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 Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules

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Jules Dumas
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■ topics : OUVERTS
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■ religion: Catholique par habitude
■ situation amoureuse: En théorie fiancé, en pratique plus proche du célibat
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MessageSujet: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Sam 25 Fév - 23:22


Jules Dumas
Matt Smith (c) Shiya



Etat-civil
♠️ Résistant, membre de la Brigade
Pas de la première heure, ni celui qu’on choisirait comme porte-étendard, mais bien convaincu qu’il est grand temps de mettre fin à cette occupation de plus en plus insoutenable.
♠️ Âge du personnage
29 ans.
♠️ Nationalité
Plus que Français, Parisien !  Et sa seule expérience en dehors de la capitale ayant consisté à aller se faire tirer dessus à l’est du pays il préfèrerait s’abstenir de la quitter de nouveau.
♠️ Statut
Fiancé. Du moins c’est ce qu’il voudrait encore croire. Les nouvelles qui se sont arrêtées il y a trois ans laisseraient en effet à penser qu’Hava ne reviendra pas. Mais parce que la réalité est trop douloureuse Jules préfère se barricader derrière un espoir qui résiste encore, bien que de plus en plus difficilement.
♠️ Religion
Il n’a jamais trop réfléchi à ce qu’il pouvait bien il y avoir ou non là-haut. Catholique par habitude, pour autant Jules n’est pas particulièrement convaincu. Au fond ce qui touche à la religion le laisse assez indifférent.
♠️ Profession
Serveur au cabaret Le Paradis. Ce qui, si cet emploi n’avait pas signifié travailler au service des pires collabos et de l’occupant, lui aurait bien convenu. Une certaine pénibilité quotidienne est heureusement compensée par le fait que c’est sans doute ici qu’il est le plus utile à la résistance. La pêche à l’information y est en effet régulièrement bonne.  


Interrogatoire

♠️ A-t-il des manies ou des tics ? Une tendance à arrêter involontairement d’écouter son interlocuteur au moindre papillon qui passerait et attraperait au passage son attention. Quoique depuis le début de la guerre le sens des réalités et des responsabilités l’a vite rattrapé, sans totalement parvenir à lui clouer les pieds sur terre. – Il garde par ailleurs toujours dans sa poche la montre désormais cassée offerte par sa fiancée.
♠️ Son livre préféré ? Explorateur raté, il s’est quasiment toujours contenté  de romans d’aventures et avoue un faible pour Le tour du monde en quatre-vingts jours. Il a cependant un jour changé de registre et s’est confronté Au bonheur des dames, de base uniquement pour impressionner sa future petite amie, et doit avouer avoir bien apprécié (Mais il a sauté des pages. L’aurait pu faire un petit effort de concision, Zola.)
♠️ Son lieu préféré dans Paris ? Il a toujours aimé longer la Seine à vélo, particulièrement tôt le matin, lorsque tout le monde ou presque dort encore.
♠️ Aime-t-il sortir et où ? En tout cas il aimait. Avant-guerre une bonne soirée ne se passait jamais seul. Autour d’un verre avec quelques amis, un cinéma occasionnel, une soirée dans laquelle il se serait incrusté sans y avoir été invité, toute occasion était bonne pour s’amuser et voir du monde. Mais ces temps-ci les sorties sont rares et peu joyeuses.
♠️ Comment vit-il les restrictions et les privations ? Mal, malgré tous ses efforts pour relativiser. S’il n’a jamais vécu dans la grande abondance la facilité d’avant-guerre lui manque évidemment. Pire du pire : il n’est même plus certain de se rappeler du goût exact du café, et ne parlons pas du chocolat.  
♠️ Son avis sur les Allemands et l'occupation ? Il n’a de base rien contre les Allemands mais il les préfèrerait tout de même chez eux. S’il y a mis un peu de temps pour se décider à agir concrètement contre cette occupation il ne lui a pas fallu longtemps pour se rendre compte qu’elle ne voudrait jamais dire paix retrouvée mais ne serait au contraire jamais que le synonyme de privations et d’une autorité barbare.
♠️ Son avis sur les juifs ? Il y en a une qu’il épouserait volontiers, alors autant dire que l’antisémitisme est selon lui une des plus grandes aberrations jamais inventées. Loin de se considérer comme quelqu’un de particulièrement intelligent il affirme tout de même volontiers qu’il faut être un crétin fini pour adhérer à un discours aussi haineux et sans fondement crédible.  
♠️ Son avis sur les festivités organisées par les Allemands ? En toute honnêteté il s’est un jour surpris à avoir très envie d’aller voir une course, pour lui aussi oublier un moment le quotidien. Mais le rationnel a vite repris le dessus et il s’est rappelé que des Allemands, il en voyait assez tous les soirs pour en plus vouloir passer la journée avec. Il voit cependant un bon point dans ces festivités : elles sont sans doute le signe désespéré que derrière la propagande qu’on rabâche dans le tout Paris le Reich n’est plus aussi solide qu’il le prétend. Du moins Jules voudrait le croire. En réalité il lui arrive de se demander si elles ne seraient pas simplement le signe d’une certaine stabilité d’un régime capable de se permettre quelques extravagances.  
♠️ Son avis sur le gouvernement de Vichy et la politique de collaboration ? L’espace de quelques semaines il a eu de maigres espoirs, a voulu se dire que dans cette situation sinistre le maréchal n’abandonnerait jamais les Français et se battrait toujours au nom de leurs intérêts. Mais le jour où le Statut des Juifs a été publié il a compris que le gouvernement avait irrémédiablement trahi son peuple. A présent il voit Vichy comme un repère de collabos, de profiteurs sans conscience qui ne valent pas mieux que les grands noms de Berlin.


Qui suis-je ?

☆ Prénom/Pseudo ?
Elise
☆ Âge ?
21 ans
☆ Etudes/Métier ?
Sciences pipo et d'autres trucs plus ou moins regrettables
☆ Où as-tu connu YT ?
Je arrivée en tant que rousse très très sympathique et je me suis dédoublée parce que je vous aime trop chou
☆ Un truc à nous dire ?
Vous êtes beaux   mais les berniques d'eau douce un peu plus




Dernière édition par Jules Dumas le Lun 13 Mar - 22:15, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Sam 25 Fév - 23:22


Biographie
Petite citation qui va bien


Avril 1922
Ses voisins affirmaient que Marie Dumas était dotée d’une prodigieuse résistance à la vie. Aussi loin qu’aucun pouvait se rappeler elle ne s’était jamais plaint, n’avait jamais eu une remarque aigrie ni n’avait quémandé d’aide. Elle faisait partie de ces femmes qui depuis la guerre devaient se débrouillaient seules, comptait pour sa part un peu sur l’Etat et à peine sur la famille, avait un instant voulu perdre tout espoir en l’avenir mais par la force des choses tenait toujours debout. Elle avait fait face aux aléas avec une dignité exemplaire et, bien qu’au cours des premiers mois suivant la perte de son mari elle ait été plus d’une fois elle tenté de baisser les bras, elle était parvenue à toujours joindre les deux bouts et avait en prime élevé trois enfants dont la bonne humeur et la serviabilité étaient volontiers reconnues. Si bien qu’aujourd’hui elle n’inspirait plus la pitié de la veuve de guerre mais plutôt une certaine admiration. Quand on la voyait sortir de l’immeuble pour tendre à qui de droit une pile de linge lavée, repassée et pliée, on lui adressait, comme à tout le monde dans ce quartier, un signe de main amical, on échangeait quelques mots, proposait éventuellement de l’aider à remonter les sacs qu’on venait de lui confier, mais on ne se posait plus de question à son égard. Elle faisait simplement comme partie du décor.

Ses enfants inspiraient par ailleurs une vive sympathie. Derrière ses lunettes trop grandes l’aîné, Martin était celui sur lequel beaucoup portaient leurs espoirs, notamment car il battait régulièrement aux échecs le vieux Jacques, éminent personnage de la rue. Au bout du regard toujours hagard de Bérénice, la benjamine dont le visage de poupon faisait fondre, s’observait également souvent Jules, qui lui ne tenait pas en place mais savait se montrer attachant notamment par ses beaux discours sur son avenir de flambant aventurier.
Car il en fallait à huit ans peu pour se croire le plus grand de tous les grands explorateurs. Equipé d’une taie d’oreiller nouée sur la tête et d’une écharpe beaucoup trop longue pour lui, Jules, bras grands ouverts, naviguait ce matin dans l’appartement – quelque part dans les Andes, affirmait-il.
« Vriooooum »
En arrivant dans les jambes de sa mère, occupée à plier un drap, il ignora totalement le regard noir et continua son trajet entre le linge qui pendait partout dans la pièce.  
« Ah, on va s’écraser ! Vite, les parachutes ! »
Avec l’agilité de ceux qui avaient de l’expérience il sauta sur la table, attrapa au passage un drap étendu au milieu de la pièce et se jeta sur une pile de linge propre en le tendant au-dessus de la tête. Après une acrobatie peu académique il arriva de nouveau sur ses pieds et, poings sur les hanches et torse bombé, déclara non sans fierté :
« Et une fois de plus le grand Jules Dumas s’en sortit indemne »
Le moment de fierté tourna cependant vite court. Marie, qui n’avait pas le temps pour l’imagination de son cadet, venait de lui retirer son casque improvisé de la tête et lui montrait d’un doigt le chemin de la sortie.
« Et le grand Jules Dumas est maintenant prié de courir jusqu’à l’école. »
Ecole pour laquelle il était censé être parti il y a dix minutes, comme ses frères et sœurs, mais qu’au nom de l’exploration imaginaire d’un continent il avait encore eu envie de remettre à plus loin. Voire ne pas remettre du tout, ça lui serait également bien convenu. Il fallait dire qu’en dehors de la géographie elle ne le passionnait pas beaucoup, cette école. Aussi il leva vers sa mère de grands yeux suppliants, comme chaque matin ou presque, avec le vain espoir de lui faire reconnaître qu’il y avait dans la vie plus important qu’apprendre les noms des préfectures.
« Mais… »
Et comme chaque matin il n’obtint pas la réponse escomptée.
« C’est ça ou m’aider à plier le linge. »
Bon. D’un autre côté en filant d’ici il verrait au moins les copains. En plus il se rappelait qu’il avait quelque chose à leur montrer ! Il n’en fallut donc pas plus pour le convaincre, il se précipitait déjà vers les escaliers.
« Bonne journée m’man ! »

Courant à grandes enjambées en direction de l’école, il ne s’arrêta aujourd’hui même pas pour saluer la ribambelle de voisins, de monsieur Louis qui fumait à sa fenêtre à la Louison qui prenait déjà le soleil dehors, et se contenta de grands gestes de la main. Au fond l’instituteur lui faisait beaucoup trop peur pour qu’il prenne le risque de se montrer en retard. Heureusement il arriva pile à l’heure, quand tous ses camarades rentraient déjà dans le bâtiment. Il se faufila dans le rang, avec en tête de ne pas faire de vagues, mais ne put bien sûr pas s’empêcher de sortir de son cartable sa dernière trouvaille pour la montrer à son meilleur ami.

« Eh, Gabin, regarde ça. C’est l’antiquaire qui me l’a donnée. »
Loin d’être le dernier quand il s’agissait de se taire, Gabin voulut attraper la carte pour l’examiner de plus près mais Jules la garda précieusement entre ses mains.
« C’est une vraie carte ? »
Quelle question. Comme s’il était du genre à s’amuser à faire des faux.
« Une vraie de vraie ! Et même que jamais personne n’a trouvé le trésor. »
Personne avant eux, cela allait sans dire !
« C’est quoi ? »
Par-dessus son épaule Jean venait de passer la tête pour regarder ce qui se tramait un rang devant.
« Une carte au trésor. »
« Silence ! »
Trésor ou non, l’instituteur n’était pas du genre à apprécier les bavardages. Et Jules n’ayant pas franchement envie de commencer la journée avec une punition il rangea vite son précieux bien et chuchota à ses voisins de derrière.
« Rendez-vous à la récré pour élaborer notre stratégie, faites passer le mot aux copains. »
La voix basse ne l’empêcha cependant pas de se récolter un petit coup sec derrière la tête au moment où il passa devant le maître. Mais mettre la main sur quelques coffres vikings valait bien de se faire un peu remarquer.

*****
Printemps 1935
Il n’était pas exactement certain de savoir de quoi il était question. Il s’était en effet arrêté d’écouter depuis de longues minutes, préférant se concentrer sur les bulles qui remontaient le long de son verre – il s’était notamment lancé dans des pronostics visant à déterminer laquelle attendrait en première la surface. Lorsqu’on lui demanda son avis Jules releva donc le nez de sa limonade avec de grands yeux, pris en flagrant délit de rêverie. De quoi s’agissait-il, encore ? Le partage de quelque chose, des richesses, sans doute ? Ou peut-être de la révolution ? A moins que ses amis ne se soient égarés quelque part en Russie ? Avec dans le regard un fond de détresse il se tourna vers la rouquine qui, comme lui, s’était jusqu’à maintenant tenue un peu en retrait, dans l’espoir qu’elle lui souffle la réponse à il ne savait quelle question. Malheureusement Elsa semblait à cet instant plus intéressée parce qu’il allait bien répondre pour s’en sortir que désireuse de lui porter secours (la vile, on ne pouvait décidément compter sur personne !). Envahi par une profonde solitude doublée de la désagréable sensation de monopoliser tous les regards, le jeune homme se mis à balbutier quelque chose qui n’avait ni queue ni tête et qui incluait à la fois une proposition de blanquette de veau pour tout le monde, une vive envie de peindre quelques banderoles au nom de la cause et ce cher Jean Jaurès. Ses amis échangèrent de longs regards d’abord interloqués, puis fatalistes et retournèrent finalement à leur conversation sans s’embarrasser de tenter de prouver par A + B que ce qui venait de sortir de la bouche de Jules n’avait pas le moindre sens. Au fond ils étaient presque habitués et résolus à ce qu’il ne fasse que de la figuration dans leur petit groupe d’esprits engagés. Jules n’avait en effet, contrairement à ces amis de longue date, jamais développé de véritable conscience politique. Les grands discours n’y faisaient rien, il se contentait toujours de trouver les mots bien jolis, ces idéaux de fraternité presque enthousiasmants, mais lorsqu’il s’agissait d’œuvrer pour les mettre en œuvre il était pris d’une flemme aiguë, soudain bien plus motivé par la perspective de lézarder dans un parc que par celle d’aller changer le monde de ses mains. Pour lier le sociable à l’agréable (au fond les deux allaient pour lui de pair), il les rejoignait donc, maintenant que les beaux jours étaient de retour, dans ce café duquel on ne les faisait plus décoller. Il restait cependant toujours un peu en retrait, appréciant par exemple la compagnie de cette chère Elsa, moins dilettante que lui mais plus posée que tous les autres. Une fois que les copains furent repartis à leurs élans enflammés Jules se tourna donc vers la jeune femme et se pencha un peu, comme s’il était nécessaire de baisser légèrement la voix pour ne pas être entendu.

« J’ai eu chaud mais je crois que j’ai sauvé les meubles. »

Le sourire amusé d’Elsa laissait supposer qu’elle avait une opinion divergente, qu’elle eut cependant la bonté de garder pour elle. Elle n’aurait de tout de façon pas eut le temps de la développer, voilà qu’il venait de se lever d’un bond en pestant, ayant soudain réalisé que le temps avait filé bien trop vite et qu’à siroter son verre à cette allure il allait finir en retard. D’une traite il descendit donc le reste de sa limonade puis fila jusqu’à son vélo après avoir souhaité à tous une excellente fin de journée. On l’avait à peine vu se lever qu’il était déjà parti.
Grâce à un bon coup de pédale il parvint même à arriver au travail avec quelques minutes d’avance, juste ce qu’il fallait pour se changer en vitesse avant de filer en salle. Son nœud un peu trop négligemment ajusté lui valut tout de même un regard noir et une remontrance du maître d’hôtel. Chez Maxim’s l’excellence était dans les détails, voilà ce que ce grand monsieur aimait à dire. Après de plates excuses et une tenue parfaitement réajustée Jules se déroba donc à l’air sévère de son supérieur et s’en alla déambuler de table en table, professionnel jusqu’au bout des chaussures cirées et faisant en prime preuve d’un enthousiasme louable. Cette sympathique vivacité qu’il traînait avec lui lui valait d’ailleurs d’être considéré par ses employeurs et même, ce dont il ne manquait pas de s’enorgueillir, de s’être à l’occasion fait serrer chaleureusement la main par un général galonné, un patron de presse à l’impressionnant cigare ou encore un écrivain en vogue. A sa manière lui aussi était presque une célébrité, aimait-il à raconter quand on lui demandait comment se passait son travail.
Jules n’avait jamais eu de grandes ambitions mais il lui semblait donc les avoir toutes remplies ou presque. Contrairement à son frère il n’avait fait aucune étude, à l’opposé de sa sœur il ne brillait pas par un talent artistique quelconque, mais du haut de sa vie bien remplie il se sentait fier de ce qu’il avait. Un travail qui lui plaisait et dans lequel il disait exceller, des collègues qui pour la plupart étaient devenus tant d’amis, d’autres bons copains qu’il retrouvait toujours avec une vive joie, des soirées en bord de Seine et quelques extravagantes nuits passées à danser dans un bar, il lui semblait qu’il s’était construit avec tout cela un bonheur simple mais vif. Ne lui manquait plus que les yeux d’une jolie blonde papillonnent pour lui et il serait un homme comblé. Mais en attendant sa belle il avait un service à assurer. Après s’être arrêté une seconde pour suivre d’un regard admirateur les deux jeunes femmes qui venaient de passer devant sa terrasse en riant dans sa direction, il se reprit donc et alla servir son thé à ce vieux monsieur Jamin.

*****
Juillet 1938
Gabin, Marc et les autres étant trop occupés à pleurer la fin de leur bien-aimé Front Populaire pour être amusants, Jules s’était dernièrement trouvé de nouvelles occupations. Sa dernière lubie avait notamment consisté à recruter, organiser et gérer. Mais non, il ne s’était pas décidé à lancer son propre parti politique. Mieux qu’un parti, bien mieux qu’un parti, il avait eu la brillante idée (selon ses mots), de fonder une société secrète. Une vraie, comme dans les romans, avec des réunions bimensuelles, un protocole et même des comptes rendus. Enfin théoriques, les comptes rendus, en réalité personne n’en avait jamais vu la couleur. Mais toujours était-il que ce petit regroupement fonctionnait efficacement et était même devenu, au fil des mois, plus qu’une bêtise née entre amis un petit réseau d’entraide. Comme quoi il n’était pas nécessaire d’être capable de citer Marx pour mettre sur pieds un collectif digne de ce nom.
Dans le minuscule appartement d’un des membres fondateurs, Armand de son prénom, la quinzaine de participant à la cession s’entassaient autour de la table pour certains, là où ils pouvaient pour la plupart. En tant que président de la société, Jules avait cependant le privilège non seulement d’avoir une chaise sur laquelle s’asseoir mais en plus de l’être en bout de table.  

« Je déclare officiellement ouverte la douzième séance de la SSGCTC. »
A présent qu’ils avaient chacun un deuxième verre plein il était en effet temps de se mettre aux choses sérieuses. D’une façon très cérémonieuse il fit un large geste vers Jean, qui se tenait à sa droite.  
« Qu’avons-nous à l’ordre du jour ? »
Mais déjà les choses sérieuses furent contrariées par Armand, qui leva la main et prit la parole en même temps.
« Avant j’ai une suggestion. »
Jules se pencha légèrement en avant et baissa la voix, comme pour lui signifier quelque chose de privé quand tout le monde pouvait évidemment entendre.
« On avait dit après, les motions. »
Et on nom du sérieux de leur organisation il était bon de s’en tenir au protocole, qui voulait qu’on suive scrupuleusement l’ordre du jour avant de passer aux requêtes et autres suggestions complémentaires. Enfin… Puisqu’Armand était l’hôte de ce soir pourquoi pas. Jules soupira donc et leva les yeux au plafond.  
« Bon, d’accord. Mais juste cette fois. »
Armand se leva donc pour mieux se faire entendre de l’assemblée.
« Je pense qu’on devrait raccourcir notre nom. »

Aussitôt la suggestion fit écho dans l’assemblée, qui à mi-voix enchainait les « pas faux », « c’est plutôt vrai » et autre « ce serait pas mal. » Et malgré la tentative de regard noir avec lequel Jules balaya cette pièce remplie de traitres, Jean approuva vivement, encouragé de part et d’autre par de vifs hochements de tête.

« C’est vrai que c’est tout de même difficile à prononcer, SSGCTC. »
Difficile à prononcer ou pas, Jules ne put pas se retenir de s’offusquer.
« Mais à qui vous voulez le dire, de toute façon ? L’idée centrale d’une société secrète c’est tout de même que personne ne sache qu’elle existe. Et puis en perdant des lettres on perdrait notre identité ! »

Quelle serait l’intérêt de la Société Secrète des Garçons de Cafés et Ouvreurs de Théâtre et Cinéma si dans son nom même on passait à la trappe certains des membres qui la constituaient ? Et au nom de l’égalité de tous les prenants-parts il était évident qu’on ne pouvait pas faire sauter la moindre lettre. C’était une pure question de logique.
Le débat, donc, fut long et fastidieux à défaut de véritablement houleux. Et finalement, et au grand dam de Jules, il fut voté à une écrasante majorité de renommer leur collectif ECTC (Employés de Café, Théâtre et Cinéma), ce qui lui semblait un nom affreusement monotone. Mais contre la démocratie que pouvait-on ? A contre cœur le président accepta l’issue du vote, marmonna tout de même quelque chose sur le manque cruel de bon sens de ses camarades, puis avec un enthousiasme étrangement retrouvé se tourna vers celui qui était chargé de lire le registre.  

« Bon. Sujet suivant. Enfin premier sujet, techniquement. »
Aussitôt Jean se pencha sur le cahier et tenta de déchiffrer l’écriture de Jules, qui la semaine dernière avait à la va vite écrit une ligne au-dessus de toutes les autres, absolument persuadé que l’organisation d’une soirée dansante pouvait bien attendre encore un peu, contrairement à son problème.
« Tu as écrit… Le nom de la blonde des Tuileries. »
Il n’avait bien sûr absolument pas oublié, au contraire, il avait attendu avec impatience qu’enfin on arrive à son sujet, soit le plus important qu’ils n’aient jamais eu à traiter. Mais pour se donner l’air de ne pas avoir que cela en tête il avait théâtralement sursauté et levé une main jusqu’au-dessus de sa tête.  
« Ah, oui ! » 
Puisqu’ils lui avaient fait renoncer au sigle historique tous avaient intérêt à se rattraper avec des résultats concluants à cette enquête. Jules se redressa donc avec enthousiasme.
« Alors, des suggestions ? »

La SSGCTC, nouvellement ECTC, était un réseau d’entraide au sens très large du terme, allant de l’hébergement des membres en difficulté passagère à l’utilisation commune des carnets d’adresses au nom de la réussite, professionnelle comme sentimentale, de tous. Et puisqu’il existait il aurait été ridicule de s’en priver. Aussi Jules avait il y a quelques jours fait passer le mot à tous que la femme de sa vie était une inconnue, blonde aux yeux verts, qui était sortie mardi du café Fernand, sur le coup de 17h, puis avait été revue, le lendemain, par lui-même, Armand et Phil au jardin des Tuileries, un chapeau bleu foncé sur la tête. Avec ces informations tous avaient alors été priés de découvrir l’identité de cette femme mystère, et le plus vite possible s’il vous plait. Assis en tailleur sur le lit, Phil leva la main le premier.

« D’après mes sources il s’agirait d’une certaine Maria. »
Il fut cependant aussitôt contredit par le seul ici qui travaillait chez Fernand.
« Absolument pas, j’ai plutôt cru entendre qu’elle s’appelait Hannah. »
Lui-même n’eut pas le temps de s’expliquer plus longtemps, coupé par
« Il faut vraiment que vous vérifiez mieux vos informations. C’est la cousine d’une amie à moi, qui était avec elle mardi, alors je suis certain qu’elle s’appelle Hava. »  

Jules lança un successivement un regard aux trois, constata les haussements d’épaules peu convaincus des deux premiers et en conclut, face au hochement de tête certain, que le dernier avait raison.  Hava… Comme c’était un prénom magnifique. Hava et Jules, cela sonnait même très bien. Déjà parti très loin dans ses rêveries un peu niaises, il fut absolument incapable de suivre correctement le reste de la réunion, ce qui lui valut quelques moqueries qu’il ne releva même pas.

*****
Mars 1939
Hava était dotée d’une extraordinaire appétence pour la vie et rendait heureux quiconque l’approchait. Ça et ses grands yeux verts, c’était ce qui immédiatement avait fait se promettre à Jules qu’il finirait un jour par l’épouser. Armé de patience, il n’avait eu d’attention que pour elle pendant les mois passés et, enfin, il avait obtenu le Saint-Graal : une soirée en tête-à-tête avec elle. Puis une autre, et encore une suivant, jusqu’à ce que leurs occasionnelles sorties deviennent des rendez-vous hebdomadaires, toujours redoutés en amont par Jules, qui à chaque fois avait du mal à réaliser sa chance, puis qui, en aval, le laissait flottant sur un petit nuage jusqu’à la semaine suivante. Complètement obnubilé par son petit monde au fond pas bien extraordinaire mais que lui jugeait absolument hors du commun – ah, qu’elle était incroyable cette Hava –, il avait évacué presque toutes les considérations qui ne relevaient pas du quotidien.

Evidemment sa chère ECTC continuait de vivre tranquillement et s’était enfoncée dans une routine plutôt agréable, avec les mêmes têtes qu’on revoyait et appréciait encore et toujours, désormais plus prétexte pour un verre qu’auréolée d’un noble but corporatiste. Les autres copains, ceux de toujours, ils les voyaient encore avec plaisir mais ne faisait désormais même plus semblant d’écouter leurs grands discours et se contentait de leur raconter d’un air un peu ahuri comme il était heureux. Il n’y avait bien que Maxim’s pour le ramener à la réalité. Plus exactement sa clientèle, au courant des actualités les plus brûlantes, qui dernièrement commentait et se lamentait beaucoup des dernières nouvelles européennes. Mais Jules prêtait à peine attention à ce qu’il entendait à la dérobée, pas beaucoup plus à ce qu’il voyait en titre des journaux. Car il était difficile de se dépouiller de toute une vie de foi dans le monde. Ancré dans cette conception si propre à sa génération, qui croyait qu’après les troubles de la guerre l’humanité s’était durablement amourachée de sa tranquillité relative, il ne pouvait pas concevoir qu’un seul homme bouleversât tout. Les infamies politiques, culturelles et bien d’autres encore qui étaient admises outre-Rhin lui paraissaient très lointaines. Il n’y avait bien qu’une fois, lorsqu’il avait entendu plusieurs clients s’outrer de l’interdiction à Dresde de La femme silencieuse, opéra dont le livret avait été rédigé par leur estimé Zweig, qu’il s’était laissé aller à une remarque un peu amère et principalement justifiée par l’amour que Hava portait à l’auteur. En règle générale il demeurait persuadé que ces troubles n’étaient que passagers et n’avait donc jamais pris la peine de trop s’y intéresser, encore moins de s’en inquiéter.
Il n’y avait qu’hier qu’il avait eu un sursaut, en entendant le drôle de mot d’anschluss. Sentant que ce qui se racontait un peu partout n’était finalement pas si dénué de conséquences il avait même demandé à un habitué, journaliste de son état, de lui rappeler en bref ce qu’il venait de se passer. Cette mention de la réalité, de ces renversements de situation chez les voisins européens qui n’étaient finalement pas si loin, le laissa un moment perplexe. L’air profondément alarmiste de cet homme trop bien habillé pour ne pas savoir de quoi il parlait lui donna même à penser un moment. Et si ce qu’il se passait à côté et, surtout tout en haut des Etats, le concernait tout de même un peu ? L’idée fit son chemin, pendant un moment le fit se sentir stupide d’avoir préféré dépenser son énergie des derniers mois dans les frivolités plutôt que la compréhension des changements qui s’opéraient tout autour de lui. Mais finalement la réflexion fut mise de côté dès l’instant où se termina son service. Tant pis pour l’Autriche, au point où elle en était elle pouvait bien attendre qu’il y repense demain.

Dès que le maître d’hôtel lui eut donné sa bénédiction pour partir le jeune homme abandonna son tablier avec enthousiasme, enfourcha sa bicyclette et fila jusque chez lui pour enfiler son plus beau costume – ou plus exactement le plus beau costume de son frère. C’était qu’aujourd’hui Armand avait promis de le faire entrer, lui et sa belle, à la soirée du Ritz. Par la porte de service certes, mais tout de même ! Du champagne, des petits fours, des robes de couturier et des gens importants : si avec cela il ne parvenait pas à impressionner sa blonde il jurait de se faire moine.

*****
Octobre 1940
Grand idéaliste, Jules avait eu l’idiotie de croire que tout irait bien. Plein de ses désillusions, il ne savait aujourd’hui pas s’il se sentait plus bête ou coupable. Stupide d’avoir osé penser que la guerre ne les atteindrait jamais, lui et ses proches ; coupable de s’en être sorti indemne quand trop étaient restés derrière.
Pas un modèle de bravoure, il avait été le parfait exemple du soldat tout ce qu’il y avait de plus lambda, qui n’avait pas la moindre envie de se trouver là mais qui par la force des choses ne pouvait plus reculer. Malgré tout son optimisme naturel il n’était pas parvenu à faire contre mauvaise fortune bon cœur – dans les circonstances qui le pouvait ? – et s’était contenté de survivre. Finalement, au bout de quelques semaines qui lui semblèrent une véritable éternité, grâce à la chance qui lui fit se briser la cheville en glissant dans une flaque de boue (on avait vu blessure plus glorieuse, il en convenait volontiers) et l’éloigna des combats, il n’avait pas été de ceux qu’on avait fait prisonnier. C’était donc en vie et libre qu’il voyait la fin de la guerre et rentrait à Paris. Jamais il ne s’était senti plus honteux. Car l’espace d’un instant il avait été pleinement soulagé. Pas enragé par la défaite, abattu par les pertes, mais entièrement soulagé de rentrer chez lui en un morceau. En se rendant compte que ce n’était pas aux amis pour certains morts, pour beaucoup d’autres aux mains des Allemands, qu’il avait eu sa première pensée une fois rentré à Paris, il avait été scandalisé par lui-même.
Il jurait tout de même que jusqu’à son lit de mort il se souviendrait de l’instant où il avait aperçu pour la première fois sa bien-aimée Paris pleine d’Allemands en impeccables uniformes et dans laquelle flottaient partout d’immenses croix gammées. Mais malgré l’amertume et l’humiliation Jules n’avait pas immédiatement pris conscience que l’inacceptable se profilait. Quelques semaines encore il avait eu le ridicule espoir que le quotidien reprendrait son cours, qu’en attendant que les prisonniers ne reviennent il n’aurait qu’à se réfugier dans ce travail qu’il lui tardait de reprendre et que lorsque son frère et Gabin seraient rentrés de là où ils étaient enfermés il pourrait les regarder se battre pour être nommé témoin au moment où il leur annoncerait ses fiançailles. Deux mois tout au plus, c’était ce qu’il faudrait attendre. Cela lui laissait d’ailleurs à peine le temps pour finir d'économiser assez afin d’acheter une bague digne de ce nom et de faire une demande en grande pompe.

Malheureusement le jeune homme était à l’antipode et la clairvoyance et une fois de plus dû se résoudre à accepter à quel point il avait eu tort. La désillusion suivante avait eu lieu lorsque, prêt à reprendre son tablier chez Maxim’s, on lui avait fait comprendre que la nouvelle direction allemande voulait saper toute fidélité à l’ancien maître d’hôtel, figure emblématique des cafés parisiens, et faisait ainsi le choix de ne pas reprendre les trop anciens employés. La mort dans l’âme et avec le sentiment d’être profondément trahi Jules rebroussa chemin, attendit quelques jours en espérant un miracle qui ne vint pas, et se résolut finalement à dire oui à quiconque voudrait bien de lui. Un cabaret n’était pas bien glorieux mais payait décemment, ce qui fit donc l’affaire. Passer des soirées entouré d’Allemands, qu’il blâmait personnellement pour son éviction de l’institution qui lui tenait tant à cœur, n’était bien sûr pas une partie de plaisir mais face à la nécessité de manger et d’avoir un toit sur la tête il fallut se résoudre. Et puis cet évènement n’était au fond qu’un détail par rapport à ce qui arriva quelques mois plus tard.

Le 28 septembre, aux alentours de 11h, comme chaque samedi matin Jules arriva à vélo, dans son panier un bouquet de fleurs, devant le 8 de la rue Mansart, où se trouvait au rez-de-chaussée l’épicerie de monsieur Adler et au premier étage l’appartement qu’il occupait avec son épouse Joanna et leurs deux filles, Meriem et Hava. Au lieu d’y entrer comme à son habitude pour saluer le père de famille avant de retrouver à l’étage les Trois Grâces affairées à la cuisine, il s’arrêta net en face de la devanture, devant laquelle se trouvait sa blonde, assise sur un tabouret et l’air complètement dépité, et surtout sur laquelle était accrochée l’écriteau exigé par le Premier statut allemand des Juifs. De désillusions en désespoirs, une fois de plus la réalité frappa Jules en pleine figure et il comprit, enfin, que définitivement la France était trahie par son simulacre d’Etat et que tous les maigres espoirs portés sur ses dirigeants n’avaient plus lieu d’être. Pour la première fois, lorsqu’il attrapa Hava par les épaules et lui assura que tout irait bien, il eut conscience de lui mentir.  

*****
Août 1941

    « Ma Hava,

    J’espère que cette lettre te trouvera bien. Tu sais que je ne suis pas très doué pour écrire et que je préfèrerai te dire les choses.
    Malheureusement je n’ai pas le choix alors une fois de plus je vais faire de mon mieux. Ici plus rien n’est comme avant. Dans tous les bistrots et les cafés qui nous étaient familiers résonnent à présent lourdement les bottes allemandes et c’est un peu comme si une ombre s’était étendue et pesait sur notre vie. Il y a des jours où je me dis même que Paris ne retrouvera jamais son insouciance d’avant-guerre, que personne ne pourra plus jamais sourire comme il le faisait il y a quelques années. Moi-même il y a des moments où je me sens parfaitement désemparé. Jusqu’à il y a quelques jours je croyais par exemple avoir perdu une des seules véritable amies qu’il me reste ici, Elsa. A vrai dire je ne l’ai pas vraiment retrouvée, je sens bien qu’elle ne sera plus jamais la même. Tu ne l’as pas beaucoup connue mais si tu la revoyais je sais que toi aussi tu éprouverais pour elle beaucoup d’admiration. En courage elle me dépasse infiniment et le peu qu’elle m’en insuffle me suffit à trouver la force de faire face au futur.
    Mais au fond ma plus belle raison de croire en l’avenir reste toi. Je sais que bientôt je te reverrai et je suis pris d’un regain d’espoir. Je pense à ton sourire et je me dis que quelques semaines, quelques mois tout au plus, à attendre que la situation évolue seront supportables grâce au souvenir que j’en ai. A rien ne sert de s’étendre sur c’est que devenu le quotidien, ici quand je t’écris c’est à toi que je préfère penser. A tes si jolies fossettes que j’ai tant hâte de revoir se creuser quand je te ferai rire de nouveau, à ta façon si délicate de remettre une mèche de cheveux derrière ton oreille, à cet air de bonté qui ne quitte jamais ton visage et qui te rend si belle, et surtout à ce que nous serons heureux quand tu m’auras enfin épousé.  

    Une fois de plus je ne sais pas où envoyer cette lettre. Je crains d’ailleurs que tu ne la reçoives jamais, entre l’adresse hasardeuse et une relecture indépendante de ma volonté les chances sont maigres. Alors dans quelques jours je t’en écrirai une nouvelle, puis une suivante, et je ne m’arrêterai que lorsque tu seras revenue ou que je saurai où te rejoindre. Cette fois je vais noter Cassis sur l’enveloppe, je sais que tu rêvais d’y aller. Quand tu reviendras, en tout cas, je te promets de t’y emmener si tu n’as pas déjà fait un détour par là-bas. Nous irons tout le long de la côte d’Azur et jusqu’en Italie pour notre voyage de noces, jusqu’en Grèce, même, si tu le veux.

    Il n’y a pas un jour où je ne pense pas à toi,
    Ton Jules »


*****
Septembre 1943
Comme il le faisait depuis puis de deux ans, Jules continuait, une fois par semaine, de déposer dans une boîte aux lettres aléatoire une enveloppe sur laquelle était indiquée une adresse hasardeuse. Bien sûr il savait que pas une n’avait dû arriver à bon port mais il s’obstinait pour ne pas laisser mourir les espoirs qu’il lui restait. Grand sourire aux lèvres, si bien qu’on aurait pu le croire tout droit sorti de l’avant-guerre, Jules laissa tomber sa lettre dans la boîte puis dévala à bicyclette les hauteurs de Montmartre, saluant au passage les vieilles connaissances qui se réjouissaient de constater depuis une bonne année le retour de sa bonne humeur. Depuis le début de l’occupation les douloureuses épreuves s’étaient multipliées mais face à elles Jules avait un jour pris le parti de garder la tête haute et le sourire avec. Celui-ci était aujourd’hui empreint d’un fond de mélancolie, d’une profonde tristesse qu’on devinait à peine, mais il avait au moins le mérite d’exister de nouveau.
C’était paradoxalement lorsqu’au début de l’année la Brigade avait subi de terribles pertes que Jules avait retrouvé son allégresse, en même temps qu’il avait pris la décision de se retrousser les manches, de s’engager à corps perdu dans cette résistance qu’il regrettait de ne pas avoir plus activement aidé ces dernières années. Quitte à ne pas voir la fin de la guerre autant partir en ayant la sensation d’avoir servi à quelque chose. Ce n’était donc pas tant le quotidien qui lui donnait un peu de baume au cœur mais la certitude qu’il aurait donné un peu de fil à retordre aux responsables des malheurs de son pays et de ses proches. Au fond il s’était résigné à ne pas assister à la fin de l’occupation mais à laisser sur son passage un souvenir douloureux aux boches. Il ne reverrait sans doute pas Hava, malgré ce qu’il lui écrivait, mais il participerait à lui permettre de revenir et d’être de nouveau heureuse à Paris.

La sacoche à moitié remplie de vivres achetés au marché noir, il faisait ce matin avec entrain le tour des planques dans lesquelles avaient été dispersés les résistants qui étaient recherchés, s’attardait avec chacun et leur glissait quelques mots d’encouragement, puis repartait la poitrine gonflée d’un optimisme résigné. A défaut d’être très doué pour aider à mettre sur pied des plans d’assassinat de saletés de gradés ou pour rédiger un tract un minimum percutant, il brillait au sein de ce réseau éclopé par un enthousiasme renouvelé, par un esprit de débrouille et surtout par son carnet de petites adresses et de noms sûrs qui permettaient de cacher ceux qui avaient besoin. Pour peu on pourrait même oublier qu’il n’avait pas exactement été des plus actifs à la création du groupe. Mais il jurait désormais de faire tout son possible pour se faire pardonner de ne pas avoir été dès le début sur le pont de guerre.
Lorsque, en décembre 1940, une quinzaine de jours seulement avant sa mort, Marc l’avait convaincu de tendre l’oreille au Cabaret pour l’aider, lui et ses camarades, à sauver la France, Jules avait accepté un peu mollement, pas bien convaincu que les maigres informations qu’il récolterait feraient la moindre différence. A vrai dire il avait dans un premier temps aidé la Brigade plus par respect pour la mémoire de son vieil ami que par esprit patriotique – depuis la fuite de sa fiancée en zone sud il était trop égoïstement abattu pour réellement songer à son pays. Puis cela s’était transformé en habitude. Au bout de quelques mois il s’était découvert un fond de conviction et était devenu persuadé qu’il aurait été honteux de ne pas tenter d’être utile dans les circonstances actuelles. A la fin de l’année 1941 il était surtout agité par un profond respect pour Elsa, que par amitié, admiration et conviction il ne pouvait plus se résoudre à laisser tomber après les épreuves qu’elle avait traversées. Au cours de 1942 il avait activement aidé à organiser la branche sociale du réseau, en laquelle il croyait sincèrement et qu’il voyait comme une réelle raison de vivre. Il restait alors encore en retrait des actions armées, qui lui laissaient toujours un sentiment de malaise et auxquelles il ne pouvait se résoudre à participer. Les remords à user de la force avaient été définitivement dissipés lorsque l’armée allemande démontra une fois de trop sa totale absence d’humanité et n’hésita ni à torturer ni à tuer des compagnons qui n’avaient jamais été habité que par une volonté de liberté. La capture d’Elsa avait été le premier électrochoc, la mort dans un coup de filet de figures du réseau et amis devenus chers marqua le point de non-retour. Il s’était résigné à ne pas voir la Libération, les chances étaient trop maigres, mais ferait tout pour elle.

Après une vingtaine de minutes passées à jouer avec Maksim, qui avait le beau sourire qu’avait eu il y a longtemps sa mère, il se releva, délesté de deux caramels qu’il avait réussi à obtenir à prix d’or, embrassa sur la joue la rousse qu’il s’était habitué à ne plus voir que stoïque, et promis aux deux clandestins de faire tout son possible pour revenir bientôt avec une barre de chocolat. Avant de sortir dans la rue il l'observa longuement afin de s’assurer de ne pas être vu, puis fila en vitesse vers l’autre bout de la ville, n’ayant plus dans son sac que ce que ses tickets de rationnement lui permettaient de s’offrir.
Une vingtaine de minutes plus tard il arriva en bas de l’immeuble de son enfance et gravit les marches quatre à quatre. Doucement il poussa la porte sans avoir frappé et rejoignit le minuscule salon où il aperçut le dos de sa mère se redresser.

« Martin ? »
Il ne se faisait plus remarquer à quel point elle avait vieilli depuis le début de la guerre.
« C’est Jules, maman. »
Après avoir posé sur la table quelques provisions pour les jours à venir il vint l’embrasser sur le haut de la tête.
« Oh, bonjour mon Jules. »
Pendant qu’il allait mettre de l’eau à bouillir pour le thé, la femme sans âge se leva avec empressement et le rejoignit pour lui tendre une lettre.

« Regarde, j’ai reçu une lettre de Bérénice. Regarde. »
Elle la lui mit presque de force entre les mains et hocha vivement la tête pour l’encourager à la lire.
« Elle dit qu’elle viendra bientôt me voir et qu’en attendant elle m’enverra une nouvelle photo de ses enfants. »
Il savait bien qu’il s’agissait de cette même lettre qu’elle relisait depuis au moins un mois et dont elle parlait avec toujours autant d’enthousiasme. Mais Jules n’avait pas le cœur à le lui rappeler et se contentait désormais de s’extasier avec elle de la douceur de vie qu’il semblait y avoir à Marseille. Chacun trouvait un peu de réconfort comme il le pouvait, il avait compris que c’était en oubliant la notion du temps que sa mère supportait le quotidien.

Ses voisins affirmaient désormais que Marie Dumas ne passerait pas l’année. Epuisée, la pauvre femme ne se plaignait jamais mais on sentait dans son attitude le poids de la solitude qui l’accablait. Il n’y avait bien que lorsqu’elle raccompagnait à la porte de l’immeuble son fils, qui deux fois par semaine passait la voir, qu’on lui trouvait l’œil brillant, un regard vif qui lui durait encore quelques heures. Elle n’inspirait aujourd’hui plus l’admiration d’antan mais un peu de pitié. Par amitié on l’écoutait souvent parler pendant de longues minutes de son aîné qui, lorsqu’il reviendrait, reprendrait sa belle carrière de professeur, de sa fille qui pouponnait quatre petits-enfants qu’elle reverrait bientôt, et de son troisième qui était bien gentil de lui ramener si souvent de quoi faire un ersatz de café. Il semblait à tous que Marie Dumas avait toujours été là mais qu’elle n’avait plus la force de le rester longtemps. Même son fils avait fini par comprendre qu’elle était déjà un peu partie.  



Dernière édition par Jules Dumas le Sam 17 Juin - 23:33, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Dim 26 Fév - 10:39

Aaaaaaah, le voilà enfin ce personnage qui promet face ! J'ai vraiment hâte de savoir ce que tu vas en faire en tout cas, j'ai confiance en toi pour nous rendre tout ça bien dur et vraiment passionnant . Il nous faudra des liens quand même :o !


Re-bienvenue à toi, donc !! Si tu as des questions, tu connais le chemin 8D.


Au plaisir de te lire


(Et c'est pas vrai, les berniques d'eau de mer sont très belles et très sexy aussi, na )

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Lun 27 Fév - 12:27

Rebienvenue happy J'ai hâte de voir ce que va donner le petit Jules ♥️


Bon courage pour ta fiche !

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Mar 28 Fév - 13:23

GRRROH!
Bienvenue sur le forum!
Je te souhaite une rédaction inspirée et j'irais te voir un lien!
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Mer 1 Mar - 18:07

Héhé rebienvenue par ici toi gnihi
Je suis contente de voir ce nouveau personnage éclore, et puis team Brigade RPZ en plus rawr

Enfin voilà, c'est un plaisir de te souhaiter la bienvenue une deuxième fois, j'ai hâte de voir ce que tu vas faire

EDIT : j'ai répondu à ton MP gnihi

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Mer 1 Mar - 18:56

Quel personnage tout chouki et sympathique gaga gaga tutubi glomp
Re-bienvenue à toi :D

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Jeu 2 Mar - 22:44

Merci tout le monde, vous êtes trop gentils  shylove
Je ne vais sans doute pas être un modèle de rapidité mais promis j'essaierai de pondre un personnage un peu cool
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Ven 3 Mar - 12:42

OMG LE DOCTEUR EN AVATAR HIIIIII bounce dance affolé hearrts gaga (EN PLUS LALIE AUSSI AIME JULES VERNE HUEHUEHUE) face

Rebienvenue à toi ô perfide rousse bien aimée <3

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Ven 3 Mar - 22:19

Matt Smith bonjour toi gnihi
Plus sérieusement, re-bienvenue et ravie de voir que tu as craqué pour un DC ^^ J'ai hâte de voir le petit Jules en action, même s'il me semble déjà bien prometteur!!
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Dim 5 Mar - 20:30

Huhu, je suis contente que vous approuviez ce choix d'avatar gnhehe
En tout cas merci à vous deux, j'essaierai de me monter digne de votre enthousiasme blowkiss
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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Sam 17 Juin - 23:36

Et une éternité plus loin je vous annonce que cette fiche est enfin terminée gaga happydance whoa
Pardon encore d'avoir tant tardé, pour compenser j'espère qu'elle vous plaira au moins un peu chou

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Dim 18 Juin - 13:46

Ce DC chou et cette fiche hearrts hearrts et Matt bounce
L'histoire se lit trop bien, c'est fantastique chou
Rebienvenue du coup coeurs

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Dim 18 Juin - 16:43

Helloooo toi ! dance

Ta fiche est topissime comme prévu, et c'est vraiment toujours un plaisir de te lire Je n'ai rien à redire sinon que Elsa est outrée qu'on l'embrasse sur la joue, ça va pas hé ho ? gnhehe

Sur ce j'ai le très grand plaisir de te valider pour la deuxième fois sur Yellow On va faire des étincelles dans la Brigade à nous deux !



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Le sort t'a désigné pour rejoindre l'équipe des berniques d'eau douce : tu trouveras toutes les explications à notre battle épique des berniques en cliquant ici. Sauras-tu faire gagner ton équipe ?

Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands ou le who's who des résistants si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à  partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ou sur Facebook ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours, les Allemands ont décidé d'organiser quelques festivités ! N'hésite pas à en prendre connaissance !

Bon jeu parmi nous  frenchflag

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MessageSujet: Re: Rien ne sert de partir à point, il vaut mieux courir • Jules   Dim 18 Juin - 18:35

Merci les filles, ça me fait plaisir que vous ayez apprécié l'histoire

Et à deux je sais pas si on va faire de très grandes choses, Elsa, mais à défaut des étincelles c'est bien aussi mdr

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