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 Ingrid • The worst is usually true

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Ingrid Lorre
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MessageSujet: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 22:07


Ingrid Lorre
Julianne Moore (c) Shiya



Etat-civil
♠️ Forces d’occupation
Elle est en poste à Paris depuis le début de l’occupation, résultat honorable de plus d’une décennie de fervent militantisme.  
♠️ 39 ans
Benjamine et seule fille de la fratrie, elle est née le 10 février 1904.  
♠️ Allemande
D’un sang irréprochable, ses ancêtres étant tous originaires de la même grande nation.
♠️ Mariée
Une union qui semblait parfaite mais qui avec du recul s’est selon elle révélée asymétrique. Au fond elle a bien plus desservi son mari que le contraire. Et puisqu’Ingrid n’a à terme pas trouvé le bonheur espéré dans le mariage elle refuse de laisser la moindre occasion à Maximilian d’être heureux en dehors. Que tous deux soient damnés.
♠️ Protestante
Plus par habitude que conviction elle reste attachée aux principes de la religion.
♠️ Responsable de la section culture de la Propaganda
Aussi cultivée que dévouée au parti, elle s’est vue confier un rôle taillé sur mesure. Si l’intitulé est clair il s’agit cependant de faire preuve de subtilité, d’appréhender et comprendre les besoins des français pour mieux les modeler. Une fonction qui s’avère donc délicate mais à laquelle elle se dit entièrement acquise. Quoiqu’à l’occasion elle se laisse aller à quelques détournements, puisqu’au fond l’art vaut bien de minimes incartades.


Interrogatoire

♠️ A-t-il des manies ou des tics ? La tête basculée en arrière et un verre d’alcool à la main, quelques mots roulent sur les lèvres, s’écorchent au bout de la langue. Une fascination dévorante pour ce qu’elle appelle « le beau » la pousse à énoncer à mi voix, dès qu’elle se trouve seule, les vers qui se bousculent dans sa tête. Un grain de folie poétique, les rêveries littéraires deviennent vivantes et derrière les portes closes elle récite pour le simple plaisir d’entendre les syllabes s’entrechoquer. Cela relève cependant plus de l’habitude réconfortante que de la manie.
♠️ Son livre préféré ? Quelques titres allemands résonnent, mais la trilogie de Schiller, Wallenstein, s’impose finalement. Destinée grandiose et destin tragique, effroi mêlé à l’irraison, le drame lui semble magistral. Un monstre sacré de la littérature, cette saga. Ingrid rêve à présent du moment où elle parviendra à faire imposer la dizaine d’heures de représentation sur les planches d’un théâtre parisien. Car la prodigieuse force de la langue mérite d’être entendue de tous.
♠️ Son lieu préféré dans Paris ? Assurément l’opéra Garnier. Prestige, culture, plaisir et collaboration. Où avec un zèle infatigable se montent des programmes pensés par et pour le pouvoir ; lieu d’une indéniable beauté dans lequel ne raisonnent que les œuvres qui le méritent.
♠️ Aime-t-il sortir et où ? Une absence d’invitation à la moindre fête serait perçue comme une insulte. Ingrid a pour mot d’ordre de ne rater aucune occasion de se montrer, par ego d’une part mais également car les mondanités figurent parmi ses activités favorites. Réception informelle ou soirée officielle, pourvu que des représentants allemands soient demandés et elle se fera un grand plaisir d’être de la partie.
♠️ Comment vit-il les restrictions et les privations ? Pour les juger aussi faudrait-il se targuer de les connaître réellement. Car entre les grands crus qui ne manquent pas de couler et les œuvres d’art entre lesquelles déambuler les privations ne se font pour elle pas exactement sentir.
♠️ Son avis sur les Allemands et l'occupation ? Alors qu’on voulait la mettre à genoux l’Allemagne a aujourd’hui retrouvé le rang mérité de première puissance. Et à l’image de leur glorieuse nation les Allemands sont des êtres fiers et combattifs, patriotes et nobles, des citoyens dont la dévotion fait leur grandeur. Quant à l’occupation, elle n’est qu’une preuve de l’estime pour un pays vaincu et de la volonté admirable de construire une amitié entre deux Etats.
♠️ Son avis sur les juifs ? A en juger par les chefs d’œuvres qui se trouvent chez eux un peuple au goût sûr. Qualité inexplicable quand on les sait pourtant si sournois et corrompus. Car si Ingrid a grandi sans haine, n’éprouvant tout au plus qu’une plate indifférence, l’engagement politique lui a fait ouvrir les yeux sur la nature de ces individus et l’a empli d’aigreur.
♠️ Son avis sur les manifestations ? Une résistante stupide, n’ayant aucun état d’âme à causer le mal autour d’elle. Une preuve de l’égoïsme de pseudo idéalistes inconscients, de véritables dangers pour autrui. Au nom de la sûreté publique il est évident qu’un terme doit être mis à ces démonstrations de haine envers l’Allemagne. Et plus on continue à faire preuve de laxisme plus, tôt ou tard, les moyens employés devront être sévères. Intransigeante, Ingrid va jusqu’à considérer que la clémence des autorités allemande est une terrible erreur.
♠️ Son avis sur le gouvernement de Vichy et la politique de collaboration ? La France est grande, la France est belle, mais la France s’est perdue. Décadence, splendeur écorchée. Face à la faiblesse la collaboration se dresse évidemment en bienfaitrice. Le gouvernement français a ainsi indéniablement fait le choix de la raison, celui de la considération pour le bien-être de ses citoyens.


Qui suis-je ?

☆ Prénom/Pseudo ?
TimTam
☆ Age ?
La vingtaine  gnhehe
☆ Etude/Travail ?
Je fais un master dont le titre ne veut absolument rien dire o/
☆ Où as-tu connu YT ?
Le tumblr trop cool des hiboux  gaga
☆ Un truc à nous dire ?
J'ai pas trouvé de smiley licorne  
(Sinon, je peux aussi dire que votre forum roxe du poney, ce qui est mal pour les gens qui voudraient être raisonnables  affolé  )




Dernière édition par Ingrid Lorre le Ven 8 Jan - 22:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 22:07


Biographie

« Un peu plus on se croirait dans un monde parfait où tout finit toujours par s'arranger. »


I- L’ISLE JOYEUSE

Septembre 1915
A onze ans on comprenait mal les raisons de la guerre. Du conflit, Ingrid retenait surtout l’étrange mélange des civils et militaires, permissionnaires, invalides, veuves et réfugiés. Elle ressentait les sacrifices de la population, la participation à l’effort de guerre, mais n’envisageait pas tout ce qui se cachait derrière les repères brouillés de sa ville natale. L’ambiance festive avait disparu au profit d’un calme lourd dont la raison lui échappait un peu. Des représentations du conflit dans les journaux, des listes de morts et de disparus, d’étranges appels à emprunts dont elle n’était pas certaine d’avoir exactement retenu le fonctionnement. Depuis le début du conflit Ingrid avait senti Berlin changer, mais si les tenues noires des femmes et les noms de cadavres lui faisaient ressentir une peine immense, le pourquoi de tout cela continuait de la faire s’interroger. Il paraissait que la France, l’Angleterre et la Russie en voulaient à l’Allemagne qui se contentait de défendre ses bons citoyens, tout cela parce qu’on avait tué l’héritier d’un allié. Ce qui faisait tout de même beaucoup de sang pour une seule personne, même un archiduc.

Mais puisqu’elle n’avait jamais obtenu de réponse beaucoup plus fournie elle avait arrêté de demander. D’autant qu’au milieu de tous ces macchabés sa mère lui avait assuré que son père était en sécurité et c’était l’essentiel. Médecin, Ludwig Kellner restait à l’écart des tranchées, ce qui faisait croire à Ingrid qu’il était immortel. Elle se levait donc chaque matin avec un étonnant enthousiasme, trainant avec elle l’optimiste persuasion que tous les jours se renforçait la probabilité de voir son paternel franchir la porte d’entrée. Car les guerres n’étaient pas éternelles, les livres le disaient tous, et la fin du conflit ne pouvait donc qu’immanquablement se rapprocher. Mais puisqu’en se levant aujourd’hui elle n’avait trouvé personne d’inhabituel dans le salon la journée s’était simplement déroulée normalement.

A présent que le soleil se couchait elle suivait du regard l’allumeuse de réverbères. Debout devant la fenêtre, elle sourit naïvement face au signe de main que venait de lui faire la jeune femme à la perche. Trouvant que la travailleuse avait de jolies couleurs aux joues et jugeant qu’il y avait quelque chose de très poétique à illuminer la rue, Ingrid se promit très sérieusement de demander à ses frères comment devrait-elle faire pour devenir à son tour celle qui éclairerait la ville.
Malheureusement, en plein milieu de la discussion animée que la question engendra – Moritz prétendait que pour tous les métiers il fallait acheter une charge, comme à la cour des princes, tandis qu’Erich avançait qu’un concours était évidemment à passer –, la cuisinière ne manqua pas de cruellement rappeler aux enfants que le quartier d’à côté disposait déjà d’ampoules électriques et qu’il ne faudrait pas beaucoup de temps pour que Gabi – Ingrid avait arbitrairement décrété qu’il s’agirait du prénom de l’allumeuse – se retrouve à devoir arpenter autrement les trottoirs afin de gagner de l’argent.

« Baaah. Je n’entends plus rien ! »

Car face à tant d’horreurs proférées la gamine s’était obstinément bouché les oreilles et avait couru dans sa chambre avant d’entendre la suite d’un discours qu’elle jugeait odieux. Et pour la peine, dès qu’elle le reverrait elle demanderait à son professeur de dessin de l’aider à tracer un très vilain portrait de l’employée ! Elle ne méritait rien de mieux.


◊   ◊   ◊
Mai 1921
Devant les battements de cils et les moues adorables des quelques enfants qui l’entouraient elle soupira et se résolut à accéder à leur demande. Après tout, à force de quémander avec ferveur ils le méritaient bien. Elle reposa donc son livre et se laissa glisser de son fauteuil pour comme à son habitude s’asseoir par terre, les jambes de côté, et ainsi faire face à son auditoire. Alors que les adultes s’agitaient, parlaient politique ou économie, tant de sujets qui ne l’intéressaient pas, Ingrid préférait encore rester en retrait. 17 ans peut-être, mais elle se sentait toujours peu en commun avec ses aînées. Les réunions de famille, plutôt que l’occasion d’écouter ses oncles se plaindre de la situation du pays, étaient ainsi avant tout un moment privilégié pour amuser ses jeunes cousins. Réfugiés dans le salon de musique, les plus jeunes s’étaient donc attroupés autour d’Ingrid qui de bon cœur avait finalement accepté de leur raconter une histoire.  

« Connaissez-vous Thésée ? »

Les petites têtes esquissèrent le non, tirant ainsi un sourire à la conteuse. Une histoire nouvelle à rapporter, voilà qui lui plaisait. Un mythe, de grands gestes, des regards mystérieux et un peu d’imagination, tant d’outils qu’il fallait déployer pour captiver l’attention. De Delphes au Minotaure, elle eut le temps de se lancer dans un récit qui se voulait passionnant, plein de rebondissements, de suspens et saupoudré d’amour. Malheureusement on ne lui laissa pas le temps d’enjoliver des déjà brillantes histoires d’Argonautes, voilà que sa mère faisait irruption pour la ramener à la réalité.

« Ingrid, viens aider ! »

Coupée en plein élan, la jeune femme se figea une seconde, les bras en l’air alors qu’elle s’apprêtait à mimer son héros sur la proue de son navire, et soupira soudain face à cette rabat-joie de mère qui n’avait pas compris que le moment n’était pas opportun. Mais soit, puisqu’il le fallait elle se releva à contre cœur et la rejoignit à côté. Tout était déjà prêt, le repas étant comme toujours laissé aux bons soins de la cuisinière, mais face à la quantité de plats à apporter dans la salle à manger quelques mains de renfort étaient les bienvenues. En attrapant deux saucières Ingrid se tourna vers sa mère, dont comme toujours elle admirait l’énergie qu’elle déployait pour satisfaire toute la famille.  

« Comment va tante Edda ? »

En traversant le salon toutes deux eurent un regard rapide pour ladite Edda, qui pour ne pas changer semblait immensément triste en dépit des sourires qu’elle s’efforçait d’esquisser. Une femme remarquable dont la vue peinait pourtant un peu Ingrid.  

« Comme toujours », soupira Margrit en déposant un plat sur la table.

Puisqu’au fond on ne se remettait jamais complètement de la mort. Alors que les frères de la jeune femme avaient été trop jeunes pour partir au front et que son père n’avait jamais eu à combattre, Edda avait tout perdu. Un mari et deux fils. Abjecte guerre, qui avait plongé dans le désespoir des familles entières. Mais au delà des morts Ingrid ne cherchait plus à comprendre. Jeunesse insouciante, dotée semblait-il d’un véritable talent pour la vie. Quoiqu’elle était à présent persuadée que la fin de la journée ne serait qu’une longue suite de souffrances.
La table finie d’être dressée tous vinrent bruyamment prendre place, et à peine assise Ingrid se pencha vers son frère Erich, installé à côté d’elle.

« Ce repas m’ennuie déjà… »

Un point sur lequel la jeune génération s’accordait. Car avec un air complice Erich exposa son projet.

« Vu tout ce qu’ils boivent d’ici deux heures aucun d’eux ne tiendra debout et avec Moritz on compte bien en profiter. Tu nous accompagnes ? »

Evidemment. Les deux frères, âgés de 19 et 20 ans mais qui déjà se rêvaient les rois de Berlin, étaient toujours les premiers lorsqu’il s’agissait de s’éclipser en douce. Mais à présent que leur sœur avait l’âge de les suivre les deux jeunes hommes avait l’immense bonté d’âme de l’inclure dans leurs plans. Ce qui, au vu du fiasco de la dernière fois, n’était pas toujours une excellente idée. Car à y réfléchir à deux fois, tenter de rentrer par la fenêtre au milieu de la nuit, après avoir passé la soirée dans un café à la mode, n’était pas une idée brillante. Heureusement Ingrid s’était faite hisser la première et avait eu le temps de filer vers sa chambre avant que leur père ne les attrape, menaçant au passage ses fils de les déshériter tous deux s’ils continuaient à lui causer tant de souci. Mais aussi fallait-il croire que la fratrie Kellner était coriace et, à l’image de la jeunesse de cette nouvelle décennie, simplement désireuse de liberté.
« - Vous allez où ?
Heureux de voir sa cadette intriguée il hocha légèrement la tête.
- Au café Weichardt. »

Même destination que la fois dernière, mais aujourd’hui bien plus de chance de succès. Tout au plus ils ne risquaient que la lucidité de leur mère en rentrant, ce qui valait bien de prendre le risque. Tout au plus elle se contenterait de les regarder avec un air pincé et de leur suggérer de ne jamais laisser entendre au patriarche qu’ils étaient encore sortis sans autorisation. Peu de représailles pour beaucoup d’amusement.

« Alors interdiction de partir sans moi ! »

La nuit tombée et les ancêtres trop occupés à continuer de boire pour remarquer l’absence, les trois filèrent donc.
Avec entrain ils déambulaient dans des rues encore animées, bêtement heureux. Moritz occupé à suivre du regard les jolies filles qu’il croisait, Erich qui se moquait en coin et Ingrid qui ne cessait de les retenir pour coller son nez à une vitrine. Ayant parvenu à cesser de fixer une paire de chaussures dont elle se jurer de supplier leur père de lui acheter, la cadette se glissa près d’Erich et lui attrapa le bras, avec l’air de celles qui ne comptaient pas lâcher ce qu’elles avaient en tête.    

« On verra ta Frieda, dis ? »

Excellent sujet ! Attrapant la perche tendue, Moritz ne manqua pas d’en remettre une couche, marchant à présent à reculons pour faire face à son frère.

« J’espère bien ! Après les longs discours de l’oncle Rupert on mérite bien un peu de distraction. »

Ignorant l’air renfrogné que ne manqua pas d’afficher le concerné, Ingrid continua, affichant une expression rêveuse en songeant au couple adorable qu’il formait avec la jolie Frieda. Avec ses grands yeux doux et ses jolis sourires elle lui semblait tout simplement parfaite, soit rien de moi que ce qui fallait à Erich.

« Tu comptes finir par lui demander de t’épouser ? De préférence après avoir escaladé sa fenêtre ! Car l’amour, le vrai, se distingue par les actes bien mieux que par les paroles… »

Un rire franc de Moritz, mais bien sûr Erich n’esquissa qu’un regard levé faussement exaspéré. Car quand bien même on le chambrait il ne rechignait pas totalement lorsqu’il s’agissait d’en parler, de sa Frieda.

« Arrêtes les romans précieux, tu commences à divaguer. »

Face à la référence manquée elle lui donna une tape sur l’épaule. Tout de même, cela semblait évident.
« - Ce n’est pas précieux, c’est Shakespeare qui le dit, idiot.
- Et ça ne répond pas à la question.
- Alooooors ?
- Alors vous m’embêtez… »

Pour la forme il garda son air vexé quelques secondes encore, mais face aux deux visages enthousiastes qui le fixaient il ne put se retenir longtemps de feindre l’envie de ne parler que d’elle.

« - Mais oui, elle vient avec Meike.
- Je le savais ! »

Et aujourd’hui il lui semblait qu’il n’y avait que cela qui ait une véritable importance : savoir que les siens seraient heureux. Que la famille continuerait de s’agrandir et qu’entre sorties improvisées, soirées au théâtre et journées plongée entre les livres et les croquis tout serait simplement facile.

◊   ◊   ◊
II- MEPHISTO-WALTZ


Hannover, le 10 avril 1929
« Cher Moritz,  

Il faut que tu fasses retrouver la raison à Ingrid. Ses lettres m’alarment et je la suspecte d’ignorer tout bonnement ce qui lui déplaît dans mes réponses. Car elle se moque d’une royale manière de mes mises en garde et ne me parle dernièrement plus que de politique, d’engagement et de NSDAP. Si cette obsession n’était pas alarmante elle serait ridicule. J’ignore quel est l’idiot qui l’a emmenée voir ce fanatique d’Hitler, mais il mériterait qu’en mon nom tu le passes à tabac ! Et par ailleurs on encoure tous deux une belle punition pour avoir oublié que derrière l’intelligence notre sœur cache un esprit malléable. A force de trop traîner au théâtre il semble en effet qu’elle prenne le monde pour une scène et que le charisme d’un politicien suffise à ce qu’elle s’entiche de lui comme s’il s’agissait d’un bellâtre comédien. Car je maintiens qu’il faut être au moins hypnotisé pour croire à de tels propos.
Alors par pitié, raisonne là. Fais lui comprendre que ce ne sont pas des vérités qui sortent de la bouche de l’autre fou. Et qu’il ne faut pas croire à un parti – encore moins y adhérer ! – pour compatir à la misère de nos compatriotes et être persuadé de la beauté de notre pays. Tout est question de mesure et de raison. Rappelle lui qui elle est, ce qu’elle aime, que ses chers auteurs n’ont jamais prôné l’aveuglement, que des années à étudier la littérature devraient lui avoir ouvert l’esprit et non imposé des œillères. Mets lui un philosophe entre les mains afin qu’elle se souvienne tout le bien qu’elle a un jour pensé de l’humanisme, que l’intellect se remette à guider ses actions. Et enferme là si tu le dois mais ne la laisses plus passer ses journées à s’investir pour des idées si dangereuses ! Car tu la connais assez pour savoir qu’elle ne fait rien dans la mesure et que si elle n’est pas tirée immédiatement hors de cette spirale son engouement se transformera en une véritable passion. Et toute notre Histoire n’est qu’une longue suite d’évènements prouvant que de la violence des sentiments ne ressort jamais rien de bon. Ingrid mérite mieux que la fièvre fanatique.
Nous vivons dans un temps dangereux, où face aux difficultés la folie menace. Mais si j’ai peur pour l’Allemagne je suis avant tout terrifié à l’idée de perdre ceux que j’aime.

Je pense rentrer à Berlin dans quelques semaines, et j’espère pouvoir compter sur toi pour que j’y retrouve intacte la sœur que j’y ai laissée.

Frieda et moi t’embrassons,
Erich »


◊   ◊   ◊

Août 1934
Alors qu’il la regardait examiner la gravure que venait d’acquérir leur mère, Erich se demanda ce qu’on avait fait de sa sœur. Scrutant les détails de l’œuvre, vraisemblablement passionnée par ce qui se trouvait devant elle, Ingrid, avec ses joues colorées d’un rouge vif et son regard brillant, semblait inchangée et pourtant il sentait qu’un mal se cachait. Une dureté de l’âme qui suppléait à présent à l’insouciance passée. Les grands discours sur le ballet français prenaient aujourd’hui moins de place, remplacés peu à peu par des louanges de Breker. Le Schönberg pourtant si apprécié s’était effacé à la faveur de Wagner. Elle semblait avoir oublié Locke et Voltaire. Elle qui avait pourtant représenté la jeunesse de Weimar, louant la république des arts et témoin de tant d’efforts sociaux, contemporaine de la tolérance et souriant au progrès. Mais de cela plus que des ruines. L’esprit cultivé n’empêchait vraisemblablement pas une forme d’aigreur, un fond de rancœur masqué par les beaux sourires. Car Ingrid ne jurait à présent plus que par l’idéologie nazie, bouffée jusqu’à être devenue persuadée de son bien fondé. Et sur la pente de l’aveuglement le reste de la famille avait fini par suivre, tant et si bien qu’Erich se trouvait aujourd’hui bien seul.  

En la regardant il en vint à se demander si une part d’humanité ne l’avait tout simplement pas quittée. Un regard peiné se dessina doucement sur son visage et se tourna machinalement en direction du salon duquel on entendait s’élever les voix du père et du futur mari.

« Tu comptes réellement l’épouser ? »

Entendant la question Ingrid ne releva pas le nez, finissant calmement d’observer la gravure. Elle répondit cependant comme s’il s’agissait d’une évidence.

« Bien sûr. »

Enfin elle détacha son regard du cadre et se retourna vers son frère pour croiser les prunelles atterrées. Une vague profonde incompréhension le traversa et en baissant les yeux il secoua tristement la tête.

« J’ai l’impression de te perdre. »

Elle ne lui laissa rien entrevoir mais il aurait donné beaucoup pour savoir ce qui pouvait bien se passer dans son crâne. Avait-elle réellement perdu toute beauté d’âme ? Les rêveries, les grands espoirs, le fond d’attrait pour la féérie, tout cela avait-il vraiment disparu ?

« Il n’y a encore pas si longtemps tu récitais l’amour, ne jurais que par les grandes déclarations. Tu te rappelles quand tu m’aidais à rédiger des poèmes pour Frieda ? »

Restait au moins cet air de bonté, ces yeux qui semblaient trahir les sentiments et demander le cœur. Mais cet après-midi la douceur qui émanait d’Ingrid faisait mal, l’éclat du regard bleu gênait comme une lumière tout juste rallumée. Et plus qu’un paradoxe Erich prit la quiétude comme un mensonge qu’on lui jetât au visage.

« C’était il y a plus de dix ans... Mais je n’ai au fond pas changé, je décide simplement de faire un choix de raison. »

Pourtant il n’aurait pas cru qu’elle serait de celles qui finiraient par se marier pour satisfaire l’ambition. La voir aujourd’hui accepter de se faire passer la bague au doigt par pur opportunisme le dépassait totalement.

« Tu es manipulée, la politique ronge ton esprit. »  

Saloperie de nazisme. Saleté d’Hitler. Le voir à présent à la Chancellerie donnait presque envie de cracher sur l’humanité, cette belle connerie de Dieu capable du pire, preuve était l’élection d’un monstre. Mais face à l’engouement qui semblait toucher presque tout un peuple, qui s’immisçait jusque dans les esprits avisés de sa famille proche, Erich se sentait désemparé. La raison foutait le camp sans qu’il ne parvienne à faire quoique ce soit. Les idées n’avaient plus d’emprise, seuls les mots emplis de venin dirigeaient les consciences. La folie les prenait tous, jusqu’à la sœur qu’il avait adorée. Le NASDAP l’avait remplacée par une marionnette qui à présent parlait au nom d’une idéologie. Tout au plus une sorte de mascotte qui semblait divertir les hautes instances et dont le mariage à venir ne serait qu’une ridicule mascarade donnée pour s’inventer une occasion de faire briller ses médailles militaires.
Affreuse dans le calme, auréolée de l’horreur de ce qu’elle défendait, il ne put s’empêcher de grimacer alors qu’Ingrid énonçait sans hausser la voix. Encore l’ataraxie, toujours dans les pires circonstances. C’était ignoble.

« La politique a donné un sens à ma vie. »

Alors qu’il se taisait elle fit quelques pas, respira profondément et arrangea une coiffure qui n’était pas défaite. Puis en trainant légèrement elle alla appuyer une épaule sur le côté d’une armoire et fixa tranquillement Erich, imperturbable mais dont l’œil étrangement affectueux modérait la froideur.

« C’est pour ça que tu me blâmes ? Parce que j’aspire à être autre chose qu’une femme transparente et méprisée ? Car quand on pense aux Kellner le prénom qui ressort est le mien et pas ceux de mes frères ? Tu m’en veux parce que je préfèrerais me tuer plutôt que ressembler à ta femme, incapable d’exister par elle-même ? »

Aucune passion dans le ton, rien qu’une harmonie doucereuse, un fiel qui touchait d’autant plus qu’il était caché sous la sérénité de l’attitude. Un parfait mépris enrobé dans le miel.
Il avait sans doute raison : le nazisme lui avait arraché le cœur.

«  Ingrid… »

Mais toutes les complaintes du monde semblaient désormais incapables de l’atteindre. Au contraire elle se faisait apparemment un devoir de continuer sur sa lancée, répétant avec plus d’âpreur ce qu’elle avait pourtant déjà expliqué, si bien qu’il vint à douter de l’existence de tout remède pour soigner la maladie de l’esprit.

« Maximilian a de l’argent, de la prestance, de l’ambiance, et contrairement à ta Frieda qui n’a réussi qu’à te transformer qu’en lâche je l’aiderai à devenir quelqu’un de grand. »

Elle se redressa et haussa les épaules comme si toute cette discussion n’était qu’un échange de banalités.

« - Je n’ai pas besoin de ta bénédiction et tu le sais.
- Un jour viendra où tu te retourneras et regretteras la personne que tu étais. »

Comme elle le faisait souvent face à la contrariété elle décida d’ignorer cette phrase, esquivant la fin de la conversation pour en revenir à un sujet plus agréable. Sans tenir compte des remarques mauvaises qu’elle avait tout juste eues pour Frieda elle tourna le regard vers la blonde qu’elle apercevait dans la pièce d’à côté et eu pour elle une expression sincèrement bienveillante.

« Elle a parfois le sourire que j’imagine à Eos. Enigmatique et pourtant chaleureux. »

La remarque ne tira cependant aucune réaction à Erich. Lui ne savait oublier si facilement ce qui avait été dit.


◊   ◊   ◊
Janvier 1938
Sans regret elle chiffonna le bout de papier et le jeta dans la cheminée. Incapable de se réjouir, Ingrid regarda impassiblement la lettre brûler, espérant qu’en détruisant la nouvelle elle en oublierait tous les reproches qu’elle voulait se faire. Mais le support consumé les idées restaient. Détestable Frieda, pas un mot échangé en des mois et voilà qu’elle prenait la peine de lui annoncer qu’elle attendait un cinquième enfant. Ne pouvant imaginer la bonté d’âme, croire que sa belle-sœur ne cherchait qu’à renouer un lien quasiment défait, Ingrid se sentait presque insultée. Plutôt que de sourire elle grimaçait douloureusement, trouvant abjecte cette façon d’agiter impunément son bonheur familial. Longtemps mal jugée, la jolie et gentille Frieda. Balayée tout le bien qu’Ingrid avait pensé d’elle, aujourd’hui ne demeurait qu’une jalousie déguisée en mépris.
Machinalement Ingrid posa une main sur son ventre et de nouveau regretta de ne l’avoir jamais vu autrement que plat. Aucun instinct maternel contrarié, désir altruiste d’aimer quelqu’un plus que tout, elle ressentait surtout l’affreuse sensation de faillir à l’Allemagne. Rongée de toutes parts par l’idéologie, lui venait parfois l’envie de se haïr à cause de cette incapacité à concevoir et élever les parfaits aryens qui auraient fait honneur à leur pays. Mais savoir qu’elle ne pourrait pas transmettre l’héritage d’une nation grande et heureuse l’emplissait surtout d’une peine immesurable. Alors pour compenser sa trahison à sa patrie elle se promettait simplement de ne jamais cesser de se dévouer pleinement au NSDAP.  

Et heureusement demeurait la reconnaissance, objet intangible qui lui donnait une sensation d’utilité. Alors bien que manquant à un de ses rôles elle avait ainsi acquis l’intime conviction de valoir infiniment mieux que toutes celles qui en dehors de leur foyer n’étaient rien. Pas d’enfant mais l’amitié des grands, voilà qui compensait largement. Appréciée et écoutée, sa voix résonnait dans l’ombre du pouvoir. Car on reconnaissait son savoir dès lors qu’il était question de culture on avait même fini par la placer dans l’entourage immédiat de la commission Ziegler. Aux côtés des cinq membres du comité elle travaillait ainsi à répertorier méthodiquement les œuvres qualifiées de dégénérées, quand elle n’était pas occupée à suggérer à l’oreille de ceux qui détenaient le pouvoir la mise en place d’un programme culturel de masse plus poussé. Des expositions aux cercles intimes, on la trouvait donc partout où il était question d’art.

Après s’être longuement répété que si elle avait des choses à se reprocher elle pouvait également être fière d’être de ces très rares femmes dont on se souciait réellement de l’avis, elle détourna finalement son regard de la flamme. S’étant assurée de ne pas laisser transparaitre de signe de faiblesse elle quitta la pièce pour aller rejoindre Maximilian dans le salon et l’embrasser sur la joue.

« Je relisais Goethe. »

Inutile d’évoquer ce qui ne méritait pas d’être dit, elle fit donc le choix de taire la lettre. Et pour oublier le déplaisant rien n’était plus efficace qu’en appeler à ceux dont la beauté des mots invoquait la douceur de l’âme.

« Hier, quand je m'arrachai de toi, dans la rébellion terrible de tous mes sens, comme tout cela affluait à mon cœur, et comme la pensée de mon existence sans espoir et sans joie à côté de toi me glaça d'horreur. »

Sans s’offusquer de l’indifférence de son mari, qui face à Werther se contenta de hocher pudiquement la tête, elle se laissa tomber dans un fauteuil et soupira longuement. Un instant elle regretta cependant de ne connaître des passions amoureuses que ce qui était dépeint dans les livres ou magnifié par la musique, ces séries de tumultes des sentiments fascinants mais finalement inconnus. Mais le goût de la fiction ne saurait prendre le pas sur le pragmatisme, face aux éternelles déceptions des héros mieux valait être simple spectatrice.


◊   ◊   ◊
Mai 1940
Erich est mort. La guerre, la jubilation d’une victoire qui se profilait, les petits arrangements qui devraient la desservir ensuite, tout cela n’eut soudain plus d’importance. Erich était mort.
L’absence totale de nouvelle depuis plus d’un an n’avait pas réellement pesée et pourtant, suite à la nouvelle, Ingrid ressenti immédiatement un vide immense. Après son départ – quelques semaines avant le début de la guerre il avait eu la lucidité de quitter l’Allemagne avec sa famille, pressentant l’horreur – elle avait voulu le rayer de sa vie, se murer à ne voir en lui qu’une faiblesse qui lui faisait honte, mais aujourd’hui regrettait en silence d’avoir dépensé tant d’énergie à le détester. Douloureusement elle relit la lettre qui lui était parvenu il y avait moins d’une heure. Dernier souvenir amer qu’elle garderait de lui.
«
New York, Le 7 mai 1940
Ma chère Ingrid,  


Je ne pense pas que Frieda prenne la peine de t’écrire personnellement la nouvelle, alors plutôt que de laisser un anonyme te l’apprendre je préfère te le dire moi-même : à l’heure où tu me liras je serai mort.

Surtout n’aies pas le réflexe de penser que je t’envoie cette lettre pour te blâmer. Ces derniers mots sont pour te dire que je t’aime et pardonne tout : tes choix, tes actes, tes paroles parfois dures. Je mourrai sans rancœur.

A New York j’ai cru que j’arriverai à être heureux mais je n’ai jamais eu autre chose que l’impression que l’horreur me rattrapait. Dire adieu à ma famille sera un dernier crève-cœur mais je ne veux plus me lever chaque matin avec une nouvelle preuve que l’humanité s’est perdue. On se hait, on s’entretue, on s’oublie, et être le témoin de cela m’est insupportable. Alors tu avais raison, je suis lâche, j’abandonne.
Le seul regret que j'ai peut-être est de n’avoir pu te revoir pour te dire comme je suis désolé. De n’avoir pas été assez présent, de m’être résigné, d’avoir cru trop tôt que je t’avais perdue. A présent je sais que j’ai eu tort de penser tant de mal de toi. Car tu as beau être des leurs, prêcher et sans doute croire le plus sincèrement du monde, au fond tu restes la sœur que j’ai adorée.

Je me tue sans remords, et en sachant que je n’aurai plus à regarder le monde courir à sa fin je me sens bien.

Avec tout mon amour,

Erich. »

Pour la première fois elle se sentit coupable. Elle ne regrettait pas, jamais ne remettrait sa foi nazie en question et n’échangerait contre rien sa place au sein du parti, mais la mort de son ainé lui pesait déjà sur la conscience. Elle aurait dû insister. En voyant qu’il refusait les idées d’Hitler elle aurait dû tenter de le convaincre, inlassablement, jusqu’à lui faire retrouver la raison plutôt que le laisser s’entêter dans son idéalisme ridicule. L’aveuglement pacifiste l’avait tué, elle en était certaine. A s’être trop laissé glisser sur la dangereuse piste de l’irrationalité politique il était mort.
Pour la première fois depuis des années elle laissa échapper un cri de fureur qui presque aussitôt s’étouffa, colère à peine exprimée qui se tut dans un sanglot. Une férocité des sentiments face à l’inacceptable qui se mêlait à un cruel l’accablement. Et déjà la torture des remords. Parce qu’elle n’avait jamais su trouver les mots qui l’auraient convaincu elle l’avait tué. Pauvre Erich, il n’était que victime.

Aveuglée par la peine elle s’entêta dans la haine. Plutôt que de remettre en question la moindre petite once de conviction elle en vint à les blâmer tous. Les pacifistes, les exilés, les félons, les divergents et les opposants, tous ceux-là qui avaient bourré la tête de son frère d’idées noires qui l’avaient menées au suicide. Alors qu’importent les moyens, qu’importent les bassesses, tous finiraient par payer.
S’il avait demeuré un peu de compassion, une forme d’apitoiement hautain pour ceux qui pensaient en dehors des cadres établis, elle fut définitivement muselée par la perte de son frère. Derrière les beaux sourires ne resterait que le l’âpre inflexibilité.


◊   ◊   ◊

III- LES DAMNÉS


Printemps 1942
Fêtes galantes, Pater. Elle nota mentalement la référence et rapidement se détourna du tableau.

La guerre aurait au fond presque été une aubaine. Elle avait supprimé bon nombre d’intermédiaires. A présent il n’était plus questions de courtiers, d’enchères, de collections privées cachées entre quatre murs et de musées sacralisés, il suffisait presque de tendre le bras pour se servir. L’écrasante victoire allemande avait donné l’occasion inédite de faire proprement main basse sur un butin virtuellement inépuisable. Bien sûr cela se faisait en théorie par et pour l’Allemagne, mais pour la première fois Ingrid se permettait quelques incartades. Mais rien qui ne serait un jour su, privilège du poste auquel elle avait été nommée. Recommandée par Goebbels lui-même elle s’était retrouvée propulsée à Paris dès le début de l’occupation, honorée de remplir la fonction de responsable de la section culturelle de la Propaganda et des œuvres spoliées. Place au moins aussi respectable que pratique dans la mesure où c’était en affichant l’innocence la plus parfaite qu’elle pouvait arpenter le Jeu de Paume, et avec une discrétion exemplaire qu’elle effaçait des registres les traces des œuvres qui l’intéressaient.
Avec une envie tintée de tristesse elle fixa un instant un Cézanne, parlant et magnifique, et regretta presque de ne pas avoir l’audace de désobéir au point de se l’approprier. Bien que désavoué le peintre faisait ressortir ce qu’il y avait de meilleur en elle. Au moins ce qu’il en restait. Un sourire discret mais duquel transparaissait un bonheur admiratif, l’œil brillant face à l’extraordinaire mélange des couleurs, la capacité à se rêver à son tour au pied de la Sainte-Victoire et surtout la poignante impression qu’en dehors de la formidable expression du talent individuel rien n’avait d’importance. Mais son libre arbitre ne durait jamais longtemps et rapidement elle s’efforça de balayer tout le ravissement éprouvé pour esquisser une grimace qui lui fit presque mal. Tant pis pour l’Aixois, il serait oublié au nom du respect des listes établies.  

Alors qu’elle se détournait pour sortir, souriante face au travail bien accompli en dépit du léger pincement au cœur, une secrétaire la rattrapa et lui tendit un télégramme.

« De la part du gouverneur. »

Voilà de quoi se changer radicalement les idées. Sans cesser d’avancer elle déplia le feuillet et le lit en silence, sous le regard légèrement étonné de la jeune femme qui l’accompagnait. L’intérêt de von Hafer vraisemblablement soulevé et le rendez-vous donné, Ingrid se retint de laisser transparaitre l’exaltation de la victoire qui se dessinait. Ne restait qu’à donner sa parole, renforcée par quelques noms d’œuvres qui seraient rattrapées en chemin, et le gêneur serait mis sur la touche. Car si elle n’avait jamais éprouvé pour Krebs rien d’autre qu’une estime certaine il avait fait la bête erreur de se dresser en travers de son chemin. Et dès lors qu’il s’agissait d’art Ingrid ne supportait pas la contrariété. Persuadée que personne ne pourrait apprécier un Manet ou autres Degas autant qu’elle, nul ne devait avoir l’occasion de faire main basse sur ses trésors. Simple question de logique. Après avoir découvert que Friedrich était à l’origine de la disparition mystérieuse d’une série de tableaux pas la moindre hésitation, l’homme devait être évincé. La sévérité des conséquences n’importait pas, seul le monopole d’Ingrid comptait. Après s’être assurée que l’œuvre qui l’intéressait le plus serait récupérée par un proche et le reste des tableaux détournés rattrapé elle s’était donc empressée de contacter le gouverneur, agitant l’étendard d’une affaire de la plus haute importance. L’avantage d’un nom qui résonnait, il ne fallut à von Hafer pas plus que quelques heures pour trouver un moment à lui consacrer.
Une fois à l’arrière de sa voiture elle replia soigneusement la missive et comme à son habitude ouvrit le livre qu’elle avait plus tôt abandonné sur la banquette. Mais le regard resta évasif, trahissant un manque certain d’intérêt pour le titre du chapitre et une imagination qui s’égarait un peu. Faisant abstraction de son intérêt pour la poésie de Müeler elle se surprit à envisager un instant d’aggraver le cas de Krebs, le faire par exemple accuser de trahison pour s’assurer de mettre un terme radical à une existence qui lui déplaisait. D’autant qu’une fin nette valait moralement bien mieux qu’un désaveu du parti, le condamner aurait presque été un service rendu. Mais face à l’effort que tout le coup monté aurait supposé elle balaya cependant l’idée, jugeant que la vérité suffirait au moins à écarter son collègue. La chose décidée, elle oublia aussitôt l’affaire et le temps du trajet se laissa aller à une amoureuse contemplation des vers. Volatilité de l’esprit, passer du sérieux au futile relevait de l’habitude.

Le temps passait malheureusement trop vite lorsqu’on était plongée dans un livre. Il lui semblait ne pas même avoir eu le temps d’apprécier quelques pages que déjà la portière se rouvrait. Face à l’épuisement que lui causait cette agitation incessante elle soupira bruyamment mais ne laissa pas à la lassitude le temps d’être remarquée et presque aussitôt remit un masque jovial. Mais entretenir des apparences badines demandait au fond peu d’efforts, Malgré une langueur passagère le naturel n’était après tout jamais très loin. Aussi dénuée d’empathie que pleine de vie, elle liait deux antipodes avec une admirable facilité.

◊   ◊   ◊

Avril 1943
Comme toujours la colère avait été froide. Aucun mot prononcé trop haut. Maîtresse d’elle-même, Ingrid ne s’abaisserait pas à être cette femme pitoyable qui face à la tromperie n’était capable que de s’effondrer. Elle laissait le ridicule aux autres. A rien ne servait de répondre à la trahison par les grands cris, seuls les actes importaient.  Froidement elle énonça donc un fait : la maîtresse disparaitrait. Et le regard posé sur Xavier Mongez ne laissait aucun doute sur la personne qui serait en charge de l’affaire. Peu importe les moyens, qu’il l’étrangle de ses propres mains ou s’arrange pour qu’elle finisse au fond de la Seine, Mongez mettrait un terme à la liaison de Maximilian. Il était hors de question de se laisser humilier par l’adultère. L’ego était suffisamment blessé, impensable d’envisager en plus de voir sa réputation piétinée en laissant à une trainée de française l’occasion d’être vue au bras de son mari.
L’idée lui vint soudain que Maximilian se soit attaché à son amante. Et la perspective fit naitre un léger sourire au coin des lèvres d’Ingrid. Savoir que la perte le ferait souffrir donnait une saveur particulière à l’avenir qu’elle imaginait. Pensivement, elle mit sa joue dans sa main pour mieux imaginer tout le mal qu’il aurait à feindre la normalité le jour où il apprendrait la nouvelle, l’air défait qu’il tenterait de cacher mais dont la perception la rendrait méchamment heureuse. Consciente qu’elle commençait à trop divaguer elle se redressa cependant et prétendit que le léger flottement qui l’avait prise n’avait jamais existé.
Face au visage blafard de Xavier l’Allemande se contenta de hausser les sourcils, jugeant qu’il n’était au fond question que de réparer une situation bancale et que tant d’états d’âme n’étaient pas justifiés. D’autant plus lorsqu’il y jouait sa place. Ou peut-être sa vie, quand on connaissait la sévérité dont pouvait faire preuve l’armée concernant un combattant à la trajectoire pour le moins suspecte. Il lui avait pourtant semblé que le jeune homme était de ces personnes qu’on aurait volontiers qualifiées de bonnes. Ce genre d’individus qui ne voulait causer aucun tort, qui se laissait porter par les évènements sans trop oser intervenir mais qui au fond souffrait dès lors qu’une situation contrariait sa morale. Il avait donc été de ceux qui indifféraient Ingrid, qu’elle aurait laissé en dehors des choses si elle n’avait pas déterré cette affaire de front abandonné. Maudissant la lâcheté, en se rendant compte de la supercherie de Xavier et de son égoïste désir d’aller se terrer chez soi elle avait immédiatement conclu qu’il ne méritait aucun désintérêt bienveillant. A défaut d’avoir convenablement servi sa patrie il lui faudrait se salir les mains au nom d’un intérêt allemand.
Calmement elle attrapa le registre dernièrement mis à jour des œuvres, détournant ainsi les yeux de l’obergefreiter.    

« Si j’entendais encore parler d’elle soyez assuré que vos secrets seraient soudain très mal gardés. »

En réalité son sort était déjà scellé. Malgré les promesses d’un avenir calme elle n’imaginait pour lui rien que du sanglant. Une fois la maîtresse hors d’état de nuire elle prévoyait en effet d’expédier loin d’ici celui qui en savait déjà trop, de préférence là où il avait peu de chance de survivre. Encore une fois il ne s’agissait que de réparer un équilibre contrarié : celui qui avait échappé aux combats devrait tôt ou tard s’y confronter de nouveau.
Le silence qui retomba signifiait cette fois qu’il pouvait disposer, puisque tout était dit. Persuadée que le choix qu’il devait faire était d’une facilité déconcertante, elle l’écouta d’une oreille distraite quitter le bureau, certaine qu’il n’aurait pas l’audace de désobéir.

Elle quitta les Champs-Elysées tôt. Rongée par la jalousie et l’envie de vengeance Ingrid ne pouvait pour autant en oublier la soirée à venir et devait ainsi faire un détour chez elle. Bien sûr elle y croisa Maximilian, pour qui elle fut un modèle d’amabilité et presque de tendresse, prenant jusqu’au soin d’arranger le col de son uniforme. Cultiver l’art du paraître, un goût et talent que les Lorre avaient en commun. De Berlin à Paris il n’avait toujours été question que de cela : se distinguer pour mieux s’élever. L’opéra de ce soir serait donc une nouvelle occasion pour parader, rappeler leur succès et continuer de faire croire qu’ils n’étaient mariés que pour le meilleur.

Et malgré tout le mal qui la remuait elle parvint à apprécier. Une fois dans le hall du palais Garnier les maux s’estompèrent et elle se rappela comme elle aimait l’endroit. Le cadre, le monde, le champagne qui coulait et l’attention qu’on lui accordait, il aurait fallu être à l’antipode de la raison pour ne pas ressentir la vive envie de tout oublier pour ne faire que s’enivrer. Les mondanités avaient beau être un lot quotidien elle ne parvenait pas à se lasser. L’occupation parisienne avait de fantastique qu’elle ne boudait jamais le divertissement. Et quand bien même Ingrid se plaignait parfois de la fatigue l’agitation et l’humeur festive finissaient toujours par la contaminer. Si bien que quand on savourait tant il était parfois difficile d’en revenir à des réalités plus terre-à-terre. Heureusement la conspiration ne relevait pas du fardeau, s’inscrivait presque naturellement dans l’emploi du temps frivole. Ou peut-être que l’habitude des agissements sombres était parvenu à donner aux manigances un ton de normalité.

Au milieu d’une foule d’uniformes et de robes de soirée il était possible de se mêler sans attirer l’attention. Après s’être débarrassé d’un colonel qui avait la fâcheuse et détestable tendance à ne pas la fixer dans les yeux, suivant également un sourire aimable qu’elle lança à Krebs dont elle regrettait d’avoir sous estimé la capacité à revenir en grâce, elle rejoignit donc Rainer Bergmann sans paraître autre chose que naturellement avenante. En arrivant à son niveau elle se fit remarquer qu’il était sans doute le genre d’homme qu’il aurait mieux valu épouser. Capable de réussir autrement que grâce à sa femme, déterminé et qui présentait des résultats qui lui assureraient sans doute autre chose qu’une carrière stagnante. Dans son pragmatisme il semblait également avoir compris que la fin justifiait les moyens. Plutôt que de s’offusquer du chantage – à vrai dire elle le fit un temps pour la forme mais la chose ne dura pas – Ingrid reconnaissait ainsi à la méthode le mérite de l’efficacité.
Quelques semaines plus tôt l’homme avait en effet découvert la tendance d’Ingrid à détourner les œuvres qui lui plaisaient pour son propre compte, information sensible qui lui permit de s’offrir l’aide de sa compatriote. Car la délation ne lui posant aucun problème moral elle avait immédiatement accepté l’arrangement. Les yeux grands ouverts et quelques noms donnés pour la poursuite de ses petites affaires, cela semblait même si peu payé qu’il y avait presque quelque chose de malhonnête. Car loin de se sentir prise au piège, savoir que les informations qu’elle livrerait à Bergmann pourraient servir à débarrasser les rangs des traitres frôlait le gratifiant. Et elle espérait à présent pouvoir compter sur son soutien en retour, des fois qu'à l'avenir quelqu'un ait la dangereuse idée de s'approcher trop près.

« Schubert serait ravi de voir que tant de monde se presse pour écouter ses lieder. »

Tout en cultivant l’air éternellement exalté qu’une passionnée de musique se devait d’avoir elle lui glissa discrètement un morceau de papier sur lequel étaient inscris deux noms seulement, qu’elle livrait sans remord. Les certitudes à leur égard manquaient, mais  cela importait peu. Si jamais ils se révélaient innocents la justice se chargerait de les blanchir. Elle suggérait, lui cherchait, et les autorités compétentes tranchaient.

« Des soupçons seulement, je vous fais confiance pour trouver les preuves. »

Car dès qu’il savait où regarder le colonel était un modèle de discrétion et d’efficacité, capable de dénicher le plus maigre secret. Un talent pour déterrer les mystères qu’elle ne pouvait qu’admirer, mais rien qu’elle n’admettrait ouvertement.
Après un court échange de façade sur ce qui serait joué ce soir, une discussion qui de loin ne devait paraître que joviale et dans le ton de la soirée, elle s’éloigna pour rejoindre d’autres invités de cette immense mascarade.




Dernière édition par Ingrid Lorre le Sam 16 Jan - 13:39, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 22:33

INGRIIIID gaga ! Je viens de faire un bond sur ma chaise en passant, un peu dépitée par mon boulot, sur le forum, merci à toi, tu viens de me rebooster mdr. Quel excellent choix de personnage, je l'adore, et tu vas pouvoir bien t'amuser avec elle face. Et Julianne Moore a trop la classe :o.


Bienvenue parmi nous en tout cas, je suis contente de voir que tu t'es laissée tenter par le Tumblr des hiboux, c'est bien gnihi (ici, un des deux hiboux, mais chut, c'est mon identité secrète 8D). Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter les berniques en chef (on varie les métaphores animales mdr ), on est à ton entière disposition face.


J'ai hâte d'en lire plus en tout cas licorne (et si on a un smiley licorne bien caché face ), à très vite sur le forum et au plaisir de te valider !

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même dans les endroits les plus sombres.
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d’allumer la lumière »
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 22:36

OH... MON... DIEU... Ingrid !! gaga
Si tu savais comme j'aime ce PV et comme je suis contente de le voir débarquer sur le forum ! Franchement tu as illuminé ma soirée ! En plus tu nous viens du Tumblr gnihi (ici l'autre hibou masqué 8D)

Bref bienvenue mille fois sur Yellow dance ! J'ai hâte d'en lire plus, le début est déjà très prometteur ! Comme l'a dit ma co-bernique en chef, si tu as la moindre question, n'hésite pas ** !

À très viiiiiiiiiite happy

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« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 22:50

AH! Je l'avais pas vue, ma soirée est sauvée licorne

Ce PV était juste trop tentant/parfait/méchamment génial/rayez la mention inutile, j'ai voulu résister un temps mais à terme j'ai pas réussi  imbecileheureux  
Maintenant je vais tenter d'être à la hauteur  

En tout cas merci beaucoup pour votre accueil, si j'ai le moindre doute comptez sur moi pour vous harceler mimi
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Ven 8 Jan - 23:34

Ingriiiid, trop bieeeeen bave pwease J'aime beaucoup ce pv et je suis sûre qu'on pourra se trouver un lien autour de la culture sincerely En attendant si tu as la moindre question n'hésite pas ! face

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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Sam 9 Jan - 10:18

Ce personnage a l'air génial gaga bienvenue parmi nous ! gnhehe

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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Dim 10 Jan - 15:05

Merci à tous les deux
(Franchement l'accueil fait plaisir, c'est pas partout comme ça!)

Et je m'excuse d'avance, j'avais dans la vague idée de faire une histoire courte mais je pense que ma résolution ne va finalement pas tenir mdr

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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Dim 10 Jan - 15:17

Haha, je compatis, c'est le genre de résolution que je ne tiens jamais non plus mdr ! Ne t'en fais pas, on approuve les histoires longues gnihi

Bon courage à toi ! dance


PS : Ton avatar est trop beau
PS2 : J'aime beaucoup le début de ta fiche ** !

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Quand on n'espère plus, c'est alors qu'on ne doit pas désespérer.
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Dim 10 Jan - 19:27

Ingriiiiiid!! Une question d'abord : Ingrid, est-ce que tu /SBAFF/ OK j'arrête les blagues foireuses...

En tout cas j'adore ce PV, méchant et mesquin et manipulateur, un personnage qu'on adore détester. Et en même temps un minimum attachant gnhehe Je suis super contente qu'il soit pris Pis bon, Julianne Moore, faut avouer, c'est la classe (d'ailleurs, Julianne Moore, Ingrid Lorre, c'était le destin face)

Laisse ta résolution de côté, on n'a rien contre les looooongues fiches ici, certaines berniques en sont même adeptes *ne vise pas du tout Eddy*. Bon courage en tout cas pour la suite, et n'hésite pas à me MPotter si besoin cuddle
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Mer 13 Jan - 17:34

Eva Jürgen a écrit:
Ingriiiiiid!! Une question d'abord : Ingrid, est-ce que tu /SBAFF/ OK j'arrête les blagues foireuses...

High five! Je reconnais avoir ri bêtement la première fois que j'ai lu le nom du perso mdr

En tout cas je devrais avoir terminé l'histoire d'ici ce week end, merci pour les encouragements mimi

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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Mer 13 Jan - 23:38

Ingriiiiid dance

Je dois te dire que le début de ta fiche est trop cool ! Ingrid va dépoter, il nous faudra un lien

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La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise.
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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Sam 16 Jan - 13:55

Merci Caroline ! Je suis sûre qu'on pourra se trouver un lien qui claque laugh

Et je vous annonce que ma fiche est terminée  J'espère qu'elle conviendra frotte

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MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Sam 16 Jan - 15:25

@Ingrid Lorre a écrit:
Eva Jürgen a écrit:
Ingriiiiiid!! Une question d'abord : Ingrid, est-ce que tu /SBAFF/ OK j'arrête les blagues foireuses...

High five! Je reconnais avoir ri bêtement la première fois que j'ai lu le nom du perso mdr

Mince, j'ai dû aller cherche sur Google pour comprendre la référence mdr

Alors pour en venir au fait, Ingrid, je t'ai déjà dit que j'aimais beaucoup ta fiche et cette impression ne s'est pas démentie avec ta fin . C'est vraiment super agréable à lire, tu as fait d'Ingrid un personnage vraiment intéressant, et je suis impressionnée par le niveau d'érudition de ce que tu nous as écrit gaga Et en plus tu as casé tous tes liens, que demander de plus ?
Bref, tu es officiellement validée sur Yellow ! Au plaisir de te lire et surtout de jouer avec toi, j'espère qu'on se trouvera des liens avec l'un de mes perso gnhehe



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots. Mais si tu es timide, tu as toujours la possibilité de participer à la foire aux rps ou de t'inscrire aux mini-intrigues afin que les berniques en chef t'organisent des tête-à-têtes avec des inconnus.

Sache qu'on n'abandonne jamais un petit parachuté à son sort sur les plages de Yellow, si tu as besoin d'aide pour bien t'intégrer parmi nous, tu as la possibilité d'aller demander à être parrainé. Nous serions ravis de prendre encore plus soin de toi 8D.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à  partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours, après l'attentat manqué contre un officier allemand : des parisiens sont fait prisonniers, les autorités cherchent les coupables et les résistants traquent une taupe! N'hésite pas à en prendre connaissance et à t'inscrire pour y participer! Dans ce contexte, deux intrigues générales sont en cours, tu trouveras les explications ici même! Pour toujours plus de challenge en rp, n'hésite pas à aller voir les défis de Yellow ! Seras-tu capable de relever les défis de La Voix de Londres ?

Bon jeu parmi nous licorne (ouais, une licorne pour la peine 8D)

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


team berniques d'eau douce:
 
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Edouard Cabanel
✗ Chef de réseau



Masculin

■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 2313
■ avatar : Ryan Gosling
■ profession : Ambassadeur de Vichy à Paris

PAPIERS !
■ religion: Ne croit qu'à la politique. Dieu ? ça fait longtemps qu'il n'existe plus, non ?
■ situation amoureuse: Coincé dans un mariage malheureux avec Madeleine Claussat. Trop occupé à cause de son beau-père pour avoir le temps d'aller voir ailleurs.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Sam 16 Jan - 16:09

Ouais, je t'ai déjà souhaité la bienvenue, je sais, mais je me devais de refaire un passage ici pour te dire à quel point j'ai adoré la lecture de ta fiche gaga ! Tu m'as tenu en haleine de bout en bout, j'ai eu le cœur serré à la mort d'Erich, j'ai trouvé Ingrid géniale et détestable en même temps au milieu et j'ai hurlé "NO WAY" quand elle a évoqué Rainer en mari mdr.

Bravo à toi, j'ai maintenant terriblement hâte de te lire en rp . Et file donc faire ta fiche de liens que je puisse passer avec mes perso !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling (c) .bizzle


Spoiler:
 
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■ profession : Responsable du groupe culture de la Propaganda

PAPIERS !
■ religion: Protestante
■ situation amoureuse: Mariée (malheureusement) à Maximilian Lorre
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Sam 16 Jan - 16:57

Awww, merci pour les compliments, ça me fait super plaisir que ma fiche vous plaise
(Pour Erich j'ai longuement hésité avant de finalement conclure que "Aller, ça va la rendre malheureuse, buttons-le" face #JoueuseIndigne)
En tout cas j'ai hâte de rp parmi vous, et je vole de ce pas faire tout ce qui va bien gnhehe licorne

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
    None are more hopelessly enslaved than those who falsely believe they are free. Hopefully I am the spirit that always denies.

#TeamEauDouce:
 
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■ mes posts : 147
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■ profession : Libraire

PAPIERS !
■ religion: Protestant/Franc-maçon
■ situation amoureuse: célibataire
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: Ingrid • The worst is usually true    Lun 25 Jan - 11:23

Ah, j'ai oublié de souhaiter la bienvenue ! Enfer et Damnation ! Mille excuses, Ingrid. cache

Owi, une vraie vilaine sans scrupules ! J'adore ta fiche itou.

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


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Ingrid • The worst is usually true

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