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 Des lendemains difficiles... [Victoire]

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MessageSujet: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Dim 22 Mar - 13:55

Trois jours.

Trois jours que cette explosion a eu lieu et que cette opération ratée ne fait que hanter mon esprit. A bien y réfléchir, je n'ai presque pas dormi, l'image de Michael me revenant à l'esprit à chaque fois que je ferme les yeux et, quand ce n'est pas lui, c'est tout ce que j'ai pu voir lorsque j'ai franchi les portes qui me séparaient du chaos qu'était devenu le monde extérieur.
Pourtant, j'ai vu bien pire et ça ne devrait pas m'affecter de cette façon. Mais, je ne sais pas, il y a quelque chose d'autre qui m'empêche de prendre cette histoire avec le recul et l'objectivité que j'ai en temps normal.

Tout s'est passé vite. Très vite même. Et je me demande même si je serais capable de remettre en place toutes les pièces du puzzle. Si je peux à peu près le faire de mon coté, il m'est impossible de reconstituer les évènements du coté de l'explosion.

J'ai une personne qui pourrait tout à fait m'éclairer. Comme pour confirmer mes pires craintes la concernant, Victoire s'est retrouvée en première ligne ou presque alors que le monde s'écroulait juste sous ses yeux. Elle s'en est sortie indemne, physiquement en tout cas mais je ne suis pas rassuré pour le reste.

C'est pour ça que je lui ai demandé de venir aujourd'hui. Pour savoir comment elle va mais aussi, de façon plus pragmatique, pour essayer de comprendre au mieux ce qui s'est passé. J'ai d'autres personnes qui ont vu la scène mais je fais confiance à la jeune femme pour me décrire ce qu'elle a vu avec le plus d'objectivité possible.

Installé à cette table qui nous est devenue à tous affreusement familière au point que je me rends compte que je serais capable de dessiner de mémoire chacune des marques que j'ai sous les yeux, je l'attends, fixant mes ongles et fronçant brusquement les sourcils. J'ai eu beau frotter comme un fou les deux derniers jours, je me rends compte que j'ai encore du sang qui s'est incrusté sur le bout des doigts. Le sang de Michael qui n'a pas survécu à ses blessures.

Il a tenu deux heures. Peut-être trois. Le temps pour Marie-Louise et moi de nous sortir de là et de trouver quelqu'un capable de le soigner. Quelque part, on a pu remercier l'explosion. Personne ne s'est soucié de nous tout au long du trajet tellement le chaos était indescriptible. Mais ça ne l'a pas empêché d'agoniser et de mourir sur un vieux matelas moisi dans une cave qui l'était tout autant.

Et à cause de quoi ? De qui ? J'en ai pas la moindre idée. Le fait que quelqu'un nous ait encore trahi et que cette personne ait pu assister à tout ça sans même avoir la décence de quitter les lieux me hante encore plus que les râles d'agonie de Michael.  
J'ai encore en mémoire le regard furibond de l'irlandaise qui semblait prête à vouloir m'accuser de tous les maux du monde et surtout de celui-là en particulier. Et, d'une certaine façon, je me dis qu'elle a raison, j'aurais du mieux anticiper, mieux gérer, être sûr qu'on ne risquait pas de se faire trahir une nouvelle fois avant d'envisager une quelconque opération. D'autant que celle-là était particulièrement dangereuse. Et pourtant, je ne voulais pas me faire encore plus parano que je ne le suis déjà devenu.

Et toutes ces pensées qui tournent en boucle dans mon esprit depuis trois jours. Au moins, elles ont eu le mérite de me faire oublier mes tourments habituels, même si, à choisir, j'aurais préféré les garder.

La porte s'ouvre alors doucement. Je lève un regard dans cette direction et j'ai un sourire malgré toutes mes pensées morbides en reconnaissant Victoire.

"Bonjour. Assied-toi. Comment tu vas ?"

Comme toujours, cette question n'est pas anodine. Surtout avec ce qui s'est passé ces derniers temps.

Je sors alors un sachet de fruits secs, cadeau miracle d'un des derniers largages que  nous avons reçus et je lui tends sans rien ajouter de plus. Je suis incapable d'avaler quoi que ce soit personnellement et je me contente d'allumer une énième cigarette, fixant la demoiselle, un peu absent.


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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Mer 1 Avr - 22:51

Tu savais que le message viendrait.
C'était inévitable. Trop d'imprécisions, trop d'incertitudes, trop de questions sans réponse. Trop de morts. Trop à comprendre pour qu'il reste silencieux bien longtemps, à plus forte raison en sachant que tu as été si proche du drame. Alors, arrachant aux blessés quelques précieuses minutes, tu t'es éclipsée dès que possible, guettant un signe, un mot, un rendez-vous qui n'a pas tardé à venir. Délaissant pour une heure ta blouse après trois jours et trois nuits sans presque quitter l'enceinte du dispensaire, tu as attendu que vienne l'une de ces heures où vie et mort se confrontent sans que vous ne puissiez plus influer sur leur combat pour prendre le large, sur le prétexte d'aller te changer et de prendre des nouvelles. Excuse fallacieuse, raison mensongère. Peu importe. Aux yeux de tes collègues inquiètes pour leurs proches et qui ignorent combien tu es seule à Parsi en ces temps, l'idée est plausible et c'est là tout ce qui compte.

Sitôt rentrée, débarbouillée, débarrassée de ta tenue blanche d'infirmière maculée dont les odeurs de sang et de médicaments te lèvent le cœur, tu es repartie en hâte. Dans les rues partiellement désertées, les passants se hâtent, le pas vif, la tête basse pour ne pas attirer le regard. Se presser, ne pas être vu. Disparaître dans l'espoir qu'aucune catastrophe nouvelle ne vous prendra pour cible... Cette attitude de soumission veule dépose un goût de bile sur ton palais, mais tu l'adoptes néanmoins. Plus que jamais il te faut passer inaperçue et tu ne peux te permettre d'arpenter les rues de ta ville menton fièrement levé, quand bien même cela te déchire. Poings serrés dans les poches de ton manteau, les yeux rivés sur tes bottines usées, tu rejoins au plus vite le quartier latin.
Sous le porche de l'immeuble du 30 rue St-André-des-Arts, un gamin taille un morceau de bois, affalé sur le pas d'une porte. Un gamin, un adolescent, guère moins âgé que toi, à qui tu adresses un infime signe de tête. Sans un mot, sans même lever les yeux vers toi, il s'écarte du passage et tu t'engouffres dans les escaliers. Trois petits coups frappés à une porte close, tu entres sans attendre de réponse.
Il est là. A t'attendre, évidemment. Mais dans l'appartement silencieux, nulle trace de Violette. Ton regard fouille par réflexe l'endroit. Est-elle dans l'une des pièces attenantes ? Partie en ville pour une raison quelconque ? Ou tout simplement pour vous laisser un peu de calme et d'intimité ? A gestes lents, attentive, tu te défais de ton manteau, le déposant soigneusement sur le dossier d'une chaise que tu choisis pour siège. Et ce n'est qu'une fois assise que tu consens à croiser enfin le regard de Marc. « Je vais bien. » D'une main distraire, tu réceptionnes le sachet en papier qu'il te tend sans même y faire attention, ajoutant : « Et toi ? ». Non, la question n'est pas anodine. Loin de là. Tu as besoin de savoir, de comprendre ce qui s'est passé. Et pourquoi.
De tes mains dont tu n'as pas tout à fait réussi à ôter les odeurs médicales, une nouvelle fragrance s'élève qui te fait baisser les yeux. Une tâche de gras sur le kraft de mauvaise qualité s'étend à ton doigts, y déposant des senteurs fruitées... délicieuses. « Des fruits secs ? Où as-tu récupéré ça ? ». Tu as commenté d'une voix atone, dans ouvrir pour le moment le précieux paquet. Portant à tes narines ton index parfumé, savourant la seule idée de pouvoir y goûter.
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Mar 14 Avr - 20:07

Victoire a l'air épuisée même si, comme toujours, elle fait mine de gérer parfaitement la situation. Mais, avec tout ce qui s'est passé, je ne suis pas persuadé que ce soit vraiment le cas. Ou alors, elle me renvoie mon propre reflet, cette fatigue qui ne fait que s'accentuer à mesure que passent les heures. Je sais qu'il faudrait que je prenne du repos sinon je vais finir par ne plus avoir les idées claires mais, pour l'heure c'est totalement impossible.

Je me frotte la nuque alors qu'elle s'installe. Je me rends compte que j'aurais tellement l'avoir rencontrée dans d'autres circonstances, ou, mieux pour elle encore, ne jamais avoir eu à la croiser. Qu'elle  n'ait pas à ce rendre au dispensaire tous les jours ou à remplir ces missions que je lui donne régulièrement.

Je me frotte les doigts, un peu plus nerveusement que d'ordinaire, comme si faire disparaitre le sang jetterait un voile sur ce qui s'est passé ces derniers jours. Il lui faut quelques instants avant qu'elle ne lève les yeux vers moi et, l'espace d'un instant, je me demande si c'est lié à moi ou à ce qui est arrivé. A dire vrai, les deux sont intimement liés dans mon esprit. J'ai encore une fois failli faire sombrer le réseau, je me demande encore comment je n'ai pas déjà reçu un message de Londres m'intimant de rentrer au pays et de lâcher les rênes à quelqu'un d'autre. Le visage désolé de Violette lorsque je l'ai croisée juste après la mort de notre camarade me donne pourtant à croire que personne ne me juge responsable des faits. Personne sauf moi peut-être.

Mais, j'ai beau chercher encore et encore, je n'arrive pas à trouver comment débusquer cette fichue taupe et lui faire payer cette mort. Et, pire encore, est-ce que je dois faire un lien avec ce qui s'est passé avec Sybille ou pas ? C'est cette question qui me taraude encore plus que le reste alors que mon regard se perd dans le lointain.

Il me faut bien quelques secondes pour faire le point sur la jeune femme qui a répondu à ma question de la façon la plus évasive possible.

Bien. Comment pourrait-elle aller bien avec le monde qui s'effondre autour de nous ? Et pourtant, c'est ce qu'elle répond. Comme un réflexe, sans même à chercher à réfléchir à une véritable réponse, ce qui vient quand on ne veut pas se pencher soi-même sur le sujet.

J'arrive pourtant à avoir un léger sourire à sa réaction face aux fruits secs que j'ai ramenés, même si le ton atone ne tromperait personne. Je préfère ne pas insister là-dessus, après tout, je ne suis pas particulièrement sûr que j'aurais envie là tout de suite qu'on me pointe du doigt et qu'on désigne la tête de déterré que je dois certainement avoir. Alors, je me contente de lui désigner une nouvelle fois le petit paquet d'un mouvement du menton.

"Un magicien ne dévoile jamais ses secrets, voyons. Sinon, qu'est ce qui se passerait après ? Goûte, je te garantis que tu ne risques rien."

Je laisse alors filer quelques secondes et je pousse un profond soupir avant de reprendre, d'un ton moins léger.

"Je vais aussi bien que possible dans les circonstances. Comme toi je suppose."

Je finis par lever les yeux vers elle et je la regarde longuement, comme si je pouvais arriver à deviner tout ce qu'elle ne veut pas dire, tout ce qu'elle continuera de garder sous silence pour ne pas briser cette impression qu'elle tient le coup et que nous n'avons pas à nous inquiéter pour elle plus que pour les autres.

Toussotant alors légèrement, je finis par me décider et par reprendre, toujours sur le même ton.

"Bien. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Qu'est ce tu as vu ce jour-là ? Est-ce que tu as entendu des choses particulières ? Croisé des gens qui t'auraient parus suspects ?"

J'hésite un instant, les mâchoires contractées avant d'ajouter.

"Il faut qu'on trouve qui nous a trahis encore une fois. Une autre personne est morte et il est hors de question de laisser passer ça. Quelqu'un doit payer."


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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Mar 14 Avr - 22:10

Rien n'a de sens.
Les derniers événements. Leurs conséquences immédiates : le bilan des blessés et des victimes qui semble se stabiliser enfin après trois jours de folies à œuvrer jour et nuit. Et les autres. Celles qui viendront plus tard, quand l'occupant aura trouvé à répondre à cette bombe meurtrière qui défie son autorité. La peur ambiante, omniprésente, qui s'infiltre partout.
Plus rien n'a de sens dans le monde qui vous entoure. Dans cette ville à vau l'eau qui ne peut que retenir son souffle dans l'attente du prochain drame qui frappera ses rues.

Tu t'es assise face à Peter. Sur une chaise dure, tout ce qu'il y a de plus sommaire. Et pourtant, d'avoir seulement un dossier te semble être le comble du luxe. Dans un soupir à peine audible, tu te renverses contre lui, soulageant un tant soit peu tes muscles noués qui te rappellent douloureusement que tu n'as pas eu une minute à toi au cours des 72 heures écoulées. Lentement, pour ne pas brusquer ton corps déjà suffisamment malmené, tu masses d'une main lasse tes épaules voûtées, les yeux baissés vers tes doigts parfumés. Tu serais presque prête à croire qu'il est bel et bien une part de magie dans la présence de ces fruits devant toi. Toutefois, avant de te décider à y goûter, tu hausses un sourcil sceptique, vrillant ton regard vert sur Marc. « Si je pensais risquer quoi que ce soit ici, avec toi, il y a belle lurette que je ne viendrais plus. » Tu glisses enfin deux doigts dans le sachet pour en retirer un abricot dont tu savoures un instant le contact collant, la couleur éclatante, avant d'en mordiller prudemment un morceau. Puis un second. Un dernier, dont tu profites les yeux clos. Depuis combien de temps n'as-plus mangé de fruits secs ? De fruits, tout simplement ? Instinctivement, tu songes aux bienfaits qu'auront ces sucres rapides inespérés sur ton organisme épuisé. Tu te représentes le chemin qu'ils suivront pour dispenser en toi un peu de cette énergie qui te manque tant. Tes doigts se portent à tes lèvres et tu les suçotes distraitement, bien décidée à ne rien perdre du nectar offert.

Tu en es presque reconnaissante à Marc de te laisser le temps d'apprécier cette seconde de douceur. C'est en l'entendant tousser que tu rouvres les yeux, laissant s'enfuir le trop bref instant de bien-être qui s'attarde sur ton palais sur un soupir. Mais déterminée à ne rien omettre dans tes observations. Ton esprit est déjà à l'oeuvre, rappelant à lui tout ce que ta mémoire a pu conserver d'utile. Tout ce qui pourra vous aider à comprendre un tant soit peu ce qui est advenu. Mais avant que tu n'aies pu lui répondre, il enchaîne et ses mots te tirent une exclamation stupéfaite « Quoi !? » Tu as tressailli, abandonnant aussitôt ton dossier pour te redresser vers lui. « Attends, de quoi parles-tu ? Qui nous a trahis ? » Les questions se suivent, se multiplient, muselées à grand peine par la stupeur. Tu prends brusquement conscience, après trois jours d'abrutissement, que tu n'as aucune idée des raisons pour lesquelles vos tireurs ne sont pas passés à l'action, sur les Champs-Elysées. De pourquoi ils n'ont pas simplement et froidement abattu ce foutu dignitaire Allemand, ainsi que prévu, avant que tout ne vire à la débâcle. Le lien finit par s'établir dans tes pensées et tu formules une dernière question. Que tu lui poses, le regard grave. Inquiet. Et dont tu redoutes par avance la réponse. « Marc. Que s'est-il passé de votre côté ? »
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Mer 15 Avr - 13:32

Si l'épuisement ne fait que me gagner à mesure que passent les minutes, il m'est impossible de ne pas esquisser un sourire à la répartie de la jeune femme. Je me contente alors de hausser les épaules et de lâcher, d'un ton amusé.

"Oh l'attrait du danger, imagine, je sais pas moi…des fruits secs périmés, ce serait possible."

Mais je comprends parfaitement ce qu'elle veut dire, même si, avec tout ce qui s'est passé, j'aurais plutôt tendance à lui dire de fuir ma présence et cet endroit avant de risquer sa vie pour de bon. Enfin, ce serait risible vu qu'elle vient tout juste de sortir indemne d'une explosion qui a couté la vie à tellement de monde. Et pour quoi ? Rien du tout. Mis à part que les allemands sont encore plus virulents et plus enclins à resserrer l'étau qui nous oppresse depuis des mois, des années même. Je me demande parfois jusqu'à quand nous serons capable de survivre à cette pression sans exploser à notre tour.

Essayant encore une fois de ne pas me mettre à trop divaguer, j'observe la jeune femme savourer ma petite trouvaille. Au moins, je n'aurais pas été totalement inutile aujourd'hui et la voir apprécier à ce point les fruits secs me met un peu de baume au cœur, même si ce n'est qu'une sensation fugace parmi tout le reste.

Il me faut cependant briser un instant pour le moins agréable et énoncer les raisons de notre venue à tous les deux ici. Si elle semble bien intégrer mes premières interrogations, sa réaction au reste de mes propos ne me dit rien qui vaille.

Je la fixe alors en plissant des yeux avant de lâcher, d'un ton las.

"Tu n'es pas au courant."

Ce n'est pas vraiment une question, plutôt un constat que j'aurais préféré ne pas avoir à faire. Comme quoi, pour une fois, l'information a circulé moins vite que je ne l'aurais cru dans le réseau. Ou alors c'est que Victoire a passé les trois derniers jours dans sa bulle au dispensaire, à gérer les urgences du moment, à devoir essayer de sauver les vies des victimes de l'attentat sans avoir le temps de penser à notre opération plus que ratée.

Je cherche mes mots, tapotant du bout des doigts sur la table avant de reprendre, d'un ton que j'essaie de rendre le plus calme possible.

"Ils étaient forcément au courant de notre plan. De détails que seuls certains d'entre nous avaient. Comme notre position exacte. Impossible d'avoir autant de chance et de tomber par hasard sur nous."

J'hésite quelques secondes avant de continuer, réalisant que j'ai besoin d'en parler à quelqu'un. Et, si possible, quelqu'un qui puisse garder un semblant d'objectivité sur la situation. Je ne sais pas si Victoire est la mieux placée pour ça au vu de ce qu'elle a pu vivre ces derniers temps mais, pour le coup, c'est ça ou continuer de ruminer dans mon coin sans avoir l'ébauche même d'une solution, d'une idée pour nous sortir de là.

"J'étais avec Marie-Louise. On surveillait les alentours au niveau du Grand Palais. Et Michael était perché sur les toits, prêt à agir. Aucun de vous n'avait eu vent du plan complet ni où seraient exactement tous les tireurs, j'avais fait en sorte de distiller au maximum les informations. Mais visiblement ça n'a pas suffit."

J'écrase ma cigarette dans le cendrier avec une colère plus ou moins maitrisée et je détourne les yeux un instant.

"On a entendu des coups de feu. Ils savaient qu'on serait là. Et Michael est mort quelques heures plus tard. Sans qu'on puisse rien y faire. Alors qu'on avait réussi à le tirer de là, contre toute attente."

Ne tenant plus vraiment en place, je me relève un peu brusquement et, histoire de m'occuper, je vais me chercher un verre d'eau. Très honnêtement, là tout de suite, je rêverais d'un truc beaucoup plus fort, ne serait-ce que pour m'ôter l'image du garçon agonisant qui flotte devant moi.

M'appuyant sur le petit meuble où trône la carafe d'eau, je le serre à deux mains, comme pour m'y accrocher avant de continuer, tournant toujours le dos à la jeune femme.

"Voilà. Tu as les grandes lignes de ce qui s'est passé de notre coté. L'autre groupe n'a pas pu intervenir à cause de la bombe et du chaos que ça a engendré. Ca aurait été trop risqué de tirer dans la masse et de blesser encore plus d'innocents. Le sang avait déjà assez coulé. Mais ils n'ont rien eu, c'est le principal. Donc nous avons été trahis et en plus c'est le groupe dans lequel j'étais qui a été visé en premier."

Je me tais alors, guettant sa réaction sans pour autant reprendre ma place. Difficile de garder cette neutralité de façade que j'ai pris l'habitude d'avoir avec le temps, surtout qu'une fois de plus, c'est notre réseau qui est menacé. Et, pour l'heure, je n'ai pas l'ombre d'une piste. Ou plutôt, je me refuse à chercher du coté de mes proches, je n'arrive tout simplement pas à me résoudre que c'est l'un d'entre nous qui a fait ça et encore moins quelqu'un que je connais bien.


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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Ven 17 Avr - 15:19

Des fruits secs périmés. Que ne faut-il pas entendre ? Une ombre de sourire est apparue sur tes lèvres. Ce sourire désabusé, détaché, un peu résigné qui exprime si bien tout ce que tu penses de cette ère de folie et passe parfois sur ton visage. Fugace.
Bien sur que tu es en danger.
Comme tous les inconscients qui s’accrochent à cette ville malgré l’occupant. Et plus encore. Être ici, en ces lieux, face à lui, fait de toi une contrevenante au régime nazi. Une opposante, et Dieu sait qu’ils n’ont guère de patience avec ceux qui ne se plient pas servilement à leur loi. Une cible de choix à abattre pour tous les SS qui piétinent ta ville dans un claquement de bottes martial.

A condition qu’ils te démasquent. Mais qui irait soupçonner ce visage candide, ce sourire charmant ? Qui pourrait penser qu’une quelconque volonté de nuire se cache derrière tes grands yeux verts, derrière cette tenue d’infirmière qui affiche à tous que tu n’es pas de ceux qui blessent mais de ceux qui soignent. On te vendrait le bon Dieu sans confession, et c’est là ta plus grande force. Oh, ils ont raison de penser que tu ne ferais pas de mal à une mouche. Tu n’es pas une tueuse, et tu espères bien n’avoir jamais à le devenir. Mais tu n’es pas inoffensive pour autant. A force de mois de coopération, Marc ne s’y trompe plus, bien qu’il s’obstine à vouloir t’écarter du champ d’action. Mais tu lis toujours dans le regard d’autres membres du SOE toute la défiance qu’ils ont à ton égard, gamine égarée parmi eux qui les vendrait en cinq minutes si elle se faisait prendre. Tu ne leur en veux pas, ils ont peut-être raison. Et tant que tu peux tout de même agir, leur méfiance t’indiffère. « Je ne prends mes informations que de toi. » Ta voix est neutre. Tu n’as pas besoin d’ajouter que tu n’as pas quitté l’enceinte du dispensaire depuis qu’est survenu le drame, il s’en doute déjà.

Le goût sucré de l’abricot disparait déjà, remplacé par une bile âcre. Traître. Le mot résonne à tes oreilles, s’y glisse, s’y installe, confortablement appuyé par les explications qui viennent, vibrantes de colère malgré le calme apparent dont il essaye de faire preuve. Il se lève brusquement, manquant de te faire sursauter. La tempête gronde sous ton crâne, menace de devenir migraine. Tu t’affaisses légèrement, coudes appuyés sur le bois solide de la table, massant tes tempes du bout des doigts. Instinctivement, tu repenses aux visages, aux voix, à ce que tu sais des quelques membres du réseau déjà rencontrés. Le moindre mot, la moindre intonation prend une toute autre signification à la lumière des révélations de Marc. De savoir qu’il y a un traître parmi vous change tout. Tu te sens fébrile, inquiète. Sous vos pieds est tapie une bombe à retardement capable d’exploser à tout instant pour anéantir tous vos efforts. Et vous ignorez quelles mains tiennent le détonateur. Ce pourrait être n’importe qui. Toi y compris.
Cette pensée te fait relever la tête et tu te tournes vers Marc. « Même moi je n’avais pas toutes ces informations. » Pourtant, c’est toi qui a assuré la liaison avec le Reigen pour cette opération, transmettant à ton chef toutes les informations de Barnabas concernant le déroulé de la journée et l’organisation du défilé. Et même sans avoir tous les renseignements concernant les tireurs, tu savais qu’ils seraient en poste près des Champs-Elysées, qu’il y aurait plusieurs équipes, qu’ils comptaient s’attaquer seulement à Glücks. Autant d’informations qu’un autre aurait pu exploiter. Suffisamment d’informations pour tout faire échouer.
Lentement, tu te lèves, contournant ta chaise pour t’approcher de lui. « Mais tu sais déjà que ce n’est pas moi. » Ta gorge est serrée. Si serrée que les mots passent difficilement. « N’est-ce pas… ? »
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Sam 18 Avr - 16:59

J'essaie tant bien que mal de garder une atmosphère aussi légère que possible en attendant d'entrer dans le vif du sujet. Si je suis épuisé, elle n'est pas en reste et il est difficile de rester de marbre devant son état qui ne diffère guère des autres que j'ai pu croiser ces derniers jours. Chacun des membres du réseau mériterait une vraie nuit de repos, sans souci, sans avoir à se réveiller en sursaut à cause de je ne sais quelle menace. Mais ça, bien entendu, c'est un luxe qu'aucun de nous ne peut s'offrir à l'heure actuelle.

Un jour peut-être, sait-on jamais. Je ne me sens pas concerné par cet avenir nébuleux au sein duquel, pour l'heure, je ne me vois aucune place. Ce qui importe, c'est le présent, surtout aujourd'hui avec ce qui vient de se passer.

Sa réponse un rien abrupte lorsque je réalise qu'elle n'est pas au courant me fait tiquer, comme si elle mettait le doigt sur quelque chose que j'ignore sans arriver à cerner de quoi il s'agit. Mais ce n'est pas le moment de me pencher là-dessus. Je me contente de souffler, d'un ton pensif.

"Et il faut que les choses continuent comme ça. Je suis le seul à qui tu rends des comptes et qui te donne tes directives."

Malheureusement, comme je le craignais, elle n'était pas au courant et c'est à moi de lui raconter ce qui s'est passé. Tout du moins, ce que j'en sais. Et, bien évidemment, c'est tout sauf simple, pour elle comme pour moi.

Victoire a été l'un des principaux interlocuteurs dans cette histoire. Sans elle, nous n'aurions pas eu toutes les informations nécessaires pour monter cette opération. Mais, il ne faut pas que j'oublie qu'elle connaissait des éléments essentiels ce qui ne devrait pas jouer en sa faveur. Je baisse les yeux vers mes mains, devenues blanches à force de serrer le meuble et je relâche la pression, me frottant la nuque avant de me retourner en direction de la jeune femme.

Elle s'est relevée et s'est rapprochée de moi, la mine inquiète. Il me faut quelques instants avant que les paroles qu'elle a prononcées ne prennent tout son sens pour moi et je pousse un profond soupir avant de finalement me servir et boire ce fameux verre d'eau.

Je la fixe alors, longuement, tiraillé entre ce besoin de me reposer sur quelqu'un et cette pensée, insidieuse, qui ne me quitte plus, que c'est quelqu'un que je connais bien qui nous a forcément trahis. Après tout, pourquoi ce ne serait pas Victoire ? Elle qui parait si innocente, si prête à tout faire pour aider le réseau et qui passe toute sa vie ou presque au dispensaire ?
Elle serait tellement improbable dans le rôle de la taupe que ce rôle ne lui irait que trop bien. Et puis, après tout, après ce que nous avons fait à son fiancé, elle pourrait avoir envie de nous le faire payer, ce ne serait que justice.

Il va falloir que je fasse un choix. Celui d'accepter de faire confiance à certaines personnes, au risque de me précipiter plus vite que prévu dans le précipice, ou de me méfier de tout et de tout le monde. Mais, si je choisis cette deuxième option, je ne sais même pas combien de temps se passera avant que je ne finisse par craquer pour de bon et par faire n'importe quoi.
Et puis, pourquoi Victoire plutôt qu'une autre ? L'instinct. C'est tout ce que j'ai aujourd'hui pour me guider et, autant le dire tout de suite, ce n'est pas grand-chose face à tout ce qui nous attend.

Je me rends compte que j'ai gardé le silence pendant plusieurs minutes et je finis par soupirer, tendant la main en direction de la jeune femme avant de m'arrêter à quelques centimètres à peine de son épaule. Mon bras retombe le long de mon corps avant que je ne me décide enfin à répondre.

"Bien sûr que je le sais. On ne serait pas là juste tous les deux sinon."

En tout cas, c'est ce que j'ai décidé de croire. L'avenir me dira ou non si j'ai eu tort mais, si c'est le cas, je ne serais probablement plus là pour voir ça, sauf si le destin se fait assez moqueur pour me laisser assister à leur mort à tous sans que je ne puisse rien y faire.

Je toussote alors légèrement et je reprends, d'un ton plus assuré.

"Mais il faut que d'autres personnes aient les mêmes éléments que moi, qu'elles sachent la situation actuelle. Il va falloir que nous traquions ce traitre, et qu'il paie."

Je m'éloigne de Victoire et je finis par lâcher, réalisant que je ne pourrais probablement jamais revenir en arrière.

"Et tu vas m'y aider. Si tu veux bien."

J'attends alors sa réaction, sans bien trop savoir ce que j'aimerais entendre à dire vrai. Ce que je lui demande est tout sauf évident et elle va devoir se méfier de tout le monde elle aussi. Tout comme moi d'ailleurs.


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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Dim 19 Avr - 17:37

Il hésite.
Il hésite et tu peux lire tellement de doutes dans ce regard lourd qui pèse sur toi. Tellement d'incertitudes. Tu ignores beaucoup du passé de l'homme qui te fait face. Il y a cette ride, sur son front, qui témoigne des épreuves par lesquelles il est passé. Quelques rares informations que tu as pu glaner. Ses mois d'absence peu après ton arrivée, durant lesquels vous êtes restés inactifs, attendant des ordres qui ne venaient pas. Après des mois de collaboration, Marc reste pour toi un inconnu dont tu ne sais rien - pas le même véritable nom. Mais un étranger en qui tu as accepté de placer ta confiance, pour le meilleur et pour le pire. Et dont l'hésitation te ronge.
Sans un mot, sans esquisser le moindre geste, tu soutiens son regard. Aussi calme et fière que possible malgré ta nervosité. Car oui, tu es fébrile de le voir ainsi douter de toi, de ta volonté et de ton dévouement au SOE. Qu'importe la partie rationnelle de ton esprit qui te souffle que la méfiance fait partie intégrante de vos vies, qu'il a toutes les raisons de se tenir sur ses gardes. Et plus encore au regard des derniers événements. Son regard inquisiteur te cloue sur place.

Les secondes s'écoulent. Deviennent minutes sous l'éternité de ces yeux scrutateurs qui cherchent à lire au fond de ton âme. Sans faillir, droite comme un I, tu te soumets à cet examen de conscience. Si trouble que puisse être la tienne ces derniers temps, il n'est rien dont tu puisses avoir à rougir devant lui. Mais quand enfin il brise le silence, un soupir soulagé t'échappe. Tu sens bien que sa réserve n'est pas tout à fait endiguée mais pour l'heure, vous allez agir de concert et c'est là l'essentiel. Vous ne pouvez pas vous permettre de laisser le temps jouer en votre défaveur. La menace sourde qui plane sur le réseau met ta vie en danger autant que la sienne. Sans parler de tous les autres. Retrouver le traître qui a éventé l'opération sur les Champs-Elysées est une question de vie ou de mort. Ni plus, ni moins.

Tes yeux n'ont pas lâché Marc mais se sont fait plus durs. La vengeance n'est pas ta nature, bien loin de là. Et tu sais que le châtiment réservé qui sera réservé à cette maudite taupe ne te plaira pas. A dire vrai, tu ne veux même pas savoir ce qu'il adviendra de lui. Mais au nom de tous ceux qui sont tombés par sa faute, au nom de votre compagnon de lutte et de ces parisiens qu'une bombe assassine a fauchés injustement, au nom de votre sécurité, tu veux le retrouver. Quitte à fermer les yeux sur la suite.
« Tu peux compter sur moi. » Le ton de ta voix est sans appel. D'un pas, tu te rapproches de Marc et pose une main ferme sur son bras. « Mais il va falloir que tu aies confiance en moi. J'ai donné tout ce que je pouvais au SOE. Tout ce que j'avais. Ce n'est pas pour retourner ma veste maintenant. J'irais jusqu'au bout. » Tu t'es abstenue d'ajouter « quoi qu'il m'en coûte », de peur qu'il ne change d'avis et refuse de t'impliquer. Mais l'idée est là, implicite. Tu n'as plus guère à perdre pour l'heure. Tes jours ne sont qu'une succession de gestes vides de sens, une survie tout juste pour ne pas t'avouer vaincue. Alors autant les dédier à sauver ce qui reste de cette patrie que tu chéris.
Ta main quitte le bras de Marc, et tu te sens soudainement gênée d'avoir osé un geste d'une telle familiarité. Mais c'est sans rien laisser voir de ton trouble que tu questionnes, déterminée : « Qu'attends-tu de moi exactement ? »


Dernière édition par Victoire Langremont le Ven 12 Juin - 15:04, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Sam 9 Mai - 19:57

Les secondes s'égrènent, affreusement longues. Le temps semble avoir comme suspendu son vol et plus rien d'autre ne compte que ces deux prunelles vertes qui ne me quittent plus. Impossible de ne pas voir qu'elle a compris mes doutes. Victoire est intelligente et perspicace, beaucoup trop pour son propre bien, surtout dans des moments pareils.

Je finis quand même par répondre et le soupir soulagé qui fait écho à mes paroles me conforte dans l'idée que je n'aurais pas du laisser cette défiance flotter entre nous. Et pourtant, je ne peux pas m'en empêcher, avec le temps c'est en train de devenir une seconde nature même si mon instinct me crie de la croire et de m'autoriser le droit de me reposer sur elle.

Le ton de sa voix quand elle me répond me fait réaliser à quel point elle est investie dans tout ça et qu'il est effectivement bien trop tard pour elle pour faire marche arrière. Et j'avoue que je n'aime pas ça du tout. Elle a franchi une nouvelle étape dans sa vie de résistante et je ne l'avais pas encore vraiment réalisé. A ses propos je ne peux m'empêcher de grimacer et de laisser échapper un profond soupir à mon tour.

"La confiance est un luxe que je ne me suis pas permis depuis longtemps tu sais. Ne va surtout pas le prendre contre toi, c'était déjà le cas lors de mon retour et avec cette histoire il est peu probable que ça s'arrange réellement. Surtout avec ce qui risque de nous attendre au cours des prochaines semaines."

Mon regard s'est baissé pendant que je parle et je fixe cette main qu'elle a posé sur mon bras. Je ne sais pas par quel miracle je n'ai pas sursauté, alors que je réalise que le moindre contact physique est devenu beaucoup trop rare pour que j'ai envie de m'appesantir sur le sujet. Une petite voix me souffle, d'un ton fort désagréable de ne pas oublier que j'ai tenu un mourant dans mes bras il y a quelques jours à peine et je sens mes mâchoires se crisper alors qu'elle relâche son étreinte. Par réflexe je frotte mon bras à l'endroit même où ses doigts étaient quelques secondes plus tôt et je laisse filer quelques instants de silence avant de souffler, du ton le plus neutre dont je sois capable.

"Est-ce que tu as pleinement conscience de ce que tout cela va impliquer ? Tu ne pourras plus croire en personne. Tout le monde peut être coupable, volontairement ou non. Moi y compris. Tu ferais quoi si tu découvres que j'y suis pour quelque chose ?"

J'ai beau essayer, je n'arrive pas à trouver de mots assez forts pour essayer de lui faire comprendre les conséquences de tout ça. Plus jamais elle ne regardera les gens de la même façon, elle sera obligée de soupçonner chacun des membres du réseau et vivra ce que je vis depuis mon retour à Paris. D'un coté, j'aimerais qu'elle finisse par refuser, cette part de moi profondément égoïste ne veut pas avoir à supporter ça, à voir ses épaules s'affaisser sous le poids de cette responsabilité que personne ne devrait avoir à porter.

Alors j'attends sa réponse à cette dernière question. Après tout changera et je pourrais lui dire ce que j'attends d'elle, ce qu'elle va devoir faire et jusqu'où il faudra qu'elle repousse les limites pour que nous puissions enfin nous venger et faire payer ce traitre.


Dernière édition par Peter Rosewood le Ven 14 Aoû - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Mer 15 Juil - 15:00

La confiance. C’est un bien beau mot, aisé à prononcer. Mais qui n’a plus guère de sens en ces temps troublés. A chaque hésitation, à chaque trahison, il perd un peu plus encore de sa réalité. Et pourtant, tu n’es pas encore parvenue à y renoncer tout à fait. Depuis ton entrée dans la Résistance, tu as évolué petit à petit. Toi qui étais la franchise même, incapable de mensonge, toi dont le visage était un livre ouvert, tu as appris à dissimuler la réalité de tes pensées derrière un masque d’innocence qui ne te ressemble plus. Tu as appris à inventer explications et excuses pour couvrir les activités nocturnes qu’il t’est impossible d’avouer. Tu as appris à mentir, pour te protéger, au nom de ta vie et de toutes celles que tu mettrais en danger si tu étais découverte. A bien des égards, tu t’es endurcie, Victoire. Mais la confiance… La confiance, tu n’as pas réussi à t’en débarrasser tout à fait. Elle te colle à la peau avec obstination, faiblesse intrinsèque qui pourrait bien un jour te faire plonger. Car en dépit de tout, en dépit des risques, en dépit de la guerre, en dépit de la méfiance qu’exige la survie, tu ne peux toujours pas t’empêcher de faire confiance à qui te présente un visage affable. Ce n’est pas pour autant que tu te livres ou que tu te confies… Mais tu ne peux simplement pas voir le mal en chacun.

Alors bien sûr, tu comprends la réaction de Marc. Tu la comprends même si tu ne la partages pas. Mais son mouvement de recul, son hésitation et le silence qui s’en est suivi te marquent tout de même. C’est un homme abîmé qui te fait face et ce ne sont certainement pas tes grands yeux – ni même tes talents d’infirmière – qui pourront réparer ce qui le ronge. Mais l’heure est grave et vos deux vies sont loin d’être les seules menacées. Si vous n’agissez pas de concert dès maintenant, il sera bientôt trop tard. Et pour agir ensemble… « Tu n’as pas le choix, Marc ! Je sais que ce n’est pas si simple mais si tu n’as pas confiance en moi, aies au moins foi en mon dévouement pour la France. » Tu as croisé les bras pour te donner une contenance, frottant le bout de tes doigts avec ton pouce. Tu peux encore y sentir, sur l’extrémité de tes terminaisons nerveuses, la chaleur de son bras que tu as empoigné sans plus de manières. Une chaleur réconfortante, rassurante par la vie dont elle témoigne. Vous êtes sans aucun doute des morts en sursis. Mais le jour de votre enterrement n’est pas encore arrivé et tu feras tout pour le repousser encore un peu. Encore faudrait-il que tu sois en capacité d’agir, que ton chef t’explique les tenants et les aboutissements de tes actes futurs.  
« Je suis conscience de ce que ça implique depuis le premier jour. Je savais en m’engageant ce qu’il y avait à perdre et ce qu’il y avait à gagner. Cesse de t’inquiéter pour moi, je ne suis pas arrivée là par hasard. De toute façon, je n’ai aucun lien avec les autres membres du réseau. Il n’y a que Violette et toi qui êtes mes intermédiaires, alors je n’aurais aucun mal à rester sur mes gardes. »

Tu ne réponds pas immédiatement à sa dernière question. Pourtant, la réponse t’est venue aussitôt. Evidente. Mais l’espace d’un instant, avant de la prononcer, tu songes que si tu as tort… Ces mots pourraient bien être les derniers. « Si tu y étais pour quelque chose, je serai déjà morte. » Ta voix est tranchante, ton regard toujours vrillé au sien. Comme pour le défier de te contredire, le défier d’oser te dire qu’il est la taupe que tu vas occuper tes nuits à chercher. Le défier de sortir une arme pour t’abattre froidement si tel est le cas.

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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Ven 14 Aoû - 19:21

Son dévouement pour la France. Un pays qui n'existe plus que de nom, qui n'est plus qu'une idée, la seule chose qui nous permet à tous de tenir. Croire qu'un jour, cette nation existera à nouveau et que tout cela n'aura pas été vain, que des jours meilleurs viendront enfin, quoi qu'il arrive. Et pourtant, c'est même quelque chose dont je doute. A dire vrai, il n'y a plus rien dont je sois sûr, pas même cette paire d'yeux qui me scrute, qui guette la moindre de mes réactions, de mes mouvements en attente de mon verdict. Il finit tout de même par tomber. Pas aussi clairement et assurément qu'elle l'aurait souhaité, c'est certain, mais au moins, il est là.

Je tousse tout de même un rire triste à sa réponse et je la fixe longuement sans rien dire, mon regard accrochant le sien sans ciller. Je finis pourtant par souffler en esquissant un sourire triste.

"Le choix. Je pensais que c'était encore le seul luxe que j'avais. A croire que j'étais encore une fois dans l'erreur. Mais tu as raison, je ne peux pas laisser les choses se gangréner de la sorte et je ne suis pas capable de résoudre seul la situation. Et tu es la seule personne à qui j'ai pensé. Tu peux considérer ça comme de la confiance si tu le souhaites."

Amusant de voir que la seule personne à qui je suis capable de confier ce genre de missions, si l'on exclut Violette qui est probablement le seul pilier stable de mon existence, est une jeune femme qui ignore jusqu'à mon véritable prénom. Elle ne sait rien de moi et ne le saura probablement jamais, sauf si un jour, la guerre s'achève et nous permet de nous présenter réellement. Parfois, je me surprends à me demander comment nous serons si ce jour arrive enfin et que nous sommes là pour le voir. J'en aurais peut-être oublié qui était réellement Peter Rosewood depuis longtemps. J'ai déjà parfois du mal à me souvenir de lui, de ce qu'il aimait, de ce qu'il rêvait de faire de sa vie. Il est mort avec Sybille et je n'ai guère l'impression qu'un jour, il pourra revenir à la vie, d'une façon ou d'une autre. Autant me résigner tant que j'en suis encore capable et que j'arrête de chercher qui j'étais… avant. Et peu importe qui je suis devenu maintenant, tant que ça peut servir la cause et cette France que nous recherchons tous si ardemment.

A sa répartie un peu sèche, mon sourire se fait plus franc et je reprends, pensif.

"Tu as changé depuis ton arrivée. J'ai parfois tendance à l'oublier et à vouloir te protéger plus que de raison. Tu as grandi. Mais ne me demande pas de cesser de m'inquiéter pour toi, j'en serais incapable, même si tu deviens le leader de toute la résistance et que tu fais ployer le genou du Führer à toi toute seule."

Je laisse filer quelques secondes avant de reprendre, toujours sur le même ton.

"Et tu as raison une fois de plus. Il n'y a que Violette et moi avec qui tu es en contact. Mais ça ne va pas durer. Il va être temps pour toi de faire ton entrée officielle dans le réseau. Sans cela, tu ne seras pas à même de reconnaitre les gens sur qui tu devras enquêter. Tu viendras avec nous à la prochaine réunion. Avec tout ce qui s'est passé, elle ne devrait pas tarder."

A mes dernières paroles, je me rends compte que je suis plus en train de réfléchir tout haut que de lui parler réellement. Il va être temps de nous rencontrions les autres. Et que nous ayons une meilleure organisation. Les récents évènements m'ont bien prouvé que nous n'arriverons jamais à rien autrement, quand bien même je préfèrerais me couper un bras que d'être considéré comme un ami des gaullistes. Il va encore une fois faire des efforts, qu'on le veuille ou  non.

Impossible de ne pas remarquer le silence qu'elle laisse à ma dernière question. Je ne sais pas si je l'ai posée par pure provocation ou pour réellement savoir ce qu'elle serait prête à répondre.

Sa voix s'est faite tranchante et, je ne saurais dire pourquoi, la situation m'amuse. Ca ne devrait pas être le cas mais ce défi dans les mots qu'elle prononce me rebooste plus qu'aurait pu le faire une vraie tasse de café et une vraie nuit de sommeil.

"Peut-être. Peut-être pas. Je pourrais aussi tout faire pour que tu suives une autre piste. Je ne dois pas être à négliger et il te faudra enquêter autant sur moi que sur les autres. Alors, autant commencer maintenant non ?"

Je retourne alors m'assoir dans un soupir, attrapant un verre d'eau que j'avale d'une traite. Je ne sais pas ce qu'elle va me demander et la fixe, curieux.
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Lun 12 Oct - 16:51

« Il y a longtemps que j'ai cessé de croire que nous avions le choix. Lutter ou accepter, c'est tout ce qu'il nous reste. »

Les mots te sont venus naturellement, prononcés sans qu'une once d'émotion les altère. Depuis le jour où la France a plié l'échine, toute ta vie n'a plus été qu'une suite d’événements découlant d'un seul et unique choix : refuser l'inacceptable. De ton départ pour l'Angleterre à ton parachutage au printemps dernier, de ton implication dans le réseau à ce jour, tout n'est que conséquence d'une décision prise des mois en arrière. Tu ne peux supporter de voir ton pays ainsi réduit à néant, coquille vide juste réduite à devenir province allemande. Toi qui abhorre toute forme de violence, tu as choisi de prendre les armes pour défendre ce qui t'est cher. Et peu importe le prix que ça coûtera. Peu importe que tu puisses ne jamais plus redevenir l'adolescente rieuse et insouciante de jadis. Peu importe qu'une arrestation probable puisse survenir à tout moment. Tu préfères finir six pieds sous terre que de tolérer une vie passée sous la contrainte.

Mais de toute cela, tu ne dis mot. Ce n'est pas nécessaire. Quel qu'ait pu être le parcours chaotique de Marc, il se fonde certainement sur ce même choix. Que tous ceux qui ont préféré la lutte ont eu à faire un jour. S'interroger chaque matin sur le bien fondé de vos actes n'est pas envisageable. Les questions sont des doutes qui vous entravent. Il est tellement plus simple de se lever sur une décision arrêtée : quoi qu'il advienne, vous lutterez. C'est aussi simple que ça.
Toutefois, si tu ne dis rien, tu hoches la tête pour lui signaler que tu comprends. Ce qu'il t'accorde aujourd'hui... C'est sans doute tout ce dont il est capable après tant d'années de clandestinité et de méfiance. Et tu lui en es reconnaissante. Depuis un an sur le territoire français, tu as collecté des informations, écouté les conversations, recueilli les confidences des patients échoués au dispensaire. Rien de concret, rien d'effectif. Ta seule véritable réussite est d'avoir noué un contact avec le Reigen, ce qui a relevé plus de la chance que d'autre chose. Il est plus que temps que tu sois impliquée réellement au sein du SOE et de la Résistance. Tu veux agir.

Un mince sourire te revient. « Je n'ai pas de telles ambitions. Mais si, pas un seul acte, je peux faire pencher la balance en notre faveur... Je n'hésiterai pas. Et je... » Tu hésites un instant, avant d'ajouter : « Je peux comprendre que tu t'inquiètes. Mais ne te laisse pas aveugler. Dans ce combat, je suis un pion comme un autre. » A dire vrai, tu ne comprends pas, non. Tu ne comprends pas pourquoi tous s'obstinent à vouloir te protéger à tout prix. Thibaud, Marc, Barnabas... Et même le capitaine Grüper ! Si forte que tu puisses être quand le besoin s'en fait sentir, si courageuse, si déterminée, tous semblent s'arrêter à ta silhouette frêle et s'accorder à ne voir en toi qu'une jolie poupée à préserver. Et tu as bien l'intention de leur prouver qu'ils se trompent. « Je ne te décevrai pas. »

Du moins... Sauf s'il s'obstine à te demander de le considérer comme un coupable potentiel. Sur ce sujet, tu doutes fort de pouvoir changer d'avis. Marc n'a rien d'une taupe, il se bat trop pour ce pays qui n'est même pas le sien, il a déjà trop souffert - probablement de cette lutte - pour vous tourner le dos maintenant. Mais rien ne t'empêche de donner le change pour le moment. « Alors, si tu es une taupe, ce serait totalement absurde de te le demander. Je me renseignerai par mes propres moyens. » Ou pas. Tu souris toujours, mais avec un rien d'ironie. Et toujours ce regard de défi. Qui disparaît cependant alors que tu reviens t'asseoir face au lui, les traits plus sérieux. « Parle moi de cette... réunion, que tu évoquais. Y aura-t-il là bas des gens que tu soupçonnes ? »
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MessageSujet: Re: Des lendemains difficiles... [Victoire]   Ven 25 Déc - 19:06

Quand elle reprend la parole, je la fixe longuement, sans rien dire. Je ne compte plus le nombre de silences qui ont déjà émaillé cette conversation à dire vrai. Ils ne sont pas pesants, guère plus que ceux que nous avons déjà pu connaitre par le passé et, au vu de la teneur de notre discussion, ils permettent avant tout d'évacuer une tension qui pourrait nous gagner tous les deux ou de trouver les mots exacts.

Je finis tout de même par lâcher, avec un mince sourire au vu de ce ton assuré qu'elle a pris. De ce ton qui ne me viendrait plus naturellement aujourd'hui, pas après tout ce que j'ai pu voir ou faire.

"C'est déjà un choix non ? Tu aurais pu accepter de ne pas lutter."

Mais, au fond, elle a raison. Le choix ne s'est jamais posé. Pas pour nous en tout cas. Peut-être qu'il viendra pour d'autres, quand le moment sera venu et j'ose espérer qu'ils feront le bon, celui qui nous permettra d'en finir vraiment avec tout ça.
Je ne lui parlerais pas de cette lassitude qui me gagne un peu plus chaque jour. Cette envie que tout s'arrête pour de bon, cette impression que, quoi qu'il arrive, je ne m'en sortirais pas. Parce que ça ne servira à rien de lui dire. Et qu'ils ne s'en sortirons pas non plus. Pas indemnes en tout cas. Cette jeunesse qui semble vouloir se jeter à corps perdu dans la défense de ce pays qui est le leur. Qui était le leur. Et qui le redeviendra si Dieu le veut. Enfin, laissons Dieu de coté, je ne ferais pas l'affront aux croyants de l'évoquer en cet instant, surtout vu le peu de bien que je pourrais penser de lui si je croyais en son existence.

La confiance est un mot qui m'est devenu étranger. Mais je peux au moins être franc avec elle, je peux lui accorder déjà cela, à défaut du reste. Elle semble comprendre et j'espère qu'elle saisit toute la difficulté que ce simple pas peut représenter pour moi. Avec le sang que j'ai actuellement sur les mains, il m'est de toute façon impossible de faire plus. Et je n'en ai pas l'intention. Plus maintenant.

Mes quelques paroles lui arrachent un sourire et semblent dissiper quelque peu cette tension qui ne nous quitte guère plus.

"Chaque acte compte Victoire. Chaque pas fait dans les ténèbres qui nous entoure pourra nous aider à retrouver la lumière. Si tu arrives à faire celui qui fera pencher la balance, j'en serais ravi."

Et, d'un ton plus léger.

"Mais toujours aussi inquiet."

Comment lui expliquer que c'est une des rares choses qui me raccroche encore à celui que j'étais avant ? Que cette inquiétude que je ressens pour des personnes comme Victoire, pour ne pas dire qu'elle est la seule en fait, m'empêche de perdre le peu d'humanité qui me reste. Il est vrai que nous ne sommes que des pions dans un grand jeu dont la finalité nous échappe parfois, voire constamment. Mais il faut tout de même avancer.

Quand elle dit qu'elle ne me décevra pas, je me garde bien de lui répondre quoi que ce soit. La déception fait partie de ces sentiments que je n'éprouve plus depuis la mort de Sybille, comme s'il n'avait plus la moindre utilité. C'est le genre de sentiment qui arrive quand on attend encore réellement quelque chose de la vie, autre que de finir un travail déjà commencé depuis deux ans. Et, pour l'heure, ce n'est plus mon cas.

Je laisse néanmoins filer un sourire au reste de ses propos avant de souffler, après l'avoir fixée avec attention.

"Tu pourrais demander. Ne serait-ce que pour voir ce que je te répondrais, la façon dont je le ferais. Les mots comptent, c'est certain, mais la façon de les dire aussi. Parfois même plus, surtout en ces temps où on ne dit jamais la vérité à personne, souvent même pas à soi-même."

Je me retiens de lui souhaiter bonne chance si elle souhaite réellement se renseigner par ses propres moyens. Si j'aimerais qu'elle évite de perdre du temps, il n'est pas impossible que je sois moi-même responsable de la fuite, involontairement. Ou que quelqu'un ne soit impliqué par ma faute. Il y a beaucoup trop d'incertitudes dans cette histoire pour que je ne commence pas à douter de moi-même encore plus que je ne doute déjà des autres.

Mais j'avoue, cette lueur de défi que je vois briller dans ces yeux est pour le moins intéressante. Et, à ses questions, mon sourire se fait plus large.

"Et bien, à dire vrai, je soupçonne tout le monde. Le contraire t'aurait étonné n'est ce pas ? Il faut savoir si notre seule mission a été éventée, si cette explosion est due à l'un des autres réseaux, à des indépendantistes ou, pire, aux allemands. Ce serait aussi une parfaite façon de nous diviser un peu plus et de faire peur aux civils parisiens et les empêcher d'entrer dans la résistance. Il y a tellement de paramètres à prendre en compte que je ne sais pas vraiment où donner de la tête."

Je laisse filer un silence, le temps de reprendre ma respiration et je continue, d'un ton tranquille, réfléchissant à voix haute à mesure que je lui parle.

"Quant à cette réunion…  Après le désastre qui vient de se passer, je pense qu'il serait plus qu'utile de réunir les chefs des différents réseaux. Reste à savoir comment, s'ils seront disponibles et surtout, s'ils seront d'accord. C'est le genre d'évènement prompt à semer la dissension et nous aurions du faire ça avant le défilé. Nous aurions peut-être réussi à faire quelque chose de tangible. Autre que le chaos indescriptible qui a suivi et qui n'est pas prêt de s'arrêter. Que penses-tu de tout ça ?"

Je soupire, fermant les yeux quelques instants, attendant sa réponse. Ses réponses. Ses avis. Peut-être m'aidera-t-elle à y voir plus clair.
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