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 L'Insociable Sociabilité [RP Libre]

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Wilhelm Feigel
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MessageSujet: L'Insociable Sociabilité [RP Libre]   Dim 29 Mai - 0:12


L'Insociable Sociabilité
Il n'y a pas de mal à être kantien de temps en temps... [RP Libre]



Au dernier accord retentissant pompeusement dans la grande salle, les faibles lumières se rallumèrent de chaque côté des rangées alors que les discussions reprenaient peu à peu et que quelques spectateurs levaient les bras en étirant lentement leurs membres engourdis par l'immobilité. L'écran s'était éteint, et l'on faisait même tomber de lourds rideaux rouges devant lui, comme pour filer dans la salle obscure la métaphore du théâtre, en espérant conférer ainsi au cinéma le même prestige que son homologue au rideau. "Avec des films comme celui ci, c'est peine perdue", ne put s'empêcher de songer celui qui, en tant que directeur de la Continental, avait pourtant dû superviser le projet. De loin, certes. Cette adaptation d'un osbcur roman français deterré il ne savait où avait entièrement été réalisée par un cinéaste de la métropole. C'était son quatrième en trois ans. Pour sûr, ce Français était un filmeur aguerri, capable de mener à bien des longs-métrages en série. "Pour ce qui est de la qualité, cependant, on repassera..." Feigel avait nonchalament délégué le projet à des producteurs... délégués, justement. Ils étaient là pour ça, après tout. S'il fallait que le directeur de la société gère personnellement la moindre adaptation destinée à tourner en salle et amuser les foules trois semaines, le nombre de sorties s'en trouverait considérablement réduit. Feigel préférait se concentrer sur des projets autrement plus prometteurs esthétiquement... et pourtant, il restait nécéssaire de produire ce genre de films, des divertissements propres à faire oublier aux Parisiens le poids des privations le temps d'une heure ou deux. Divertissement souvent moralisant qui plus est ; pourquoi se priverait-on de joindre l'utile à l'agréable ?

Le seul souci était que lui aussi, Wilhelm Feigel, se devait de visionner ces mètres de pellicules. Et bien souvent à plusieurs reprises, qui plus est. Une fois avant l'envoi à la censure, histoire de contrôler une première fois la qualité esthétique et morale de l'objet ; une nouvelle fois avant la sortie, pour la forme : il était tout de même de son devoir de connaître tout ce qui sortait de sa société, bien qu'il s'employait bien souvent à éviter cette étape déplaisante en se contentant des premières minutes du film. Puis, il était bien obligé de se rendre à l'avant première, où était généralement invité tout le gratin parisien allemand et français.

Ce soir-là, Wilhelm Feigel s'en serait bien passé. Ce nouveau visionnage d'une romance un peu plate entre un docker normand et une jeune serveuse n'avait pas contribué à sa bonne humeur, et il n'avait pas réellement envie de croiser l'équipe du film, qui occupait fièrement le premier rang du cinéma, et qui, sans doute, ne tarderait pas à venir le saluer s'il restait où il était ; le mieux était sans doute de se perdre dans la foule. En tant normal, il était toujours ravi de croiser des employés et d'échanger courtoisement avec eux, et les appréciait sincèrement - pour la plupart. Simplement, il considérait le travail de ce cinéaste avec quelque indifférence ; il faisait partie de ceux que l'on avait engagé pour faire l'appoint, pour produire un peu de ce divertissement que recherchait une grande partie du public. Ses films n'avaient pas une longue durée de vie mais rapportaient une somme satisfaisante ; en somme, ils remplissaient leur rôle. On pouvait être totalement satisfait du travail de ces cinéastes. De là à consentir à affronter leurs questionnements anxieux quant à l'avis de Herr Feigel sur le film, il y avait un pas que celui ci n'était pas prêt à franchir ce soir. Il se leva donc, enfila rapidement son long manteau et se dirigea vers l'extrémité de la rangée, impatienté par ses voisins qui ne se déplaçaient pas assez vite à son goût. Il s'employa donc à les dépasser, ponctuant sa progression de "Entschuldigung... Veuillez m'excuser...". Il remonta ensuite vers la sortie de la salle en regardant furtivement autour de lui. Un certain nombre de visages lui étaient familiers, comme souvent lors des avant-premières. Il baissa les yeux et continua à avancer vers les portes, calquant ses pas sur ceux de la foule qui l'entourait. Il se voyait déjà de retour dans son appartement, à son large bureau. C'est qu'il avait encore beaucoup à faire. Même s'il parvenait à s'échapper d'ici, sa soirée risquait d'être encore longue.

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MessageSujet: Re: L'Insociable Sociabilité [RP Libre]   Dim 21 Aoû - 15:11

La soirée promettait d'être longue pour la famille Halder. En perspective, un film fraîchement sorti des studios de la Continental au Grand Rex.
Margarete a toujours apprécié se rendre au cinéma, particulièrement les après-midi d'hiver avec son fils. Sur Paris, tout était différent. Les films se ressemblaient et les messages étaient on ne peut plus clair. Madame Halder n'aimait pas emmener son fils voir ce genre de films, elle redoutait l'impact que la propagande pouvait avoir sur son esprit.
Pourtant ce soir là, Ludwig avait insisté pour venir et Klaus s'était rallié à sa cause. Couvé par sa mère durant toute son enfance, Ludwig n'avait rien d'un enfant de 11 ans si ce n'est la taille. Il jouait encore à des jeux auxquels les enfants de son âge ne jouaient plus depuis un bon moment. Cela inquiétait Klaus qui ne voyait aucun trait de virilité chez son fils et cela attendrissait Margarete qui le voyait toujours comme son petit garçon. Margarete se refusait à plonger son fils dans une réalité qu'elle jugeait trop dure pour lui.
Depuis quelque temps, Ludwig essayait pourtant de prouver à sa mère qu'il était en train de grandir ce qu'elle ne supportait pas.

« Ludwig, mon chéri, tu n'es pas habitué à te coucher si tard. Et puis il n'y aura pas d'autres enfants tu vas t'ennuyer. »

Klaus lui de son côté ne pouvait s'empêcher de rire. Les moments en famille n'étaient pas si durs pour Margarete, son affreux mari baissait la garde devant son fils.

« Enfin Margarete, il va regarder un film, il ne va pas à un dîner mondain ! »

Il riait, mais le regard qu'il lançait à sa femme voulait tout dire. Elle devait céder. En vérité, elle avait aussi peur de recroiser Thibaud. Depuis la visite à l'usine, elle a été frappé par la grande ressemblance entre son fils et son véritable père. Elle sait bien au fond d'elle qu'il n'ira pas mettre les pieds au cinéma pour voir un film issu de la propagande allemande. Mais on ne sait jamais, il a peut être abandonné ses idées communistes pour entrer dans la collaboration. Et si il est là et qu'il voit Ludwig … Voilà ce qui ronge Margarete Halder depuis quelques temps et il faut l'avouer, ce n'est pas de tout repos d'être dans sa tête.
Elle réajusta sa coiffure et se tourna vers son fils l'air résigné mais, un petit sourire sur les lèvres.

« Bien, bien, tu peux venir avec nous. Mais demain tu es prêt à 8h pour ta première leçon. »

Ludwig se jeta alors dans les bras de sa mère avec exagération. Quand je dis qu'il n'a pas le comportement d'un enfant de 11 ans.

« Oui, oui, oui promis ! »

Devant tant de tendresse, Margarete ne pouvait rien lui refuser. Elle espérait simplement que le film ne durera pas trop longtemps. Elle a un rendez-vous pour le Reigen dans la soirée et ne peut arriver en retard. Il faudra d'ailleurs qu'elle trouve un prétexte pour s'échapper. Un mal de tête devrait faire l'affaire.

Le film n'était pas le meilleur de tous les temps, c'était vrai. Toujours les mêmes choses ,mais cette fois ci on y avait mêlé un peu de politique. Le pauvre petit docker en Normandie amoureux d'une serveuse courtisée par un docker communiste qui l'aime depuis toujours. Evidemment à la fin, c'est le docker numéro 1 qui termine avec la serveuse et le docker communiste lui il pleure en regardant la mer. Pathétique. Et tout ce petit monde applaudit.
Margarete prend alors son plus beau sourire en même temps que les lumières se rallument et applaudit également. Le brouhaha commence à se faire sentir et la famille Halder reste avec quelques officiers dans la salle.

«Voyez que maintenant, les communistes veulent voler les femmes des honnêtes gens ! »

Tout le monde se mit à rire et Margarete les coupa.

« Permettez-moi de vous contredire dans cette analyse mon cher ami, mais le réalisme de ce film me laisse perplexe. Je doute fort qu'un communiste soit doué de sentiments, humains qui plus est. »

A nouveau, le petit monde se mit à rire devant le trait d'esprit de la femme du chef SS. Margarete Halder savait tromper son monde et le faisait à merveille. L'entourage nazi de Klaus était friand de ce genre de petites blagues. Les communistes mangent les bébés, les juifs se transforment en rats la nuit etc … Tout cela était tellement stupide pour des gens qui se pensaient si intelligents que cela en devenait déplorable.
Tout le monde semblait occuper à parler de tout et n'importe quoi. L'heure avançait et Margarete avait peu de temps devant elle. Elle interpella son mari en posant une main sur son bras.

« Veuillez m'excuser auprès de vos amis, je vais repartir, ma tête me fait affreusement souffrir. Ludwig pourra rentrer avec vous. »

Klaus Halder avait l'habitude des soit disant maux de tête de sa femme. Il ne s'imaginait seulement pas pourquoi elle s'absentait. Il pensait tout simplement qu'elle n'aimait pas les mondanités, qu'elle se forçait. Il la voyait un peu comme une personne mal à l'aise entourée de monde, qui était capable cependant de jouer la comédie. Dans un sens, il n'avait pas tout faux. Il lui fera des reproches demain matin.
Margarete pour sa part n'en a que faire. Ce n'est pourtant pas facile de sortir, tout le monde se précipite en même temps sur la sortie et immanquablement, elle est bloquée. Impatiente elle regarde sa montre tout en se hissant sur la pointe des pieds. Ce n'est pas dans ses habitudes d'être en retard, surtout pour une réunion. C'est en tournant la tête qu'elle s’aperçoit qu'elle est juste à côté de Wihelm Feigel qui n'est autre que l'homme responsable de toute la propagande cinématographique comme celle qu'elle vient de voir ce soir mais aussi de la Continental.
Margarete connait peu l'homme mais ils se sont déjà croisés, elle ne peut pas faire comme si elle ne l'avait pas vu. Ce n'était vraiment pas sa soirée.
Elle força alors un sourire tout en parlant un brin amusée ( alors qu'en fait, elle n'est pas du tout amusé. Mais alors pas du tout.)

« Je ne veux pas m'avancer, mais la sortie n'est pas pour tout de suite. »

Agréable, Madame Halder sait et doit l'être. Un mouvement de foule manque de l'écraser contre une colonne présente dans le hall. Ce cinéma est vraiment mal adapté.

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MessageSujet: Re: L'Insociable Sociabilité [RP Libre]   Ven 2 Sep - 20:23


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La file n'avançait pas. Il est vrai que la configuration des lieux se prêtait étrangement mal à l'afflux d'une foule ; or, les avant premières de la Continental affichaient en général complet. On distribuait plus d'invitations que de places disponibles, et on parvenait toujours à remplir la salle. C'était mieux ainsi : imaginez, une avant-première à moitié vide ? Cela nuirait à l'image du cinéastes concerné, et de la société. C'était le rôle de Feigel et de ses subordonnés d'éviter une telle situation. Et pour le moment, cela avait toujours été un succès. Des films qui, avant guerre, auraient sans doute déchaîné les foudres de la jeune critique parisienne, étaient à présent objets de louanges à n'en plus finir. On était moins regardant sur la qualité. Un film se devait d'être simple et efficace, et personne ne s'aviserait de critiquer une production qui était partie intégrante de la mécanique de production du régime.

« Je ne veux pas m'avancer, mais la sortie n'est pas pour tout de suite. »

Plusieurs secondes s'écoulèrent avant que la phrase fasse son chemin jusqu'au cerveau du directeur de production et qu'il comprenne que c'était bien à lui que l'injonction s'adressait. Il releva vivement la tête, gêné d'être ainsi surpris à rêvasser un soir de première, et se composa un visage impassible et souriant. La personne qui lui avait adressé ces mots se trouvait presque à côté de lui, en arrière à droite. Il s'empressa de répondre de manière assez mécanique, pour dire quelque chose. Et faire bonne figure, toujours.

« Très probablement. Ces anciennes salles françaises sont magnifiques, mais parfois mal adaptées à une telle affluence,»
avança-t-il avec un sourire poli.

Une femme, sans doute un peu plus jeune que lui, assez grande, qui semblait légèrement ennuyée de la file d'attente qui se préparait, mais prête à s'en accommoder. Il la connaissait. Pour sûr. Mais qui était-elle ? Feigel était passé en quelques années d'une personnalité de philosophe distrait et peu physionomiste, à celui d'observateur mondain et parfois redoutable, qui savait retourner une situation ou une relation en sa faveur. Pourtant, il arrivait que son passé le rattrape et qu'il ait quelques difficultés à reconnaître les gens qu'il ne croisait pas souvent. Surtout dans un tel état de lassitude. Cela demandait un soin constant qui finissait par le fatiguer, certains soirs.

Pourtant, il reconnaissait la dame. Il lui avait fallu quelques précieuses secondes qu'il était parvenu à meubler. En continuant d'avancer à petit pas, il renchérit, pour bien montrer à son interlocutrice qu'il la situait, et que son inattention apparente n'était liée qu'à un souci de distance courtoise :

« J'espère que cet imprévu ne vous incommode pas, Frau Halder. Si c'était le cas, sachez que j'en suis navré. »

Pour parer à toute protestation, il poursuivit :

« Si, si. Comprenez, je me sens personnellement responsable de tout ce qui se passe à nos projections... »


Quelle pantomime. Il faisait preuve d'une sollicitude extrême envers cette femme qu'il connaissait à peine. Mais justement, il valait parfois mieux abuser de professionnalisme et de courtoisie, que d'en manquer. Quel était le prénom de l'épouse du chef SS, déjà ? Feigel ne parvenait pas à s'en souvenir. Peu importait, après tout : il ne la connaissait pas assez pour se permettre de l'employer.

C'était vraiment curieux, cette attente qui se prolongeait. Et agaçant. Feigel n'avait pas réellement envie d'avoir à faire la conversation avec cette femme. Quoi qu'il s'étonnait de la voir sans son mari : il la voyait un peu comme une épouse discrète et aimante qui suivrait Halder comme son ombre. Peut être se trompait-il, finalement. Après tout, qui n'a pas ses secrets ?


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MessageSujet: Re: L'Insociable Sociabilité [RP Libre]   Mar 6 Sep - 23:26

Les gens n'ont vraiment aucune tenue et aucun savoir vivre. Il est vrai que nous n'avons pas encore parlé de l'aversion de Margarate Halder pour la foule. C'est d'ailleurs assez étonnant vu le nombre de soirées mondaines qu'elle fait avec son mari. Elle se sent oppressée lorsque trop de monde se trouve autour d'elle. Bien évidemment, elle prend sur elle et ne dit rien mais le simple fait qu'une personne la frôle lui donne envie de la tuer en hurlant. Assez étrange quand on voit le mal qu'elle se donne pour paraître une femme calme et surtout respectueuse.
Madame Halder ne connaissait pas réellement Wihelm Feigel. L'homme se fait assez discret lors des soirées ou des inaugurations.
Il ne lui prête d'ailleurs aucun regard ce qui ne plait pas à Margarete mais a le don de l'intriguer. Elle a plutôt l'habitude qu'on se tourne vers elle, qu'on lui parle en face et qu'on se rende compte de qui elle est.

Un peu piquée, elle joint ses mains devant elle en pinçant les lèvres. C'est par la suite qu'il daigna lui répondre.Voilà, elle essaye d'être agréable, de faire la discussion alors qu'elle a une réunion importante à l'autre bout de Paris, autant dire qu'elle est sous pression. Et monsieur lui parle de l'architecture des salles de cinéma françaises.

« C'est ce que je vois. En effet. »

Elle scruta le plafond. Que dire de plus ? Le foule avançait par mouvements et elle se retrouva à ses côtés. Enfin, il semblait la remettre. Son visage se défroissa alors. Oui, elle doit l'avouer, cela n'a pas que des désavantages d'être la femme de Klaus Halder.
Bien sûr qu'elle était incommodée mais elle n'allait certainement pas lui dire. Feigel paraissait gauche et surtout mal à l'aise. Beaucoup de fois elle a vu des personnes se sentir gênées en sa présence. Margarete est certaine qu'ils l'assimilent toutes et tous à la cruauté de son mari. Il ne lui laisse d'ailleurs par le temps de répondre. Discrètement, elle regarde à sa montre.

« Oh, mais rassurez-vous, il ne s'est rien passé, tout est parfait ! C'est de ma faute, j'ai voulu partir plus tôt à cause d'un affreux mal de tête … ! J'aurais dû rester dans la salle encore un peu écouter les félicitations. Tout comme vous d'ailleurs ... »

Elle se mit alors à lui sourire, elle voulait l'embêter un peu c'est vrai. Margarete n'apprécie pas plus que ça les films de la Continental. Elle ne comprend pas comment un homme comme Feigel peut supporter de poser sur un écran la propagande nazie. Elle ne le connaît pas mais elle ne voit pas en lui un grand partisan du nazisme. Elle voit plus un amoureux du cinéma et, peut être se trompe t'-elle. Elle avait d'ailleurs pensé à lui pendant un temps pour le Reigen mais Otto lui avait déconseillé. Margarete ne savait rien de lui. L'on dit toujours que ce sont ceux qui en disent le plus qui en font le moins et, l'inverse est vrai également.

Madame Halder est pourtant une amatrice d'art et même du septième art. Elle allait beaucoup au cinéma à Munich ou bien à Berlin. Elle emmenait Ludwig et même parfois Klaus venait. Tout cela était avant la guerre et même si la vie de Margarete Halder n'était pas parfaite, ce n'était pas un cauchemar non plus. Klaus était toujours aussi dur avec elle mais il n'y avait pas tout le contexte de la guerre et surtout elle était dans son pays, elle avait ses repères. Margarete n'est pas une femme qui aime le changement dans sa vie, cela a tendance à l'angoisser.
Bref, elle aime l'art et serait ravie d'en discuter avec quelqu'un comme Feigel. Il est certainement très cultivé mais renfermé. Presque un artiste en somme. Un homme discret, dont on entend peu le son de la voix et qui s'occupe de diffuser la propagande nazie. Quel profil !

D'un coup la foule se fit plus dense et ils se retrouvèrent enfin au niveau des portes de sortie. Elle ne savait vraiment pas quoi lui dire et il ne l'aidait pas vraiment ...

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MessageSujet: Re: L'Insociable Sociabilité [RP Libre]   Lun 31 Oct - 14:02


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Ce laps de temps pendant lequel il n'était pas parvenu à mettre un nom sur ce visage leur avait paru extrêmement long à tous deux, apparemment. La jeune femme répondit à son observation sur l'incommodité de la salle d'un ton légèrement sec, comme si elle n'avait pas envie de poursuivre la conversation plus avant. C'était étrange : tout se passait comme si aucun d'eux n'avait réellement envie de converser avec l'autre, et pourtant, la discussion ne pouvait s'arrêter là. Une légère gêne flotta ainsi entre eux jusqu'à ce qu'il prononce son nom, ce qui eut l'air de briser la glace. Elle enchaîna sur une protestation respectueuse, une remarque de circonstance. Pourtant, elle poursuivit :

«J'aurais dû rester dans la salle encore un peu écouter les félicitations. Tout comme vous d'ailleurs ... »

Cette dernière affirmation produisit un effet étrange. Elle détonnait avec le côté convenu et artificiel de la conversation, comme si son interlocutrice faisait une tentative discrète pour approfondir ces mondanités. Elle lui posait une question déguisée. L'invitait à justifier son soudain besoin de prendre l'air. Il y avait un peu de malice dans cette remarque qui pouvait être prise autant comme une réflexion anodine, le début d'un jeu ou une manipulation que l'on ne prendrait pas soin de dissimuler. Ou une invitation à la confidence ?

« Peut être. Mais vous vous doutez que j'ai moi même eu le loisir de féliciter en personne Monsieur Loisel, le réalisateur du film de ce soir, »
expliqua-t-il avec un sourire de façade. « Il ne doute pas de mon soutien. »

C'était vrai. Et ce n'était pas vrai. Certes, les collaborateurs de Feigel étaient assuré de son soutien sur tous les plans. Il lui était arrivé, grâce à ses relations, de soutenir officieusement un cinéaste compromis dans un procès embarrassant, ou même de dissimuler quelques informations sur l'un ou l'autre des personnes qui travaillaient pour lui, alors même que ces données auraient intéressé ses supérieurs allemands. Pourtant, il fallait bien admettre que ce soutien était inégalement accordé, et variait selon des critères strictement personnels souvent lié à une certaine appréciation esthétique. Et Loisel n'était pas quelqu'un à qui il s'était particulièrement intéressé - il faudrait peut être qu'il y remédie, d'ailleurs, car les personnes les plus banales peuvent parfois nous surprendre -, ni en terme personnel ni en terme esthétique. Il n'était qu'un rouage infimes de l'usine de la Continental.

Poussé par je ne sais quel désir d'aller un peu dans le sens de la jeune femme et d'ajouter une touche de sincérité à la froideur mondaine de son discours, il ajouta une réflexion qui laissait poindre une ombre de lassitude :

« Et puis, c'est tout de même la troisième fois que je vois ce film en l'espace de quelques semaines. A présent qu'il rempli les salles - et c'est tout ce qu'on lui demande-, ma présence n'est plus requise. »

Et, ignorant la bousculade qui avait lieu à quelques mètres de la porte et semblait maintenant se propager vers le centre de l'allée, il poursuivit avec quelque malice - car exiger d'une femme intelligente qu'elle se prononce et exprime une opinion sur un objet cinématographique si plat que le film de ce soir ne pouvait que l'ennuyer, voire contribuer à ce mal de crâne dont elle souffrait déjà - :

« Il peut voler de ses propres ailes. Qu'en pensez-vous ? »





Oulalalah, je suis désolée, je bats les records en retard de réponse, en ce début d'année... :S

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