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 [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches

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MessageSujet: [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches   Ven 25 Déc - 23:49

FOIRE AUX RPS - SPÉCIAL NOËL  noel
Affaire d'Etat et vieilles branches
(Eva Jürgen et Franziska Becker)



Attention, situation de crise : l'incident diplomatique n'est pas loin ! En effet, la rumeur d'une grave nouvelle se répand dans la ville... L'ambassadeur d'Allemagne, Hans Jaeger, aurait laissé abattre un chêne millénaire dans les jardins de l'hôtel de l'ambassade ! Horreur et damnation, les Français ont officiellement protesté contre cette atteinte insupportable à l'intégrité du parc et à la souveraineté du gouvernement sur tous les arbres du territoire de la capitale.
Une affaire digne d'un grand journaliste tel que Jean-Pierre Puerno, spécialiste de ce genre d'affaires, hélas il est parti quelques jours dans le Cantal, mener un reportage capital sur la production de fromage. C'est donc à Eva Jürgen qu'a été confiée la tâche délicate que d'aller mener l'enquête et de recueillir en exclusivité une déclaration de l'ambassadeur Jaeger sur cette affaire. L'arrachage du chêne a-t-il vraiment eu lieu ? Est-ce un acte de défi ? Une rumeur infondée ? Autant d'informations indispensables qu'il faut que la jeune journaliste aille recueillir auprès de l'ambassadeur... Même si pour cela, elle doit se frotter à la secrétaire/assistante de ce dernier, Franziska Becker.
Une Franziska qui a, quant à elle, ordre de ne laisser personne déranger Jaeger, surtout pas pour une affaire de vieilles branches. L'ambassadeur, en revanche, souhaite rencontrer le général Lengefeld, dont la présence a été signalée à l'ambassade... mais que l'on a perdu de vue depuis qu'il semble être allé s'intéresser aux (jolies) secrétaires du rez-de-chaussée. Il faut donc le retrouver, et l'amener jusqu'à Jaeger, une mission à la hauteur de Franziska ! - ou peut-être pas, mais hélas, la jeune femme n'a pas vraiment le choix. Même si elle doit être poursuivie dans sa quête par une journaliste demandeuse d'informations (pour mieux l'avoir à l’œil)...
Une chasse au général dans les couloirs de l'ambassade sur fond  d'incident diplomatique et environnemental ? La trame parfaite pour une intrigue de haut vol !


Les personnages

- Franziska Becker. Sa mission : empêcher Eva de voir l'ambassadeur ou de mener son enquête en la surveillant et retrouver Lengefeld.
- Eva Jürgen. Sa mission : recueillir une déclaration de Jaeger, ou éventuellement d'une source proche de Jaeger, et en savoir plus sur cette affaire d'arbre.
- Gehardt Lengefeld (PNJ) perdu dans l'ambassade car il est parti draguer les secrétaires, même s'il était venu voir Jaeger à l'origine (mais les filles sont plus intéressantes).
- Félix Aurèle (PNJ) qui débarque au même moment et veut un rendez-vous avec Hans pour l'entretenir de choses importantes mais sur lesquelles il ne veut pas en dire plus à une simple secrétaire.
- Robert Delpy, jardinier (PNJ) qui traîne dans les parages parce qu'il ne sait pas s'il doit planter des tulipes rouges ou jaunes.


Informations

- Vous pouvez utiliser ou non les PNJ présents comme vous le souhaitez, tout en respectant leur personnalité pour ceux qui sont récurrents sur le forum (plus détail sur les PNJ récurrents ici).
- C'est à vous de décider des suites du topic. Si toutefois vous êtes bloqués ou manquez d'idées, vous pouvez venir demander une relance dans le topic d'inscription à la foire aux Rps, les admins feront intervenir un PNJ.
- Comme il s'agit de la foire aux rps de Noël, le but était évidemment de planter un décor sympathique et drôle... à vous de décider s'il doit en rester ainsi ou pas face.
- Des missions vous ont été confiées, à vous de décider comment vos personnage comptent les remplir. N'hésitez pas à en discuter ensemble ! Si vous les remplissez avant le 30 janvier, vous aurez le droit à une petite récompense  ammu . Venez alors le signaler ici.


Et surtout, amusez-vous bien gnhehe !

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Je t'ai gardée dans mon cœur »


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MessageSujet: Re: [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches   Ven 29 Jan - 16:34

Eva soupira encore une fois alors qu’elle passait la porte et débouchait dans le hall immense de l’ambassade allemande à Paris. Elle avait longtemps rechigné à faire cet article, mais Gabriel l’y avait obligée à grands coups de menaces, alors elle avait fini par céder. Forcément, quand Puerno était parti dans une région obscure du Sud faire un article tout aussi obscur sur le fromage, Jaeger décidait d’abattre un arbre et cela déclenchait un scandale dans tout Paris. Eva ne voyait pas bien ce qu’il avait de si formidable, cet arbre, pour être érigé au rang de végétal sacré. Mais visiblement, l’acte de Hans Jaeger était une hérésie, voire un second acte de guerre. On l’avait donc chargée, en replacement de Puerno, d’aller recueillir la vérité auprès de l’ambassadeur lui-même. Comme si c’était son rôle, à elle, de remplacer Puerno. Elle était une vraie journaliste, qui traitait des sujets de fond, nom de Dieu. Bon, elle n’était peut-être pas une vraie journaliste, mais en tout cas elle n’avait rien à faire à l’ambassade.

Elle s’approcha de l’accueil où une femme qui semblait aussi aimable qu’elle était vieille leva des yeux lassés d’avance vers elle. La journaliste lui adressa son plus beau sourire.
« Bonjour, pourriez-vous m’indiquer le bureau de Herr Jaeger, bitte ? »
« Deuxième étage à droite », répondit l’autre sans un sourire. Avec un hochement de tête et un « Danke » qui se voulait sympathique, Eva monta rapidement les escaliers et arriva dans un petit vestibule. Là, elle frappa et ouvrit la porte pour se retrouver face à Franziska Becker, à qui elle adressa un sourire amical.

Franziska et Eva s’étaient rencontrées à une soirée mondaine, Fran en tant qu’assistante e l’ambassadeur Jaeger, Eva en tant que journaliste venue couvrir l’évènement. Elles avaient vite découvert qu’elles avaient cette même façon de balancer des sourires et des compliments hypocrites à tour de bras. Au détour de quelques phrases, elles s’étaient comprises. Ce monde, le leur, était une belle mascarade à laquelle elles refusaient de participer mais donnaient le change. Eva respectait Franziska pour sa loyauté envers Jaeger et son honnêteté. La jeune assistante semblait avoir des valeurs remarquables, et le fait qu’elles avaient vécu en Allemagne et y étaient attachées toutes les deux d’une certaine façon avait aidé à les rapprocher. Elles n’étaient pas amies à proprement parler, après tout, une politique et une journaliste pourraient-elles jamais vraiment être amies ? Mais elles appréciaient discuter lorsqu’elles se voyaient, et Eva savait qu’elle pouvait voir en Franziska une alliée potentielle en cas de souci.
« Fraulein Becker, bonjour ! Ecoutez, je voudrais m’entretenir avec Herr Jaeger. Est-il disponible ? Ce ne sera pas long. C’est à propos de ce stupide arbre, vous savez…. »
Elle haussa les épaules avec un air entendu. Elle ne tenait pas à faire durer l’interview plus longtemps que nécessaire de toute façon. Plus vite elle aurait réglé cette histoire, plus vite elle pourrait rendre son écrit à Meilland et revenir à son vrai travail. Eva espérait que Franziska comprendrait cela et la laisserait parler à Jaeger de suite. Elle ne tenait pas franchement à attendre des heures dans l’ambassade.
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Franziska Becker
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MessageSujet: Re: [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches   Mer 30 Mar - 18:54


Franziska & Eva
« Si la fortune vient en dormant, ça n'empêche pas
les emmerdements de venir au réveil. »
- Pierre Dac





Il y a des jours, comme ça, où l’univers semble s’être ligué contre vous. Vous vous levez du mauvais pied, votre café se renverse, vos cheveux rebelles refusent d’être arrangés, le moteur de l’automobile venue vous chercher pour vous emmener au bureau refuse de redémarrer… Bref, tout ou presque devient un potentiel écueil, une source de difficultés insoupçonnées, certes de modeste envergure, mais dans des proportions suffisantes pour vous faire frôler la crise de nerfs.

Lorsqu’un jour de cet acabit se présentait, Franziska n’avait qu’une ligne de conduite : sourire. Ne vous imaginez cependant pas que la jeune femme s’efforçait de penser positif afin que la journée des autres n’en pâtisse pas, voire même qu’au bout d’un moment, la vie lui renvoie des signaux bienveillants en récompense, ce serait mal la connaître. Un être aussi cynique n’aurait pas condescendu à de telles largesses, d’autant plus qu’ils vivaient tout de même le second conflit mondial : si se montrer bienveillant permettait de faire face efficacement à l’adversité, ils n’en seraient pas là où ils se trouvaient actuellement. La gentillesse gratuite ne rapportait rien, sinon des ennuis en plus.
Il s’agissait plutôt d’un sourire à double tranchant, le genre de signal qui, d’instinct, vous faisait comprendre qu’aussi sympathique fût-elle, mieux valait pour vous ne pas abuser de sa patience, sous peine de subir ses foudres. Bien évidemment, avec certains de ses collaborateurs ainsi qu’avec des officiers plus haut gradés, la brunette n’avait pas réellement l’opportunité de passer ses nerfs, du fait de sa position hiérarchique autant que de cette règle tacite complètement idiote voulant que les secrétaires dussent sempiternellement arborer une expression enjouée, accueillante. Dans ce cas, la Becker adoptait une variante de son fameux sourire de la désapprobation, une version plus édulcorée estampillée « je suis trop bien élevée pour te traiter de demeuré, quoi que tu le mérites amplement ». L’effet, peut-être moins frappant, n’était tout de même pas complètement nul non plus ; son interlocuteur –parce que oui, les individus assez bêtes pour l’agacer se trouvaient la plupart du temps être de sexe masculin- finissait pas sentir, plus ou moins consciemment, qu’il était temps d’arrêter ses enfantillages et de commencer à aller dans le sens où elle désirait qu’il aille. Un caractère affirmé doublé d’une solide expérience professionnelle en la matière permettait de parvenir à tel niveau de maîtrise de soi, sans compter que la belle se savait performante : lorsque l’on a pleinement conscience de son potentiel, on hésite beaucoup moins à se servir des armes en sa possession, question d’assurance. Elle en devenait ainsi une collaboratrice diablement efficace, au sens propre du terme… Ce qui expliquant sans nul doute pourquoi Hans Jaeger l’avait recrutée.  

Et Dieu savait que Fran en aurait besoin ce jour-là. Cela faisait près d’un quart d’heure qu’elle attendait l’arrivée du général Gehardt Lengefeld, à qui elle avait pourtant autorisé la montée vers les bureaux de l’ambassadeur, suite à coup de fil de la réception. Où diable pouvait-il bien être passé ? S’était-il perdu en route ? Avoir à descendre le chercher promettait de la mettre dans des dispositions relativement peu amènes, ce qu’elle ne pourrait bien évidemment pas montrer, et croyez-le bien, le gradé n’avait pas intérêt à rechigner à assurer son rendez-vous, car la poigne de fer dans le gant de soie de Franny se ferait alors subtilement sentir.
Mais comme un malheur n’arrivait jamais seul, ce ne fut pas un uniforme vert de la Wehrmacht qui apparut sous ses yeux, quoi que ses menaces mentales à l’encontre du retardataire eût été de toute beauté, mais bien une journaliste de sa connaissance. Les journées savaient devenir longues, très longues, et quand vous pensiez  en voir le bout, une nouvelle couche de contrariété venait s’ajouter aux précédentes, juste pour le plaisir de vous montrer que vous aviez tort en vous figurant arriver enfin au bout de vos peines.

Surtout qu’Eva n’était pas n’importe qui, tout de même. Après réflexion, elle avait été rangée dans la case des personnes relativement utiles, mais surtout inoffensives, sauf quand elles décidaient de ne plus l’être, car elles connaissaient suffisamment bien les règles du jeu pour ne pas se laisser berner aisément – il s’agissait donc de la garder à l’œil et de la piloter autant que possible loin des points chauds ou du bureau de Jaeger, quand celui-ci ne se trouvait pas disposé à recevoir du monde, tout comme ce jour-là.

-Fräulein Jürgen, quel plaisir.

Pour l’occasion, Franziska s’était parée de son sourire numéro 54, celui plutôt sincère, quoi que policé, puisque destiné à des relations de travail. Difficile de dire si c’était effectivement un plaisir, comme la jeune femme l’affirmait, bien que ça en ait tout l’air. L’attitude désinvolte d’Eva, même si elle pouvait être feinte, lui suggérait néanmoins qu’il y avait une chance de limiter les dégâts.

-Un arbre, dîtes-vous ? Que voici une requête pour le moins inhabituelle. Cela me dit en effet quelque chose… Descendons, voulez-vous ? Il me semble avoir quelque chose pour vous dans les bureaux du rez-de-chaussée.

Le ton employé par la secrétaire, flirtant avec le badinage, laissait penser qu’elle ne voyait pas vraiment de quel arbre en particulier il s’agissait, ce qui, avons-le, se révélait être une « innocente » fumisterie de la part de Fran. Celle-ci savait pertinemment de quel litige il était question –les Français n’avaient-ils donc pas des problèmes plus urgents à régler qu’un stupide arbre ?-, un souci autrement dérisoire en comparaison d’un général manquant à l’appel. Et puis de toute manière, Hans ne voulait voir personne, ce qui scellait pour ainsi dire le cas de la reporter. Elle n’avait nullement affirmé avoir effectivement de quoi renseigner Eva en bas, ce qui lui permettrait de s’excuser en ne trouvant effectivement pas ce qu’elle avait pensé lui montrer, mais l’objectif serait atteint, à savoir se rapprocher du point de chute de Lengefeld, et plus important encore, d’éloigner sa visiteuse de l’ambassadeur.

L’assistant de ce dernier se leva, se plaçant ainsi –inconsciemment, cela allait s’en dire- devant la porte close menant au bureau de Jaeger et, son sourire avenant toujours accroché aux lèvres, indiqua à sa vis-à-vis le couloir derrière elle :

-Je vous en prie.






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Dernière édition par Franziska Becker le Mer 8 Juin - 18:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches   Sam 14 Mai - 18:00

« Fräulein Jürgen, quel plaisir. »
Le plaisir était partagé. Franziska Becker était une relation fort agréable pour Eva. Elle qui devait souvent interviewer des personnalités politiques, elle se trouvait assez régulièrement devant leur secrétaire ou assistante personnelle. Et Franziska était de loin la plus agréable et la plus arrangeante. La journaliste ne pouvait pas en dire autant d’autres assistantes, qui faisaient tout leur possible pour lui mettre des bâtons dans les roues, sans réelle raison.

Par contre, il était très étonnant que l’assistante n’ait pas eu connaissance de l’histoire, que disons-nous, du scandale de l’arbre de l’ambassade. Les assistantes étaient toujours au courant de tout, voire même de plus de choses que les hommes de pouvoir qu’elles assistaient : c’était l’une des premières règles qu’Eva avait apprise en arrivant au Courrier Parisien. Mais Franziska feignait très bien l’ignorance, pour une raison ou pour une autre, et il n’était pas nécessaire de l’attaquer dès maintenant. Aussi Eva acquiesca-t-elle avec un sourire poli lorsque la jeune femme lui proposa de descendre avec elle. Après tout, peut-être aurait-elle tout de même quelque chose à se mettre sous la dent pour cette histoire. Sinon, elle trouverait un moyen d’obtenir des informations.

Elles allaient donc descendre lorsque Félix Aurèle débarqua. Eva n’appréciait pas du tout Aurèle. Autant le dire franchement, c’était un idiot de première, prêt à lécher toutes les bottes nécessaires pour conserver son poste. En plus de cela, il était complètement incompétent. Eva avait dû aller lui parler quelques fois pour les besoins d’un article, et elle avait été ébahie qu’un homme à l’esprit aussi étroit puisse avoir atteint ce poste. Comme quoi, le pouvait n’atterrissait pas toujours dans les mains de ceux qui le méritaient. Au contraire, même, au vu de la situation actuelle de Paris et de ceux qui dirigeaient la ville.
« Oh, mademoiselle Becker ! Vous tombez bien ! Je dois voir Jaeger en toute urgence. Une affaire de la plus haute importance. Faites-moi donc entrer, ma petite. »
Et en plus il était d’une impolitesse notoire avec les assistantes. Après tout, elles n’étaient pas de son rang, n’est-ce pas ? Cela ne fit qu’agacer encore plus Eva, qui leva les yeux au ciel. Aurèle s’aperçut enfin de sa présence, et elle troqua son expression contre un sourire forcé de circonstance.
« Mais dites-moi, ne seriez-vous pas la petite journaliste du Courrier ? Jürgen, c’est ça ? J’aime bien vos articles. Ils rendent hommage à votre beau pays allemand, mademoiselle. Quel article vous amène donc ici ? »
Son beau pays allemand. Mais bien sûr. Eva n’avait jamais considéré l’Allemagne comme son pays. Ni la France d’ailleurs. Elle était une apatride. Elle n’avait jamais fait que de virevolter de l’un à l’autre pour affaires, mais n’avait jamais développé une attache particulière, ni pour le pays où elle était née, ni pour celui d’où venait son mari. Et dans les circonstances actuelles, aucun pays ne méritait son attache ou son hommage. Mais elle fit une petite courbette.
« J’essaie de faire mon métier du mieux possible, monsieur. Je suis ici pour l’arbre, vous savez, celui qu’ils ont fait abattre. »
« Ah, l’arbre ! Eh bien, mon affaire est beaucoup plus importante. N’est-ce pas mademoiselle Becker ? Mademoiselle Jürgen peut bien attendre. »
Eva pesta intérieurement. Ce politicard en toc allait la faire patienter et risquait de faire tomber son article à l’eau. Elle se demandait bien quelle affaire pouvait avoir une si grande importance. Elle se tourna vers Franziska, en quête d’un soutien quelconque.
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MessageSujet: Re: [FRANZISKA BECKER & EVA JÛRGEN] Affaire d'Etat et vieilles branches   Mer 8 Juin - 19:12

Affaire d'Etat et vieilles branches
« On ne s'ennuie pas quand on a des ennuis. »


Franziska ne sous-estimait pas la prometteuse journaliste du Courrier parisien, mais il fallait bien admettre qu’en cette journée où l’Ambassadeur n’aurait supporté sous aucun prétexte de se voir dérangé, elle était au fond bien contente que ce soit Eva qui fût à évincer, et non un autre visiteur importun appartenant au monde de la presse dont il aurait été bien plus difficile de se débarrasser. Eva avait du potentiel en tant que gêneuse, Fran n’en doutait pas une seule seconde : d’autres qu’elle avaient eu à affronter la curiosité aussi pétillante que décidée de la reporter, sans réussir à s’en sortir aussi bien que la secrétaire lorsqu’il avait fallu faire comprendre à la jolie blonde qu’elle n’aurait pas accès à certains informations, forcément les plus croustillantes, et donc celles convoitées avec le plus d’avidité par Eva. En tant que fille de bonne famille, la jeune femme avait eu bien des fois l’occasion de perfectionner son art de l’embobinage : au fond, gérer les innombrables visiteurs venus demander audience à son chef revenait à mener une opération de séduction, ni plus ni moins, que la Berlinoise eût en face d’elle un homme aussi bien qu’une femme. Combien de fois, lors de dîners mondains ou de réceptions, la malicieuse brunette n’avait-elle pas laissé miroiter à quelques jeunes loups aux allures de dandy la possibilité de se voir accorder une danse, ou bien un tête-à-tête, d’ici à son départ de la soirée –une manœuvre absolument hypocrite enfant les espoirs les plus fous… et les déceptions les plus peinées. Tout le processus reposait non pas sur un charme fou, mais bien sur l’art de toujours paraître agréable et heureuse de croiser quiconque venait la trouver, quand bien même la demoiselle ne pût-elle encadrer son interlocuteur, ou eût pour consigne de débarrasser Hans des importuns. La patience demeurait la vertu fondamentale à n’abandonne à aucun prix, dussiez-vous exploser d’irritation une fois de nouveau seul, car elle constituait la clé de la bonhomie qui ferait de vous, aux yeux de l’intrus, une personne agréable, de laquelle ne pas se méfier, et à qui faire grâce du grand numéro de marchandage voire de menace ou d’enquiquinement destiné à faire céder ses adversaires. Franny, elle, si complaisante et si amicale, n’avait pas à subir pareil mauvais traitement, elle mettait tant de bonne volonté à tâcher de trouver le meilleur compromis pour tout le monde, tout en portant le poids de sa hiérarchie… Ces pauvres naïfs ne se laissaient que bien facilement guider vers la sortie, sans même s’en rendre compte.

L’une des rares différences, avec Eva, était que Franziska pouvait intriguer dans sa langue maternelle, au lieu de passer par le Français et perdre ainsi un peu de la magie avec laquelle elle ensorcelait ses victimes –un accent germanique ainsi que malheureusement encore quelques mots sur lesquels la bureaucrate butait n’étaient pas toujours mis avec affabilité à son crédit. Elle ignorait, bien entendu, que Jürgen la croyait en train de noyer le poisson concernant ce stupide arbre, comme pour éviter d’aborder un sujet sensible : l’ambassadeur, amoureux de la France comme il était, ne manquerait certainement pas de se pencher sur la question, bien que ce fût pour un autre jour, au cours duquel Eva serait reçue de bonne grâce, vraisemblablement pour recueillir un discours démagogue au-delà de toute décence, mais délivré par le représentant de l’Allemagne, tout de même. Et dans le cas où Hans ne souhaiterait tout simplement jamais la voir… Eh bien il s’agirait d’une autre journée, d’un futur à plus ou moins moyen terme duquel l’ingénieuse complice de Jaegger se soucierait une autre fois.

Le passage leur fut barré par Félix Aurèle, pour le coup incarnait à la perfection l’expression « tomber de Charybde en Scylla ». Sur la liste de priorités du supérieur de Franny, l’homme politique d’extrême droite arrivait certes à une position plus prioritaire que la journaliste, pour tout un tas de raisons évidentes que nous ne rappellerons pas ici, la première et la plus importante de toutes étant l’utilité que pouvait revêtir un tel personnage pour leurs bureaux, autrement plus majeur que ce qu’était en mesure d’apporter une « simple » reporter. Néanmoins, ne nous voilons pas la face : quand son responsable l’avait sommée de ne le déranger sous aucun prétexte, le député avait été implicitement compté dans le lot des prétextes récusés d’avance, implicitement, et à n’en point douter. Pour faire simple ? Félix Aurèle n’était pas Gehardt Lengefeld ; de ce fait, il ne rentrerait pas dans le bureau de l’ambassadeur. À ce titre, il se trouvait sur un parfait pied d’égalité avec Eva, quoi qu’il parût proprement snober cette dernière, d’une manière paternaliste dont Fran, pas forcément mieux lotie, n’aurait réussi à dépeindre tout le caractère exaspérant. Au moins, la mine de sa première interlocutrice ne laissait que peu de doutes quant à ses sentiments à l’endroit de l’homme d’Etat ; se connaître une alliée, ou approchant, ne serait pas de trop alors que la secrétaire se retrouvait à gérer deux casse-pieds au lieu d’un. Les ennemis de tes ennemis sont tes amis, comme l’assurait le proverbe, et la jeune femme ne se laissait pas abattre par l’obligation d’avoir à faire d’une pierre deux coups. L’idée de contrer avec brio ce butor d’Aurèle grâce à une alliance féminine ne manquait d’ailleurs pas de charme, bien que la brunette ne s’emballât pas pour autant quant à la nature d’alliée de sa compatriote.

-Monsieur le député… le salua-t-elle dans la langue de Molière, et avec la même aménité que la journaliste tantôt.

Là encore, impossible de lire dans son attitude tout le mépris que son cœur renfermait pour cet homme.
Fran avait pressenti qu’elle ne possédait qu’infiniment peu de chances que le nouveau venu soit venu simplement pour traiter d’une tâche qu’elle aurait pu gérer elle-même, et comme prévu, aucun miracle ne survînt. Le Tout-Puissant, ou toute autre entité passablement horripilante là-haut, ne manquait pas d’humour…

Sans soutenir ou infirmer verbalement le jugement de valeur particulièrement rabaissant envers l’envoyée du Courrier parisien, Becker, d’un signe de tête ma foi ininterprétable, entra dans le nouveau volet de la partie de manière fort diplomate :

-Nous avons bien pris connaissance du dossier qui vous amène, et notre réponse…

-Vous n’avez pas à avoir accès à de telles informations, très chère, la coupa l’insupportable personnage, qui se croyait visiblement figure d’autorité dans la pièce. C’est avec Herr Jaegger, et avec lui seul, qu’il est de bon ton de traiter de la question qui m’amène, comme vous dîtes. En tant que simple secrétaire…

-Secrétaire adjointe, le coupa Franziska, toujours avec flegme, et conservant son sourire avenant.

Malgré cela, la main de fer sous le gant de soie, s’était fait imperceptiblement sentir, signal destiné autant à son vis-à-vis qu’à Eva, afin qu’elle l’interprète comme un indice sur le camp qui était celui de la secrétaire. Entre Aurèle et elle, Fran l’aurait choisi elle, du moins était-ce ce que le bras droit de celui que tous désiraient voir voulait laisser sous-entendre. Que la reporter eût été là ou non, de toute façon, l’Allemande ne se serait pas laissé marcher sur les pieds.

-Les documents nécessaires à votre entretien avec Monsieur l’Ambassadeur sont arrivés il y a une heure à peine, dûment signés par qui de droit. Compte-tenu de leur importance, ils sont actuellement examinés par notre service de sécurité, et puisque l’Ambassadeur ne sera pas en mesure de traiter votre requête sans eux, je vous invite à nous suivre en bas, afin d’hâter le travail de nos services, et de les récupérer. Votre autorité me permettra sans mal de justifier de leur conformité.

Comme si leurs employés avaient quelque chose à faire de recevoir une sommation de la part d’un douté français… Cependant, Franny le savait imbu de lui-même, et rappeler son « poids » hiérarchique flatterait son égo, au moins inconsciemment, une façon comme une autre de lui passer de la pommade –car, avouons-le, lui crever les yeux à l’aide de ses hauts talons ne l’aurait pas rendu plus gérable, à son grand dam. En vérité, elle n’était au courant que de l’existence de ladite affaire, sans que Hans ne lui ait encore dressé un topo complet : il n’existait vraisemblablement aucun document, signé par Dieu savait qui, et Félix Aurèle lui-même devait se demander de quoi il s’agissait exactement. Malgré tout, la demoiselle avait actionné deux leviers importants, le premier étant le fait que dans la bureaucratie, il y avait classiquement quantité de rapports rédigés et transférés à tour de bras, frappés du sceau « confidentiel » au besoin, si bien que l’existence de papiers concernant le cas du politicien demeurait plausible. Le second se voyait constitué de la nuance qui, répétée à deux reprises, plaçait la récupération de ladite paperasse au rang de condition sine qua none à l’obtention d’une entrevue. Pas de dossier, pas de sésame magique, puisque visiblement, Jaegger refuserait de se replonger dans le problème sans ces pièces, destinées autant à lui rafraîchir la mémoire qu’à alimenter la discussion. La posture de son employée de bureau, toujours aussi souplement décidée, renforçait implicitement cet état de fait.

La poigne invisible de la belle, à peine esquissée, se fondit de nouveau dans la chaleureuse bienveillance de la secrétaire :

-Quelle chance d’avoir mademoiselle Jürgen avec nous, elle pourra nous parler tout à loisir de l’arbre qui la concerne en chemin… !

Voilà de quoi occuper ses deux invités, et tout en gardant le silence, guetter de nouvelles failles à exploiter afin de parvenir à ses fins…




Crédits :
gif (c) blackbird85
Citation : Anatole France

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