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 Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]

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Henry Lockhart Jr
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MessageSujet: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Lun 4 Jan - 22:30


   
Callie & Henry
♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Je n'apprécie pas cet amphi. L'acoustique, très mauvaise, balance ma voix au fond de la salle avant de la faire revenir aux oreilles de devant. Les chuchotements qui partent du fond de la salle, en revanche, parviennent tout de suite aux premiers rang et ces croisements de sons donnent une impression de brouhaha constant.
Ce qui explique la mine contrariée que j'affiche alors que je narre l'un des chapitres les plus passionnants du programme.

Il me reste un bon quart d'heure de cours au moment où je pose mes notes sur le bureau. C'est parfait, je peux ainsi répondre aux questions et donner correctement mes consignes aux vingt-deux jeunes gens devant lesquels je me tiens.
Je donne la parole à monsieur Martin quand on frappe à la porte ;

Le couvre-chef que nous remarquons ne trompe personne : allemands ! Une patrouille a visiblement pris l'Université pour cible. Il s'agit certainement d'un simple contrôle de papiers, à moins qu'ils cherchent une personne précise. J'ose espérer qu'aucun de mes étudiants n'a de reproches à se faire.
M'avançant malgré mes craintes, j'esquisse un sourire nerveux, sans cacher mon étonnement.

" Bonjour messieurs, puis-je vous aider ? Nous étions sur le point de terminer un cours de…"

Me coupant proprement la parole, le gradé ordonne le silence et réclame visiblement les papiers. Chacun s'exécute avec un rien de panique et d'angoisse. Comme à chaque intervention des occupants, les parisiens surveillés sont submergés par des appréhensions malsaines, paralysantes, cauchemardesques. J'entends presque les gamins essayer de se persuader que tout ira bien, qu'ils ont tous les droits d'être ici, dans leur pays, leur ville, leur université.

Quand ils ont fait le tour des étudiants, le gradé se plante devant moi en faisant claquer ses bottes sur le parquet.

" Oh ! "

A mon tour de me faire les poches à la recherche des documents précieux. L'angoisse qui a envahi les jeunes gens ne m'épargne pas et je finis par tendre mon portefeuille en faisant tomber la moitié de son contenu sur les bottes luisantes de l'officier.

" …Arh oui, vous êtes le professeur Lockhart. Vous avez de la famille à Londres, vous ? "

" Je, non monsieur je suis américain, pas anglais. "

Pas certain que ce soit une bonne réponse. Mon sourire s’agrandit un peu plus, en même temps que mon pouls accélère.

" Enfin je vis en France depuis longtemps et ; "

" Et vous avez surement quelques connaissances parties au front. N'est ce pas ? Un frère, ou des cousins. Vous savez que les États-Unis sont entrés en guerre, professeur ? "

Je bafouille une approbation avant de retrouver un peu de courage pour demander à ce que mes élèves quittent la pièce. C'est accordé. La patrouille cherchait juste à se divertir mais encore mieux qu'une poignée d'étudiantes à embêter, ils ont trouvé un ricain égaré.

" …non, pas que je sache. Vous savez je m'y intéresse peu…"

Repoussé jusqu'à mon bureau, ils n'ont plus de doute : à première vue je suis un trouillard. Pourtant l'homme qui me menace est relativement petit face à moi, mais figurez-vous que le flingue qu'il porte à sa ceinture  et les quatre soldats qui n'attendent que ses ordres suffisent à me rendre prudent.

Priant pour ne pas dire de bêtises et pour que cela ne dure pas des heures, je me plie à leur petit divertissement.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 5 Jan - 12:06

Ca avait été une riche idée, de prendre ce boulot à l’université. D’abord parce qu’avec sa tête de gamine, elle se fondait parfaitement au milieu des étudiants, ensuite parce qu’à part guérir trois rhumes, des coups et des coupures de papier, il n’y avait pas grand chose à faire. Les plus grave devant rentrer chez eux ou à l’hôpital. Résultat, et après quelques semaines à bien faire comprendre qu’elle n’aimait pas être dérangée pour des bobos, elle avait l’infirmerie la mieux rangée du monde et plein de temps pour potasser.

Il était tard. Les bruits dans les couloirs s’amoindrissaient, le tic-tac de la pendule se faisait plus présent et la lumière du jour baissait déjà, sans la moindre pitié pour les yeux de la jeune femme. Penchée sur son bureau, l’Infirmière Chastain avait un herbier ouvert sur les genoux, un livre de pharmacie à sa droite et des notes médicales chipées dans le dossier d’un patient mort de l’hôpital à sa gauche. Au milieu, ses notes, dessins des différentes partie de l’agent actif à l’appui, théories, ratures. Qu’est ce qui avait foiré chez ce type. Pourquoi il n’était pas vivant ? Il aurait du guérir. Le dossier disait qu’il n’en avait pas envie mais l’envie des patients on s’en fichait bien. Elle fronça les sourcils, se grattant la nuque, y apposant par mégarde un peu d’encre. Fichus stylos qui en mettaient partout, elle en avait jusqu’au coude et allait encore devoir se rougir les mains à laver sa blouse au savon noir. Elle détestait le savon noir, elle détestait l’eau froide et elle détestait les tâches ménagères en général. Enfin.

Un bruit de bottes dans le couloir rompit sa concentration déjà bien mise à mal par ses ruminations mentales. Curieuse, la jeune femme repoussa légèrement la fenêtre qu’elle avait ouverte pour retirer l’odeur de javel et s’approcha de la porte. Des Allemands. Bah. Il en avaient vraiment jamais assez ceux là. Ca leur suffisait pas d’envahir l’Europe, fallait envahir la France. Ca leur suffisait pas d’envahir la France, fallait envahir Paris. Et maintenant SON université ? L’instinct territorial de la jeune femme lui fit serrer les poings et monter le rouge aux joues. Elle n’aimait pas qu’on vienne s’introduire comme ça sur son territoire. Elle aimait encore moins le fait qu’elle ne pouvait rien dire parce que ce n’était pas en se faisant bêtement emprisonner voire tuer qu’elle deviendrait médecin.

Elle tourna le dos à la porte, fit quelque pas pour se calmer, remarqua une fiole qui n’était pas exactement alignée comme il faut, la redressa, se sentit pas mieux pour autant. Le bruit des bottes s’était éloigné. Avec sa petite taille – elle n’atteignait pas le mètre soixante – ils n’avaient pas dû la voir par la vitre de la porte et les lits, faits, montraient bien que personne ne séchait les cours à coup de migraine factice. Profitant d’un instant de solitude, elle lâcha une bordée de juron à faire rougir un taxi puis attrapa un grand verre d’eau qu’elle vida d’un trait. Son cœur battait toujours la chamade, ses yeux bruns assombris par la colère mais au moins elle n’avait plus l’air de vouloir sauter à la gorge du premier venu. Elle en avait toujours envie hein. Juste, ça se cachait mieux.

Profitant du miroir au dessus du lavabo, elle lissa sa longue jupe d’uniforme, recoiffa ses mèches folles, se lava les mains et tant pis pour les tâches d’encre ailleurs sur la blouse. Elle avait l’air d’une travailleuse bien élevée. D’un pas qu’elle espérait posé, elle attrapa ses clefs, sortit de son infirmerie, ferma la porte à clef et remonta la foule des étudiants pressés. S’ils fuyaient c’était qu’il y avait un problème. Elle fronça les sourcils. S’il y avait un problème sur son territoire, elle devait aller voir. D’un mouvement de tête, elle tenta d’éviter le coude d’un étudiant trop pressé qu’elle se prit quand même dans la pommette. Pas le temps de le fusiller du regard, il était parti déjà et elle avait à faire.

L’Amphi était le meilleur du campus. Quand un professeur intéressant y faisait cours, la jeune femme aimait se glisser tout au fond et se laisser porter par l’accoustique étrange du lieu qui faisait qu’on y entendait mieux que devant. Donc, ils étaient dans sa salle préférée. En plus. Elle poussa la porte, juste à temps pour se rendre compte qu’elle venait de mettre les pieds dans un beau merdier.

Ce qui n’aurait rien eu d’étonnant si elle avait prit la peine de réfléchir plus de trois minutes mais visiblement ça avait été trop pour elle. Y a un allemand., un genre de sous-off, elle n’a pas le temps de compter les galons qui est en train d’acculer le professeur Lokhart, lequel rentrerait bien dans le mur s’il le pouvait ou quelque chose du genre. Ca aurait été rien s’il n’y avait eu également quatre glandus en uniforme derrière sous-off. Elle fit quelques pas en arrière, ouvrit à nouveau la porte et la claqua brusquement comme si elle venait d’arriver en courant. Avoir l’air essoufflée ne fut pas difficile, elle avait clairement la trouille.

« Herr Officier, herr Officier, Dieu merci vous êtes là, je.. je suis l’infirmière Chastain. »

Elle tendit ses papiers, en règle.

« Je viens de voir un truc horrible, deux étudiants faisant des choses contre-nature dans l’infirmerie. Je les ai enfermés mais j’ai peur qu’ils s’enfuient et puis, vous imaginez s’ils… je ne pourrais jamais décontaminer les lieux assez vite, j’ai besoin de vous Herr Officier, s’il vous plait aidez moi ! »

Connaissant la haine des nazis pour les homosexuels, cela devait suffire. Il n’y avait personne évidemment dans l’infirmerie fermée mais si elle avait laissé la fenêtre ouverte…si elle avait laissé la fenêtre ouverte alors ça pouvait se tenir. Et s’ils n’avaient rien de réel contre le Professeur mais alors ça, elle pouvait pas savoir. Elle soupira, baissant les yeux, espérant que la rougeur de ses joues passerait pour de la gêne et pas pour de la colère.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 5 Jan - 20:26


   
Callie & Henry
♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Ma colère, planquée derrière la prudence, me fait si fortement serrer les dents que ma mâchoire se dessine exagérément sur le bas de mon visage.
Je déteste être l'objet de leur sadisme et j'ai beau me consoler en me disant qu'ils ont ainsi épargné mes étudiants, combien de patrouilles de ce genre oppressent et harcèlent les parisiens ces temps ci ?

" Vous n'avez pas répondu à ma question professeur Lockhart. Avez-vous des contacts avec l'armée américaine?! "

Lentement je secoue la tête en guise de négation. Si la réponse avait été positive, j'aurai évidemment menti. Mais il s'avère que je n'ai déjà aucun contact parmi les adversaires des allemands ici en France, alors du côté USA...

" C'est dommage, fort dommage. Vous auriez pu nous être utile, pour une fois. "

Les rires rauques en réponse font gonfler les chevilles de l'officier qui, gourmand de gratification, ajoute en se pensant drôle :

" En fait vous ne connaissez personne. Lockhart. Personne de vivant. Ahahaaaa ! "

Bien, il se fait rire maintenant, en pointant du doigt un croquis de tombe égyptienne posé sur le bureau pour illustrer ses propos. Je penche le visage sur le côté, une ironie déplacée sur le bord des lèvres quand la porte claque.
Sauvé par le gong.
...Ou pas.

Intervention inattendue, la jeune infirmière balance deux étudiants à nos ennemis.
Impulsif, je fais deux pas avant que deux des soldats ne me retiennent violemment.

" Sale peste ! "

Et pire encore. À moins qu'elle n'ai menti pour m'aider...auquel cas ma réaction ne rendra sa tentative que plus réaliste.

Le gradé envoi deux de ses chiens jusqu'à l'infirmerie puis, après avoir fait signe à Callie d'entrer, replace sur moi son attention.

" Vous reprochez à cette jeune femme de m'aider à appliquer la loi ? "

" La loi n'a...! "

Le cuir de ses épais gants vient mordre mon visage dans un fâcheux claquement.
Je déglutis et affiche un sourire amer.

" Qui dois je remercier, au fait ? "

Dit-il en me tournant le dos pour s'approcher près, trop près de la jeune femme.
Passant une main contre ma joue endolorie, j'essaye de retrouver mon sang froid pour pouvoir lui venir en aide à mon tour.

" Personne ici n'oserait aller à l'encontre de votre...travail. Laissez la. "

Des pas de course retentissent et les deux sbires envoyés à l'infirmerie reviennent, contrariés.

" ...Ils ont du sortir par la fenêtre, la pièce était vide. "

C'est ça ! Allez donc gambader dans les jardins de la faculté.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 5 Jan - 21:17

Ils me regardent. Tous les cinq. Les quatre glandus en uniforme, sous-off qui semble un tout petit peu perplexe et le Professeur qui n'en loupe pas une. Je peux le voir limite virer au rouge et si j'étais une de ses étudiantes, nul doute que j'aurais déjà fondu en larme devant son regard. Sauf que je ne le suis pas et que c'est pas ma faute s'il est con. Bordel, si j'avais voulu dénoncer des gens, j'aurais dit qu'ils étaient juifs, pas homosexuels. Et puis QUEL étudiant INTELLIGENT ferait des mamours en pleine infirmerie en pleine inspection des...je retire ma pensée. Les étudiants ne sont pas intelligents. Et les professeurs encore moins. Je le vois se prendre une mandale. J'ai mal pour lui mais je ne dis rien. Au moins, deux des crétins sont partis. J'aurais préféré que ce soit toute la clique mais c'est déjà ça. M'en reste trois à gérer. Moi, mon culot et mon minois. Et bien on était pas dans la merde. En plus, sous-off est sourdingue. Je me suis DEJA présentée tête de nœud. C'est les galons qui font office de cerveau ou quoi ?

« Infirmière Chastain. Rien à voir avec l'autre, juste un homonyme. »

J'ai l'habitude qu'on me demande si je suis la fille de mon père alors je réponds avant, ça fait blasé et plus naturel. Après tout, qu'une infirmière connaisse le nom d'un médecin collabo réputé, ça fait bien. Je tends à nouveau mes papiers qu'il prend mais pose sur une table sans les regarder. Il s'approche tout près. Bien trop près. Je n'aime pas qu'on soit trop près de moi, ça me rend nerveuse. Je garde les yeux baissés. Un docteur. Je dois me dire que c'est un docteur. Genre oui docteur. Bien docteur. Vous pouvez vous la mettre sur l'oreille docteur. N'empêche qu'il est trop proche et que j'ai la trouille et que l'intervention de l'autre con est mignonne mais vraiment pas adaptée. Il ne voit pas que j'essaie de lui sauver la mise au Ricain ? Sérieux, c'est un miracle qu'il n'ait pas déjà été déporté. Je me sens rougir, de gêne, de peur, de colère. Je frapperais bien sous-off sauf que j'ai une force de crevette. On peut pas tout avoir dans la vie. Déjà j'ai de la chance. Les deux cons reviennent bredouille. Je me mords la lèvre.

« Ils... ils sont sûrement quelque part dans le coin. Je ne serais pas rassurée. Je... je serais tellement plus tranquille si vous meniez la recherche vous-même Herr Officier. Pas pour dénigrer vos hommes hein, mais un homme de votre...euh...stature... saurait sûrement trouver deux étudiants qui ont perdu toute décence. »

Je suis persuadée que, depuis le temps, quiconque à quoi que ce soit à cacher a quitté le campus et, si ce n'est pas le cas, il mérite de sa faire prendre. Et puis des homosexuels, c'est plus facile à nier que d'être Juif ou Etranger. Ce n'est marqué ni dans le nom, ni au fond du pantalon. Une chose est sûre en tout cas, je ne peux pas compter sur Lockhart. Je me retiens donc de faire un pas en arrière, je ne fais pas non plus de geste vers l'autre – faut pas déconner – et, le cœur battant la chamade, je tente le tout pour le tout.

« Je crois qu'il y a un bosquet dans les jardins pas loin sous la fenêtre. On devrait le voir de l'infirmerie. A moins qu'ils... vous n'avez pas laissé votre véhicule dans le parking de l'Université au moins ? C'étaient des étudiants en mécanique et en physique, j'ai peur que...ce n'est pas un bruit de moteur qu'on entend ?»

J'entends rien mais quand on cherche, dans Paris, on entend toujours ce qu'on veut. Si seulement je pouvais éloigner sous-off de moi et du vieux là, on pourrait prendre la poudre d'escampette sous un prétexte quelconque. Avec la mandale qu'il s'était prise, il allait avoir besoin de glace. Vite. Je lui coule un regard en douce sous ma frange, à la fois pour essayer d'évaluer les dégâts et pour lui demander de l'aide. Je commence à être à court d'idée et sacrément effrayée.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mer 6 Jan - 21:38


   
Callie & Henry
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Le regard vitreux et le sourire malsain de l'officier allemand provoqueraient sans mal un haut le cœur s'il se tenait aussi près de moi qu'il n'est proche de l'infirmière.
Je déglutis à nouveau toute l'impuissance qui m'oppresse. Une chose est sûre, je ne saurais me retenir s'il prévoit de toucher Callie.

Les poignes solides des gardes sur mes bras me rappellent que je n'irais de toute façon pas bien loin.

Quand les deux imbéciles reviennent avec leur théorie de l'évasion, la demoiselle a le courage de les motiver un peu plus avec l'histoire des bosquets.
Non seulement la supercherie est inconcevable mais totalement inintéressante et je crains que le gradé ne se finisse par se lasser...

" ...je savais les français vulgaires, mais jusqu'à souiller leurs précieuses écoles ! "

Prenant le soin de nous dévisager l'un et l'autre avec un plaisir non feint, il lève sèchement la main en guise de retrait. Les soldats prennent le départ, au pas.
Ouf.

" Professeur, "

Hm, j'ai la fâcheuse tendance à me réjouir précipitamment.
Je hausse les sourcils comme sil j'avais de l'intérêt pour ce qu'il a à me dire. Si je veux bien lui servir d'abruti encore un instant, il partira peut être plus vite ;

" N'en doutez pas : je vous surveille. "

" Trop d'honneur..."

Enfoiré.
Ils se retirent enfin, dans un vacarme militaire dont je me serai passé.

Je m'approche de la jeune femme en haussant les épaules, mains dans les poches et visage encore marqué.

" Des ébats étudiants ?...c'était bien tenté."

Dans un clin d'œil amical je retourne près du bureau pour rassembler mes affaires avant de jeter un regard à ma montre.

" Des obligations vous appellent surement ailleurs mais, je vous offre un verre ? "

Un patient, un mari, un amant ou même les trois, je lui imagine des tas d'excuses potentielles. Mais je ne connais rien de sa vie si ce n'est son travail en ces lieux.
Quand j'arrive le matin elle est déjà présente et inutile de vous dire qu'elle ne repart jamais avant moi.

Un verre lui ferait du bien.
J'enfile mon blouson et lui reviens en me massant à nouveau la joue. Juste une claque, mais je suis douillet.
Et l'allemand énergique.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Jeu 7 Jan - 10:54

Il me rend mes papiers. C’est déjà ça. J’ai toujours peur qu’un crétin décide de les garder parce que pour le coup, je pourrais jamais me les faire refaire. Pas sans rentrer à la maison et ça plutôt crever. Sauf que sans papier pas de boulot, pas d’étude, pas de rêve. Du coup, quand il m’effleure la main en me les rendant, je ne dis rien, je me concentre sur le soulagement de les avoir récupérés, mes papiers, à moi, disant que j’ai le droit d’être là. C’est quand même un comble d’être née ici et d’avoir à prouver qu’on a le droit d’être là. Enfin bref. Je dis rien, je baisse les yeux, j’essaie de pas penser à la présence envahissante de sous-off et je raconte de la merde. Même pas vraiment pour sauver le Professeur bien que je n’aime pas le voir retenu comme ça mais surtout pour qu’ils se cassent de chez moi. Et ça marche. Comme quoi, les képi, ça a une influence directe sur l’intelligence mais pas celle qu’on pourrait croire.

Toujours immobile, j’entends le groupe commencer à s’éloigner et me mord la lèvre, le cœur battant. Tant qu’ils ne seront pas sortis de mon territoire je me sentirais en danger, je le sais. Et pourtant, je n’ai pas la carrure d’un chef de gang. Mais je suis comme ça. J’ai personne à qui tenir alors je tiens aux lieux. Faut bien s’attacher quelque part dans la vie.

J’allais bouger quand tête de pioche revient avec une dernière provocation envers l’Américain. Par chance, celui-ci, pour une fois, répond bien et ils s’en vont pour de vrai. Bravo professeur. A+ pour votre non réponse à l’agression. Je lève les yeux, le regarde avec un intérêt tout professionnel. Sa joue ne va pas bien. S’il ne met pas quelque chose rapidement, il va se retrouver avec une belle ecchymose violette. Sa mâchoire à du prendre un coup aussi, peut-être. C’est difficile de savoir sans toucher. Je m’approche, il parle, je m’arrête net. Il s’est rapproché aussi et je me souviens qu’il n’avait pas bien pris ma pseudo-dénonciation. Quand je le regarde, cette fois, c’est plus pour savoir sur quel pied danser. Il sourit. Me fait un clin d’œil. Me félicité. Le stress me lâche soudain. Il a compris ! Bien ! Je ne me serais pas fait un ennemi. Je lui souris aussi, parce que je suis contente qu’il le prenne bien et qu’il ne me considère pas comme une sale collabo. Parce que je suis rassurée aussi que l’alerte soit passée.

« Ouais, c’est tout ce que j’ai trouvé en si peu de temps. D’toute façon, les gens croient n’importe quoi de la part des étudiants donc c’était pas trop risqué. Vous leur avez fait quoi aux Boches pour qu’ils vous aient dans le pif comme ça ? »

L’argot ressort avec le soulagement, ça ne me soucie guère parce que le trentenaire est occupé avec ses papiers et n’a probablement pas entendu la question. Je hausse les épaules pendant qu’il ne regarde pas. C’est l’adrénaline qui me rend bavarde. Faut que je me calme. Je m’apprête donc à prendre congé quand il re-parle. Au début, je ne comprends pas.

« Ben, c’est pas tellement d’un verre que j’aurais besoin, c’est plus d’une nouvelle serrure…ils ont du défoncer mon infirmerie un truc de ma… »

C’est alors que je fais tilt. Ah non mais il parle d’un verre…verre ? Genre à moi ? On m’a déjà proposé des verres. Des médecins, des internes, des patients. J’ai trouvé des excuses pour les médecins, j’ai dit non aux internes, j’ai sorti l’éthique pour les patients. Des verres, j’en ai plus vraiment bu depuis que j’ai quitté Montmartre et sa politique mais là. Là qu’est ce que je risque. Professeur n’a aucun ascendant sur moi, il n’est pas connu de la communauté médicale, personne pourra dire que j’ai eu mon diplôme grâce à lui. C’est pas non plus un soignant en devenir, quelqu’un avec je devrais travailler. Au pire je lui soigne ses étudiantes ou ses bleus donc hein. Et c’est pas un patient non plus. Je re-regarde sa joue. Non, pas vraiment un patient quoi, j’lui ai pas sauvé la vie. Donc je pourrais. Je pourrais me laisser tenter. D’autant plus que je bosse pas à l’hosto ce soir et que mes études sont mal barrées si je dois ranger le bordel allemand. Je me rend compte que je le dévisage comme une conne depuis une bonne minute. Je souris à nouveau, et c’est comme si mon visage s’illumine soudain. Pour une fois, je vais me permettre un peu de repos. Là. C’est décidé, c’est Noël au mois de mai.

« Oh ! J’suis nouille parfois. Ben écoutez, foutu pour foutu, oui, pourquoi pas, avec plaisir. Si vous me laissez cinq minutes pour récupérer mes fringues civiles. Et mettez de la glace sur votre joue sinon on va croire que je vous bats. Y en a dans l’infirmerie. Vous seriez chou de fermer la fenêtre et mes bouquins. Je vous rejoins en bas dans cinq minutes. »

Et comme parler est sœur d’action, je fais volte face et me dirige d’un pas vif vers la porte pour rejoindre les vestiaires du personnel féminin. J’enlève ma tenue d’infirmière et enfile la petite robe à fleur, serrée en taille haute, évasée sur les hanches. J’ai pu avoir des manches mais du coup j’ai un vague décolleté qui me rassure pas vraiment. Sauf qu’on a pas vraiment le choix dans les friperies. Je détache mes cheveux en tout cas que je laisse pendre librement sur mes épaules, fatiguée de mon chignon stupide de soignante. Bon. Je suis toujours moi-même. J’garde les bottines sinon. Mes sandales j’ai pas envie de les user tout de suite.

Et comme j’suis une rapide et que ça m’a pas pris trois minutes, je retourne à l’infirmerie, espérant que le Professeur ne m’a pas posé de lapin. Au pire, j’irais trouver autre chose à faire hein. Mais sortir un peu avec un homme, et bien c’est con à dire, mais ça me met le cœur en fête. Qu’est ce que je peux être conne parfois.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Sam 9 Jan - 17:53


   
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" Je suis américain, ça leur suffit amplement pour m'emmerder à chaque fois que l'occasion se présente. "

Disons ça ainsi. Je pense également qu'ils s'ennuient fortement, alors tous les prétextes sont bons pour se divertir.

L'invitation que je lance sonne assez faux, je m'en rends compte quand la demoiselle réagit...à côté.
Je réponds a son sourire en secouant vaguement la main pour la rassurer. Visiblement elle semble d'accord pour que nous oublions cette visite surprise de la patrouille, ensemble, autour d'un verre.
Ça me permettra aussi d'éviter Lucie. Hm.

" Très bien on se retrouve là-bas ! "

Dis-je en refermant mon sac que je jette lourdement sur l'épaule. Je doute qu'une baffe - si violente fut elle - nécessite quel que soin que ce soit, j'en ai vu d'autres, mais je n'ose pas négliger le conseil de la si gentille infirmière.

Passant la porte de son antre avec une grimace face à l'odeur des médicaments et produits bizarres, je place mes affaires sur une table et m'approche de la poignée forcée. Ça se réparera sans mal, le mécanisme est juste dégondé.

Après avoir fait de mon mieux pour sécuriser à nouveau l'infirmerie, je cherche un truc - n'importe quoi - à poser sur ma joue meurtrie.
Je finis par jeter mon dévolu sur un coton que je passe sous l'eau. Ça fera l'affaire, j'entends déjà Callie arriver.

" Vous souhaitez vous rendre dans un établissement en particulier ? "

Je n'ai pas de préférence. Pas aujourd'hui. Je veux juste vider un ou deux verres avant de repenser au reste.

Nous prenons les rues calmes autour de la faculté puis nous nous rapprochons des quartiers plus vivants en ce début de soirée.
Quelques allemands occupent déjà leurs bars favoris. Ils se sont au moins vite fait au rythme français !

Lorsque nous choisissons une table, je laisse la miss s'installer avant de nous signaler discrètement à une serveuse.
Une fois assis, je soupire et esquisse un sourire navré.

" Il faudrait surement que j'anticipe mieux les visites surprises de nos chers envahisseurs, ça empêcherait bien des désagréments."

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Dim 10 Jan - 21:47

Et ils l'ont pas loupé la serrure. Ça va être coton pour négocier ça avec la Sorbonne mais j'peux quand même pas laisser de l'alcool et d'autres solutions médicales à la portée d'étudiants à la con. Pas que j'ai pas confiance en eux, mais j'ai pas confiance en eux. Des jeunes qui font des études déjà ils ont trop de thunes pour leur bien, en plus ils n'ont rien d'intelligent à faire de leurs dix doigts et beaucoup trop de temps libre pour rester honnête. Après, en vrai, je m'en fiche, j'ai rien à me reprocher et surtout je cache rien, pas folle la guêpe. Mais c'est mon territoire et j'ai beau pas être du genre à vraiment dénoncer les crétins aux boches, j'aime pas qu'on me l'envahisse, mon territoire. Je soupire. Si j'avais des sous, j'investirais dans une chaîne et un cadenas. Ce serait ptet négociable avec les pontes ça. Avec ma tenue un peu ouverte quoi. Je hais les allemands. Toujours à tout casser sans regarder ce qu'ils font. Difficile ensuite de les prendre au sérieux avec leurs discours sur l'ordre, la propreté, l'espace vital tout ça.

Dans mon antre, je vois le Professeur mettre un truc sur sa joue. Pas des glaçons mais quelque chose, ce qui est mieux que rien toujours. Je prends deux secondes pour mettre des bouts de tissu dans mes livres comme marques pages, fermer la fenêtre histoire qu'il ne pleuve pas dessus – le mois de Mai est capricieux – et roule ma poule ou plutôt marche ma vache. Voilà qu'on se retrouve à baguenauder, pas bras dessus-bras dessous mais presque dans les rues du quartier latin. Tu parles d'un type. Il m'invite à boire un verre et il a même pas un café en tête. Mais je dis rien. D'abord parce que même comme ça en râlant je suis contente qu'on m'invite quelque part, mais en plus parce que j'ai ma réputation de parigote à défendre et que je vais bien trouver une garrotte quelconque à proposer.

« Nan, mais j'suis sûre qu'en cherchant très fort on va trouver quelque chose. Par là Professeur. »

On descend le boulevard St Michel mais je ne m'arrête pas à ces bars là. C'est là que les étudiants vont et les allemands, ils surveillent toujours les étudiants de très près, comme si c'étaient d'eux que pouvait venir la menace alors qu'on leur apprend bien consciencieusement à pas penser hors du moule. J'ai rien contre les gens de ma génération, quoi que, mais j'ai assez vu d'uniformes pour la journée. Arrivés à la seine, je tourne un peu dans les petites rues derrière, vers la Harpe tout ça, on est assez loin du Panthéon et du Luxembourg et il y a pas mal d'endroits pas trop connus par là. J'en choisis un qui est quand même assez visible pour pas qu'il apparaisse suspicieux. Y a deux planctons de base dedans qui boivent une bière, donc ça fera pas louche si on se faufile. Lui, ça à l'air de lui aller, il fait pas de remarque, on s'installe, il hèle une serveuse qui nous demande ce qu'on veut avec l'amabilité d'une porte de prison. Elle doit me prendre pour une fille à vieux ou pire. Faut dire que j'ai l'air plus jeune que mon âge et l'Prof, il a vraiment une gueule de Prof quoi. J'm'en fiche, j'ai un plus gros problème. Je sais absolument pas ce que je suis sensée commander dans ce genre de rendez-vous à la mord moi le nœud. Moi, d'habitude, quand je bois pas d'eau, je bois du café. Avec les Poulbots, parfois on se trouvait une bouteille de rouge et ptet même du champagne ou on se prenait une bière mais c'était très rare et c'était Montmartre. Là c'est la Sorbonne avec ses Intellectuels et ses Recherches et ses Bars Branchés genre « Les Deux Magots » avec ses écrivains et tout. Là, bon, c'pas un bar à Malraux mais c'pas non plus la buvette à Roger. Enfin. Je regarde la carte, genre bien concentré et j'attends que Miss Aimable se taille. J'prendrais comme lui sauf qu'il a une gueule à commander du Whisky et euh, j'ai pas envie de finir pompette merci. Pis dans le genre féminin et distingué. Parce que oui, j'sais pas, pour une fois je me dis que ça pourrait être cool si je faisais bonne impression en tant que fille et pas en tant que tank. Pendant ce temps, il cause et je hausse les épaules.

« C'est simple. Suffit d'anticiper que c'est tout le temps, comme ça pas de surprise. N'empêche, « Un Américain à Paris » ça ferait une chouette histoire pour le cinématographe pour plus tard. Vous pourriez l'écrire et le renvoyer là-bas, avec de la chance, vous deviendrez riche. »

Enfin je suppose qu'il l'est un peu vu qu'il a fait des études et qu'il n'a pas trop l'air malheureux mais je le vois pas rouler sur l'or non plus. Tant mieux, moi les gens de la haute je m'en méfie comme de la peste.

« Mais, si c'est pas indiscret, pourquoi vous êtes venu vous emmerder chez nous ? J4comprends bien que vous êtes coincé maintenant mais c'est l'Amérique le pays des rêves, pas la France. Qu'est ce qui vous pousse à rester ici, enseigner des trucs sur des vieux objets qui viennent même pas d'ici à des crétins qui ne retiendront de leur diplôme que comment faire un article et obtenir des fonds ? Et ça c'est si la guerre se redéclare pas et qu'ils meurent pas tous sur le front. J'veux dire, vous valez mieux que ça, non ? Qu'est ce qui vous fait tenir ?  Et accessoirement inviter des infirmières à boire des coups ? »

Je suis pessimiste, je le sais, j'ai d'ailleurs baissé la voix pendant tout mon discours même si je me dis qu'il est vaguement acceptable si on oublie cette histoire de front et de guerre. Après, moi, je suis née en 18 et j'avais 20 ans en 35 (oui, bon, en 38) donc c'est un peu normal que j'y pense. J'espère que je l'ai pas vexé avec mon franc parler. Je pense qu'il a l'habitude. D'toute façon, s'il se vexe, c'est pas grave, j'ai encore rien commandé. J'ai aucune idée, de quoi commander. Boire des verres en bonne compagnie avec un homme approuvé par les parents je sais faire. Se murger la gueule dans un petit appart en parlant politique avec des potes je sais faire aussi. Le café avec les collègues j'ai mis un peu de temps mais ça roule. Mais ça, ça je sais pas.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 12 Jan - 19:50


   
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Anticiper. Oui. J'ai du mal avec ce principe. Enfin non, il a du mal avec moi. Je sais difficilement me préparer aux visites des patrouilles allemandes comme je sais peu prévoir les réactions de ces dames, l'avis des étudiants ou ce qui traverse les pensées de mes interlocuteurs quand je parle archéologie.
Anticiper c'est contre nature, vous ne pensez pas ?

" Oui, ce doit être une solution. J'y penserai."

Mais j'aurai déjà choisi d'oublier d'ici une heure. Tant pis. La meilleure anticipation dont je sais faire preuve c'est plutôt le genre réflexe physique/athlétique.
Pas très utile pour un contrôle de papiers, je vous l'accorde, mais je ne troquerai cette capacité contre aucune tactique plus raffinée.

Après avoir commandé un verre de blanc, j'attends le choix de la jeune femme avant qu'elle me donne - sans indiscrétion - son opinion concernant ma profession.

« Mais, si c'est pas indiscret, pourquoi vous êtes venu vous emmerder chez nous ? J4comprends bien que vous êtes coincé maintenant mais c'est l'Amérique le pays des rêves, pas la France. Qu'est ce qui vous pousse à rester ici, enseigner des trucs sur des vieux objets qui viennent même pas d'ici à des crétins qui ne retiendront de leur diplôme que comment faire un article et obtenir des fonds ? Et ça c'est si la guerre se redéclare pas et qu'ils meurent pas tous sur le front. J'veux dire, vous valez mieux que ça, non ? Qu'est ce qui vous fait tenir ?  Et accessoirement inviter des infirmières à boire des coups ? »

Penchant lentement le visage sur le côté, je reste dubitatif.

" Hm."

Une petite inspiration, et je tente de tout reprendre. Dans l'ordre, plus ou moins.

" D'abord je ne m'emmerde pas chez vous : j'ai grandi ici. Je suis arrivé gamin, donc je suis très attaché à la France. A la capitale plus encore. Ensuite, dites-vous bien que si les States sonnent pays des rêves pour les européens, c'est l'hexagone qui fait fantasmer mes compatriotes."

Je récupère le verre que me tend la jolie blonde et articule un merci avant de reprendre.

" Je suis coincé ici, c'est sûr. Sans l'occupation je retournerais voyager. Mais ici j'enseigne est c'est très plaisant. Les "vieux objets qui ne viennent même pas d'ici" ont la particularité d'enchanter n'importe qui, n'importe où et n'importe quand. A condition qu'on sache les présenter. Quant aux crétins d'étudiants, j'ai foi en certains d'entre eux. Et s'ils étaient tous vraiment stupides, sachez que je tire néanmoins un plaisir égoïste à parler de ma passion et à la travailler toute la journée. "

Un sourire et je lève mon verre presque victorieux.

" À l'archéologie. "

Le bar se rempli progressivement, les français sont rarement en retard pour quitter le boulot. J'avale une gorgée puis émets une conclusion :

" ...je ne sais pas ce que je vaux, mais si on oublie les allemands, je suis très heureux. Et poli ! D’où les invitations aux infirmières. "

Dis-je avec un air angélique.
Je pense avoir dit l'essentiel de ce que ses questions m'ont inspiré. J'espère ne pas l'avoir endormie.

" Et vous alors, pourquoi la médecine ? "

J'imagine sans mal les raisons qui l'ont poussées dans ces études. Les nobles et les moins nobles. Don de soi, aide au prochain, soins des blessés dans ce contexte de guerre, ambitions professionnelles, financières, orgueilleuses...

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 12 Jan - 20:53

Bon, il a prit du blanc pendant que je suis encore en train de me battre avec la liste des trucs au rhum, des martinis ou des cocktails immondes à la bière que je soupçonne avoir été inventés juste pour faire plaisir aux boches. Du coup, j'prends du blanc aussi mais pour faire fille, je demande qu'on rajoute du sirop à la pêche dedans. Comme ça c'est légèrement plus doré, et trouble aussi, et euh sûrement que ça a un nom de pimbêche à en voir la tronche de blondasse. Ou alors ça n'existe pas et blondasse se fout littéralement de ma gueule mais je m'en fous, ce soir, c'est soirée test. J'suis de toute façon bien trop occupée à bombarder le Professeur de questions pour m'en poser sur des gens dont j'ai rien à foutre. Et je me dis, pendant qu'il penche la tête, que peut-être j'ai été un peu bourrine et qu'il est bien possible que je l'aie vexé. J'dis plus rien, j'attends. J'attends et j'apprends que c'est pas vraiment un Amerloque, il a vécu la France plus qu'en étant touriste. J'me sens un peu conne de l'avoir jugé du coup, un peu comme l'autre sous-off et c'est pas un bon sentiment. Pas que ça change qui il est ou ce que je pense de lui mais je suis prise en flagrant délit de préjugés et j'ai beau savoir que j'en ai ben ça fait pas toujours plaisir. Par chance, il a pas l'air vexé, il explique juste. Et j'aime bien ce qu'il explique parce que ça veut dire que la France, elle vend toujours du rêve. Qu'elle ne s'est pas effondrée totalement au yeux du monde quand Napoléon a fait son crétin avec l'Accadie. Et malgré ce qu'il se passe en Algérie. Enfin ce que les journaux disent qu'il se passe, après, j'suis pas allée vérifier. Et sans être chauvine, j'aime qu'on aime la France et du coup, le Prof, il m'est encore plus sympathique. Son capital point commence à être pas mal élevé. Ca fout les jetons, un peu. Pas trop.

J'remercie vaguement blondasse de mon verre que dont je regarde la robe trouble pour cacher le mien, de trouble, puis je souris quand il lève son verre et répond à son toast.

« A l'archéologie, aux vieux trucs et aux nouvelles connaissances. »

J'trempe mes lèvres dans la boisson. C'est sucré comme un bonbon pis ça piquote un peu sur la fin. Ca va pas me saouler donc c'est cool pis pas mauvais en plus. J'aime bien la pêche. Les fruits, ça me manque pas mal. Surtout ceux d'été. Les bonnes pêches juteuses, les abricots qui sont comme des bonbons. Maintenant on a des pommes et des pommes et des pommes quand on a de la chance. Ca nourrit et c'est plein de vitamines mais ça envoie pas du rêve quoi.

« Avoir la foi c'est bien. Et j'dis pas qu'il y en a pas un ou deux dans le tas qui sont sortable et qui vont retenir ce que vous dites. Et j'dis pas non plus que c'est pas intéressant tout court hein, je comprends l'intérêt des vieux trucs, c'est important de comprendre le passé pour pas refaire les mêmes erreurs ou même pour piger comment on en est arrivés là mais quand on pense que y a pas vingt ans c'était la Der des Der que plus jamais ça et qu'on voit où on en est ben, ça me désespère un peu. Mais si vous vous gardez la foi, c'est bien. Bravo. L'en faut des gens comme vous c'est important. »

Garder la foi c'était une façon de résister à l'Allemagne pour moi. C'était une des meilleures façon de pas se faire prendre. Rester soi-même avec ses goûts, ses rêves, et voir l'invasion comme un mauvais moment à passer genre comme quand on a rhume et qu'on doit aller bosser quand même et bien on fait avec. La France occupée, je faisais avec. L'prof, lui, il faisait sans. Ce qui expliquait pourquoi parfois la réalité le rattrapait. Bref. Je hausse les épaules.

« J'sais pas non plus, je suis pas allée vous écouter mais vos étudiantes vous aiment bien et si vous êtes à la Sorbonne c'est que vous êtes un bon enseignant sinon ils vous garderaient pas, ils ont autre chose à foutre qu'à babysitter un Américain. Contrairement à vous, la politesse c'est pas leur truc. »

Ouais, c'est con mais ça m'a un peu vexé qu'il ne m'ait invité que par politesse. Enfin y avait pas vraiment d'autres raisons pour lesquelles il aurait pu m'inviter mais j'sais pas. Bref, je bois une autre gorgée de mon vin améliorer et ça passe. J'réfléchis à sa question. En vrai, la médecine c'est pour emmerder mon père et lui prouver que je suis meilleure que lui. Et aussi parce que je connais que ça. Parce que je voulais comprendre ce qui était plus important que moi à la maison. Ce que les GENS avaient de plus. Maintenant je sais. Ils avaient de la fièvre. J'suis toujours pas d'accord avec ce choix mais au moins je le comprends je crois. Mais c'est pas des trucs que je peux dire. Alors je hausse les épaules.

« Parce que la mode c'est de blesser et tabasser les gens et que moi, la mode, je lui tourne le dos. »

Ca c'est une réponse automatique genre pour pas avoir à réfléchir mais le Prof il a été honnête avec moi du coup je m'arrête pas là et j'essaie d'être honnête avec lui. Sans tout dévoiler non plus parce que j'ai mes secrets ET que c'est pas mon meilleur ami-journal intime.

« Et aussi parce que j'aime ça. C'est à la fois très concret, avec des trucs à construire des cataplasme et tout, et très intellectuel, avec beaucoup de connaissances à acquérir et de trucs à se rappeler. C'est ordonné et en même temps c'est toujours en mouvement. On s'ennuie jamais. Les maladies se mélangent et se cachent, les gens ne font pas toujours attention au même symptôme pour la même chose. Faut apprendre à lire les gens, à lire dans les gens, à voir comment les gens fonctionnent. »

Les gens, les gens, les gens. Pendant une seconde j'ai oublié que je détestais les gens. Je me reprends.

« Enfin je pense. Moi j'suis qu'une infirmière hein, les femmes médecin c'est méga rare. J'regarde les docteurs et les médecins mais je reste juste une exécutante. Faut pas trop croire quand je crie fort hein. »

Cela dit, c'est faux. Je deviendrai médecin. Même si c'est dur. Surtout si c'est dur. Quelqu'en soit le coût. Ou presque.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Sam 16 Jan - 18:15


   
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Les conversations qui nous entourent sont relativement détendues, légères. Comme si les horreurs et hontes quotidiennes avaient disparues. Comme si les allemands n'avaient jamais envahi le pays pour l'occuper en imposant des règles racistes et humiliantes.
C'est peut être un peu la force de la France. Faire comme si.

C'est la fin de journée, chacun cherche à se rassurer : on peut continuer à vivre. La preuve, nous sommes une vingtaine dans l'établissement à débattre de tous les sujets possibles du moment qu'ils ne concernent pas l'occupation.
Moi j'y crois, à défaut de pouvoir me rendre utile.

L'infirmière à mes côtés semble plus pessimiste. Ça ne m'étonne guère.
Ah oui, j'ai du mal avec le personnel du monde médical, si louable soit leur mission.

Au tour de Callie d'évoquer sa profession. J’acquiesce, compréhensif, avouant qu'elle est certainement passionnée. Autant que moi j'en doute, mais sa motivation est indéniable.

« Enfin je pense. Moi j'suis qu'une infirmière hein, les femmes médecin c'est méga rare. J'regarde les docteurs et les médecins mais je reste juste une exécutante. Faut pas trop croire quand je crie fort hein. »

C'est marrant, je peine à cerner ce bout de femme. Elle fait assez grande gueule, prête à assumer tout ce qui s'échappe de sa bouche et à défendre son avis bec et ongles. Pourtant, il existe une certaine réserve dans ses propos. Pas de la timidité, même pas de la modestie. Peut être simplement la jeunesse. Callie a beaucoup d'estime pour ces fameux médecins qu'elle cite en modèle mais quelque chose me dit qu'elle cherche à minimiser ses ambitions. Devant moi c'est inutile, je n'ai rien contre les femmes souhaitant devenir médecin.

Je repose mon verre sur la table et l'observe une poignée de secondes avant de supposer :

" Visiblement il vous reste bien assez d'humanité pour parvenir à vos fins. "

C'est abstrait. Je fronce les sourcils - pour moi même - et reprends en retirant d'un geste de la main ma phrase précédente.

" Excusez-moi, j'ai la fâcheuse habitude de cataloguer les doc' comme des êtres dépourvus de compassion. Mauvaises expériences, j'ai pas eu de chance. "

Je souris et poursuis, si je peux éviter de la faire partir en courant si tôt.

" Je crois sincèrement que vous êtes une infirmière très compétente et tous les efforts que vous faites dans votre domaine seront forcément récompensés. Malgré les obstacles qui peuvent s'y opposer. "

Les obstacles, ou les hommes. Mais c'est pareil.
Retrouvant le silence, j'attends d'évaluer sa réaction avant de dire une ânerie de plus.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 19 Jan - 0:22

J'ai haussé les sourcils à son compliments – je pense que c'est un compliment – parce que je crois que je le comprends et que je crois que je ne devrais pas le comprendre parce que c'était pas compréhensible. Je me comprends. Il s'explique. Il a pas vraiment besoin, à part pour me confirmer que j'ai réellement bien compris alors je souris, amusée. Il a dû rencontrer le Grand Docteur Chastain ou un de ses semblables. L'humanité médicale est une chose étrange. Il faut beaucoup d'abnégation pour se dédier à l'amélioration de ses semblables. Il faut également beaucoup d'ego et une grande force d'abstraction. Parce que, quand le gars est là et que tout ce qui se tient entre lui et la mort c'est vous et votre couteau que vous devez lui enfoncer dans le cœur ou à côté, il est important de ne pas le considérer comme une personne ou il est perdu. Car si la main tremble, si le courage failli, alors la vie s'écoule et le patient n'est plus. C'est pour ça que les chirurgiens sont les pires. Ils sont entraînés pour. Ils sont inhumains par humanité. Moi, je ne m'intéresse pas tellement à découper les gens. Plus le temps passe et plus je me passionne pour ce qu'ils pensent. Ce qu'ils ont dans la tête. Malheureusement, beaucoup des pionniers dans la matière sont juifs. Du coup, pas de bol mais j'attendrais. J'ai encore du chemin à parcourir avant de penser à une spécialisation et puis j'ai autre chose en tête. Les allemands ne resteront pas éternellement. Personne ne reste éternellement. Alors mon sourire se teinte de triomphe et d'un reste de rouge sur les joues, à cause du vin ou de la chaleur ou des deux mais absolument pas à cause d'un autre compliment, non Monsieur.

« Ce n'est pas une question de chance, beaucoup de médecins sont comme ça. C'parce que ce sont des chochottes quelque part. Ils ont peur de s'attacher. Un patient, ça guérit ou ça meurt. Dans les deux cas on le voit plus. Mais un patient, un vrai patient hein, pas un rhume ou une entorse du petit doigt gauche, c'est une vie, c'est des chiffres, c'est que si on se trompe d'un dosage ou d'un diagnostique, alors c'est une vie en moins. Du coup, si on prend le temps de penser à l'enjeu, la vie d'un autre être humain, et bien on hésite, on ose moins. Et parfois, hésiter tue. Alors, on apprend à ne pas penser à la vie. A ne pas penser à l'être humain. A penser juste en terme d'abstraction, de chiffres, de cas. Et là, hop, comme un exercice de math, pof pof pof tout s'enchaîne, y a plus la peur, y a plus l'attachement, y a que les chiffres et tac tac tac, on a le dosage pour la grippe, celui pour la tuberculose, et combien de temps il reste à un patient atteint de la syphilis et on peut rigoler en salle de garde sur Madame Truc qui a eu la rougeole à 56 ans et Monsieur Machin qui va devoir dire à son épouse qu'il n'a pas vraiment été fidèle alors que Madame Truc s'en est tout juste remise et que Monsieur Machin n'en a plus pour longtemps. »

J'hausse les épaules parce que j'ai l'habitude de ce genre de discours. Je ne me dis même pas que ça pourrait choque le Bon Professeur. Parce que je suis comme ça déjà quelque part et ailleurs pas du tout. Parce que moi, j'aime pas les gens alors je n'ai pas peur de les perdre et, du coup, je continue à les voir comme des gens. C'est l'humanité à laquelle il faisait allusion. Jamais je ne serais comme Père. C'est un serment que je me suis fait à moi-même. Je le surpasserais mais en restant moi-même, sans perdre ni mon caractère, ni mon humanité, ni mes convictions. Je reprends une gorgée de vin et me mord la lèvre. Comme il me regarde, je plante mes yeux dans les siens avec tout le sérieux du monde, parce que je fais un serment à moi-même et qu'on fait toujours des serments les yeux dans les yeux.

« Je ne suis pas comme ça. Je ne deviendrais jamais comme ça. Parce que je refuse d'avoir peur de voir l'être humain en face et parce que je refuse de laisser la peur me dicter quoi faire, jamais. »

La peur ou quoi que ce soit d'autre. Les montagnes n'ont jamais été que des défis de plus à relever et je sais que ce n'est pas ça qui me fera reculer. Je me sens rougir quand même parce qu'on ne m'a pas élevée à regarder les gens comme ça pour dire des trucs aussi sérieux. Cette fois même ma mauvaise foi ne peux me cacher qu'il ne s'agit ni du vin, ni de la chaleur. Je tourne les yeux, regardant autour de nous, les tables en groupe ou en couple qui se sont remplies sans que je ne m'en rende compte. Je retourne à lui et lui sourit, sans amusement, avec amabilité cette fois. Un sourire poli qui n'éclaire pas mon visage mais n'en est pas moins sincère. Un sourire qui veut dire « ouais, je me suis laissée emporter, si on oubliait et qu'on faisait semblant de rien vous et moi ». Un sourire complice quoi.

« Et sinon, à part bosser, vous faites quoi dans la vie ? Vous avez dit que vous « retourneriez voyager » ça veut dire que vous avez voyagé ? A part pour venir en France je veux dire ? Vous avez vu combien de continents ? Combien de merveilles ? »
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Jeu 21 Jan - 20:23


   
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Je ne sais pas ce qui est le pire : être inhumain au point de ne plus voir les gens comme tels, ou réussir à oublier volontairement que les patients sont des êtres humains, soit disant par humanité...
Ça se vaut surement. C'est aussi horrible dans les deux cas, à mon sens.
Aucun médecin n'est capable d'assumer qu'il peut soit sauver soit perdre une vie ? Ils se glorifient si facilement quand ils éteignent la maladie, j'estime que la mort du patient fait partie de leur réalité.

Quel chirurgien peut être bon si il nie une possibilité pourtant plus que probable?

La demoiselle n'a pas l'air à l'aise mais je suis si mauvais dans le décryptage de ces dames, je préfère ne pas relever. Elle risquerait de rougir plus encore.

Pour conclure j'esquisse un sourire et avale une gorgée sucrée.
Une future médecin n'a pas à subir mon opinion sur les médecins. C'est illogique. Calixte est infirmière et je n'ai rien contre ces professionnelles.
Elle aborde alors un sujet ô combien passionnant.

" Oh j'ai vu de nombreux coins du Monde ! "

Dis-je avec amusement et une fierté non dissimulée. Le simple fait d'en parler fait monter en moi l'adrénaline si particulière des aventures.
Rêveur, je fixe la table en résumant - si possible.

" J'ai eu la chance de parcourir les paysages variés de mon pays, du nord de l'Afrique, d'un bout de l'Asie...j'ai évidemment fait un passage au Royaume-Uni, je suis passé par la Grèce et la Turquie aussi. "

Il en manque sans doute mais je crains de la perdre. De me perdre également. Dans un haussement d'épaules qui se veut détaché, j'essaye de masquer ma frustration d'être piégé ici.

" Je dois retourner en Inde, je commencerai par là. Quand tout sera fini. "

Précision de trop. Elle m'a échappé.

" Tous les pays méritent d'être vus, ils ont tant à raconter. J'aimerai en voir beaucoup d'autres. "

Voir et pas visiter. Parce que je ne visite pas, en général. Je me contente souvent de fréquenter une petite région - voir un site bien précis - et une poignée d'autochtones parmi les plus typiques ! C'est très enrichissant mais ça ne fait pas de moi un spécialiste des nations rencontrées. Loin de là.

" Si vous pouviez partir, où iriez-vous ? "

Je crains qu'elle n'ai aucun souhait de voyage. Que la France lui convienne en tout et pour tout - sauf les allemands - auquel cas j'ai fait avorter la conversation.

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Sam 23 Jan - 11:28

Bon il dit rien donc soit je l'ai choqué, soit il s'en fiche sévère. Du coup j'arrête là les frais, ça sert à rien d'expliquer quand l'autre veut pas comprendre. J'pense qu'il faut l'avoir vécu pour le sentir, vraiment, un peu comme tuer quelqu'un pour de vrai, on dit que ça vous change un homme. Mes pensées s'échappent sur tous ces gars qui ont fait la guerre, celle d'avant et celle de maintenant, sur ce qui se passent dans leur tête quand on les jette comme ça devant d'autres types comme eux mais qui leur tirent dessus. De part mon sexe et ma naissance, j'ai été vachement épargnée au début et même maintenant malgré la présence allemande, je vois plus de bagarres que de corps meurtris, faut croire qu'on envoie pas les traîtres se faire soigner à la Pitié. Et puis faut que je cause moins. Parait qu'une fille qui parle et pense trop ça fait peur à ces Messieurs. Du coup, je renvoie la question pour le faire parler de lui et ça marche, il sort de ses pensées et raconte des trucs. Il a l'air super fier de lui. Je me demande s'il revoit les endroits qu'il a visité quand il en parle. Moi je suis jamais sortie de Paris sauf pour aller en Normandie une fois quand j'étais petite. Y avait des vaches et des pommes. Et il pleuvait tout le temps. Le reste, je l'ai vu sur l'Atlas familial durant les cours de Géographie. J'sais à quoi ressemble la France. Je connais l'Europe et les Colonies. Puis y a l'URSS et les jaunes derrière, l'Afrique en bas de la Méditerranée, et les Amériques à gauche. J'avais appris tous les grands pays par cœur mais, m'en servant pas, j'ai un peu mis tout de côté. Du coup j'essaie de visualiser les cartes pendant qu'il parle, pour pas être trop en reste. Le Royaume-Uni c'est pas un problème, la Grèce non plus, c'est un pays important, la Turquie par contre je sais pas trop où la placer. C'est un peu comme Constantinople ou les Croisades. On sait que c'était genre vaguement par là, mais où exactement c'est compliqué. Après, ils ont eu la poudre avant nous, et y avait des guerres terrible. Et c'était un endroit civilisé de l'antiquité. Et c'est tout. L'Inde, c'est l'inverse, je visualise l'endroit, la grosse pointe, mais pas la civilisation, je sais juste que c'est une colonie anglaise, qu'ils boivent du thé et qu'ils font dans le tissu. Je crois pas avoir jamais vu un indien. Je me demande s'il sont comme nous. J'ai l'impression d'écouter une encyclopédie. Je note quand même qu'il veut repartir et qu'il doit donc se sentir complètement coincé ici. J'vais pas lui demander pourquoi l'Inde et ce qu'il DOIT y faire de si important. Je ne parle jamais de ce qui pourrait se passer après, quand les allemands seront partis. J'ai peur que ça porte malheur de trop préparer le futur, comme si planifier des trucs allait retarder notre libération. C'est con mais je suppose que c'est d'époque. Après tout, il y avait tellement d'espoirs quand j'étais gamine. Malgré les Gueules Cassées et le manque d'hommes, c'était fini, la guerre, pour le monde entier pour l'éternité. La bonne blague. Personne s'est dit que les boches allaient pas aimer perdre. Pour être dans le camps des perdant, je savais très bien que ce ne serait jamais terminé. J'suis une fille et même moi j'ai envie de les renvoyer dans le pays pourri et de les enterrer là bas pour toutes les atrocités qu'ils ont commises. Enfin les renvoyer serait un bon début.

Et comme je pense à la guerre, la question du Professeur me prend totalement par surprise. Mais genre grave. J'écarquille les yeux, j'en pose mon verre de vin, j'm'y attendait pas du tout.

« J'y ai jamais réfléchi... »

Quitter Montmartre ? Quitter Paris ? Quitter la France ? Moi qui n'ai jamais vu d'autre rivière que la Seine et d'autre horizon que le soleil derrière la Tour Eiffel. Mais pourquoi pas, après tout ce ne sont que des fantaisies. Des bêtises d'adolescents qu'on joue pour oublier les deux uniformes qui s'accrochent au bar.

« Je ne connais pas le monde comme vous mais si je pouvais partir n'importe où... je sais pas trop, j'aimerais bien voir les endroits où les choses ont commencés, genre la Grèce et Rome parce que c'est là qu'est née la démocratie et la pensée moderne, puis un peu l'Arabie enfin les pays de là-bas. Ils avaient beaucoup d'idées, c'est d'eux que viennent les nombres et ils avaient la poudre avant nous. Et la Perse, j'aime bien les contes perses. »

Je me rends compte que je m'intéresse au final beaucoup plus aux gens qu'aux paysages possibles ou aux monuments. Enfin pas aux gens – j'aime pas les gens – mais aux esprits quoi. J'dois pas être une archéologue en herbe. J'ai bien fait de pas choisir ce genre d'études. En même temps ça paye pas assez et ça sert à rien dans l'immédiat donc je me posais pas tellement de questions là dessus.

« Après vous savez, moi, rien que voir Montpellier ce serait une aventure. J'ai pas tellement eu le temps de me promener, je connais que Paris, mais elle, je la connais bien. Vous saviez qu'on a des restes gallo-romains, genre des thermes et tout ? Et il y a quelques monuments qui sont genre méga-vieux. J'parle même pas des catacombes. Je suis sûre que si on faisait des fouilles rien que sous nos pieds on trouverait des trucs aussi intéressants qu'ailleurs. »

Oui, je suis fière de ma ville. Et un peu stupide aussi, sûrement mais c'est moi et faut me prendre comme je suis.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mar 26 Jan - 19:49


Callie & Henry
♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Les propos de la jeune infirmière collent parfaitement avec le parcours scolaire et le milieu familial que je lui imagine. Visiblement au courant des grandes lignes de l'Histoire et des idées enseignées à l'école, elle avoue une curiosité pour les pays les plus "populaires" avant de revenir naturellement à la Petite - mais pas moins riche et belle - France.
J'esquisse un sourire amusé en l'écoutant plaider la cause de sa patrie. Oui la France est pleine de surprises, son passé peut encore se lire dans toutes ses régions et l'étude de ses guerres, traumatismes et découvertes est clairement très intéressante.

" Mais on fait des fouilles en France. Enfin, on en faisait. "

Encore cette p*tain de réalité qui nous rattrape. Mais ça reviendra, j'en suis sûr. Les allemands ne resteront pas ici indéfiniment et quand bien même, les militaires se lasseront d'interdire les fouilles et autres recherches aux passionnés, historiens, chercheurs etc.
Françaises ou allemandes, ces Terres regorgent de trésors que personne n'oubliera bien longtemps... J'espère.

" En tout cas vous avez raison d'être fière de Paris. J'adore cette ville. "

Pour faire court. Car il n'est pas question que de vieilles ruelles, d'architectures romantiques ou de promenade bucolique. Il s'agit aussi d'une gastronomie renommée, de plaisirs artistiques uniques, d'un rythme de vie apaisant et paradoxalement plein de rebondissements, de femmes, de secrets ;

Et il y a ces choses moins plaisantes qui se rappellent à moi quand mon regard se pose sur un groupe de collabo installé devant le bar. Sans la moindre discrétion - pour se faire volontairement entendre, en fait - ils évoquent leurs dernières arrestations avec fierté.
Deux commerçants ont apparemment été emporté par la milice, avec leur famille, parce qu'ils ont permis à un présumé résistant de se cacher dans leur maison de campagne.

Ravalant ma colère et toutes les amères émotions qui me traversent, je resserre le verre entre mes doigts et pousse un soupir que j'espère inaudible.

" Je ne voudrais pas vous mettre en retard. "

Dis-je après avoir lancé un regard à ma montre. Visiblement Calixte n'était attendue nulle part ce soir, mais l'heure tourne et plus la nuit s'installe, plus les risques sont grands.
Me penchant légèrement vers elle, je murmure :

" Quittons cet endroit j'ai un mauvais pressentiment. Je peux vous raccompagner si vous voulez. "

Ça ne se propose sans doute pas ainsi, mais les formes et les manières ne sont pas ma spécialité non plus. Et puis il me sera plus facile de trouver le sommeil si je l'ai vue entrer chez elle plutôt que de la quitter en pleine rue ;

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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Mer 27 Jan - 10:46

C’est toujours aussi con à dire mais je suis contente quand il avoue aimer Paris et la France. Après bon, j’en doutais moyen vu qu’il est coincé là et qu’il a grandit là si j’ai bien compris aussi ce qui explique son français maintenant que j’y pense. De toute façon, ma ville est magique. Elle vole les gens, les rend amoureux de ses pavés, de son ambiance, de sa beauté comme de sa laideur. Et pourtant elle est laide hein. Pleine de défauts. Remplie de stress, d’allemands, de travaux, de misère, de gens bien et propres, de gens bien et sales, d’usines, de colère, d’abandon, c’est une ville qui ne s’arrête jamais de penser ou de ressentir. C’est ma ville et je l’aime. Elle coule dans mes veines. Elle fait partie de moi. Et là, en ce moment, elle est malade. Y a des virus en uniforme marron qui parcourent ses artères et qui l’affaiblissent, contaminant parfois certains de ses organes comme les crétins qui parlent fort à la table plus loin. Moi, je n’écoute pas. Ca fait longtemps que j’ai appris à ne pas écouter ce genre de fanfaronnades. Je me contente d’espérer très fort que ce ne sont que des vantardises et que ce n’est pas vrai. Malheureusement, je sais que, bien souvent, le mal est fait, que ce soit par ses gens là ou pas. D’toute façon, ça me regarde pas. Je suis pas là pour soigner Paris. Je ne suis pas là pour soigner la France. Je laisse ça à des gens bien plus âgés et bien plus doués que moi. Je me contente d’apprendre pour grandir et d’aider les miens dans la mesure du possible. C’est égoïste mais c’est la vie. Je ne me sacrifierais pas pour la Cause. J’ai autre chose à prouver.

L’Américain, lui, il le prend vachement moins bien. Il essaie de le cacher mais je suis juste en face et je vois bien que ses lèvres s’affinent et que ses yeux s’assombrissent. Il finit son verre, j’en fais autant. J’ai envie de lui prendre la main pour qu’il se calme mais le temps d’hésiter à faire un geste pareil en public, il parle de finir et de me raccompagner. Je le regarde, surprise. Déjà, je suis un peu triste que ce soit terminé, que ma parenthèse d’adulte fille se finisse si vite et sur une note aussi déplaisante. Mais bon, c’est l’homme qui décide il paraît et je trouve aussi plus prudent de s’éclipser. Par contre, pour me raccompagner…j’avais pas tellement prévu de rentrer à la maison. Y a rien à y faire et je n’ai pas encore sommeil. J’aurais bien été…je ne sais pas, sur les bords de Seine ou à l’hôpital voir si je peux pas remplacer quelqu’un au pied levé ou bien, normalement, à l’infirmerie de la Sorbonne pour faire les stocks et remplir le cahier de bord sauf que mon infirmerie est cassée. Fichus allemands. Je hoche finalement la tête, avec un sourire de bon aloi et une légère rougeur – toujours le vin, sûrement pas la proximité, avant de prendre son bras. Le monde entier va nous croire en couple, au moins pour la soirée. Pas grave. Personne ne connaît mon nom ici et je n’ai pas l’intention de revenir. Une fille anonyme au bras d’un type, ça disparaît facilement dans la nuit. Alors que si j’avais gardé mes distances comme si j’étais bien élevé, ça aurait choqué. N’empêche, je marche un peu vite, le guidant dans le quartier latin jusqu’à ce qu’on soit seuls. Je lui lâche alors le bras. J’suis moins facile que je ne le prétend. Je réfléchis. Je ne sais pas trop quoi faire ou quoi dire ou plutôt y a trop de choses que j’aimerais faire et dire ce qui me bloque un peu et c’est pas dans mes habitudes d’être bloquée. Je suis en général plutôt directe. Voire carrément bourrine. J’ai déposé les masques en même temps que mes robes en soie.

« Vous devriez vraiment faire quelque chose pour votre tempérament. J’ai pas envie de vous voir arriver à demi-mort à l’hôpital parce que vous vous serez énervé contre un morveux stupide ou un crétin à galons, j’ai autre chose à faire que de soigner les gens qui ont trop bon cœur. »

Je lui sourit un peu quand même, pour montrer que je suis pas fâchée mais je grimace intérieurement. Mes yeux sont mortellement sérieux, je le sais. Parce que j’ai vraiment pas envie de le retrouver tout cassé dans une ruelle. Et pas seulement parce que ça me fera plus de travail.
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MessageSujet: Re: Panique, hasard et rapprochement [Pv : Callie]   Dim 7 Fév - 12:17


   
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Dans un coin de la belle Paris, entre les réverbères courbés et les pavés glissants, abrités par une tombée de nuit fraîche, les deux fuyards pressent le pas. Regard à l'affut, muscles tendus. Elle crispent solidement ses doigts sur le blouson de l'homme qui, dans sa course, oublie la beauté de cette ville et le portrait flatteur qu'ils lui ont dressé un peu plus tôt.
Ils s'échappent, ils craignent, ils sont les proies. Inquiètes et avides de sécurité.
Sur leur propre territoire.

Enfin si l'on veut. Je ne suis pas un vrai parisien ni même un vrai français mais je fais partie des gentils ici.
Je crois.

Le masque professionnel de Calixte a laissé place à des mimiques bien moins assurées. Quand nous ralentissons l'allure, elle me relâche et je fais au mieux pour ne pas trop sourire.
L'adrénaline, sans doute.

« Vous devriez vraiment faire quelque chose pour votre tempérament. J’ai pas envie de vous voir arriver à demi-mort à l’hôpital parce que vous vous serez énervé contre un morveux stupide ou un crétin à galons, j’ai autre chose à faire que de soigner les gens qui ont trop bon cœur. »

Ça sonnerait mal dans beaucoup de lèvres, ça sonnerait faux. Mais pas avec elle. Je commence à la cerner - sans prétention aucune et je lui accorde volontiers une large part de mystère mais - ses réactions ne ressemblent en rien à la bienséance que beaucoup doivent pourtant lui réclamer.
Je réponds à son sourire, sans moquerie. Parce qu'elle est clairement très sérieuse. Voire stricte.

" Ne craignez rien, ça n'arrivera pas. "

Je ne fais pas partie des gens qui ont trop bon cœur. Et certainement pas de ceux capables de lever la voix contre les allemands.
La demoiselle me pense peut être aussi impulsif que j'en ai l'air. Elle ne mesure pas encore la lâcheté qui m'habite.

Indiquant le quartier d'un hochement de menton, je change tant bien que mal de sujet de conversation. Si nous sommes partis si rapidement, ce n'est surement pas pour remettre l'occupation sur le tapis ;

" Que dites-vous, alors ? Je vous raccompagne ? "

Pas de témoins pour souligner la maladresse de ma question. Pas de vieille choquée, de vieux jaloux ni de prétendant révolté. Juste l'infirmière que je ne veux pas abandonner à cette heure-ci.

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