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 Ce n'est pas aujourd'hui qu'on se laissera abattre !

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Rachel Lévi
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■ religion: De confession juive comme le montre l'étoile sur sa poitrine
■ situation amoureuse: Célibataire, et ce n'est clairement pas le moment de penser à un changement de ce côté-là
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MessageSujet: Ce n'est pas aujourd'hui qu'on se laissera abattre !   Dim 21 Mai - 18:24

Rachel Lévi pédalait avec énergie dans la montée du boulevard Saint-Michel, en s’efforçant de rester juste derrière Hélène qui avait le coup de pédale facile (mais forcément, à force de faire du sport, il fallait bien que ça paye). Le temps était encore presque estival en cette journée de septembre 1943, et la Sorbonne, lorsqu’elles passèrent devant, semblait encore vide d’étudiants. S’il n’y avait pas eu quelques hommes en uniforme sur les trottoirs ou à la terrasse des cafés, ou encore un véhicule militaire qui tournait en direction du jardin du Luxembourg (en grande partie fermé au public, malheureusement), on aurait presque pu penser qu’un jour ordinaire venait encore de s’écouler à Paris. Un jour pas bien différent de ceux que Rachel avait vécu depuis qu’elle était née ici et elle se remémora avec nostalgie les étés 1937 et 1938 quand elle faisait déjà les quatre cent coups en compagnie d’Hélène, avec toute l’insouciance de sa jeunesse. Comme elle aurait aimé retrouver cette insouciance !

Seulement voilà, en lieu et place d’un énième plan pour faire rager le fils Andrieu ou pour s’introduire au théâtre, ou encore pour organiser une soirée jazz dans un bar du quartier latin, les deux amies remontaient le boulevard d’une ville enfermée dans une chape de plomb. Rachel parvenait à l’oublier parfois, de courts instants – et généralement uniquement quand elle se trouvait avec Hélène ou quand elle écrivait -, mais on s’efforçait toujours de le lui rappeler. Ces derniers temps, Maxime Andrieu semblait d’ailleurs prendre un malin plaisir à lui servir de mémo parlant. Même s’il s’était un peu calmé pendant l’été, elle avait eu le déplaisir de le retrouver à la rentrée à la Sorbonne, toujours aussi fringant et toujours aussi décidé à lui faire avouer qu’elle participait à la rédaction du Réveil (bref, pour le dire vite, elle avait toujours autant envie de le frapper). Elle se demandait bien ce qu’elle avait fait pour mériter ce harcèlement constant d’ailleurs. Elle pouvait comprendre que les Furies de la mythologie grecque poursuivent les criminels, mais franchement, elle ne méritait pas de devoir se coltiner le fils Andrieu à chaque fois qu’il avait envie de s’amuser un peu. En suivant Hélène qui tournait sur la droite dans une petite rue adjacente, elle se fit la réflexion que sa meilleure amie ne savait rien de ses démêlés avec le fils à papa. Elle avait bien dû les voir de temps en temps côte à côte, mais elle ne participait pas aux mêmes cours que Rachel et elle devait bien avoir ses propres soucis, pour éviter en plus que Rachel n’en rajoute. Parmi les soucis en question, il y avait justement des exemplaires du Réveil qu’elle était en train de distribuer dans les boîtes aux lettres dans les rues les moins passantes et qu’elle cachait dans les sacoches de son vélo.

En temps normal, Rachel n’aurait jamais accompagné Hélène dans ces dangereuses virées. Mais elle l’avait tant supplié que sa meilleure amie avait fini par lui céder. Rachel ne le regrettait pas un instant. Sans son étoile jaune, laissée à la maison, non loin des journaux les plus craints et les plus recherchés du Paris collabo, elle se sentait un peu toute-puissante. Comme si, en en sachant plus que ces soldats allemands qui riaient, attablés devant leurs mauvais ersatz de café, elle avait une longueur d’avance. Elle était en quelque sorte inatteignable. Rachel était bien placée pour savoir que c’était faux (elle passait une bonne partie de son temps, quand elle n’était pas à l’université, à aider de pauvres enfants dont les parents avaient été arrêtés) et il suffisait juste d’un contrôle de papiers pour avoir de sérieux ennuis, mais elle se laissait envahir par ce sentiment qui lui donnait des ailes. Oubliée l’étoile, oublié Andrieu, oubliés les Allemands et l’occupation. Elle était de nouveau libre.

Elles se trouvaient maintenant dans une petite rue sans un passant, quand Rachel arrêta son vélo, juste derrière celui d’Hélène, au pied d’un immeuble sans code et visiblement sans concierge.
- Je fais le guet pendant que tu distribues, si tu veux, pour la dernière de la journée, suggéra-t-elle avec un large sourire, si je vois arriver quelqu’un, que veux-tu que je hurle ? Je peux siffloter si tu veux.
Avec un rire, elle joignit le geste à la parole et se mit à siffloter « Maréchal, nous voilà », l’hymne ridicule que l’on apprenait aux enfants à l’école, puis chassa Hélène vers son travail à l’aide de grands gestes.
- Va, je me débrouille. Et promis, je suis prudente. Si je vois quoi que ce soit, je prends mon vélo et je te laisse derrière, promis ! s’écria-t-elle comme une leçon bien apprise par cœur.
Juste avant qu’Hélène ne disparaisse dans l’immeuble, Rachel lui lança :
- Au fait, une fois que ce sera fait, je t’invite chez moi. Ce sera l’heure du goûter, je pense, on l’aura bien mérité !
Une fois Hélène entrée dans le hall de l’immeuble, des journaux dans les mains, Rachel, toujours souriante, s’adossa à un mur, l’air dégagé. Elle imaginait déjà la tête de ces habitants sans histoire du Ve arrondissement quand ils découvriraient le journal maudit dans leur boîte à lettres, ou sous leur palier. Certains étaient-ils heureux de le voir ? Le liraient-ils de bout en bout ? Au contraire, s’en serviraient-ils uniquement pour allumer un feu de cheminée avec ce papier de mauvaise qualité qui brûlait bien ? Peu importe finalement. Ils ne le savaient pas mais ils liraient l’une de ses nouvelles, signée de Perceval et Rachel en était très fière. Au journal, on estimait que ses écrits méritaient de se trouver dans les colonnes de la principale publication de la résistance, c’était quand même quelque chose. Un instant, elle se demanda si Maxime Andrieu la lirait également, et s’il la reconnaîtrait dans ces lignes, mais elle chassa ces pensées. Si elle n’avait rien dit des menaces du fils Andrieu à Hélène, c’était qu’elle craignait d’être écartée du journal. Que celle-ci puisse juger qu’elle prenait trop de risques et qu’il valait mieux mettre un terme à tout ça. Franchement, Rachel se demandait si elle pourrait le supporter. Il lui semblait que sa vie se résumait à cela désormais, à quelques moments passés à rire avec Hélène, aux enfants qu’elle protégeait à l’orphelinat et à la rédaction de ses nouvelles pour le Réveil, des moments où elle ne sentait pas la vacuité de son existence, où enfin, elle se sentait pleinement Rachel Lévi, la fille drôle, forte et généreuse qu’elle voulait être. Si on lui enlevait ça, elle ne savait plus très bien à quoi se raccrocher. Etait-elle égoïste ? Il était clair qu’on pouvait tout à fait chercher à la faire parler pour lui faire avouer ses complices, le nom des personnes qui écrivaient dans le journal – ou en tout cas de son contact. Rachel tourna un instant la tête vers la porte d’entrée d’où Hélène n’allait pas tarder à ressortir. Elle était aussi un danger pour sa meilleure amie et ce secret la rongeait peut-être plus qu’elle voulait bien l’avouer.

Rachel sursauta soudain, en ayant l’impression d’entendre des bruits de pas. Tendue, le visage crispé, elle se retourna vers le bout de la rue, mais à son grand soulagement, il n’y avait personne, ni d’un côté ni de l’autre. Elle était fatiguée, son imagination devait lui jouer des tours. Par acquis de conscience, elle attendit un instant, mais personne n’apparut. En revanche, une série d’affiches de propagande, sur un mur en face d’elle attira son attention. On avait placardé ces fameuses images proclamant que le soldat allemand était le protecteur des « populations abandonnées ». D’habitude, Rachel l’ignorait avec hauteur mais en l’occurrence, le slogan lui donna la nausée. S’en remettre au soldat allemand, lui faire confiance ? Ben voyons. Prise d’une impulsion subite, elle farfouilla dans son sac à la recherche d’une craie, et avisant Hélène qui sortait enfin de l’immeuble, elle lui lança avant que celle-ci n’eut le temps de protester :
- Grimpe sur ton vélo, j’arrive !
En deux enjambées, elle était devant l’une des affiches qu’elle recouvrit d’un trait. Elle traça le V de la victoire anglaise ainsi qu’une croix de Lorraine, comme on en voyait parfois fleurir sur les murs des immeubles parisiens avant que les Allemands ne les nettoient, armés d’un sceau et d’une éponge, comme de vulgaires colleurs d’affiches.
- Cette fois-ci, on file ! S’exclama-t-elle en direction d’Hélène, avec un gloussement.
D’accord, c’était puéril, inconscient et franchement idiot quand on était dans sa situation, mais bon Dieu, que c’était libérateur !

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Vaincre les cauchemars
Grâce à ses rêves.

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Hélène Perrin
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■ profession : étudiante en lettres, comédienne dans la troupe de l'Atelier, pompier volontaire, résistante et membre du Réveil. Ça ira ?

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■ religion: catholique par défaut, pas le temps d'y penser.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas aujourd'hui qu'on se laissera abattre !   Mer 19 Juil - 17:29



   
   Rachel & Hélène
   ce n'est pas aujourd'hui qu'on se laissera abattre !

S
i tu ne pédales pas plus vite tu vas redescendre ma chère Rachel ! » s’exclama Hélène en faisant l’effort de mettre un coup de pédale plus intense que les autres pour rester juste en tête dans cette non-course à vélo. Ses cheveux blonds volant au vent, le regard taquin, elle devait quand même admettre que son amie rousse ne se débrouillait pas si mal malgré la douceur de ce mois de Septembre, malgré les regards méfiants de quelques passants qui jugeait probablement ces deux jeunes furies à vélo trop insouciantes. S’ils savaient…  Elle tourna droite, freina un peu pour ne pas se laisser emporter par son élan et sentit son vélo grincer un peu – il faudrait qu’elle le répare. Mais pour le moment, elle avait encore besoin de son fidèle destrier pour réaliser sa tournée des boîtes aux lettres. Tournée illégale, tournée criminelle presque, pour déposer les journaux du Réveil. Les petites mains, tandis que les esprits littéraires pouvaient écrire en ces pages le cœur de la résistance.

D’habitude, elle les effectuait seules, aux petites heures du jour où à la tombée de la nuit ; parfois en vélo et à toute vitesse, sachant dans quels foyers déposer les journaux. Elle avait appris à repérer ceux qui en étaient friands et ceux qui les déchiraient. Elle s’était renseignée, parfois, sur les habitants – sur les sympathisants du régime, ou sur ceux, plus discrets. C’était une mission grisante et absolument dangereuse, mais jamais Hélène ne se sentait autant vivante et surtout, utile. Elle ne voyait aucune alternative à cette activité, et elle n’allait certainement pas rester sagement à la maison. Non, non, elle préférait flirter avec le risque et embarquer sa plus fidèle amie dans ses aventures.

Rachel et Hélène formaient le duo incontournable de la Sorbonne, et même, elle en était sûre, de tout Paris. Et si elle craignait pour la jeune rousse, menacée à cause de sa religion et de cette satanée étoile jaune, Hélène mettait tout en œuvre pour essayer de lui faire oublier sa condition. Dès qu’elle avait un moment de libre, elle lui proposait de sortir, de l’aider, bref, tout pour se rendre utile. Et si Rachel se fatiguait de la parfois trop brusque, trop épuisante Hélène, elle lui laissait alors reprendre son énergie en se faisant discrète, pour mieux recommencer.

La blonde fit un signe à celle qui la suivait de près, puis freina doucement devant un immeuble. Là, elle déposerait plusieurs revues, qui l’attendaient sagement au chaud dans la sacoche de son vélo. « Tu n’as qu’à faire distraction ! Chante, danse, fais un tour de magie, ou la pitre avec le vélo… le genre de rôle qui révèle ta seconde nature, lança-t-elle, complice.Vilaine, tu n’as pas intérêt à bouger, sinon… sinon je ne t’emmènerai plus ! J’ai besoin d’un bras-droit in-fa-illble ! » Elle s’éclipsa après avoir bien regardé autour d’elles, et en l’air, aussi, des fois que des regards indiscrets les épient à travers les fenêtres. Le mot « goûter » résonna à ses oreilles alors qu’elle disparaissait de la vue de la rue, créant un sourire sur son visage et une certaine motivation… elle mourrait de faim. Et en effet, elles le méritaient bien.

Il suffisait qu’on les voie, qu’on les soupçonne, qu’on veuille leur chercher des ennuis. Qu’on passe juste après elle… Son visage n’est pas si connu, mais il suffirait de se rendre au théâtre un soir et là, comment passer à côté de cette blonde rayonnante aux grands yeux verts et au visage encore enfantin ? Il ne s’agirait pas d’un petit problème qu’elle pourrait facilement régler, alors. Pas question d’évincer un rival, ni de se servir des clés de l’Université pour résoudre une difficulté. Tout ce qu’elle avait pour elle était sa discrétion, et sa capacité à improviser en cas d’imprévu. Hélène ne s’était encore jamais fait prendre, mais parfois, il s’en était fallu de peu ! De temps en temps, quand la douce mélodie de la paranoïa toquait à la porte de son esprit, elle s’imaginait que des étudiants la reconnaissaient, ou que des regards se faisaient insistants. Mais elle devait absolument garder la tête froide et rester impassible. Personne ne pouvait savoir, et les initiés étaient peu nombreux à connaître les rouages du Réveil. Evidemment, Rachel était une exception, Hélène lui confierait sa vie. La jeune rousse était la sœur qu’elle aurait aimé avoir, la compagne qui lui avait manqué. Comment, dès lors, ne pas vouloir l’engager dans la participation, dans la résistance ? Hélène espérait sincèrement que ces escapades coupables lui permettaient d’oublier la réalité et la cruauté de la guerre. Pour elle, en tous cas, ça marchait.

Concrètement, elle se rendait utile. Peu lui importait… non, il lui importait que les gens lisent le Réveil. Elle n’écrivait certes pas beaucoup, quelques lignes parfois mais son style n’était pas assez fin pour mériter des publications régulières. Viviane, la Dame du Lac, préférait donc insuffler courage à ses chevaliers en distribuant le journal plutôt que de le remplir, et ça lui allait bien. Et il fallait que les Parisiens voient ce bijou, ce condensé d'efforts, la petite lumière qui brillait constamment dans les ténèbres dont on les gavait. Lors de sa tournée, elle se prenait au jeu, et se mettait dans la peau d’une espionne ou d’une aventurière pour se donner du courage... en prenant soin de cacher les exemplaires du Réveil dans de vrais journaux, des fois que...

La guerre l’épuisait, mentalement et physiquement et elle priait pour qu’elle se termine bientôt. L’atmosphère dans Paris était lourde la plupart du temps, lourde et puante. Les Allemands laissaient derrière eux la peste, la méfiance et la haine et Hélène n’était pas sûre de pouvoir tenir bien plus longtemps. Ce n’était pas la vie dont elle avait rêvé… et que dire de sa passion du cinéma, dans un pays ou chaque production était contrôlée ? Elle eut un frisson en repensant à Ingrid Lorre, puis se dépêcha de glisser, soigneusement, les journaux dans la fente des boîtes. Mieux valait rentrer se mettre en sécurité chez Rachel, et faire disparaître ses inquiétudes et les mauvaises images que projetaient son imagination.

Son cœur loupa un battement quand elle n’aperçut pas Rachel près de son vélo, et puis se calma lorsqu’elle aperçut la familière tignasse flamboyante. « Que fais-tu ? Rachel ! » Continuant de protester dans sa barbe, elle obtempéra pourtant, poussant finalement un sifflement admiratif en voyant la signature anglaise. « Dis-donc Lévi, tu t’encanailles ! Allez, dépêche-toi, tu m’as promis un goûter et maintenant je n’en démordrai pas ! »

Les filles reprirent leur ballade plus sereinement, désormais que le poids de la mission était ôté de leurs épaules, certainement plus solides qu'elles n'en avaient l'air. Hélène connaissait par coeur le chemin de la maison des Lévi, aussi pédalait-elle naturellement, et profitait de ce répit pour discuter.

« Bon... une bonne chose de faite. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on se laissera abattre ! » Elles échangèrent un sourire, et puis Hélène se dit que c'était le bon moment. « Rachel, comment vas-tu en ce moment ? Je ne veux pas t'embêter, et j'arrêterai certainement de parler quand je mangerai quelque chose, mais je veux juste m'assurer que ton esprit est comme l'oeil de la tempête. Calme malgré le... attention ! » Elle esquiva de justesse une grosse pierre sur son chemin, distraite par ses pensées. « Ce n'est pas passé loin ! Enfin, tout ça pour dire, j'ai le sentiment que tu es troublée en ce moment et ça me déplaît. Est-ce une impression ou y-a-t-il un secret que tu me caches ? »

Elle haussa les sourcils et écarquilla les yeux, pour signifier qu'elle plaisantait... à moitié.

Spoiler:
 
WILDBIRD
 

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