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 [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !

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Dédé la Truffe
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MessageSujet: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Lun 16 Mar - 17:18

[INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé la Truffe !
(Peaky Blinders, série de la BBC)


17 mai 1943 – L'endroit où il faut absolument être, à n'en pas douter, cette nuit, c'est le bar de Dédé la Truffe (très sobrement et très modestement appelé « Chez Dédé »). En effet, ce cher Dédé, bien remis de ses émotions depuis l'attentat auquel il a échappé de peu, comme il ne cesse de le raconter à tout le monde, a décidé qu'il était grand temps de profiter un peu de la vie : il faut dire qu'il a trouvé, pour un prix exorbitant, des dizaines de caisses d'alcool et de champagne au marché noir, et qu'il a décidé d'en faire profiter sa clientèle en les distribuant quasiment gratuitement lors d'une fête grandiose. Autant dire que l'on se presse dans le bar en ce début de soirée pour profiter des largesses du patron qui présente son chien Médor à tout le monde et qui distribue autant de verres qu'il n'en boit (et ça fait beaucoup).

La clientèle habituelle, des manifestants révoltés aux résistants venus glaner quelques informations de manière discrète, s'est fait soudain plus suspicieuse quand quelques jeunes soldats allemands ont pénétré l'établissement : mais accueillis par un tonitruant « et je vous sers quoi ? » de Dédé, les jeunes gens en goguette se sont finalement installés à une table et ont commencé à boire à leur tour... Il n'y a pas long avant que toute la joyeuse compagnie ne soit totalement enivrée, manifestants, résistants et Allemands tous ensemble, en un cocktail explosif ! Pour le moment, personne n'est encore monté sur les tables pour danser mais ça ne saurait tarder à cette allure-là... Et quand on parle de danse, justement, Dédé a oublié qu'il avait loué les sous-sols de son établissement à une soirée consacrée au jazz et où se pressent les étudiants qui n'ont plus trop l'occasion d'en entendre jouer depuis l'interdiction de cette musique par l'occupant allemand...

Mettez quelques Allemands, ajoutez des résistants en mission et saupoudrez de beaucoup d'interdits, avant de noyer le tout dans un grand verre d'alcool... Et tout devient possible !


Règles

- Toute liberté est laissée dans cette intrigue, il n'y aura pas de tour ni de relance. Vous êtes libres de poster autant de fois que vous le désirez dans le topic commun. Le défi n'est pas obligatoire.
- Les posts doivent être obligatoirement courts, autour de 800 mots en moyenne, pas plus de 1000 mots.
- Si vous avez le moindre souci ou la moindre question, les membres du staff sont à votre disposition.
- Une seule règle : vous amuser  ammu  ! N'hésitez pas à faire participer vos personnages les plus déjantés face !




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Rachel Lévi
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Mer 22 Avr - 19:44

Depuis le début de la guerre, on avait tendance à monter les escaliers des immeubles sur la pointe des pieds, pour faire le moins de bruit possible, on ne savait pas trop pourquoi. Peut-être simplement pour éviter le tapage désormais associé aux occupants car c'était le bruit que faisaient généralement les Allemands quand ils gravissaient les marches avec leurs bottes – et ce n'était jamais bon signe pour les habitants de l'immeuble en question. Ou peut-être que c'était uniquement pour éviter de se faire repérer, ce qui signifiait invariablement que le nez fouineur de la concierge ou de la voisine de palier allait surgir pour espionner tous vos faits et gestes, les noter scrupuleusement pour les répéter au quartier ou à la police, savait-on jamais d'où vous reveniez avec une telle mine ! Alors certes, Rachel Lévi n'avait jamais vraiment fait attention aux règles, qu'elles fussent écrites ou sous-entendues, mais elle avait fini par assimiler cette habitude qu'elle avait tenté de respecter scrupuleusement du haut des talons de ses chaussures d'avant-guerre, d'autant qu'elle n'avait guère envie d'être vue en train de grimper jusqu'au dernier étage – beaucoup trop haut – de cet immeuble bon marché du XIXe siècle dans sa jolie robe d'été (sans étoile) qu'elle ne ressortait que pour les grandes occasions, c'est à dire plus si souvent depuis que les Allemands s'étaient installés à Paris et gravissaient les immeubles pour faire peur aux innocents et délateurs habitants de la ville. Mais tous les beaux efforts de la jeune femme furent ruinés lorsqu'elle rata (de peu) une marche et s'écroula dans l'escalier avec un juron et un bruit du tonnerre qui dut réveiller non seulement tous les voisins mais jusqu'aux beaux quartiers du XVIe arrondissement dont elle se trouvait si loin dans ce XIXe arrondissement populaire que Rachel n'avait guère l'occasion de fréquenter. Au moins, vit-elle apparaître l'objet de sa mission sous ses yeux en la personne de Victoire Langremont qui apparut sur le palier et dans son champ de vision, visiblement alertée par le tapage, alors que la jeune femme se redressait avec précaution tout en maugréant :
- Vous devriez avoir l'ascenseur, non mais vraiment... Ne t'inquiète pas pour moi, je vais bien, affirma-t-elle devant la mine inquiète de Victoire, qui ressortait son uniforme d'infirmière dès qu'elle avait affaire à Rachel dont la maladresse était légendaire.

Rachel choisit d'ignorer la douleur qui transperçait sa cheville (il n'était de toute façon pas question que cela puisse l'empêcher de réaliser le projet de la soirée) et se précipita vers son amie pour la serrer dans ses bras et l'embrasser :
- Tu n'as pas oublié que je venais te chercher ce soir ? On doit aller Chez Dédé, avec quelques amis, j'ai organisé une soirée très spéciale, souligna-t-elle avec un air entendu, qui dans le cas de Rachel ne signifiait que deux choses : soit elle avait organisé une soirée jazz, soit elle vous avait arrangé un rendez-vous avec un bel inconnu (voire les deux), mais comme Victoire était fiancée, la danse en tout bien tout honneur était donc l'option la plus vraisemblable, et tu ne peux pas refuser. Comment ça, tu n'es pas habillée ?
Devant la mine peu enthousiaste de Victoire, Rachel choisit de se donner un air implorant qu'elle avait eu le temps de travailler depuis sa petite enfance quand elle réclamait des cadeaux à ses parents. Après tout, quand sa vieille amie d'enfance, la fille de l'employée de ses parents avec laquelle elle avait en grande partie grandi, refusait d'obtempérer à ses demandes, il était toujours temps de jouer sur la fibre sentimentale :
- S'il te plaît, Victoire, mon amie Hélène ne peut pas venir, et je ne peux pas y aller toute seule, n'est-ce pas ? J'aurais besoin de quelqu'un pour veiller un peu sur moi.... (elle se garda bien de dire que ce n'était absolument pas la fonction principale d'Hélène qui l'oubliait généralement très vite au cours de la soirée pour boire plus qu'elle), et puis avoue que ça peut être drôle, les Boches ne se risquent jamais dans ce bar et on sera de toute façon dans la cave, on a payé le patron pour qu'il garde le silence, on ne risque rien !
Bon d'accord, c'était beaucoup s'avancer mais ce genre d'affirmation pouvait bien convaincre Victoire que son amie était inconsciente et donc qu'il fallait l'accompagner – Rachel était bien loin de se douter que ce genre de petit événement mettait aussi en danger sa résistante d'amie. Mais avant qu'elle ne puisse répondre, une autre jeune femme qui gravissait les escaliers apparut dans leur champ de vision, visiblement alertée par le boucan, et déjà habillée de manière élégante.
- Soledad ! S'exclama Rachel, ravie de voir arriver une alliée, j'espère que tu te souviens de mon invitation pour la soirée ? Aide moi à convaincre cette tête de mule que ça lui ferait du bien de sortir un peu la tête de son boulot ! Les patients ne t'en voudront pas de t'accorder une soirée de danse !

Avec l'aide de Sol, la voisine de Victoire avec laquelle Rachel avait sympathisé – après tout, si on exceptait leur caractère respectif, puisque Soledad bougonnait en permanence, et Rachel avait tendance à être beaucoup trop joyeuse, on parvint à faire sortir la jolie infirmière de sa tanière (à savoir une chambre de bonne du XIXe arrondissement, Rachel lui collait volontiers le terme de tanière), après l'avoir attifée avec ce qu'elle avait de plus approprié dans sa garde-robe. A peine vingt minutes de marche plus tard et après la descente précautionneuse des escaliers de la part de Rachel qui babillait joyeusement, les trois jeunes femmes arrivèrent devant Chez Dédé, un bar particulièrement surpeuplé pour cette soirée du mois de mai. Mais sans doute était-ce uniquement pour se changer les idées que tant de Parisiens se trouvaient là, ils en avaient tous besoin après les événements des Champs-Elysées. Il y avait surtout beaucoup d'hommes accoudés au bar ou en train de fumer leurs cigarettes mais Rachel ne se laissa pas impressionner et pénétra dans le bar sous le sifflement d'un type qui se vit affubler d'un regard noir :
- Oh mais regardez, s'exclama la jeune femme en jouant des coudes dans la foule, il y a une distribution gratuite de boissons ! Voilà ce qui explique le monde ! Ça vous dit, un verre ? Je vais aller les chercher, la musique ne va pas commencer tout de suite, on a le temps de boire un coup avant de descendre.
Et puis cela allait lui permettre de reposer sa cheville foulée quelques instants ce qui n'était pas un mal, cela lui laisserait le temps de se remettre pour pouvoir danser jusqu'au bout de la nuit, en bravant le couvre-feu. Sans attendre la réponse de ses amies, Rachel commença à s'éloigner en direction du fameux Dédé qui trônait derrière son bar et quelques bouteilles, toute heureuse de se trouver dans une telle atmosphère festive, celle qui lui manquait tant dans ce Paris pesant. Mais c'était ne pas voir les Allemands déjà un peu éméchés quelques pas plus loin dans le bar et le guet-apens dans lequel elle avait entraîné ses amies... Heureusement, après quelques verres, Rachel savait bien que ces dernières allaient finir par s'accorder à son opinion : cette fête allait être folle !

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Ven 24 Avr - 19:11

Les derniers évènements n'ont fait que renforcer ce climat de terreur du côté des parisien et de crainte d'un nouvel attentat du coté des forces d'occupation. Gustav comme chaque Allemand installé dans l'ancienne capitale française craint pour sa vie, lui qui mène une double vie n'est même pas certain de voir le bout de cette guerre de son vivant. Pour penser à autre chose le jeune SS devait à tout pris occuper son temps libre, autrement dit le plus clair de ses soirées. Même son rôle dans le réseau Reigen ne l'aidait pas à voir les choses d'un point de vue plus optimiste. Pour lui c'était mourir en héros en sauvant la vie de pauvre innocent et n'être qu'un vulgaire traitre à sa nation ou mourir d'une balle dans la tête, tué par des résistants désorganisés et à cran. Il en était persuadé, il allait mourir loin de chez lui. Pour essayer d'oublier, ce soir il n'avait trouver qu'une solution, aller s'ennivrer dans le bar miteux dans lequel il avait rencontré Bérénice il y a de cela quelques jours. Tant pis pour l'image du parfait petit SS qu'il devait entretenir. Cette guerre, ce double jeu étaient en train de le ronger de l'intérieur. Lui qui depuis des mois avait du mal à ne pas sortir son arme de poing pour assassiner froidement le chef de la SS parisienne, allait donc boire jusqu'à s'endormir comme un vulgaire ivrogne. Sortant en uniforme de son petit studio parisien, Gustav croisait quelques collègues ricanant dans les rues. La nuit était tombée sur la ville lumière qui revêtait sa douce tenue printanière. Gus savait maintenant comment rejoindre le débit de boisson, s'engouffrer dans le métro sous la surface avant de remonter dans l'Est parisien. Un trajet qui lui paraissait bien plus long que le précédent. A son arrivée devant la devanture, il ne put que constater qu'un nombre important de parisiens et de soldats avaient eux aussi opter pour la tournée des bars. Voilà à quoi la population et l'occupant en sont réduit, s'enivrer jusqu'à plus soif. Tristesse que ce monde de violence. Un premier verre, puis un second et un troisième. C'était parti pour une longue soirée d'ivresse. Pour le moment le berlinous avait encore les idées claires, mais ça n'allait pas être le cas encore longtemps et si seulement il avait sut qu'il allait se trouver dans une soirée particulière, il n'aurait surement pas bu autant ou mis les pieds dans l'établissement. Mais pour le moment il était loin des regets et des remises en question. Le nez dans son verre, il enquillait tout en commençant à offrir des verres à des soldats visiblement bien plus jeunes que lui. Eux allaient pouvoir profiter de la pension du sous-officier SS.
La soirée ne faisait que commencer et pourtant il était déjà dans un état d'ivresse bien avancé lorsqu'un petit groupe composé de trois femmes fit son entrée dans le bar. Le jeune résistant ne les remarqua de suite, trop occupé à tenter de garder les idées claires et à ne pas débiter tout un tas d'absurdités face à des supérieurs et des soldats de tout grade et de toute formations. C'est seulement lorsqu'une jeune femme s'approcha du comptoir qu'il osa lever les yeux. La jeune ange de l'orphelinat se trouvait là à quelques mètres de lui. Bon sang, elle ici ? Il n'en revenait pas, il savait qu'elle sortait, mais pas dans des endroits tels que celui-ci. Surpris de la voir ici, il n'osa même pas faire le premier pas vers elle. Il tendit l'oreille et tourna rapidement la tête verre le reste de la salle. Sa vision était trouble, mais il reconnaissait déjà Bérénice, la fameuse résistante avec qui il établissait le contact se trouvait elle aussi dans le bar. Que de surprises en cette soirée. Dans son coin l'Allemand se mit à ricaner, surement du fait de son ivresse. Il hésitait maintenant entre rester seul comme un ivrogne ou se joindre à ses deux "amies". L'alcool allait parler pour lui, d'un geste brut il écarta son grand tabouret et poussa un soupir en sentant sa tête tourner sans crier garde. Il n'avait jamais réellement connu l'ivresse et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne lui réussissait que très, mais alors très légèrement. Un pas après l'autre il créduisait la distance entre les jeunes femmes et lui, des pas qui étaient plus qu'hésitants et difficile. Une véritable honte pour la SS, Gustav représentait tout ce qu'il détestait maintenant, le soldat trop peu costaud psychologiquement pour affronter les épreuves. Si il en avait conscience, c'est une certitude il vomirait de dégout. Mais pour l'instant il posait une main sur l'épaule de Bérénice, du moins la jeune infirmière qui avait pour petit surnom Bérénice.

Bé... Bér... Mademoiselle, je ne savais pas... je... que vous fréquentiez ce genre de lieu !

Désolante, cette scéne était désolante. Le sérieux de l'un avait totalement disparu plus les verres s'enchainaient et l'autre semblait plus que surprise de le voir dans cet état. Victoire Langremont ne s'attendait certainement pas à tomber sur Gustav en cette soirée. Pour le moment Hélène ou du moins Rachel n'était pas trop dans l'embarras, Gustav n'ayant d'yeux que pour la jeune infirmière de la Croix-Rouge. Le mieux pour elle serait d'ailleurs qu'il ne lui parle pas de trop, elle qui lui avait donné un faux prénom risquait de voir sa couverture tomber à l'eau en l'espace d'un instant.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Mar 28 Avr - 16:18

Soledad tapotait des doigts sur le comptoir en regardant l'énorme horloge fixé au mur. Cela faisait depuis plus de dix minutes qu'elle aurait du fermer son bar mais, un groupe de militaires allemands avait décidé de repousser la fermeture. Elle avait bien essayé de leur demander amicalement de partir et cela constituait un effort incroyable pour la jeune espagnole mais, elle n'avait récolté que des rires gras. Maintenant elle se contrôlait pour éviter de briser une choppe de bière sur leurs sales crânes de boches. Elle soupira bien bruyamment pour montrer son mécontentement, après tout, elle avait d'autres choses à faire. N'importe quoi à part servir des allemands après la fermeture de son bar.  Finalement, après ce qui semblait être une éternité, les militaires s'en allèrent. Aussitôt, Soledad se dépêcha d'aller tourner la petite pancarte sur sa porte pour indiquer que le bar-tabac était fermé, maintenant elle était enfin tranquille. Toutefois, il lui restait pas mal de choses à faire : débarrasser les tables, faire la vaisselle, le ménage, l'inventaire... Elle se mit à la tache , fidèle à elle-même, en râlant. Elle se demandait vraiment pourquoi ses parents avaient jugé intelligent d'ouvrir un bar-tabac, c'était vraiment trop de travail...

Quand elle eut enfin tout fini, elle put monter dans son appartement pour se préparer pour la soirée. En effet,  une réception était organisée au bar de Dédé La Truffe. Soledad était un habituée du lieu  et elle y passait la plupart de ses soirées mais, aujourd'hui, le contexte était particulier, Dédé lui avait répété à mainte reprise que son bar serait l'endroit où être cette nuit. Il avait également rajouté qu'il y aurait des distributions de boissons gratuites. Cela n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Soledad avait mit de côté tout ses projet pour faire partie de la fête, de toute façon elle comptait sortir, dieu ne sait où, ce soir.

Elle se prépara donc pour la soirée en choisissant avec soin sa garde robe. Finalement elle opta pour la petite robe noire de chez Chanel. Elle avait mit de l'argent de côté pendant une longue période pour pouvoir se procurer ce vêtement. Il faut dire, qu'habituellement, seule la bourgeoisie  pouvait s'offrir un tel habit. Ce n'était pas Soledad avec sa condition de réfugiée qui aurait pu se le permettre. Mais pourtant, avec beaucoup de motivation, elle avait économisé pour pouvoir s'acheter la robe de ses rêves. Habituellement, Soledad n'était pas une personne matérialiste mais, elle aimait la simplicité de cette robe et avait beaucoup de respect envers Madame Chanel. Pour accompagner sa tenue, Soledad se chaussa de chaussures à talons noires. Simple mais élégantes.  Elle se maquilla légèrement et se parfuma d'eau de toilette. Parfum fleur d'oranger, cela lui rappelait son enfance quand elle jouait dans les champs d'oranger.  Maintenant, elle était enfin prête pour partir.

Alors qu'elle fermait la porte de son appartement, elle entendit des voix provenir de l'étage qu'elle reconnu bien facilement. Elle alla à l'étage avant de tomber sur Rachel et Victoire. La première était en train de convaincre la seconde de venir à la soirée et, apparemment, cela n'était pas une tâche facile, si bien que Rachel en vint à demander l'aide de Soledad.

- Bien sûr que je viens à la soirée » dit la jeune espagnole. « Je ne me suis pas habillée ainsi juste pour rester assise sur mon canapé. Et tu devrais venir aussi Victoire. Tout le monde y va, ce serait dommage que tu sois la seule à la manquer. Surtout qu'il risque de se passer des choses à ne pas rater ! Si tu veux, on peux t'aider à te préparer. Ce sera rapide, ça ne prendra même pas dix minutes. Et puis de toute façon, nous ne te laissons pas vraiment le choix. » dit-elle avec un petit sourire  avant de la prendre par le bras

Finalement, à force d'arguments, les deux jeunes femmes réussirent à convaincre Victoire et, vingt minutes plus tard, arrivèrent enfin Chez Dédé. Ce dernier grouillait de monde, jamais elle n'avait vu une telle effervescence dans le bar du viel homme. Rachel se dirigea aussitôt vers le bar pour prendre les boissons, Soledad la suivit. Quand elle eu enfin le verre en main, Soledad prit une grande gorgée de champagne. Si l'alcool était gratuit, elle savait qu'elle allait boire plus que de raison mais, à vrai dire, cela ne changerait pas que d'habitude. Disons juste que son porte monnaie allait moins souffrir.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Lun 19 Oct - 21:32

[INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé la Truffe !
(Peaky Blinders, série de la BBC)

L’ambiance est de plus en plus chaleureuse dans le bar de Dédé. Allemands comme français parlent fort, rient, certains dansent. Mêmes les résistants se sont un peu décrispés, et se laissent aller à quelques conversations anodines. Dédé, derrière son comptoir, est tout heureux de voir ce beau monde prendre enfin un peu de plaisir. Après l’épreuve, quoi de plus gratifiant que de pouvoir offrir le réconfort ?
Tout à coup, on entend un bruit de porte qui s’ouvre violemment, et très vite les notes de musique jazz emplissent la pièce. Dédé se souvient brutalement qu’il avait organisé la soirée jazz au sous-sol. Pétrifié, il lance un regard circulaire dans la pièce, à la recherche des soldats allemands qui n’hésiteront pas à l’embarquer, ainsi que toutes les personnes présentes au sous-sol.
Mais rien ne se passe. Visiblement, tout le monde est tellement alcoolisé que la musique ne dérange personne. Les foules commencent même à se mêler, certains étudiants venant dans la pièce principale. Un petit groupe se met à danser, entraine le groupe voisin, et ainsi de suite, et bientôt une bonne partie du bar fait montre de son jeu de jambes ! Dédé, derrière son comptoir, sourit et se remet à servir des verres.


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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Mar 20 Oct - 23:25

De l'alcool. De la danse. De la musique.
Tu regardes ton verre avec un rien de perplexité, encore toute à te demander comment tu as fini par atterrir là. Ton regard passe du verre que tu tiens, empli d'une boisson aux reflets ambrés quelque peu indéfinissable, à la chevelure flamboyante de ton amie avec un énième soupir. Qui d'autre que Rachel pourrait parvenir à te traîner dans ce genre de soirées complètement inconscientes ?
Pourtant... Tu aimes l'endroit. Chez Dédé est un bar agréable en temps normal. Avec ses consommations, ses piliers, ses nouveaux venus... A une époque qui te semble aujourd'hui bien lointaine, tu aurais presque pu compter parmi les habitués des lieux tant il était fréquent de vous voir passer dans les parages au sortir d'une nouvelle manifestation de la SFIO. Et Dédé vous accueillait toujours avec ce sourire radieux et cette voix tonitruante qui te lançait des « Et voici pour toi, ma fille ! » avant même que tu n'aies fini d'entrer, ta boisson favorite déjà posée sur le comptoir de bois poli.

Et aujourd'hui... Tu ne te reconnais plus guère dans la foule qui s’enivre et danse entre les tables. Tu es déjà revenue, plusieurs fois, depuis ton retour à Paris. Mais rien n'est plus pareil. A commencer par les uniformes allemands qui viennent piétiner tes souvenirs heureux de cet endroit. Tu ignores même si Dédé t'a reconnue. Sans doute. Il est trop fin observateur pour t'avoir oublié en quelques mois écoulés. Surement assez fin pour constater que si tu n'as pas changé extérieurement, tu n'es plus la même qu'alors. Et ne pas t'interroger à ce sujet.

Tu sirotes une nouvelle gorgée, qui manque de t'étouffer alors que tu aperçois la chevelure de Rachel s'éloigner. Hors de question qu'elle te laisse en plan après t'avoir traînée ici ! D'autant qu'elle est parvenue - par tu ne sais quels trésors de persuasion - à te faire passer la seule robe correcte de ta garde-robe. La même, d'ailleurs, que tu portais quelques jours plus tôt pour dîner avec l'ambassadeur de Vichy... Elle t'en avait parlé quelques jours plus tôt de cette soirée, tu aurais pu t'y préparer. Mais les récents événements n'ont guère laissé de place aux loisirs dans tes pensées. L'épuisement n'a pas été propice non plus. Peut-être aurais-tu pu confier à ton amie ton véritable état, lui dire que deux jours plus tôt, tu n'as pas même été capable de rentrer chez toi seule. Pourtant... Tu n'as rien dit. Trop pris l'habitude de dissimuler tes faiblesses, pas envie de l'inquiéter. Pas envie de raconter l'étrange moment que tu as vécu. Tu n'as rien dit, te laissant entraîner sans une protestation véritablement convaincante.
Mais avec Soledad déjà éclipsée, tu ne veux pas la quitter d'une semelle, bien décidées à éviter les pochtrons installés à toutes les tables qui ne manqueront pas de siffler impudemment toute jeune fille restant seule. A commencer par celui là, qui... Ton coeur manqua un battement et le verre faillit glisser de tes mains tremblantes pour se fracasser au sol. Un incident évité de justesse, mais qui n'efface en rien la peur et la surprise dans tes yeux. Barnabas... C'est bel et bien ton contact du Reigen qui te fait face et visiblement trop éméché pour savoir ce qu'il dit. Dangereux au possible, donc. Bredouillant maladroitement un « Je suis navrée, je... Vous devez vous tromper de personne ! », tu t'empresses de lui tourner le dos pour rattraper Rachel, que tu aggripes par le bras.
« Tu sais... Cette soirée, je ne crois vraiment pas que ce soit une bonne idée. Nous devrions rentrer. »
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Jeu 22 Oct - 18:59

Il semblait à Rachel que le Tout-Paris était de sortie ce soir-là et pour une raison qu'elle ne s'expliquait pas, cela la remplissait de joie. C'était comme si la guerre avait été effacée d'un trait de plume, que l'Occupation n'avait jamais existé et qu'elle n'était autre qu'une jeune femme de vingt-quatre ans, sur le point de passer son agrégation de lettres et qui avait besoin de sortir faire un peu la fête pour se détendre. En se concentrant bien, elle pouvait même oublier les accents un brin teutons qu'elle entendait résonner dans la salle, accents de soldats en permission qui avaient visiblement déjà beaucoup trop bu pour cette heure encore peu tardive de la soirée. Rachel savait quel danger elle courait, savait ce à quoi elle s'exposait, elle en avait vu des arrestations pour des motifs moins graves que celui de ne pas porter son étoile jaune ou d'aller dans un bar quand tout était interdit aux gens qui pratiquaient sa religion. Mais il y avait quelque chose qui ne semblait pas comprendre Victoire avec son air rabat-joie à ses côtés, c'était qu'elle ne vivait plus que pour ces moments-là, pour ces quelques mots où elle se sentait redevenir une fille normale, qui n'avait pas à suivre des règles iniques ou à protéger sa petite sœur du monde extérieur. Seulement voilà, Rachel ignorait également à quel point son amie pouvait se battre pour changer sa situation et combien cet engagement pouvait lui coûter sa tranquillité d'esprit, son énergie et ses illusions. En cette soirée, elle voulait seulement voir un sourire s'épanouir sur le visage de la jeune femme avec laquelle elle avait grandi, lui faire oublier un instant l'absence de son fiancé et sa mine fatiguée. Erreur sans nul doute, mais Rachel ne se rendit pas du tout compte de l'affolement de sa comparse à ses côtés.

- Je vais te chercher un deuxième verre, tu m'as l'air d'en avoir besoin, s'écria-t-elle en direction de Victoire, je sais que Dédé n'aime pas servir les jeunes femmes seules mais je vais lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser !
Sans attendre l'avis (défavorable) de Victoire, elle s'élança vers le comptoir en passant entre deux piliers à l’œil un peu vitreux, et adressa un large sourire malicieux à Dédé, qui la dévisageait :
- Dis, Dédé, donne-nous deux verres d'un truc un peu fort !
- Oh mais c'est la p'tite qui est déjà venue l'autre soir ! C'était pour quoi d'jà ?... Ah oui, la soirée... T'sais que j'ai eu des informations confidentielles, dernièrement ? Bientôt, y aura plus b'soin de se cacher pour jazzer, y a le Hitler, là, ben, y prépare la paix et y va tout quitter pour faire d'la culture de fleurs... Hein, les gars ?
- Deux verres, d'accord Dédé ? Lui demanda Rachel d'un ton sérieux, sans relever et sans se départir de son sourire.
De la force de ses bras, elle se souleva un peu sur le comptoir et se pencha jusqu'à déposer un baiser tonitruant sur la joue de Dédé qui, bouche-bée, lui en tendit ses deux verres :
- Merci Dédé ! S'exclama-t-elle, et fais attention, tu es en train de rougir !
Elle voulut s'éloigner pour rejoindre Victoire mais en se retournant, elle faillit faire un bond de surprise en constatant que celle-ci se trouvait juste derrière elle pour lui agripper le bras.
- Tu sais... Cette soirée, je ne crois vraiment pas que ce soit une bonne idée. Nous devrions rentrer.

Au même instant, une forte musique teintée d'harmonie très jazzy se mit à retentir avec force dans le bar de Dédé, et quelques danseurs que Rachel connaissait de vue pour les fréquenter à l'université firent leur apparition entre les tables pour pousser ceux qui y étaient assis  à se lever et à se trémousser en cœur avec eux, sans paraître d'ailleurs remarquer que parmi eux, quelques Allemands ne devaient guère savoir comment remuer les fesses sur de la musique américaine. Rachel dont l'attention avait été détournée un instant posa de nouveau son regard sur sa camarade et l'entraîné avec force vers un des coins de chez Dédé avant de lui tendre le fameux verre en la débarrassant de l'autre qui était vide.
- Qu'est-ce qui ne va pas Victoire ? Tu es livide, on dirait que tu as vu un fantôme ! Ne me dis pas que je vais devoir m'occuper de te soigner à mon tour, crois-moi, tu n'y gagnes pas, je suis une infirmière épouvantable ! Ecoute, ce n'est pas très grave, j'ai l'habitude de ce genre de soirées et je sais déguerpir quand il le faut. Et franchement, regarde ces Allemands-là, tu crois franchement qu'ils sont en état d'arrêter qui que ce soit ? Et puis s'ils sont là, c'est que ce sont de joyeux drilles, faut pas croire tout ce qu'on raconte, Victoire, tous les Allemands ne sont pas totalement mauvais !
En balayant la salle du regard, Rachel se rembrunit un instant tout de même. Gustav Selbst ! Le type de l'orphelinat ! Qu'est-ce qu'il fabriquait là ? Ce n'était pas lui qui serait choqué de voir une juive se promener ici, mais pour la simple et bonne raison qu'il n'avait aucune idée de sa confession. En face d'elle, Victoire semblait prête à dire quelque chose mais Rachel l'interrompit avec une mine toujours plus réjouie et un ton enthousiaste :
- Bon tais-toi donc, édredon ! C'est fou que tu sois devenue si casanière, tu es jeune, il faut sortir, en profiter un peu ! Et au passage, ne m'appelle pas Rachel... Appelle-moi... Tiens, appelle-moi Hélène !
Rachel avait bien envie de se faire inviter pour rejoindre la piste de danse improvisée et avisa l'un de ses amis, Pierre au loin, mais elle s'interrompit net dans son mouvement en voyant une tête brune bien connue passer l'entrée du bar... N'ayant aucune envie de croiser Emy Hale, elle décida que le plus prudent était encore de rester avec Victoire et de tenter de la faire parler de ses soucis – après tout, l'alcool délie la langue, non ? Décidément, le tout-Paris s'était bien donné rendez-vous Chez Dédé ce soir-là, mais ce n'était pas que pour le meilleur car s'il y avait une personne qui rappelait à Rachel que l'on était sous occupation nazie, c'était bien la journaliste Emy Hale.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Ven 4 Déc - 2:23


Bravo à Rachel Lévi qui a su remplir le premier défi  ammu  !

Mais saurez-vous remplir le défi suivant ?

Le premier qui...
Se fait inviter à danser par un soldat allemand !

Dès que le défi est relevé, un pnj viendra en lancer un nouveau gnihi !

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Chez Dédé, là où tous les Bordeaux sont rouges  drunk


- Tu bois un coup ?
- L'autre ! Y demande à une bille si elle roule !

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MessageSujet: Tadaaam !   Ven 4 Déc - 16:48

( hrp :Il va sans dire que je ne vais pas relever ce défi là. Ce n'est pas de ce côté-ci qu'Augustin beurre sa tartine. lol)

Augustin poussa la porte de chez Dédé et resta un instant coi sur le seuil. Mais où Rachel l’avait-elle entraîné ? Il y avait un monde fou...Ca buvait, ça rigolait, ça se mélangeait sans vergogne. Et bon sang de bois, n’entendait-il pas du jazz ? Sur l’effet de surprise, Augustin lâcha la porte qui vint écraser ses talons...et le projeta un peu plus à l’intérieur. Il faisait une chaleur dingue là dedans et il ôta son veston.
Tentant de trouver de la place sur les porte manteaux déjà pleins, il pâlit en voyant des vestes d’uniformes allemands. Mais où était-il tombé ?

Rachel...Rachel, tu as l’art des situations impossibles… pensa-t-il, la cherchant du regard.

Comme souvent, elle avait dû laisser son étoile chez elle, et Augustin en ressentit un légitime soulagement. Elle aimait prendre des risques, et à vrai dire, depuis qu’ils étaient devenus officiellement amis, Augustin avait constamment peur qu’on la rafle. D’accord son père était influent, mais combien de temps cela durerait-il ? C’était le soucis quand on tissait des liens : on finissait par s’inquiéter pour les personnes. Enfin, il espérait qu’elle savait qu’elle pouvait lui demander n’importe quoi : hébergement, faux papiers, de la cacher dans la propriété des Chassagne en Drôme...Augustin avait l’amitié tenace, certes, mais ce n’était pas une raison pour dégouliner de sentiments. Augustin la tutoyait, et pour lui, c’était un signe suffisant de son affection.

Il sourit en repensant à ce moment là...Le moment où il l’avait tutoyé. Elle était venue le voir à la librairie, comme souvent, or, il faisait un froid de canard en ce mois de décembre 41. Rachel avait les joues et le nez rouges de froid. Alors, tout naturellement, Augustin l’avait fait monter à l’étage, dans son appartement pour lui faire un thé bien chaud et tandis que la bouilloire commença à siffler, sans s’en rendre compte, il lui avait lancé :

“Regardes donc dans le buffet. Je crois qu’il me reste des biscuits à la cannelle. La cuisinière de ma mère les réussit fort bien. Il faut dire qu’elle est belge.”

Et voilà, c’était fait. Ils avaient bu leur thé en parfaite concorde, et elle lui avait vidé sa réserve de biscuit.

Mais où était-elle, morbleu ? Elle l’avait honteusement appâté : “Viens donc Augustin, Dédé a promis d’avoir des bonnes bouteilles. Allez, depuis quand n’as-tu pas bu un bon bourgogne ou un bordeaux ?”...Comptez sur une femme pour savoir où était exactement votre point faible...Augustin avait hésité, mais l’attrait de boire ne serait-ce qu’une goutte de vrai vin avait été le plus fort. Bien sûr, il aurait préféré la boire au calme, dans un fauteuil confortable, avec du bon tabac dans sa pipe et pas bousculé par la moitié des zazous clandestins de Paris. La vie était si imparfaite.

Il la vit enfin, quand la jeune fille qui discutait avec elle se décala légèrement. Impossible de louper la chevelure de flamme de Rachel. Pourtant sa compagne n’était pas vraiment imposante. On aurait dit une petite souris des champs avec ses grands yeux de biche et son visage triangulaire, réalisa Augustin tandis qu’il se faufilait vers elles. De près, la souris avait l’air d’avoir couru un marathon après une nuit blanche.

“Bonsoir Boadicée. Comment vas-tu ?” dit-il en embrassant Rachel sur la joue.

Boadicée, la rousse héroïne bretonne qui résista aux envahisseurs romains...Une vieille plaisanterie entre eux. Le jour où Rachel avait déboulé comme une tornade dans la bibliothèque, posant mille questions à la vitesse d’une mitraillette, Augustin avait levé la main comme un empereur romain, parodiant Tacite dans le texte :

“Cave ! Boudicca vitam poenae finivit !”*

Ce qui avait fait mourir de rire les étudiants en latin présents ce jour là. Depuis, cette plaisanterie servait à la saluer en évitant un prénom peu recommandable, pour l’époque. Courtois, il tendit sa main à la jeune souris femme :

“Bonsoir. Augustin Chassagne. Je suis le chaperon officiel de mademoiselle. Malheureux, comme vous devez vous en doutez. Malheureux et débordé. A qui ais-je le plaisir de serrer les doigts  ?”

Ses yeux riaient pour lui, cassant tout effet de sérieux. Quiconque connaissait Rachel plus de cinq minutes allait certainement trouver ridicule cette histoire de chaperon. Et rire. Augustin trouvait que cette jeune femme avait bien besoin de rire. Ce n’est pas parce que les occasions manquaient qu’il fallait se priver, sacrebleu !

“Alors, où est le nectar que tu m’as promis, la main sur le coeur ?”

Comment ça, il avait l’air de frétiller d’anticipation ? Allons, allons, ce n’est pas digne d’un ex-professeur, ça. Non, pas du tout le genre de la maison.



*“ Boudicca vitam veneno finivit"( Boadicée finit sa vie par le poison) Tacite-les Annales ->"Boudicca vitam poenae finivit" (Boadicée finit sa vie en punition.)

(hrp : Rachel, si il y a des libertés avec ton pj que j'ai prises et qui ne te conviennes pas, j'éditerais bien évidemment mon message.)

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Mar 8 Déc - 18:03

S'il y avait bien une chose à savoir sur Emy, c'est que lorsqu'elle avait une idée en tête, et que cette idée consistait à aller faire la fête (ou plus récemment, boire pour oublier dans ce qui ressemblait vaguement à une fête), il était absolument vain et désespéré d'essayer de l'en dissuader. Vraiment. Les arguments raisonnables n'avaient aucune prise sur la jeune journaliste dans ce genre de cas, surtout ces derniers temps, où elle avait la très mauvaise et très lâche mais très salutaire habitude de considérer que s'oublier dans la musique et l'alcool était à peu près tout ce qu'il lui restait à faire. Il était donc tout à fait inutile d'essayer de la convaincre que se rendre chez Dédé ce soir-là, où l'on disait qu'une petite soirée se préparait envers et contre les mesures de sécurité toujours plus drastiques de ces chers empaffés de Teutons. Eva, puisque c'était bien d'elle dont il s'agissait, avait beau ne pas être tout à fait partante, sa malchance voulait qu'Emy ait résolu qu'elles iraient chez Dédé, et qu'elles iraient toutes les deux. Après tout, un petit remontant de ce genre ne pouvait pas faire de mal à son amie qui avait fini par se remettre de son mauvais coup à la tête lors des événements des Champs Elysées – enfin, « événements »... la jeune femme préférait parler de fiasco. De la part des Allemands comme des résistants d'ailleurs (puisqu'elle supposait aisément que ce n'étaient pas les autorités qui avaient fait exploser cette fichue bombe eux-mêmes, ils n'étaient pas assez stupides pour ça). Un fiasco qui lui avait valu quelques sueurs froides, et un point de vue sur les quelques victimes dont elle se serait volontiers passée – ce qui ne faisait finalement qu'une raison de plus pour aller oublier chez Dédé, quand on y pensait.

- Bon, Eva, ça suffit. Je ne te laisse pas le choix : enfile ce manteau et suis-moi, sinon je te traîne de force ! s'exclamait la jeune femme en se levant du fauteuil de l'appartement d'Eva où elle s'était invitée une heure plus tôt. Et tu sais très bien que j'en suis capable... de toute façon, je ne te laisse pas tant que tu n'as pas dit oui !
C'était s'exposer à une grave migraine que de résister plus longtemps à Emy, d'autant que celle-ci ayant déjà entamé la bouteille qu'elle avait amenée à Eva pour ce qui devait à l'origine être un simple dîner entre amie, elle était encore moins prête d'en démordre qu'en temps normal.
Il fallut donc bien que la journaliste blonde se rende aux arguments (en béton, évidemment) de sa collègue. Toutes deux furent donc dehors en un rien de temps, et se mirent en route, au doux (ou pas) son de la voix d'Emy décidément bien en verve ce soir, qui profita d'avoir l'attention pleine et entière d'Eva pour déverser son fiel et son amertume habituelle sur Meilland, les Allemands, l'occupation, et le monde entier de manière générale.
- Tu ne sais pas ce que Meilland m'a encore demandé, hier ? D'aller couvrir le petit déjeuner entre Jaeger, Cabanel et Legens...truc qui doit avoir lieu bientôt. Sérieusement. Un petit déjeuner...
Elle leva les yeux au ciel, tout en s’esclaffant, parce qu'à la réflexion, les imaginer tous les trois entrain de déguster un croissant et un petit café avait quelque chose de presque comique (elle finirait par regretter ses moqueries, mais heureusement, elle l'ignorait encore). Pour l'heure, le bar de Dédé était en vue, et à entendre les éclats de voix et les notes de musique qui s'en échappaient, le vénérable tenancier faisait salle comble, ce soir.

Emy esquissa un sourire ravi et accéléra le pas pour traîner derrière elle sa collègue toujours aussi peu motivée sur les derniers mètres qu'il leur restait à parcourir. Juste avant d'entrée, elle se retourna vers elle et la dévisagea un court instant, le regard déjà légèrement brillant, mais sérieuse au possible :
- Ecoute, Eva : je sais que tu n'es pas d'humeur, personne n'est d'humeur en ce moment. Mais pas question de passer la soirée à te morfondre, d'accord ? Je compte sur toi... et je te surveille !
Là-dessus, elle lui tapota légèrement l'épaule puis pénétra enfin dans l'antique bar où, en effet, une petite ambiance tout à fait réprouvée en ces temps d'occupation s'était déjà installée. A voir la tête des gens, la musique venait tout juste de se déclencher, et Emy allait se tourner vers son amie quand une silhouette familière attira son attention. Reconnaissable entre mille avec sa chevelure rousse, Rachel Lévi se trouvait non loin, mais elle se détourna rapidement et la jeune journaliste perdu vaguement de sa superbe. Elle n'avait pas oublié leur dernière rencontre, ni les paroles de celle qui avait été l'une de ses plus proches amies... Des paroles qui avaient tourné en boucle dans son esprit, comme une litanie qu'elle ne pouvait oublier. Ce brusque rappel de la situation lui ôta toute envie de signifier à Eva qu'elle avait raison de venir, vu qu'il y avait au moins de la musique, et elle se contenta de proposer à cette dernière un passage au bar où Dédé en était à distribuer des verres gratuitement (tant il était déjà à moitié ivre, probablement).
- Par ici, Dédé, deux ! cria-t-elle pour couvrir le bruit. Bon, Eva, ton but ce soir est de te faire inviter par un... beau jeune homme. Mais pas les types en uniforme là-bas, ajouta-t-elle, en faisant la grimace.
Certes, ils étaient jeunes et avaient l'air là uniquement pour les mêmes raisons que tout le reste de l'assemblée. Mais les uniformes la rendaient toujours aussi nerveuse. Elle se soigna en avalant d'un trait son verre, tout en essayant de se dissimuler derrière son amie pour se cacher aux regards des visages connus – comme celui d'Augustin Chassagne, dont elle venait de noter la présence. À vrai dire, dans son esprit déjà un peu embrumé par l'alcool, se formait l'idée qu'il faudrait qu'elle parle à Rachel. Qu'elle lui dise qu'elle avait entendu ce qu'elle lui avait dit la dernière fois, et qu'elle voulait avancer. Mais Emy était encore probablement trop raisonnable pour ça. Et elle avait envie de danser.
- Bon, alors, Eva... Ce jeune homme ?

(Mince, j'ai oublié les défis )

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Lun 14 Déc - 21:30

« Bon, Eva, ça suffit. Je ne te laisse pas le choix : enfile ce manteau et suis-moi, sinon je te traîne de force ! »
Et voilà, en gros, comment Eva s’était retrouvée devant Chez Dédé, son manteau sur les épaules, accompagnée d’Emy. Ce n’était pas du tout le plan initial, à vrai dire. L’attentat des Champs Elysées avait mis tout le temps à cran. Eva particulièrement, vu que le SD lui en demandait encore plus qu’avant, et que trouver les résistants était devenu d’une importance capitale pour faire tomber les poseurs de bombe. Elle avait donc invité Emy à un dîner entre « amies », dans son appartement. Officiellement, c’était parce qu’Emy ne semblait pas avoir le moral non plus et qu’Eva souhaitait soutenir son amie et lui changer les idées. Il y avait une part de sincérité dans cette version officielle. Eva appréciait Emy, réellement, et la voir ainsi était bien triste. Mais la raison principale, officieuse celle-là, était qu’un dîner aux chandelles ferait peut-être parler l’anglaise, et donnerait peut-être enfin à Eva des informations utiles dans sa chasse à la taupe au Courrier Parisien. Et bien entendu, Emy n’avait pas refusé une invitation à un petit dîner et un verre de vin. Enfin, à vrai dire, elle avait vite enflé la bonne moitié de la bouteille. Et en plein milieu du repas, elle avait décidé de participer à la soirée donnée par Dédé. La dernière chose dont Eva avait besoin, et envie, c’était bien de se retrouver à une fête donnée dans le boui-boui de l’autre alcoolique, avec une clique d’allemands en uniforme, et des parisiens perdus qui s’étaient retrouvés là par défaut. Elle aurait peut-être dû accepter de se farcir les officiels à l’intronisation de Cabanel, ça lui aurait évité ça ; mais il était trop tard pour les regrets.

Et en plus de tout ça, elle se faisait réprimander par sa collègue comme une enfant. La jeune femme ne put se retenir de lever les yeux au ciel à l’invective d’Emy, expression rapidement suivie d’un sourire.
« Oui madame, je serai sage et de bonne humeur », lança-t-elle avec une petite voix bien plus aigue que d’habitude. Lorsqu’elles entrèrent, l’ambiance était un peu plus animée que ce qu’Eva avait imaginé. Il y avait de la musique, qui n’avait rien à voir avec la guinguette habituelle, et les gens se mettaient à danser dans tous les sens, allemands avec parisiens. La journaliste laissa un sourire s’afficher sur son visage. C’était une vision peu commune, comme si le temps d’une soirée, les gens avaient oublié leurs différents et l’horreur qui peuplait chaque rue de la capitale, et se mélangeaient dans les affres de l’alcool et de la bonne musique. Si l’espoir avait une image, c’était probablement celle-ci. Belle mais éphémère. Elle suivit Emy sans broncher jusqu’au bar et prit son verre gratuit avant de s’installer à côté de sa camarade pour la soirée.

« Bon, Eva, ton but ce soir est de te faire inviter par un... beau jeune homme. »
La jeune femme fronça les sourcils. On ne lui avait pas parlé d’inviter qui que ce soit, ni de jeune homme. Visiblement elle avait loupé les petits caractères au bas du contrat. Et il était clair qu’elle ne chercherait pas à se faire inviter par qui que ce soit. Elle n’était pas d’humeur, premièrement. Et puis, elle n’était jamais d’humeur à se faire inviter à danser. Elle n’avait dansé avec personne depuis Emil, lorsqu’ils fêtaient leur dernier casse. Elle avait clairement perdu la main, et une danse, ça paraissait si anodin, pourtant, cela disait beaucoup de choses. Les hommes s’imaginaient qu’après la danse, le chemin était tout tracé jusque la nuit de folie. Et Eva donnait déjà assez son corps à contrecoeur comme cela. Meilland était un poids assez lourd à porter. Et lorsqu’Emy lui désigna un jeune homme elle lui fit clairement non de la tête.
« Fais-toi inviter, toi. Moi je suis mieux assise. Il n’y en a aucun à mon goût de toute façon. Et je suis trop allemande pour les parisiens, et trop française pour les uniformes. C’est perdu d’avance. »

Elle sourit ; ce n’était pas vraiment un mensonge. Eva était dans un entre-deux avec chaque personne qu’elle croisait. Les allemands étaient vite rebutés par ses origines françaises. Les français, quant à eux, s’enfuyaient parfois en courant en entendant son nom de famille typiquement allemand associé à sa chevelure blonde. Avoir été mariée à un allemand n’avait pas que du bon, dans cette époque de préjugés. Elle jeta un coup d’œil à l’assemblée : en revanche, il y avait des jolis garçons, et en cela elle avait menti. Elle reporta son attention sur Emy, qui trépignait sur sa chaise. Un sourire espiègle s’esquissa sur le visage d’Eva, qui se leva et prit la main d’Emy.
« Mais vous, mademoiselle, vous êtes tout à fait à mon goût. M’accorderiez-vous cette danse ? J’en serais la plus heureuse des dames. », ajouta-t-elle avec un clin d’œil, avant de se lancer dans une courbette largement exagérée.
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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Lun 28 Déc - 20:15

L'ambiance festive qui régnait chez Dédé avait quelque chose de grisant, et en avalant son verre d'une traite (après la moitié de la bouteille de vin, elle n'en était plus à un cocktail près), Emy se fit la remarque qu'il y avait longtemps qu'elle n'avait pas assisté à une fête. Une véritable fête s'entendait, pas ces sauteries sans fin à mourir d'ennui (et de dégoût vu les personnes qui les fréquentaient) où l'on sortait petits fours et champagne en l'honneur d'un quelconque chantre de la collaboration. Elle n'avait rien contre les petits fours et le champagne en général (elle était même plutôt assez adepte, à bien y réfléchir) mais ces derniers temps, ils allaient un peu trop de paire avec toute une troupe d'officiers nazis. De quoi vous gâcher même un excellent champagne. Et en plus, elle jouait de malchance, et finissait toujours par tomber sur un apéritif qu'elle n'aimait pas. Ce qui n'arrivait jamais avant la guerre – mais avant la guerre, non seulement elle faisait moins de mondanités que de soirées avec sa bande d'amis (où l'alcool était généralement plus fort) mais en plus, elle avait un meilleur ami dévoué pour goûter les petits fours avant elle. A cette pensée, Emy reposa brusquement son verre sur le comptoir et se tourna vers Eva pour lui parler du futur cavalier qu'elle avait intérêt à se trouver. Elle était encore assez sobre pour se rappeler que penser à Max et aux soirées d'avant-guerre ne la menait jamais très loin – ou plutôt trop loin dans les abîmes du désespoir.

- Fais-toi inviter, toi, grognait (encore) Eva pendant ce temps. Moi je suis mieux assise. Il n’y en a aucun à mon goût de toute façon. Et je suis trop allemande pour les parisiens, et trop française pour les uniformes. C’est perdu d’avance.
Emy lâcha un « pff » d'agacement et leva les yeux au ciel avant de commander deux autres verres à Dédé, qui avait visiblement oublié qu'il venait de leur en servir un, et sans se préoccuper de savoir si son amie avait elle aussi déjà terminé le sien. Ce critère essentiel de la formule « boire pour oublier », qu'elle comptait bien appliquer à la lettre ce soir, étant rempli, elle balaya la salle et les silhouettes masculines des yeux en évitant soigneusement de croiser les regards des soldats, d'Augustin et de Rachel. Eva exagérait. Quelques années auparavant, Emy se serait régalée par avance de la population masculine de la soirée.
- Tu es de mauvaise foi, Eva ! Regarde ce beau brun là-bas, je suis sûre qu'il t'a vu quand nous sommes entrées... Et tu n'a qu'à pas parler de toi si tu leur fais peur. Le but c'est de danser, pas de raconter ta vie par le menu !
Son verre arrivant, elle fit une interruption pour en boire une gorgée (tiens, Dédé avait augmenté les doses), interruption dont profita Eva pour trouver une parade aux exigences de son chaperon du soir – même si qualifier Emy de chaperon tenait presque du blasphème envers cette très honorable profession.

La jeune femme crut un instant avoir gagné en voyant sa collègue se lever, mais son sourire espiègle et la façon dont elle lui prit la main lui tirèrent très vite une moue perplexe, et un regard suspicieux.
- Qu'est-ce que tu...
- Mais vous, mademoiselle, vous êtes tout à fait à mon goût. M’accorderiez-vous cette danse ? J’en serais la plus heureuse des dames.
Emy ouvrit la bouche pour protester, puis la referma... et explosa de rire devant la courbette de son amie.
- Pff, tu triches Eva, c'est mal. Très mal, la gronda-t-elle (vaguement).
Mais comme on ne résistait pas à une telle proposition, et qu'elle préférait autant danser avec Eva pour commencer qu'avec un inconnu dont elle devrait épier tous les gestes, elle avala à nouveau son verre d'une traite et en un bond, fut sur ses pieds.
- Avec plaisir, très chère, ce serait un honneur, déclama-t-elle avec une révérence maladroite, avant de l'entraîner sur la piste de danse.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les deux jeunes femmes se retrouvaient au milieu des couples de danseurs, qui évoluaient sur des rythmes de jazz que l'on avait pas entendu résonner depuis longtemps dans Paris. Emy, rendue brusquement guillerette par l'alcool et l'ambiance, pouffa en direction de sa cavalière en voyant deux ou trois têtes se tourner vers elles.
- On a du succès, tu crois qu'ils sont jaloux ? demanda-t-elle à mi-voix.

Un petit succès qui ne l'empêcha pas d'envoyer Eva tourner sur elle-même tout en riant à nouveau – il y avait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'alcool aussi peu sombre, et finalement, cette sortie chez Dédé allait peut-être finir par vraiment ressembler à une bonne idée. C'est du moins l'impression qu'elle donna pendant quelques longues minutes où les journalistes brunes et blondes se laissèrent aller sur la musique qui changea plusieurs fois. À un moment donné, Emy, bousculée par un autre couple (non mais vraiment, quand on ne sait pas danser, on s'abstient !), marcha sur l'un des pieds d'Eva et explosa à nouveau de rire... jusqu'à ce que quelques notes de trompette ne lui coupent aussitôt le sifflet. Elle connaissait par cœur ces notes, et bientôt, les musiciens entonnèrent Let's Misbehave avec un entrain qui faisait honneur à l'air qui avait bercé toute sa jeunesse. Et plus encore, c'était leur chanson, la sienne et celle de Max, et qu'elle n'avait pas entendue depuis des mois, des années peut-être. Emy tenta bien de continuer à faire danser Eva mais – preuve s'il en était besoin que l'alcool joyeux ne durait jamais (et qu'il la rendait schizophrène, peut-être) – elle se rappela brusquement où elle était, et avec qui elle n'était pas. Et son regard pétillant se couvrit d'un voile sombre bien connu, qui n'avait pas disparu bien longtemps.
- J'suis fatiguée, lança-t-elle soudain à Eva, j'vais boire un verre.
Là-dessus, elle abandonna son amie et prit la route la plus courte vers le comptoir, où elle paya cette fois, mais peu lui important : elle avait besoin d'un verre. Elle en avait d'autant plus besoin que, comme pour remuer encore un peu plus le couteau dans la plaie, elle croisa à nouveau le regard de Rachel non loin. Les souvenirs avaient définitivement la rancune tenace à revenir lui rappeler ce qu'ils étaient tous devenus depuis les soirées endiablées de sa jeunesse dorée. Elle surtout, tristement accoudée à son comptoir. Les choses avaient bien changées.

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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Dim 1 Mai - 17:02


V'la les flics !


La fête bat son plein chez Dédé, et après un premier instant de stupeur, tout le monde semble plutôt content de pouvoir profiter de la petite ambiance jazz que les danseurs traînent dans leur sillage. Même les quelques soldats allemands égarés au fond de la salle se sont pris au jeu, sans se soucier de l'interdiction qui a frappe les bals depuis le début de l'Occupation. Ce soir, tout le monde semble être d'accord pour passer une bonne soirée, et ce n'est pas un Dédé aux anges (et fortement alcoolisé) qui va s'en plaindre ! Pour un peu, il s'en trémousserait lui-même légèrement derrière son bar, tout en distribuant des verres sans se préoccuper de savoir si on les lui a bien payés ou pas. De toute façon, dans son état, il serait bien en peine de compter quoi que ce soit.

Mais brusquement, la porte d'entrée du bar s'ouvre... pour laisser apparaître les silhouettes peu rassurantes de six ou sept policiers français. Voilà qui a de quoi refroidir immédiatement l'ambiance : la police n'est pas connue pour apprécier ce genre de petit événement clandestin ! Surtout lorsqu'on y écoute du jazz tout en y distribuant de l'alcool à volonté...
- Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? gronde celui qui est visiblement à la tête de la petite troupe de policier, l'air contrarié.
Il n'en faut pas plus pour que même les plus distraits se tournent vers l'entrée. Seule la musique continue, du loin de la cave du bar où l"on ne s'est pas aperçu de la présence des troubles fête. Un vent d'inquiétude souffle sur le bar... Mais il en faut plus à Dédé pour se laisser impression.
- Oh, b'soir les gars... Allez soyez chouettes, v'nez boire un coup avec nous, personne fait rien d'mal ici ! J'vous offre une tournée !

La proposition a beau être alléchante, le brigadier bougon ne semble pas totalement convaincu... pourtant, il ne donne pas non plus l'ordre à ses hommes de mettre définitivement fin à la soirée. Il semble peser les options... et tout est encore possible. Se trouvera-t-il quelqu'un pour négocier et réussir à le convaincre ? Ou les choses vont-elles tourner au vinaigre ?



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Je t'ai gardée dans mon cœur »


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MessageSujet: Re: [INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !   Lun 21 Nov - 8:32


La police fera-t-elle scandale ?


L'ambiance de fête s'est soudainement refroidie. Chacun est dans l'expectative : la police bloque la seule issue, il n'y a aucune possibilité de s'enfuir. Alors que faire ? Ils pourraient embarquer tout le monde, car inutile de nier : avec cette musique, la soirée est définitivement illégale ! L'initiative de Dédé peut-elle fonctionner ? Rien n'est moins sûr et rien n'est gagné jusqu'à ce qu'une voix à l'accent bien germanique - et totalement alcoolisée - tente d'apaiser le conflit dans un français correct mais assez pâteux à cause de l'alcool :

« Allons, ils ne font rien de mal ! » C'est un jeune officier en uniforme d'une mise douteuse mais arborant néanmoins des galons (et une croix de fer actuellement mise comme un bandeau autour de son front) tout à fait authentiques qui parle. « Parole du Hauptmann Ferring ! » Il se lève pour taper sur l'épaule de l'officier. « Allez, un verre, c'est un officier allemand qui l'ordonne ! À la santé de la police française ! »

Le brigadier hésite : il n'a pas envie de se mettre à dos un officier, même ivre, ni de provoquer un scandale voire de blesser des gens, même s'il faut bien maintenir l'ordre. Si ça tourne mal, autant que ce ne soit pas parce qu'il a manqué de diplomatie !  Il bougonne :

« Bon, bon, mais un seul, alors, les gars ! »

C'est le signal de l'apaisement : Dédé s'empresse de servir les policiers et de détourner leur attention de la cave, tandis que les parisiens font la fête de plus belle. Bientôt c'est la police elle même qui semble très alcoolisée - un agent danse même sur une table, acclamé par ces dames car il s'en sort plutôt bien. Soudainement le froid s'engouffre de nouveau dans le bar : cette fois les uniformes sont allemands et le silence retombe pour de bon. Un officier s'avance :

« K'est ze que z'est que ze zirque ? Fous penzez qu'on peut fioler le couvre-feu zans conséquences ? » Il semble assez excité de trouver des français dans une situation illégale : « Contrôlez tout le monde ! Ausweiss ! Tout le monde montre zon Ausweiss ! Qui est le patron, izi ? » Dédé, soudainement dessaoulé, lève timidement la main. « Fous allez afoir der gross ennuis, fous, che peux fous... qu'est-ze que z'est...Ferring ! »

Un soldat vient en effet de ramener à l'officier allemand le brigadier français et le  jeune Hauptmann qui avait tenté d'apaiser la situation. Il bredouille quelques explications, sans succès : l'autre officier se met à vociférer d'une voix gutturale ce qui semble bien être un savon. Avant de reprendre en français :

« Cour martiale, pour fous tous, ja ! Quant aux autres...Tout le monde dehors, schnell ! Schnell ! »

Pour les parisiens, c'est inespéré : fêtards et résistants ont l'occasion de fuir sans qu'on les contrôle ! Dédé se précipite à la cave pour faire remonter les jazzmen pendant que les soldats allemands évacuent parisiens et leurs propres collègues - alors que leur officier passe toujours un savon au capitaine Ferring et au brigadier français. Les rues sont bientôt envahies de fêtards cherchant à retrouver le chemin de chez eux, mais mieux vaut errer dans les rues froides de Paris qu'être arrêté par cet officier allemand si mal luné...Non ?


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[INTRIGUE GÉNÉRALE] Des bulles et du jazz chez Dédé La Truffe !

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