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 Peter Rosewood - Carry on

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Peter Rosewood
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MessageSujet: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 8:29


Rosewood Peter
Michael Fassbender (c) Yellow



   
Etat-civil
♠ Groupe Résistants
C'était une évidence, que ce soit par mon amour pour la France ou l'Angleterre, je ne pouvais pas rester les bras croisés en les voyant mourir à petit feu.
♠ Âge du personnage
36 ans... il parait. A dire vrai, j'en oublierais presque mon âge à la longue. Il y a quelques temps on disait de moi que je ne faisais pas mon âge mais, les mois passant, j'ai bien peur de commencer à rattraper ce peu de répit que le temps m'avait accordé. Mais est-ce que ça a la moindre importance ?
♠ Nationalité
Né de père anglais et de mère française, j'ai opté pour la double nationalité franco-britannique. Et avec les évènements, je continue d'affirmer fièrement que je suis à la fois français et anglais… lorsque je peux être moi-même bien évidemment.
♠ Statut
Veuf, d'une certaine façon, quand bien même rien n'a jamais été officialisé.
♠ Religion
J'ai été élevé dans le berceau de l'église anglicane par une mère catholique. Autant vous dire que la religion a souvent été source de débat à la maison, mais mon père n'a pas cédé et j'ai eu une éducation anglicane.  Pour autant, je ne suis ni particulièrement croyant ni athée. Je me considère comme agnostique.
♠ Profession
Dans une autre vie, je me prédestinais probablement à l'enseignement, comme mon père. Le monde ayant changé, je suis chef de réseau au sein du SOE et je suis officiellement garçon de café au troquet du coin.
   


   
Interrogatoire

   
♠ A-t-il des manies ou des tics ?
Comme tout le monde, mais il se soigne pour éviter d'être trop reconnaissable. Entre le fait d'allumer une cigarette dès qu'il ouvre les yeux, sa manie de faire claquer sa langue sur son palais quand il est énervé ou son rire facilement reconnaissable, il sait que beaucoup de choses pourraient le trahir. Alors il essaie de rester neutre, même s'il ne peut s'empêcher d'avoir les ongles rongés jusqu'au sang et de sourire dès qu'il entend une musique qui lui plait.
   
♠ Son livre préféré ?
David Copperfield de Dickens, une lecture qui lui rappelle son foyer, ses parents. Mais Sybille avait réussi à lui faire aimer les poèmes de Schiller. Il adorait l'écouter les lire à haute voix. Autant dire qu'il refuse même d'évoquer ce nom maintenant.
   
♠ Son lieu préféré dans Paris ?
Les Jardins du Luxembourg, c'est là qu'il a demandé Sybille en mariage. Et paradoxalement, malgré tout ce qui s'est passé, malgré le fait que les allemands semblent s'y sentir comme chez eux, cet endroit reste encore le préféré de Peter dans tout Paris. Pour ne pas dire le préféré tout court. Il y trouve un apaisement qu'il n'a nulle part ailleurs, quand bien même il sait que c'est illusoire.
   
♠ Aime-t-il sortir et où ?
 Avant oui, il aimait aller au théâtre et parfois même au cinéma. Maintenant, il vous dira qu'il n'a pas le temps, les moyens mais ce serait plutôt le cœur à sortir. Il continue quand même de se promener dans les rues de Paris, seul, comme pour ne pas oublier ce pour quoi il se bat depuis tout ce temps.
   
♠ Comment vit-il les restrictions et les privations ?
Voilà bien longtemps qu'il n'y prête plus vraiment attention. L'ersatz de café lui a fait oublier le goût du vrai café et, finalement, ces cigarettes ne sont pas pires que d'autres. Enfin si, mais il a presque réussi à s'en persuader. De toute façon, ses cartes de rationnement sont fausses, alors il ne va quand même pas en plus se plaindre si ? Même si oui, il rêve d'un vrai bon diner, avec du bon pain, du bon vin et un gros morceau de fromage. Ce qui n'est plus arrivé depuis des années maintenant. Un jour peut-être. En tout cas, c'est dans un moment pareil qu'il se sent bien plus français qu'anglais. Alors, en attendant, il s'est habitué à ne jamais se sentir pleinement rassasié, à vivre avec un creux dans l'estomac qui lui-même finit par oublier sa propre existence.
   
♠ Son avis sur les Allemands et l'occupation ?
Ils n'ont rien à faire ici. La France n'est pas à eux et ne l'a jamais été. Si Peter s'est défié d'eux il y a quelques années, il ne pensait pas qu'ils iraient jusque là, qu'ils pousseraient leurs envies de conquètes aussi loin et aussi brutalement. Oh, bien évidemment, il ne devrait pas faire de généralités et il doit y avoir encore des allemands conscients de ce qui se passe autour d'eux, mais pour l'heure, Peter n'en a pas vu un seul. Ou il refuse de les voir. Pour lui, tout ce qui compte, c'est de les chasser du pays qu'ils ont détruit jusqu'au dernier.
   
♠ Son avis sur les juifs ?
Peter n'est pas franchement porté sur la religion, il compatit quand même grandement avec les persécutions dont ils sont les victimes depuis tellement longtemps qu'il se demande s'il y a vraiment eu une période où ils ont vraiment eu la paix. Mais qu'ils soient juifs, catholiques ou protestants, pour Peter, cela n'a pas la moindre importance. S'ils sont oppressés par le régime, s'ils luttent contre lui, ce sont des alliés. Inutile de chercher plus loin. Et s'il peut en plus leur venir en aide, il fera son possible. Ne serait-ce que pour faire vaciller un peu plus le régime en place.
   
♠ Son avis sur les festivités organisées par les Allemands ?
Pour un peu, s'il était du genre cynique, Peter dirait qu'il s'agit là d'agiter un épouvantail ou pire même, un cadavre, pour faire croire qu'il est en vie. Ou pour détourner l'attention sur les vrais problèmes. Ce n'est pas parce qu'il est un peu rabat-joie qu'il voit forcément le mal dans ces festivités même si ça doit évidemment un peu jouer. En tout cas, il n'est pas dupe. Les allemands veulent faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur de leur monde. Mais ce n'est pas le cas. Et il ne se privera pas pour le leur rappeler dès qu'il en aura l'occasion.
   
♠ Son avis sur le gouvernement de Vichy et la politique de collaboration ?
S'il comprend que l'on ne se sente pas le courage de résister contre le régime, que l'on ait trop à perdre, Peter ne comprend pas que l'on collabore de son plein gré. Certes, certains sont persuadés d'oeuvrer pour sauver la France, pour lui maintenir une identité alors que les allemands essaient de tout écraser. Mais devoir leur sourire, leur courber l'échine, avec un mince espoir de survie, ça, il n'arrive pas à l'accepter.
Il préfère de loin mourir debout que de continuer à ramper sur une France agonisante qui n'existerait plus que de nom.
   


   
Qui suis-je ?

   
☆ Prénom/Pseudo ?
Laetitia
☆ Âge ?
En panda roux ça marche ?
☆ Etudes/Métier ?
Chargée d'affaires juridiques dans une université
☆ Où as-tu connu YT ?
De mémoire un tumblr délirant il y a des siècles de ça
☆ Un truc à nous dire ?
J'vous aime, vous m'avez manqué ♥
   


   


Dernière édition par Peter Rosewood le Mar 30 Mai - 15:07, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 8:29


Biographie
   
“Quoi de plus illusoire que la vengeance ?”


   

Dans la semi-obscurité de ma chambre, je fixe mon reflet dans le miroir ou en tout cas le peu que je peux en voir. J'allume une énième cigarette et j'aspire quelques bouffées avant de grimacer en voyant ma mine particulièrement fatiguée et de souffler tout bas.

"Je m'appelle Lucas Audran. Je suis né à Champigny sur Marne le 7 février 1907. Je suis serveur dans un café du quartier latin. Une petite gargote pas loin des jardins du Luxembourg. Jolie vue d'ailleurs et le service est toujours impeccable. J'y bosse depuis quoi 3, 4 mois ? Il faut dire que j'ai un peu de mal à rester en place et à garder un boulot vraiment stable. Un peu comme tout le monde non ?"

Je soupire et j'écrase ce qui reste de ma cigarette avant d'en rallumer une autre dans la foulée. Il faut que je sois plus précis, la moindre hésitation pourrait donner l'impression que je mens et ça, je ne peux pas me le permettre. Mon regard se perd dans la contemplation de la bougie à moitié consumée et je me frotte le visage, brusquement las de toute cette mascarade. Je souris pourtant à mon reflet et je reprends, à mi-voix.

"En réalité, je m'appelle Peter Rosewood. Je suis né à Canterbury le 7 février 1907. Il parait qu'il n'avait jamais autant neigé que cette nuit-là. Ma mère adore me raconter cette histoire. Il faut dire que les tempêtes de neige, dans une ville aussi proche de la côte, ne sont pas monnaie courante.  Mon père a rencontré ma mère lorsqu'il étudiait le français à Paris."

Ma voix s'éteint dans la nuit alors que mes pensées s'égarent doucement mais surement.

Georges Rosewood a rencontré Marie Beauclair et l'a épousée avant de revenir enseigner le français à l'Université de Canterbury. J'ai eu le bonheur d'être leur premier né. Et le malheur d'être leur seul enfant à survivre plus de quelques mois. Alors, bien évidemment, j'ai été particulièrement choyé mais j'ai eu aussi droit à ma part de pression. Satisfaire les ambitions intellectuelles de mon père sans oublier ma mère qui aimait à me rappeler que je n'étais pas qu'anglais. Si j'ai passé mon enfance à parcourir les rues de Canterbury, j'ai aussi passé toutes mes vacances en France et, lorsqu'est venu le temps de suivre des études supérieures, j'ai suivi les traces paternelles et je me suis installé à Paris.

J'avoue qu'à l'inverse de lui, je n'étais pas particulièrement fixé sur ce que je voulais faire. J'avais la chance de venir d'un milieu aisé et de pouvoir me permettre de tâtonner quelque peu même si j'étais plutôt  porté sur les sciences politiques et que je commençais à me faire des connaissances ça et là, tant du coté français que du coté des britanniques qui hantaient la capitale. Il y avait là tout un vivier d'intellectuels qui passaient leurs soirées à refaire le monde autour de nombreux verres et j'en faisais partie.

C'était au début des années 1930, le mardi noir n'avait pas encore réellement eu d'impact sur le vieux continent et nous étions assez naïfs pour croire que la crise n'étendrait pas ses ailes sur nous.

Je pousse un soupir et je me relève, toujours aussi perdu dans mes pensées. J'attrape une bouteille de vin à moitié entamée et je me sers un verre non sans retenir une grimace face à l'odeur qui émane de ce vin rouge bon marché. Il faut dire que nos chers occupants ont le don pour faire main basse sur toutes les bonnes bouteilles, à croire qu'ils ont un radar. Je devrais déjà m'estimer heureux d'être tombé sur cette piquette, je suis bien mieux loti que de nombreux français.

L'image de Sybille, chacun de ses traits m'apparait brusquement alors que je cligne des yeux. Déjà qu'il ne se passe pas une nuit sans que je ne rêve d'elle, il faudrait que j'évite de me mettre à la voir en étant éveillé, ça risquerait de poser quelques soucis.

Pourtant, impossible de ne pas penser à elle lorsque je me replonge dans mes souvenirs parisiens. Je réalise qu'en plus de dix ans, tant de chose se sont passées que j'ai parfois du mal à remettre les choses dans l'ordre.

Je l'ai rencontrée au printemps. Les temps étaient durs, la crise avait fini par frapper de plein fouet le reste du monde mais rien ne pourra jamais effacer cet instant où nos regards se sont croisés.
Plus rien d'autre n'avait d'importance même si c'est aussi l'époque où j'ai été embauché par un petit groupe de britanniques qui travaillaient pour le gouvernement et qui avait besoin d'hommes sur le continent pour essayer de découvrir ce qui se tramait chez nos voisins et leur nouveau chancelier particulièrement virulent.

J'avais déjà réussi à leur prouver mes capacités d'adaptation, jonglant d'une culture à l'autre sans la moindre difficulté et passant des milieux aisés dont j'étais issu à des milieux plus populaires sans dénoter dans le décor.

Je suis allé deux fois en Allemagne, pour rencontrer de vieux amis que j'avais croisé au début de mes études mais avant tout pour essayer de glaner un maximum d'informations. Plus les mois passaient, plus le conflit apparaissait comme inévitable et surtout, plus j'étais effaré de voir les propos que tenaient les nouvelles têtes dirigeantes de l'Allemagne. Je me rappelle encore de mes amis qui assistaient, incrédules, à la transformation de leur pays, affirmant que plus jamais ils ne retrouveraient la nation qui leur était chère.

J'étais à Londres, en train de faire un rapport sur ma dernière mission que la guerre a officiellement éclaté. Je n'avais qu'une idée en tête, repartir en France pour retrouver Sybille et l'éloigner de tout ça. Les choses ne se sont pas passées comme je l'imaginais.
Il faut dire que personne ne s'imaginait que la guerre se passerait ainsi et que nous étions si mal préparés.

J'ai assisté, impuissant, à la débâcle française, au rembarquement de Dunkerque et à l'invasion allemande de ce pays qui est à moitié le mien et où, surtout, vivait encore ma fiancée. Il était bien trop tard pour essayé de s'engager ou de faire quoi que ce soit pour retourner en France qui était devenue maintenant un territoire ennemi.

Mais j'ai eu la chance, si on peut appeler ça de la chance, d'être recontacté par l'un des futurs dirigeants du SOE pour qui j'avais déjà effectué quelques missions. Ils avaient besoin d'agents capables de se fondre dans le décor, d'aller en France sous couvert d'une fausse identité qui pourrait être crédible. Avec mes origines et mes connaissances sur place, j'étais la personne idéale et, après une formation aussi complète que le permettait le peu de temps dont nous disposions, autant dire pas grand-chose, j'ai été parachuté sur Châteauroux où j'ai eu le plaisir d'être accueilli par ma fiancée qui avait embrassé ma cause elle aussi.

Devenu Lucien, j'ai réussi, avec l'aide précieuse de Sybille à monter le réseau Pluton  partir de rien. Nous commencions à être efficaces, trop visiblement, à mener des actions concrètes et à recruter de plus en plus de monde mais ça c'était avant que nous ne soyons trahis. Je me demande si un jour je serais capable d'oublier cette journée et celles qui ont suivi, même si je devais vivre cent ans. C'était probablement une erreur de réunir la plupart des membres du réseau mais j'étais probablement devenu trop sûr de moi.

A la lueur de cette bougie et avec cette soirée particulièrement fraiche, impossible de ne pas me rappeler qu'il faisait très chaud ce jour-là. Nous avions décidé de nous réunir dans la cave à vin du petit restaurant qui faisait l'angle de l'immeuble où nous vivions avec Sybille, très tôt dans la matinée, juste au moment où le restaurant commençait à s'éveiller. On se réunissait souvent là-bas, il y avait une entrée dérobée dans une ruelle et, pour qui ne connaissait pas parfaitement le quartier, il était presque impossible de faire le lien avec le restaurant. C'était là que nous stockions la plupart de notre matériel, derrière l'une des étagères pleine de bouteilles qui, lorsque l'on savait où appuyer, pivotait facilement pour dévoiler une cache des plus spacieuses. J'avais oublié des papiers dans notre appartement et c'est sur le palier de mon immeuble que j'ai vu les fourgons noirs freiner devant l'entrée principale et celle que nous prenions habituellement, comme s'ils avaient été parfaitement renseignés, au détail près. J'ai entendu les hurlements, quelques coups de feu aussi et je suis resté figé, incapable de faire quoi que ce soit alors que je voyais mon amour être emportée loin de moi.

Je ne sais même pas comment j'ai réussi à trouver la force de quitter les lieux. C'est probablement quand deux soldats, m'apercevant au loin ont essayé de me tirer dessus et que j'ai répliqué, par pur réflexe. J'en ai vu un s'écrouler et sans réfléchir, je suis allé me planquer dans une église que je savais sûre, tandis que Sybille et les autres atterrissaient au QG de la Gestapo et s'apprêtaient à être interrogés.

Avec mon réseau décimé, je ne savais pas vers qui me tourner. Heureusement, que j'avais tout de même une dernière ressource, le réseau d'exfiltration qui me permettrait de rentrer à Londres où je pourrais faire mon possible pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Je ne pouvais me résoudre à les croire perdus pour de bon, c'était tout bonnement inacceptable. Je préférais me focaliser sur les façons de fuir le pays et, de fil en aiguille, je me suis retrouvé escorté par une gamine, Juliette Langlois qui, malgré son tout jeune âge, semblait assez débrouillarde pour m'emmener au sud du pays, en zone libre où je pourrais prendre un avion pour l'Angleterre. Tout semblait réglé comme une horloge et aurait du se passer sans heurt. Mais, bien évidemment, les choses avaient mal commencé, elles pouvaient difficilement s'arranger.

Il ne restait qu'un seul contrôle, une dernière barrière à franchir quand tout a dérapé. Depuis le temps, j'avais appris à reconnaitre cette lueur naissante dans les yeux d'un homme, surtout lorsqu'il s'agit d'un soldat. Ce moment où il se rend compte qu'il a un gros poisson devant lui, qu'il s'agit bien d'un de ces traitres dont on lui rabat les oreilles depuis des jours et dont, en soit, il n'a pas grand-chose à faire. Mais là, c'était bien réel et il s'en est fallu de peu pour que je tombe dans leurs filets, entrainant Juliette avec moi. J'ai tiré, sans le moindre scrupule ni la moindre hésitation, profitant de ces quelques secondes où il ne réalisait pas encore ce qu'il avait devant lui. Je ne sais pas si j'ai tué quelqu'un, à dire vrai peu m'importe. Le principal est que j'ai sorti la gamine de leurs griffes et que nous avons pu fuir une fois de plus.

J'ai fini tant bien que mal par rejoindre Londres et, de là-bas, j'ai tout fait pour la faire échapper. Je n'avais plus que cette idée en tête mais, malheureusement, j'avais mis beaucoup trop de temps à rentrer au pays. Elle n'avait pas survécu, tuée à cause de cet homme qui nous avait traqués pendant des mois, ce Matthias Müller qui hante mes cauchemars depuis lors.

Je fixe le fond de mon verre que j'ai vidé sans même m'en rendre compte. Je n'aime pas me rappeler ce que j'ai pu ressentir à ce moment-là. Je préfère cadenasser la peine que j'éprouve pour n'en garder que la colère qui, elle, me permet de garder la tête froide et d'être suffisamment lucide pour continuer à œuvrer contre l'occupant.  

Il m'a fallu de longs mois pour arriver à convaincre mes supérieurs que j'étais capable de retourner sur le terrain et que je ne voulais pas le faire pour de mauvaises raisons. Je leur ai rappelé que j'étais plus que compétent, que j'avais toujours de nombreuses relations à Paris et que je restais parmi les mieux placés pour monter un nouveau réseau. Ils ont fini, bon gré mal gré, par se ranger à mes arguments et par m'accorder une nouvelle chance.

C'est avec un nouveau nom de guerre, Marc et un nouvelle mission, Sybille, que j'ai été de nouveau parachuté dans la région parisienne. Il m'a fallu quelques jours à peine pour retrouver mes marques et par recommencer à nouer de nouvelles relations même s'il m'est impossible d'oublier que tous ceux qui m'avaient côtoyé sont morts. A cause de qui ? De moi qui n'ait pas su faire preuve d'assez de prudence ? De ce Müller qui n'a eu cesse de nous traquer jusqu'à ce qu'il arrive à ses fins ? De ce traitre dont j'ignore le nom mais qui dans tous les cas paiera le prix cher pour ce qu'il a fait ? Impossible de trouver une vraie réponse à cette question qui ne me quitte jamais.

Tout le monde devrait payer la note, j'en étais persuadé, moi y compris. Et ne pensais pas que ça arriverait vraiment. Une fois de plus, les choses ont dérapé. Je n'aurais même pas dû être étonné que cela se passe ainsi. Après tout, faire long feu lorsque l'on est dans la résistance relève du miracle. Et pourtant, je suis toujours là. Malgré les pertes, malgré le fait que nombre d'entre nous sont morts. Après les défilés, les manifestations, les arrestations. Tout s'est enchainé tellement vite que j'ai presque cru que nous allions être anéantis pour de bon. Et pourtant, il faut croire que la lueur a beau vaciller, elle refuse de s'éteindre pour de bon. Nous avons réussi à convaincre Londres de fusionner avec une autre branche du SOE, qui elle aussi avait subi de lourdes pertes. Il nous fallait continuer d'exister, quand bien même nos objectifs n'étaient pas vraiment les mêmes. Peu importait dans le fond, il fallait juste faire en sorte de rassembler nos forces pour éliminer ceux qui nous avaient fait ça. Et, si les choses sont difficiles, nous arrivons à sortir la tête hors de l'eau, même si notre radio a disparu avant même que nous arrivions à mettre la main dessus. Alors pour organiser les parachutages, former les résistants, la choses est un rien plus complexe. Mais je ne me laisserais pas abattre. Pas maintenant. Pas avec tout ce que nous avons perdu. Trop de sang a coulé et il est hors de question de tourner une page aussi sombre sans que chacun ait payé sa dette.

Je peux parfois sentir le regard de certains de certains membres de mon nouveau réseau peser sur moi. Ils se demandent si je suis toujours capable de faire preuve d'objectivité sur mes missions, si je suis toujours compétent, d'autant que, depuis que le réseau a été décimé une nouvelle fois, je ne cache plus vraiment mes envies de vengeance. Peu osent me parler face à face, à dire vrai, à part Mary, je ne vois personne d'autre qui l'ai déjà fait.

Mais il faut dire qu'avec son caractère, qu'elle garde le silence m'aurait étonné. Elle a été l'une des rares bonnes surprises lorsque je l'ai retrouvée à mon retour en France et c'est probablement la seule qui semble comprendre les véritables raisons de ma présence ici. Je sais pouvoir compter sur elle, elle l'a déjà prouvé lors de cette mission que nous avons menée tous les deux il y a des années déjà, lorsque j'étais à l'étranger et que nos chemins se sont croisés, et elle fait preuve d'un calme et d'une perspicacité à toute épreuve qui, je l'espère, ne lui porteront pas préjudice.

Quant aux autres… Je n'arrive plus à faire confiance à personne, même la petite Juliette, que j'étranglerais volontiers si j'en avais l'occasion bien que je doive l'admettre, elle a du cran et elle a pris de gros risques pour moi. Elle aurait pu y passer pour me sauver la vie. Je pourrais presque apprécier sa compagnie si elle n'était pas aussi têtue et surtout, si elle ne me rappelait pas Sybille lorsque je l'ai rencontrée. Elle a l'air de prendre très à cœur notre mission, un peu trop peut-être et il est hors de question que j'entraine de nouvelles victimes dans ma chute.

Je pourrais en dire autant de Sixtine, la jeune femme que j'ai réussi à convaincre de changer de bord, à ses risques et périls, même si, sur le coup, elle n'avait pas beaucoup d'autres options, autant le dire tout de suite. En la voyant, je me dis parfois qu'il reste encore de l'espoir et qu'elle pourra, avec les autres, arriver à faire tomber l'occupant dès qu'ils en auront l'occasion. Depuis mon retour, j'ai passé un peu de temps avec elle et, dans une autre vie, avant tout ça, je me dis que nous aurions pu devenir amis. Aujourd'hui, je ne sais pas.

Toujours est-il qu'elles font bien leur travail, comme tous les autres, tout du moins c'est l'impression que j'en ai. Et, si je veux arriver à assouvir ma vengeance, j'ai besoin de gens compétents autour de moi.

En attendant, je remplis les missions qui me sont assignées, avec la plus grande prudence tandis que j'observe avec attention tout ce qui se passe autour de moi et que j'essaie de glaner tous les indices possibles qui pourraient me mettre sur la trace du traitre et me donner la possibilité de tuer Müller lorsqu'il m'aura dit ce que je rêve de savoir.

Je ferme les yeux quelques secondes avant de reprendre, dans un chuchotement à peine audible.

"Je m'appelle Lucas Audran. Je suis né à Champigny-sur-Marne le 7 février 1907…"

Au bout d'une heure, la flamme de la bougie vacille avant de s'éteindre pour de bon. Je maitrise complètement mon personnage, une fois de plus, peut-être une fois de trop, et, si les choses tournent mal, je devrais être assez convaincu pour tenir le temps qu'il leur faudra pour se mettre à l'abri. Il est temps maintenant d'aller se coucher. Et de retrouver Sybille. Qu'aucune vengeance ne pourra jamais faire revenir, que je le veuille ou non.

   

   


Dernière édition par Peter Rosewood le Mar 30 Mai - 18:51, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 14:54

Haaan trop bien de te revoir par ici . Surtout avec Peter, il nous avait vraiment manqué
(bon toi aussi, UN PEU, j'avoue mdr )


Bonne rédaction de ta fiche ! Si tu as la moindre question concernant les nouveautés du forum, n'hésite pas, mais sinon tu connais déjà la maison


Au plaisir de te lire et de rejouer avec toi ammu !

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« On peut trouver du bonheur
même dans les endroits les plus sombres.
Il suffit de se souvenir
d’allumer la lumière »
J.K. Rowling (c) .bizzle


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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 19:39

Mon petit bulot à moustache

Je suis trop contente de te revoir par ici et de pouvoir fêter le grand retour de Peter parmi nous ça va dépoter, on va pouvoir faire plein de choses cool face

Comme l'a dit Adeline tu connais la maison, tu sais aussi que nous sommes à ta disposition au besoin gnihi

A très vite, j'ai hâte de jouer avec toi gaga

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 21:27

Rebienvenue Peter ! happy Et bon courage pour ta fiche ♥️



Contente de te retrouver, et de revoir ce superbe perso parmi nous blush (*va ranger la fangirl dans le placard*)

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 21:36

Merciiii à vous ♥️

(genre juste un PEU ? Pfeuh )

Bon en tout cas, je pense que ma fiche est finie. J'ai fait des rajouts sur ce qui s'est passé et des modifications rapport à mon ancienne fiche. Je vous laisse la passer au crible et me lancer des bulots si ça va pas face
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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mar 30 Mai - 23:56

Quelle rapidité ! :O
Eh bien rebienvenue alors, même si je ne te connais pas encore bounce

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Il faut porter en soi le chaos pour engendrer une étoile qui danse - Friedrich Nietzsche
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MessageSujet: Re: Peter Rosewood - Carry on    Mer 31 Mai - 22:15

Heeere I am gnihi

Hé bien écoute, je n'ai rien à redire, c'est un plaisir de retrouver ce cher petit Peter-chou (ou pas chou mdr )

Du coup je te valide sans plus attendre et je te préviens : on va parler liens toi et moi face

A très vite gnihi



Toutes mes félicitations, ta fiche a su toucher le cœur de nos berniques en chef, tu es à présent VALIDÉ. Le sort t'a désigné pour rejoindre l'équipe des berniques d'eau douce : tu trouveras toutes les explications à notre battle épique des berniques en cliquant ici. Sauras-tu faire gagner ton équipe ?

Mais l'aventure ne fait que commencer ! Merci de venir réserver ton avatar afin d'être sûr de pouvoir le conserver et de te recenser dans les registres de notre préfecture du forum, étape indispensable si tu ne veux pas qu'il t'arrive tes ennuis ! Tu dois tout d'abord te faire ajouter à la liste des membres et de leurs DC ainsi que dans le who's who des Allemands ou le who's who des résistants si tu es concerné.

Cette première étape achevée, tu peux désormais te lancer dans le jeu ! Mais pour t'éviter tout problème, nous avons quelques parachutes de secours : tu peux te faire des amis (ou toute autre connaissance car tout bon Parisien doit avoir un carnet d'adresses bien rempli) ainsi que remplir une petite bibliothèque pour ne pas te perdre dans les dizaines de rp que tu ne manqueras pas d'ouvrir ! Et si tu souhaites des idées de rp, n'oublie pas que tu peux aller consulter la partie top-secrète des complots.

Tu ne connais pas très bien Paris et tu es perdu dans nos rues ? N'hésite pas à consulter le petit guide de Paris qui t'accompagne où que tu ailles.

Nous te rappelons que tu peux solliciter les berniques en chef pour obtenir un rang et un logement à partir de 100 messages.

Allez, il ne te reste plus qu'à venir nous faire un petit coucou dans le flood ou sur Facebook ! En ce moment, sur le forum, une intrigue générale est en cours, les Allemands ont décidé d'organiser quelques festivités ! N'hésite pas à en prendre connaissance !

Bon jeu parmi nous gaga

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny ©️ .bizzle


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