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 i’m a damsel. i’m in distress. i can handle this | Ingrid

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Franziska Becker
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Féminin


■ topics : OUVERTS
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■ profession : Secrétaire-adjointe d'Hans Jaeger à l'Ambassade d'Allemagne

PAPIERS !
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MessageSujet: i’m a damsel. i’m in distress. i can handle this | Ingrid   Mer 17 Jan - 15:07


Franziska & Ingrid
« The most dangerous woman of all is the one who refuses to
rely on your sword to save her because she carries her own. »
- r.h. Sin





Si Fran avait eu la moindre chance de trouver le fameux coup de la panne particulièrement truculent, nul doute qu’elle aurait trouvé les circonstances actuelles particulièrement truculentes, et plus que dignes d’embellir sa journée. Si seulement… Comme beaucoup de personnes un peu trop cyniques pour leur propre bien, l’Allemande avait bien souvent du mal à trouver un côté comique ou touchant à des évènements ou à des attitudes arborées par ses semblables : les contretemps, ennuis et autres comportements jugés enfantins quand ils ne se révélaient pas tout bonnement stupides- ne lui évoquaient pas spécialement la clémence ou la tendresse, a fortiori lorsque la journée avait été longue, et que sa patience, spontanément, tendait à se muer en ironie mordante. Ainsi, tout hardi damoiseau qui, pour une raison plu ou moins saugrenue, aurait jugé bon de jouer avec elle au jeu de « ma voiture ne démarre plus, quel dommage », non seulement n’aurait pas vu se conclure les espoirs fous qu’il avait nourris jusque-là, mais aurait également risqué d’en prendre pour son grade.

Néanmoins, si ce jour-là Franziska se retrouvait bloquée dans une auto immobilisée jusqu’à nouvel ordre, ce n’était nullement à cause d’un petit plaisantin désireux de se croire le héros d’un film à l’eau de rose et au bon goût discutable. À vrai dire, la journée n’était même pas terminée, et ç’avait été en direction d’une bonne table ainsi que d’un déjeuner prestigieux, que l’on aurait pu dire d’affaires, que la jeune femme s’était dirigée avant qu’un dysfonctionnement d’origine inconnue ne la bloque dans une petite rue inconnue de la capitale. La matinée passée au siège de la Propaganda s’était pour sa part déroulée sans accroc, alors qu’à son habitude, la secrétaire-adjointe d’Hans Jaeger avait collaboré fructueusement avec ses collègues, au premier rang desquelles l’influente Ingrid Lorre, un contact de choix à la fois pour mener à bien les projets conjoints menés par l’Ambassade, et pour bénéficier d’un point de vue des plus intéressants sur le fonctionnement de cette institution. Bien évidemment, comme l’on pouvait s’y attendre, les missions gérées par Becker ne l’empêchaient nullement, au contraire, de continuer à ouvrir grand les yeux et les oreilles, à l’affût du moindre petit rien susceptible d’aider son cher Hans à avancer dans ses projets de conquête. Quitte à quitter son propre bureau pour se mêler aux activités de la Propaganda, pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable, et engranger de quoi préparer leur prochaine offensive qui, telle une lame de fond, devrait rapporter à son supérieur rien de moins que la tête de cette organe vital du Reich ? L’intérêt s’avérait même triple : Frany œuvrait à la bonne coopération entre leurs services, espionnait discrètement, et apprenait mine de rien beaucoup en présence d’Ingrid.

Celle-ci, le croyez-le ou non, impressionnait d’une certaine façon la Berlinoise, qui n’avait d’autre choix que de reconnaître à quelle point son ainée avait habilement mené sa barque durant toutes ces années, dans un univers machiste si prompt à cantonner les femmes au rôle d’épouse et de mère soumise. La trajectoire d’Ingrid laissait presque la secrétaire rêveuse, elle qui ne s’était jamais cachée de son ambition ni du mépris qu’elle réservait à la supériorité affichée par le sexe fort à tout bout de champ ; malgré son mariage, son hôte pour cette matinée de travail n’avait nullement renoncé à chercher à occuper une position haut placée et à n’aucunement limiter ses efforts à son poste, loin de tout statut de façade juste bon à lui donner l’illusion de faire quelque chose de sa vie. Cette résilience indomptable, Fran avait la sensation nette de la partager avec elle, et bien qu’elle ne doutât pas une seule seconde que pour défendre ses intérêts, Frau Lorre aurait été amplement capable de la rayer de la carte sans ciller, la responsable du groupe culture de la Propaganda ne cessait de l’inspirer, dès qu’elles avaient l’occasion de se croiser. Il n’aurait sans doute pas été exagéré de parler de modèle, même si l’indépendance de Fran lui aurait interdit de reconnaître quoi que ce fût de semblable… Et ce sans tous les mauvais côtés inhérents à ce genre d’engouement, notamment celui de s’imaginer trouver d’office en Ingrid une alliée bienveillante, ou de s’interdire toute action à son encontre. Il existerait peut-être un monde dans lequel Franziska, pour amener son patron jusqu’au trône qu’il convoitait tant, devrait mettre ce parangon de réussite féminine sur la touche de manière plus ou moins définitive selon le cas ; cela ne la réjouirait pas profondément, mais la nécessité primerait alors sur le reste, de la même manière qu’Ingrid elle-même gérait ses priorités –et ses cibles à abattre- depuis son fauteuil. Le jeu avait ses règles… Ainsi que ses maîtres, et c’était avec un contentement sincère quoi qu’intéressé par bien des aspects que la demoiselle avait été ravie d’accepter l’invitation d’Ingrid à déjeuner.

La réalité pratique, cependant, les avait emmenées à des lieues des hautes sphères du pouvoir allemands, et même de toute notion de stratégie politique chère aux manipulateurs de tout poil louvoyant dans le Paris occupé : la voiture censée les conduire du siège de la Propaganda jusqu’au restaurant choisie par Ingrid s’était stoppée au beau milieu d’une petite rue pratiquement déserte, un soi-disant raccourci de leur chauffeur, qui depuis plusieurs dizaines de minutes tentait, la veste remontée jusqu’aux coudes et les mains dans le cambouis, de ranimer un moteur visiblement récalcitrant. Tenant difficilement en place à l’arrière de l’habitacle, tant perdre son temps de la sorte risquait si la situation s’éternisait de l’irriter tout de même un brin, la brunette était sortie à l’air libre, pour simplement s’appuyer contre la carrosserie, bras croisés et à l’affût de la moindre bonne nouvelle qui leur arriverait de l’avant de la voiture, et de leur chauffeur mué en mécanicien dont dépendait, pour ainsi dire, leur sort. Vu le silence ponctué de sons mécaniques émanant de derrière le capot relevé, l’attente ne paraissait pas pressée de prendre fin…

Malgré le climat à Paris loin d’arborer les atours de la paix pleine et entière sereinement installée, Fran n’avait pas spécialement songé au fait que pour sa sécurité, demeurer à l’intérieur de l’auto aurait certainement été une meilleure idée. Après tout, les deux passagères voyageaient de façon plus que confortable, dans un modèle qui n’était pas donné pour les simples parisiens… En temps d’occupation, être riche allait forcément de pair avec un degré plus ou moins élevé de collaboration avec l’Allemagne, permettant ainsi aux plus aisés de garder leur train de vie d’avant l’installation étrangère –voire de s’enrichir encore plus-, et une simple voiture de fonction, même si elle avait été utilisée par des Français, aurait suffi à faire un beau symbole une fois incendiée ou caillassée. Néanmoins, peut-être par chance ou par simple saute d’humeur de l’adversité, ils se trouvaient bloqués dans une petite rue qui semblait se trouver à des kilomètres de l’agitation qui, non loin de là, animait tout le quarter, une de ces petites voies qui vous donnaient l’impression d’être passé dans un autre monde, et non dans le même arrondissement qu’une des avenues les plus connues du monde. Ce calme relatif leur évitait d’être importunés, ce qui expliquait la posture décomplexée de Franziska, loin de se soucier d’une éventuelle vulnérabilité, mais revers de la médaille, les deux bureaucrates ne pouvaient compter dans l’immédiat sur aucun passant de bonne volonté pour venir suppléer leur chauffeur.

Si l’air du dehors avait apaisé une impatience naissante,  la secrétaire finit par admettre que quitte à devoir encore attendre, autant le faire assise sur une banquette confortable, quitte à, part la fenêtre ouverte, s’enquérir de temps à autres des avancées mécaniques de celui par qui, en un sens, tout ce désagrément leur était tombé dessus.

-J’ai peur que nous ayons encore à patienter pendant un moment…
soupira-t-elle en réintégrant sa place à l’arrière, près d’Ingrid.

Au moins Franziska partageait-elle ce grand moment d’inactivité avec une personne agréable, sans quoi ç’aurait vraiment été le comble.






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Titre : Hercule

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Cruelle diablesse
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