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 [HANS JAEGER et MAXIME ANDRIEU] Négociations au dessert

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MessageSujet: [HANS JAEGER et MAXIME ANDRIEU] Négociations au dessert   Dim 7 Juin - 15:27

NÉGOCIATIONS AU DESSERT
(Hans Jaeger & Maxime Andrieu)


Maintenir les apparences, dans la diplomatie, c'est important, même lorsque les relations entre deux parties sont tendues... comme par exemple lorsque les forces occupantes ont pris parmi la population occupée des otages pour punir une action contre l'un d'entre eux. Voilà qui a de quoi empoisonner les relations entre deux ambassades, raison pour laquelle il a récemment été décidé que les ambassadeurs d'Allemagne et de Vichy ainsi que leurs équipes, se retrouveraient pour un déjeuner, en toute amitié. Les apparences étant ainsi sauves, peu importent les conversations, du moment que le message lancé est celui de l'entente. Et contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer, les prisonniers ne devaient pas forcément avoir la part belle au cours de ces fameuses discussions.
Il faut dire qu'en dehors de la situation actuelle, chacun a ses propres arrières-pensées, et surtout dans le cas du jeune Maxime Andrieu, ses propres ambitions. Or il n'a pas échappé au jeune homme qui ne perd pas une occasion d'assurer sa progression en politique que Hans Jaeger, l'ambassadeur allemand, est l'un des hommes à avoir dans sa poche pour réussir. Et l'enjeu est de taille ce jour-là, car il y a dans l'air un projet de former un parti de la jeunesse en France, or ce parti aura besoin d'un chef, un jeune, déjà expérimenté, capable de louvoyer en cette période troublée... bref la parfaite description du fils Andrieu, du moins selon Andrieu lui-même. Une telle position lui donnerait des entrées et des opportunités non-négligeables, et il lui faut pour cela l'appui de Jaeger, et ce contre ce « blanc-bec » de Sebastien Cormart, fils d'un collaborationniste reconnu, petit-fils d'un important industriel, et tout aussi motivé que lui.
Voilà donc que l'on se bat pour les faveurs de Hans ! Pourquoi, dès lors, se priver de de tirer parti de la situation ? Après tout, Jaeger aussi pourrait avoir ses propres exigences vis-à-vis du fils Andrieu, dont la famille n'est pas toujours très appréciée, à Vichy comme parmi les Allemands, mais dispose néanmoins d'une influence qui peut s'avérer utile. Or Hans aimerait beaucoup avoir l'occasion de donner un discours à l'Ecole libre de Science Politique où étudie Maxime, et obtenir des garanties de la part d'amis de son père sur divers problèmes politiques... Toute la question est de savoir si Maxime peut effectivement lui obtenir tout cela. Une chose est sûre : il va falloir négocier avec habileté !

Les personnages

- Hans Jaeger. Sa mission : Il est plutôt dans une position de pouvoir dans ces négociations, le but est donc d'obtenir un maximum de la part de Maxime Andrieu, sans se faire avoir par une promesse en l'air. Il faut aussi éviter que Fritz Brechenmacher (un militaire !) vienne mettre son nez partout où on ne lui a rien demandé, ce qui semble être sa spécialité.  
- Maxime Andrieu. Sa mission : S'il sait que le nom de son père peut être un avantage autant qu'un inconvénient, il s'agit de l'utiliser habilement, ainsi que sa propre expérience, pour obtenir la garantie d'être placé à la tête du parti s'il venait à voir le jour, et de faire avec la concurrence de Sebastien Cormart. Il faut aussi dissimuler à Hans Jaeger qu'il n'a pas forcément l'influence nécessaire pour faire ce qu'il lui demande...  
-  Sebastien Cormart (PNJ), concurrent direct de Maxime sur la question du parti. Issu d'une famille qui est désormais très liée aux Allemands, il part plutôt favori.
- Fritz Brechenmacher (PNJ) qui est présent essentiellement pour discuter avec l'ambassadeur de Vichy (il a des informations de première main sur la découverte d'une statuette égyptienne dans le désert africain) mais aime mettre son nez partout, et donner son avis sur ce qui est entrain de se négocier.
- Maximilian Weiss (PNJ) chargé de délivrer un certain nombre de notes de service à des officiers dont il n'arrive pas à se souvenir la figure, et donc qu'il ne trouve pas ou sur lesquels il fait erreur.

Informations

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MessageSujet: Re: [HANS JAEGER et MAXIME ANDRIEU] Négociations au dessert   Mar 14 Juil - 18:43

Un bon repas, des gens qui se battaient pour obtenir son attention voire ses faveurs. Autant le dire tout de suite, Hans était dans son élément et, bien entendu, dans ses petits souliers. Il savourait avec autant de discrétion dont il était capable, c'est-à-dire pas grand-chose autant être honnête, le fait d'être au centre de l'attention et de pouvoir décider de la façon dont les négociations pourraient bien tourner.

Car, bien évidemment, ce n'était pas uniquement un déjeuner d'agrément. Chaque plat était particulièrement savoureux, à croire que ces français savaient encore se débrouiller avec un rien ou qu'ils avaient des réserves bien cachées. Mais Hans, tout appréciateur de bonne chère qu'il était, focalisait toute son attention sur les différents convives de la tablée.

La présence de Brechenmacher l'horripilait, autant le dire tout de suite. Il essayait en plus de capter constamment son attention et, s'il n'avait pas été militaire, Hans aurait probablement été ravi de parler de cette statuette égyptienne. Malheureusement pour lui, ce n'était pas le cas et l'uniforme lui sautait aux yeux à chaque fois qu'il se tournait vers lui. Et, en plus, il avait l'impression qu'il essayait de fouiner pour trouver des informations qui ne le regardaient pas. L'ambassadeur n'aimait pas les gens trop curieux, il n'y avait que lui qui pouvait se le permettre, songeait-il avec toute cette mauvaise foi dont il était capable.

"Mon cher ambassadeur, vous devez absolument passer voir les photos de cette petite merveille dans mon bureau, vous ne pourrez qu'être sous le charme."

"Et cette pièce ira certainement agrémenter le musée de Berlin je suppose. Ou avons-nous une chance de la voir passer par Paris avant ? Sinon, vous allez juste me faire miroiter des splendeurs que je n'approcherais que lors de mon retour dans notre grande nation, ce serait injuste."

"Et bien, justement, c'était de cela que je voulais parler avec vous. Avec votre aval, certains spécialistes pourraient l'étudier de plus près. Les français sont des rustres mais ils ont des connaissances sur l'Egypte qui dépassent de loin celles de nos propres spécialistes."

L'ambassadeur leva la main en direction du militaire et décocha une grimace en direction des deux jeunes hommes qui lui faisaient face.

"Ne faites pas attention à ce qu'il dit. Il y autant de rustres en Allemagne qu'en France, l'amour que notre ami porte à notre grand pays est plus fort que tout le reste et l'empêche parfois d'être totalement objectif."

Son regard s'attarda sur les deux hommes alors qu'il les observait avec une curiosité non dissimulée. Autant le dire tout de suite, c'était la présence de Sebastien Cormart et de Maxime Andrieu qui l'intéressait réellement. Pour l'heure, ils s'étaient tous contentés d'échanger des banalités, aucun des deux ne semblant vouloir mettre les pieds dans le plat et Hans se demandait s'il n'allait pas devoir s'y coller.

"Fritz, je compte sur vous pour me faire parvenir cette merveille par tous les moyens que vous jugerez nécessaires. Pour tous les aspects techniques, voyez avec fraulein Becker, elle est pleine de ressources."

Elle serait probablement furieuse qu'il lui refile le bébé de la sorte, sans même l'avoir prévenue mais Hans se doutait que le militaire serait sous le charme de la jeune femme et lui en apprendrait peut-être plus s'il ne le faisait pas dans l'immédiat.

"Et si vous souhaitez me montrer ces photos, je compte sur notre cher Weiss pour me les apporter. Qu'en dites-vous mon cher ?"

Le plaisir de voir le visage de Weiss s'empourprer à sa remarque était petit et probablement mesquin. Mais peu importait, Hans s'amusait toujours de voir la réaction de cet incompétent notoire. Klara lui disait qu'il pouvait faire preuve d'un peu de compassion, surtout après ce qui lui était mais, au mieux, Hans avait pitié lorsqu'il était de bonne humeur et, lorsqu'il était de très bonne humeur, il se faisait taquin, comme en cet instant précis.

Repoussant alors son assiette soigneusement vidée et sans même vraiment attendre une réponse de Weiss, l'ambassadeur avala une gorgée de vin avant de reprendre, d'un ton léger.

"Alors messieurs, de quoi notre chère jeunesse avait envie de discuter aujourd'hui ? N'allez pas me dire que vous veniez uniquement profiter de ma compagnie, je vous aurais cru si mon épouse s'était jointe à nous. Par contre, si vous me dites être venus pour le repas, je ne saurais vous en vouloir."

Puis, d'un signe de tête au serveur qui sembla comme se téléporter pour apparaître juste à coté de lui, il ajouta, d'un ton amusé.

"Bien. Qu'est ce que vous nous proposez comme dessert. Ne me décevez pas surtout."

"Monsieur, nous avons une délicieuse tarte à la rhubarbe ou une tarte aux pommes accompagnée de glace à la vanille."

Prenant faussement le temps de la réflexion, l'ambassadeur jeta un bref regard aux autres convives avant de lâcher, un large sourire flottant sur son visage.

"Faisons fi de l'avarice et apportez-nous les deux."

Le rationnement était un terme qui n'était que vaguement familier à Hans. Enfin si, il n'avait plus de beurre au petit-déjeuner et de crème dans son café, voilà tout ce qui changeait pour l'ambassadeur qui avait toujours vécu dans un luxe qu'il se refusait à abandonner. Avoir mauvaise conscience ne l'aiderait guère et ce n'était pas en se privant de petit pain que les braves soldats allemands mangeraient plus.

Quant aux français... et bien, s'il était attaché à eux, ils ne pouvaient tout de même s'en prendre qu'à eux-même. Pourtant, un peuple qui avait faim n'était pas un peuple facile à canaliser et à diriger, c'était une problématique que Jaeger gardait tout de même en tête, sans bien trop savoir encore comment y remédier.
En temps de guerre, les choses étaient toujours bien trop complexes, surtout lorsque les militaires y mettaient leur grain de sel. Les choses s'arrangeraient certainement plus tard, lorsque le Reich se serait imposé dans tout le monde civilisé.
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MessageSujet: Re: [HANS JAEGER et MAXIME ANDRIEU] Négociations au dessert   Lun 26 Oct - 16:30

On ne fait jamais autant de politique entre le fromage et le dessert, s'était un jour exclamé un vieux député invité (pour des raisons tout à fait intéressées) à dîner chez les Andrieu. Force était de constater qu'il avait raison, et ce quelles que soient les circonstances, y compris maintenant qu'il n'était plus question de discuter d'alliances et de la meilleure façon de faire tomber un gouvernement à la Chambre. Ces grands déjeuners, où l'on ne faisait même plus mine de venir sans arrières-pensées, étaient toujours les mêmes, seuls les invités avaient changé – pour une partie d'entre eux du moins. Certaines couleurs politiques s'étaient brusquement retrouvées sous-représentées (si elles n'avaient pas totalement disparu), mais leurs sièges n'étaient pas vides pour autant : les Allemands s'étaient empressés de faire main-basse dessus, si bien qu'ils étaient maintenant de tous ces repas, et par conséquent, partie prenante de toute la politique que l'on pouvait bien faire entre le fromage et le dessert. Leur présence ne gênait pas outre-mesure le cadet des Andrieu – après tout, dans la famille, on avait l'habitude de s'adapter aux circonstances pour en tirer le plus de profit possible. Il ne s'offusquait pas d'entendre l'accent germanique se mêler aux conversations, du moins tant que la situation apparaissait comme provisoire. Viendrait un moment où les Allemands, même s'ils finissaient par remporter cette guerre, devraient bien finir par laisser la France se diriger par elle-même. Pour l'heure, les vieux reliquats d'un régime dépassé qui prenaient les eaux à Vichy n'en étaient pas capables, mais l'occupation ne pouvait être que temporaire. Et lorsqu'elle prendrait fin, Maxime estimait qu'il serait temps pour une nouvelle génération de prendre les choses en main – sa génération, évidemment. Mais en attendant, ce n'était pas à Vichy que les carrières se faisaient les mieux, il fallait donc bien faire avec les Allemands. Raison pour laquelle le jeune homme se sentait tout à fait à l'aise à ce déjeuner, et plus encore, comptait bien tirer son épingle du jeu.

- Et cette pièce ira certainement agrémenter le musée de Berlin je suppose. Ou avons-nous une chance de la voir passer par Paris avant ? Sinon, vous allez juste me faire miroiter des splendeurs que je n'approcherai que lors de mon retour dans notre grande nation, ce serait injuste.
Hans Jaeger, l'ambassadeur allemand, en grande forme, qui recevait aujourd'hui son homologue de Vichy à Paris, était aux yeux de Maxime tout l'intérêt de ce déjeuner. Le diplomate, quoi que plus déjanté que la plupart de ses compatriote, avait de l'influence, or Andrieu avait besoin d'un appui de cette envergure au moins pour arriver à ses fins. L'on songeait en effet, en haut lieu, à créer un parti de la jeunesse, et ce parti avait besoin de dirigeants, et notamment de quelqu'un pour en prendre officiellement la tête, poste sur lequel il lorgnait évidemment, avec la conviction qu'il y avait quelque chose d'intéressant à faire de ce projet, loin des idéologies extrêmes des uns et des autres. Un peu de rationalité ne ferait de mal à personne, or Maxime était un jeune homme de son propre avis quelqu'un de tout à fait rationnel. Et de bien mieux qualifié que ce blanc-bec de Sébastien Colmart qui, installé à côté de lui, osait lui faire de l'ombre. Et tenter, lui aussi, de se faire remarquer de Jaeger, lequel était pour le moment plongé dans une conversation à base de statuette égyptienne avec le chef de la sécurité allemande, Brechenmacher, dont les propos firent lever un sourcil à Andrieu.
- Ne faites pas attention à ce qu'il dit, répliqua Jaeger en se tournant vers les deux jeunes hommes. Il y a autant de rustres en Allemagne qu'en France, l'amour que notre ami porte à notre grands pays est plus fort que tout le reste et l'empêche parfois d'être totalement objectif.
- Au moins, vous nous reconnaissez quelques talents en égyptologie, c'est déjà ça ! lança Maxime avec humour. Enfin, vous n'aurez pas à chercher votre spécialiste très loin, vous connaissez la passion de notre nouvel ambassadeur pour ces statuettes, il en a une véritable colonie dans son bureau. Je suis sûr que Cabanel sera intarissable sur la question.
Le ton du jeune homme n'était exempt d'une touche d'ironie, lui qui considérait que l'égyptologie était bien, pour le coup, le seul véritable talent de Cabanel ou à peu près. Mais on lui passa cette petite pique, et Jaeger balaya enfin le sujet « Egypte » d'un revers de la main en renvoyant Brechenmacher vers sa secrétaire, et un certain officier borgne à un rang de messager qui n'avait pas l'air de lui plaire.

- Alors messieurs, de quoi notre chère jeunesse avait envie de discuter aujourd'hui ? N'allez pas me dire que vous veniez uniquement profiter de ma compagnie, je vous aurais cru si mon épouse s'était jointe à nous. Par contre, si vous me dites être venus pour le repas, je ne saurais vous en vouloir.
Maxime esquissa l'un de ces rictus qui n'appartenaient qu'à lui, mais Colmart – qui n'avait pas eu le temps de réagir auparavant – fut cette fois plus rapide que lui dans le compliment facile.
- Disons que votre compagnie et le repas sont deux arguments tout à fait convaincants, lança le concurrent d'Andrieu. Quel dommage de toujours devoir gâcher ces moments avec de la politique...
Ce type qui n'avait pour lui que d'être le fils n'avait définitivement pas l'air bien fin mais, comme l'avait un jour écrit La Rochefoucauld, le vrai moyen d'être trompé c'est de se croire plus fin que les autres, Colmart devient bien avoir quelques cartes à jouer, sinon il ne serait pas là. Il savait fort bien, pour avoir été à plusieurs reprises membre des mêmes comités et organes politiques que lui, que Maxime Andrieu ne se lançait jamais sans avoir quelques ressources. La réciproque était vraie, et tandis que l'ambassadeur interrogeait un serveur sur le dessert, Andrieu prit un instant pour jeter un regard à son adversaire. Colmart avait pour lui d'être le fils d'un homme très en vue à Vichy et surtout, chez les Allemands quand Camille Andrieu, de son côté, n'était pas en état de grâce dans la nébuleuse de la station thermale reconvertie en simulacre de gouvernement (à l'exception de quelques obligés).
- Vous avez connaissance, je crois, du projet de construire un nouveau parti autour de la jeunesse française ? lança Maxime une fois les considérations gastronomiques évacuées, sans laisser le temps à Colmart d'aborder le sujet lui-même. Il va de soit que ce projet ne fonctionnera comme nous le souhaitons que si nous collaborons efficacement entre Français et Allemands. Et nous savons à quel point vous êtes attachés à la bonne entente entre nos deux pays...
- Il paraît donc plus que normal de nous entretenir avec vous de cette affaire, avant de lancer véritablement la machine, le coupa Colmart avec un sourire affable.
Maxime ne se laissa pas aller au moindre geste d'impatience, au contraire, il s'appuya confortablement sur le dossier de sa chaise, sans véritablement avoir besoin d'affecter la détente : il n'était pas de nature inquiète, même dans ce genre de moments.

La conversation fut un instant interrompue par l'arrivée d'un Weiss bougon, le nez penché sur un bout de papier. Il s'arrêta face aux deux jeunes gens, et les dévisagea, avant de s'adresser à Maxime.
- Monsieur Colmart ? On vous demande au téléphone... Mais rapidement, Andrieu le coupa.
- Ah non, vous faites erreur ! lança-t-il avant d'abattre sa main sur l'épaule de son compagnon. Voici Colmart, n'allez pas nous confondre, vous le vexeriez !
L'intéressé fit mine de rire lui aussi à cette boutade, puis se leva, non sans un regard méfiant vers Andrieu qu'il connaissait assez pour savoir qu'il allait profiter de cette absence pour tenter de prendre les devants. Maxime, en effet, le suivit un instant du regard, et dès qu'il fut hors de portée de voix, se tourna vers Jaeger, un sourire énigmatique aux lèvres.
- Faisons fi des faux semblants, si vous me permettez, déclara-t-il, avec plus de sérieux. Ce nouveau parti aura besoin de gens compétents à cette tête, et si ce cher Colmart n'est pas totalement un incapable, eh bien... Disons qu'il n'a pas les épaules. Je le connais bien, c'est un idéologue.
Maxime s'interrompit un instant, le temps pour le serveur de déposer les tartes réclamées un peu plus tôt sur la table. Il en profita pour jeter un œil autour d'eux, mais chacun semblait vaquer à ses petites intrigues, en conséquence l'ambassadeur et le jeune homme ne se démarquaient pas particulièrement dans le décor.
- Et en dehors de la question des capacités, poursuivit-il en attaquant une part de tarte, je suppose que vous n'êtes pas insensible aux échanges de bons procédés. Le nom de mon père compte beaucoup en haut lieu.
Le jeune homme grossissait sciemment les choses. Il avait tout à fait conscience que son père n'avait pas le bras aussi long qu'il le prétendait, mais le tout lorsque l'on bluffait était de ne pas se trahir, voilà tout. Et à ce petit jeu, Maxime qui fixait désormais l'ambassadeur en attendant sa réponse, était assez doué. Il fallait juste qu'il arrive à se débarrasser de la concurrence de Colmart, qui n'allait pas tarder à revenir.

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MessageSujet: Re: [HANS JAEGER et MAXIME ANDRIEU] Négociations au dessert   Jeu 7 Jan - 19:00

L'allemand s'était régalé. Il avait apprécié la compagnie de ses convives et même Brechenmacher avait été pour le moins agréable. Comme quoi, tout pouvait arriver. Il s'amusait encore et toujours de Weiss, il ne fallait pas changer les bonnes habitudes et il sentait maintenant que, maintenant que les estomacs étaient bien remplis, les choses sérieuses allaient bientôt pouvoir commencer.

Le sujet des statuettes revint sur le tapis, après avoir tenté une timide approche juste après les entrées. Là encore, ce fut un échec, même si Hans ne put s'empêcher de répondre, d'un ton taquin.

"Oh mais mon cher, je suis tout disposé à reconnaitre à nos amis français de nombreuses qualités. Sinon je ne serais pas en train de déjeuner avec deux de leur jeunesse flamboyante, vous ne croyez pas ?"

Il en faisait probablement trop. Certainement même. Mais il était habitué à ce que l'on attende de lui qu'il soit fantasque et toujours prêt à avoir le dernier mot. Comme c'était un rôle qui lui plaisait et qui lui seyait plutôt bien, il ne se faisait pas prier quand il fallait en rajouter, comme en cet instant précis. Surtout lorsqu'il fallait voler la vedette à un militaire pour le moins guindé qui n'avait qu'une envie, c'était de faire mainmise sur des possessions dont il ignorait certainement la véritable valeur. L'ambassadeur avait bien entendu envie que ces pièces aillent en Allemagne, mais il souhaitait tout autant qu'elles soient appréciées comme elles le méritaient ce qui, avec cet individu, n'était pas vraiment gagné.

Il laissa échapper un sourire en coin au reste des propos du jeune Andrieu, notant mentalement d'aller discuter avec son nouvel homologue de sa passion pour l'Egypte. Visiblement, au vu de l'ironie dont faisait preuve le jeune homme et qui semblait échapper aux autres convives, c'était soit une qualité peu recommandable, soit la seule, allez savoir. Et l'idée de mener sa petite enquête à ce propos plaisait bien entendu à Jaeger. Le contraire aurait était étonnant, n'est ce pas ?

"Vous parlez de Cabanel ? Laissez donc faire les vrais spécialistes. Monsieur l'ambassadeur je suis certain que vous…"

Jaeger leva les yeux au ciel, son attitude exagérée faisant taire dans l'œuf toute tentative du militaire d'aller plus loin. Pour le moment en tout cas. L'allemand savait que ces fichus militaires étaient capable de tout et surtout du pire. Il était pour l'heure de très bonne humeur et espérait que la chose ne changerait pas à cause de lui.

Se tournant ostensiblement direction des deux jeunes hommes, Hans leur offrit un sourire affable alors qu'il les observait avec une curiosité non dissimulée. Il avait hâte de voir de quoi tous les deux étaient capables et ils lui permettaient d'ignorer le militaire bougonnant à ses cotés. Que demander de plus ? Ah oui, des desserts. Voilà qui était tout simplement parfait.

"Economisez vos flatteries Sebastien. Vous en aurez besoin pour plus tard et je suis pas si aisément corruptible. Enfin, si vous avez une bonne bouteille de Bordeaux…"

Brechenmacher toussota, n'appréciant visiblement pas la plaisanterie alors que Weiss, qui passait tout près d'eux, s'éclaffa, essayant vaguement de faire bonne impression. Le regard pétillant de malice, Hans leva son verre dans leur direction avant de reprendre, toujours sur un ton aussi léger.

"Et puis, l'homme est naturellement un animal politique comme le disait ce cher Aristote. Il est normal que nous finissions tôt ou tard par aborder le sujet, vous ne pensez pas ?"

Le fils Andrieu reprenant la parole dès que l'occasion lui en fut donnée, le sourire de Jaeger se fit plus large alors que les deux jeunes gens semblaient vouloir capter son entière attention. Se tapotant le nez, la mine faussement pensive, il hocha alors brièvement la tête aux quelques échanges, se contentant de rétorquer, avec une rare sobriété.

"Je vois. Et vous pensez être les hommes de la situation."

L'idée séduisait Hans. Après tout, ils étaient l'avenir de la France et l'ambassadeur ne voulait pas qu'elle disparaisse, totalement écrasée par sa grande nation. Il était près à faire certaines concessions pour garder cette culture et cette philosophie qu'il avait appris à apprécier depuis sa plus tendre enfance mais il n'était tout de même pas totalement inconscient. Ce parti pouvait être un levier particulièrement efficace s'il était bien utilisé et il était bien évidemment hors de question de le laisser aux mains des militaires.

Jetant un regard en coin à Brechenmacher qui ne semblait pas avoir compris tout l'intérêt que revêtait cette conversation, Hans s'apprêtait à continuer avant que Weiss ne refasse son apparition, toujours aussi confus. Il réprima un rire en le voyant confondre une fois de plus les deux jeunes gens et suivit Cormart des yeux alors qu'il s'éloignait, visiblement peu ravi d'être ainsi évincé, même le temps d'un coup de fil.

Bien évidemment, Andrieu ne perdit pas de temps et Hans se pencha vers lui, l'écoutant avec attention. Après quelques instants de silence, il souffla alors, non sans malice.

"Vous avez toute mon attention Maxime. Et vous avez le champ libre pour me convaincre que vous seriez le mieux placé pour mener ce projet à bien. J'oserais, je dirais que ce coup de téléphone est tombé particulièrement à point nommé."

Tapotant du bout des doigts sur la table, il reprit, toujours sur le même ton.

"Bien. Quelles sont les compétences dont vous pensez être doté et qui font de vous l'homme de la situation. Nous aborderons ensuite votre nom si prestigieux. Je ne suis pas insensible à ce genre d'arguments mais, si vous êtes incompétent, cela ne vous sauvera pas, vous savez."

Un peu de franchise ne faisait pas de mal et, au moins, Hans rappelait ainsi qu'il attendait beaucoup de cette organisation si elle était bien tenue. Le jeune avait tout à y gagner s'il s'y prenait bien, tout comme Jaeger.

Et à coté d'eux, Brechenmacher bailla à s'en décrocher la mâchoire, son attention entièrement portée sur les desserts. Visiblement, il était vexé ou peu intéressé. Dans les deux cas, c'était exactement ce qu'il espérait.

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