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 ADMIN :: ELSA

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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



Féminin

■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 5163
■ avatar : Rose Leslie
■ profession : Fausse étudiante, à la tête de la Brigade

PAPIERS !
■ religion: Juive, paraît-il, mais il y a bien longtemps que Dieu n'existe pas pour elle.
■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
■ avis à la population:

MessageSujet: ADMIN :: ELSA   Lun 14 Juin - 22:38


Elsa Auray
Rose Leslie (c) Tumblr



Etat-civil
♠ Résistante
Elle est à la tête d'un des réseaux de résistance les plus actifs de la capitale, la Brigade, depuis le début de l'année 1940. Elsa, ou Ian, est une des personnes les plus recherchées par les autorités.
♠ 23 ans
Née le 3 mai 1920, elle était l'aînée des deux filles de la fratrie Meyer, dont il ne reste probablement aujourd'hui plus qu'elle.
♠ Française
Elle a vu le jour en Alsace, en un endroit où se dire Français n'est pas anodin. Ses parents, quoique communistes, se sont toujours revendiqués de cette nationalité avant tout et ont transmis cette forme de patriotisme à leur fille aînée.
♠ Célibataire
Mère d'un petit garçon né en septembre 1941, Maksim, Elsa n'a jamais su qu'elle était enceinte avant les derniers mois de sa grossesse, et n'a jamais pu en informer le père, mort au tout début 1940.
♠ Juive
C'est du moins ce qu'a été sa famille, deux ou trois générations plus tôt, et peut-être que certains le sont restés. Elsa, quant à elle, n'a jamais réellement pratiqué une quelconque religion et ne croit désormais plus en rien.
♠ Chef de la Brigade
Entrée dans la clandestinité dès 1940, elle se fait parfois passer pour une étudiante - ce qu'elle était avant le début de la guerre.


Interrogatoire

♠ A-t-il des manies ou des tics ? Difficile de repérer une manie ou un tic chez une personne aussi froide et maîtresse d'elle-même. Néanmoins, la clandestinité lui a fait prendre l'habitude de regarder constamment derrière son épaule.
♠ Son livre préféré ? Il y a des années qu'elle ne lit plus, et même avant la guerre, Elsa est toujours restée discrète sur ses goûts. Mais elle avait de l'affection pour l'oeuvre de Jean Giono.
♠ Son lieu préféré dans Paris ? Le pont des Arts, à quelques pas du Louvre, où elle s'autorise parfois un passage, mais il y a longtemps que la mélancolie des souvenirs l'a quittée. Et il ne fait pas bon revenir trop souvent au même endroit.
♠ Aime-t-il sortir et où ? Avant la guerre, déjà, Elsa n'était pas une grande fêtarde, même si elle se laissait parfois entraîner dans un bal. Aujourd'hui, sortir est devenu un exercice risqué pour la jeune femme que l'on pourrait reconnaître.
♠ Comment vit-il les restrictions et les privations ? Avec froideur et détachement, comme tout le reste, du moins c'est ce dont elle donne l'impression. Mais du fond de la clandestinité, Elsa manque de tout  - pour elle, et surtout pour son fils – et le vit physiquement assez mal. Elle fait ce qu'elle peut pour se ravitailler avec les membres de son réseau, moins exposés.
♠ Son avis sur les Allemands et l'occupation ? Elsa ne vit guère plus que pour les voir partir - même si elle ne pense pas être là pour le voir. Mais il serait difficile de nommer de véritables sentiments à leur égard, elle se cache depuis bien trop longtemps derrière un masque de froideur pour être véritablement capable de les haïr.  
♠ Son avis sur les juifs ?  Elle n'en a jamais vraiment eu, les croyances des uns et des autres la laissaient indifférente avant la guerre, et c'est toujours le cas aujourd'hui. Ses parents étaient communistes et plutôt incroyants, ils n'ont jamais mis les pieds dans une synagogue avec leurs filles.
♠ Son avis sur les manifestations ? Ces gens là s'exposent inutilement, et elle craint les bains de sang qui pourraient en découler. Elle est persuadée que descendre dans la rue ne sera d'aucun effet sur les conditions de vie des Parisiens, et encore moins sur l'Occupation elle-même.
♠ Son avis sur le gouvernement de Vichy et la politique de collaboration ? Elsa ne voit en eux que des pantins manipulés depuis Berlin, où ses représentants allemands à Paris. Elle n'a guère que du mépris pour le soi-disant État français.


Qui suis-je ?

☆ Prénom/Pseudo ?
Marie, mais on m'appelle la Mayday Chief Bernic
☆ Âge ?
Beaucoup, si on additionne l'âge de tous mes personnages gnhehe
☆ Etudes/Travail ?
Mayday Chief Bernic ; accessoirement étudiante en histoire et encore plus accessoirement billettiste  laugh
☆ Où as-tu connu YT ?
"It's been 80 years..." #TitanicSwag  confetti
☆ Un truc à nous dire ?
Oui, je devais mettre un smiley à chaque ligne clap Sinon, la mise en page de cette fiche a été refaite en 2015, mais l'histoire du personnage datant de 2010, ne vous fiez pas trop à ce que vous trouverez ci-dessous  gnhehe




Biographie

une citation qui va bien




♠ Passe

« How many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind. »



    1919

Nous étions en mai, le trois. Le printemps avait beau s’être doucement installé depuis un petit moment, il faisait encore froid ce matin-là, et le ciel gris ne semblait rien promettre de plus agréable pour le reste de la journée à venir. Il faut dire qu’il était seulement cinq heures. Qui sait, peut-être l’astre du jour parviendrait-il à percer l’épaisse couche de nuages pour enfin apporter un preuve que l’été, diraient les optimistes, finirait par arriver. Sans doute était-ce ce que pouvaient se dire certains s’ils étaient, malgré l’heure matinale, déjà accoudés à leur fenêtre en attendant que le jour ne se lève totalement. Seulement ceux-là, comme beaucoup d’autres, ignoraient certainement que ce soleil qu’ils attendaient tant avait bel et bien fait une apparition ce matin. Une apparition éclatante de joie, même, dans cette petite maison de la campagne, proche de Strasbourg. A cinq heures du matin, ce jour-là, ce n’était pas le silence ordinaire des fins de nuit qui hantait cette simple habitation, ni les bruits discrets et quotidiens du réveil. Non, soudain, ce que l’on entendit résonner, ce furent les pleurs d’un tout nouveau né à peine sortit des limbes confortables du ventre de sa mère. Ce que l’on y vit, ce furent les sourires rayonnants de Sarah et Henri Meyer lorsqu’ils posèrent pour la première fois leurs yeux sur ce petit bout de vie qu’ils voyaient germer depuis maintenant neuf longs mois.
« Elsa, avait soufflé Sarah lorsque la jeune femme venue l’assister pour mettre au monde cet enfant tant attendu lui glissa avec joie qu’il s’agissait d’une fille. »
Elsa, donc. Nous étions le trois mai 1919 et Elsa Meyer, fille d’une infirmière de campagne et d’un ancien soldat de la Grande Guerre, voyait ses tous premiers instants de jour.


    1922

« Et moi, si je suis née, c’est parce que papa et maman ils étaient ensemble à la guerre. »
La petite voix s’éleva soudain au milieu de l’assemblée restreinte attablée en ce trois mai 1922. Alors que les Meyer et la famille voisine s’étaient réunie pour fêter le troisième anniversaire d’Elsa, les conversations diverses et variées s’interrompirent un instant, tous portant un regard et un sourire attendrit sur la fillette qui venait de déclarer ceci sur un ton presque solennel. Henri ébouriffa d’une main les cheveux de sa fille qui posa sur lui ses grandes prunelles bleues aux éclats enfantins avant de reporter son attention sur la part de gâteau qui se trouvait devant elle. Trois ans. Trois ans s’étaient écoulé depuis ce matin de grisaille qui avait vu la naissance de notre petite Elsa. Trois ans, déjà, et de ce petit bout de chou qui gesticulait en pleurant restait cette enfant aux boucles rousses, au teint pâle parsemé de quelques tâches de rousseur et au grands yeux bleus. Souvent, on la comparait à une jolie poupée de porcelaine, avec ce visage encore poupon et cette frêle silhouette. Pourtant, la fillette était loin d’être une enfant chétive. Précoce, elle avait parlé et marché assez tôt – bien qu’elle ne soit déjà pas particulièrement bavarde – et passait pour être plutôt éveillée pour son âge. Elle gambadait un peu partout dès qu’on lui en laissait l’occasion, faisait tout ce qu’elle pouvait toute seule avec une minutie qui ne lassait pas de faire sourire ses parents, et adorait écouter leurs histoires de guerre. Les belles, évidement. Jamais Henri et Sarah ne se seraient amusés à lui raconter toute l’horreur de la boucherie qu’avait été cette Grande Guerre. « La der des der » comme l’on disait un peu partout. Et parmi ces histoires, celle que la fillette préférait était évidement celle de leur rencontre. Sur le front. Henri faisait partie d’un groupe de soldats désignés pour évacuer les blessés d’un hôpital de fortune dans lequel officiait Sarah. Une bombe était tombée sur une partie du bâtiment déjà amoché et les deux s’étaient retrouvés coincés ensemble dans un abri bloqué par un bout de mur ayant valsé jusque là. « Un peu comme dans les romans » disait souvent Sarah en évoquant la façon dont Henri s’était fait un devoir de les sortit de là le plus vite possible et sans la moindre égratignure – avec succès ! La suite, tout un chacun la connait. Parfois, souvent même, les sentiments tombent là où l’on s’y attend. Après la guerre, les deux tourtereaux s’étaient mariés à Paris et étaient partis prendre l’air en Alsace – redevenue française – pour fonder une famille.
« Papa, c’est un super héros ! s’enthousiasmait immanquablement la fillette en se blottissant dans les bras d’Henri. »
Alors oui, papa était un super héros et la vie, quant à elle, s’écoulait paisiblement au rythme tranquille des aléas d’un quotidien encore simple.  


    1926

« Non, Jade ! T’es trop petite. »
Tout en faisant un pas en arrière, Elsa leva au dessus de sa tête l’arme qu’elle tenait en main. Henri, avec un sourire, la récupéra et la remit sur l’étagère de laquelle il l’avait prise pour la lui montrer. Il y avait un moment que la fillette lui avait demandé si elle pouvait regarder et l’ancien soldat avait enfin cédé ce jour là, curieux de savoir pourquoi est-ce que sa fille voulait autant voir à quoi ressemblait un revolver. Enfin, sa première fille… Car oui, l’année précédente, le même soleil que lors de ce fameux matin de grisaille s’était un invité, un beau soir de juin cette fois, dans la petite maison des Meyer. Et Jade était née, le premier juin 1925, sous l’œil bienveillant de sa grande sœur alors âgée de six ans. Un bébé à pouponner, elle n’y avait pas vu d’inconvénient. Au contraire. Et un an plus tard, Elsa s’amusait toujours autant à jouer à la deuxième maman avec sa petite sœur, mais toujours avec cette espèce de réserve que l’on avait pu noter chez elle. En effet, l’enfant ne faisait jamais les choses avec effusion mais conservait en toute occasion une sorte d’impassibilité – toute relative, n’exagérons rien – et de recul. Plus jeune déjà, lorsqu’elle tombait par exemple, elle attendait de savoir si elle avait mal ou non avant de pleurer ; ou bien si la chose était vraiment drôle avant de se mettre à rire. Peu bavarde, elle babillait pas beaucoup et ne parlait généralement que lorsqu’elle avait quelque chose à raconter, etc. Cela étonnait parfois sans que l’on s’en préoccupe réellement – d’ailleurs, il n’y avait là rien de préoccupant – de sorte que Sarah et Henri se contentaient d’en sourire, comme il le faisaient des demandes extravagantes d’Elsa, comme celle par exemple de regarder les anciennes armes de son père. Les enfants ont parfois des lubies étranges. Moins bizarre, il y avait aussi cet intérêt que, depuis quelques temps, notre fillette portait au vieil harmonica de sa mère. Moins bizarre, disais-je… mais plus bruyant. Heureusement, Sarah savait comment jouer de l’instrument et, après avoir compris que Elsa persévérerait dans ses essais dissonants, s’était attelé à lui apprendre comment s’en servir. Heureusement pour les oreilles de toute la famille, l’enfant apprenait plutôt vite.
« Comme ça on jouera ensemble, maman. Quand moi aussi je serais très forte comme toi. »


    1933

1931, une année tournant pour la petite famille Meyer qui, un jour de mars quitta sa belle campagne Alsacienne pour s’installer à Paris. Il y avait un certain temps maintenant que Sarah voulait revoir la ville qui avait été le théâtre de son enfance, et Henri avait fini par tomber d’accord avec elle. Là, il avait ouvert une épicerie, comme du temps d’avant la Grande Guerre et sa femme avait trouvé du travail dans un hôpital. C’est donc à la capitale, dans un quartier de l’Est que Elsa fêta son douzième anniversaire. Quitter les alentours de Strasbourg ne l’avait pas plus affectée que peut l’être une jeune fille de son âge. Les enfants s’adaptent à tout, c’est bien connu. Jade non plus, âgée maintenant de 6 ans, n’avait pas regretté bien longtemps la campagne. Il faut dire que la ville avait, par bien des côtés, de grands avantages sur le petit village dans lequel la famille vivait avant. Et quoi de plus fascinant que tous ces changements, tout ce monde en constant mouvement, cette musique… bref, que Paris, lorsque l’on a douze ans ? Elsa s’était donc rapidement faite à sa nouvelle vie et c’est sur un air d’harmonica bien maîtrisé qu’elle acheva ce nouveau repas d’anniversaire. Il faut dire qu’elle s’y était entraînée d’arrache pied et souvent, dès la sortie de l’école, elle y consacrait quelques temps avant de songer à autre chose. Sarah souriait, même en la rappelant à l’ordre lorsqu’elle en négligeait ses devoirs. Jade, quant à elle, adorait écouter les essais – même infructueux – de sa grande sœur avec laquelle elle s’entendait à merveille, malgré les accrochages normaux que peuvent avoir deux filles de six ans d’écart. Henri, quant à lui, couvait sa famille tout en s’inquiétant légèrement des nouvelles de l’étranger.
« Carpe diem. C’est ce qu’il dit, monsieur Auray, disait Elsa en parlant de ce professeur d’histoire qui la passionnait tant. »


    1936

« Papa, cette année, je veux que tu me montres comment on tire. »
Elsa avait lancé ça comme ça, à table. Nous étions le trois mai 1936 et toute la ville était en fête. Le Front Populaire venait d’être élu et nombreux étaient ceux à manifester leur enthousiasme au détours des nombreuses rues de Paris. Bals, musique, festivités… L’ambiance rêvée pour fêter ses dix sept ans. Elsa avait passé la journée à déambuler dans les rues avec quelques amis, allant de bals improvisés en bals improvisés, sourire aux lèvres. La jeune fille avait même eu l’occasion  de faire une démonstration d’harmonica qu’elle maîtrisait maintenant à merveille. Puis le soir, alors que la fête se poursuivait à la maison, elle avait lancé cette phrase. Henri avait d’abord hésité puis, n’y voyant là pas de mal bien que ne comprenant pas trop les motivations de sa fille, avait accepté. Le lendemain, il partit avec elle dans un champs à l’extérieur de la ville et lui montra comment de servir de ces révolvers qui l’avaient tant passionnée, plus jeune.  Elsa écouta avec application essaya, puis recommença et ainsi de suite, jusqu’à être satisfaite. Aux questions de son père, elle répondit simplement qu’après avoir passé quelques années à jouer avec et à les observer, elle voulait essayer. Henri acquiesça. Elsa ne disait jamais totalement le fond de sa pensée et jamais il ne la forcerait à le faire. Et de toute façon, avec tout ce qui se passait à l’étranger, qui savait si savoir se servir d’un revolver ne serait pas un atout particulièrement utile. Sans être pessimiste, Henri avait cet instinct un brin noir, encore ternit par ses années de combattant durant la Grande Guerre, qui ne flairait pas que des bonnes choses pour les années à venir. Et l’on sait, maintenant, à quel point il avait raison.


♠ Present


    1940

Personne n’ignore ce qui se passa durant les années qui séparent le mois de juin 1940 de notre dernier récit. La guerre, encore une fois, rompant cette espérance de « la der des der » qui avait saisi le pays après la Grande Guerre. Hitler, les nazis, la Pologne envahie, les persécutions – entre autres, mais surtout – contre les Juifs… La famille Meyer, descendant d’ancêtres Juifs mais ne conservant de cette religion que les antécédents et le nom de famille, avait fini par voir d’un mauvais œil ce qui se passait en Allemagne. Pourtant, rien n’avait été fait en Europe et les choses avaient continué à empirer jusqu’à ce mois de septembre 1939. Une guerre, encore une. Henri s’était engagé. Valide, bien qu’âgé de quarante quatre ans, il avait estimé qu’il se devait d’aller repousser les allemands, et surtout les nazis qui menaçaient maintenant le France. Il était donc partit avec les premiers soldats laissant sa femme, Jade et Elsa – âgée de quinze et vingt et un ans – à Paris sans se douter un seul instant de ce que leur réservait l’avenir. Et pourtant. La guerre fut perdue et les soldats encore vivants, deux millions d’hommes français, furent faits prisonniers en Allemagne, dont Henri ; et la Wehrmacht occupa le nord de la France, laissant le sud aux commandes d’un vieux Pétain. A Paris, chacun compris sans trop tarder ce que cela voulait dire et Elsa, parmi d’autres, peut-être plus que certains. Dès les premiers temps de l’occupation, les nazis firent descendre leur gestapo dans les rues pour arrêter les familles Juives. Les Meyer n’y échappèrent pas et lorsque Elsa voulut rentrer chez elle, ce soir là, une voisine l’arrêta avant qu’elle ne pousse la porte de son immeuble et l’entraîna à l’écart.
« Tu ne dois pas y aller, ou il vont t’arrêter aussi. »
Personne ne peut imaginer l’effet que fit cette nouvelle sur la jeune femme. Pourtant, face à cette femme qui venait de lui sauver la vie, elle resta totalement de marbre. Il y avait bien longtemps qu’elle avait appris à cacher ce qui se passait au fond d’elle. La nuit passa et Elsa put même voir les allemands en uniforme, lassés d’attendre que l’autre fille Meyer ne daigne se montrer, sortir de l’immeuble et emportant Jade et sa mère – tout ce qui lui restait au monde. Alors la belle serra les poings, confortée dans une résolution qui déjà lui trottait dans la tête. La femme qui l’avait sauvée, elle le savait, fabriquait de faux papiers. Sans lui demander quoi que ce soit, celle-ci accepta de lui procurer une nouvelle carte d’identité et tout ce qui lui était nécessaire. Et le matin, lorsque le jour se leva, Elsa sortit de cette maison aux première lueurs du jour sous le nom d’Elsa Auray.

Elle fit en sorte de rejoindre un des premiers réseaux de résistance qui vit le jour dans Paris. Depuis le soir de l’arrestation de sa famille, elle s’était renfermée sur elle-même plus qu’elle ne l’était déjà et rapidement, ce visage de poupée se fit continuellement aussi froid que la glace, aussi peu expressif qu’un iceberg et sembla aussi insensible que pouvait l’être une pierre. Elle ne tarda pas à trouver la résistance, aussi étonnant que cela puisse paraître. Il faut dire qu’elle connaissait Marc depuis un certain temps. Marc, jeune homme engagé dans de nombreux organismes avant la guerre, que certains disaient communiste et surtout, une des rares personne à laquelle Elsa s’était vraiment attachée. En fait, Marc et Elsa s’aimaient mais personne, pas même vous, lecteur, ne s’en doutait jusque là. Aussi le retrouva-t-elle rapidement, sachant que là où il serait, il y aurait la résistance. D’ailleurs, c’était lui qui avait fondé ce petit groupe auquel elle se rattacha, le lendemain de l’arrestation de Jade et Sarah. Les jours passants, on se rendit vite compte que le jeune homme était le seul à réellement pouvoir faire sortir la belle de cette coquille de glace dans laquelle elle s’était soudainement enfermée. Il était le seul à savoir la faire sourire de temps à autres et parler, aussi. Parler d’elle, un peu et non pas uniquement lorsque cela était indispensable. Il fut également le seul, un jour, à ne pas revenir. Les actions du groupe n’avaient pas une grande portée encore mais ce jour-là, lui et deux autres jeunes hommes étaient partis faire sauter une ligne. Mais ils n’avaient pas tout prévu, et notamment pas cette patrouille qui surgit au coin d’un bâtiment. Marc, qui venait de poser la bombe de fortune, était le seul visible. Il n’eut que le temps d’enclencher le mécanisme avant qu’un des soldats, sans chercher à comprendre le pourquoi du comment, ne lui tire dessus. Lui non plus n’eut pas le temps, mais de vider son chargeur. La bombe explosa, laissant la possibilité aux deux autres de s’enfuir. C’est de la bouche de l’un d’eux qu’Elsa apprit la nouvelle. L’on se doutait assez bien de sa relation avec Marc et pourtant, la belle n’eut aucune réaction. Pas un traits de bougea sur son visage, pas une larme ne lui échappa. Ni là, ni quand elle se retrouva seule, ni les jours suivants. Simplement cette éternelle froideur  et cette impassibilité qui le faisait presque passer pour insensible. A compté de cette nuit, plus personne ne sut comment la sortir de ce masque de marbre dont elle se couvrait continuellement et plus personne, d’ailleurs, ne s’y essaya.
Elsa restait de glace ; et la guerre, celle que Marc avait commencée, continuait.




« Coldness is not hardness. »

Avez-vous déjà tenté de fixer une poupée de porcelaine ? Et bien l’effet ne diffère pas grandement de celui que vous trouveriez à observer Elsa. De taille moyenne, un peu petite peut-être, fine voir frêle, l’on pourrait vraiment croire qu’elle a été conçue sur ce modèle. D’abord avec ces longues boucles rousses qui descendent jusque dans son dos mais auxquelles elle n’apporte guère de soins n’en ayant ni l’utilité extrême ni les moyens. Ces dernières, qui pouvaient rendre de très jolies effets lorsqu’elle y prêtait attention, sont la plupart du temps en bataille et coincées de façon plus ou moins aléatoire afin qu’elles ne lui viennent pas dans les yeux – ce qui, généralement, n’est pas un franc succès et quelques mèches finissent toujours par s’échapper. Souvent, elle les laisse longues et elles tombent ainsi à leur guise, encadrant un visage ovale, légèrement creusé depuis que la faim, la fatigue et parfois la peur sont entrées dans son quotidien. Et puis il y a ce teint. Très pâle sans même avoir besoin de ces trois éléments, presque  blanc parsemé de quelques tâches de rousseur dispersées sur ses hautes pommettes. Quand elle pâlit, par exemple – si tant est que cela lui arrive – il faut être fin observateur pour remarquer une quelconque différence tant la couleur de sa peau est déjà blafarde de nature et si rarement colorée par l’émotion. Sur ce teint diaphane, donc, ressortent néanmoins ce qui attire l’attention en premier chez elle : ses yeux. Deux grandes prunelles de biche au bleu gris intense, qui semble constamment osciller entre ces deux couleurs. Si l’on dit souvent que les yeux sont le miroir de l’âme, alors celle d’Elsa doit être bien froide, du moins c’est ce qu’exprime ce regard non pas vide d’expression, mais constamment aussi froid que la glace et dont chaque œillade peut aisément vous donner des frissons. Il n’exprime jamais rien, ou en de très rares occasion, et quelqu’un voulant connaître les sentiments de la jeune femme se tromperait fort en se servant de ses prunelles. Tout comme pour le reste d’ailleurs. Oui, car si la comparer à une poupée de porcelaine peut évoquer une certaine beauté, du mystère peut-être ; dans le cas de la jeune femme, cela évoque surtout la froideur. Une froideur à vous glacer les sangs, un visage lisse, totalement fermé. Jamais une moue ne viendra tordre ses lèvres, jamais une émotion ne fera changer son regard. Ce teint blanc, ce bleu glacé, ces lèvres pâles… Tout en elle semble tendre vers une impassibilité à toute épreuve que rien ne semble pouvoir bouleverser.

Mais il ne faut pas croire à tous les proverbes que l’on entend. Ainsi, si ses yeux sont peut-être le miroir de son âme en revanche, chez Elsa, les apparences sont loin d’être trompeuses. En effet son physique n’est que le pâle, au deux sens du terme, reflet de son caractère. Si toute cette pâleur lui donne un air froid, vous apprendrez vite que cela n’est pas qu’un air. Jamais elle ne sourit, ou en de très rares occasions ; jamais elle ne rit. Quelque soit la situation, elle reste impassible. Les choses glissent sur elle comme de l’eau sur du marbre et jamais elle ne semble accorder plus d’importance à ceci qu’à cela. Lui parler en essayant de la faire réagir revient à tenter d’extorquer un mot à un mur. Quelle que soit la chose que vous lui annoncez, vous ne verrez dans ces deux prunelles bleues que cette éternelle froideur qui vous fixe sans avoir l’air le moins du monde affectée par vos paroles. D’ailleurs, elle parle peu. Avoir une discussion avec elle, une vraie discussion, surtout lorsque l’on en vient à aborder des choses un peu plus personnelles, relève d’un sérieux défi. Là, elle se ferme totalement. Tout est fait pour que ses traits ne la trahissent pas, alors pourquoi ses mots le feraient-ils ? Néanmoins, lorsqu’elle consent à ouvrir la bouche, elle dit ce qu’elle a à dire, point. Souvent, ses paroles sont dures, dénudées de tous sentiments. Sa voix est un trait glacial qui peut faire mal, pour sa façon de dire les choses brutes, telles qu’elles le sont et sans chercher à les atténuer ; que ce soit à propose de choses tout à fait banales ou de ce qui se passe autour d’elle. La guerre, par exemple, est une réalité, alors pourquoi ne pas en parler avec des mots réels ? Elle ne censure pas ses paroles : pourquoi chercher à adoucir les horreurs commises ? Heureusement, elle ne parle pas beaucoup… Car s’il n’est pas utile de décrire ce qui se passe à demi-mots, l’est-il beaucoup plus de parler de choses que personne n’ignore ? Les actes valent mieux que les paroles et en cela, Elsa est encore une fois d’accord avec la maxime. Et elle le montre en faisant preuve d’une efficacité redoutable dans ce qu’elle fait. Ce sang froid – c’est le cas de le dire – à toute épreuve lui permet de parer à l’imprévu, de ne pas se démonter, quoi qu’il arrive. Elle ne tergiverse pas : lorsqu’il est temps, il est temps. La résistance, c’est aussi cela. Etre efficace et surtout, savoir ne pas se poser de questions inutiles le moment venu. Ce qui est valable pour toutes les actions du groupe, et notamment leurs cibles. Une chose qu’il est bon de savoir : mieux vaut se trouver en beaucoup de lieux plutôt que dans le viseur d’Elsa. Depuis qu’elle a demandé à son père de lui montrer comme se servir d’un revolver, elle s’est entraînée de sorte que la probabilité qu’elle a de manquer sa cible se trouve quelque part entre le zéro et le zéro pointé. Et là encore, la mort ne semblera lui tirer pas plus de réaction que la chute d’une goutte de pluie dans une flaque.

Insensible. Certain iront jusqu’à la croire ainsi et sur certains points, ils auront presque raison. Presque. Car quelque part, il reste un peu de cette Elsa d’avant et surtout de cette blessure d’avoir tout perdu. Rares sont les personnes à s’en douter face à ce mur de glace, de distance et d’impassibilité qu’est la jeune femme. Evidement, je ne vous dirais pas que, même si elle ne le montre pas, vos peines et soucis la touchent beaucoup. Non, peut-être que cela ne lui tire réellement pas la moindre émotion parfois. Mais sans qu’on ne puisse lui rendre la pareille, Elsa sait connaître les gens. Fine observatrice derrière son masque glacial, elle apprend vite à cerner la personne qu’elle a en face d’elle et surtout, n’a pas son pareil pour repérer un mensonge. Là, en effet, elle risque d’ouvrir la bouche. Simplement pour vous faire remarquer que vous mentez, pas même pour savoir quelle est la vérité. Cela, elle n’en a pas besoin : les gens finissent toujours par dire le vrai. Ou par la provoquer. Ce à quoi elle ne répond généralement que par un de ces fameux traits de son regard givré. Que cela ait cloué le bec de son interlocuteur ou non, ça n’a pas la moindre espèce d’importance. Et puis il y a aussi les exceptions. Vous savez, celles qui confirment la règle. Parfois, Elsa se prend à apprécier une personne plus qu’une autre, à lui accorder un peu de cette confiance qu’elle se garde bien de donner à qui que ce soit. Cette personne, en revanche, s’en rendra-t-elle seulement compte, ce n’est pas dit. Du moins, pas avant un moment, on fait pas sortir la jeune femme de sa réserve d’un claquement de doigts. Toutefois, lorsque ça arrive, alors l’on peut retrouver un peu de cette petite fille de la campagne Alsacienne à qui il arrive de rire, de se montrer sociable et surtout, de jouer de l’harmonica. Harmonica qui ne la quitte presque jamais. Mais enfin, avant d’assister à un pareil changement, de l’eau peut couler sous les ponts d’autant plus que, lorsqu’elle est déçue par quelqu’un, inutile de chercher à se racheter : sa froideur devient à la fois implacable et similaire à celle qu’elle accorde à n’importe quel autre.
La suite, cher lecteur, c’est à vous d’en faire l’expérience – du reste, vous en savez déjà beaucoup.






Dernière édition par Elsa Auray le Dim 27 Déc - 23:43, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mar 15 Juin - 20:48

Bienvenue miss bounce
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Elsa Auray
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MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mar 15 Juin - 20:59

Merci happy

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny © .bizzle


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MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mar 15 Juin - 22:31

Bienvenue :)
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MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mer 16 Juin - 2:24

[Validation accordée par Maddie, pour gagner des PP]

Ma Zaza d'amuur, alooors:

Histoire: J'ai beaucoup aimé les petites anecdotes, avec les petites "bourdes" que commettent les enfants en bas age, c'était trop mimi. L'évolution d'une vie de famille "normale" de l'époque est bien décrite, et c'est facile et agréable à lire. Le côté assez sombre de son père qui a du mal à se remettre de la guerre est peut être un tout petit peu laisse de côté, mais bon, tu joues ton perso, pas ton père donc c'est pas grave XD. Le fait que les allemands viennent tout de suite arrêter ta famille est assez triste, et on comprend parfaitement ton changement radical de comportement, ainsi que ton envie de vengeance. Et puis ton amoureux qui meurt... Il t'arrive que des misères :'(.

Caractère et Physique: très détaillé, super ^^, on arrive parfaitement à cerner ton personnage.

Donc tout ça pour dire que j'ai beaucoup aimer ta fiche.

C'est bon Maddie!! ^^
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■ situation amoureuse: Dans une relation compliquée avec la Voix de Londres.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mer 16 Juin - 2:26

N'oublies pas si ce n'est pas déjà fait d'aller réserver ton vava et d'ouvrir ta bibliothèque et ton topic de PP (qui sont obligatoires)

Merci à Caro pour son aide précieuse en ce temps difficiles XDDD ♥)

Je te mets dans ton groupe poulette!

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪
« Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur »


© Hasko Landgraf
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Elsa Auray
J'ai vu la mort se marrer et ramasser ce qu'il restait.



Féminin

■ topics : OUVERTS
■ mes posts : 5163
■ avatar : Rose Leslie
■ profession : Fausse étudiante, à la tête de la Brigade

PAPIERS !
■ religion: Juive, paraît-il, mais il y a bien longtemps que Dieu n'existe pas pour elle.
■ situation amoureuse: Définitivement de glace.
■ avis à la population:

MessageSujet: Re: ADMIN :: ELSA   Mer 16 Juin - 2:30

Merciii ! heart
*Va pouvoir joueeeer !* happy

₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪ ₪


« Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »
Alfred de Vigny © .bizzle


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