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 Portfolio d'une photographe au SOE

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Caroline Sinclair
◆ Ordonnance ◆



Féminin

■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 264
■ avatar : Keri Russell
■ profession : Secrétaire (non) (surtout complice) d'Edouard Cabanel, radio du SOE.

PAPIERS !
■ religion: Elle ne croit pas en Dieu, c'est une perte de temps !
■ situation amoureuse: Mariée à un aviateur des FFL actuellement en mission en Afrique du Nord.
■ avis à la population:

MessageSujet: Portfolio d'une photographe au SOE    Ven 4 Déc - 23:38


Caroline Karolina Sinclair
Keri Russell (c) Tumblr



Etat-civil
♠️ Résistants
Caroline vient d'être parachutée pour être la radio du réseau PILOT du SOE, mais aussi et surtout pour servir de secrétaire partenaire à Edouard Cabanel.
♠️ 31 ans
Notre photographe-résistante est née en Pologne, à Varsovie, par un froid mois de janvier 1912.
♠️ Franco-polonaise
Française et polonaise, Caroline ne renierait l'une de ces deux nationalités pour rien au monde ! Enfin... sauf en cas d'extrême urgence. Un contrôle par exemple. Être polonaise, ça ne se fait pas, ces derniers temps.
♠️ Mariée
Caroline a pris le nom de Sinclair en épousant, en 1938, un aviateur rencontré en Espagne, aujourd'hui envoyé en Afrique du Nord par ce cher de Gaulle (ou pas). De ce fameux époux André, elle a eu en 1940 une petite fille, Alice, restée en Angleterre.
♠️ Athée
Pas de temps à consacrer à ce genre de sornettes, voyons !
♠️ Secrétaire à l'ambassade de Vichy
Entre autres, et même si elle ne sait pas taper à la machine ! Elle est surtout une agent du SOE, envoyée pour servir de radio pour le réseau PILOT et son soit-disant patron, Cabanel. Mais dans une autre vie, Caroline était photographe sous le pseudonyme de Kapa.


Interrogatoire

♠️ A-t-il des manies ou des tics ? A force de fréquenter Caroline, on ne peut manquer de remarquer une manie en particulier : elle a constamment besoin d'occuper ses mains. En conséquence, elle est toujours entrain de tripoter quelque chose, un vêtement, un petit objet (ce dont on se rend généralement compte quand elle finit par le faire tomber). Par ailleurs, la guerre ayant et la clandestinité ayant fait leur effet, Caroline a tendance à se montrer parfois un peu paranoïaque, et jeter un regard dans son dos, vérifier plusieurs fois que les portes sont fermées, que rien ne cloche sont devenus autant de réflexes dont elle ne peut se défaire.
♠️ Son livre préféré ? Question difficile pour l'ancienne étudiante en lettres ! Mais ses deux livres de chevet sont incontestablement Vol de nuit de Saint Exupéry et L'Espoir de Malraux, dont les héros lui rappellent parfois ses propres aventures. Il fut un temps où elle avait évidemment une énorme collection de recueils de photographies.
♠️ Son lieu préféré dans Paris ? Les lieux de la Bohème des années d'avant-guerre ! La Coupole à Montparnasse avait ses faveurs, ainsi que celles du petit groupe d'artistes et autres photographes qu'elle fréquentait.
♠️ Aime-t-il sortir et où ? Caroline a toujours aimé sortir, hélas ces derniers temps, les occasions manquent... et tous les lieux qu'elle aimait fréquenter ont perdu de leur superbe. Elle aimait aussi à se promener dans les rues, à la recherche d'un cliché à prendre. Mais son matériel s'est envolé, et elle a désormais bien d'autres occupations.
♠️ Comment vit-il les restrictions et les privations ? Mal, évidemment. Caroline est une jeune femme facilement contrariée, et manquer de tout n'est pas pour lui plaire ! Heureusement, elle sait aussi vivre à la dure, clandestinité oblige. Mais enfin, il serait temps qu'on leur rende le café !
♠️ Son avis sur les Allemands et l'occupation ? Du loin de sa Pologne natale, Caroline ou Karolina n'a jamais eu une très haute opinions de ses voisins allemands. Les récents événements n'ont évidemment pas arrangé les choses entre elle et les Teutons. Avis très défavorable donc, en conséquence, ils n'ont qu'à bien se tenir !
♠️ Son avis sur les juifs ? Caroline n'est pas juive elle-même, ou du moins, elle ne croit pas en Dieu. Mais la famille Pakoslawski, issue de la grande bourgeoisie de Varsovie, l'est, juive. Quelques grands parents, quelques oncles, des cousins, des beaux frères ou des belles soeurs... Sans compte ses amis photographes parisiens : Caroline fait, en quelques sortes, partie de cette communauté. Comme dirait ce cher Lamartine : "je suis de la couleur de ceux qu'on persécute."
♠️ Son avis sur les manifestations ? Il fut un temps où Caroline n'aurait pas hésité à se joindre aux manifestations, ne serait-ce que pour le simple plaisir de protester ! Mais ces rassemblements, maintenant, en pleine occupation... C'est bien trop dangereux, et bien trop inutile à ses yeux. Les Allemands ne se laisseront pas chasser par des slogans.  
♠️ Son avis sur le gouvernement de Vichy et la politique de collaboration ? "Tous des pourris" ; avis fort nuancé s'il en est. Elle les considère comme un ramassis de vieux lâches, dépassés à la fois par l'époque et par les événements, dont la politique est une catastrophe du début à la fin. C'est dire si elle est ravie de travailler... avec l'ambassadeur de Vichy lui-même. Hum.


Qui suis-je ?

☆ Prénom/Pseudo ?
Zazou.
☆ Age ?
MYSTÈRE, haha .
☆ Etudes/Travail ?
Etudiante en histoire.
☆ Où as-tu connu YT ?
Il y a fort fort longtemps, par un autre forum !
☆ Un truc à nous dire ?
Je suis venue réserver un PV. J'ai vu plein de liens du PV inscrits. J'ai vaincu la voix de ma conscience face



₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise.


Dernière édition par Caroline Sinclair le Sam 5 Déc - 12:21, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Ven 4 Déc - 23:38


Biographie

C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière (Edmond Rostand)



Aérodrome de Tempsford
Mai 1943

- Bleu pour la Benzédrine, blanc pour le cyanure... Pas d'erreur, hein ? Pas besoin de te rappeler que si la première te tient réveillée pour des heures, avec l'autre, bye bye baby, tu pars pour une bonne nuit éternelle, et en bavant en plus !
Tout en s'emparant des deux petites pilules qu'on lui tendait, Caroline leva les yeux au ciel. Cette plaisanterie, Johnny (de son petit nom) la faisait à chaque fois qu'un agent s'apprêtait à être parachuté – ce qui signifiait qu'elle l'avait déjà entendue, presque mot pour mot, un an auparavant. Déjà à l'époque elle n'avait pas eu besoin de ce petit rappel de dernière minute pour avoir une idée assez imagée et claire de l'effet du cyanure. Ce n'était pas au deuxième parachutage qu'elle avait oublié les descriptions enthousiastes et vaguement repoussantes du seul professeur de Beaulieu capable de passer cinq minutes à expliquer la meilleure façon de coincer la pilule entre ses dents, puis de croquer dedans en cas de besoin, histoire d'offrir aux bourreaux de la Gestapo un petit spectacle d'adieu.
- Ça va, on le saura, marmonna donc Caroline en glissant les précieux cachets dans une des poches de sa combinaison, au cas où le grand saut la ferait atterrir tout droit dans les bras des Allemands.
Le cher SOE de Churchill, et Buck en particulier, savaient soigner les départs de leurs agents. Après un dîner gargantuesque à Hasell's Hall  qui aurait presque des allures de dernier repas du condamné si on en profitait pas pour profiter une dernière fois de toutes les joies des soirées interdites en France par le couvre-feu et les restrictions, Caroline avait été fouillée de près afin de vérifier qu'elle ne gardait rien de compromettant sur elle (étape à l'issue de laquelle une sorte de gouvernante grisonnante avait pu lui faire les gros yeux et la soulager de la photo d'une petite fille qu'elle avait réussi à dénicher, sous l’œil boudeur de la jeune femme). Puis on l'avait amenée dans cette grange qui avait des allures de caverne d'Ali Baba. Quel que soit le mur vers lequel Caroline levait les yeux, des étagères s'affaissaient sous le poids du bric-à-brac qui s'entassait dessus et dans lequel des types comme Johnny avaient le pouvoir surnaturel de retrouver ce qu'ils voulaient. Pourtant, même le désordre organisé (ou presque) dans lequel elle avait tendance à laisser ses affaires pouvait sembler impeccable comparé à la grange du petit aéroport plus ou moins secret de Tempsford. 
- Bon, voilà tes papiers miss Sinclair. Tu connais la chanson, ajouta Johnny en tapotant les poches concernées après l'avoir aidée à enfiler le reste de sa combinaison : couteau, trousse de secours, pelle pour enterrer le tout. Le Mauser bien de chez tonton Hitler... Et ma petite touche personnelle.
Un sourire complice aux lèvre, il lui montra la petite photo qu'on lui avait confisquée plus tôt et sur laquelle souriait de toutes ses dents Alice, sa fille. Caroline fut si surprise de cette attention qu'elle en reste un instant muette (un exploit).
- Comment est-ce que tu as fait ?
- T'as raison, ne me remercie pas, surtout !
répliqua Johnny en glissant la photo dans une poche. Ah vous les français...  Allez, get out, j'en ai fini avec toi. Et comme on dit chez toi... Powodzenia !
Caroline, qui n'était pas douée pour les effusions (ou du moins, pas dans une telle situation), se contenta d'un signe de tête assorti d'un sourire amusé. Il y avait longtemps qu'on ne s'était pas adressé à elle dans sa langue maternelle, quand bien même on croisait parfois quelques Polonais dans les diverses maisons du SOE.

Car elle était bien polonaise, cette agent que Buck s'apprêtait à faire larguer en territoire occupé par l'armée allemande. Karolina Pakoslawski - de sa véritable identité - était même née à Varsovie, trente et un ans plus tôt, au sein d'une famille bourgeoise qui n'aurait pas renié la façon altière dont elle levait parfois le menton pour jauger ses interlocuteurs, ou plutôt les défier si l'on devait être tout à fait honnête. En revanche, les Pakoslawski auraient sans doute été plus perplexes en sachant leur fille reconvertie en espionne de Churchill, sur le point d'être parachutée dans un pays où ils l'avaient bien envoyée des années plus tôt, mais dans un tout autre but : la France. Caroline eut une pensée amusée pour son père, pur produit de la haute bourgeoisie de Varsovie, philosophe, essayiste, juif modéré et même homme politique à ses heures perdues et qui, en dehors des moments où il se laissait aller à philosopher, se montrait très soucieux des convenances. Jakub Pakoslawski n'avait jamais fait que deux exceptions à cette règle. Lorsqu'il avait soutenu le coup d’État du maréchal Józef Piłsudski qu'il avait toujours apprécié (même s'il avait trouvé le moyen de trouver à redire sur la forme, notamment sur les combats en plein Varsovie qui l'avaient obligé à cacher toute sa petite famille dans un grenier très peu convenable) et dont il était resté proche par la suite. Et surtout, lorsqu'il avait épousé sa femme, Irenka Soldenhoff, une véritable lady de l'Est comme on aimait à la surnommer dans son entourage, très sensible aux manières elle aussi, mais profondément incroyante et beaucoup plus délurée que son éternelle élégance ne pouvait le laisser paraître. Ce n'était pas tant Irenka, elle aussi issue d'une famille respectable de Varsovie, qui forçait les convenances, que la raison pour laquelle ils s'étaient mariés, à savoir Jan. Le fils aîné, arrivé un peu trop tôt pour avoir réellement été conçu peu de temps après le mariage, et dont on murmurait volontiers qu'il aurait fort bien pu naître illégitime. Heureusement, en apparence du moins, les convenances avaient été respectées et Jakub et sa femme s'étaient assez accommodés de cette union pour avoir un deuxième enfant.

Karolina avait vu le jour en 1912, dans la chambre aux murs tapissés de livres et de tableaux de sa mère, collectionneuse compulsive et frustrée de n'avoir pas le talent d'être elle-même une véritable artiste. La fillette avait grandi dans la bibliothèque (en grande partie francophone), entre deux bagarres avec son grand frère, et une trentaine d'année plus tard, Caroline ne put s'empêcher de songer que Jan aurait bien surpris s'il savait à quel point elle avait progressé dans ce domaine – et désappointé de se voir mis à terre par sa petite sœur, même dans son bel uniforme d'officier de l'armée dont il aimait tant à se parer avant la guerre sous l’œil attendri de sa femme, Nadzeija, et de leur petite fille. Elle pouvait presque imaginer son air ahuri, mais alors qu'elle sortait de la grange de Tempsford pour gagner le tarmac où d'autres silhouettes l'attendaient, elle chassa avec amertumes ces pensées de son esprit. Elle n'avait pas vu son frère, ni ses parents, ni le reste de sa famille depuis le printemps 1939, date à laquelle la jeune mariée qu'elle était leur avait rendu visite avec André, son époux. Elle n'avait aucune nouvelle d'eux depuis le début de la guerre, seulement les échos déformés de ce qui se passait en Pologne. Juste de quoi rendre l'optimisme difficile, et l'espoir de les revoir ténu. Proches du gouvernement, juifs pour la plupart, francophiles, riches... Les Pakoslawski avaient tout pour déplaire aux nazis. Et connaissant son père, mortifié même des années plus tard d'avoir dû un jour se cacher dans un grenier, Caroline savait qu'ils n'avaient pas fui. Dans ces conditions, l'adage « pas de nouvelles, bonne nouvelle » n'était plus exactement d'actualité.

- Ah, la voilà ! C'est pas trop tôt, dis donc, tu sais qu'on se gèle à t'attendre ici ?
Une voix connue rappela à la jeune femme qu'il n'était pas l'heure d'être mélancolique. Engoncée dans la combinaison qui gênait la moitié de ses mouvements, elle se dirigea à petits pas vers les trois hommes qui l'attendaient. Celui qui avait parlé, Frédéric, s'appuyait sur une paire de béquilles qui devaient probablement le faire souffrir, mais depuis qu'il avait été rapatrié à Londres après avoir été blessé à Paris, l'ancien chef du réseau PILOT tenait à faire sa convalescence dans les maisons du SOE où, faute de pouvoir repartir, il pouvait au moins passer sa longue convalescence à tenir compagnie aux agents sur le départ. A côté de lui, Paul, un jeune bordelais que Caroline avait rencontré deux mois auparavant à Beaulieu, était lui aussi en combinaison : il décollait après elle. Quant au troisième, elle n'avait d'abord pas voulu croire au hasard lorsqu'elle l'avait croisé au tout début de son entraînement par le SOE : Nick (qui s'appelait en réalité Nikolaj, mais avait décidé depuis bien longtemps qu'il aurait plus de chance de réussir dans la vie en ayant l'air britannique), l'un de ces photographes parisiens avec lesquels elle avait pris ses quartiers à la Coupole, son vieil ami, avait bien lui aussi mis les voiles pour l'Angleterre, avant d'être recruté par ce cher Buckmaster. Après des échanges de point de vue sur tout et n'importe quoi, accompagnés généralement de quelques pintes de bière, ils avaient partagé des longues séances de parcours du combattant et autres joyeuseté que le SOE réservait à ses élèves. Lui aussi avait déjà effectué une mission en France, et s'il n'était pas « ON » ce soir, il le serait sans doute dans les jours à venir. A subir, lui aussi, les caprices de la lune et du mauvais temps.
Caroline ne put retenir un sourire amusé à la vue de ce petit comité d'adieu, qu'elle gratifia d'une révérence maladroite à cause de son équipement.
- Parle pour toi, je meurs déjà de chaud, Johnny m'a suréquipée ! grogna-t-elle pour la forme et le simple plaisir de râler (ce en quoi elle était généralement très douée).
- Déjà entrain de te plaindre, Kap' ? On aurait dû te forcer à avaler la dernière bouteille de rouge, ça te rend moins insupportable, je plains le pilote...
L'intéressée l'interrompit en tentant de lui asséner un vague coup, mais qui ne mena pas à grand chose et lui attira surtout de francs éclats de rire. Le pilote en question, émergeant d'un Lysander dont les moteurs ronflaient déjà, en profita pour se manifester et annoncer qu'il était temps.
- Bon les garçons, je sais que c'est dur pour vous, mais mon carrosse m'attend ! Ne faites pas trop de bêtises en mon absence, je le saurai quoi qu'il arrive, assura Caroline.
- On sera sages comme des images, tu nous connais, rétorqua Frédéric. Bonne chance, tu passeras mon bonjour aux autres... !
Les autres, ceux du réseau PILOT qu'elle devait retrouver pour leur servir de radio, mais aussi pour transmettre les ordres de Buckmaster quant à celui qui devait prendre la tête du réseau, quand bien même elle considérait (avec tout le respect qu'elle lui devait) que Buck, en dehors du terrain, n'avait pas à se mêler de ça. Frédéric, elle le voyait bien, aurait payé cher pour repartir avec elle mais vu l'état de ses blessures, il risquait fort de passer le reste de la guerre à raconter ses aventures aux petits nouveaux. Elle hocha la tête et lui promit de faire passer le message.
- A bientôt, on se retrouve sur les Champs Elysées, hein ! lança Paul.
- Bon retour à la maison, Kap, renchérit Nick en lui tapotant sur l'épaule. Si tu fais un tour à la Coupole, tu sauras à qui penser.

« Kap' », que son ancien camarade parisien était bien le seul à appeler encore ainsi, promit également et se présenta enfin devant le Lysander, ou un navigant l'aida à se hisser. Retour à la maison... Nick n'avait pas tort. Paris avait longtemps été sa maison, et surtout son terrain de jeu favori. Elle avait tout juste vingt ans quand son père, francophile affirmé et persuadé qu'il n'y avait pas de meilleur endroit pour apprendre la littérature, l'avait laissée partir pour poursuivre ses études à la Sorbonne. Des études de lettres, évidemment, mais la jeune Karolina de l'époque avait une toute autre idée derrière la tête, une idée que ses parents n'étaient pas sans connaître et qu'ils avaient toujours considérée avec perplexité. Elle voulait apprendre à être photographe. C'était l'un de ses oncles, passionné par tout ce qui se faisait de nouveau, qui lui avait mis cette idée dans la tête : il avait un jour eu le malheur de s'extasier devant elle sur le tout dernier modèle d'appareil photo. Depuis, la jeune femme n'en démordait pas. Alors les cours de lettres à la Sorbonne, pourquoi pas. Mais ce qu'elle avait vu, surtout, c'était une occasion à ne pas manquer de rencontrer certaines personnalités qui se faisaient déjà connaître dans le domaine, et pourquoi pas, de les convaincre de lui apprendre. Elle était plein de motivation, prête à travailler dur et surtout, têtue comme une mule : on ne pourrait pas lui résister. Karolina s'était donc envolée pour la France au début des années 30, en promettant d'écrire et s'était jetée tête la première dans ce tout nouveau monde qu'était Paris.

Si les premières semaines avaient été un peu plus rudes que ce à quoi elle s'attendait, la jeune polonaise était tombée sur la perle rare : un professeur de la Sorbonne, Augustin Chassagne.  Ah, ce cher Augustin... Au moment de s'installer dans le petit avion, Caroline se fit la remarque qu'elle ne se rappelait plus exactement ce qui les avait poussés l'un vers l'autre, probablement une conversation un peu plus longue que prévue, puis sa proposition de l'héberger pour qu'elle puisse quitter le foyer dans lequel elle s'était installée et dont elle ne cessait de se plaindre (trop de règle, évidemment). Alors qu'elle parvenait à convaincre des personnalités montantes de la photo, Augustin lui avait été d'une aide précieuse pour trouver sa place dans cette extraordinaire, mais parfois déroutante ville qu'était Paris et qu'elle devait encore apprendre à connaître. Ils s'étaient disputés à n'en plus finir autour d'un thé ou d'un café sur des détails insignifiants, elle avait suivi certains de ses cours avec plus de passion qu'elle ne s'y attendait, il avait écouté sans la croire déraisonnable ses grandes ambitions de photographe... Il avait même été la première personne à lui acheter l'un de ses clichés lorsqu'elle avait décidé de se lancer. Sous le pseudonyme de Kapa (les première syllabes de son nom et de son prénom – non, elle n'était pas douée en pseudonymes), elle avait commencé à travailler pour des magazines avec plus ou moins de difficultés, tout en commençant à fréquenter les quartiers de la jeunesse dorée, ceux des artistes en tous genre qui se retrouvaient à Montparnasse. C'était là-bas qu'elle avait rencontré Nick, et bien d'autres. Avec eux qu'elle avait appris à apprivoiser son propre style, cette volonté de figer sur le vif de courts instants, parfois invisible à l’œil humain mais souvent si éloquents. Fixer sur une image cette fraction de seconde que personne n'aurait pu voir autrement, ce regard furtif, ce geste inconscient... A force d'arpenter les rues de la ville avec des appareils toujours plus performants, Caroline avait fini par développer un sens de l'observation remarquable qui n'avait jamais cessé de lui être utile, même maintenant qu'elle ne faisait plus de photos, ou du moins, pas pour la beauté de la chose. Il y avait bien longtemps que Kapa, ou Kap' comme l'appelaient ceux de la Coupole, s'était envolée, fortement soupçonnée de sympathies au moins socialistes (si ce n'est juives et communistes, vues se fréquentations !) et d'avoir mis les voiles pour des horizons plus britanniques lorsque les Allemands étaient venus contrarier sa belle vie parisienne.

Ce que les Boches ignoraient, c'était que Kapa n'allait pas tarder à faire son grand retour à Paris, ou plutôt son deuxième grand retour, si du moins le temps, la défense antiaérienne et les cinquante autres critères qui décidaient des parachutages le permettaient. Caroline, tandis que les moteurs du petit avion passaient du ronflement au rugissement, se rappelait assez bien la soirée de la semaine précédente, où un Halifax l'avait bien emportée... jusqu'au milieu de Manche, où un violent caprice du vent avait forcé le pilote à faire demi-tour. A son grand déplaisir, car elle détestait les faux départs. D'abord, il fallait faire ses adieux et elle n'aimait (évidemment) pas ça, et surtout, c'étaient autant de jours de perdus sur le terrain où, selon Buck, elle était attendue d'urgence. Un informateur sans moyen de passer ses informations (d'autant que l'informateur en question – l'ambassadeur de Vichy à Paris lui-même – la laissait perplexe) passait encore, mais un réseau sans radio... C'est  donc avec ce familier mélange de nervosité, de soulagement et d'appréhension que la jeune femme sentit le Lysander s'élever et vit le tarmac et les silhouettes de ses amis s'éloigner. On se retrouve sur les Champs Elysées, avait dit Paul. Hélas, rien n'était moins sûr. L'espace d'un instant, Caroline se souvint de l'espérance de vie raccourcie des radio du SOE, mais l'arrivée du copilote qui émergea de la cabine détourna détourna son attention – d'autant que s'abîmer dans l'inquiétude par avance n'était pas dans ses habitudes.
- Bon, le chef veut un recap, lança un très jeune homme visiblement tout à fait français lui aussi. DZ en région parisienne, aux alentours d'Igny. Comité d'accueil pas certain, on te largue blind s'il n'y a pas de balisages. On est d'accord ?
- Sacré programme de réjouissances, rétorqua l'agent engoncée dans sa combinaison, tout en hochant la tête.
- Oh ça pourrait être pire, assura le jeune Français, avant de confirmer les indications au pilote. J'en ai ai vu de belles, j'ai largué des armes en trente-six, et les Espagnols, c'était quelque chose...
Caroline leva vivement la tête, brusquement plus intéressée par ce qu'il lui disait que par l'une des sangles de son costume qu'elle ne pouvait s'empêcher de faire aller et venir sur son axe, elle qui ne pouvait réfréner un constant besoin de s'occuper les mains (au grand désespoir de ceux qui la connaissaient bien). Trente-six, les Espagnols... Voilà qui remuait quelques souvenirs.
- Des parachutages en Espagne ? J'en ai vu quelques uns !
- Sans blague ? T'y étais ? Dans les Brigades ?
- Non pas vraiment... J'étais photographe, fit-elle non sans un sourire songeur. Déjà au meilleur endroit pour m'attirer des ennuis !
Déjà, oui, même si ses quelques années de reportage du côté des Républicains ne lui avaient pas attiré uniquement des ennuis. Elle avait réussi à se faire un nom parmi les photographes parisiens à l'époque. Quand la guerre avait commencé, sans que le Front populaire n'estime utile d'y faire quoi que ce soit (une grosse déception, et pourtant, elle n'était pas la plus engagée en politique de ses amis), Kapa travaillait régulièrement pour un magazine qui avait, lui aussi, son petit succès. À l'époque, elle venait de signer une série en collaboration avec Alban, photographe lui aussi, rencontré un soir à la Coupole... puis d'autres soirs, et encore d'autres. Ils étaient amants, et si Caroline n'était pas éperdument amoureuse, elle avait de l'affection pour ce Hongrois aux beaux yeux assez courageux pour la supporter au quotidien.

Karolina, comme on l'appelait encore alors quand ce n'était pas « Kap », avait la bougeotte. Grisée par ses premiers succès, elle avait appris avec un certain agacement (pour ne pas dire une grosse colère) qu'Alban était envoyé en Espagne... et pas elle. Mais c'était sans compter sur son obstination et la jeune femme avait fini par obtenir le précieux sésame : une carte de presse. Elle était officiellement reporter. Rien ni personne ne put la dissuader de passer les Pyrénées, pas même Augustin, qu'elle avait quitté sans lui dire qu'il allait lui manquer, même si elle n'en pensait pas moins. Alban et elle avaient rejoint un groupe de Républicains... jusqu'à ce qu'ils ne soient plus ensemble. A bien le dévisager, Caroline se prit à noter que le jeune copilote s'était mis à lui raconter ses aventures espagnoles lui rappelait vaguement André. Elle n'aurait su dire pourquoi exactement, peut-être était-ce simplement parce qu'il remuait des souvenirs qui ne s'étaient pas imposé à elle depuis longtemps. Parce qu'il lui faisait revoir, l'espace d'un instant, la petite unité d'aviateurs rassemblés autour de Malraux au sein de laquelle André, jeune pilote, avait fini par la séduire. Ils s'étaient tournés autour un temps, au grès des rencontres et des séparations des combats, puis un beau jour, elle était allée annoncer à Alban que les choses étaient finies entre eux. Qu'avait-il mal pris, exactement, la séparation ou son manque de tact, et avec lui l'aveu presque net qu'elle lui avait (un peu) menti ? Elle l'ignorait, mais ils n'étaient pas restés en bons termes. Il était rentré à Paris et quand ils s'y étaient retrouvés quelques temps plus tard, leur complicité s'était changé en un constant besoin de s'envoyer des piques plus ou moins acides.

Caroline n'avait pas de remords, loin de là, après tout elle n'avait jamais rien promis et la colère d'Alban paraissait de bien petite importance au regard de ce qui se passait autour d'eux. La guerre, malgré quelques victoires républicaines, ne se portait pas bien pour eux et ce que photographiait Kapa, c'étaient avant tout des combats perdus, des visages épuisés, des blessés qui paraissaient parfois déplacés dans les paysages espagnols. La fraction de seconde qu'elle cherchait absolument à fixer lui tenait toujours à cœur, mais elle se prenait également au jeu des portraits ignorés par ses modèles, et les clichés qu'elle envoyait à Paris eurent, selon les retours du magazine, un franc succès. Elle serait probablement restée jusqu'au bout si son inconscience n'avait pas failli la tuer (pas pour la dernière fois, auraient probablement marmonné ses camarades du SOE). Présente lors de la bataille de l'Ebre, à la fin du mois de juillet 1938, Caroline avait eu droit à la frayeur de sa vie en prenant une balle perdue, alors qu'elle s'approchait bien plus près des combats qu'elle n'était censée le faire. Rapatriée dans l'hôpital de la ville la plus proche, puis à Paris grâce aux bons services de sa fameuse carte de presse, elle avait dû mettre fin à son aventure espagnole, qui lui laissa une cicatrice un peu disgracieuse à la taille, mais aussi une dernière photographie d'un homme en plein mouvement, qui se baissait pour éviter un tir, dont elle était tout à fait fière.

A ce moment-là, Kapa avait probablement réussi à tracer sa voie. Elle était rentrée à Paris avec certes, un concurrent de taille en la personne d'Alban, mais aussi les compliments de ses employeurs, et une petite notoriété dans le domaine de la photographie qui ne se démentit pas dans les mois suivant sa convalescence. Karolina Pakoslawski, quant à elle, était devenue madame André Sinclair au printemps 1939 puisqu'elle avait consenti à épouser son bel aviateur. L'avenir aurait sans doute pu s'avérer brillant si les nazis n'étaient pas venus s'en mêler. Et alors que le jeune copilote s'autorisait un instant de silence, dans le Lysander qui filait toujours dans la nuit anglaise, Caroline réalisa brusquement qu'il y avait des années maintenant qu'elle n'avait plus pris une photo. Et des mois qu'elle n'avait pas de nouvelles d'André.
- Foutue guerre, hein ? reprit le jeune homme, comme en écho à ses propres pensées. À peine une de terminée, que c'est reparti ! Enfin, on est pas là pour pleurer, et puis je suis sûr qu'avec le nombre de gens comme toi qu'on largue au pays, on finira bien par s'en sortir. Il lui lança un sourire. T'as envie de dormir ? Sinon, on a toujours un paquet de cartes qui traîne...
Profiter des trajets pour dormir, un bon conseil qu'il était rituel de donner aux agents sur le départ, alors qu'il était de notoriété publique que si l'on pouvait piquer un somme au retour, en cas de parachutage manqué, à l'aller en revanche, la nervosité l'emportait souvent sur le reste. Caroline avait perdu le compte du nombre de parties disputées entre deux turbulences, qui les obligeaient à tester leurs réflexes pour retenir les cartes et ne pas avoir à tout recommencer (ce qui lui posait beaucoup moins de problèmes que les jeux en eux-mêmes, d'ailleurs). Néanmoins, elle accepta la proposition et le copilote – qui se présenta sous le nom de Georges –, ravi, se hâta d'aller chercher les cartes en essayant de ne pas trébucher au passage alors que le vaillant avion semblait subir quelques courants d'air. Et comme d'habitude, la chance ne fut pas avec la jeune femme, qui préférait tortiller les vieilles cartes qui avaient probablement connu des jours meilleurs dans tous les sens, avec de plus en plus de conviction au fil des tours qu'elle perdait immanquablement (heureusement qu'elle avait refusé de parier le peu d'argent qu'elle avait sur elle).
- Pfff, j'y crois pas ! s'exclama-t-elle en observant Georges rafler une nouvelle fois la victoire.
- J'ai jamais vu quelqu'un d'aussi malchanceux... Une vraie débâcle, fanfaronna ce dernier.
- A peu près aussi catastrophique que celle de quarante, marmonna-t-elle.
- Et encore, peut-être même pire... Je peux te le dire, je l'ai vue de près celle-là : j'y étais ! Les Fritz ont pris mon unité, mais j'ai réussi à m'échapper avec un copain. On s'est fait la belle, on a trouvé un village de marins sur la côte : aller simple pour Londres. Il avait l'air fier de lui, et tout en distribuant à nouveau les cartes, ajouta : D'ailleurs, comment est-ce que les Rosbifs t'ont récupérée pour que tu te retrouves ici ?
- C'est moi qui suis allée les trouver... Ils étaient plus accueillants que de Gaulle.

La jeune femme leva les yeux au ciel. Ce n'étaient pourtant pas les Anglais à proprement parler qu'elle était venue rejoindre, et elle n'était pas arrivée à Londres seule. André, dont le poste dans l'aviation civile ne lui avait valu qu'une mobilisation de courte durée, et qui avait réussi à rentrer à Paris, avait entendu le discours du général, après la signature de l'armistice. Caroline, elle, devait probablement bouillir de rage quelque part et passer ses nerfs sur des photos à développer. Elle était enceinte à l'époque, depuis quelques semaines, et les mauvaises langues auraient probablement prétendu que la grossesse ne lui réussissait pas – c'était mal connaître l'infatigable râleuse. Mais si André, le plus raisonnable, avait eu un instant d'hésitation, la photographe, elle, ne lui avait pas laissé le choix : quelque chose allait se passer à Londres, et ce n'était pas un gamin qui n'arrondissait même pas encore vraiment sa silhouette qui allait les empêcher d'aller y prendre part. Ils étaient partis très vite, en emportant seulement le strict minimum, lancés à leur tour sur les routes de l'exode où les colonnes de réfugiés commençaient déjà à hésiter, à se séparer, faire demi-tour parfois, pour ceux dont les foyers avaient été épargnés. Le couple Sinclair, quant à lui, se voyait contraint de progresser toujours plus vers le sud, avec de plus en plus de précautions et une lenteur proprement exaspérante. Leurs contacts respectifs en Espagne, où certains de leurs amis avaient réussi à échapper aux sbires de Franco, s'étaient révélés plus qu'utiles mais pour autant, le voyage avait duré bien plus longtemps que prévu, et s'était avéré bien plus rocambolesque qu'ils ne l'avaient imaginé. Lorsqu'ils avaient enfin embarqué sur un bateau moyennement vaillant à Gibraltar, Caroline, chargée d'une cinquantaine de clichés qui devaient encore dormir au fond d'un tiroir dans l'une des maisons du SOE, ne pouvait plus cacher son état. Une femme enceinte ? Voilà qui avait fait sourire les acolytes du général lorsqu'ils avaient enfin mis le pied en Angleterre et alors qu'André était accueilli à bras ouvert, elle était quant à elle conviée à se remettre de ses émotions et à pondre tranquillement avant de revenir prêter main forte. Elle n'avait pas apprécié, évidemment, mais après tout, ce n'était que l'affaire de quelques mois... pour une fois, elle pouvait faire preuve de patience. Et au mois de janvier 1941, elle avait enfin donné naissance à une petite fille, une petite Alice, celle-la même qui souriait de toutes ses dents sur la petite photo que Johnny lui avait rendue dans la grange de Tempsford. Sa naissance l'avait un (très) court instant détournée de ses velléités d'action, le temps de se rendre compte à quel point elle pouvait se prendre d'affection pour cette petite chose... et à quel point, également, elle ne pouvait rester là à pouponner. En dépit de tout l'amour qu'elle avait pour cette gamine, et du peu d'enthousiasme d'André, elle était retournée au 3, Carlton Gardens pour... un travail de secrétaire. Alors qu'elle ne savait pas taper à la machine.

- Ahah, il a une dent contre les socialo, le général ! s'exclama Georges avec ironie. Enfin, les anciens des Brigades, tout ça... Je suppose que tu as été mise au placard ?
- Pire : secrétaire. Alors que mon... un type que je connaissais se faisait recruter dans l'aviation. J'ai claqué la porte, et je suis allée voir chez les Anglais.
André n'avait pas compris son choix, ils s'étaient disputés, puis réconciliés rapidement à l'occasion d'une longue nuit de bombardement où il avait bien fallu partager une même cave. Non sans une pointe de regret, Caroline avait laissé Alice dans un institut de campagne dont la directrice avait réussi à la convaincre qu'elle ne manquerait de rien – l'institut dans lequel elle se trouvait toujours, et où sa mère avait à peine eu le temps de l'embrasser quelques jours plus tôt avant de repartir pour Hasell's Hall. Une fois la fillette en sûreté, elle avait presque imposé sa présence chez les fameuses FANY où, au moins, on ne regardait pas à la couleur politique (même vague) des candidates. C'est là que les choses sérieuses avaient commencé. Le SOE lui était tombé dessus, elle l'ancienne de la guerre d'Espagne qui n'avait pas froid aux yeux qui faisait des émules chez de Gaulle, et ils ne l'avaient plus lâchée. Et puis pour être tout à fait honnête : elle était trop heureuse qu'on lui fasse faire autre chose que du secrétariat. - Ça fait mal de le dire mais : heureusement qu'ils sont là, parfois, les Anglais, grommela Georges. Un sacré bonhomme, le Churchill...
Il allait continuer, mais de nouveau, l'avion se mit à tanguer, et les tas de cartes qu'il venait d'aligner face à eux n'y résistèrent pas. Il poussa un juron, auquel répondit celui du pilote, signe qu'on avait peut-être besoin de lui en cabine.
- Bon je vais voir ce qu'il fabrique. Si ça commence vraiment à secouer, accroche-toi là. Mais je suppose que c'est pas de petites acrobaties qui vont faire peur à un agent comme toi, hein ? Il paraît que vous êtes surentraînés dans vos maisons de fous !
Caroline ne put retenir un ricanement amusé tandis qu'il disparaissait aux côtés du pilote, en échangeant avec lui qui ne lui parvinrent pas, envolés dans le rugissement des moteurs et les grincements de la carcasse. Dans un soupir, elle s'adossa à l'une des parois, assise en tailleur (preuve s'il en fallait que sa combinaison était définitivement trop large) tout en essayant de distinguer à l'extérieur autre chose qu'une nuit noir d'encre. Georges n'avait pas tort : elle en avait vu d'autres depuis sa première rencontre avec Buck et Vera, au début du printemps 1941. Comme tous les élèves du Wanborough Manor puis de Beaulieu, elle s'était immédiatement retrouvée plongée dans un monde digne d'un roman d'espionnage – ou plutôt de bandits – parmi ceux que Churchill avait chargés de mettre l'Europe à sang. Rien que ça. Un monde dont elle devait cacher l'essentiel à André puisque rien ou presque ne devait se savoir (officiellement, du moins) sur le SOE, mais c'était une règle qu'elle n'avait pas eu trop de mal à respecter : son aviateur d'époux commençait alors à effectuer ses premières missions, de reconnaissance aérienne et parfois aux côtés de la RAF anglaise qui défait chaque nuit les raids allemands. Pendant que Caroline, comme elle avait décidé de se faire appeler pour mieux se fondre dans le décor, affrontait avec obstination et enthousiasme toutes les épreuves qui devaient finir par faire d'elle un agent digne d'être envoyé sur le terrain. C'est là qu'elle avait retrouvé Nick, entre deux sessions de tirs ouvertement conçues pour faire sauter les nerfs des moins résistants, avec ces silhouettes de SS en cartons qui sortaient à l'improviste de tous les coins possibles et imaginables, à tous moments, tant et si bien que Caroline avait probablement atteint des records en matière de bond de surprise (ils avaient regretté à l'époque, avec Nick et quelques autres, de ne pas pouvoir les mesurer). A bien y réfléchir, avant même d'être parachutée une première fois sur le terrain, c'était probablement les six mois de formation intensive qui avaient commencé à la rendre un paranoïaque au point désormais d'avoir toujours un œil derrière son épaule, ou une fâcheuse tendance au soupçon, ou à vérifier plusieurs fois qu'une porte était fermée par exemple. Un paradoxe étrange face à l'inconscience dont elle pouvait faire preuve à l'action, mais c'était probablement le but du SOE : les rendre à cran sur la sécurité, mais capables de faire des folies pour remplir un objectif. Si c'était cela, alors avec elle, l'opération avait merveilleusement bien réussi.

L'opération, et sa formation de manière générale. Assez rapidement, cette même Caroline qui refusait d'approcher ces engins infernaux qu'étaient les machines à écrire (elle se débrouillait très bien à la main, merci bien), avait démontré quelques talents dans le chiffrage et le déchiffrage de messages. Elle tapotait sur les radios avec une efficacité qui l'étonnait elle-même, et les démontait puis remontait avec plus d'aisance que ces fichues mitrailleuses Sten qui avaient pour principe de toujours coincer quelque part. On en ferait une opératrice radio de talent, pensaient les professeurs aux exigences toujours plus farfelues, même si ça n'avait pas été l'objet de sa première mission. Rappelée à l'ordre par ce rabat-joie de Nick, qui savait déjà, lui, que les radios ne faisaient pas long feu sur le terrain et étaient tenus à l'écart de toutes les actions tant leur courte vie était précieuse... Caroline avait décidé de se consacrer avec un peu plus de sérieux au reste des multiples talents qu'on tentait de leur inculquer et de se sentir moins d'enthousiasme pour le chiffrage dans un premier temps – elle l'ignorait alors, mais ce n'était que partie remise. Les longues journées, les examens plus sévères encore que du temps de ses années à la Sorbonne, étaient ponctuées de permissions londoniennes dont elle profitait pour aller voir Alice et, s'il était là, André ou pour suivre ses camarades de galères dans les pubs encore debout de la capitale anglaise. Charles, Helen, Maud, James, Peter... autant de noms qui, encore aujourd'hui, alors qu'elle se laissait presque malgré elle bercer par les mouvements redevenus plus calmes du Lysander, lui évoquaient des visages aux mimiques amusées, ou blasées. Des traits anxieux aussi parfois, quand le vague à l'âme les prenait, et leur rappelait qui son fiancé perdu, qui sa moitié partie sur le terrain, qui sa famille... Cette famille, loin en Pologne, dont Caroline n'avait aucune nouvelles, par exemple. Pas un mot, pas un signe rassurant ou non de son officier de frère et de sa fille, de ses parents, de sa mère qu'elle imaginée outrée que l'on ose la contrarier. Heureusement, cette mélancolie était si facile à repérer sur les figures de ces agents entraînés à dissimuler qu'elle ne durait jamais bien longtemps : il y avait toujours une pinte de bière, ou un petit bal pour se consoler, dans les limites géographiques autorisées par le SOE. Et puis il y avait les nuits où il fallait bien tenter de dormir. Évidemment, c'était toujours à ce moment-là qu'un nouvel exercice se profilait à l'horizon, comme le tant redouté faux interrogatoire. Les élèves de Beaulieu en avaient tous entendu parler, mais les formateurs étaient rodés, ils savaient exactement comment et quand frapper  pour les perdre. Caroline se souvenait très bien, parfois avec encore un frisson, de cette très longue nuit où on était soudain venu la tirer violemment de son lit alors qu'elle dormait profondément. Elle s'était retrouvée clouée à une chaise, en face de trois patibulaires SS plus vrais que nature, qui l'interrogeaient à bâtons rompus pour essayer de la faire craquer, avant de la ramener dans son lit... et de recommencer. Au bout de la troisième fois, elle était tellement sur les nerfs qu'elle n'avait pu s'empêcher d'éclater de rire en notant le détail incongru qui faisait honneur à son sens de l'observation : ses faux bourreaux fumaient des cigarettes anglaises. Interrogée sur son hilarité, elle avait enfin fini par desserrer les lèvres pour leur faire remarquer ce cruel manque de crédibilité. Renvoyée manu-militari dans son lit, et malgré les quelques informations qu'elle n'avait pas pu retenir, elle y avait gagné quelques compliments. Voilà qui était rassurant : si un jour elle était prise, elle pourrait au moins surprendre les Boches en leur riant au nez à cause d'une cravate mal serrée, ou d'une cigarette de marque improbable.

Un claquement sonore tira violemment Caroline de ses pensées, et elle réalisa à la fois qu'elle avait finalement dû s'assoupir et qu'ils avaient probablement progressé de manière significative puisque ce qui venait de la réveiller était bien un bruit de tir.
- Wake up, Sleeping Beauty ! lança Georges dans un anglais qui était tout à son honneur. Ça va secouer, mais si tes copains sur le terrain ne t'ont peut-être pas préparé de comité d'accueil, les Fritz ne nous ont pas loupés, eux. On va devoir louvoyer, mais une fois les côtes passées, ça ira ! Va falloir te préparer.
Si elle somnolait quelques secondes plus tôt à peine, Caroline était désormais tout à fait réveillée, mue par une poussée d'adrénaline bien connue désormais.
- On est encore loin de la DZ ? demanda-t-elle en se retenant aux parois, alors que le Lysander (dont la petite taille et la légèreté révélait brusquement toute son utilité) changeait brutalement de cap.
- Normalement non, mais va peut-être devoir filer moins droit que prévu. Les routes qui mènent près de Paris sont moins sûres que les autres.
La jeune femme hocha la tête, tandis qu'une nouvelle détonation coupait court à leur conversation. Ce n'était pas la première fois qu'elle était secouée ainsi, déjà lors de sa première mission, le parachutage avait été une aventure en lui-même. Le pilote, après avoir déjoué les pièges de la DCA, n'avait pas réussi à passer exactement au-dessus de la bonne zone. Elle avait été parachutée à quelques kilomètres de l'objectif... contrairement aux deux colis  qui l'avaient suivie, le tout sous les yeux perplexes des membres de PILOT qu'elle avait eu du mal à retrouver, après être restée empêtrée un temps infini (cinq minutes, donc) dans son parachute. Sa rencontre avec Frédéric et Alexandre (dont elle ignorait la véritable identité) s'était donc faite sous les meilleures auspices : elle râlait, et ils étaient là pour qu'elle puisse leur râler dessus, à défaut de pouvoir poursuivre le pilote de ses imprécations. Heureusement, la première mauvaise impression avait disparu. Si elle avait été envoyée auprès de PILOT cette première fois, c'était avec l'objectif de faire sauter une série d'usines dans la proche banlieue parisienne. Elle devait ainsi seconder Alexandre, le saboteur du réseau, le former au nouveau matériel tout droit venu de Londres et offrir aux Allemands un feu d'artifice digne de tout l'amour que Churchill leur portait. De fil en aiguille, elle avait fini par partager plus que des considérations techniques d'artificiers avec Alexandre, le courant était vite passé entre ces deux têtes brûlées que l'on arrêtait plus, une fois lancés dans l'une de leurs grandes conversations. Avec lui, elle se retrouvait parfois des années en arrière, quand elle discutait à bâtons rompus avec les gens de Montparnasse, la Coupole en moins. Leur collaboration en matière de bombes n'en avait été que plus fructueuse et les feux d'artifices auraient parfois presque pu illuminer un 14 juillet (en toute modestie).

Des feux d'artifices coûteux en temps et en moyens, néanmoins. La mission de Caroline, que l'on connaissait sous le pseudonyme de Clémence, ne devait durer que quelques semaines ; elle était restée en France plusieurs mois, et avait dû réclamer plusieurs parachutages de matériel. Assez longtemps pour participer à d'autres opérations du réseau, prendre un certain nombre de risques plus ou moins inconsidérés et découvrir cette désagréable sensation de ne jamais être en sécurité. La jeune femme avait eu quelques démêlés avec les Boches et leurs amis de la police, quelques montées d'adrénaline dont sa paranoïa croissante ne s'était pas toujours très bien remise. De la rencontre au mauvais endroit au mauvais moment, au contrôle face auquel il fallait ruser pour s'en sortir tout en transportant une dizaine de kilos de plastic, elle avait fini par comprendre à quel point les exercices pénibles de ses mois de formation n'était qu'un aperçu ridicule de ce que l'on vivait sur le terrain. Et les interrogatoires de nuit semblaient de bien maigres menaces face à ce que l'on racontait de ceux qui s'était faits attrapés et n'étaient jamais revenus. Et encore, elle avait été formée, elle, préparée, même vaguement, à ce qui pourrait se produire. Ce n'était pas le cas de tout le monde et notamment pas celui d'Achille. Le second de Frédéric, le type sorti de nulle part, sur lequel elle n'avait pas un a priori très positif, pour ne pas dire une opinion vaguement méprisante au début. Quelques mois... Elle avait eu juste le temps de changer d'avis. Achille, même sans être passé par Londres, était tout aussi redoutablement efficace que les autres. Il apprenait sur le terrain et même si jamais elle ne l'aurait avoué, Caroline s'était plusieurs fois laissée impressionner. Quand bien même ce cher Alexandre ne le portait pas dans son cœur, et n'aurait jamais été de son avis. C'était fou ce que la guerre pouvait faire ressortir de tous ces gens qui se lançaient dans des aventures qui pouvaient bien leur coûter la vie. Du loin de son Lysander maltraité par la défense antiaérienne, la jeune femme se prit à avoir une moue songeuse. C'était fou, oui... Au point que désormais, alors qu'elle s'apprêtait de nouveau à sauter (et si elle ne tombait pas directement dans les bras des Allemands, ce qui n'était pas gagné, elle n'était toujours pas convaincue à l'idée de devoir assister l'ambassadeur de Vichy, définitivement), elle ne pouvait se défaire de l'idée que Londres se trompait. Qu'en lui donnant l'ordre de faire en sorte qu'Alexandre prenne la tête du réseau à la place d'Achille, ils prenaient des décisions qui ne pouvait se prendre sans être sur le terrain. Caroline, qui n'avait pas pour habitude d'obéir aveuglément aux autres, n'était pas certaine d'avoir envie de transmettre ces ordres. Elle verrait. De toute façon, qui savait ce qui avait bien pu se passer au sein de PILOT depuis qu'elle était partie.

Parce qu'elle avait dû repartir. Sa mission, même beaucoup plus longue que prévu, avait été un franc succès. Très franc. Un peu trop même pour son propre bien et le pseudonyme de « Clémence » avait fini par être bien connu de ces chers Boches. Le coup de grâce était venu un soir, alors qu'elle s'attardait pour vérifier qu'un retardateur était bien installé. Une patrouille était passée et l'avait surprise en flagrant délit, elle n'avait dû qu'à sa tendance à prendre le moindre bruit pour une menace de bondir juste à temps et de pouvoir disparaître dans la campagne environnante de s'en sortir indemne et de ne pas avoir droit à un aperçu plus complet de ce que à quoi pouvaient ressembler les interrogatoires de la Gestapo. L'idée qu'il allait falloir la faire revenir à Londres s'était définitivement imposée quand, soupçonnée à un contrôle, elle s'était là encore enfuie de justesse, en assommant un soldat avec une valise pleine de plastic. Le rapatriement ne s'était pas fait sans qu'elle essaye de s'y opposer, évidemment, mais pour une fois, elle avait accepté de se montrer raisonnable et en août 1942, un petit avion était venu la récupérer pour la ramener en Angleterre. Une Angleterre qui n'avait guère changé en son absence, à l'exception notable de sa petite Alice qui, elle, en avait profité pour grandir un peu plus que Caroline ne l'aurait imaginé. La fillette, quant à elle, avait eu un instant de perplexité avant de se souvenir que cette femme était sa mère. Quant à son père, Caroline avait appris peu après son retour qu'il était parti en Afrique du Nord, d'où il ne pouvait envoyer des nouvelles régulières. Il avait laissé un mot avant son départ, une photo et depuis, plus rien, sinon l'affirmation de la part des autorités compétentes des FAFL qu'il allait bien. Affirmation qu'ils n'avaient cessé de lui renouveler par la suite, sans plus de précisions. A tel point que, à bien y réfléchir, Caroline réalisa qu'il y avait des semaines qu'elle n'était pas retournée poser la question. Elle s'en voulut, légèrement, mais de nouvelles allées et venu de Georges attirèrent son attention. Il trébucha sur un paquet qui avait glissé au milieu du ventre du Lysander, mais se reprit avec un sens de l'équilibre admirable, et arriva en un seul morceau auprès d'elle.
- On a réussi à échapper au gros de leur DCA. On a fait un détour, mais ta DZ n'est plus très loin... Alors, prête à faire le grand saut ? Même s'il n'y a personne en bas ?
- Il serait temps, pas question de retourner à Tempsford maintenant !
rétorqua-t-elle.
Il serait temps, en effet. Elle savait que le radio de PILOT avait été arrêté quelques semaines plus tôt, c'était le genre de bribes de nouvelles qu'ils parvenaient parfois à avoir depuis les maisons d'entraînement du SOE, où elle était retournée après quelques jours de permission passés avec Alice. Ces messages qui apprenaient le retour d'un ancien camarade de Beaulieu, ou d'un ami fait sur le terrain – en plus ou moins bon état, plutôt moins dans le cas de Frédéric qu'elle avait vu revenir en se demandant comment est-ce qu'il avait bien pu supporter le voyage de retour. Ces messages, bien moins enthousiasmants, qui laissaient deviner le démantèlement d'un réseau ou la mort d'un agent... On essayait de les leur cacher, évidemment (le moral, vous comprenez), mais la disparition d'Helen et Charles, avec lesquels elle crapahutait dans les forêts de Beaulieau à peine un temps plus tôt n'avait pas échappé à Caroline. Elle se souvenait avoir une pensée pour André, ou pour sa fille à cet instant. Surtout pour Alice, qui, du loin de son charmant petit cottage de campagne, n'avait pas conscience de ce tout cela. Dans ses moments de romantisme, ou de mélancolie, elle se promettait qu'elle ne la laisserait pas orpheline. Et puis elle passait à autre chose : elle ne restait jamais mélancolique bien longtemps.

Et puis elle avait de quoi s'occuper l'esprit. De retour à Beaulieu, elle s'était découvert une petite réputation  et un intérêt nouveau pour le morse. Or le SOE était trop heureux de pouvoir recruter de nouveaux opérateurs, on l'avait donc accueillie à bras ouverts et elle avait repris là où elle s'était arrêtée, ce qui lui semblait des siècles plus tôt. C'est là qu'elle avait fait la rencontre de Paul, mais aussi de d'Alice. Une jeune Canadienne à laquelle Caroline s'était assez vite attachée. Elle avait quelque chose de touchant, qui avait réveillé en elle de vieux instincts de photographe et puis entre femmes, il fallait bien se serrer les coudes, dans ce monde de types plus ou moins misogynes. Rapidement, un véritable lien s'était noué entre les deux jeunes femmes qui, passées aux confidences, apprirent à connaître les raisons qui les menaient là, leur famille respective entre autres détails plus ou moins futiles. Caroline racontait volontiers sa première mission, tout en se faisant narrer les grandes villes du Canada en échange. Elle avait appris avec un certain amusement que c'était auprès de PILOT qu'Alice allait être parachutée sous le nom d'Hermione. Et elle en souriait encore là, à quelques minutes d'être à nouveau larguée en territoire occupé à son tour. Elle n'était pas mécontente de les retrouver, même si elle laissait encore sa fille derrière elle. Elle n'avait pas hésité un instant lorsque Buck lui avait proposé de la renvoyer sur les lieux de ses premiers méfaits. En urgence, avec beaucoup moins de préparation, parce qu'un de leurs informateurs avait eu une promotion inattendue et avait besoin d'une partenaire digne de ce nom. L'ambassadeur de Vichy lui-même. Frédéric avait trouvé l'idée suicidaire, Paul avait beaucoup ri et Nick, lui, qui venait à peine de rentrer, s'était demandé si Buck ne s'était pas trompé de nom. Hélas non. L'ordre de mission l'avait bel et bien confirmé à une Caroline perplexe qui, pour l'occasion, redevenait Caroline Sinclair, mais avec des papiers flambants neufs et totalement faux, qui devraient tromper l'ennemi selon Londres – et auraient besoin d'être refaits dès qu'elle aurait touché terre, elle le savait d'expérience, le SOE n'était définitivement pas doué dans la production des fausses cartes. Et puis ça avait été l'habituelle valse : la dernière permission, l'institut de campagne pour embrasser Alice, les pubs anglais, Hasell's Hall et ses repas gargantuesques à l'occasion de chaque (faux) départs, les petits avions qui disparaissaient dans le ciel en emportant un ami, ou une connaissance, et puis cette nuit-là.
- On est au-dessus de la DZ ! s'exclama Georges.
- D'accord. Quelque chose qui ressemble à un balisage ?
- Non... ah si ! C'est ton soir de chance, apparemment. Bon le type ne sait pas se servir des signaux, mais il y a bien quelqu'un... C'est rassurant, au moins c'est pas la Gestap', eux ils auraient fait quelque chose de plus convaincant.
- Génial... ça promet, grogna Caroline alors que le copilote achevait de la préparer convenablement au grand saut.
Il lui tapota sur l'épaule tandis qu'une trappe s'ouvrait aux pieds de la jeune femme. De là où elle se trouvait, elle devinait la cime des arbres, les quelques champs, l'altitude très basse à laquelle il volait... Non, il n'était plus question de faire demi-tour. Alors que Georges se tournait vers la cabine du pilote pour avoir le moment exact, elle se prit à prendre une longue inspiration. Les choses sérieuses recommençaient.
- Ready ? Go !


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Dernière édition par Caroline Sinclair le Dim 13 Déc - 1:01, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Sam 5 Déc - 0:02

OMG ! C'est pas comme si j'avais juste pensé aujourd'hui : " Ce serait chouette si Caroline était joué."

Et te voilà, tombée du ciel !  (Je devrais peut être jouer au loto gnhehe )

Bienvenue ! Mille fois bienvenue !

 Je vais laisser le meilleur staff de la galaxie faire son office. Sache, ma chère Caroline, que tu peux, si tu le souhaites, voir un aperçu de la délicieuse relation que ton PV a avec le mien dans ma fiche (http://www.yellow-tricycle.com/t3348-augustin-chassagne-horresco-referens). Il te suffit de lire le chapitre de la biographie " Paris-La Sorbonne Avril 1936".


Maintenant, je vais exécuter une petite danse de la joie. dance

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Sam 5 Déc - 0:57

AHAAAA, tu as fini par craquer, I KNEW IT mon poussin des neiges . Tombée du ciel, c'est le cas de le dire, paraît que Caroline va être parachutée, Eddy a eu un message hum.
Vieeeeens Augustin, on va faire une danse de la joie ensemble ! (même si Edouard est perplexe, il n'est pas très motivé... Comment ça, elle ne sait pas écrire à la machine ).

Breeef, j'en oublie tous mes devoirs (mais je suis trop trop contente, c'est pour me faire pardonner gnhehe ), mais je te souhaite la bienvenue chez les berniques de folie . Si tu as la moindre question, tu sais où me sonner gnihi (n'en abuse pas trop quand même, namého suspect ).

Bon courage pour la rédaction, j'ai trop hâte de lire ça mimi . Et surtout plein de bisous mamour

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Sam 5 Déc - 1:07

OWIII, faisons une danse de la joie ensemble dance

HAHA, Augustin, ton vœu a été entendu ! Me voilà, tout droit tombée du ciel comme tu dis, prête à venir embêter ce cher petit Augustin et à squatter sa librairie ! gnhehe
Merci à toi pour les informations ! J'ai déjà dévoré ta (superbe) (merveilleuse) fiche ! J'ai adoré la façon dont tu as décrit le lien avec Caroline, je vais essayer d'être à la hauteur \o/ !

Bon loto à toi gnhehe

Héhé, Eddy gnihi. Eh oui, ici ton poussin des neiges qui a enfin craqué 8) - je ne pouvais pas résister de toute façon gaga. Caroline a hâte de tomber du ciel dans les bras (ou pas) d'Eddy, histoire de pouvoir commencer à l'engueuler
Promis, je te sonnerai si besoin, je te promets d'en user et d'en abuser (a) gnihi

Rah, merci à vous deux en tout cas ** ! J'ai hâte de finir cette fiche, je vais m'y atteler très vite ! gaga

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Sam 5 Déc - 1:16

@Caroline Sinclair a écrit:
Caroline a hâte de tomber du ciel dans les bras (ou pas) d'Eddy.

Hum non, dans ses rêves gnhehe ! Rha, j'ai hâte de pouvoir faire un super duo de gens-qui-s'entendent-super-bien et qui passent leur temps à se disputer, ça me manquait mdr

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Mar 8 Déc - 15:26

Caroline est vexée qu'Eddy ne veuille pas la rattraper, elle ne comprend pas ! :o

Bon voilà j'ai posté un début, j'espère que ça vous convient pour le moment pwease ! J'essaye de faire vite, je devrais avoir fini dans la semaine normalement ! J'espère en tout cas... chou

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Mer 9 Déc - 13:31

Je suis en retard gnhehe Bienvenue Caroline! Ton début de fiche est parfait ;) Continue comme ça!
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Caroline Sinclair
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PAPIERS !
■ religion: Elle ne croit pas en Dieu, c'est une perte de temps !
■ situation amoureuse: Mariée à un aviateur des FFL actuellement en mission en Afrique du Nord.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Jeu 10 Déc - 19:16

Merci Eva

J'ai encore un peu avancé ! (haha, je suis sûre que vous êtes ravis d'avoir mon avancée en temps réel ) C'est pas encore fini, mais promis, on touche (presque) au but !

dance

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Manfred Mohr
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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Sam 12 Déc - 2:11

J'aime ces updates. Et je prédis que je tu vas rejoindre le club très fermé des membres avec une fiche en plusieurs messages laugh

Super pv qui détonne (Eddy je te plains mdr ) et ta fiche est un plaisir à lire.

Si jamais tu as des questions, hésite pas imbecileheureux

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C'est uniquement une question de temps. On nous enterrera, puis on nous oubliera. Juste une question de temps. × by lizzou.
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Caroline Sinclair
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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Dim 13 Déc - 1:03

Merci Manfred !
Par contre non, ça rentrait tout dans un seul post, je pensais pas que ça passerait, mais si (mince, j'aurais dû faire plus long (a))

Parce que... OUI j'ai FINI les amis ! gaga

J'espère que ça vous va, que c'est bien ce que vous vouliez, que Eddy est prêt à la rattraper tout le monde est content... bref, voilà bourré

J'ai hâte de vous rejoindre (a)

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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Dim 13 Déc - 2:11

@Manfred Mohr a écrit:
Super pv qui détonne (Eddy je te plains mdr ).

Merci hum mdr


Plus sérieusement, je viens de dévorer la fin de ta fiche, Caroline, elle est juste parfaite (même si je n'en doutais pas moins de toi), on sent que tu as fait tout plein de recherches (en voilà une qui a mis à profit les lectures que je lui ai conseillées face mdr ), bravo à toi gaga !
Bref, c'est un véritable plaisir de lecture et même si Eddy n'est pas très motivé à l'idée de la cueillir dans ses bras, j'ai terriblement hâte de jouer avec toi mamour !! ça va détonner, les Boches n'ont qu'à bien se tenir !

Allez, miss, file donc faire ton débarquement officiel (c'est à la mode les résistantes en plus en ce moment gnihi ) !

Au plaisir de jouer avec toi !



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité de participer à la foire aux rps ou de t'inscrire aux mini-intrigues afin que les berniques en chef t'organisent des tête-à-têtes avec des inconnus.

Sache qu'on n'abandonne jamais un petit parachuté à son sort sur les plages de Yellow, si tu as besoin d'aide pour bien t'intégrer parmi nous, tu as la possibilité d'aller demander à être parrainé. Nous serions ravis de prendre encore plus soin de toi 8D.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours, après l'attentat manqué contre un officier allemand : des parisiens sont fait prisonniers, les autorités cherchent les coupables et les résistants traquent une taupe! N'hésite pas à en prendre connaissance et à t'inscrire pour y participer! Dans ce contexte, deux intrigues générales sont en cours, tu trouveras les explications ici même! Pour toujours plus de challenge en rp, n'hésite pas à aller voir les défis de Yellow ! Seras-tu capable de relever les défis de La Voix de Londres ?

Bon jeu parmi nous bounce

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« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling (c) .bizzle


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MessageSujet: Re: Portfolio d'une photographe au SOE    Dim 13 Déc - 11:10

Owww... Merci pour la validation express à une heure cheloue (j'espère que tu dors bien à l'heure qu'il est 8D)

Merci beaucoup je suis contente que ça te plaise **. Je suis qu'Eddy va été heureux de la cueillir voyons, elle est trop sympa Caroline face

Bref je fais tout ce qu'il faut dans la soirée !

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