terroriste.
-Je sais, je sais, ne parle pas, ca va aller. Je vais te sortir de là.
-Toi...pourquoi tu es revenu ? Personne ne peut rien espérer, ici...tu as vu les drapeaux, dehors ?
-Oui. Mais je n'avais pas vraiment le choix, en fait. Rebecca...enfin, bref, tu vois le souci. Mais toi, il faut que tu partes, tu comprends ?

-Et...toi ?
-Moi ? Je sais pas. Je crois que pour moi, c'est foutu. »

1934

« Tu t'es encore battu avec Kremer ? »

La question ne manquait pas d'intérêt, même si de toute façon, la réponse serait indéniablement oui. A l'école militaire, les aspirants connaissaient bien la rivalité qui animait Hasko Landgraf et Julius Kremer. La guerre des médecins, la surnommaient-ils. Hasko en souriait d'habitude lorsqu'il l'emportait, parce de fait, il gagnait souvent : tous deux faisaient de l'escrime et c'était une bonne manière de s'affronter. Gustav le savait lui même – personne ne l'ignorait, pas même Gantzer qui pourtant n'était pas à l'école militaire – et apparemment, ça le faisait plutôt rire. Il y avait de quoi, car bien que vainqueur, Hasko traînait une belle estafilade au visage. Il sourit :

« Il a mordu la poussière, comme d'habitude, il n'a aucune technique de toute façon.
-Et c'est pour ça que ça a dérivé ? Je croyais que vous n'étiez pas sensés vous battre jusqu'au sang en escrime ?
-Disons que ça s'est mal passé... » Hasko se mit à rire. Ce que disait Selbst était tout à fait vrai en réalité, mais avec cette rivalité, tout était un peu faussé. Kremer, il envisageait des fois de l'attendre à la sortie des cours et de lui cogner dessus à coups de barre de fer. Landgraf était un impulsif de nature, quelqu'un au sang chaud, et si on pouvait dire qu'il était quelqu'un de bien, de drôle, d'amusant, de gentil, bien intentionné, bon médecin, il restait colérique de nature, parfois borné, insolent et jusqu'au-boutiste. « De toute façon, il est dans un plus sale état que moi, on ne reverra pas sa sale face de blondinet avant un bout de temps.
-Je ne comprends pas pourquoi tu ne l'aimes pas, dans le fond, c'est un patriote. Ton père aussi est de ce genre là, non ?
-Oh, ce n'est pas son patriotisme qui me pose problème, regarde, je te fréquente toi, et à mon avis, tu l'es plus que moi, patriote, Gustav. » Pour être tout à fait franc, il aurait fallu dire que Hasko fréquentait Gustav Selbst malgré le patriotisme de celui ci. Pour être encore plus honnête, il aurait fallu dire que le patriotisme, il pouvait aller se faire voir chez les Grecs. Au moins. Mais ça ne l'empêchait pas de bien aimer Gus. Même si au début, il y avait eu un peu de rivalité entre eux : cela semblait parfois la base de toutes les relations entre aspirants.  Au final, maintenant qu'ils savaient tous deux qu'ils n'allaient pas prendre les mêmes directions – Luftwaffe pour Gustav, médecine militaire pour Hasko, ils s'entendaient bien...tant qu'on ne parlait pas politique. « En fait, c'est plutôt que c'est réellement un sale type. Il est d'une fourberie, ça me dégoûte... »Un type comme lui se devait d'être nazi. Parce que c'était un sale type, justement. Mais Gustav...parfois il se demandait comment quelqu'un de si sympathique pouvait admirer Hitler. Il en reviendrait, Hasko en était sur. Et l'avenir lui donnerait raison. « Dis moi, tu n'aurais pas un mouchoir ? Avec cette balafre, ça ne s'arrête pas de saigner... »

11 Novembre 1938

Citation :
Édouard,

Je dois encore une fois t'écrire...je ne sais pas si mes lettres sont reçues ou non. Je suis en permission et j'en profite pour écrire. Comment allez vous en France ? Qu'en est-il de Max et de ton père ?

Je sais que je peux paraître agaçant, j'en aie bien conscience, mais je suis obligé de le faire. Je sais bien aussi que vous croyez qu'il y aura la paix avec les accords de Munich, mais Hitler ne s'arrêtera pas : il ne fait que commencer. L'Anschluss n'était qu'une première étape, même si ça s'est passé assez pacifiquement. Je le sais, j'y étais : après l'école militaire, j'ai eu mon affectation. J'ai commencé Unterarzt (officier aspirant chez vous, Oberfähnrich officiellement pour la Wehrmacht) mais ils m'ont donné une promotion et je suis passé Assistenzarzt (second lieutenant chez vous, Leutnant pour la Wehrmacht) : je pense qu'ils essayent de s'assurer le soutien des troupes en donnant de l'avancement rapide.

Mais en tout cas, Hitler ne s'arrêtera pas avec la Tchécoslovaquie, je te le garantis, il faut me croire, il suffit de voir ce qu'il fait à l'intérieur du pays.

Avant hier, je suis allé voir mon beau-père – Abner Haldenblum, je t'avais parlé de lui. Himmler a organisé quelque chose, ou Goebbels, je ne sais pas. Je ne veux pas savoir. Ils ont dit que c'était des manifestations spontanées de colère du peuple, mais je n'y crois pas. Ils font ça pour se venger de la mort de vom Rath, tout le monde le sait : dans tout le pays, la SS et la Gestapo s'en sont donnés à cœur joie pour arrêter des juifs et pour brûler, détruire, et piller leurs propriétés. Seigneur, ils ont tué Abner ! Je n'ai rien pu faire, rien du tout, j'ai du fuir, je n'avais pas moyen d'intervenir. A la Croix-Rouge, tout le monde est débordé. Et nous ne pouvons rien faire. Il faut que les dirigeants étrangers interviennent. Hitler se contrefiche de la SDN, mais vous, je pense que vous pouvez faire quelque chose, il le faut.

Je me doute que tu dois avoir bien d'autres obligations, je commence à connaître la politique, mais u dois bien connaître quelqu'un, si ça t'est impossible, qui doit pouvoir faire quelque chose, on ne peut pas les laisser faire en tout impunément. Je peux témoigner, je peux trouver d'autres gens prêt à le faire, mais il faut agir au plus vite, avant que l'irréparable n'arrive ; ils sont tous devenus fous, ici, Berlin entière est devenue folle, et seul, je ne peux rien faire.

Bien à toi,

Hasko.

***

Polonaise : 1939 - 1942

1940

Citation :
Gustav,

Comment vas-tu ? Je ne sais même pas, ma foi, quelle est ta nouvelle affectation, les lettres passent mal par ici. Je n'ai jamais eu autant de travail : apparement, il y a beaucoup de résistance dans les campagnes et nos soldats envoyé pour pacifier le tout semblent en payer le prix. Les résistants ont l'air de payer le prix fort, cependant. L'armée polonaise était vieille et désorganisée, je ne sais pas comment ils ont pu continuer à se battre. En attendant, ils ne sont même pas fichus de protéger leur propre population, ils vivent dans un état sanitaire déplorable, et c'est nous qui sommes obligés de les soigner, ça me rajoute du travail, et parfois ça ne se passe pas bien, nos soldats n'apprécient pas trop les polonais et le contraire est réciproque.

J'ai également vu le ghetto, c'est dans un état sanitaire déplorable, là encore, ils meurent tous les uns après les autres, le Reich n'aura rien à faire pour éliminer les juifs de Varsovie, la maladie en viendra à bout toute seule, tôt ou tard. Moi je continue mon travail de médecin. Les temps sont durs. Il n'a jamais été plus difficile de l'être, en réalité. Je crois que je commence à voir ce qu'a pu ressentir Dunant en fondant la Croix-Rouge.

Parle moi un peu de l'Allemagne. Les nouvelles passent, mais même si j'apprécie les journaux, ça ne me donne pas de nouvelles des gens que je connais – même pas de mon père, pourtant plus gradé que moi ! Pourvu que la guerre se termine vite. Si nos généraux s'en sortent bien, j'espère que oui. Et toi ? Donne moi de tes nouvelles, on dirait que plus personne ne m'écrit et que tous mes amis de la faculté ont disparu, ne me fais pas ce coup là.

Bien à toi,

Hasko.
1941

Des années après que Hasko y soit passé, un auteur français du nom de Paul Eluard écrirait un poème qui s’appellerait Dans Varsovie la ville fantastique, et qui résumait sans doute bien ce qu'était la ville.Lui y passait et n'y voyait que des ruines. On ne s'étonnait même pas de le voir passer. Les gens n'imaginaient pas à quel point ça pouvait être vide. Les gens n'imaginaient rien. Il était peut être le seul à essayer de faire quelque chose : c'était venu assez vite. En même temps qu'il gagnait une certaine indépendance par rapport aux autres officiers, notamment à cause de son sale caractère. Enfin, non, ça, ça jouait contre lui. Mais on écoutait les médecins : on leur laissait une certaine marge de manœuvre, et comme il était responsable en partie de l'état sanitaire de la ville, on le laissait faire. Et donc voilà. Il devait officiellement, sans aucun réseau ni aucune aide spéciale, être tombé dans la résistance. Il avait commencé en apportant des soins, puis en faisant de faux certificats médicaux pour sauver des gens, puis carrément des faux papiers.  Pourquoi ? Parce qu'il haissait la barbarie, qu'il la vomissait. Parce qu'il n'avait pas sauvé Rebecca et qu'il fallait au moins qu'il les sauve eux. Parce que ça ne devait pas continuer. Parce que la vie était trop forte.  Il traversa les rues en ruine avec habilité, silhouette vert-de-gris se perdant dans le gris tout court, ouvrit une porte, sur un coté, descendant dans une cave. Il éleva la voix, en allemand :

« Natacha ? Tu es là, petite ? Gott, il fait noir comme dans un four...
-Je suis là, Herr Doktor. Maman m'a envoyé.
-Elle t'a dit pourquoi ?
-Je suis ici, docteur, parce que maman est inquiète que la vie me mette devant des difficultés insurmontables.
- Est-ce qu'elle a raison de s’inquiéter ?
- Pas vraiment. La vie est une difficulté insurmontable. »

C'était un code, mais en réalité, il aurait pu être vrai. Il ne pouvait pas rester longtemps. Il ne pouvait pas parler. Il y avait des choses que Hasko voulait dire mais il savait qu'elles lui feraient mal. Alors il les enfouit, les laissant lui faire du mal à lui.

« J'ai les papiers. Voilà pour le train. Les soldats vous laisseront passer. » La gamine sourit. Il la regarda d'un air interrogateur : « Quoi ?
-Merci.
-C'est rien. » Quand il les regardait, elle et ceux qu'il avait sauvé,  sa vie rimait à quelque chose. Même les malheurs rimaient à quelque chose. « Il faut que je parte.
-Herr Doktor ?
-Oui ?
- J’ai besoin de savoir comment il est mort.
-Pourquoi? » Le père de la gamine était mort arrêté par la Gestapo, tabassé à mort. Personne ne lui avait dit, même pas lui. Il jugeait qu'elle n'avait pas besoin de savoir. Pour elle. « Pourquoi ?
-Pour pouvoir arrêter d’inventer sa mort. J’arrête pas d’inventer. »

Alors il raconta. Il ne pouvait rien faire d'autre que raconter, et repartir. Et il sauvait des vies, du moins il essayait. A se demander ce qu'allait devenir la sienne.


Début Aout 1942

Le RKG. Oh bien sur, on n'avait pas retransféré Hasko Landgraf à Berlin et bien sur, il existait bien un tribunal à Varsovie et bien sur, le Staatsanwalt n'avait pas été sympathique avec lui. Il le savait, son avocat ne ferait rien non plus pour trop lui faciliter la vie, ne voulant pas non plus finir mort ou emprisonné. De toute façon, il se doutait que le témoignage de Kremer allait emporter la conviction du tribunal. Hasko n'était pas stupide. Il était un petit médecin qui péniblement s'était hissé au grade d'oberleutnant. Julius Kremer, bon nazi, bourreau en puissance, venait d'être promu Standartenfuhrer et il n'avait strictement aucune chance contre lui, même si peu de gens appréciaient le SS, qui souriait paisiblement, de son habituel air un peu fourbe, dans le fond de la salle. Le juge fit son entrée pour rendre le verdict. Ce serait court.

Les faits ? Julius Kremer était un odieux personnage qui faisait des expérimentations médicales sur les gens et Hasko Landgraf tentait de sauver les mêmes gens. Kremer était un nazi convaincu tandis que Landgraf virait à la résistance. Landgraf et Kremer se connaissaient depuis l'université. Et l'autorité mal placée insupportait littéralement Hasko Landgraf. Finalement, une querelle avait éclaté, se transformant en bagarre. Hasko Landgraf était quelqu'un de pacifiste, mais il aurait tué l'autre s'il avait pu. Le juge prit la parole.

« Le conseil de guerre du Reich a rendu son verdict. Oberleutnant Landgraf, vous avez été reconnu coupable. Vous purgerez votre peine sur le Front Est. La séance est levée. »

Ce n'était pas la peine de mort. Mais ce n'était pas rien non plus. Il vit le petit sourire de Kremer, encore une fois. Il l'aurait tué, vraiment, si on lui avait l'occasion, mais à ce train là, c'est plutot lui qui allait mourir rapidement.

***

Danse Macabre : Aout 1942 - Octobre 1942

Fin Aout 1942

Les rugissements des avions qui partaient et décollaient couvraient à peine le bruit des explosions et des tirs. Apparemment, l'appareil avait mal choisi son moment pour atterrir en Russie, mais à parler franchement, Hasko Landgraf n'avait pas réellement le choix : il fallait bien qu'il y aille, vu que c'était une peine judiciaire. Il n'avait pas, pourtant, fait réellement état de ses convictions - L'antisémitisme étatique était le signe que l’État cherchait à s'appuyer sur les idiots, les réactionnaires, les ratés, sur la bêtise des superstitions, la vindicte des affamés. L''antisémitisme était l'expression du manque de talent, de l'incapacité de vaincre dans une lutte à armes égales ; cela jouait dans tous les domaines, dans les sciences comme dans le commerce, dans l'artisanat comme en peinture – sans quoi il serait mort, douze balles dans la peau : mais la clémence du verdict du juge pour son insubordination. Stalingrad allait sans doute le tuer aussi bien que les douze balles précédemment évoquées. Il demanda au petit sous-officier qui l'accompagnait, criant pour couvrir le bruit :

« Vous m'emmenez où ?
-Plus en avant. Vous êtes dans l'unité de Grüper.
-Vous êtes là pourquoi, vous ?  Engagé volontaire ?
-Non ! J'ai eu un problème avec mon précédent capitaine. Du coup le parti m'a dit de venir ici pour récupérer un grade correct.
-C'est du chantage, non ?
-Allons, tout de suite les grands mots, le parti est au-dessus de ça.
-Comment le parti appelle ça, alors ?
-Une promesse de réhabilitation ! Vous êtes arrivé, je vous laisse là ! »

La ville était en ruine ; tout était en ruine, mais ici ça paraissait presque calme : les explosions étaient loin. C'était plein de soldats de son pays. Les mines étaient fatiguées, graves, austère. Ici, personne ne faisait de question d'idéologie. On ne le regardait pas curieusement à cause des insignes bleus foncés – couleur des médecins – qu'il arborait. On le dirigea vers le capitaine Grüper d'un geste fatigué. Il le salua militairement :

« Oberleutnant Hasko Landgraf, Herr Hauptmann. On m'envoie en remplacement du Doktor Schneider. »


Un air sévère, pas facile. Le genre à avoir adhéré au NSDAP au début. La plupart portaient leur sévérité sur le visage avant même Stalingrad. Et si Hasko non plus n'avait pas très envie de sourire, Edwin Grüper, lui, n'avait l'air de ne pas avoir souri depuis des années. Leur relation allait être difficile, il le sentait. Non seulement parce qu'il avait toujours eu du mal avec l'autorité, mais encore plus parce qu'il ne pouvait pas supporter cette autorité là, qui venait du nazisme. Mais ici, la résistance était exclue : parce que de toute façon, en face, ils se foutraient éperdument qu'il soit communiste ou non. L'officier prit la parole :

« Vous êtes le médecin envoyé ici par la cour martiale, oui. »

Pas de sympathie, rien. Juste ce froid constat qui se résumait à ces mots « cour martiale ». Il savait donc ce que Edwin Grüper pensait de lui. Landgraf répéta posément :

« Je suis l'oberleutnant Landgraf. Ou oberarzt, comme vous voudrez, Herr Hauptmann. Je viens prendre mon service.

-J'avais compris. » Le ton restait raide. Ils n'étaient pas fait pour s'entendre, manifestement. « Vous pouvez commencer maintenant. J'attends de vous un travail exemplaire. Vous pouvez disposer.
-Toujours, Herr Hauptmann. J'ai beaucoup de défauts, mais jamais celui d'avoir oublié mon métier. Auf Wiedersehen, Herr Hauptmann. »

2 Octobre 1942

Combien de fois avait-il répété : « Nous allons vivre. Vivre. Avec une seule jambe, un bras unique, une poitrine défoncée, un estomac transpercé, un poumon déchiré, mais nous allons vivre. » pour rassurer les hommes, avec une constance terrible, une foi à toute épreuve ? Peut-être qu'il n'était pas le nazi le plus convaincu du monde – voire même qu'en réalité, il était totalement anti-nazi  - mais Hasko Landgraf était au-delà de ça. Il était là pour être médecin : partout où il allait, il restait docteur. Il était chirurgien, quoiqu'il fasse : et il n'était pas dans sa nature de laisser les gens mourir. Voilà sans doute pourquoi il s'était précipité pour sauver Grüper et qu'il avait récolté la blessure dont il souffrait maintenant. Il était incapable de bouger. Il avait mordu la poussière et la douleur était foudroyante. Il avait du sang plein le visage et il ne voyait plus rien sauf le ciel de plomb au dessus de lui, et il sentait la chaleur des flammes sur le coté, quelque chose devait avoir explosé. Il n'entendait rien : la même explosion devait l'avoir rendu sourd. Des bruits diffus autour de lui, des ordres, des pas. Quelqu'un se pencha sur lui. Le capitaine.

Hasko sourit. Il n'entendait qu'à moitié la question qu'il lui posait. A vrai dire, il la devinait plus qu'il ne l'entendait.

« C'est mon métier, Herr Hauptmann, je vous l'avais dit. » Il sourit, alors que l'autre semblait vouloir lui dire qu'il était devenu complètement fou ou inconscient. C'était vrai ; en fait, il l'avait peut-être même toujours été. « Oui, je sais. Mais au moins, maintenant, vous aurez une bonne raison d'être fier de moi, j'espère... » Il sentit partir, agrippa de toutes ses forces, désespérement, la manche de l'officier : « Je...je ne veux....je ne veux pas ! »

Mourir ? Partir ? Il ne savait pas, et il sombra sans rien pouvoir faire.

[center]***







Dernière édition par Hasko Landgraf le Lun 25 Juil - 3:06, édité 27 fois
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Lun 17 Nov - 22:22

Oooh un schizophrène de plus gaga ! Rebienvenue parmi nous avec ce personnage qui vend du rêve, j'ai vraiment hâte d'en lire davantage sur eux - c'est Manny qui peut-être flatté de t'avoir fait craquer gnhehe ! On a un lien vraiment sympa en plus, il nous faudra un petit rp pour mettre tout ça en branle face.

Bon courage pour la rédaction de ta fiche, si tu as la moindre question, tu sais où nous trouver ! A très vite !

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Lun 17 Nov - 22:37

Manfry! Tu as fini par craquer :P (en même temps en lisant le scéna de Manny, comment ne pas craquer!)

Bon courage pour ta fiche ;)
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Lun 17 Nov - 23:15

Je plussoie Eddy.
J'ai hâte de te retrouver sous cette nouvelle trombine, avec un lien hyper sympa aussi !

(Emmerdeur, va ;) )
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 8:45

MON FILS ! dance

(quelle surprise, je dois dire, je m'y attendais pas du tout mdr )

Enfin bref, file finir ta fiche, vil mécréant !
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 9:43

Papaaaaaaaaaaa

Merci à tous, j'avance doucement ma fifiche happy

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

 
L'innocence aura raison du crime.
Tu ne dois pas pleurer. Tu es un Landgraf. Nous ne pleurons pas. Nous nous battons. + ms.palmer
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 10:15

Rebienvenue toi blowkiss
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 12:09

Oh yeah te voilà, petite bernique nouvellement schizophrène 8D gaga
C'est un plaisir de te voir débarquer avec ce nouveau personnage ! J'ai hâte d'en lire plus ! 8D En plus, on pourra avoir un lien sympa avec Emy au moins face

Bref bienvenue à toi à nouveau ! ** Tu sais où nous trouver comme le disait Eddy 8D

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Take WHAT YOU WANT
SHUT ME OUT BUT I'LL JUST SCREAM
Steal my pride build me up or cut me down to size shut me out but I'll just scream i'm only one voice in a million but you ain't taking that from me
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 17:06

Merci Victoire, merci Emy (avec plaisir, pour le lien) !

J'ai commencé à rédiger l'histoire, pour l'instant il n'y a que la partie introduction mais ne vous en faites pas, il me reste une heure pour rajouter d'autres choses avant de rentrer chez moi !

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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mar 18 Nov - 17:56

Rebienvenuuuuuuuuuuuuuue sur YT ! foule

Amuse toi bien avec ce DC ! heart
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mer 19 Nov - 18:45

Hey mon ami
Rebienvenue sur YT Manfry cool
Bonne chance pour cette toute nouvelle fiche gnhehe
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Ven 21 Nov - 18:03

Je n'étais même pas passée... Re-bienvenue Manfry avec ce DC qui est juste génial. Manny a eu raison de te faire craquer. Surtout que personne ne t'attendait avec ce visage mdr

J'adore le début et on trouvera sans doute un truc sympa avec Silke.
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Ven 21 Nov - 18:56

Merci à tous !

J'ai encore avancé l'histoire, pour l'instant elle s'arrête en 1929, mais demain, je rédige à partir de 1930, Cabanel, von Lorentz, Selbst et les autres, arrivent laugh

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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Sam 22 Nov - 14:21

Un bandeau de pirate (commentaire utile du jour bonjour aham) En tout cas très joli gif qui colle parfaitement, la classe **

Rewelcome par ici, et have fun avec ce nouveau perso pwease

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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Lun 24 Nov - 18:43

J'ai atteint la quintessence de la longueur de fiche : je dois poster la fin dans un autre post laugh


Suite et fin de l'histoire



Interlude : 16 Octobre 1942


Il ouvrit les yeux. Il y avait quelque chose de bizarre dans sa vision. Pas la lumière. Elle était forte, mais cela était habituel au réveil. Hasko Landgraf étudia la pièce autour de lui. Blanche, très lumineuse. Propre. Il faisait beau et de manière inattendue, tout était calme. Manifestement, il n'était plus en Russie. Mais il n'arrivait pas bien à identifier pourquoi il était là, ni où était ce là, ni pourquoi sa vision du coté gauche était obstruée : on lui avait mis quelque chose sur le visage. Hasko voulu l'arracher, mais une main ferme le retint.

« Oh, non, surtout pas, tu ne ferais rien sinon te faire venir du mal. »

Il leva le regard vers la personne qui lui parlait.

« Gantzer ! » Ca alors. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, c'était avant son départ pour la Pologne : Gantzer avait alors vingt-neuf ans et exerçait encore comme psychiatre, bien que sa situation soit devenu singulièrement difficile puisqu'il ne pouvait plus donner certains diagnostics, sous peine de voir ses patients internés ou tués. Et quand on savait ce que voulait dire interner pour les nazis...Il était donc surprenant, pour les nazis, de retrouver ici son ami, qui plus en uniforme militaire, arborant le grade d'oberleutnant et une croix de Fer avec sa nonchalance et son austérité habituelle. « Bon Dieu, qu'est-ce que nous faisons ici ?
-Ah, ça, c'est un peu compliqué, mais je vais essayer de t'expliquer.»

Il raconta longtemps. Après sa blessure, Grüper avait donné l'ordre de le transférer à un poste de secours, où le médecin déclara qu'il ne pouvait rien faire, mais puisqu'il s'obstinait à respirer, on avait transporté Hasko plus loin sur l'arrière. Mais ce bloc là devait aussi évacuer et on le transporta à l'hopital de fortune près de la piste d'où décollaient encore des avions. Là, Gantzer, qui finalement, avait du s'engager – il avait eu le choix entre le Front Est ou la potence – et qui finalement venait d'obtenir un poste à Paris, et qui avait reçu ses ordres de départ, le trouva là, inconscient, tête bandée, respirant comme un soufflet de forge. Un infirmier, pour une cigarette, lui raconta qu'on avait opéré Landgraf, il ne savait pas trop, le chirurgien était mort, mais Hasko, en tant qu'officier, avait droit à des égards. Gantzer voulut le faire mettre dans son avion, mais les feldgendarmes refusèrent, car l'étiquette verwundweter signifiait intransportable. « Je ne pouvais pas attendre, mon avion partait, et puis ça canardait dans tous les sens. Alors j'ai trouvé un type mourant mais avec une étiquette ordinaire et je l'ai échangé avec la tienne : le temps que je le fasse il était mort.
-Je vois. Sale histoire, tout ça.

-Si la guerre était glorieuse, ça se saurait, je crois – il n'y a que l'AOK qui semble l'ignorer.
-Toi, ça ne t'a pas trop changé. Je ressemble à quoi ? »


Gantzer lui passa un miroir. Tout le coté gauche de son visage disparaissait sous les pansements.

« Ils disent que ça va disparaître, mais ils n'ont pas pu sauver ton œil. En revanche, le front Est, c'est fini pour toi, ils te nomment en France, même hôpital que moi, à Paris. La Salpétrière. Ils t'ont promu Hauptmann aussi, un général est passé te donner la croix de Fer. Il paraît que tu es un héros allemand. »

Ce qu'il ne fallait pas entendre. Il n'avait envie de rien, sinon de dormir. Tout le reste lui semblait subsidiaire et incongru.

« Et toi, ils ne t'ont pas promu ?
-Moi ? Oh, moi non. Je reste oberleutnant, moi, ça me va très bien. Ta mère est passée te voir, aussi, et puis ta sœur. Ton père est à Paris, lui aussi, je crois... »


***


Sarabande : Depuis Novembre 1942

Voilà. C'était plus compliqué que ça. Nommé à Paris en 42, il y était depuis assez longtemps maintenant. Hasko avait trouvé Paris changé, comme détruit...pauvre ville ! Pauvres villes au pluriel même, car la capitale française lui rappelait désormais tristement Berlin, avec tous ces drapeaux ornés de svastika qui flottaient dans le vent. Il avait continué son petit trafic de faux papiers, de faux certificats, dès son arrivée ; désormais, on le nommait Herr Hauptmann, on le félicitait, comme dans ce fichu article de Signal, le magazine de la propagande de l'armée allemande. Gantzer pouvait bien rire si ça lui chantait. Il savait ce qu'il était – et il savait aussi que c'était grâce à lui qu'ils avaient pu rejoindre Reigen. Enfin grâce à lui, non. Gustav, ce brave Gustav ! A lui seul, Gus était une raison de ne pas désespérer de l'humanité. Ils s'étaient retrouvé à Paris presque par hasard, mais au fil des conversations, Hasko l'avait compris : son vieux camarade d'université s'était trouvé déçu par le nazisme. Et de fil en aiguille, à force de partager pour exorciser les douleurs et souffrances qu'ils avaient vécu, chacun avait fini par comprendre où en était l'autre et c'est comme ça, finalement, que Gustav l'avait introduit dans le Réseau Reigen. Cela lui donnait un peu d'espoir : sous le pseudonyme de Kaiser, il avait continué son petit trafic de faux papiers, de faux-certificats, tout en restant bénévole à la Croix Rouge, comme il l'était depuis toujours. Il ne fuyait pas la difficulté et la misère. Il était là pour ça.

Ce n'était jamais facile. Il essayait de sauver tout le monde, mais il fallait le faire avec prudence : Morris, par exemple. Il fallait qu'il tente quelque chose. Parce que Hasko le savait : von Lorentz n'était pas du tout armé pour affronter une situation qui tournerait vraiment mal. Il provoquait gentiment en jouant du jazz, mais il n'arriverait à rien sinon à se mettre en danger lui même. Mais Manny était surveillé. Hasko avait beau se triturer les méninges, il ne voyait pas comment l'aborder sans se compromettre lui même, et par là-même tout le réseau – et Trummer le tuerait lui-même pour éviter ça. C'était comme son père. Theo Landgraf était parti dans un gentil délire nazi, idéaliste, terrible : son fils ne pouvait plus le sauver. Il était quelque part, au delà de l'entendement humain. Et Cabanel ? Lui, il ne regrettait pas. Aucune réponse à ses lettres, jamais, pas un mot, il n'en avait même pas tenu compte. Et maintenant, il était devenu collabo ! Autant dire qu'aux quelques soirées mondaines où ils s'étaient croisés, ils ne s'étaient échangé que quelques mots glaciaux, ne dépassant pas le stade des salutations.

Quelle triste vie. Regardant pas la fenêtre, il se demanda ce qu'il aurait pu se passer s'il était parti, avec Rebecca, des années avant. Il ne trouva pas de réponses, mais il savait qu'il aurait pu avoir une autre vie. D'un air pensif, il demanda à Gantzer :

« Tu ne te demandes jamais, toi, ce que tu serais devenu s'il n'y avait pas eu tout ça ? La guerre, Hitler, les nazis ?

-Pas vraiment, non. On a la vie qu'on a. Je fais avec.
-Moi, parfois, je peux entendre mes os plier sous le poids de toutes les vies que je ne vivrais jamais.
-Tu penses trop, Landgraf.
-Et toi, tu ne penses pas assez, Gantzer. »


En attendant, donc, c'est fini pour moi, j'attends donc votre avis, mesdames les berniques en chef (avec des cookies et des liens sympas en prime laugh )

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

 
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MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Mer 26 Nov - 14:06

Mon dieu, mais tu as fait une fiche immense laugh En tout cas, j'aime et je valide totalement !
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Edouard Cabanel
✗ Chef de réseau



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■ profession : Ambassadeur de Vichy à Paris

PAPIERS !
■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: ADMIN :: HASKO LANDGRAF   Jeu 27 Nov - 20:39

Cette fiche ! Je suis absolument navrée du retard pour la validation (fichue grippe ) mais je ne regrette pas d'avoir pris mon temps pour l'apprécier à sa juste mesure ! J'adore vraiment le personnage d'Hasko et je vais dès à présent me triturer les méninges pour un lien digne de ce nom avec Rachel - on a déjà un lien bien sympa avec Eddy face mdr.

Bref, tu es validé sans aucun problème, je te souhaite un excellent jeu parmi nous avec ce nouveau perso et je n'ai plus qu'une chose à dire... SCHIZO POWAA . Allez ouste, tu connais le chemin !



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité de participer à la foire aux rps ou de t'inscrire aux mini-intrigues afin que les berniques en chef t'organisent des tête-à-têtes avec des inconnus.

Sache qu'on n'abandonne jamais un petit parachuté à son sort sur les plages de Yellow, si tu as besoin d'aide pour bien t'intégrer parmi nous, tu as la possibilité d'aller demander à être parrainé. Nous serions ravis de prendre encore plus soin de toi 8D.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours avec l'arrivée d'un officiel de Berlin à Paris : n'hésite pas à en prendre connaissance et à t'inscrire pour y participer ! Et pour faire pencher la balance et modifier le cours de l'histoire, lance-toi donc à corps perdu dans la battle ! Seras-tu capable de relever les défis de La Voix de Londres ?

Bon jeu parmi nous happy

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling © .bizzle


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ADMIN :: HASKO LANDGRAF

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