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 CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !

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La Propagande
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MessageSujet: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Lun 24 Nov - 23:33


A vos votes !



Imaginez... votre personnage plongé au XXIè siècle, en 2014, à Paris.

Et voilà, petites berniques ! L'heure de nous proposer vos textes touche à sa fin, nous allons maintenant procéder aux votes  gnhehe  cutevil (oui La Propagande a sorti ses smiley les plus crédibles  gnihi )

Pour cela, rien de plus simple, il vous suffit de lire les petites merveilles qui suivent (attention, possibilité de s'étouffer de rire, les berniques en chef en ont fait les frais mdr ) et d'envoyer un MP à cette chère Propagande avec vos choix ! Vous pouvez sélectionner deux textes au maximum 8D : 2 points pour votre préféré, 1 point pour le second - et évidemment, on ne vote pas pour soi face

Quoi qu'il en soit, nous vous remercions tous de votre participation, tous les textes qu'on a reçu nous ont beaucoup fait rire, et vous êtes tous géniaux (La Propagande se désolidarise de ces propos )

Maintenant, place aux textes !  



EVA JÜRGEN
Les bruits de la rue tirèrent Eva de son sommeil. Elle ouvrit un œil, puis l’autre, pas très sûre de l’endroit où elle se trouvait. Ce qu’elle entendait n’était pas familier, c’était trop bruyant, trop animé. Elle se redressa, soudain prise de panique. Où l’avait-on emmené ? L’avait-on emmené pendant son sommeil ? Un coup d’œil : c’était bien son appartement. Pourtant, son instinct lui serrait le cœur, comme si quelque chose n’allait pas bien. Et son instinct la trompait rarement, elle avait appris à sentir les situations anormales. Elle resta immobile quelques secondes, ses yeux parcourant la pièce à la recherche de quelque chose, un détail qui lui ferait comprendre la raison de son trouble. Elle tenta de se souvenir comment s’était terminée la journée de la veille. Elle se souvenait de sa journée de travail au Courrier Parisien. Elle avait dû terminer un article en urgence, Gabriel l’avait harcelée toute la journée. Elle était sortie boire un verre avec Emy, histoire de se détendre, et puis aussi de tirer un peu les vers du nez de sa collègue qui semblait préoccupée ces derniers jours. Elle était rentrée chez elle ensuite, avait dîné, fait la vaisselle. Et puis elle était sortie à nouveau, prise d’une envie soudaine de musique. Elle était allée voir Morris jouer, comme à son habitude. Sa relation avec le pianiste était un peu confuse, il y avait de l’amitié et de l’affection, une certaine distance aussi, une gêne comme celle de deux adolescents qui ont peur de faire un pas de travers. Mais elle aimait passer du temps avec lui, il la sortait de sa monotonie et de sa tristesse.
Qu’avait-elle fait ensuite ? Elle était rentrée tard, de fait. Etait-elle arrivée jusque chez elle ? Concentre-toi. Eva ferma les yeux, se revit suivre la rue, pousser la porte, entrer chez elle. Elle souffla, doucement. Elle était rentrée, elle se souvenait s’être couchée dans ce même lit. A priori, elle était donc chez elle et c’était une matinée comme une autre. Pourquoi son instinct lui serrait-il encore le cœur ?

Elle se décida à se lever. Elle était en journée de repos, et il était encore tôt, mais elle se sentait incapable de se rendormir. Elle saisit son châle au bord du lit et tendit l’oreille. Il y avait vraiment trop de bruit. Trop qu’elle ne reconnaissait pas. Elle se dirigea vers la fenêtre et écarta le rideau, et ce qu’elle vit la fit pousser un cri. La rue n’était pas la rue ! Elle fit un bond en arrière. Ca n’était pas possible. Les rues étaient noires de monde, et les routes remplies d’engins étranges. Des voitures, mais pas les voitures normales. Des gros engins qui roulaient vite et faisaient beaucoup de bruits. Les immeubles en face de chez elle avaient changé du tout au tout, les façades arboraient des lettres lumineuses, les gens en sortaient des sacs plein les bras. Eva sentit son cœur s’emballer. Bon sang, où était-elle ? Elle rêvait, il fallait qu’elle se réveille. Elle se donna une grande claque, mais à part faire très mal, cela ne changea rien à la situation. Un bus fit un bruit énorme en pilant net derrière une toute petite machine, ce qui fit sursauter Eva qui poussa un nouveau cri. Etait-elle devenue folle ? Elle s’était couchée à Paris, elle se réveillait dans une ville qui n’était pas Paris. Pas le Paris qu’elle avait connu. Elle saisit son couteau sous son oreiller et l’attacha bien serré à sa cheville. Elle avait le choix entre rester ici à ne rien comprendre ou aller affronter la situation et les gens qui l’avaient mis dedans, et Eva n’était pas du genre à attendre. Il fallait l’avouer, son cœur battait la chamade, mais elle allait le découvrir.

Elle ouvrit la porte d’entrée, doucement, tout doucement, et passa sa petite tête blonde dans l’encadrement. Un coup d’œil à gauche, un à droite : personne. Mais les murs étaient d’une autre couleur. Peinture trop neuve pour être vraie. Eva inspira un grand coup et sortit, refermant bien la porte à clé derrière elle. Maintenant, comment réagir, comment se comporter ? Hurler qu’on l’avait kidnappée et transportée…dans un univers parallèle ? Pas très crédible. Elle était une espionne après tout, son truc c’était la discrétion. Alors elle remit une mèche de ses cheveux blonds en place et traversa le couloir jusqu’aux escaliers comme si de rien n’était. Les escaliers aussi avaient drôlement changé tiens. C’était de moins en moins confortable comme situation… .
Arrivée en bas, elle croisa un homme qui lui adressa un grand sourire.
« Bonjour miss Jürgen ! »
Miss ? Un anglais ? Ici ? Eva renvoya un petit sourire avant de baisser la tête. Elle n’avait jamais vu cet homme de sa vie. Mais il la connaissait. Un envoyé du SD ? Non, il l’aurait appelée Fraulein. Le SOE l’avait retrouvée et percée à jour ? Probablement pas, elle serait déjà morte dans d’atroces souffrances au beau milieu de ce hall, les anglais se moquaient bien de tâcher les tapis. Avait-elle pu rencontrer cet homme et ne pas s’en rappeler ? C’était l’hypothèse la plus probable, bien qu’Eva ne l’admettrait jamais.
Tant pis, un mystère de plus. Avec un peu de chance, elle allait passer la porte qui mène à la rue et un ange gardien allait apparaitre d’un coup pour lui expliquer ce qui se passait. Eva sourit : c’était le genre de réflexion optimiste un peu folle que Manny pourrait avoir ; le pianiste commençait à déteindre sur elle. Elle perdit vite son sourire. Si tout de sa vie avait disparu dans ce Paris inconnu, cela incluait-il les gens ? Cela incluait-il Emy, Léo, Morris ? Elle n’avait pas beaucoup d’attaches à Paris, elle ne pouvait pas trop se le permettre, mais si en plus elle avait perdu les seules personnes qu’elle appréciait réellement… . L’angoisse dans son ventre se fit plus forte : était-elle seule ? Elle fut prise d’une envie soudaine de trouver une personne qu’elle connaissait. Elle poussa la porte et se retrouva dans la rue. S’arrêta net. Un tourbillon de choses inconnues et étranges. Il y avait ces engins qui faisaient du bruit, des enseignes lumineuses, des tas de personnes habillées étrangement. Les femmes portaient des pantalons. Des pantalons !! Comme les hommes ?! Eva baissa les yeux vers sa jupe soigneusement plissée. Bon sang, où était-elle tombée ? Elle se fraya un chemin dans la foule, évitant les regards, les yeux baissés. Son cœur refusait de se calmer, elle ignorait tout de ce qui se passait. Jamais elle n’avait connu pareille peur, et malgré tout elle avançait, elle ne savait faire que ça.

Elle arriva quelques longues minutes plus tard devant le Courrier Parisien. Enfin, ce qui aurait dû être le Courrier Parisien. Mais ça n’était pas le Courrier ; Eva ignorait ce qui se trouvait là. Le Courrier avait juste…disparu. Elle avait espéré voir une façade familière, mais c’était juste…absent. La jeune femme fit un tour sur elle-même au milieu de cette foule qui devenait oppressante à mesure que les secondes passaient. Elle se précipita en courant vers la cave dans laquelle Morris jouait souvent, quelques rues plus loin. Elle sentait les regards se tourner vers elle : elle était une femme en jupe qui courait comme si elle fuyait la peste en plein milieu de Paris, après tout. Mais peu importait, il fallait qu’elle sache, il fallait qu’elle voie.
Il n’y avait plus de cave non plus. On avait muré l’ancienne porte, et l’œil aguerri pouvait à peine distinguer les contours de ce qui était l’entrée. Il n’y avait plus rien. Rien de ce qu’avait connu Eva ne l’avait suivie ici. Et elle se doutait bien que personne non plus ne l’avait suivie. La jeune femme chassa d’un geste rageur une larme qui coulait sur sa joue, tourna les talons et repartit en direction inverse, vers son appartement. Elle ne courait plus, elle avançait tête basse, désespérée, abattue. Avait-elle mérité cette chose inexplicable ? Etait-ce sa punition divine ? Elle ne croyait même pas en Dieu.

Arrivée à mi-chemin, elle changea de direction : revenir seule dans son appartement était trop difficile. A la place, Eva déambula dans Paris ; combien de temps, elle n’aurait su le dire, une heure, peut-être deux. Elle finit par s’arrêter sur un banc public dans un jardin. La détresse la gagna au bout de quelques secondes et cette fois, elle n’essaya pas d’arrêter les larmes qui coulaient sur ses joues. Elle resta ainsi, tête basse, à pleurer une vie perdue. Qu’allait-elle faire maintenant ? Qu’allait-elle devenir ?

« Excusez-moi, mademoiselle, je ne veux pas vous importuner, mais vous avez besoin d’aide ? »

Eva saisit bien que l’homme auquel appartenait cette voix s’adressait à elle, mais elle ne releva pas la tête. A quoi bon exhiber ses larmes et sa faiblesse à un inconnu ? Elle haussa les épaules.

« Oui, ça va aller. Ca finit toujours par aller, je suppose. »

Silence. Puis la voix reprit.

« D’accord. Ecoutez, je veux pas insister. Mais mon grand-père m’a appris qu’il fallait toujours aider ceux qui ont l’air d’en avoir besoin. Et comme il aurait dit, vous avez plutôt l’air du côté du blues que du jazz. »

Eva leva les yeux subitement à ces mots. Et elle retint un cri. Le jeune homme en face d’elle devait avoir 35 à 40 ans, il lui souriait timidement. Il portait un beau costume et tenait à la main un contenant noir qui semblait épais et lourd. Et il avait des yeux qu’Eva aurait reconnus entre mille. Elle le fixa ainsi pendant plusieurs secondes, refusant de croire ce qu’elle voyait. Cet homme n’était pas Morris. Mais il lui ressemblait tellement que c’en était troublant. Eva se leva pour faire face à ce quasi-fantôme, qui devait maintenant se sentir gêné d’être ainsi fixé par une inconnue. Elle réussit à articuler Dieu sait comment une suite de mots cohérents.

« Votre grand-père était un homme bien. »

L’autre tiqua un moment, puis sourit.

« C’est vrai. Je l’aimais bien. Même s’il m’a légué un prénom pas facile. Je m’appelle Maurice. Maurice Lointier, M’dame. »

Eva sourit malgré elle. Son cœur battait toujours la chamade, mais un peu moins.

« Eva. »
« Oh c’est drôle, ma mère s’appelle Eva. Opa, je veux dire, mon grand-père, disait que c’était un hommage à quelqu’un qui avait fait beaucoup pour lui. »

Eva défailla, légèrement, imperceptiblement. Comme une adolescente à qui l’on offre des roses.

« Je vous raccompagne chez vous, Eva ? J’ai un peu de temps. »
« Avec plaisir. »

Elle s’engagea à ses côtés, lui adressa un petit sourire et baissa la tête. Tout se bousculait à l’intérieur, les questions, les semblants de réponse, les suspicions, les intuitions. Ses yeux s’arrêtèrent sur ce que portait son accompagnateur.

« C’est une clarinette. », lança Maurice qui avait suivi son regard. « Je suis musicien de carrière. C’est pas toujours facile, mais c’est un beau métier. »
« J’aime bien la musique », répondit Eva. « Quel genre jouez-vous ? »
« A la base j’ai fait le conservatoire. Mais je me suis vite détourné du classique. Je fais du jazz ».
« Comme ton grand-père ».

Elle avait dit ça sans y réfléchir, presque dans un murmure, dans un sourire. Lui se tut, surpris, avant de sourire à son tour et d’acquiescer. Eva remit une mèche blonde en place. Elle avait le temps de découvrir ce qui se passait, le pourquoi du comment, d’expliquer l’impossible. Pour l’instant, elle rentrait chez elle en charmante compagnie. Certaines choses ne changeaient pas.



GUSTAV SELBST
La journée avait été des plus pénibles pour moi. Assurer la sécurité du chef SS dans Paris devenait de plus en plus dangereux. Je méritais une bonne nuit de sommeil. Du moins je n’aurais peut-être pas dû être aussi sûr de moi.

La nuit était maintenant passée, je n’avais jamais aussi bien dormis depuis mon arrivée à Paris. Ouvrant petit à petit les yeux, je commençais à réaliser que quelque chose clochait. La décoration de ma chambre avait totalement changé. Était-ce bien ma chambre ? Je n’en étais plus si sûr, elle semblait avoir gardé les mêmes proportions, mais le lit, les meubles et tout le reste semblaient comme venus d’une autre époque. Il ne s’agissait pas d’une époque passée. Mon père étant un fervent admirateur d’architecture et de mobilier, j’aurais pu reconnaître n’importe quel style, là c’était quelque chose de nouveau. M’avait-on drogué ? Je n’en savais rien, mais tout était si étrange. Je m’assieds dans le lit tentant de reprendre mes esprits, mais alors que je pensais que rien n’aurait pu être pire, je sentis du mouvement sur mon côté gauche. Quoi ? Quelqu’un se trouvait dans mon lit !!! Ou alors étais-je dans le sien ? Il était difficile d’être catégorique, les draps ne ressemblaient pas aux miens et si j’étais chez quelqu’un d’autre ? Mais oui pour sûr ! Mais qui ? Et à quel moment avais-je quitté mon chez moi ? Je ne pouvais répondre à aucune de ces questions. La personne qui partageait le lit avait moi ayant senti mes mouvements, elle sortit de son sommeil. D’accord, déjà il s’agissait bien d’une femme, mais son visage ne m’était pas du tout connu. Mon dieu j’ai couché avec une femme dont je ne connais ni le nom, ni l’adresse. Allez, on se calme ça arrive à tout le monde. Enfin je crois.

« Gustav, tu vas être en retard au travail »

Oh mon dieu cette femme avait raison. Je regardais ma montre, qui n’était pas la mienne d’ailleurs. Presque midi, mon dieu Halder va me tuer, s’en est fini de moi. Je pris mon uniforme qui se trouvait déjà au pied du lit et sorti du petit appartement. Bizarre j’aurais juré qu’il s’agissait de mon immeuble, à deux ou trois choses près. Je pensais avoir tout vu, mais lorsque j’ouvris la porte en chêne, je tombais nez à nez avec tout un tas de choses étrange. Il y avait des automobiles dignes d’un film de fiction, des appareils bizarres pour ce qui semblait-être un distributeur de vélos. Mon dieu, mais qu’est-il arrivé à Paris dans la nuit ? J’ajoutais aussi que tout le monde dans la rue me dévisageais, mais n’avait-il jamais vu un soldat allemand dans les rues de Paris ? Était-ce peut-être parce que nous avions perdu la guerre durant mon sommeil ? Impossible j’aurais été prévenu si les anglais avaient décidé d’attaquer directement Paris et je ne serais d’ailleurs peut-être plus là pour en parler. Je connaissais par cœur le chemin qui menait au bureau de Halder. Mais tout avait changé dans la ville lumière, les façades des immeubles semblaient plus propres, les voitures étaient comme surréalistes et surtout je ne croisais aucun soldat de mon pays. Enfin me voilà devant nos bureaux. Le bâtiment lui n’avait pas changé, si ce n’est que le drapeau nazi qui ornait d’habitude sa façade n’était plus là et que les guérites avaient également disparues. Bon sang quelqu’un devait me fournir une explication, se moquaient-ils de moi ? Si c’était le cas, ça n’était franchement pas drôle du tout. Je poussais la porte, du moins je tentais, un petit boitier était placé sur le mur et la porte refusait de s’ouvrir. J’attendais donc conscient, que mon retard ne faisait que s'accroître. Ça y est j’étais bon pour le peloton d’exécution, avec un retard aussi important, s’en était fini de Gustav Selbst. Lorsqu’enfin la porte s’ouvrit, je m’engouffrais dans la cour. Aucun véhicule officiel ne s’y trouvait, enfin si, il y avait bien des véhicules, mais ils semblaient appartenir à une toute autre administration que la mienne. Bon dieu que faisait la police dans nos locaux, de surcroît la police française. Décidé à en savoir plus je fonçais droit vers l’entrée lorsqu’un homme pas plus âgé que moi me stoppa dans ma course.

« Hey du con, tu as cru que c’était carnaval ou quoi ? »

Du con ? Carnaval ? Mais pour qui se prenait-il ? Je tentais de garder mon calme, mais c’était impossible. Mon poing vint s’abattre contre sa mâchoire et le gardien de la paix s’effondra sur place. Pour qui me prenait-il ? Je suis un SS, il me devait le respect. Je m’accroupis à côté de l’homme qui reprenait ses esprits.

« Ecoute, moi mon petit, tu vas m’emmener au SS-Oberführer Halder au plus vite…»

Il ne semblait pas comprendre ce que je lui demandais. Il n’y avait pourtant rien de bien compliqué, tout le monde dans cette ville connait mon supérieur. Il me fit signe de patienter et pris la direction du bâtiment. Enfin il n’était pas trop tôt, mais si il faut en venir aux mains avec la police française pour espérer voir son propre chef, où va le monde, je vous le demande !!! Le jeune homme revint avec deux autres de ses collègues, l’un arborait une feuille de chêne au niveau des épaulettes. Un gradé ? Non, mais ce petit français ne semblait pas avoir compris ce que je lui demandais. J’allais vraiment finir par m’énerver, je ne sais pas si c’est ce qu’ils cherchaient, mais ça allait se produire et rapidement si ils n’arrêtaient pas leur petit jeu de suite.

« Bonjour monsieur, commissaire Dupont. Je ne sais pas si c’est une blague, mais vous êtes déguisé en sous-officier SS, monsieur vous êtes conscient que vous commettez un délit ? De plus vous osez venir vous présenter dans un commissariat de police en demandant à voir un SS du nom de Halder. Oh va falloir se réveiller mon petit bonhomme, on est en 2014, la guerre est finie depuis 70 ans. Si vous ne voulez pas vous le mettre dans le crâne, je vais m’en charger. »

Oulah, 2014 ? Il faut croire que je ne suis pas le seul à avoir consommé des produits stupéfiants la nuit dernière. Je m’approchais de lui prêt à lui infligé un coup lorsque Halder sorti de la bâtisse. Ah et bien voilà ! Mais que faisait-il avec cet accoutrement ? Toujours est-il que les trois policiers se mirent au garde à vous. Je ne demandais pas autant de respect de leur part, mais ils venaient enfin de reprendre leurs esprits, ce n’était pas trop tôt. Je m’avançais donc vers mon supérieur hiérarchique pour m’excuser platement pour ce retard, qui n’était pas vraiment dû à une paresse ou quelque chose du genre.

« Oberführer Halder, je vous pries d’excuser mon retard, j’ai été retenu par une affaire urgente !»

Halder se retourna alors vers moi, il avait l’air stupéfait. Je sais que je suis un piètre menteur dans ce genre de situation, mais était-ce si flagrant ? Je n’en sais rien toujours est-il que le SS me regardait, on avait presque l’impression qu’il venait de voir un fantôme. Pourquoi les gens agissaient de façons si bizarres aujourd’hui ? Heureux d’avoir retrouvé une figure familière, même si c’était celle de celui que haïs le plus ou presque, je pouvais enfin me détendre un peu. Du moins quelques instants, puisque je savais qu’il n’allait pas en rester là. J’attendais donc la sentence avec un peu d’appréhension, il faut bien le dire.

« Halder ? Mais qui est cet énergumène ? Et regardez cet accoutrement ! Commissaire faites donc quelque chose ! Vous voyez bien que cet homme n’est pas à sa place ici… »

Pas à ma place ici ? Qu’entendait-il par-là ? J’étais totalement à ma place, certes avec du retard, mais à ma place ! Lui aussi avait fumé quelque chose de fort pendant les dernières 24h ? Je n’en sais rien, je ne pense pas que ce soit dans ses habitudes… Le commissaire me pria donc de le suivre. Si Halder l’avait ordonné, je ne pouvais faire autre chose qu’obéir. Laissant ma fierté de côté je le suivis jusque son bureau, du moins celui de Halder. Il me fit patienter un long moment. Et alors que je pensais que tout commençait à s’arranger, des hommes tout de blanc vêtu firent leur entrée dans le bureau. Je ne les connaissais pas, mais j’aurais juré qu’ils faisaient partie du corps médical. Quelqu’un avait surement besoin d’eux. Je les regardais avec un sourire. Seulement voilà il était venu pour moi et à peine avais-je compris la chose, qu’ils se jetèrent sur moi avec une combinaison de contention. J’étais fait comme un rat. La police française m’avait tendu un piège, Halder mon supérieur m’avait livré à eux. Je commençais à y voir plus clair, ils m’avaient démasqué, Reigen était tombé et dans sa chute Otto n’avait pu cacher l’identité des traîtres.

Soudain on toqua à la porte de mon appartement. Je me réveillais en sursaut, bouteille à la main. Mince je me suis endormi complètement ivre mort. Je cachais rapidement la bouteille dans un coin, enfila mon uniforme et ouvrit la porte. Halder, en uniforme SS se trouvait devant moi, un sourire sadique aux lèvres…

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
« Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur »


© Hasko Landgraf


Dernière édition par La Propagande le Lun 24 Nov - 23:38, édité 1 fois
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MessageSujet: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Lun 24 Nov - 23:37

AGNES DOLIVEUX
Son dernier souvenir était ce doux petit goût de bière et de biscuits sur la langue. Cette saveur à la fois amère et sucrée, celle d’un baba au rhum très personnalisé, à peine ébauché.
Mais au réveil, sa langue n’était plus parfumée par cette fantaisie festive, troquant les chatouillis pour une sensation pâteuse dans une bouche aux sensations bien brumeuses.
« Rudy ? »
Mais Rudy ne répondait pas. Il la boudait certainement. Et bien qu’il boude. Elle lui réclamait pour ce matin un petit effort, mais comment un fritz pourrait comprendre sa faiblesse de française ? Quand les allemands sont encore frais à leur septième pinte de bière, les français piquent déjà du nez à la quatrième, incapables de suivre leurs voisins.
Pour tout dire, Agnès n’avait même plus suivi les conversations et encore moins les horloges. À quelle heure était-elle rentrée ? Elle ne savait même plus si son coucher était plus proche de celui du soleil ou celui de la lune. Rudy s’était sûrement inquiété, elle avait dû le réveiller en claquant une porte ou, pire, en s’écroulant sur lui au milieu de la nuit, encore maquillée et sentant plus l’alcool que Soir de Paris.
« Si tu penses que ça m’amuse d’avoir une telle haleine... Ne t’inquiètes pas, je ne te réclamerai même pas de m’embrasser. »
Elle espérait le faire rire mais à la place d’un ricanement, ce fut une alarme immonde qui frappa à ses tympans et aux carreaux de ses fenêtres. Agnès se redressa sur ses coudes, le cœur dans la gorge. Des coups de klaxon répondirent à cette sirène criarde. Quel était ce bruit atroce ? De quelles voitures pouvaient venir ces coups de klaxon ?
Agnès se leva en vitesse, encore ligotée dans sa robe de soirée. Elle tira les rideaux un peu trop rapidement et la lumière lui perça les yeux. Après avoir massé ses paupières encore coloriées de khôl, Agnès risqua enfin un regard à l’extérieur.
Elle manqua de tomber en arrière, la tête soudain alourdie par une foule d’idées folles : est-ce que les allemands avec qui elle avait bu étaient plus ivres qu’il n’y paraissait et avaient décidé de supprimer tous les symboles nazis de Paris ? Est-ce que la France avait été libérée en quelques heures pendant qu’elle, à moitié ivre, dormait sur son lit sans s’apercevoir que son vœu se réalisait ?
Mais il y avait autre chose à Paris : les vêtements des passants, les voitures qui circulaient, de l’architecture jusqu’aux affiches publicitaires... Elle reconnaissait sa chère ville mais comme l’aurait reconnu une nomade après un long voyage en terre étrangère.
Une petite pression la piqua dans le bas du ventre et elle courut aux toilettes. Un ami disait toujours "la bière, on ne l’achète pas, on la loue". Et pourtant, sa vessie n’était pas le seul organe à être imbibé de cervoise : son cerveau aussi avait été secoué par les bulles et les violentes étreintes du houblon. Assise sur la cuvette, Agnès espérait se débarrasser de l’alcool, peut-être qu’elle ne tarderait pas à y voir plus clair. Peut-être qu’ainsi Paris redeviendrait normal.
Mais un nouveau passage devant la fenêtre lui montra le même délire : il n’y avait ni uniforme, ni étoile de David, juste ce même ciel de plomb typique, cette effervescence des rues, ces artères boostées à l’adrénaline.
Mais avant de démêler ce mystère, un détour par la baignoire s’imposait, car si Paris lui faisait peur, son visage à elle, sillonné de vestiges mascara et de poudre, pourrait même faire frémir un aveugle. Un autre tracas venait s’imposer à son tour, dont la solution réclamerait plus que de l’eau et du savon : Rudy n’était pas dans l’appartement. Un détail la rassurait toutefois : si des agents SS avaient trouvé le déserteur, ils n’auraient pas laissé dormir son amante jusqu’à midi.

Bien que sobrement habillé, ses yeux bouffis de sommeil ne pouvaient tromper personne, mais la jeune femme se sentait prête à en découdre avec Paris et tenter, par la même occasion, de comprendre la disparition de Rudy.
Elle n’avait pas pu le vexer à ce point, tout de même !
D’autres scénarios, moins drôles, venaient se développer sur une pellicule imaginaire, portés sur des tons dramatiques, dangereux et tragiques quand elle ferma la porte de l’appartement.
« Mélanie ? Tu pars pour un carnaval ? »
Agnès sursauta et tourna sur ses talons, se retrouvant face à ce qui lui semblait être une voisine de pallier. Voisine de pallier inconnue au bataillon pourtant.
« Vous portez un pantalon !
— Et toi, tu portes une jupe assez démodée. Pas étonnant que le jeune blondinet soit parti si tôt.
— Jeune blondinet ?
— Oui, tu as ramené une belle prise hier : très beau et aussi blond qu’un allemand. Tu as oublié son nom ? Entre nous, je te comprends : son fessier était certainement moins difficile à retenir ! »
Agnès devint rouge de honte et aucun son ne sortit de sa bouche.
Pourquoi Rudy était-il parti ainsi ? Comment avait-il pu sortir alors que se pendre avec sa ceinture aurait été un suicide moins douloureux ? Et pourquoi Diable cette nouvelle voisine la tutoyait comme une vieille copine ?!
« Tu es malade, Mélanie ? Tu sembles bien pâle. »
Agnès nota enfin que la jeune femme l’appelait par un prénom qui ne lui appartenait pas et elle se risqua un coup d’œil vers la sonnette près de sa porte. L’étiquette ne portait pas son nom ! Elle étouffa un cri et se rua dans l’escalier sans réfléchir. Elle avait besoin d’un point d’accroche. Elle se sentait aussi perdue qu’en 1940.

Elle dévala les escaliers et poussa la porte, se jetant dans un monde tout à fait différent d’hier. Les voitures étaient pâles et jetaient sur leur passage des lueurs métalliques. Les femmes passaient avec les bras nus et les genoux impudemment exposés, sans bas et sans barrettes dans les cheveux. Pire : personne ne s’en offusquait. Agnès sentit le rouge revenir sur ses joues. Elle parvenait quand même à adopter une allure calme et détachée : l’occupation l’avait habituée à cacher sa peur et son désarroi pour n’éveiller aucun soupçon.
Elle ignorait si il s’agissait bien de sa rue : il y avait bien une épicerie et un bar mais aux allures si délirantes ! Ses yeux scrutaient les quelques passants mais aucun n’arborait fièrement l’uniforme militaire. Et si il s’agissait de soldats en civil pour mieux débusquer les résistants ? Agnès bifurqua vers ce qui semblait être un marchand de journaux et laissa son regard planer sur les unes.
29 Septembre 2014
Les mots imprimés la frappèrent si fort qu’elle s’écroula sur le bitume comme une poupée de chiffon. Voilà qu’elle était piégée dans un roman de H. G. Wells !

Agnès se réveilla à nouveau sans le goût fantaisiste de biscuits alcoolisés, une douleur lancinante au-dessus de la nuque.
« Vous m’entendez, madame ? »
Elle hocha légèrement la tête. Quand on lui demanda si elle avait mal, elle secoua tout aussi doucement la tête : elle n’avait mal nulle part, mais elle ne se sentait pas bien pour autant.
« Voulez-vous qu’on appelle quelqu’un ? »
Agnès vit un jeune homme sortir une petite boîte toute plate et d’un blanc éclatant. Mais la pauvre femme était incapable de dire de quoi il s’agissait. Le mot iPhone ne faisait pas partie de son vocabulaire...
Elle réussit à se remettre sur ses pieds et remercia l’aide qu’on lui avait apportée. Elle jeta encore un regard aux journaux mais les dates n’avaient pas changé. Il lui fallait se poser dans un endroit rassurant, se reposer et réfléchir dans l’ombre. Un endroit qu’elle connaissait :
« Où est le cinéma le plus proche ? »
Les parisiens se regardèrent alors bizarrement mais un se décida finalement à lui indiquer une rue.
Les idées démêlées et les pensées plus claires, Agnès se sentit soudain plus légère : les parisiens de 2014 parlaient encore français, aucun ne portait ni étoile jaune ni brassard rouge, aucune porte n’affichait "Interdit aux Juifs", aucun drapeau frappé de la croix gammée n’ornait un balcon ou un poteau. Un sourire béat vint lui chatouiller les lèvres, souleva ses pommettes et ses talons se mirent à claquer sur le trottoir sur un rythme de cabris.
Était-ce possible que les projets d’Adolf Hitler avaient glissé sur l’Histoire sans laisser de trace si ce n’est le souvenir d’une affreuse période ?
À chaque détour de rue, Agnès était tantôt émerveillée, tantôt choquée : les gens parlaient avec ces petites boîtes collées contre leur joue, certains portaient des stéthoscopes délicats à leurs oreilles, les hommes portaient parfois des cheveux longs tandis que les femmes préféraient les pantalons. L’expérience de la Propagande lui laissait croire qu’il s’agissait peut-être d’un code, mais les visages des parisiens étaient simplement gris et non contractés par la peur.

Son trésor, elle le trouva en arrivant à destination. Quelles belles affiches il y avait au-dessus de l’entrée du cinéma ! Comme il y avait du monde au-delà de la baie vitrée ! Agnès en perdait presque la tête et ne s’était pas sentie aussi heureuse depuis longtemps. Elle regretta, en fouillant dans ses poches, de ne pas trouver la moindre pièce, tout en ignorant que le franc n’était plus la monnaie du pays. La réalisatrice du passé se contenta alors de faire du lèche vitrine, la bouche grande ouverte. Tout était parfait. Quelle bonne idée que d’exposer sur les murs les synopsis et les images du film ! Quelles couleurs ! Quelle netteté de l’image ! Quelle qualité des cadrages !
Le cinéma connaissait un avenir si splendide qu’elle aurait pu en pleurer de joie.

Agnès était finalement revenue à son appartement, choquée mais épanouie. Elle avait passé la journée dans une bibliothèque et, secondée par une stagiaire adorable qui gloussait souvent, elle avait utilisé un nordinateur. Les claviers étaient moins bruyants que ceux des machines à écrire et les écrans étaient cent fois plus petits que celui d’un cinéma.
Après avoir entendu parler d’un réseau nommé Internette et capable de trouver n’importe quelle information, une soif de connaissance terrible s’était mise à gronder et Agnès se mit en tête de trouver une chronologie des 71 ans qui la séparaient de sa soirée arrosée. Bien sûr, elle reconnut les dates fatidiques du 1er septembre 1939 ou encore du 22 juin 1940. Puis la date du 25 Août 1944 lui écrasa le cœur comme une framboise et lui arracha de grosses larmes. La fameuse Libération de Paris. Elle était là. Elle était réelle. Un poids s’envola de ses côtes, sa gorge se dénoua et elle laissa échapper des sanglots trop lourds pour ses paupières sous le regard médusé de la jeune stagiaire. Elle remerciait cette date, elle remerciait les français, elle remerciait les Alliés. Elle remerciait en silence, les lèvres humides et tremblantes.
Les yeux un peu plus secs, le choc passé, Agnès se risqua à questionner le nordinateur avec son propre nom. Ses doigts étaient devenus fébriles et elle redoutait une mauvaise surprise. Cette journée était déjà épuisante. Que se passerait-il si elle découvrait le jour de sa mort et les raisons ? Agnès se tourna vers l’adolescente encore abasourdie :
« Mademoiselle, pouvez-vous voir où est enterrée la réalisatrice Agnès Doliveux ?
— Bien sûr, regardez : vous pouvez cliquer sur ce lien et lire l’artic—
— Non, je ne veux pas lire, je vous laisse chercher l’information et vous me direz, d’accord ? »
La stagiaire trouvait cette femme de plus en plus étrange et céda à cette demande avec la ferme volonté de fuir juste après ce caprice. Enfin quoi, elle n’était pas là pour donner des cours d’informatique et mener des recherches qui ne la concernaient pas ! Elle lui apporta la réponse au bout de quelques minutes et soupira de soulagement quand l’étrange femme se leva et se précipita hors de la bibliothèque, oubliant de vérifier si Caroline Lisieux était promise à une grande carrière de danseuse, si Léo Leblanc serait le philosophe de référence du XXème siècle.

Maintenant, le soir commençait à tomber et Agnès prit enfin la décision de se mettre en route vers le cimetière. La date de sa mort ne l’intéressait pas, bien entendu, mais une question la rongeait : auprès de qui elle était enterrée ? Elle avait besoin de savoir si son nom de famille côtoyait celui d’un époux. Et si il s’agissait de celui de Rudy.
Il y avait toujours autant de monde dans les rues, toujours autant de bruit, toujours autant de folie. Paris était une vieille ville, mais elle était vivante, resplendissante même. Les passants devinrent alors plus rares et Agnès finit par pénétrer dans le cimetière.
Elle s’arrêta devant le monument aux Morts, s’agenouilla et embrassa la plaque, respectant plus que jamais ces soldats qui n’avaient pas défendu leur patrie en vain. Ensuite, pendant une longue heure, elle erra entre les pierres tombales, entre les anges de marbre et les croix en fer.
Puis elle vit sa dernière demeure, couverte de fleurs séchées. Agnès ferma immédiatement les yeux et s’assit sur la pierre. Ses doigts glissèrent sur les dates gravées : connaître celle de sa naissance lui suffisait et elle tenait à cacher celle de son décès. Ses paupières se levèrent. Ses lèvres se crispèrent.

Agnès Doliveux Neumann

Un nom de famille qu’elle avait rencontré plus tôt dans la journée, sur une étiquette près d’une sonnette qui disait Mélanie Neumann. Elle n’était pas seulement la femme de cet étranger, elle était aussi la mère de ses enfants, la grand-mère de ses petits-enfants. Qu’était-il arrivé à Rudy, alors ?
La jeune femme resta assise un long moment, la main plaquée sur les dates et ce nom d’épouse qu’elle n’aimait pas.

Sentant le froid de la nuit sur ses épaules, Agnès Doliveux se leva. Il était temps de revenir à l’appartement. Là-bas, elle se coucherait, la tête pleine à craquer de découvertes, d’espoirs et de tristesse. Peut-être qu’elle se réveillerait pour accueillir le 29 Septembre 1943 avec cette étrange saveur de pâtisserie alcoolisée. Peut-être qu’elle se réveillerait pour voir la mine boudeuse de Rudy et il aurait bien raison de lui en vouloir.
Mais peut-être qu’elle oubliera cette journée, peut-être qu’elle songera demain qu’il s’agissait d’un horrible cauchemar comme seule la fièvre peut lui en faire vivre ?
Il y avait pourtant une chose qu’il fallait qu’elle se souvienne, quelque chose qu’elle devait demander : si Rudy Trinkl devait utiliser une nouvelle identité, quel pseudonyme prendrait-il ?


MANFRED MOHR
Manfred Mohr ouvrit les yeux d'un coup. Au dessus de lui s'étendait à perte de vue un ciel très bleu mais très automnal. Ses pupilles clignèrent avec incrédulité. N'était-on pas au Printemps ? Il avait eu une absence. Il s'en souvenait très bien. Il était à une réunion quelconque avec ce type de l'état-major si vieux qu'on aurait dit une tortue toute ridée, qui était déjà vieux il y avait des années de ça, à ses débuts, lorsqu'il servait dans la Luftstreitkräfte, c'était dire. Manfred avait cessé de l'écouter un moment. Et maintenant il était là. Mais où, là ? Quelque chose passa au dessus de sa tête avec un bruit assourdissant. Un avion. Ca faisait le même bruit qu'un avion, mais avec une puissance énorme, cent fois supérieure à ce qu'il connaissait. Il se remit sur pieds et vissa sa casquette sur le sommet de son crâne : c'était au moins un bombardier. Ou un groupe de bombardier. Non. Il vit la chose approcher, approcher encore, comme si elle allait s'écraser sur lui. Seigneur Dieu. Il regarda autour de lui : il était seul, au milieu d'une immense place pleine de choses métalliques qui ne ressemblaient à rien de ce qu'il connaissait. Au loin, un homme le regardait d'un air curieux, comme s'il était un vrai huluberlu. Mais Mohr n'avait pas le temps pour ça : la chose venait sur lui. Il se mit à courir pour l'éviter, car c'était un avion géant, immense, comme il ne pouvait pas en exister. Mais l'immense Boing effrontément estampillé au couleur de la Pan America...

Une petite minute ? Pan America ? Qui faisait cette mauvaise blague avec un avion expérimental ? Car ça ne pouvait être, selon Manfred Mohr, qu'un avion expérimental, rien de plus. L'OKL devait avoir oublié de lui parler de ça, ils allaient l'entendre chanter avec leurs expérimentions à la noie ! Il marcha d'un pas décidé vers ce qui lui semblait être un bâtiment qu'il distinguait au loin. Mais il s'arrêta rapidement. Au secours. Qu'est-ce que c'était que ces choses ? C'était rond, incurvé, métalliques. Ca se déplaçait. Mais il y avait beaucoup immobilisées. Mohr en inspecta une dans l'espoir d'un indice.

« Y a un problème avec ma voiture, monsieur l'agent ? »


L'homme habillé bizarrement s'était rapproché. Une voiture. Eberlué, Manfred regarda mieux la chose. Une voiture, ça, vraiment ? Il ne pouvait y croire, malgré le fait qu'elle portait ostensiblement le sigle Citroen. Encore un engin expérimental ? Sperrle avait réellement négligé de lui parler de ça, ou alors, il n'était pas au courant. En attendant, qu'est-ce que c'était que cet holibrius débraillé ? Il pouvait avoir quarante ans, mais ne portait pas de costume, rien du tout. Ce devait être un marginal...et sans doute un terroriste, vu la nonchalance qu'il déployait. Monsieur l'agent ? Il ne pouvait pas être sérieux.

« Je ne suis pas agent de police, monsieur ! Je suis l'oberst Mohr, commandant de l'aéroport d'Orly et j'entends que vous me saluiez comme il se doit ! Heil Hitler ! »


L'autre le regarda avec une mine tellement incrédule que ces lunettes épaisses d'une matière étrange, traduisez du plastique, faillirent lui tomber du nez. Il saisit un étrange carré noir, qui émit un flash et demanda :

« Euh...c'est une blague, là ? Dites, allez, avouez...vous me faites marcher ? C'est une caméra cachée ? Vous passez sur D8 c'est ça ? »
Manfred ne comprenait rien à ce que disait cet homme. Il lui sembla aussi qu'il se fichait considérablement de lui et cela c'était intolérable, aussi il attrapa l'homme par le bras et prit son étrange engin pour l'entrainer et le forcer à le suivre, créant un mouvement de protestation immédiat : « Eh oh ! Rendez moi mon Iphone ! Au secours ! Police ! Il y a un fou déguisé en nazi qui essaye de m'enlever ! Lâchez moi, espèce de psychopathe ! 
-Ach, ça suffit, cessez de protester ! Vous utilisez des engins anglais en plus ? Un téléphone, ceci ? Vous délirez mon pauvre, ou vous avez bu, mais je vous conseille de vous taire, la police française va statuer sur votre sort...et puis un peu de respect enfin, vous taire face à l'occupant, ça ne vous viendrait pas à l'idée ? Nous sommes bien à l'aéroport d'Orly au fait ?
-Mais qu'est-ce qu'il me chante le vieux, c'est trop pas swag ! Mec t'es au courant qu'on est en 2014 et que plus personne n'occupe Paris ? Alors arrête ton délire et va te faire soigner, putain ! On est à Roissy Charles De Gaulle, et ta nostalgie des fachos, tu peux te la carrer où je pense parce que vous avez perdu ! Putain de reac, même pas foutu de reconnaître un Iphone...
-Oh, dites donc, ne commencez pas à être vulg.... »


Il avait décidé de ne pas relever les inepties de cet homme qui semblait patiemment délirer et le confier à la police française qui stationnait à Orly. En 2014, plus de soixante-dix ans après la guerre, avec une défaite de l'Allemagne ? Non, impossible, cet homme avait bu, oui. C'était la seule explication possible ; et pourtant, arrivé devant cet immense bâtiment autour duquel volaient d'autres avions étranges, plein de monde, il ne pouvait que constater une chose : sur le fronton était écrit Roissy Charles de Gaulle...seigneur, où était-il ? Livide, Manfred s'arrêta. Que faire ? Il ne comprenait plus rien à ce qui se passait et le bonhomme en profita pour s'enfuir. Il resta là, bouche bée, n'y prêtant aucune attention, son cerveau semblait s'être arrêté. Les gens le regardaient et passaient en murmurant. Ce n'était qu'une question de temps avant que la police arrive. Sur le coté, il entendit une femme parler en allemand au même genre de machin qu'avait l'autre homme. Elle avait une valise et semblait seule. Il se précipita vers elle :

« Bitte, fraulein ! Heil ! Pouvez vous m'aider ? Je dois joindre le haut-commandement parisien. Il faut que vous m'aidiez, commencez par me donner la date ! Ne paniquez pas, je suis officier de la Luftwaffe, tout est sous contrôle. »


Mais cela n'eut pas l'effet escompté car la femme se mit instantanément à le frapper à coup de parapluie en criant :

« Moishe ! Moishe ! Police ! Quelqu'un ! Il y a un fou qui se prend pour un nazi, je me plaindrais à la direction de l'aéroport !

-Mais enfin, mais du calme.... »

Peine perdue, la police était déjà là et n'hésita pas, malgré les vigoureuses protestations de Manfred – qui par ailleurs ne comprenait pas : une allemande mariée avec un  juif, libre ? Dans quel monde avait-il atterri ? Les franc-maçons capitalo-communistes devaient être au pouvoir – à l'emmener dans une cellule sombre, et malgré les véhémentes déclarations qu'il fit, à l'y laisser croupir, ignorant complétement son identité et son grade et ses menaces concernant les tentatives de révolte. A un moment, l'un d'entre lui jeta un livre :

« Tiens, papy, révise tes cours d'histoires, ça te rafraichira peut-être la mémoire. »

Manfred Mohr n'avait jamais pu résister à un livre. Les livres disaient la vérité. Celui là, intitulé « histoire contemporaine pour les premières ES » devait donc être crédible aussi. Son seul commentaire, au bout de trois heures de lecture fut :

« Ah oui, tout de même. »


Et le pire, c'est qu'on ne parlait même pas de lui.

Il fallait qu'il rentre à la maison.


EDWIN GRUPER
Allongé de tout son long sur le lit confortable qui avait accueilli son corps fatigué, Grüper n’avait même pas songé à se dévêtir, les jambes encore désagréablement prisonnières de ses bottes. Il n’avait qu’à peine bougé depuis qu’une migraine atroce l’avait poussé à fermer les rideaux de sa chambre, s’isolant du tout Paris pour se replier dans une bulle de calme, à défaut du silence que ne tarderait pas d’apporter le couvre-feu.
Somnolant jusqu’à s’endormir tout à fait, Edwin fut tiré de sa longue torpeur par des cris qui semblaient provenir de la cloison contre laquelle le sommier était appuyé. Il fronça les sourcils, peu habitué à des scènes comme celle qui se déroulait de l’autre côté. On n’avait pas idée de se montrer aussi peu discret, surtout lorsqu’il s’agissait d’une dispute conjugale. Sous lui, le matelas paraissait plus dur. Une odeur étrange planait dans la chambre, qui ne ressemblait à rien de ce qu’il avait connu depuis qu’il y résidait. Ce n’était pas désagréable, mais il y avait plus plaisant également. En somme : l’atmosphère de ce réveil était plutôt curieuse, sans aucune réponse satisfaisante ni certitude relevant de la rationalité la plus rassurante. C’était comme s’il était encore plongé dans un demi-sommeil. La lumière n’était pas suffisante pour qu’il puisse jeter un coup d’œil à sa montre, et il s’en voulut de ne pas avoir pris la peine de se déshabiller. Toute sa silhouette était lourde, son uniforme probablement odieusement chiffonné. Les épaules douloureuses et courbaturées, il tentait de s’étirer lorsqu’une sonnerie puissante jaillit de la table de nuit à ses côtés. L’officier fit un bond qui manqua de le faire tomber du lit.

« Heilige Scheiße !!!! »

Il s’était relevé d’un seul mouvement, le cœur affolé, ne reconnaissant là nulle alarme familière à ses oreilles de militaire. Il recula vers le centre de la pièce, longeant le lit à tâtons en cherchant à se diriger vers la fenêtre, toujours obstruée par les lourds rideaux d’un rouge sombre qui permettaient une relative opacité. Quelque chose n’allait pas. Quelque chose… Tout paraissait plus étroit. Plus étouffant. La sonnerie étrange et stridente résonna jusqu’à ce que sa main accroche un pan de tissu et ne le tire pour laisser entrer la lumière. Loin de donner la vue habituelle sur le boulevard parisien qu’il fréquentait depuis près de deux mois maintenant, la vision terrifiante qui se tenait avec un réalisme saisissant sous ses yeux le toisait à son tour, grâce à un double-vitrage l’isolant totalement des sons du dehors.
Un ciel chargé de nuages, gris à en pleurer, s’étendait modérément, limité par une fenêtre qui n’avait plus rien à voir avec les vastes persiennes qu’il avait connu. Et derrière ce carré étouffant, une portion de route neuve sur laquelle circulaient des voitures à une vitesse ahurissante. Du moins, cela ressemblait à des voitures… Des voitures qu’un auteur avant-guardiste se serait amusé à imaginer afin de donner corps à l’avenir automobile de l’humanité. Pendant quelques secondes, ses yeux tentèrent de suivre péniblement les allées et venues de ces véhicules taillés pour fendre l'air, aux couleurs aussi diverses que relatives quant au bon-goût que leurs propriétaires affichaient. Derrière la route, de petites arcades laissaient deviner la présence d’individus qui étaient trop loin pour qu’il puisse en deviner l’identité. On aurait dit des réfugiés de guerre. Ils semblaient porter de grands châles usés, réunis les uns près des autres tels des Tziganes. Son genou trouva le rebord poli, et d’une main prudente, il s’appuya contre le verre, se penchant aussi loin que possible pour s’attarder dès lors sur les immeubles dont la couleur terne s’accordait parfaitement avec le paysage et l’atmosphère que dégageait ce paysage de cauchemar. Leur vue lui fit mal, compressa davantage sa poitrine au bord de l’apoplexie.
L’oxygène commença à lui manquer. Il ne pouvait que rêver.
Malheureusement, aucune réponse ne se présentait à lui pour le rassurer quant à cette hypothèse. Ne résonnaient encore que la voix criarde d’une française à l’accent chantant du sud qui lui parvenait par bribes et que son cerveau germanique peinait à retranscrire pour lui conférer un sens réel, freiné par la peur qui se fraya un chemin directement au creux de ses entrailles, pourtant aguerries.

« … glandeur qui avait réussi à oublier le GPS… »

Qu’était un GPS ? Par ailleurs, le mot glandeur lui était inconnu, mais l’intonation laissait deviner un qualificatif pour le moins dépréciatif.

« … dernière fois que je pars en vacances avec un beauf comme toi ! »

Il ne pouvait comprendre. Ses doigts libres accrochèrent la poignée étrange de ce battant qui n’aurait pas dû exister. Il tira. Le premier. Puis le deuxième. Rien n’aurait alors pu le préparer à la déflagration sonore, mélange des moteurs vrombissant sans interruption, des klaxons agressifs et autre brouhaha urbain. Et puis il y eut l’odeur. Une odeur qui le fit reculer dans un réflexe dû à l’instinct de survie. C’était stupide, il ne pouvait y avoir de gaz distillé dans l’air de ce tableau qui n’avait pourtant de pacifique pour lui que le nom. Il se détourna. Il devait sortir d’ici au plus vite, à l’étroit dans une chambre exigüe qui n’était pas la sienne. Jetant à peine un regard à l’écran noir fixé au mur légèrement en hauteur, il allait se jeter sur la porte quand des coups frappés le firent stopper net.

« Monsieur ? S’il vous plaît, il est midi passé et je dois faire la chambre. »

Faire la chambre ? Tâchant de reprendre quelques-unes de ses facultés, il en conclut qu’il se trouvait dans un hôtel. Un hôtel dénué de réel panache, mais un hôtel tout de même. Edwin n’avait rien à craindre d’une soi-disant femme de ménage, n’est-ce pas ? Il inspira un coup et ouvrit brutalement la porte, tombant nez-à-nez avec une employée au teint légèrement hâlé qui dévisagea avec de grands yeux ronds son uniforme et sa mise. Tous deux se dévisagèrent, lui et son expression choquée au visage, elle et ses cheveux frisés mal noués dans un chignon approximatif, bouche bée.

« Je… Je ne voulais pas vous déranger mais je dois faire mon boulot… Je… »

Il dût mobiliser son sang-froid pour ne pas sentir sa langue buter contre les voyelles françaises et répondre :

« Où est-ce qu’on est ici ? Qui m’a transporté dans cette chambre… ?! »

La bonne femme entre deux âges sembla de plus en plus apeurée et recula en secouant vivement sa main droite, tirant un chariot contre elle pour longer le couloir et  s’éloigner de l’entrée.

« Je repasserai plus tard, je suis désolée ! »

Il fit un pas en avant pour la regarder s’enfermer dans la chambre voisine opposée à celle où le couple se disputait encore. Laissant la sienne ouverte, il fit quelques pas dans le couloir, pouvant presque percevoir les battements de son cœur résonner contre ses tempes. Les lieux étaient déserts. Il regarda derrière lui, puis devant à nouveau. Personne. Longeant le mur, ses iris trouvèrent l’indication « Escaliers ». Il poussa la porte et les emprunta, un court instant figé dans son élan par les couleurs criardes des marches. Cet hideux élément du décor ne l’empêcha pas de cavaler à travers les quatre étages qui le séparaient du hall.

Il poussa la porte d’un coup d’épaule et débarqué alors au centre d’une fourmilière humaine qui lui était aussi étrangère que si ces gens venaient de l’autre bout du monde. Le mouvement fluide des touristes et résidents temporaires s’interrompit aussitôt que des dizaines et des dizaines de têtes s’étaient tournées vers lui, le fixant comme s’il sortait tout droit d’une maison de repos pour patients déclarés inaptes psychologiquement.

« Monsieur… »

Un homme, visiblement agent d’accueil réfugié derrière un comptoir tape-à-l’œil tenait un combiné près de son cou, comme s’il était en pleine conversation avant que le capitaine ne débarque ainsi dans cet espace peuplé de femmes aux jupes si courtes qu’il n’en avait jamais vues de pareilles que dans les gargotes et bordels de l’armée, de jeunes gens bronzés et visiblement dubitatifs que cela ne gênait pas de porter d’immondes sandales laissant leur pied à l’air libre en public et autres horreurs. Sur un mur, il crut lire un mot au sens abscons.

Campanile.

« Monsieur, je peux vous aider ? »

Un silence quasi-total dérangeait parmi cette petite foule, dans l’expectative. Un autre écran, allumé, diffusait ce qui s’apparentait à une chanson, bien qu’Edwin doutât que quiconque se soit empressé à mettre sur le devant de la scène ces images brèves, rapides, cette musique lancinante à la mélodie bâclée et accompagnée de paroles prononcées par un homme grand et noir, dont il n’entendait pas un traître mot. Il s’avança vers le comptoir, tentant de faire abstraction.

« Je… Oui… »
« Vous êtes bien un client de notre hôtel ? »

Il fixa l’enseigne. Campanile.

« Je… Je ne sais pas. »
« Votre nom ? »
« Edwin… Capitaine Edwin Grüper. »

L’employé fixa plus intensément l’uniforme, et particulièrement l’insigne du parti nazi épinglé sur sa poitrine. Il ne vit pas son collègue saisir un objet étrange pour se détourner et s’éloigner rapidement.

« Vous… savez qu’il est interdit d’afficher des opinions extrémistes en public, monsieur ? »
« Excusez-moi… ? »
« Votre… »

L’officier baissa la tête, fronçant les sourcils.

« Je…  Mais je suis adhérent au parti et… »
« Monsieur, la politique de notre établissement nous empêche de cautionner cet affichage. »
« La politique de votre établissement ?! Mais le Führer occupe votre pays… »
« Attendez, laissez-moi faire… »

Une main se posa sur le bras de l’Allemand déstabilisé. Une femme d’une soixantaine d’années aux prunelles claires chercha les siennes. Elle le regardait comme si elle cherchait à sonder son âme.

« Où êtes-vous, selon vous… ? »
« Je… À Paris… »
« Oui… C’est cela. En quelle année ? »
« 1943… ? »

Elle ferma les paupières une seconde de plus que nécessaire et secoua la tête.

« N’appelez pas seulement la police… Cet homme a besoin de soins, de toute évidence. »
« Attendez ! »

Perdant son calme légendaire, Edwin agrippa le poignet de la femme qui poussa un léger cri de surprise. De part et d’autres, il se sentit maintenu par plusieurs badauds, craignant pour la sécurité de cette inconnue.
Quelques minutes plus tard, la police embarquait cet anachronisme vivant, pâle comme la mort.

Il tentait de survivre à l’hérésie de ce monde dans lequel il se voyait arbitrairement propulsé, la mention de juin 2013 et les paroles de Bella de Maître Gims tournant encore et toujours dans son esprit malade.

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
« Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur »


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PAPIERS !
■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Jeu 4 Déc - 20:41

Un petit UP, les berniques ! Venez donc lire ces textes formidables et nous dire quels sont vos préférés, ça vaut le coup . Le concours sera conclu prochainement !

Encore merci de toutes vos participations !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Jeu 4 Déc - 21:34

Aaaah j'ai oublié d'envoyer mon MP affolé
Je fais ça de ce pas
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■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
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MessageSujet: Re: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Dim 28 Déc - 15:26

Dernier petit UP, les berniques face ! Les résultats seront annoncé au début du mois de janvier, il vous reste donc encore quelques jours pour voter pour les textes que vous avez préférés !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


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■ profession : Poivrot...euh tenancier d'un bar.

PAPIERS !
■ religion: Le Bordeaux.
■ situation amoureuse: Dans une relation compliquée avec un verre de vin.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !   Sam 10 Jan - 0:39


Et le grand gagnant est... Heu... M'sieur l'huissier, elle est où mon enveloppe ?



Salutation les petites berniques ! Il est grand temps, après plusieurs semaines de votes acharnés (enfin presque) et de débats autour de mon comptoir et d'une bouteille de vin, de connaître les résultats de vos votes et de désigner le grand gagnant de cette toute première édition du concours de rp de notre Yellow Tricycle occupé adoré. Bon, comme on n'a pas de très grands moyens, nous, vous n'aurez pas le droit à la publication de tous vos écrits depuis vos sept ans dans une maison d'édition mais cette remise des prix improvisée sera ponctuée de quelques petites surprises. Enfin peut-être, si on arrive jusqu'au bout, car on n'a pas idée de confier le micro à Dédé !

Mais avant tout, applaudissez bien fort tous nos courageux participants qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes et qui ont tous bien le droit à une rasade de mon alcool le plus fort (bien planqué derrière mon comptoir, chuut, ne dites rien aux autorités). Dédé comme le reste des berniques en chef ont adoré lire vos petits textes, souvent drôles, parfois émouvants, et suivre les mésaventures (et le très mauvais réveil) de vos personnages plongés dans le XXIe siècle. Dédé dit qu'il a été vexé qu'aucun d'entre vous ne soit allé vérifier que son bar existait toujours . Mais comme Dédé est reparti mettre le nez dans une bouteille, nous pouvons accorder une mention spéciale à votre imagination, car voir vos personnages déambuler devant un cinéma, dans l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle ou dans un Campanile, ça n'a pas de prix ! Et l'alcool fait donc bien des ravages, ce n'est pas Agnès ou Gustav qui nous contrediront...
Trêves de bavardages, passons donc à cette petite remise de prix. Mais sachez que ce classement ne représente pas grand chose car nous avons tous pris plaisir à vous lire et que vous auriez tous mérité de monter sur le podium. Bravo à tous et on espère vous revoir pour une prochaine édition face.

Comme on ne fait rien comme tout le monde, sur Yellow Tricycle, notre podium n'aura que deux marches (du coup, ça ressemble à un peu plus à une estrade, mais chut) et nous allons tout de suite commencer par celle (car oui, il s'agit d'une jeune fille, Dédé approuve et lui envoie un clin d’œil gnihi), qui se classe en deuxième position : il s'agit d'Eva Jürgen pour un texte très émouvant à base de musique et d'Anglais qui tâchent les tapis. Bravo à toi . Pour la peine, tu as le droit d'accorder 10 points au groupe de ton choix dans la battle des groupes par ici et tu gagnes cette (magnifique) icon que tu pourras arborer (ou pas) dans ton profil :


TADADAM... (Ceci est un roulement de tambours, ne vous y trompez pas). Voici maintenant le moment tant attendu, celui de découvrir qui occupe la première marche de notre podium. La compétition fut acharnée mais a laissé finalement la place à un vieux de la vieille (Dédé est sceptique quand même, il demande à voir les muscles, il soupçonne une tricherie) à savoir... Saperlipopette (Dédé a pour bonne résolution de ne plus dire de gros mots en ce début d'année)... Où est-ce qu'il a mis l'enveloppe avec le résultat ? Ah oui, voilà, le premier prix est donc accordé à... TADADAM (chut !) : Manfred Mohr ! Toutes nos félicitations à notre grand champion qui a su nous faire tous rire avec notre papy perdu dans un aéroport moderne qui attache les jeunes Allemandes et apprend l'histoire dans un manuel scolaire de ES. Comme on ne fait pas les choses à moitié sur YT, tu as le doit d'accorder 15 points au groupe de ton choix dans la battle des groupes par ici, de choisir le PV que tu souhaites mettre en avant sur la page d'accueil (les berniques en chef attendent donc ton mp gnhehe) et d'arborer cette magnifique icon :
.

Mais comme Agnès, Edwin et Gustav sont loin d'avoir démérité, bien au contraire, avec des textes qui nous ont particulièrement touchés – nous tenons à dire qu'Agnès est absolument adorable à faire des recherches sur elle et Rudy sur Internette à partir d'un nordinateur, que la vision d'Edwin dans un Campanile devant des clips est à mourir de rire et que Gustav ferait bien de se méfier des manigances de son patron et de ce qu'il boit au choix (Dédé n'approuve pas cette dernière phrase) –, vous avez tous les trois le droit d'accorder 5 points au groupe de votre choix dans la battle des groupes par ici et d'arborer fièrement cette icon :
.

Nous vous remercions encore tous pour vos participations et vos votes, c'est vous qui avez fait de cette édition du concours un petit succès. Dédé lève un verre à votre santé (et devant tant d'efforts, est tombé ivre mort).

A très vite pour une nouvelle édition, et en attendant, n'oubliez pas d'aller chercher vos prix  !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Chez Dédé, là où tous les Bordeaux sont rouges  drunk


- Tu bois un coup ?
- L'autre ! Y demande à une bille si elle roule !

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CONCOURS DE RP #1 : Venez voter !

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