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 Il est temps...

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Peter Rosewood
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MessageSujet: Il est temps...   Dim 2 Juil - 18:29

Cela fait des jours, des semaines même que je songe à ce moment. Que je me demande comment agir, quelle attitude adopter, quoi dire et quoi faire. Je me suis aussi à maintes reprises demandé si c'était une bonne idée, si je faisais bien de suivre mon instinct ou si je devrais me méfier. Il faut dire que ces derniers temps, suivre mes impressions, sortir des sentiers battus, tout cela n'a pas été une franche réussite. Je pourrais arguer que je suis toujours en vie ce qui, après des années à vivre dans la clandestinité, à être un résistant pour le moins actif, commence à relever du miracle. Et je pourrais arguer que c'est parce que j'ai toujours suivi mon instinct. Mais à dire vrai, j'ai une chance qui confine à l'insolence. Je suis toujours passé au travers des mailles du filet, j'ai vu la mort happer les gens qui me sont chers sans pour autant me toucher directement. Et, pour être honnête, je ne sais pas ce qui est le pire. Les voir tomber les uns après les autres alors que je m'en tire indemne est une situation que je ne souhaiterais à personne, vraiment personne. Pourtant, je ne peux pas abandonner, je n'ai pas le droit. Pour elle, en sa mémoire, pour la venger mais aussi pour permettre aux autres de vivre. De survivre à cette oppression et de montrer que Paris est toujours là, que ce Paris dans lequel j'ai vécu la plus belle histoire de ma vie renaitra malgré tout et que d'autres pourront y être heureux. Et oublier tous ces malheurs.

Mais pour cela, nous devons être plus nombreux. Il me faut de nouveau tisser un réseau solide, capable d'avoir les reins pour tenir face au prochain choc qui ne manquera pas d'arriver. Peut-être que ce sera le dernier, peut-être que les choses seront pires encore. Mais j'ai la certitude qu'il sera encore plus violent que les autres. Que ce soit à cause de cette fausse atmosphère festive, comme si les allemands cherchaient à masquer quelque chose ou, tout simplement parce qu'il  n'en peut être autrement. Nous ne pouvons pas nous éteindre et perdre face à la barbarie. Alors, c'est pour ça que je fixe le bâtiment qui abrite le Courrier Parisien. Je suis venu ici un nombre de fois incalculable ces derniers jours, à des heures des la journée parfois improbables pour éviter de me faire repérer par les allées et venues des militaires. J'ai compté les pas nécessaires pour aller de la porte du bâtiment à la ruelle qui m'intéresse et pour nous rendre aussi rapidement que possible vers le parc. J'ai passé un temps infini à réfléchir à la meilleure façon de faire pour l'aborder, pour rester discret, pour ne pas trop la surprendre et pour éviter de nous faire remarquer. Je sais bien que j'aurais pu tenter d'aller la voir chez elle mais, d'une certaine façon, je me dis que ce sera plus discret de cette façon non ? Au pire, je passerais pour un goujat qui aborde une jeune femme qui n'est pas intéressée, au mieux, les gens ne feront pas attention au joli petit couple qui se promène. Ou quelque chose de cet acabit.

J'inspire longuement, réalisant que j'aurais beau répéter encore et toujours la scène dans mon esprit, il y aura forcément des impondérables auxquels je ne pourrais pas être préparé. Et le premier, non des moindres, si je me suis trompé à son propos. tout pourrait basculer en un battement de cils et je serais obligé de fuir, voire de faire quelque chose de pire encore, tout ça parce que j'aurais accordé ma confiance à la mauvaise personne. Mais cela fait des mois que ça dure, je ne veux pas continuer comme ça. Surtout qu'elle peut nous être utile et qu'elle a l'air pleine de ressources. J'ai un bref regard à ma montre, une breloque que  l'on m'a donné lorsque j'ai été de nouveau parachuté pour ne pas éveiller les soupçons si les allemands voyaient que j'ai une montre de qualité, et je sens mes mâchoires se contracter alors que je voir sa silhouette sortir de l'immeuble. J'écrase la cigarette que je venais d'allumer, à regret et je sors de l'ombre une fois que je suis assuré qu'elle est bien seule.  

Et je la suis, à quelques pas de distance, jetant des regards aux alentours qui me confortent dans l'idée que j'ai bien choisi mon moment, autant que je pouvais le faire en tout cas. Pas l'ombre d'un uniforme à l'horizon pour le moment et personne qui n'ait l'air suspect. Hormis moi, cela va sans dire. J'accélère le pas pour passer mon bras sous celui de la jeune femme et je souffle, d'un ton aussi naturel que possible, tout en comptant le nombre de pas qu'il nous reste à faire. "C'est une belle fin de journée miss Hale vous ne trouvez pas ? De quoi faire une belle balade dans un coin tranquille." J'arrive à 112 pas et, comme chaque jour, je vois une patrouille de soldats tourner au coin de la rue. Alors, sans lui laisser le temps de réagir, je tourne dans cette ruelle que j'ai déjà remarqué à plusieurs reprises et je reprends, toujours sur le même ton. "Il était plus que temps de faire cette promenade. J'espère que vous n'avez rien de mieux de prévu dans l'immédiat car j'ai de grands projets pour nous deux." Je suis calme, posé, assuré. Je maitrise parfaitement la situation ou, en tout cas, j'arrive presque à m'en convaincre sans trop de difficulté. Je réfléchirais plus tard à l'absurdité de mon geste, ou à son intelligence. Pour le moment, il s'agit de confirmer ce que je soupçonne depuis quelques temps déjà. Nous verrons bien la suite en temps utile.
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Emy Hale
La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule.



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MessageSujet: Re: Il est temps...   Mer 2 Aoû - 16:17

Spoiler:
 

La réunion durait depuis au moins trois siècles. Ou peut-être trois quarts d’heure. Emy n’aurait su le dire avec certitude : à partir du moment où elle franchissait les portes du Courrier Parisien, les minutes avaient tendance à s’étirer à l’infini – ce qui, soit dit en passant, allait probablement finir par la rendre folle avant tout le reste –, et ce particulièrement lorsqu’il fallait assister aux séances de torture collectives qu’étaient les conférences de rédaction. Sans avoir à remonter trop loin dans ses souvenirs (quelques dizaines de siècles auparavant, une broutille), Emy se souvenait de réunions pendant lesquelles la ligne éditoriale, ou au moins le sujet des articles, étaient débattus – avec plus ou moins de conviction, certes, mais débattus. Dé-ba-ttus. L’ambiance n’étant plus franchement au débat, elle était à peu près persuadée qu’on aurait pu aussi bien supprimer les conférences de rédaction. Gabriel Meilland, le représentant de Dieu le Maréchal et du Saint Esprit de la Révolution Nationale en terres journalistiques (et de ses propres intérêts surtout) n'avait qu’à les convoquer à tour de rôle dans son bureau pour leur transmettre ses ordres et les sujets du jour. Quelque part, ça n’aurait pas été plus mal : des sujets déjà trouvés éviteraient à Emy l’exercice pénible de devoir pondre des idées d’articles de plus de trois mots qui ne risquaient pas de lui valoir des remontrances, une convocation de Meilland, ou une heure de franche rigolade avec quelques soldats allemands en rut sur les quais de Seine. En voilà une solution qui aurait simplifié la vie de tout le monde, mais un violent haut-le-cœur ramena brusquement la jeune femme à la réalité dont elle avait visiblement beaucoup trop décroché pour son bien, et dans laquelle on poussait le vice jusqu’à leur demander de prétendre être encore de véritables journalistes. Elle se redressa sur sa chaise et griffonna quelques mots au hasard sur son carnet pour se donner contenance, en essayant de se rappeler à quel moment exactement elle avait cessé d’écouter. Pas une mince affaire : elle avait la migraine, et le début de la conférence lui paraissait déjà très flou. Dans un effort à peu près surhumain, elle parvint quand même à comprendre qu’on en était à se demander sur quelle race de vache en voie de disparition Puerno allait pouvoir écrire cette semaine. Fort bien. Au moins une chose ne changeait pas : Puerno était toujours là, le journalisme d’investigation n’était pas mort.

La réunion s’acheva sans qu’Emy ne réussisse finalement à prêter plus de deux secondes d’attention aux inquiétudes de ce cher Jean-Pierre pour les Tarines (des vaches savoyardes, avait-elle entendu) (de toute façon, on ne mangeait plus de fromage à Paris depuis longtemps). La morosité l’avait emporté sur ses facultés de concentration. Et la migraine aussi, cette grande âme charitable, qui avait à cœur de ne jamais la laisser seule ces derniers temps, principalement quand elle avait passé la soirée précédente à boire (seule chez elle, de préférence, on est pathétique jusqu’au bout ou on ne l’est pas) ou la nuit à ne pas dormir. Ou les deux. Car l'alcool avait beau être une valeur sûre, efficace, testée et approuvée par Emy elle-même à de multiples reprises, elle ne suffisait pas toujours à étouffer les souvenirs et les angoisses avant qu'ils ne finissent par l'étouffer elle. Les réminiscences se frayaient un peu trop facilement un chemin à travers l'ivresse, quand ce n'étaient pas simplement les pensées noires du quotidien qui l'abattaient, ses journées sans fin au Courrier, et l'infini dégoût que lui inspirait ce qu'elle y faisait, qu'elle s'inspirait elle-même et que les gueules de bois ne faisaient qu'empirer. Non les soirées d’Emy n’étaient pas les plus affriolantes ces derniers temps, mais elle n’était pas certaine de préférer ses journées : non seulement il fallait faire comme si de rien n’était, mais en plus, il fallait assister aux conférences de rédaction. Et franchement, elle n’était définitivement pas d’humeur à se préoccuper des vaches de Savoie. Ou d’Auvergne ? Bref, des vaches, de toutes les sortes et de toutes les races. Alors que tout le monde se levait pour s’enfuir de la salle de réunion, la jeune femme réalisa avec stupeur qu’elle enviait Puerno. Elle aurait bien aimé, elle aussi, que la disparition des vaches de races et la fabrication des hosties dans le Massif central soient ses seules préoccupations. Envier Puerno. La bonne nouvelle, au moins, c’est qu’elle devait vraiment avoir touché le fond pour en être là.
- Hale, une minute, j’ai un mot à vous dire.
En fait non, il y avait plus au fond que le fond. Emy, qui venait de constater que malgré la lenteur infinie avec laquelle la journée était passée, l’heure de rentrer était arrivée (après tout, the longest day must comme to an end comme disaient les Anglais), se retourna, traits fermés, prête à affronter un autre genre de torture qu’était un entretien seule dans une pièce avec Meilland. Elle se raidit à mesure qu’il s’approchait d’elle mais une secrétaire entra soudain dans la pièce, avec un télégramme « important » qui interrompit Gabriel dans son élan.
- Hm… Bon Hale, demain neuf heures dans mon bureau, marmonna le rédacteur en chef du Courrier Parisien.

Emy ne répondit pas, elle tourna tranquillement les talons, et claqua consciencieusement la porte derrière elle. Elle toucherait le vrai fond demain matin, d’ici-là, son canapé et une bouteille entamée l’attendaient chez elle (qui sait, elle manquerait peut-être le rendez-vous, avec un peu de chance). Et son chat aussi. Elle fut donc dehors en un temps record (elle était la maîtresse incontestée du record de la sortie la plus rapide et efficace de la rédaction du Courrier) et s’éloigna à grands pas, soulagée de pouvoir s’enfuir, une sensation relativement agréable par rapport à toutes les autres… qui dura environ une minute. Une très courte minute qui fut très vite oubliée, au moment exact où elle sentit qu’on la suivait. Qui fut immédiatement suivi du moment où un homme passa son bras sous le sien. Emy se raidit violemment, stupéfiée mais incapable de faire le moindre geste pour se dégager. La seule chose en elle qui semblait capable de s’enfuir, c’était son cœur, qui cognait dans sa poitrine à en sortir, si bien qu’elle faillit ne pas entendre les mots de l’inconnu.
- C'est une belle fin de journée miss Hale vous ne trouvez pas ? De quoi faire une belle balade dans un coin tranquille.
Elle connaissait cette voix, elle en était certaine. Mais à cet instant précis elle était incapable de réfléchir rationnellement, de bouger, ou même de respirer correctement, et si elle marchait, c’est uniquement parce qu’il l’entraînait avec lui. Elle était terrifiée. Elle l’était tant qu’elle ne réalisa pas tout de suite qu’ils croisaient une patrouille, ou tournaient dans une rue déserte, il fallut qu’il parle à nouveau pour qu’elle lève les yeux pour voir la rue, les deux murs qui les encadraient, pour comprendre ce qu’il disait et enfin murmurer :
- Si vous ne me lâchez pas tout de suite, je vais crier.
Ce n’était pas une menace, c’était un fait : elle allait perdre pied. Elle allait crier, parce que la peur allait l’étouffer, et les deux murs autour d’eux se troubler pour ressembler à ceux des quais. Elle allait céder à l’une de ces crises de panique, attirer beaucoup d’attention sur eux, plein de monde, et ça allait être pire encore. Ça l’était déjà d’ailleurs, elle paniquait seule d’habitude, or là, un homme qu’elle ne connaissait pas l’avait empoignée par le bras et était maintenant serrée contre elle.

Heureusement, il eut le bon goût de la lâcher et Emy, le souffle court, pâle comme un linge, s’éloigna précipitamment de quelques pas avant de lever les yeux vers l’inconnu. Qui n’en était pas un. Elle le connaissait, pour de vrai. Elle le dévisagea quelques longues secondes, d’abord sans être capable de formuler une pensée cohérente, puis en cherchant à se convaincre qu’elle n’était pas vraiment en danger. Enfin pas immédiatement en tout cas. Et puis elle se souvint où elle avait vu : dans le salon de l’appartement de ses parents.
- Vous… vous êtes un ami de mon père, souffla-t-elle en essayant de retrouver son souffle.
Elle n’était pas certaine de connaître son prénom, ou alors elle l’avait oublié. Voyant ou croyant voir un geste dans sa direction, elle leva les mains et recula à nouveau d’un pas.
- Attendez, non ! Vous devez vraiment rester où vous êtes et arrêter… Il ne faut vraiment pas me…  toucher comme ça.
Emy le fixa une seconde, comme pour s’assurer qu’il avait bien compris ce qu’elle lui demandait, puis se passa nerveusement les mains sur le visage, inspira, et l’observa à nouveau.
- Bon, qu’est-ce que vous voulez ?
Là tout de suite, elle n’était pas certaine de vouloir entendre quel genre de grands projets il avait pour eux, surtout que les siens de grands projets (boire et dormir) lui paraissaient d’autant plus incontournables maintenant qu’elle avait frôlé la crise de panique. Autant en finir rapidement, donc. Si c’était possible. Ce dont elle commençait à douter.

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MessageSujet: Re: Il est temps...   Lun 21 Aoû - 22:45

La vie est faite de choix. Parfois bon, parfois mauvais, mais à chaque instant de notre existence, il faut se décider. Cela pourrait paraitre anodin, comme de choisir de mettre cette paire de chaussures ou une autre, même si, à la réflexion, il est rare de posséder plus d'une paire de chaussures en bon état sous l'occupation allemande. En tout cas, pas si l'on est un français normal, qui ne pratique pas le marché noir ou qui ne collabore pas. Enfin, au final, rien n'est anodin. Et tout peut avoir de lourdes conséquences, sans même que l'on en soit réellement conscient. Comme ce que j'ai décidé de faire aujourd'hui. Oh, on pourrait dire que je me suis montré prudent, plus que de coutume même. J'ai analysé le terrain, les différentes options, j'ai même réfléchi à toutes les réactions possibles de la part de la jeune femme. Avant de réaliser que, j'aurais beau y passer des heures, jamais je ne pourrais savoir exactement ce qui va se passer. Les rares fois où je l'ai cru, tout a dérapé. Mais je ne peux pas laisser passer cette chance. La jeune Hale pourrait être une mine d'information pour le groupe et, surtout, je sens qu'elle est sur le point de basculer, qu'il ne lui faut qu'un petit coup de pouce pour se lancer. J'espère juste que je saurais être le coup de pouce, que c'est le bon moment et que, surtout, je ne vais pas la braquer et risquer de perdre cette chance.

Mais le temps m'est compté. Je calcule au plus juste et je l'entraine avec moi dans une ruelle. Impossible de ne pas sentir à quel point elle se crispe, à quel point elle est tendue et quand elle murmure qu'elle va hurler, je la crois sans peine. Je la relâche doucement, profitant du fait que je sais que nous serons tranquilles quelques bonnes minutes. J'inspire doucement, guettant le moindre de ses mouvements, espérant qu'elle ne va vraiment pas mettre ses menaces à exécution. Je grimace avant de retenir un soupir de soulagement et de hocher la tête. " Je suis bien un ami de votre père. Peter. Je m'appelle Peter. Vous vous rappelez ?" Je ne pensais pas tomber sur un problème pareil, autant le dire tout de suite. Elle avait pourtant l'air relativement équilibrée, si on peut l'être dans un monde pareil. Je lève les deux mains en signe de reddition quand elle reprend et je regarde de nouveau autour de nous, un rien mal à l'aise. " Je ne bouge pas, vraiment." Elle reprend la parole et là, d'un coup, j'ai un sourire alors que je sens mes épaules ses détendre. Et je souffle, sans même me laisser le temps de la réflexion. " Vous savez, c'est toujours le premier pas qui est difficile. C'est un peu comme se jeter dans le vide, tout du moins, c'est l'image que j'en ai. Sans savoir ce qu'il y aura en bas, sans savoir où l'on va atterrir. Mais, une fois que c'est fait, on sait qu'on a fait le bon choix." J'inspire doucement, enfonçant mes mains dans mes poches pour pas qu'elle ne sente agressée de nouveau et je continue, d'un ton aussi tranquille que possible. " Il est l'heure de faire votre pas en avant Emily. Vous ne pouvez pas rester comme ça. Et j'ai comme dans l'idée que je peux vous y aider. Mais … il va falloir m'écouter. Et me faire confiance." Je sais, débarquer comme ça ne va pas vraiment jouer en ma faveur, mais une telle nervosité n'était vraiment pas escomptée dans mes projets. Et si elle refuse ? Si elle ne voit pas du tout où je veux en venir ou, pire encore, si elle appelle à l'aide quand elle finira pas comprendre ? Je sais bien que, quelques instants plus tôt, j'étais persuadé que j'avais pris la bonne décision et il faut que j'arrive à me convaincre que c'est toujours le cas. Et que j'ai étudié toutes les possibilités de fuite aux alentours. Je pourrais m'échapper rapidement si nécessaire, avant même que le premier soldat ait pu m'apercevoir si elle appelle à l'aide.
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